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Des scotomes par éclipse solaire · BabordNum

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(1)

ENTRE SOUS LE N" Il #30 9

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1900-1901 IV°43

33 ES

g

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenuepubliquement le 6 Février 1901

PAR

Marc- Jean L.ESGARRET

Né à Béliet (Gironde), 20 Octobre 1876

Ancien Externe desHôpitaux

Examinateurs dela Thèse:•

MM. BADAL PICOT

LAGRANGE agrégé CHAVANNAZ agrégé

professeur.... Président.

professeur....

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les

diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI PAUL CASSIGNOL

91 - RUE PORTE-DIJEAUX 91

1901

(2)

Faculté de Médecine et de l'iiarmacie de Bordeaux

M. DENABIAS, doyen M. PITRES, doyen honoraire.

PROFESSEURS MM. M1GE

DUPUY MOUSSOUS.

Professeurs honoraires.

Clinique interne Clinique externe Pathologie et théra¬

peutique générales.

Thérapeutique Médecine opératoire.

Clinique d'accouche¬

ments

Anatomie pathologi¬

que Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie Hygiène

A MM.

PICOT.

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

YERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

LEFOUR.

COYNE.

CANNIEU VIAULT.

JOLYET.

LAYET.

&RÉ&ÉS ICfli

Médecinelégale Physique Chimie

Histoirenaturelle ...

Pharmacie

Matière médicale....

Médecine expérimen¬

tale

Clinique ophtalmolo¬

gique

Clinique des maladies chirurgicales des en¬

fants

Clinique gynécologique Clinique médicale des

maladies desenfants Chimiebiologique...

EXERCICE :

MM.

MORACHE.

BERGON1É.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

DE NABIAS FERRÉ.

BADAL.

PIECHAUD.

BOURSIER.

A. MOUSSOUS DENIGr.S.

sectionde médecine (Pathologie interneet Médecine légale.)

MM. CASSAET. | MM. LE DANTEC.

AUCH^j. I HOBBS.

SABRAZÈS.

SECTIONDE CHIRURGIE ETACCOUCHEMENTS

[MM.

DENUCÉ.

I

\ VILLAR I . \M M.

Pathologie

externej

BRAQUEHAYE I

Accouchements..

(

CHAVANNAZ. I

CHÀMBRELlfiNT FIEUK.

Anatomie

SECTION DESSCIENCES ANATOMIQUliS ET PHYSIOLOGIQUES

|MM. PRINCETEAU

|

Physiologie

MM. PACHON.

*■'( N. I Histoire naturelle BEILLE.

SECTION DES SCIENCES PHYSIQUES

Physique MM. S1GALAS. | Pharmacie....

COURS COSBSi B£ II Si A T A B R

Clinique des maladies cutanées etsyphilitiques Clinique des maladies des voies urinaires Maladies dularynx, des oreilles etdunez

Maladies mentales .

Pathologie interne Pathologieexterne Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

Hydrologie etMinéralogie Pathologie exotique

Le Secrétaire dela Faculté:

M. BARTHE.

S&S :

MM. DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RjvGIS.

RONDOT.

DENUCÉ.

CHAMBRELENT.

DU POU Y.

PACHON.

N.

LAGRANGE.

CARLES.

LE DANTEC.

LEMA1RE.

Pur délibération du 5 août1879, la Faculté aarrêté que les opinions émisesdans les Thèsesqui lui sont présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs, qu'elle n'entend leur donner ni approbation ni improbation.

(3)

A LA

MÉMOIRE

DE MON PÈRE

A LA

MÉMOIRE

DE MA GRAND'MÈRE

A MA MÈRE

/

A MA SŒUR

(4)

A MES PARENTS

A MES AMIS

(5)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR BADAL

PROFESSEUR DE CLINIQUE OPHTALMOLOGIQUE A LA FACULTÉ DE

MÉDECINE DE BORDEAUX CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

(6)

.

' .m-:4-i

(7)

INTRODUCTION

Beaucoup

de personnesont regardé à l'œil nu une éclipse

de soleil. Si la plupart n'éprouventque des troubles oculaires passagers, d'autres voient leur affection durer

beaucoup

plus

longtemps,

presque toujours sous forme de scotomes centraux.

L'éclipsé

solaire du 28 mai 1900 a permis d'observer à Bor¬

deaux une série assez nombreuse de ces scotomes. Aucun travail, sauf quelques observations que nous avons

grou¬

pées, n'ayant encore été écrit sur ce sujet, il nous a paru

intéressant,

sur les conseils de M. le Prof. Badal, d'étudier d'une

façon

plus complète cette affection dont nous avons fait l'objet denotre thèse. Nous faisons un rapide

historique

de la question; nous publionsensuitetouteslesobservations que nous avons puréunir. Nous basant sur cesobservations et tout spécialement surcelles qui ontété prises à

Bordeaux,

nous essayons de décrire les nombreux troubles visuels qui apparaissentà l'occasion des

éclipses.

