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L'Educateur n° 1 - année 1963-1964

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Texte intégral

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}6• ann~e

15 Sept. 1963

Revue pédagoglq ue bimensuelle de l'lnslilul Coopfralil de l'Etole Moderne et de la F.I.M.E.M.

Techniques FREINET

l'éducateur

Au sommaire :

• L'étape expérimentale de la pédagogie Freinet est aujourd'hui franchie par C. Freinet

• Rôle du dessin dans la formation de l'enfant par Mme Poisson

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Dans ce numèro :

L'étape expérimentale de la pédagogie Freinet est aujourd'hui franchie 6 Pour les conférences pédagogiques :

Rôle du dessin dans la formation de l'enfant 9 Il s'agit de savoir pourquoi l'enfant écrit 12 Nos écoles maternelles

Comment je travaille dans ma classe:

15 Une classe selon les Techniques Freinet 18 Une expérience de méthode naturelle 22 Education et mathématiques

Vie de I'JCEM :

24 Essai d'organisation démocratique d'un groupe départemental (Loire) 25 Vie de l'Ecole Freinet

Vie de la FIMEM :

27 Le rassemblement de Grenoble 30 Questions et réponses 32 Livres et revues

Fiches-guides et Plans de travail

ALICE DESCŒUDRES :

par C. freinet

par M-Poisson par G. Béruli par C. Freinet

par J. et C. Bourdarias par L. Vandendrlessche par C. Freinet

par G. Béruti par C. Freinet

parR, Faure

Pour la plupart de nos lecteurs, ce nom a seulement le prestige de tous ceux qui sont inscrits dans les livres de pédagogie au chapitre de la prestigieuse Ecole de Genève du début du siècle.

Il évoque pour moi la visite que je fls il y a plus de trente ans à celle qul symbolise l'éducation des enfants arriérés. Elle était dans sa classe, au milieu de sa grande famille, si attentive et si douce et si intelligente.

Les observations qu'elle a faites au cours de sa longue carrière de praticienne ont marqué la physionomie de la pédagogie des enfants dif·

flciles et préparé les progrès dont cette pédagogie peut s'enorgueillir.

On nous annonce son décès, humble et simple comme le fut sa vie.

Une grande éducatrice vient de nous quitter.

C.F.

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ACTUALITI:S DE L'I:COLE MODERNE

L'étape expérimentale de la pédagogie Freinet est auJourd'hui franchie

Envisageons avec harcliesse la nouvelle Otape de l'Officialisation

Nos teohnlques doivent maintenant s'lm·

planter dans la masse des classes pa,. c. F,.olnot

Nous ne sommes pas seuls à le constater. L'administration elle-même reconnaît que toutes les créations nouvelles doivent être imprégnées de la pédagogie de l'Ecole Moderne, en attendant que l'école elle-même accepte de reconsidérer ses fondements, ses techniques de travail et son esprit.

Nous demandons à nos lecteurs de se reporter à notre dernier numéro ( n" 20) de L'Educateur, qui donne un résumé de la circulaire ministérielle du 18 juillet 1963 recommandant notre pédagogie dans les classes de transition en cours d'expérimenta- tion. Les circulaires pour les classes terminales et, plus avant, celles sur les Travaux Scientifiques Expérimentaux avaient constitué d' az1leurs une première ouverture officielle sur nos techniques et sur notre pédagogie.

Nous avons longuement examiné la situation qui en découle pour essayer d'y adapter nos travaux, nos réalisaticns, et la conception même de nos efforts. Il le faut si nous voulons progres- ser. Sinon, d'autres prendront notre place dans un processus d'évolution que nous avons rendu irréversible. Et ils nous trahi·

ront pour mieux exploiter notre œuvre généreuse.

L'officialisation de nos techniques est en cours. Nous connaissons les dangers de cette opération. Nous savons à quel point on peut vider notre œuvre de son contenu comme on l'a fait pour l'œuvre de Decroly. Mais nous pensons aussi avec confiance au vaste mouvement de recherche que nous avons créé, aux milliers d'éducateurs dont nous sommes assurés du total dévouement pour l'œuvre commune. Et comme cette offi·

cialisation est en somme notre but, nous l'envisageons avec har- diesse.

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Non pas que nous comptions tirer de cette officialisation des avantages et des appuis qui nous ont toujours été refusés. Mais, nous avons pendant qua- rante ans poursuivi nos expériences en étant persuadé que, si elles avaient vrai- ment les vertus que nous leur savions, nos techniques seraient inévitablement un jour employées dans la grande masse des écoles, avec ou sans notre label, et qu'elles constitueraient alors un des éléments dé- cisifs du progrès pédagogique national et international.

Cela sera, certainement, car notre pédagogie a désormais fait ses preuves.

Mais son succès peut s'étaler sur plusieurs générations comme il pourrait, si nous savons profiter des courants favorables, animer sous peu - ou ranimer - tous les processus d'éducation et de culture contemporains.

L'ère d'expérimentation de base est d'ailleurs terminée. Notre pédagogie a pris forme, définitivement. Elle a ses fondements psychologiques, pédagogiques et sociaux que reconnaissent éducateurs et administration. Son matériel et ses techniques sont rodées. Elle a déjà ses traditions, ses classes-témoins et ses sta- ges, ses productions convaincantes, ses défenseurs et ses fidèles.

Il nous faut aHronter l'épreuve Ce n'est d'ailleurs pas pour nous un fait nouveau, mais tout simplement une forme différente de la longue lutte que nous avons entreprise contre cette forteresse médiévale : la scolastique. C'est à même nos classes difficiles, handicapées par la tradition, soumises aux inspections et aux examens, que nous avons œuvré, jetant témérairement nos idées explosives dans un milieu hostile où elles germaient très capricieusement .•

On nous dira que pour pénétrer dans la masse des écoles, nous serons contraints à bien des accommodements, qu'il nous 2

faudra aménager nos techniques au point de les rendre parfois méconnaissables, et nous plier à bien des exigences admi- nistratives. Nous le savons, mais nous savons aussi que la victoire de notre pédagogie est à ce prix et que, si notre effort vaut aux générations d'enfants et d'éducateurs qui sont aujourd'hui dans l'impasse un peu plus d'efficience, une plus grande joie au travail et une nouvelle confiance en la vie, nous n'aurons pas perdu notre temps.

Voilà, pour ceux qui jugeraient im- prudentes nos décisions, notre justifica- tion majeure, que nous avons tenu à vous donner avant de vous présenter quelques-uns de nos projets essentiels.

D'autres suivront dans les prochains nu- méros.

Notre revue L'Educateur Nous avons beaucoup tâtonné, depws de longues années, pour savoir quelle figure définitive nous allions donner à notre revue.

Après de multiples essais pour tou- cher les jeunes, nous sommes aujourd'hui devant un état de fait :

L'Educateur est l'organe de liaison et de travail des 4 à 5 ooo camarades délibérément engagés dans nos techniques.

Et c'est sur leurs intérêts et leurs besoins qu'il est plus particulièrement axé, à une sorte de deuxième degré difficilement accessible, nous le savons, aux débutants.

