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Texte intégral

(1)

le 29 Novembre 2008 UTBM MT11

Arthur LANNUZEL http ://mathutbmal.free.fr

Calcul matriciel

Introduction.

A un syst`eme lin´eaire de p ´equations `a n inconnues on associe un tableau avec p lignes et n colonnes qui contient les coefficients du syst`eme.

Grˆace `a ces tableaux (matrices) nous allons ´elaborer une th´eorie math´ematique permettant de r´esoudre ces syst`emes. Cette th´eorie d´ebouchera sur d’autres applications (exponentielle de matrices, syst`emes d’´equations diff´erentielles...)

1 Les matrices.

1.1 D´ efinitions - Notations.

D´efinition 1.1 Soit n, p∈N.

Une matrice M de taille (p, n) ou p×n `a coefficients r´eels (resp. complexes) est un tableau comportant p lignes et n colonnes de nombres r´eels (resp. complexes).

L’ensemble des matrices p×n `a coefficients r´eels (resp. complexes) est not´e Mp,n(R) (resp.

Mp,n(C)).

Exemples 1.2

M =





2 −1 3

0 4 2

2 1 5

3

4 2 π

4 0 3.14





∈ M5,3(R).

2 est le coefficient de M, troisi`eme ligne, premi`ere colonne. On le note souvent m3,1.

Notation 1.3 Une matrice M ∈ Mp,n(R) (ou Mp,n(C)) est not´ee de fa¸con g´en´erique :

M = (mi,j)1≤i≤p,1≤j≤n =





m1,1 m1,2 ... m1,n m2,1 m2,2 ... m2,n

... ... ... ...

... ... ... ...

mp,1 mp,2 ... mp,n





avec ∀1≤i≤p,∀1≤j ≤n, mi,j R (ou C).

Exemples 1.4 A= (ai,j)1≤i≤4,1≤j≤3 avec ai,j = 2i+j

(2)

Vocabulaire 1.5 i) Si p = n, M est appel´e matrice carr´ee d’ordre n. Les termes mi,i, 1≤i≤n, sont appel´es termes de la diagonale de M.

L’ensemble des matrices carr´ees de taille n est not´e Mn(K) (K = R ou C suivant les cas).

ii) Les ´el´ements de M1,n(K) sont appel´es matrices lignes.

Les ´el´ements de Mp,1(K) sont appel´es matrices colonnes ou vecteurs.

iii) Soit M = (mi,j)∈ Mp,n(K) ( on ”oublie” souvent les indices).

La ii`eme ligne est not´ee Li = (mi,1 mi,2 ... mi,n).

La ji`eme colonne est not´ee Cj =





m1,j m2,j ...

...

mp,j





.

D’o`u

M = (C1 C2 ... Cn) =





L1

L2 ...

...

Lp





.

1.2 Lien avec les syst` emes.

Soit un syst`eme 









a1,1x1 +a1,2x2+...+a1,nxn =b1 a2,1x1 +a2,2x2+...+a2,nxn =b2

... ...

... ...

ap,1x1+ap,2x2 +...+ap,nxn =bp

o`ux1, ..., xnK sont les inconnues et ai,j, bj K.

On associe `a ce syst`eme 3 matrices :

A= (ai,j)∈ Mp,n(K), b =





b1 b2 ...

...

bp





∈ Mp,1(K), X =





x1 x2 ...

...

xn





∈ Mn,1(K)

et une application :

fA : Kn −→ Kp

X =





x1

x2 ...

...

xn





7→ A .





x1

x2 ...

...

xn





:=





a1,1x1+a1,2x2+...+a1,nxn a2,1x1+a2,2x2+...+a2,nxn ...

...

ap,1x1+ap,2x2+...+ap,nxn





(3)

Le syst`eme s’´ecrit alors fA(X) = b.

Remarque 1.6 Par le raisonnement pr´ec´edent, on peut associer une application fM :Kn−→

Kp `a toute M ∈ Mp,n(K).

Exemples 1.7 M :=

 0 −3 2

3 0 −1

−2 1 0

. Alors

fM : R3 −→ R3

V =

x y z

7→

−3y+ 2z 3x−z

−2x+y

 =V1∧V (produit vectoriel)

avec V1 =

1 2 3

1.3 Egalit´ e entre 2 matrices.

A= (ai,j)∈ Mp,n(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K)) Soient les deux applications associ´ees fA et fB. Alors

fA=fB ⇐⇒ ∀X Rn, fA(X) = fB(X)

⇐⇒ ∀X Rn,





a1,1x1+a1,2x2+...+a1,nxn a2,1x1+a2,2x2+...+a2,nxn ...