Toutefois nous nous permettrons de dire tout d'abord que l'étude des scotomes par éclipse solaire, qui ont en

clinique

leur physionomie

particulière,

serattache à celle del'éblouis- sement rétinien. Si nous avons étudié plus particulièrement les accidents oculairesquisurviennent à la suite des

éclipses,

c'est que nous avons trouvé là une occasion des plus favo¬

rables et des plus

intéressantes,

au point de vue pratique, do faire l'étude

clinique

de l'éblouissement rétinien en général.

Nous avons cru augmenter l'intérêt de notre travail en

essayant de réunir après un rapide

historique

les observa-

(8)

tioriséparses de nos

prédécesseurs. Elles

nous

ont permis

de compléter les observations

recueillies à Bordeaux et de

faire la symptomatologie,

la pathogénie, la physiologie

pathologique,

la marche

et

le traitement de

ees

accidents des

pluscurieux.

Avant de commencer ce travail inaugural nous tenons

à

remercier nos professeurs et nos amis qui nous

ont toujours

témoignéde la sympathie pendant

les

années

passées à la

Faculté.

M. le Prof. Arnozan nous a initié à l'étude de la médecine.

Nousn'avons qu'un regret, celui

de n'avoir

pu

revenir dans

leservice de ce savant maître qui nous a toujours

témoigné

unesympathie dontnous

le remercions et

que nous

n'oublie¬

rons pas.

M. le Dr Dubourgnous a le premier

montré

les

triomphes

de la chirurgie; cet habile opérateur a bien

voulu depuis

nous honorer d'une amitié dont nous sommes fier.

Nous garderons toujours un excellent

souvenir de

notre deuxième année d'externat passée chez M. le Prof,

agrégé

Pousson. Nous avons connu dans le même service hospita¬

lier M. le Prof, agrégé Chavannaz, dont nous n'oublierons

pas les

excellents conseils.

Nous prions M. le

Prof,

agrégé Lagrange

d'agréer l'expres¬

sion de notre gratitude pour les bonnes leçons qu'il nous a données etla sympathie

qu'il

a

toujours

eue pour nous.

Notre deuxième année d'externat dans le service de clini¬

que

de

M.

le Prof. Picot

nous

est particulièrement chère.

Nousaurons toujours vivant le souvenir des savantes cau¬

series du maîtreauprès du lit des malades.

M. le Prof. Badal nous a guidé dans l'étude des maladies des yeux. C'est

l'intérêt qu'il

nous a

toujours porté

autant

que les

magnifiques résultats de

ses

opérations qui

nous ont fait aimer particulièrement

l'étude de l'oculistique.

Il a bien

voulu nous

témoigner

une

fois de plus

sa

sympathie

en acceptant la présidence de cette

thèse.

Nous sommes très

sensibleau grand honneur qu'il nous fait et le prions de

(9)

9

recevoir ici l'expression de notre vive et respectueuse recon¬

naissance.

M. le Prof, agrégé Sigalas a bien voulu mettre

à

notre disposition son

laboratoire

pour

faire

nos

expériences. Notre

camarade Aubaret, interne des Hôpitaux, nous a

aidé

de

ses bons conseils dans ce travail. MM. les Drs Puech et Fro- maget (de

Bordeaux)

nous

ont communiqué leurs observa¬

tionssur l'affection qui nous intéresse. Nous

les remercions

sincèrement.

Enfin nous nous souviendrons toujours avec joie de

l'Association générale des Etudiants où nous avons eu la

bonne fortune de trouver de vrais et excellents camarades.

(10)
(11)

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

Les troubles occasionnés par la lumière solaire, et dont le principal est le scotome persistant, ont été observés detout temps; mais c'est en vainque nous avons

cherché

uneétude plus ou moins détaillée de ces divers accidents dans lesœu¬

vres des auteurs anciens ou de ceux qui ont immédiatement précédé l'époquecontemporaine. Les phénomènes de fatigue rétinienne qui se rattachent à l'action d'une vive lumièresur l'œil sont un fait d'expérience habituelle qui ne mériterait

pas d'attirer l'attentiondu médecin si dansdes circonstances tout à fait spéciales ces accidents ne prenaient une allure

grave, depuis l'ophtalmie et Pamblvopie passagères jusqu'à

la cécitédéfinitive. C'estprécisément à l'occasion des éclipses

solaires que ces troubles se manifestent avec unegénéralité caractéristique. L'œil croit pouvoir supporter les rayons du

soleil plus ou moins obscurci, et pour observer le phéno¬

mène de l'éclipséil s'expose à des troubles graves et parfois

définitifs. Les gens avisés interposent un verre fumé pour mieux observer sans fatigue les diverses phases du phéno¬

mène qui les intéresse. Mais la plupart, par négligence ou par ignorance, les considèrentà l'œil nu. Ce sontceux-là qui fournissent le contingent de nos observations.