Mais il ne nous est pas actuellement pos- sible d'éditer une revue spéciale pour les nouveaux venus, que nous toucherions d'ailleurs difficilement. Il leur faut, à eux, des rencontres départementales ou régionales, des visites d'école, des stages et, peut-être les cours par correspondance dont nous allons parler.

Il en résulte que notre Educateur gardera en gros l'allure et l'orientation des années précédentes. Nous ne change- rons à peu près rien à la partie générale

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où nous discuterons au mieux de toutes les questions d'acrualité touchant notre pédagogie et où nous continuerons no- tamment notre rubrique : Comment je travaille dans ma classe, où nous ne né- gligeons pas Je problème de nos techniques dans les écoles de villes.

C' el!t plus spécialement ,de la partie pédagogtque que nous voudnons dire un mot.

Ces dernières années et l'an passé notamment, nous avons fait un gros effort pour la présentation de fiches-guides dont l'idée est loin d'être dépassée mais peut prendre selon nous une forme nouvelle.

Le temps n'est plus où il nous fallait réaliser au jour le jour notre matériel pédasogique sans lequel nos techniques n'étatent pas applicables. Nous avons aujourd'hui un matériel complet qui per- met un bon travail scolaire. C'est de l'usage pédagogique de ce matériel que nous aurons plus particulièrement à dis- cuter.

Nous donnerons donc moins de fiches de sciences, de géographie et d'histoire, mais nous étudierons en détail comment, dans les diverses classes, l'instituteur peut les utiliser avec un maximum de profit.

- Utilisation intensive des BT;

. - Emp!oi des SBT pour la prépa- ration techmque des Plans de travail ;

- Emploi des fichiers auto-correctifs, et, bientôt des bandes enseignantes ;

- Organisation et exploitation péda- gogique de la correspondance interscolaire.

De ce fait les plans de travail que nous présenterons pour les diverses disciplines comporteront surtout des références à nos diverses réalisations. Ce n'est que lorsqu'il y aura un trou grave dans la documentation que nous rechercherons BT ou fiches pour y parer.

Nous continuerons cependant la pro- duction de fiches: guides et- nouveauté - nous entreprendrons immédiatement la réalisation coopérative de nos bandes

enseignantes dont nous parlons d'autre part.

Les camarades qui veulent aller plus avant. dans 1~ connaissance psychologique

~t J)htlosophtque de notre pédagogie sont mvttés à s'abonner. à Techniques de Vie, comp!ément nécess:ure de L'Educateur, qui contrtbuera à leur donner l'indispensable culture Ecole Moderne.

Cours par correspanCiance Ecole Moderne

Comment entraîner les jeunes à nos techniques?

L'Educateur, nous J'avons dit, ne saurait y pourvoir. La propagande-pro- pagande s'avère impuissante. Nos stages sont certes décisifs mais, même avec l'extraordinaire éclosion de cette année ils ne touchent qu'une partie infime d~

personnel enseignant. Et pourtant les récentes circulaires ministérielles se réfé- rant à nos techniques engagent les édu- cateurs à se renseigner, à s'initier, à expérimenter.

Ne comptons pas sur l'administra- tion pour nous aider à pourvoir à cette nécessaire information de base. On va, paraît-il, en charger les CEMEA qui ne sont évidemment nullement préparés à une telle tâche .

Nous avons pensé qu'un Cours par correspondance répondrait au désir crois- sant et de plus en plus manifeste de s'initier à la pédagogie moderne.

Ce cours, que nous allons débuter incessamment, comprendra une parue théorique et une partie pratique et tech- nique conçue sur la base de l'expérimen- tation en classe.

Nous avons prévu :

- Un cours élémentaire qui répondra aux besotns des débutants et des éduca- teurs désireux de mieux connaître les Techruques Fremet.

- Un cours supérieur qui s'apphque- ra à perfectionner les camarades qui,

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après s'être essayés aux Techniques Frei- net, sentent la nécessité d'aller plus avant, et surtout plus profond dans la connais- sance de cette pédagogie.

Ces cours comporteront chacun zo leçons (une leçon mensuelle) pour le prix de 25 francs destinés à couvrir les frais de fonctionnement.

Faites-vous donc inscrire sans délai.

POur la mise au point technique d'une pédagogie valable paur les écoles de ville : Que nous le voulions ou non, et quelles que soient les difficultés à surmon- ter, il nous faut affronter cette tâche à bref délai, ou démissionner.

La proportion des classes rurales, qui étaient les plus favorables à la pratique de notre pédagogie, va s'amenuisant. Les ramassages s'ajoutent à la dépopulation des campagnes pour entraîner la fermeture des petites écoles. Et là où restent encore ouvertes de nombreuses classes, elles fonctionnent souvent dans des conditions très peu favorables, avec un personnel nouveau qui n'a pas le temps de penser à une impossible modernisation.

Et en contrepartie s'enflent les écoles de villes dont nous avons bien dit souvent les tares : surcharge des classes et exiguïté des locaux, impossibilité pour les maîtres de suivre leurs élèves, isolément des camarades Ecole moderne dans les écoles- casernes.

11 nous faut nous attaquer à ce pro- blème, expérimenter les techniques pos- sibles dans ce contexte difficile, compte tenu de l'inexpérience des maîtres et du médiocre équipement des classes.

En nous basant sur l'expérience mé- thodiquen:ent menée et contrôlée de notre ami Vandendziessche, IP à Boulogne et de Simone Vandendriessche, Directrice d'école qui ont introduit dans leurs classes de ville la méthode naturelle, nous allons rechercher expérimentalement quelles

techniques pourraient dès maintenant être introduites avec profit dans les écoles de ville:

- Tex tes libres ; - Plans de travail ; - Correspondance ; -Albums;

- Conférences.

Sans oublier notre grande nouveauté, le travail par boîtes et bandes enseignantes.

Cette pratique de la bofte enseignante pourrait bien être une initiative décisive pour l'accession des classes de ville à une pédagogie plus efficiente.

POur un manuel de méthOde naturelle CP.CE

Nous avons décidé, de plus, une entreprise qui nécessite quelques expli- cations préalables.

Les classes actuelles, même à la ville pratiquent assez bien le texte libre, mais ne poussent guère plus avant dans la voie nouvelle. La scolastique reprend aussitôt ses droits avec les manuels en usage, leurs exercices et leurs devoirs non rattachés aux intérêts vitaux de l'enfant.

Or, nous savons tous les avantages d'une exploitation pédagogique de ces textes libres, avec lecture de textes d'enfants et d'adultes, recherches de voca- bulaire et de grammaire, d'histoire et de géographie.

Nous réalisons plus ou moins ré- gulièrement cette exploitation avec nos fiches documentaires, nos BT, nos Plans de travail, tous matériels et techniques qui ne seront pas avant longtemps à la disposition des maîtres urbains.

Nous voudrions faciliter cette ex- ploitation par l'édition d'un manuel spé- cial d'une conception toute nouvelle.

