RECHERCHES BIOMÉTRIQUES SUR LA COULEUR
DES ABEILLES CARNIOLIENNES EN YOUGOSLAVIE
(Apis mellifica
var.carnica POLLM.)
J. RIHAR
Institut
Agronomique
de Slovénie,Ljubljana, Yougoslavie.
SOMMAIRE
L’abeille carniolienne est considérée comme une abeille franchement noire. L’auteur
procède
à un examen systématique de la coloration du 2e
tergite
abdominal des abeilles de son pays et montre quebeaucoup
d’abeilles carnioliennes présentent des marquesjaunes
sur cettepartie
de leur corps.Elles n’ont
cependant jamais
l’extension des marques colorées queprésente
l’abeille italienne.INTRODUCTION ET POSITION DU
PROBLÈME
Il est essentiel pour le travail de sélection des abeilles de trouver des caractères
morphologiques
assezspécifiques
pourpermettre
dedistinguer
despopulations
d’abeilles
d’origines génétiques
différentes. Dans un territoire où la race estunique,
comme en
Slovénie,
oùj’ai pris
laplupart
deséchantillons, je
me suis efforcé de trou-ver des différences caractérisées entre les
types
locaux de la raceindigène.
Dans lesrégions
à racesmélangées (territoires limitrophes
de laCarniole)
les caractères mor-phologiques spécifiques
sont assezimportants
pour différencier l’abeilleindigène
deses voisines italiennes
(Apis melli fica
var.ligustica SPIN.)
etnordique (Apis melli fcca
var.
mellifica L.).
Alors que les caractèresmorphologiques
des raceseuropéennes
sontrelativement bien connus, le
problème
reste entierqui
consiste àséparer
lesécoles
d’une race et le but de nos recherches était
d’y
introduireplus
de clarté.On utilise pour
l’élevage
un matérielindigène
dedépart
telqu’il
montre lesplus grandes
différencesgénétiques possibles
et onmultiplie
surtout les coloniesqui,
en tant
qu’hybrides
«interécotypes
nprésentent
lephénomène
de lavigueur hybride.
D’après
la théorie deV AVILOV ,
l’abeille carniolienne autochtone enYougoslavie,
doit montrer un tel
polymorphisme.
Pour cetteraison,
nous avions doncquelques
chances de succès. Ces chances se trouvent
augmentées
du fait que l’on se sert decolonies en provenance des zones
géographiques
lesplus éloignées
les unes desautres,
à l’intérieur de leur territoire.
Pour le choix des colonies à
multiplier plus tard,
ou à utiliser dans les stations defécondation,
nous devonstoujours
tenircompte
de lapossibilité
que la colonie ainsi choisie soit unhybride qui,
à cause del’hétérosis,
manifeste descaractéristiques
excédant la moyenne
(hybride
de races ouhybride intérécotypes).
Uneanalyse morphologique
différentiellepeut
nous montrer si lesprogéniteurs
viennent d’unelignée
pure ou d’unepopulation
à variabilité élevée.L’importance
de telles recherches seconçoit
du fait quenous-mêmes,
en Slové-nie,
n’avonsjusqu’à présent
fait aucune mensuration de notre abeille propre, bien que laYougoslavie
soit reconnue comme lapatrie
de la carniolienne(KF HR1 ,E
1952 ;RuT’rNER,
1952 ;ZA ND E R , 1953 ).
Dans la seconde moitié du xixesiècle,
elle s’est étendue de la Slovénie à presque toutes lesparties
dumonde,
et à cause de sagrande adaptabilité
s’est insérée dans laTrilogie
des races d’abeilles standard(carniolienne, italienne, caucasienne) (ABUSxAV!, 1 94 8).
Les mesures
morphologiques
sontégalement importantes,
parce que les chiffres des différents auteursquant
aux mensurations de la Carniolienne diffèrent les uns des autres. Cela tient à ce que certains ont choisi leurs échantillons dans la zonepériphé- rique
de l’extension de la race ou dans des territoires nouveaux danslesquels
l’abeilleétait influencée par des races
étrangères.
D’autres ont travaillé sur untrop petit
nombre
d’abeilles,
si bien que leurs résultats n’ont pas de fondementstatistique.
Comme il
s’agit
d’unerépartition géographique j’ai,
parcomparaison,
évaluéles caractères
morphologiques
d’échantillons venus de territoires où les abeilles nor-diques,
italiennes et caucasiennes sontrépandues.
GÉNÉRALITÉS
SUR LAMÉTHODE.
La
plupart
des échantillons ont été obtenus de zones où les reines sont élevées dans des buts commerciaux. Outre les contrôlesréguliers
pour vérification de la race,nous nous sommes intéressés à des
types
locaux de différentes localités de Slovénie et d’autresrégions
deYougoslavie.
Pour les trois motifsexpliqués ci-dessous,
nousavons consacré une attention
particulière
aux frontières albanaises et grecques, ainsiqu’à
la Macédoine engénéral.
1
° Dans ces
régions
deYougoslavie
lesplus éloignées
de laSlovénie,
existe unclimat presque
subtropical,
2
° la Macédoine est bien
protégée
dans sapartie
ouest contre les influencesétrangères, 3
°
La Macédoineappartient
au territoire de la race carniolienne(GoETZE, 1940 )
et nous y avons une
prépondérance
de formesprimitives.
Nous pouvons remarquer ici
qu’après l’époque
desglaciations,
la race carnio-lienne s’est étendue vers le Nord à
partir
de ses zones derefuge
dans les Balkans(RuTTNER, 1952).
Nous avons étudié 51 ruchers
(6 4 colonies)
enSlovénie,
19 en Macédoine( 22 colonies),
6( 10 colonies)
en différentesparties
de laYougoslavie (Zrenjanin,
Beo-grad, Trebinje, Bileca,
MaliLosinj, Tinjan
enIstrie).
