Université de Cergy-Pontoise Polynômes et suites
Licence 1 MIPI 2018-2019
Corrigé de l’examen
Questions de cours.
1. Les formules d’Euler du cosinus et du sinus s’écrivent
∀θ∈R,cos(θ) = eiθ+e−iθ
2 et sin(θ) = eiθ−e−iθ 2i .
2. Soit (P1, P2) ∈ K[X]2, avec P2 ̸= 0. Le théorème de la division euclidienne affirme l’existence d’un unique couple(Q, R)∈K[X]2 tel que
P1 =QP2+R et d◦(R)< d◦(P2).
Les polynômesQetR sont respectivement le quotient et le reste de la division euclidienne du polynômeP1 par le polynômeP2.
3. Une suite réelle(un)n∈N est dite convergente si et seulement s’il existe un nombre réelℓ tel que
∀ε >0,∃N ∈Ntel que ∀n≥N,|un−ℓ| ≤ε.
4. Le théorème des suites adjacentes affirme que deux suites réelles (un)n∈N et (vn)n∈N adjacentes, soit telles que
(i) la suite(un)n∈N est croissante, (ii) la suite(vn)n∈N est décroissante, (iii) vn−un →
n→+∞0,
sont convergentes de même limiteℓ, avec
∀n∈N, un≤ℓ≤vn.
Exercice 1.
1.a. Rappelons que
∀x+iy∈C,(x+iy)2=x2−y2+ 2ixy.
Nous calculons donc z2 = 2 +√
3−2 +√ 3 + 2i
√ (2 +√
3)(2−√
3) = 2√
3 + 2i√
4−3 = 2√ 3 + 2i.
Comme
eiπ6 =
√3 2 + i
2, la forme exponentielle du nombrez2 s’écrit
z2 = 4eiπ6.
b. Il découle de la question 1.a et de la formule exponentielle d’une racine carrée que z=±2eiπ12.
CommeRe(z) =√ 2 +√
3>0et Re(
2eiπ12)
= 2 cos (π
12 )
>0, nous concluons que
z= 2eiπ12. c. Il découle de la question 1.b que
z= 2 cos (π
12 )
+ 2isin (π
12 )
, ce qui assure par définition du nombre complexez que
cos (π
12 )
=
√ 2 +√
3
2 et sin
(π 12
)
=
√ 2−√
3
2 .
2.a. Nous calculons
ω2= 1−2√
2 + 2i+ 2−2√
2i−1 = 2−2√
2 +i(2−2√ 2).
b. Le discriminant de l’équation vaut
∆ = (√
2 + 1 +i)2−4√
2(1 +i) = (2−2√
2)(1 +i)̸= 0,
de sorte que l’équation a bien deux solutions distinctesz1 etz2. D’après la question 2.a, le discriminant est égal à
∆ =ω2.
Les deux solutions de l’équation valent donc, à l’ordre près, z1 =
√2 + 1 +i+ω 2√
2 = 1 +i
√2 , et
z2=
√2 + 1 +i−ω 2√
2 = 1.
c. Rappelons que
cos (π
4 )
= sin (π
4 )
= 1
√2. Il résulte ainsi de la question 2.b que
z1 = cos (π
4 )
+isin (π
4 )
=eiπ4 , tandis que
z2 = 1 =e0i.
d. Rappelons que les formes exponentielles des trois racines cubiques du nombre complexe ρeiθ sont données par les expressions
ρ13eiθ3, ρ13ei(θ+2π)3 et ρ13ei(θ+4π)3 ,
lorsqueρ >0. D’après la question 1.c, les trois racines cubiques dez1 sont donc eiπ12, e9iπ12 et e17iπ12 ,
tandis que celles dez2 valent
e0i, e2iπ3 , et e4iπ3 .
e. Rappelons qu’un polynôme de degré6 a au plus6 racines, de sorte que l’équation
√2z6−(√
2 + 1 +i)z3+ 1 +i= 0,
a au plus 6 racines. En outre, si z est une racine cubique de z1 ou dez2, la question 2.b assure queZ =z3(=z1 ou z2)est une solution de l’équation algébrique du second degré
√2Z2−(√
2 + 1 +i)Z+ 1 +i= 0, ce qui garantit que √
2z6−(√
2 + 1 +i)z3+ 1 +i= 0.