Quand le texte libre est voté et écrit au tableau, nous chercherons sur le manuel s'il y a un chapitre correspondant.

Le texte parle en automne des châtaignes.

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Nous chercherons dans le manuel le chapitre se rapportant aux châtaignes et nous trouverons là :

- un texte d'enfant se rapportant aussi à ce thème ;

- un, deux ou trois textes d'adultes traitant des châtaignes en automne ;

- les exercices de chasse aux mots et de grammaire correspondants ;

- des directives pour une exploi- tation éventuelle dans les autres disci- plines.

Nous aurions en somme un guide précis et une aide précieuse pour ce travail.

Nous n'aurons certes pas toujours dans notre manuel un centre d'intérêts correspondant à notre texte. Mais nous allons, avec une équipe de travailleurs chercher, en compulsant de nombreux journaux scolaires, quels sont les centres d'intérêts les plus fréquents, selon les saisons.

Notre manuel comporte une centaine de centres d'intérêts, permettant dans J'année cent bonnes exploitations, ce qui serait certainement très satisfaisant.

On dira : vous ressuscitez les manuels après les avoir condamnés.

Nous avons condamné les manuels qui, par leur automatisme, n'ont aucune assise dans notre vie et qui contraignent l'enfant à exécuter des travaux qui ne lui sont en aucune manière consubstanciels.

Mais si nous évitons cette tare des manuels scolastiques, nous pouvons réaliser un outil de travail de première valeur.

Nous allons donc incessamment : 1o. - Préparer l'enquête qui nous permettra d'établir notre liste de roo centres d'intérêts.

-x>. - Nous chercherons ensuite en-

semble:

- les textes d'enfants se rappor- tant à ces -centres d'intérêts ;

- les textes d'adultes et d'écrivains ; - les travaux complémentaires à exécuter.

Vous pouve:~: dès maintenant vous pro- poser pour ce travail.

Nous avons extrait de notre copieux Plan de travail les entreprises qui nous paraissent devoir retenir tout particuliè- rement notre attention.

- Les Conférences Pédagogiques por- teront cette année sur le dessin. Excel- lente occasion pour faire connaître nos techniques et nos réalisations arustiques.

Lise:~: à ce sujet notre rapport paru en début de mois dans L'Educateur 20.

Demande:~:-nous tous documents propa- gande surtout sur :

le livre d'Elise Freinet : L'Enfant Artiste;

L'Art Enfantin ; La Nouvelle Gerbe, etc ...

- A l'occasion de la parution de la Nouvelle Gerbe nous remettrons en hon- neur Je dessin enfantin quelque peu né- négligé au cours de ces dernières années.

- Dans le cadre du fonctionnement de notre Centre International de l'Ecole Moderne d Aoste, nous allons préparer la réalisation d'une exposition artistique drculante internationale.

- Le thème du prochain Congrès sera:

Une pédagogie moderne pour le monde d'aujourd'hui et de demain.

Nous présenterons ce thème dans nos prochains numéros.

- Nous expliquerons dans notre pro- chain numéro ce que nous pouvons faire pour Je Parrainage des écoles des pays en voie de développement.

- Nous allons mettre sur pied, en France, en Italie, en Suisse et en Belgique, une série de Conférences pour lesquelles nous allons contacter les personnalités qui s'intéressent à la modernisation de

J'école. C.F.

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LeS ConNrences PHagoglques

ROie du dessin

dans la formation de l'enfant

par Mm• Poisson

Des graHttl

e

la ttêdagogle

Le dessin est un besoin pour l'enfant, témoins tous les graffiti qui ont recouvert murs et tables des écoles pendant des générations. Ne muselons pas ce besoin qui d'ailleurs, on l'a constaté maintes fois, ne diminue nullement leur attention.

C'est ce mbne besoin qu'éprouvent certains écrivains et po~tes qui dessinent en même temps qu'ils écrivent.

Le dessin

est un facteur d'équilibre

Christine est une enfant renfermée, ombrageuse. L'an dernier, elle m'arrivait d'une école libre, chahuteuse et sournoise, ne voulant faire aucun effort. ]'ai dû la faire redoubler. Cependant j'avais décelé au milieu de son indiscipline, son goût du dessin et je l'y avais souvent encouragée, espérant que ce serait •la brèche • par où je pourrais pénétrer dans son univers fermé.

Au début de cette année, vexée de redoubler, chaque fois que je lui proposais de dessiner, elle ref~t: • j'aime mieux faire des ficlzes de calcul •· Je n'insistais pas. Fin octobre, elle présenta un joli texte assez poétique : • ]'aime l'automne •

qui ne fut pas choisi. Elle le recopia sur son cahier et le décora si joliment que je le fis admirer par toute la classe.

Quelques jours après, elle vint me de- mander une grande feuille : • ]'ai envie de peindre de beaux arbres d'automne •·

La route du dessin était reprise et parallè- lement elle a fait une bonne année de travail ; je n'ai pas eu à me plaindre de son comportement.

Le dessin

dêvelotttte la ttersonnalltê Elisabeth, dernière enfant et beaucoup plus jeune, est traitée en bébé par toute la famille. On ne lui laisse aucune initia- tive, pas même celle de se choisir elle- même le collier dont elle a envie le jour de la kermesse ; la grande sœur est là qui dirige le choix.

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En arrivant du CP, c'est une enfant terne, confuse et pourtant on sent un esprit curieux et observateur, elle s'expri- me mal, est très volubile, difficile à com- prendre, se perd dans des détails éloignés du sujet qui l'intéresse.

Naturellement mes efforts se sont portés largement sur le français... mais je remarque dans son cahier de dessin libre que personnages ou animaux aux crayons de couleurs sont comme des êtres flous, fades, sans contour.

Au pinceau, elle est malhabile, dé- borde, mélange ses couleurs.

Je lui fais comprendre que les jolies

• bonnes femmes • de son cahier n'ont pas de formes, on ne sait pas où elles s'arrêtent. Je lui donne des stylobilles pour marquer plus nettement les formes.

Je l'encourage à dessiner.

Au deuxième trimestre, elle commen- ce à prendre confiance en elle. Un de ses dessins est choisi pour l'illustration d'un texte du journal scolaire. Sa confian- ce grandir avec les éloges des camarades car • Maman dit que je ne sais pas dessiner •·

Elle peint alors de jolies bonnes femmes qui ont cette fois des formes, mais qui restent fades dans leurs couleurs : rose, bleu pâle, jaune. Elles manquent encore de relief.

Parallèlement elle prend confiance en elle dans tous les domaines et pendant oe deuxième trimestre, elle démarre et progresse rapidement en calcul naturel ; elle comprend et résout les problèmes (l'acquisition des mécanismes se fait plus lentement).

Cette petite rêveuse, toujours dans les nuages, dans son univers à elle (elle lit beaucoup et se raconte même des histoires) revient sur la terre er suit avec intérêt les leçons d'observation, histoire et • géographie, puis s'intéresse de plus en plus à la grammaire et à la conjugaison. Elle parle mieux. Ses phrases deviennent correctes. Seule l' orthogra-

phe, malgré de gros progrès, reste défec- tueuse.