Mais ce que nous signalons à proposdes éclipses s'observe également dans d'autres occasions où il a été donné defixer le soleil en face, et en particulier dans l'observation astrono-

(12)

12

mique du passage d'une planète sur le soleil. Il s'agit alors d'astronomes passionnés pour leurs observations et leurs travauxqui ont cru pouvoir supporter sans inconvénient la vive lumière du soleil à travers un télescope. Parmi les per¬

sonnes qui ont été douloureusement impressionnées par l'éclat de la lumière solaire, les unes n'ont que des troubles

passagers; elles ne voient plus par exemple les objets qui les entourentlorsqu'elles cessent de regarder la sourcelumi¬

neuse. Le plussouvent cet éblouissement ne dure qu'un ins¬

tant, 5 minutes, 10 minutes, i heure, 2, 3heures. Ellesnevont pour cela consulteraucun homme de l'art. Mais chez d'autres cet éblouissement dure plus longtemps. Les sujets ont alors

un scotomequi persiste, et cesont ces cas relativement gra¬

ves qu'on est appelé à soigner. Malgré la fréquence de cette affection, nous n'avons trouvé que fort peu de cas relatés dans les divers ouvrages que nous avonsconsultés. Macken- sie, dans son Traité

pratique

sur

les

maladies des yeux, 1858, enrapportetrois observationsdont la premièreremonte à 1761. Il nous faut ensuite arriver à 1879 pour trouver un cas vraiment scientifique de scotome par éclipse solaire, rapporté par le docteur Dufour(de

Lausanne)

dans la Revue

médicale dela Suisse romande de cette même année. M. le Dr Dufour dit avoir observéseptou huit fois descasd'éblouis- sement par éclipse solaire, en 1867, dans le service de M. le Dr Recordon, mais c'étaient des cas légers qu'il n'a pas cru devoir publier. Il rapporte dans la Suisse romande de 1882 plusieurs cas de rétinite à la suite de l'éclipsé de soleil du mois dejuin 1882. Ils sont analogues à ceux qu'il a décrits précédemment. Quoique les altérations anatomiques ne fussent pas très caractéristiques, les troubles fonctionnels étaient desplus graves. Dans un cas l'acuité visuelle était tombée à un vingtième.

Dans le

Correspondenz Blatt fur Schweizer

Aerzte, 1882, Haab (de Zurich) rapporte qu'il traite deuxcas de cécité due à l'éclipsé de soleil du 27 mai 1882. Ilne donnequedes détails relatifs au degré de diminution de l'acuité visuelle centrale

(13)

de l'œil droitqui avait été le seul employé, et à un mouve¬

ment particulier de rotation perçu par

le

malade

dans

l'inté¬

rieur du scotome constatésubjectivement.

Emmert, dans la Revue médicale de la Suisse romande, 1882, rapporteun cas. C'est lui qui propose de donner à cette affection la dénomination de «scotomahelieclipticum» oude

« helieclipsoscotom». Nous trouvons ensuite quatre casde

Deutschmann observés par luiet Leber

(Archiv fur Ophtal- mology

1882), et quatre cas de

Sulzer (.Klinische Monalsblatt fur Augenheilk., 1883).

Redmond etStephenson rapportent ensuite trois ou quatre observations de divers auteurs dans la Revue

générale d'ophtalmologie

de

1895 à 1897.

Enfin à la suite des observations prises lors de la dernière éclipse solaire (mai 1900), M.

Aubaret, interne à la Clinique

d'ophtalmologie de Bordeaux, fait paraître un travail dans

la Gazettehebdomadairedes Sciencesmédicales de Bordeaux (juillet

1900), où

il rapporte douze

des observations recueil¬

lies à la Clinique de M. le Prof.

Badal.

M. le Dr Menacho (de Barcelone)

lit

au

Congrès d'ophtal¬

mologie de Paris,1900, quatorze

observations de

scotomepar éclipse solaire. Son rapport est

très succinctement donné

dans lesAnnales

d'oculistique d'août 1900.

M. le DrMarquez (de

Madrid) vient de faire paraître

un très intéressant travail à cesujet dans la

Revista ïbero-ame-

ricana de Ciencias medicas, de Madrid. M. le DrMenacho (de Barcelone) doit également publier sur

cette affection

un

arti¬

cle qui n'a pas encore paru.

Nous nous sommes bornéà ce rapide historique,car nous

nousréservons dans le courant de cetteétude derevenir à plu¬

sieurs reprises dans les chapitres

concernant l'étiologie et la

pathogénie de ces accidents sur les

diverses interprétations

qui en ont été données par quelques-uns

des auteurs dont

nous venonsde citer les travaux.

(14)

CHAPITRE II

OBSERVATIONS

Observation I (*)

A. L..., dix-neufans et demi, employé. 7juin 1900.

Il afixé l'éclipsé, de l'œil droit, environ quarante secondes, sans verres fumés. Depuis ce moment, scotome central positif.

A une vingtaine de mètres, ce scotomerecouvre levisage d'un adulte

et il ne peut le reconnaître.

A la distancedu proximum, il recouvre trois lettres : che, du mot

riches = ri...es, de l'échelle d'optotypes (I)= 0,6). Ce scotome se

présentesous l'aspect, d'une tache noirâtre sur fond blanc et d'une tache grisâtresur fond noir.

Vision des couleurs normale.

Acuité OD = 1/2 ; OC = 1.

Champ visuel normal. Pas de lésion visible à

l'ophtalmoscope.

21 décembre 1900. Comme traitement le malade n'a mis dans son

œil quequelques gouttes de cocaïne et de sulfate dezinc. Il aporté des

verres fuméspendant un mois. On lui avaitordonné un liniment dont ilne s'est passervi.