D’après la question 2.d, les nombresz1 etz2 ont un total de6racines cubiques distinctes, qui sont donc toutes solutions de cette équation de degré 6. Par conséquent, les solutions de cette équation sont exactement les 6 racines cubiques de z1 et de z2, dont il ne reste plus qu’à calculer la forme algébrique.
Commençons pas les racines cubiques dez2 dont la forme algébrique s’écrit e0i = 1, e2iπ3 = cos
(2π 3
) +isin
(2π 3
)
=−1 2 +i
√3 2 , et
e4iπ3 = cos (4π
3 )
+isin (4π
3 )
=−1 2 −i
√3 2 . En ce qui concerne celles dez1, nous avons
e9iπ12 =ei (π
12+2π3)
=eiπ12e2iπ3 et e17iπ12 =ei (π
12+4π3 )
=eiπ12 e4iπ3 .
D’après les formules précédentes et la question 1.c, ces trois racines cubiques valent e12iπ =
√2 +√ 3
2 +i
√2−√ 3
2 ,
e9iπ12 = 1 4
(−
√ 2 +√
3−
√
6−3√
3 +i(√
6 + 3√ 3−
√ 2−√
3)) , et
e17iπ12 = 1 4
(−
√ 2 +√
3 +
√
6−3√ 3 +i(
−
√ 6 + 3√
3−
√ 2−√
3)) . En conclusion, les formes algébriques des six racines recherchées sont
1 ; −1 2+i
√3 2 ; −1
2 −i
√3 2 ;
√2 +√ 3
2 +i
√2−√ 3
2 ;
1 4
(−
√ 2 +√
3−
√
6−3√
3 +i(√
6 + 3√ 3−
√ 2−√
3))
;
et 1
4 (−
√ 2 +√
3 +
√
6−3√ 3 +i(
−
√
6 + 3√ 3−
√ 2−√
3)) .
Exercice 2.
1.a. Nous calculons
Pa(1) = 1+a−(a+1)−(a+1)+a+1 = 0 et Pa(−1) =−1+a+(a+1)−(a+1)−a+1 = 0, de sorte que−1 et1sont racines du polynôme Pa.
b. Les premiers polynômes dérivés du polynômePa sont égaux à Pa′ = 5X4+ 4aX3−3(a+ 1)X2−2(a+ 1)X+a,
Pa′′= 20X3+ 12aX2−6(a+ 1)X−2(a+ 1), Pa′′′ = 60X2+ 24aX−6(a+ 1), et
Pa(4)= 120X+ 24a.
Nous avons par conséquent
Pa′(1) = 0, Pa′′(1) = 12 + 4a, Pa′′′(1) = 54 + 18a et Pa(4)(1) = 120 + 24a.
Lorsquea̸=−3, le nombre Pa′′(1)est non nul, et l’ordre de multiplicité de la racine 1est égal à2. Par contre, sia=−3, alors
Pa′′(1) =Pa′′′(1) = 0 et Pa(4)(1) = 48̸= 0, et l’ordre de multiplicité de la racine1est égal à 4.
De même, nous obtenons
Pa′(−1) = 4−4a, Pa′′(−1) = 16a−16 et Pa′′′(−1) = 54−30a.
Quand a̸= 1, le nombre Pa′′(−1) est non nul, et l’ordre de multiplicité de la racine1 est égal à1. Lorsquea= 1, il vient
Pa′(−1) =Pa′′(−1) = 0 et Pa′′′(−1) = 24̸= 0, de sorte que l’ordre de multiplicité de la racine1vaut 3.