Au début du troisième trimestre j'introduis dans la classe les stylos-feutres:

C'est le moyen d'expression qui lui convient. Il l'oblige à donner une forme précise, nette. Elle fait de ravissantes bonnes femmes de plus en plus admirées de toute la classe. Elle devient la meilleure dessinatrice de bonnes femmes.

Sur ce chemin, elle a pris la tête du peloton. Elle prend confiance en elle, elle prend conscience de ses possibilités et, en quelques semaines, sa personnalité se développe, elle ose s'affirmer dans tous les domaines.

Au retour de notr~ promenade à Loches dont elle a gardé un souvenir très précis, elle dessine aux stylos-feutres pour le compte rendu Agnès Sorel, puis Anne de Bretagne. C'est alors que l'idée me vient de lui acheter une bande de 3 mètres de calicot sur laqudle tous les soirs après la récréation elle trace d'une main sûre une succession de bonnes femmes. A la fin, elle nous raconte que

«c'est le Bal de la Mi-Carême à I'H6tel- de- Ville • et, dans un petit coin resté vide, elle ajoute 3 musiciens.

Sa maman, étonnée et ravie devant cette réalisation et également heureuse de ses progrès scolaires, a décidé de lui acheter des stylos-feutres et de la laisser dessiner.

Le dessin forme le goOt

Dans notre école, à la situation pri- vilégiée, j'essaie dès le début de l'année d'attirer l'attention des enfants sur la Loire si belle. Nous l'observons, nous l'admirons, nous remarquons ses change- ments et, quand arrive l'automne, c'est l'émerveillement devant ce débordement de couleurs. Dès la fin octobre, je vois

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apparaître sur les dessins des arbres de plus en plus beaux, chacune ayant Je sien bien reconnaissable.

J'ai même vu cette année ces magni- fiques branches d'automne devenir les plumes d'un oiseau de rêve de l'imagina- tion de Chrisùne, enfant extrêmement sensible à la beauté. De temps à autre dans l'année, Christine reprenait Je thème de son oiseau, l'améliorant sans cesse, et Je dernier jour de classe, grimpée sur une chaise, elle a couvert Je tableau des splendides plumes de • son paon • que j'ai dû effacer bien à regret.

Le dessin révèle la sensibilité et le caractère

Marie-Christine n'utilise que les cou- leurs nettes, franches, violentes, qui heur- tent, s'imposent comme elle le fait elle- même, très autoritaire avec ses camarades.

Ses personnages sont raides, lourds, tout d'une pièce, à son image.

Nadia, enfant douce et timide, aime au contraire les tons doux, les nuances.

EUe a réussi des ciels ravissants et, cet hiver, un paysage de la Loire gelée dans des tons gris et blanc d'une extrême sensibilité.

Pourquoi les dessins de Nathalie jusqu'alors frais et naifs, propres et soignés, sont-ils devenus depuis janvier barbouillés et de moins belles couleurs?

Est-ce Je fait que ses parents ont emmené

Vient de paraître :

en montagne avec eux le petit frère et qu'elle est restée à Tours avec sa grand- mère? En classe, elle devient rêveuse, s'intéresse moins au travail collectif, est moins sérieuse dans son travail personnel.

C'est pourtant une gentille enfant qui semble avoir compris les raisons de ses parents. Eux-mêmes ont essayé d'atténuer Je plus possible cette injustice apparente.

Mais depuis cette époque, elle n'est plus redevenue la petite Nathalie du début de l'année. Elle qui avait une telle volonté de travail, fait preuve maintenant d'un certain laisser-aller et je vois main- tenant ses dessins se hérisser de poinres, Je noir et Je violet y prendre une large place. Contre qui se hérisse-t-elle ainsi?

Contre ses deux frères qui la taquinent souvent? Contre ses parents'? Contre moi?

Tout cela m'inquiète, car malgré mes conversations avec ses parents je n'ai pu en déceler la cause et je voudrais bien que cette gentille enfant retrouve son équilibre.

Le dessin nous est donc un précieux auxjliaire pour la connaissance de nos élèves. Sans vouloir parler des tests dans l'utilisation desquels il faut se montrer très prudent, il est certain que Je dessin de l'enfant reflète non seulement son moi, mais aussi tout ce qui le touche ou l'af- fecte. Il est le reflet de son bonheur, de son équilibre comme le reflet de son angoisse, de son obsession. Le dessin l'aide également à se libérer.

Mme POISSON

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L 'ENFANT ARTISTE

1

Album de luxe 21 x 27

180 pages illustrées

par

Elise FREINET

et 20 hors-textes

..

FRANCO contre 35 F à CEL - 8 P 282 - Cannes

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LA PAR'I' DU MAITRQ

11 s'agit de savoir

pourquoi l'enfant écrit

par G. Béruti

un correspondant

~a sert â rêver

Eh! bien, Le Bohec, j'ai crié d la lecture de tes premiers articles •Le Texte Libre, vraiment Libre», j'ai crié et j'ai dit mon désaccord à une réunion passionnée des camarades de la Loire. C'est Renée Goure du CEG de Roche-la-Molière - elle n'a découvert le mouvement Freinet que depuis deux ans pour- tant - qui a défendu le plus énergiquement ta pensée et je sup- pose même que mon attitude /'a déçue.

Et voici que je suis presque d'accord avec ton dernier ar- ticle «<l s'agit de savoir pourquoi l'enfant écrit •, ne serait-ce que pour ces phrases : « •.. et pourtant lorsque l'enfant écrit son iexte libre, il y a tout' de même message, c'est-à-dire écriture pour une communication d autrui ... », - « .. ~Pour nous, le corres- pondant, c'est le double possible, c'est soi-même dans un autre pays. Un correspondant ça sert à rêver ... » · « •.• il faut corres- pondre en profondeur ... "

J'ai toujours pensé que la correspon- dance était le nerf moteur de nos classes Freinet, depuis le CP jusqu'en FEP.

J'entends par correspondance, cet ensem- ble : lettres manuscrites, bandes magné- tiques mais aussi et surtout textes libres lus en classe, imprimés et expédiés sous forme de journal. C'est une interprétation restrictive que penser correspondance

=

échange de lettres manuscrites.

Certains collègues qui scolarisent le texte libre et n'impriment pas, ne s'aper- çoivent-ils pas de ceci :

Première période : engouement des enfants pour Je texte libre qui vient de remplacer la traditionnelle rédaction.

Deuxième période : perte de vitesse du texte libre, les enfants ne savent plus quoi dire paraît-il?

Bien sûr, la roue tourne à vide 1

Eerire,. e'est: eommuniquer Comment peut-on connaître quelle est la parr de communication destinée à la seule classe et quelle est celle destinée à un, à des correspondants plus lointains?

Il y a écriture pour une communication à autrui, c'est tout, je crois. Cet enfant écrit un beau poème, un beau texte parce que tout cela a mijoté en lui et il aimera le lire à ses camarades, à son maître pour les sentir émus, pour voir briller les yeux.