Le scotome disparaît progressivement debas en haut. Aujourd'hui le malade, sans distinguer absolument touteslesparties duvisage, recon¬

naît un individu à20 mètres ; à5 mètres, un point noirsur fond blanc (1) Les observations de Ià Xontété prisesà laClinique ophtalmologique

de M. le Prof. Badal parM. Aubaret, interne de la Clinique. Nous avons revunous-mêmeles malades cestempsderniers.

(15)

15

de 2 centimètres de diamètreest perçu. Cependant le sujet ne distingue

pas bienla moitié supérieure dece point. On dirait

(dit-il)

qu'il y a un voiletransparent devant. Lescotome de circulairequ'il était a pris la forme d'un haricot dont la convexité est en haut et à gauche. Il est beaucoup moins intense.

L'acuité visuelleestredevenue normale : OD Y= 1 ; 00 Y =1.

A33 centimètres environ, il lit maintenant toutes les lettres d'un mot. Le scotomes'étend seulement surla moitiésupérieure d'une lettre.

Par exemple le mot waren, de l'échelle d'optotypes de Snellen

D=0,6 estvupar le malade qui le lit très bien. Il n'y a plus qu'un léger brouillard surla moitié supérieure de la lettre a et sur le coin interne dew ; toutes les autreslettres sont parfaitementvues.

Yision des couleurs normale.

Pas delésion visible àl'ophtalmoscope.

Nous conseillons au malade un purgatifdrastique et des frictions sur latempe avec un Uniment excitant. Il refuse de sefaire électriser.

Nous ne savons pas s'il estdéfinitivement guéri, n'ayant pas pu le

revoir.

Observation II

C..., trente-cinq ans, couvreur. 7juin.

Scotome positif OG en forme de croissant, animé de mouvements vibratoires. Aspect noirâtre sur fond blanc.

Ce malade aurait eu cesjours-ci une amélioration passagère suivie

de rechute.

A la distance du proximum, il recouvre exactement trois lettres (D =0,6 de l'échelle d'optotypes).

Champ visuel de OD normal ; concentriquement rétréci à gauche.

Acuité visuelle = 1/2.

Rien aufond de l'oeil.

Nous n'avons pas pu examiner ce malade depuis. Sa femme nous a ditqu'il n'étaitpas guéri, mais malgrénos conseils il n'estpasretourné

àla Clinique.

(16)

16

Observation III

X...,

vingt-neuf

ans,

étudiant. 10 juin.

A fixé l'éclipsé environ

vingt secondes. Scotome négatif, mobile.

Le visage des personnes

situées à

une

certaine distance se trouve

supprimé. Sensation

de vide, de trou à la place.

"Alalecture, fatiguerapide,

provoquée

par

le trouble occasionné par

la suppression de

certaines lettres d'un mot.

Le scotome, dessiné à la distance

du proximum, avait

une

forme

circulaire, et environ 12 millimètres

de diamètre

;

situé

un peu

à côté

du point

fixé, toujours à droite. Les jours suivants, les dimensions

diminuent. Environ une semaine après,le scotome

n'a plus

que

5 milli¬

mètresde diamètre;ilfinitpar

disparaître.

L'acuité visuelle était considérablement

diminuée

au

début, elle est

redevenue normale.

Dèsl'apparition

du

scotome ce

malade

a eu une

poussée de blépharo-

conjonctivite,

qui disparut environ huit jours après.

Lemalade est donccomplètement

guéri.

Traitement : verres fumés.

Collyre avec :

Sulfate dezinc 5 cent.

Eau distillée 10 gr.

Frictionssurla tempe avec Uniment : Baume de Fioravanti

E. 0..., employé.

13juin.

Scotomecentral positif paraissant

mobile seulement

avec

les

mouve¬

ments oculaires.

Aspect

d'une tache noire

sur

fond blanc.

Depuis le

début, les dimensions sont restées Tes mêmes. Diamètre,

Alcoolat de lavande Teinture de noix vomique

Observation IV

(17)

- 17 -

2 millimètresà la distance duproximum. Il ne voit pas la lettre qu'il écrit, ni l'extrémité de sa plume.

Acuitévisuelle

3/4

; pas de vice de réfraction.

Pas de troubles de la vision des couleurs.

Il n'y a pas de lésion visible à

l'ophtalmoscope.

Ce malade, qui a consulté cinq ou six médecins oculistes, n'a pas d'amélioration. Il nous écritle 25 décembre qu'il viendra à la Clinique

vers le 5janvier, mais nous nel'avonspas vu.

Il a fait déjà comme traitement : port de lunettes foncées pendant

trois mois. Cured'obscurité pendant huitjours. Cela n'a donné aucun

résultat.

ObservationY

H. P..., trente-six ans, tailleur de pierres. 26juin.

Scotome positif OD, ayantréduitl'acuité visuelle à 1/3. Dimensions stationnaires depuis le début.