2.a. Comme
(X+ 1)(X−1)2 =X3−X2−X+ 1,
la division euclidienne du polynômePa par le polynôme(X+ 1)(X−1)2 s’écrit
X5 + aX4 − (a+ 1)X3−(a+ 1)X2+aX + 1 X3−X2−X+ 1
− (X5 − X4 − X3+X2) X2+ (a+ 1)X+ 1
(a+ 1)X4 − aX3−(a+ 2)X2+aX + 1
− ((a+ 1)X4 − (a+ 1)X3−(a+ 1)X2+ (a+ 1)X) X3−X2−X+ 1
− (X3−X2−X+ 1) 0
Le quotientQaet le reste Ra de cette division euclidienne sont donc égaux à Qa=X2+ (a+ 1)X+ 1 et Ra= 0.
b. La division euclidienne de la question 2.a assure que Pa= (X+ 1)(X−1)2Qa. Poura=−3, nous avons
Qa=X2−2X+ 1 = (X−1)2,
de sorte que la décomposition en facteurs irréductibles du polynômePa s’écrit Pa = (X+ 1)(X−1)4.
Lorsquea= 1, nous obtenons
Qa=X2+ 2X+ 1 = (X+ 1)2,
de sorte que la décomposition en facteurs irréductibles du polynômePa s’écrit Pa= (X+ 1)3(X−1)2.
Exercice 3.
1.a. Nous calculons
∀n≥1, an+1−2 = (n+ 2)an+ 2(n2+n−1)−2(n+ 1)2 (n+ 1)2
= (n+ 2)an−2n−4 (n+ 1)2
= (n+ 2)(an−2) (n+ 1)2 . b. Montrons par récurrence que
∀n≥1, an≥2.
Au rangn= 1, nous avons
a1=α≥2.
Supposons donc que
∀1≤p≤n, ap ≥2.
Au rangn+ 1, il découle de la question 1.a que
an+1−2 = (n+ 2)(an−2) (n+ 1)2 . Commean−2≥0 par l’hypothèse de récurrence, il vient
an+1−2≥0, soit
an+1≥2.
Nous concluons par récurrence que
∀n≥1, an≥2, ce qui assure que la suite(an)n≥1 est minorée par 2.
2.a. Nous calculons
∀n≥1, an+1−an= (n+ 2)an+ 2(n2+n−1)−an(n+ 1)2
(n+ 1)2 = (2−an)(n2+n−1) (n+ 1)2 . Par la question 1.b, nous savons que
∀n≥1,2−an≤0, tandis que
∀n≥1, n2+n−1≥12+ 1−1≥0.
Il s’ensuit que
an+1−an≤0, et la suite(an)n≥1 est donc décroissante.
b. D’après les questions 1.b et 2.a, la suite (an)n≥1 est minorée et décroissante, donc convergente par le théorème des suites monotones.
c. Soitℓ∈R, la limite de la suite (an)n≥1. Comme
n→lim+∞
n+ 2
(n+ 1)2 = lim
n→+∞
n
n2 = lim
n→+∞
1 n = 0, il découle des opérations élémentaires sur les limites que
n→lim+∞
an(n+ 2)
(n+ 1)2 =ℓ×0 = 0.
Sachant que
n→lim+∞
2(n2+n−1)
(n+ 1)2 = lim
n→+∞
2n2 n2 = 2,
nous déduisons de la définition de la suite récurrente(an)n≥1et des opérations élémentaires sur les limites que
an+1 →
n→+∞2.
d. Par la question 2.b, la suite (an)n≥1 est convergente, donc la sous-suite(an+1)n≥1 est convergente de même limite. La question 2.c assure ainsi que
an →
n→+∞2.
3. Nous vérifions cette formule par récurrence surn≥1. Au rang n= 1, nous avons bien (α−2)(1 + 1)
2×1! + 2 =α=a1. Supposons donc que
∀1≤p≤n, ap = (α−2)(p+ 1) 2p! + 2.
Au rang n+ 1, il découle de l’hypothèse de récurrence et de la formule de la question 1.a que
an+1= 2 +(n+ 2)(an−2)
(n+ 1)2 = 2 + (α−2)(n+ 2)(n+ 1)
2n!(n+ 1)2 = 2 +(α−2)(n+ 2) 2(n+ 1)! . Aussi concluons-nous par récurrence surn≥1 que
∀n≥1, an= (α−2)(n+ 1) 2n! + 2.