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Celui-là aime surtout la chaleur du contact direct - cet autre, redoute peut-être ces réactions à chaud et préfère que poème ou texte soit lu et apprécié à froid ; Freddo de l'Ecole Freinet ne va-t-il pas jusqu'à demander à IYiadame Blanche ~e lire son poème, tant tl redoute de le hre lui-même et pourtant il voudrait qu'il soit lu il savoure même cette lecture - et la pl~part de nos enfants, ne souhaitent-ils pas conjuguer les deux chaînes de ces réactions?

Je m'insurge un peu, Le Bohec, contre cette affirmation que ce texte libre écrit pour le correspondant, pour la classe, n'est pas vraiment libre. D'ailleurs ne dis-tu pas : «Non, pour nous, le corres- pondant, c'est le double possible, c'est soi- même dans un autre pays. Un correspon- dant, ça sert à rêver ».

La lettre, comme le souligne Freinet, dans laBEM Méthode Naturelle de Lecture(') est pour l'enfant qui apprend à lire, une première étape sur une voie nouvelle, la première antenne dirigée vers la vie des autres.

Je ne m'y connais pas beaucoup dans toutes ces histoires d'égocentrisme, de psychothérapie, d'âge propice à ceci, à cela ... je suis un praticien et j'ai, comme toi, regardé vivre les enfants. On m'a appris à l'EN les différents besoins natu- rels de l'homme, on les classait même, et je ne me souviens plus guère d'ailleurs de cette classification, mais ce que j'ai bien appris en côtoyant les humains, à l'école-pension, au régiment, pendant la guerre, c'est qu'un des premiers besoins de l'homme est bien de livrer sa pensée à autrui : femme, fiancée, ami, et de connaître leur pensée.

"e•est pour mon corres ... "

Comment connaître chez l'enfant, che% l'homme quelle. est la part qui est

{1) N° 8·9 de la Collection « Bibliothèque de 1' Ecole Moderne ».

le besoin de projeter à l'extérieur son moi le plus profond, pour se libérer, comme dit Michèle Le Guillou, et quelle est la part qui est besoin de communiquer à d'autres ses propres pensées, ce qui libère aussi drôlement, soit dit en passant.

Et dans notre pratique pédagogique, est-il tellement nécessaire de le savoir? Allons- nous aller jusqu'à dire que nous aussi, nous traumatisons l'enfant?

Je pensais à tout cela récemment après avoir entendu le grand poète es- pagnol, Marcos Anna. Resté 23 ans au secret, dans les prisons franquistes, conduit deux fois au peloton d'exécution, il n'avait donc aucun espoir d'en sortir quand il a écrit ses poèmes. Et pourtant, ces magnifiques poèmes étaient un message, une communication aux antifascistes du monde, à l'Espagne démocratique de demain. Et le sachant, Marcos Anna se libérait, avait la force de tenir le coup.

Revenons à notre enfant qu'il soit du CP ou du CM. Bien sûr, il écrit pour sa classe, bien sûr il se récrie si on oublie de lire les textes, bien sûr il aime avoir son texte choisi et imprimé, pourtant voici une anecdote :

... A René, dont le texte n'était pas choisi, un ou deux camarades taquins, disaient avec geste à l'appui : «Dans l'os!, et René d'exploser: «je m'en fous, c'est pour mon corres ... » Il y avait peut-être du dépit dans la voix, mais il avait deviné à coup sûr que l'élection en classe n'était qu'une occasion de magnifier une tranche de vie destinée à son correspondant.

Tu as parfaitement raison de t'in- surger contre cette correspondance sans vie qui n'est qu'échange de phrases creuses, d'échantillons ... échantillons que l'on s'échine parfois à découvrir puis- qu'il en faut. Mais existe-t-elle donc vraiment cette sorte de correspondance dans nos classes Freinet? Peut-être n'a- t-on pas asse% dit tout l'intérêt qu'il y a à faire se connaître les correspondants.

(13)

Dès que J'enfant a vu le visa~e, les yeux, ces yeux qui l'ont regardé mtensément, l'ami vaut bien la masse des camarades de la classe. Chaque fois que nous Je pouvons, voyons nos correspondants au début de l'année ou continuons la cor- respondance une deuxième année après le voyage-échange, ou en cas d'impossi- bilité échangeons au moins photos et bandes magnétiques.

Et alors, Le Bohec, tel de tes élèves qui vit à q_uelques mètres de la mer et ne l'a jamrus vue, la verra avec d'autres yeux, il la découvrira pour la faire conna!tre à son correspondant et le bout de goémon qu'il enverra ne sera pas n'importe quel bout de goémon, et la crêpe dégustée par le correspondant ne sera pas n'importe quelle crêpe.

G. BERon

Un remarquable exemple de travail ooop~ratlf :

La commission du dictionnaire de sens

Cette commission n'a guère fait parler d'elle l'an dernier, bien qu'elle travaille depuis plus de dix ans.

En somme, presque une commission clandestine et, si passionnée de son travail qu'elle l'a entrepris à une époque où il semblait impossible que le dictionnaire puisse être édité par la CEL.

Il est impossible de donner même un aperçu de ce travail depuis le début. Rien que pendant la dernière période, exacte- ment trente-sept camarades ont participé au travail.

Chacun a fait tout ce qu'il a pu. Certains ont dO abandonner pour des raisons de travail impérieuses (par exemple pour de- venir inspecteurs). C'est pourquoi je ne citerai pas la douzaine de noms de ceux qui ont fourni une tranche importante. Parmi ceux-ci figurent naturellement les retraités. Ils étaient quatre.

Deux d'entre eux sont décédés récemment : Dechambe et Lefèvre.

L'importance du travail des équipes de travail est à noter : elles ont fourni plus du tiers de l'ouvrage, malgré le travail considérable de certains isolés. Ce sont les équipes de l'Aube, du Calvados, de la Sarthe, et surtout l'équipe première des Deux-Sèvres. C'est le gros travail individuel de Touchard qui donne à la Sarthe la première place.

Je m'excuse auprès certains auteurs de signaler le mérite particulier des camarades délégués départementaux qui trou- vaient le moyen de cumuler avec le travail du dictionnaire.

Freinet fait souvent remarquer que nous sommes la seule organisation où un nombre important de camarades fournissent bénévolement un travail aussi considérable.

Il m'a semblé que l'exemple du dictionnaire simple dont I'ICEM va disposer valait d'être donné. . .

La plus belle coopération, la plus vra1e est celle du travail.

R. Lallemand 11

(14)

ICOLES MATERNELLES

Nos écoles maternelles

par

c.

Freinet

L'école Idéale pour la méthode naturelle 1

Elles occupent toujours chez nous une place de choix. C'est chez elles que nous trouvons encore l'enfant à l'état pur qui autorise les réactions normales à nos méthodes naturelles. C'est là où notre pédagogie peut, sans compromission, étaler ses bienfaits, et apporter ses preuves pour ainsi dire définitives.