...

ap,1x1+ap,2x2+...+ap,nxn





=





b1,1x1+b1,2x2+...+b1,nxn b2,1x1+b2,2x2+...+b2,nxn ...

...

bp,1x1+bp,2x2 +...+bp,nxn





⇐⇒ ∀1≤i≤p,∀1≤j ≤n, ai,j =bi,j (Il suf f it de prendre des X particuliers).

D´efinition 1.8 2 matrices A= (ai,j)∈ Mp,n(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K))sont ´egales ssi

∀1≤i≤p,∀1≤j ≤n, ai,j =bi,j.

2 Op´ erations sur les matrices.

2.1 Addition de Matrices.

A= (ai,j)∈ Mp,n(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K)) Soient les deux applications associ´ees fA et fB. Alors, pour X Rn,

(4)

(fA+fB)(X) =





a1,1x1+a1,2x2 +...+a1,nxn

a2,1x1+a2,2x2 +...+a2,nxn ...

...

ap,1x1+ap,2x2+...+ap,nxn





+





b1,1x1+b1,2x2+...+b1,nxn

b2,1x1+b2,2x2+...+b2,nxn ...

...

bp,1x1+bp,2x2+...+bp,nxn





=





(a1,1+b1,1)x1+ (a1,2+b1,2)x2+...+ (a1,n+b1,n)xn (a2,1+b2,1)x1+ (a2,2+b2,2)x2+...+ (a2,n+b2,n)xn

...

...

(ap,1+bp,1)x1+ (ap,2+bp,2)x2+...+ (ap,n+bp,n)xn





On en d´eduit donc que (fA+fB) =fA+B avec

A+B =





a1,1+b1,1 a1,2+b1,2 ... a1,n+b1,n a2,1+b2,1 a2,2+b2,2 ... a2,n+b2,n

... ... ... ...

... ... ... ...

ap,1+bp,1 ap,2+bp,2 ... ap,n+bp,n





.

D´efinition 2.1 Soit 2 matrices A = (ai,j)∈ Mp,n(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K)). On d´efinit la somme de A et B de la fa¸con suivante :

A+B = (ai,j+bi,j)i,j ∈ Mp,n(K)).

Propri´et´es 2.1.1 (exo)

(Mp,n(K)),+) est un groupe commutatif avec :

OMp,n(K)) = (o)i,j et (ai,j)i,j = (−ai,j)i,j.

2.2 Multiplication par un scalaire.

A= (ai,j)∈ Mp,n(K).

Soient l’application associ´ee fA. Soit λ∈K.

Alors, de la mˆeme fa¸con que pr´ec´edemment, on montre queλ.fA =fλ.A avec

λ.A=





λ.a1,1 λ.a1,2 ... λ.a1,n

λ.a2,1 λ.a2,2 ... λ.a2,n ... ... ... ...

... ... ... ...

λ.ap,1 λ.ap,2 ... λ.ap,n





.

(5)

D´efinition 2.2 Soit A = (ai,j) ∈ Mp,n(K). On d´efinit le multiplication de A par λ de la fa¸con suivante :

λ.A = (λ.ai,j)i,j ∈ Mp,n(K)).

Propri´et´es 2.2.1 (exo.)

Soient λ, µ∈K et A, B ∈ Mp,n(K).

i) (λ+Kµ).A=λ.A+Mp,n(K)µ.A.

ii) λ(A+Mp,n(K)B) = λ.A+Mp,n(K)λ.B.

iii) λ.(µ.A) = (λ×Kµ).A.

(Les indices indiquent dans quel ensemble s’effectue l’op´eration).

2.3 Produit de Matrices.

A= (ai,j)∈ Mp0,n0(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K)) Soient les deux applications associ´ees fA et fB. On suppose n0 =p.

Alors, pour X Rn,

(fA◦fB)(X) = fA(fB(X))

=





a1,1(b1,1x1+...+b1,nxn) +...+a1,p(bp,1x1+...+bp,nxn) a2,1(b1,1x1+...+b1,nxn) +...+a2,p(bp,1x1+...+bp,nxn) ...

...

ap,1(b1,1x1+...+b1,nxn) +...+ap,p(bp,1x1+...+bp,nxn)





=





(a1,1.b1,1+...+a1,p.bp,1)x1+...+ (a1,1.b1,n+...+a1,p.bp,n)xn ((a2,1.b1,1+...+a2,p.bp,1)x1+...+ (a1,1.b1,n+...+a1,p.bp,n)xn ...

...

(ap0,1.b1,1+...+ap0,p.bp,1)x1 +...+ (ap0,1.b1,n+...+ap0,p.bp,n)xn





On en d´eduit donc que (fA◦fB) = fA×B avec

A×B := (ai,1.b1,j+...+ai,p.bp,j)1≤i≤p0,1≤j≤n∈ Mp0,n(K).