Aspect d'une tache brillante et rouge foncé sur fond blanc, simple¬

ment rouge sur fond noir; visible lesyeux fermés. Projetée à la dis¬

tance du proximum sur fond blanc, dimensions = 2 millimètres de diamètre; siège paracentral, environ à 3 millimètres du point fixé.

Animée de vibrations ou plutôt de trépidations continuelles.

Déformation des lignesdroites : il a remarqué que les lignes d'un entablement, par exemple, se trouventgarnies de bosselures qui l'em¬

pêchent d'en apprécier la directionrectiligne. Cette métamorphopsie le gènepour son travail.

Examen

ophtalmoscopique

: Troubles maculaires à contours irrégu¬

liers, à travers lesquels la macula parait comme unetache rougefoncé.

Lemalade est de Pessac; il a suivi le traitement suivant : verres

foncés pendant un mois. Frictions sur la tempeavec linimentexcitant.

Collyreà la cocaïne et au sulfate dezinc.

Il nous écrit le 23 décembre qu'il a encore sa tache devant l'œil droit, qu'elle est aussi grande mais moins intense. Son scotome n'a

plus de vibrations et la métamorphopsie a à peu près disparu. Son travail, nousdit-il, l'empêche de venir se fairesoigner.

L.

(18)

- 18

ObservationYI

R. Cl...»

quarante-trois

ans,

douanier. 16 juin.

Savision seraitlégèrement

affaiblie depuis quelques années.

Scotome positif

double, tache noire

sur

fond blanc. Dimensions

: 2millimètres; siège central ; sur

fond noir, sensation jaune

au

centre,

verdâtre autour. Il en est de même lorsqu'il ferme les deux yeux.

Acuité visuelle=

1/2.

Les deux yeux

sont atteints simultanément et

d'une façon identique. Les scotomes sont

animés de trépidations, ils

paraissent tourner

de droite à gauche.

Légère

déformation des lignes droites,

une

ligne, transversalement

située parrapport à ses yeux,

paraît dessiner

une

courbe à concavité

supérieure.

Champvisuel un peu

rétréci. Pas de lésion ophtalmoscopique visible.

22décembre 1900. Le malade revientnous voirà laClinique. Nous

constatons l'état suivant : le scotome central positif double s'atténue.

Ce n'est plus une tache

noire

sur

fond blanc, mais

un

brouillard à tra¬

vers lequel le malade

distingue de mieux

en

mieux. Les dimensions du

scotome ont diminué. Asix mètres, il voitun petit brouillard un peu moins grand

qu'une pièce de 5 francs. Sur fond noir, sensation

gris paille. Lorsque

le malade ferme les deux

yeux,

il aperçoit

encore

son scotome, qui

disparaît rapidement s'il continue à tenir les

yeux fermés. En regardant au

loin, le

scotome

paraît

tourner

de droite à

gauche, mais beaucoup

plus lentement qu'au début.

La déformation deslignes droites n'existe plus.

L'acuitévisuelle=1/2 des

deux

yeux.

Avec desverres sphériques 2,

l'acuité visuelle

=

5

6.

Pas de lésionsvisibles àl'ophtalmoscope.

Traitement :verresfumés troismois; frictions répétéessur les tempes

avec linimentexcitant; collyre au

sulfate

de zinc. Le

malade

nous dit qu'à la

seconde friction du liniment il ressentit

une

amélioration

notable.

Nous conseillons l'électricité au malade, qui va tousles deux joursse faire faire des courants continus très faibles pendant dix jours. L'amé¬

lioration n'estguère

sensible. Le malade abandonne tout traitement.

(19)

19

Observation YII

L..., trente-quatreans,tailleur depierres. 18juin.

Scotome OG- positif, absolu. Tache noire de 2 millimètres de dia¬

mètresur fond blanc, peumobile.

Champ

visuel nonrétréci.

Acuité OG = 1/3. OD= 1.

L'examen du fond de l'œil révèleun aspect anormal de la région maculaire. La teinte de la macula est rouge, ecchymotique,ettranche

sur la zone péri-maculaire qui paraît œdématiée. Actuellement, les troubles visuels sont les mêmes qu'au début.Le malade, qui est de Mérignac, répondant à une de nos lettres, nous dit, le 24 décem¬

bre 1900, que son étatest absolument le même qu'au début. Nous lui conseillons d'ajouter autraitement qu'il a suivi (verres fumés quinze jours, frictions surla tempe avec un Uniment

excitant)

un purgatif drastique, de mettre deuxjours après deux sangsues au niveau de la région mastoïdienneet de prendre de l'iodurede potassium à raison de 50 centigrammesparjour. Nous le prions de venir nous voir.

Le maladenousrépond, le6janvier, que son état d'ouvrier ne lui permet pas de venir à Bordeauxmaintenant,ni de suivrele traitement.

Observation VIII

J. I)..., quarante-deux ans, viticulteur.

Scotomepositifcentral très irrégulièrement mobile.

A cinq mètres, il couvre unelettre de la dernièreligne de l'échelle de Snellen. Au scotomètre, à la distance du proximum, diamètre = 2 millimètres.

Les yeux

fermés,

le scotome provoqueunesensation de tache à reflet verdàtre.

Rien au fondde l'œil. Champ visuel normal,.

Acuitévisuelle =

3/4.