Nous devons donc aider au maximum le développement de nos techniques dans les Ecoles Maternelles.

Mais comment? C'est la question que nous nous posons en ce début d'année.

Le raisonnement que nous avons fait pour l'ensemble de nos techniques est parfaitement valable pour les maternelles : notre prospection expérimentale peut être considérée comme terminée. Si nous avons beaucoup encore à découvrir par l'implan·

tation de nos techniques dans les classes de villes par exemple, ou dans les CEG, il y a fort peu de problèmes encore urgents qui n'aient été traités, et souvent de façon excellente au niveau maternel.

Il est inutile à mon avis de continuer dans l'Educateur des études sur« Comment je travaille dans ma classe maternelle »,

qui ne sont nouvelles que pour celles de nos éducatrices qui ne connaissent pas le riche fonds dont nous disposons après trente ans de travAux.

Il sera certainement plus profitable de recueillir, dans la longue collection de 12

nos revues tout ce qui y a été écrit d'ex- cellent et de mettre à la disposition de celles de nos abonnés qui font aujour- d'hui les premiers pas toute cette riche documentation. Cette publication a natu- rellement sa place dans notre collection Bibliothèque de l'Ecole Moderne, et nous inviterons nos maternelles à y souscrire.

En attendant :

- Nous allons constituer, ou aider nos groupes à constituer des dossiers pédagogiques concernant les maternelles i - Nous allons tout de suite faire choix dans nos richesses des écrits qui seront utilisés pour nos cours par corres- pondance auxquels les éducatrices ma- ternelles qui veulent se perfectionner pourront s'inscrire.

Nous garderons cependant notre

(15)

rubrique Maternelle dont Mm• Berteloot conservera la responsabilité et dans la- quelle:

- elle répondra aux diverses ques- tions qui peuvent lui être posées, en donnant toutes références à nos publica- tions;

- elle continuera à donner tous conseils techniques pour lesquels il nous faut suivre l'actualité ;

- elle mentionnera les manifestations auxquelles peuvent participer les cama- rades et en publiera les comptes rendus ;

- elle donnera tous conseils pour que se continue active, la vie intense de la commission.

Mais nous voudnons, de plus, re- prendre le travail profond amorcé il y a 6 ou 7 ans, avant la longue crise Rossi- gnol qui a secoué notre Coopérative de l'Ense1gnement Lalc et paralysé souvent notre activité pédagogique.

NOS C:ENESES Nous avons déjà publié - Genèse de l'Homme;

- Genèse des oiseaux ; - Genèse des autos et camions;

- Genèse des maisons.

Nous avons en cours une Genèse des animaux divers pour lesquels nous avons déjà reçu d'excellentes collections de documents. Il nous en faut encore. Seules les maternelles peuvent nous les procurer et elles ne boudent pas à la tâche.

Nous compléterons cette série des Genèses par deux autres thèmes :

- La Genèse du travail (comment l'enfant voit le travail et les travailleurs) ; - Et, pour terminer : la Genèse de l'irréel (comment l'enfant conçoit et des- sine, en les personnifiant souvent : la lune, le soleil, les étoiles, dieu ou le diable, les fantômes, etc ... )

Quand ces trois séries seront termi- nées nous réunirons le tout en un beau volume qui devrait faire date dans l'étude du dessin enfantin.

Je fais donc appel à nos amies maternelles. Nous ne leur disons pas :

•faites dessiner les enfants sur ces thbnes •, mais laissez-les dessiner librement pour choisir ensuite dans vos collections les documents qui vous semblent répondre à nos besoins.

Pour dessiner, il faut du papier. Et c'est souvent faute de papier qu'on res- treint la production de dessin. Nous vous en procurerons gratuitement. A chaque envoi de dessins nous adresserons à l'expéditeur un stock de feuilles blanches qui lui permettront de nous continuer sa collaboration.

Enquête sur

le tiltonnemant expérimental J'expliquerai, dans un prochain nu·

mérode Techniques de Vie ou de L'Educa- teur, pourquoi il nous faut compléter notre information et nos explications sur ce thème essentiel.

En attendant nous demanderons à nos maternelles de recueillir dès maintenant, tous éléments qui pourraient nous servir pour les démonstrations à intervenir.

Nous préciserons dans notre prochain numéro ce que nous attendons de vous.

Le Dessin Libre

La part, nécessaire et spectaculaire, accordée aux peintures d'enfants, a en·

traîné parfois certains camarades à négliger le dessin des enfants.

Il en résulte que les journaux sco- laires sont dans l'ensemble moins bien illustrés qu'autrefois, que la gravure du lino y est souvent abandonnée, ce qui se comprend en partie, mais qu'elle n'a 13

(16)

pas été suffisamment remplacée par la reproduction de dessins au limographe.

Or, il nous faut répéter aux camarades que, selon notre principe même du tâtonnement expérimental, vous ne pro·

gressere:;: pas en dessin si vos enfants, à tous les degrés, n'ont pas la possibilité de s'exprimer sans cesse par le dessin et si cette expression n'est pas motivée par la publication que nous ferons des œuvres les mieux réussies.

Pour ce qui nous concerne : - Nous ferons une part plus large aux dessins d'enfants dans la revue L'Art Enfantin.

- Nous illustrerons au maximum les Nouvelles Gerbes que nous faisons repa- raître.

- Nous étudierons même la possi- bilité de concours avec publications des œuvres les plus réussies.

une thérapeutique le dessin libre

Nous allons également mener une grande action, pour laquelle nous comptons surtout sur les maternelles, au sujet de nos techniques thérapeutiques et plus spécialement du dessin libre thérapeutique.

Comme vous le voyez, la besogne ne manque pas. Elle visera surtout à faire faire à nos maternelles un bond en avant dont nous serons tous bénéficiaires.

C.F.

Commission des classes terminales et des classes de transition

Leur création, leur expérimentation, la teneur des cir- culaires qui les ont préparées, le fait qu'un certain nombre des nôtres seront appelés à exercer dans ces classes nouvelles, nécessite l'étude spéciale des problèmes qui nous sont posés.

Nous conseillons d'abord à nos camarades de poser leur candidature pour ces classes et nous demandons aussi à tous nos adhérents exerçant dans ces classes, de s'inscrire sans retard à notre commission.

, Nos responsables départementaux sont invités à nous fournir si possible la liste récapitulative de ces camarades.

C.F.

(17)

comment Je travaille dans ma classe

une classe selon les Techniques Freinet

J. et L aourdarlas

Q

ATELIER~

8 9

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,...- CLA~~f:

EE ---

5

~f'" 0 0 0

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0 d

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5

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A

JJ

15

(18)

Explloatlon du aoh.Jma de la page pr.Jo.Jdente

1• • LA CLASSE

1. - Une large estrade d'où le bureau du mattre a dis·

paru peut donner plus de solennité aux réunions de la coop#ratlve, pour servir de scène au théllre libre, monter le castelet du théatre de marionnettes.