D´efinition 2.3 Soit 2 matrices A= (ai,j)∈ Mp0,n0(K) et B = (bi,j)∈ Mp,n(K)) avec n0 =p.

On d´efinit le produit de A et B de la fa¸con suivante :

A×B = ( Xk=p

k=1

ai,k.bk,j)1≤i≤p0,1≤j≤n∈ Mp0,n(K).

(6)

Exemples 2.4 i)

1 2 3 4 5 6 7 8 1 3 6 9

×

 1 2 2 1 3 1 2 2



=?.

ii)





1 1 1 1 1 0 1 0 0 1 0 1 1 1 0 1 0 0 0 1





×



1 0 1 0 1 1 1 1 0 1 1 1



=?.

Th´eor`eme 2.5 Le produit matriciel est associatif (i.e. (B×C) = (A×B)×C).

Preuve.

On sait que fA(fB◦fC) = (fA◦fB)◦fC. CQFD

CQFD

Remarque 2.6 1) Le produit matriciel n’est pas commutatif.

Exemple : µ

1 0 0 0

×

µ0 0 1 0

6=

µ0 0 1 0

×

µ1 0 0 0

. 2) (Mn(K),+,×) est un anneau (non-commutatif) (exo)

3 Matrices carr´ ees inversibles.

3.1 Matrice identit´ e.

On connait l’application identit´e dans Kn :

idKn : Kn −→ Kn





x1 x2

...

...

xn





7→





x1 x2

...

...

xn





Il est facile de voir que idKn =fIn avec

In=





1 0 0 ... 0 0 0 1 0 ... 0 0 ... ... ... ... ... ...

... ... ... ... ... ...

0 0 0 ... 0 1





In ∈ Mn(K) est la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf les termes de la diagonale qui sont ´egaux `a 1.

(7)

D´efinition 3.1 La matriceIn ∈ Mn(K)d´efinie ci-dessus s’appelle matrice identit´e d’ordre n.

Propri´et´es 3.1.1 Dans Mn(K), In est l’unique matrice telle que

∀A∈ Mn(K), A×In=In×A=A.

Preuve en exo.

3.2 Le groupe lin´ eaire.

D´efinition 3.2 Soit A ∈ Mn(K). On appelle matrice inverse de A, si elle existe, l’unique matrice, not´ee A−1 telle que

A×A−1 =A−1×A=In. Si A−1existe, on dit que A est inversible.

L’ensemble des matrices inversibles de Mn(K) est not´e Gln(K).

Propri´et´es 3.2.1 (Gln(K),×) est un groupe (non ab´elien donc (A×B)−1 =B−1×A−1).

Preuve. (´evident d’apr`es ce qui pr´ec`ede).

3.3 Inversion d’une matrice.

Soit A= (ai,j)∈ Mn(K) une matrice. On a vu que l’on pouvait associer `a A le syst`eme











a1,1x1 +a1,2x2+...+a1,nxn =b1 a2,1x1 +a2,2x2+...+a2,nxn =b2

... ...

... ...

ap,1x1+ap,2x2 +...+ap,nxn =bp o`ux1, ..., xnK sont les inconnues et bj K.

Rappel 3.3 Par des op´erations dites´el´ementaires sur les lignes (´echange de 2 lignes, mul- tiplication d’une ligne par un scalaire non-nul, ajout `a une ligne d’une autre ligne multipli´ee par un scalaire), on obtient un syst`eme dit ´equivalent (i.e. avec les mˆemes solutions).

Si par des op´erations ´el´ementaires sur les lignes, on peut obtenir un syst`eme du type















x1 = c1,1.b1+c1,2.b1 +...+c1,n.bn

x2 = c2,1.b1+c2,2.b1 +...+c2,n.bn x3 = c3,1.b1+c3,2.b1 +...+c3,n.bn ... ... ... ... ... ... = ...

... ... ... ... ... ... = ...

xn = cn,1.b1+cn,2.b1+...+cn,n.bn

(8)

cela signifie que le syst`eme est deCramer(i.e.admet une unique solution quel que soit les bi).

Cette solution est alors

C.





b1 b2

...

...

bn





avec C= (ci,j)∈ Mn(K).

Cela signifie donc que A.C =C.A=In, d’o`u A−1 =C.

Exemples 3.4 Inverser par la m´ethode des syst`emes la matrice A=

1 0 1 1 1 −1

0 1 0

.

Solution : A−1 =

1 2

1 2 12

0 0 1

1

2 12 12

.

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