Le 24 décembre, lemalade nousécrivaitque son état était station- naire etqu'il en avaitprisson parti. Nous n'en avons pas eu d'autres nouvelles.

(20)

- 20 -

Observation IX

G. P..., vingt-deux ans,garçon d'hôtel. 23 juin.

Scotome positif animé de trépidations, irrégulièrement

mobile, don¬

nant les yeux fermés la sensation de petits

serpentins étincelants.

Surfond blanc, sensation de taches transparentes, scotome

relatif

; ilrecouvre lesobjets d'un léger brouillard bien

localisé,

à contours

cir¬

culaires. Dimensionsauscotomètre 2 millimètres, à la distance du proximum.

Champvisuel normal : Y ==

3/4.

L'examen du fonddel'œil atropinisé montre au niveau de la macula

un trouble accentuésur une petite étendue de la rétine, que l'on ne peutdistinguer à ce niveau.

Pasde nouvelles depuis.

Observation X

M. D..., ménagère. 28juin.

Scotome central positifet relatif, œil droit. Sensaûon de brouillard

sur fond blanc. Mobileseulementdans lesensvertical.

Dimensions : à trois mètres, ilrecouvre une pièce de 50 centimes. A

ladistance du proximum son diamètre esttrès réduit, ilapparaît sous la forme d'unetachepunctiforme.

Lamalade se présente en voie d'amélioration. Le scotome tend à disparaîtrechez elle en diminuant ses diamètres. Fond d'œil normal.

Champ visuel normal. Acuité visuelle : OD =

3/4.

00 —-1.

Pas de nouvellesdepuis.

Il fautajouter à cesobservations deux autres cas observés par M. le Prof. Badal, où les troubles sesont présentés d'une manièreidentique.

Il s'agissait d'une jeune fille de seize ans de l'Institution des sourdes-muettes. L'autrecas est relatif à un homme de

trente-cinq ans, qui eut, à cette occasion, une poussée de conjonctivite aiguë qui disparuten fort peu de temps.

(21)

21

Observation XI

(*)

B. A..., quarante-neuf ans, cultivateur à Montendre (Charente- Inférieure). 13 juin 1900.

A regardé l'éclipsé, de l'œil droit, sans aucun verre. Depuis lors,

visiontroublede l'œil droit; il accuseunscotome centraltrès net, noir, trèslimité etrond.

Lechamp visuel estnormalpour le blanc etles couleurs.

Acuité visuelle: OD Y=

1/4.

00 Y= 1.

L'examen ophtalmoscopique montre une hémorragie récente de la macula.

On ordonnedes purgatifset de l'iodurede potassium en même temps

quedes verresfumés.

Nous ne savons pas sice malade est guéri. Malgré nosdémarches,

nous n'avons eu surlui aucune nouvelle ultérieure.

ObservationXII

Mme C..., vingt-trois ans, cultivatrice, à Belin (Gironde). 13 juin 1900. Aregardél'éclipsé, des deuxyeux, sans verresfumés,environpen¬

dant une heure. Ellea été immédiatement éblouie etne voyait plus le

bout de l'outil dontelle se servait pour travailler le champ. Le lende¬

main l'éblouissement avait disparu en partie; mais la malade s'aperçut qu'ellenevoyait pas de loin les objets lorsqu'elle fermait l'œil gauche.

Acuité visuelle OD Y plus petiteque 1/10. 00 Y 1/2.

L'examen ophtalmoscopique montra une choroïdite myopique posté¬

rieure avec larges staphylomes irréguliers remontant évidemment à l'enfance. Les lésions de choroïdite et leur anciennetéexpliquent chez

cette malade

l'amblyopie

dont elle se plaint. A gauche on trouve un

astigmatisme direct de 2 dioptries.

Onconseille àla malade des lunettes.

Nous avons revu cette femme le 28 décembre. Son amblyopie est restée la même. Elle n'a pas, dureste, pris de verres.

(D Les observations XI, XII, XIII, XIV etXVsont dues à l'obligeance

de M. leDrFromaget.

(22)

22 -

Observation XIII

Mme X...,

d'Ambarès,

trente-neufans. A regardé

l'éclipsé,

avec les deux jeux, sans verres fumés. Depuis lors elle se plaint d'affaiblisse¬

ment de la vision du côtédroit.

Acuité visuelle : OD Y = 1/4. OG Y= 1/2.

L'examen

ophtalmoscopique

ne montre aucunelésion dans larégion maculaire, mais les papilles sont notablement décolorées, les artères considérablement diminuées de volume. On se trouve en présence d'une atrophie du nerf optique d'origine inconnue. L'examen de l'œil gauche

montreles mêmes lésions, moins avancées. En interrogeant denouveau lamalade, elle ditque depuis

longtemps

déjà elle n'j voyait pas bien,

mais quesa vue a fortementdiminué depuis l'éclipsé. 11 est donc pro¬

bable que l'atrophie était antérieure à l'éclipsé, mais qu'elle a subi un coup de fouet à cette occasion.

Observation XIV

M. T..., trente et un ans, cultivateuràSalignac. 20 juin. A regardé l'éclipsé, de l'œil droit, sans verres. Depuis seplaint de ne plus y voir

nettement de cet œil.