2. - Tableaux muraux verts à volets bien à portée des enfants pour qu'ils puissent, dans la mesure du possible, y rédiger eux-mêmes leurs textes libres, rêsumês d'enqu~les,

etc ...

2 bis - Panneau d'affichage de la Coopérative où les élèves Inscrivent librement leurs opinions (Je critique ... je félicite ... j'al réalisé ... ) Au-dessous. une boite à question pouvant recevoir toutes les questions que les élèves posent à la classe,

~ la coopérative, au maitre.

2 ter - Panneau d'affichage des plans de ltava/1 annuels, des plans Individuels, des plannings de niveau.

3. - Bureau du maitre (avec machine à kr/re si possible pour rédaction claire des plans-guides distribués aux enfants et des documents à polycopier).

4. - Tables individuelles avec chaises permettant le travail Individuel tranquille et un regroupement facile pour le travail en équipe.

5. - Panneaux d'affichage spécialisés : Histoire, Géo·

graphie, Sciences, Correspondants (documents tirés du fichier, envoyés par les correspondants, événements d'aclua/llé relalês dans les publications diverses).

Il est bon de prévoir des étagères qui recevront les chefs-d'œuvre, les maquettes diverses.

6. - Table des fichiers auto-correctifs.

7. - Table d'expériences de calcul et d'observations qui ont besoin d'être permanentes.

8. - Table d'exposition des travaux de la classe (travaux de la semaine, chefs-d'œuvre, albums prêts à être expédiés aux correspondants ... )

9. - Table d'exposition des envois des correspondants (journaux, colis de produits, etc ... )

10. - Fichier documentaire (BT, documents classés par centre-d'intérêt).

MATlRIEL FOURNI PAR LA CEL :

BENP sur tous les sujets

Collection SEM (n• 3 Le Texte libre)

BEM .t para/Ire sur la Coop.

Plans de travail individuels BEM no 15

Collection S.B. T. (maquettes)

Fichiers auto-correctifs (cahiers pour les petits) BEM no 13·14 Enselg. du Calcul Boites enseignantes

Fiches de demandes de carres·

pondants (nationaux et Inter·

nationaux)

(19)

Dans certaines classes on trouve plus pratique de dis·

poser les 600 BT dans une Bibliothèque spéciale, soit armoire, soit étagères. Le tout classé sous reliures spéciales très pratiques.

11. - Bibliothèque (dictionnaires . encyclopédies di·

verses · ouvrages scolaires · bibliothèque récréative).

Fournitures scolaires.

2<> L'ATEUER

1. - Atelier d'Imprimerie et polycopie.

2. - Atelier audio-visuel (radio · TV · électrophone · magnétophone · projecteur f\xe et animé, collections d1verses de fllms et bandes magnétiques, de disques).

3. - Atelier électrique (f/licoupeur, matériel divers de montage, boîtes d'expériences).

4. - Atelier d'art (peintures CEL, céramique, tapisseries, papiers pour album et peintures, etc ... )

5. - Atelier de sciences (matéflel d'expériences. aqua- rium, vivarium, collections diverses).

6. - Atelier menuiserie·serrurene pour les garçons (établis·outiiiBfle divers).

Atelier couture-cuis1ne pour les f\lles (fourneau, machine à coudre ... )

- Brochures de la Bibliothèque de Travail

- Dictionnaire et brochure pour le classement rationnel de toute documentation

- Boites . classeurs avec dos·

slers suspendus

- Fiches documentaires el plans-guides

- La Nouvelle Gerbe - Albums d'enfants - Classeurs Individuels - Ortho-dico el dictionnaire pour les petits

- Livrets de lecture naturelle

- Table de composition table de tirage - Imprimerie - Linogravure - Llmographe

- Magnétophone - Electrophone

- BT Sonore (vues fixes avec disques et livrets)

- Magnétothèque CEL

- Fil/coupeur

- Boites d'expériences élec- triques

- SBT de découpages (maque/les diverses)

- Peintures en poudre CEL - Cours de dessin

- Art Enfantin - Fours à céramique

- Boites d'expériences - SBT d'expériences - Matériel de montage

J. et L. Bourdarias

17

(20)

une expérience de méthode naturelle

d 'apprentissage de la langue écrite

par L vandendrlessche Inspecteur de l'Enseignement primaire

à Boulogne·sur-Mer (P.-de-C.)

un bilan positif!

Au cours de l'année scolaire 1961-62, une première CP a fonctionné à Bou/ogne-s-mer en utilisant la méthode naturelle avec imprimerie. Le but de ce travail, confié à une maîtresse rompue à la méthode, était de former cinq autres maîtres et maîtresses grâce à de nombreuses causeries théoriques et visites de la classe aux différentes pén'odes intéressantes de l'année.

Cette année, les six CP ont pratiqué la méthode naturelle.

L'an prochain ils seront dix. Et ils le resteront quelques années car notre effort est tourné à présent vers l'initiation au français par le texte libre des maftres chargés des classes supérieures dans ces différentes écoles, au fur et à mesure de la montée de la première génération d'élèves formés de cette façon.

Le bilan paraît positif.

Tout d'abord, et cela n'étonnera personne, nous récoltons les fruits habi- tuels de la naturelle : nos enfants pro- duisent des textes en quantité, et aiment cela énormément. Grâce à de fréquents contacts et un travail en équipe bien compris, les maîtres parviennent à obtenir une qualité d'expression, de relation et d'imagination fort encourageante.

Bref, dès le départ, la langue écrite, loin d'être considérée comme quelque chose d'extérieur à la vie, d'artificiel (quand ce n'est pas d'ennuyeux 1), est aperçue comme un outil efficace et intéressant pour exprimer sa pensée.

Nos enfants dévorent les livres de bibliothèque. La ville de Boulogne (sans l'aide matérielle puissante et généreuse de laquelle nous ne pourrions évidemment rien) a mis sur pieds une bibliothèque remarquable dont nos CP bénéficient comme les autres classes. Nous constatons,

car la lecture personnelle est très largement pratiquée en classe, que les élèves ont pratiquement tous acquis un goût pro- fond de la lecture. Lequel va être mainte- nant cultivé systématiquement dans les classes supérieures puisque le travail va y être organisé dans le même esprit en français.

Ces critères de réussite essentiels pour nous, sont cependant considérés comme asse~ secondaires à l'école tra·

ditionnelle. Ils n'y sont d'ailleurs que fort peu - ou point - recherchés la plupart du temps.

Les valeurs essentielles, en tradition- nelle, au CP, tournent autour de l'acqui- sition d'une lecture courante et d'une orthographe phonétique acceptables.

Notre opinion est que cela n'est point suffisant. Mais encore fallait-il montrer de façon objective, c'est-à-dire chiffrée, que nous ne bâtissons nullement sur le

(21)

sable et que, sa nous allons beaucoup plus loin comme on l'a vu plus haut, nous assurons nos arrières et sommes capables de nous comparer à l'école traditionnel- le, sur son propre terrain.

Car en effet, on connaît bien les reproches adressés à la méthode naturelle : lecture peu courante la première année, et orthographe phonétique gravement lacunaire.