Acuité visuelle: OG Y 1. OD Y = moins de 1 10.

Lemaladeprésente une achromatopsiecomplètepourlebleuetle vert.

La vision de perception du rouge est seule conservée. Il présente en outre des zones d'anesthésie disséminées sur diverses parties du corps,

sur la conjonctive. Leréflexe pharyngien estaboli. Le champ visuel est rétréciconcentriquementpour les deux yeux à 30 degrésenviron.

L'examen à

l'ophtalmoscope

démontre

l'intégrité

du fond de l'œil,

mais à la suite d'examens

ophtalmoscopiques

répétés et de suggestion l'acuité visuelle du malade s'élève immédiatement à 1/2 pour quel¬

quesjours après devenir Y = 1.

L'épreuve de la règle des couleurs complémentaires et le prisme démontraient que le malade jouissait de la vision binoculaire d'une manière inconsciente.

Cette observation est fort intéressante. Nous avons un h}Tstéro-

traumatismeproduitpar la lumière solaire.

(23)

23

Observation XY

R...,vingt-cinqans,deSaintes. 3 juin. A regardé l'éclipsé sans verres de l'œil droitetaressenti un trouble très prononcé de la vision du même côté,avec un scotome grisâtre quia persisté plusieurs jours, mais

a disparu maintenant. Le malade se plaint de voir les choses troubles

del'œil droit.

Acuité visuelle : 00 Y = 1. OD Y = 1/3.

Après correction, Y idem.

L'examen ophtalmoscopique pratiqué huit jours après l'éclipsémontre des troubles fins du corps vitré qui rendent flou toutl'examen du fond

de l'œil. Cependant, en regardant bien attentivement, la papille semble

avoir conservé ses limites normales. Portant donc le diagnostic de choroïdite séreuse on prescrit de l'iodure de potassium et des purgatifs.

Un mois après les troubles ont absolument disparu; V= 1.

Mais ce malade présenteune sinusite maxillaire droite. Il mouche du

pus d'une façon extraordinaire p.a?-ia narine droite. Nous ne croyons pas cependantque ce soit làla cause de la choroïdite séreuse. En effet,

cette sinusite existedepuis six ans environ et le malade n'a jamais pré¬

senté d'accidentsoculairesavantl'éclipsé. Il est donc probable que c'est

le soleil qui adéterminé des troubles congestifs. Une excellente preuve estla guérison de la choroïditesans qu'on ait jamais traité l'empyème

que le malade a conservé. .

Le docteur Menacho(de Barcelone) a présenté au Congrès

de Paris un travail sur les troubles oculaires produits par l'observation directe de l'éclipsé solaire de mai 1900.

Les Annales

cVoculistique

d'août 1900 rapportent que sur 14 observations,l'auteura trouvé :

6 fois scotome central ; 1 fois papillite centrale ; 2 fois hyalitis;

1 fois apoplexie maculaire; 1 fois névrite rétro-bulbaire ; 1 foislymphangite antérieure ; 2 fois névrite optique.

(24)

24 -

Aucun compte rendu plus détaillé n'ayant été publié sur ces observations, nous avons écrit à M. le Dr Menacho, qui devait nousenvoyerle résuméde son travail sur cette affec¬

tion; à notre grand regret, nous n'avons rien reçu.

Observation XVI

(Mackensie)

Lecélèbre docteur Reid, professeur de philosophie morale à l'Univer¬

sité de Glascow, étantoccupé, en mai 1761, à tracer un méridien exact afin d'observer le passage de Vénus, dirigea imprudemment vers le soleil, au moyende son oeildroit, les cheveux entre-croisés d'un petit télescope. Il avait fréquemment, pendant sa jeunesse, exécuté cette manoeuvre sans inconvénient, mais cette fois il en souffrit. Il reconnut bientôt que la vue de cetœil étaitremarquablement obscurcie; pendant plusieurs semaines, chaque fois qu'il se trouvait dans l'obscuritéouqu'il fermait les yeux, il voyait devant l'œil droit un point lumineux qui tremblait comme l'image du soleil vue par réflexion dans l'eau. Ces apparitions diminuèrent graduellement et devinrent moins fréquen¬

tes; mais il lui restades traces très sensibles de ee;te affection. La vue

demeura trouble, la limite la plus rapprochée de la vision exacte se trouva plus éloignéeque de l'autre côté; enfin cet œil voyait courbes les lignesdroites.

Observation XVII

(Mackensie)

Un soldat, qui ne connaissait pas la manière d'examineruneéclipse de soleil, employa pourcela un morceau de verre opaque offrant à son centreune portion transparente. Malgré la vive douleurqueluifaisaient éprouver les rayons du soleil traversant cette portion du verre, il continua à regarder jusqu'à la fin de l'éclipsé; il fut pris, peu après, de vertiges, de douleursdans le côté droitde la tète, côtécorrespondant à l'œil qu'il avait employé, etse trouva presque complètement privé de lavue de cet œil. Quelques semaines après,s'apercevant que la douleur aiguë qu'il éprouvait dans la tête persistait, il vint consulter le baron Larrey, qui trouva les vaisseaux de l'œil injectés : la pupille était un peu moins large que celle du côté opposé, maisconservait néanmoinsses

(25)

25 -

mouvements naturels; la vision était très obscure et presque

perdue.