Certes, je ne nie pas que la naturelle confiée à un débutant non formé peut faire des ravages. Mais pas du tout parce que c'est la naturelle. Je suis bien placé pour constater les dégâts incroyables que les synthétiques peuvent causer lors- qu'elles sont utilisées par des maîtres incompétents ou inexpérimentés.

Non, ceux qui font ces reproches à la naturelle les foot à la méthode en elle-même. Ils l'accusent de les porter en elle.

J'ai donc fait une étude numérique comparative. Elle n'est sûrement pas parfaite, il faudra la reprendre d'année en année, la préciser, la compléter. Mais les résultats m'ont paru assez intéressants.

J'ai fait lire, en juin, tous les élèves, de 14 CP ou sections préparatoires (soit 382 élèves) où l'on pratique la tradition- nelle, d'une part, et d'autre part tous ceux des 6 CP pratiquant la méthode naturelle (soit 198 élèves). ]'ai réparti les résultats comme suit : lecture courante et expressive (C E) ; lecrure courante sans expression (C) ; déchiffrage encore hésitant, mais ac- ceptable (H) ; lecture insuffisante, interdi- sant le passage au CEt (1). J'ai calculé les pourcentages : on trouvera les tradi- tionnels (moyenne générale) à la première ligne du tableau ci-dessous. Ensuite vien- nent ceux de chacun des 6 CP méthode natu- relle ( A,B,C,D,E,F ). Enfin la moyenne de ces 6 P, comme la première ligne est celle des 14 traditionnels.

LECTURE

C+E

c

(1)

moyenne 1

i

33·5%

l•traditionnelle• 10% 43·5%

H 1 (2) l

25,5%

1 69% 31%

A 59 °'o o 0/o 59 °fo 20 ~0 79% 2I ~10

8 25 "ro 34% 59% 25 "ro 84 °1o 16 "tg

c

52 % 3% 55% 1 20% 75% 25%

D 21

"ru

29% 50% 27% 77% 23%

E 47% 6 •• 53

°

1o

F 33% 17% 50%

moyenne 39% !6% 55%

• naturelJe •

1

x8 ~'0 71% 29 •;.

24% 74% 26%

22% 77% 23%

(x) ont donc une lecture au moins courante.

(2) peuvent donc passer au CEx, puisqu'ils ont réussi à apprendre à lire.

19

(22)

On constate ainsi que les classes pratiquant la méthode naturelle arrivent en tête, la comparaison des 2 moyennes générales {première et dernière ligne) étant particulièrement intéressante. Et en- core, trois maltres de ces classes éprou- vent quelques difficultés à perdre leur élocution scolastique et obtiendront l'an prochain de meilleurs résultats sur le plan de l'expressivité (B,D,F ).

En orthographe, j'ai fait faire une dictée de sept mots équivalents, où entraient les sons ou, eil, ar, tr, ail, en, au, euil, cr, ir, ri, tr,

ft,

or, ur, ous, our, al. Il y a là de quoi juger un CP !

J'ai établi ensuite des pourcentages d'orthographe, selon la formule suivante où :

F: - Nombre total <.le fautes faites par le groupe considéré.

- 7 (nombre d'épreuves).

N: - Nombre d'élèves du groupe.

- 100 (p. obtenir 1 pourcentage) F x lOO

- - - -= pourcentage du groupe 7 x N

]'ai calculé le pourcentage de groupe moyen de l'ensemble des 382 élèves des 14 CP traditionnels, puis, parmi ces 382 élèves, celui des seuls enfants qui peuvent passer au CEr.

J'ai fait ensuite le même travail pour chacun des 6 CP «naturelle• ( A,B,C,D,E, F,), et enfin pour l'ensemble de ces 6 CP.

TABLEAU D'ORTHOGRAPHE

1

Pourcentage

• ensemble des élèves »

Pourcentage des seuls élèves 1

qui passent au CEr

Ensemble des traditionnels 57 °io 78%

CP A 74 ~'o gr o,o 1

B 73% 86%

c

6g% Sg% 1

D 64 °1o 82%

E 50% 65%

F 43% 71%

Ensemble des • Naturelle » 63.3 % Br%

Ici encore, la méthode naturelle est

en tête. où la maîtresse Geune) a éprouvé évi-

demment de sérieuses difficultés de mise en route.

Ces résultats sont d'autant plus en- courageants que nous avions choisi la difficulté : en effet, nos 6 CP sont implantés uniquement dans ~es quartiers populaires de Boulogne. Le F est absolument dans la zone. Le E est une classe à 2 cours 20

Et tous, sauf le A, en sont à leur première année de méthode natureHe. Une sérieuse auto-critique collective en fin d'an- née, suivie J'an prochain du même travail en équipe permettra d'améliorer ces résultats.

(23)

Conclusion

Les discussions théoriques ne sont certainement pas sans intérêt, mais chacun y reste souvent sur ses positions, tant il est vrai qu'on arrive toujours, dans l'abstrait, à démontrer n'importe quoi.

Tout change sur le plan expérimental, où ce ne sont plus les interlocuteurs mais les faits qui parlent.

Nous espérons que cette étude contri- buera à situer Je débat sur un terrain plus solide, où les préjugés, la routine, la passion ou la paresse d'esprit ne peuvent que s'incliner devant la réalité expéri- mentale.

Et il semble bien que sur ce terrain, après cette étude portant certes sur 58o cas, ce qui n'est quand même pas négli- geable, mais qui n'est qu'un début et

sOrement une ébauche, la méthode natu- relle fasse bonne figure et ne mérite pas les reproches dont il est d'usage que les gens qui ne la connaissent nullement, l'accablent.

L. VANDENDRJESSCBE

lnsputtur de l'Enseignement Primaire d Boulogne-sur-Mer, (P.-de-C.) P.s. -Il y a une immense supériorité de la méthode naturelle, que l'on ne peut évidemment mesurer, mais qui paraitra essentielle à tout maître généreux, et que nos 6 ma!tres ont constatée : loin d'être découragés, complexés, nos redoublants aiment autant leur école que leurs cama- rades, et présentent une immense soif d'apprendre. Neuf sur dix passeront l'an prochain.

Il y a peut-être là-aussi une démo- cratisation de J'enseignement, profonde.

CORRESPONDANCE INTERSCOLAIRE fPGJfS de IGif!/IUB ét,.,.lflléreJ

Désormais, le service va s'organiser pour ajouter à la correspondance en langue étrangère (chacun pouvant écrire dans sa langue) la correspondance par l'Espéranto.

Donc, pour la correspondance par l'Espéranto, s'adresser également à Roger Lallemand à Gonfaron (Var) France. Mais au début, il faudra compter un certain délai .

APPEL EN FAVEUR DE SKOPUE

L'abondance de matière nous Interdit de passer en entier l'appel reçu en faveur des sinistrés de Skoplje. Vous avez pu

• lire cet appel par ailleurs dans la BT actualités. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro. Répondez sans tarder à cet appel à ICEM, BP 282 Cannes, CCP Marseille 11 45 30.

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