Après deux saignées,

l'une de l'artère temporale et l'autre de la jugu¬

laire, Larrey prescrivit des

vésicatoires

à

la

tempe

et à la

nuque.

On

appliquaensuite de

la glace

sur

la tête, puis des

moxas

qui rétablirent

complètement la vue du

malade; mais il

conserva

néanmoins

une douleur sourde dans tout le côté droit de la tête.

Observation XVIII

(Mackensie)

Uncapitaine de marine s'était beaucoup

servi de l'œil droit, depuis

plusieurs années, pour

faire des observations à l'aide de télescopes et de

sextants. Unesemaine environ avant de s'adresser à M. Traxers, il

remarqua devant ses yeux un

brouillard qui alla croissant jusqu'au

point qu'ilnepouvait

plus distinguer les traits de

ses

amis, ni apercevoir

lesgrandes lettres des titres des pages.

L'œil était exempt d'inflamma¬

tion, la pupille dilatéeet paresseuse;

il n'éprouvait de douleur ni dans

l'œil ni dans la tête.

Onlui tiraunegrande quantité de sang du bras et

de la

tempe,

et

on lepurgeaénergiquement à de courts

intervalles

avec un

mélange de

calomel et dejalap. Desvésicatoires

furent appliqués

aux

tempes, puis

on

frictionna celles-ciplusieurs jours de suite avec un gros

de fort

onguent mercuriel,cequi produisit unécoulement

abondant de salive et

une

forte

diarrhée, de sortequ'il n'en obtint aucunavantage.

Une pilule de calo¬

mel avec del'opium, prise matinetsoir,

rendit immédiatement les genci¬

ves malades. En trois jours,le brouillard commença

à

se

dissiper et le

malade put reconnaître l'heureà sa montre.

L'amélioration augmenta

sirapidement, qu'au bout de dix jours

il lisait

avec

la plus grande faci¬

lité les caractères ordinaireset quela pupille

avait repris

sa

dimension

etson activité ordinaires.

Observation XIX

(Dufour)

M. S..., vingt-six ans, d'Abondance

(Savoie), était dans

un

chemin

de montagne, au 19 juillet dernier.

Sachant qu'il devait

y

avoir

une éclipse cejour-là, il regarda

le soleil

en

face quelques instants. En

baissant lesyeux, il voit devant

lui

comme une

boule de fleurs bleu sale

(26)

faisant un mélange confus qui sembleêtre sur sou chemin. Il donne un

coup de pied dans cetobstacle avec un jurement de circonstance, son

pied passe dans cette boule comme dans un spectre, et, levantles yeux, M. S... voit qu'il porte avec lui cette tâche bleu grisâtre; il se rend comptesans tarder quele mal vient deson œil.

Pour comble de malheur, cejeune homme al'œil gauche en état de convergenceexcessive, n'ayant jamais été employé, de sorte qu'il est extrêmement faible. Ilnese sert donc quede l'œil droit qui était bon,

etc'est de cet œilseulement qu'il avait regardé fixement le soleil.

Lejeune S...attend troisjours, puis voyantque le trouble de son œil

nese modifiepas, il vient consulter à Lausanne. Je le vois le 23 juillet, quatrejours après l'accident. Le maladearrivepéniblementàunevision de 1/20, et cela vraisemblablement en dirigeantsonregard un peu en dehors dela lettre à examiner; mais lavision indirecte lui permet de lire laplusgrosselettre des échelles de Snellen.

A

l'ophtalmoscope

onconstate dans l'œil droit l'état suivant : trouble diffustrèsléger de la rétine autour du nerf optique, semblable à un mincevoile de vapeur sur depetits vaisseaux. Ce trouble n'existeguère qu'en dehors du nerfoptique. La macula estrouge foncé et semble être le siège d'un épanchement sanguin d'un diamètre de papille optique

environ. Lecentreestoccupépar une tache blancheressortant vivement

au milieu de ce rougefoncé etparaissanten reliefàl'image renversée.

L'examen à l'image droite corrige ces deux impressions. 11 montre d'abord que ce qui semblait être un épanchementde sang n'en est pas

un ; nulle parton nepeut trouver unedélimitationexactedecetteteinte, et la couleur, très brune versle centre, va en décroissant peu à peu jusqu'à la teinte normale de la rétine. Cependant l'aspectbrun foncé de cette place esttout au moins une violente congestion capillaire, car son aspect se distingue manifestement de la teinte brune pigmentée si fré¬

quente autour de la macula. Elle estbien plussombre égalementque la place correspondante del'autre œil. Latache blanche du milieuapparait

à l'image droitecomme un disque parfait, d'un blanc jaunâtre, et dont

les bords exactement marqués semblent se détacherà

l'emporte-pièce

de lacouleur brune du fond.

Laforme circulaire est si précise et si exacte, d'autre partily asi

peu de reliefou de creux à constater, que je ne puis m'empêcher de

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