Nous avons
analysé
4 échantillons de racesétrangères expédiés
dePologne
en 1957(Puck
sur la merBaltique,
Skierniewiceprès
deVarsovie,
Gorna Niwaprès
dePulawy
enPologne
centrale et Wroclaw surl’Oder).
Un autre échantillon nous estvenu de
Tchécoslovaquie (Dol près
dePrague).
Les colonies 2 et 7 venant deJ.U.
Belgrade
dont les reines ont étéimportées
du Nord del’Italie,
ainsi que les Abeillesqui accompagnaient
les reines de Tbilisi(Russie) appartenaient
aussi à des racesétrangères.
Nous avons étudié la
couleur,
les indices alaires et lalongueur
de lalangue.
Dansce
travail,
nous ne nous sommes intéressésqu’à
la coloration.D’habitude,
les abeilles ont étéprélevées
tard en automne, en hiver ou aupremier printemps parmi
les mortes des colonies. EnMacédoine,
nous n’avons étudié que des abeillesd’automne,
vivantes.D’après
Mixnm,o!x( 1927 )
cettepériode
de l’année est laplus
convenable pour laprise
deséchantillons,
card’après
cet auteur, les carac-tères raciaux subissent en été des oscillations très fortes.
Nous avons
apprécié
les variations des caractèresmorphologiques
par la méthodestatistique,
en calculant la moyennearithmétique,
la déviation et l’erreur standard.Bien que ces valeurs suffisent à la caractérisation du matériel nous y avons
ajouté, particulièrement
pour les indicesalaires,
les valeurs extrêmes. Cela nouspermet
decomparer les limites de variation des individus isolés avec les données des autres
auteurs. On donne aussi dans les tableaux le nombre des abeilles
(n)
et le mois de laprise
d’échantillon.Nombre des abeilles
par
échantillon.Nous trouvons dans la littérature des données sur la
quantité
d’abeillesqu’il
faut
prélever
dans une colonie pour les mensurations. GoETzE( 1949 )
pensequ’il
faut6
0 ouvrières et autant de
mâles ;
VECCHIet GIAVARINI( 1950 )
utilisent 50abeilles ;
RuTTrr!ER( 1952 )
étudie au moins 50 abeilles par colonie mais dans laplupart
des cas,au moins 100abeilles et mâles. Soos!
( 1954 )
enprélève régulièrement
250 ; l’Institutpolonais (B ORNUS
etDE MIANOWICZ ,
1957renseignement oral)
étudie 100 abeilles.RECHERCHES SUR LA COLORATION.
On ne doit pas s’étonner de ce que l’estimation de la couleur ait été tellement
employée
par lesapiculteurs
Slovènes dans le tri des races. La couleur despremiers tergites
abdominaux saute aux yeux etJarrscxA ( 1734 - 1773 )
l’utilisaitdéjà
dans sadescription
des abeilles. Al’époque
desexportations qui
commencèrent dans la deuxième moitié du xrxesiècle,
et se firent en Slovénie(Carniole)
avec des abeilles vivantes vendues en gros,beaucoup
denégociants
éliminèrent les reines issues des coloniesqui portaient
des marquesjaunes ;
ce moyen de lesséparer
a pu avoir savaleur
jusqu’il
y a dix ansquand
VERBIC( 1947 )
établit les bases del’élevage
desreines,
bien que GOETZE( 1940 )
n’aie trouvé aucunerégularité
de couleur dans lesraces des Balkans ou de l’Italie. Comme pour nos
éleveurs,
la couleur est aussi pour les auteursétrangers
un caractère racial valable(A BUS xeDY zg 4 8).
Dans nos propresrecherches,
nous avonsessayé
dedistinguer
dansquelle
mesure la couleur des pre- mierstergites
abdominauxpouvait
servir de caractèrespécifique
pour la carniolienne et pour sesécotypes
purs,malgré l’opinion
de RU’r’rNER( 1952 )
selonlaquelle
lacouleur des abeilles et des mâles
(GzavnRm ig 53 )
nepeut
êtreemployée
pour carac- tériser les races d’abeilleseuropéennes.
Méthode. - En 1955
(RiH.!R, 195 6)
nous avons utilisé pour l’étude de la colora- tion desabeilles,
la méthode de GoE’i,zE( 1949 )
en vue de l’attribution des notes pour la sélection. Mais à cause de sesdéfauts,
nous l’avonsremplacée
les années suivantespar l’échelle de 9
degrés
du même auteur(G OET zE ig 4 o).
Comme lesprincipales
déter-minations des couleurs effectuées par les auteurs l’ont été sur des souches yougos-
laves,
nous avons considéré commeacquis qu’il
était convenable depréférer
aux finsde
comparaisons,
l’échelle de GOETZE à celles des autres auteurs(AR!BRUSTrR
1923,SOOSE, 1 954 ).
D’après
lalongueur
et lalargeur
de la bande claire du secondtergite
abdominalon
peut répartir
nos abeilles en 9 classes(fig. i) :
Classe 1: Abeilles à dos
complètement
sombre. Bordpostérieur
destergites
foncé. L’intensité de la coloration dans les classes 2 à 9 est caractérisée comme suit : Classe 2 : Une
petite ligne
claire sur tout letergite.
Classe 3 : Petite
ligne
avec despetits angles.
Classe 4
: Ligne
àangles plus larges.
Classe 5 : Petites taches
allongées
dans le sens de lalongueur.
Classe 6: Taches
plus
volumineuses.Classe 7 : Une
petite
bande claire sur tous lestergites.
Classe 8 : Bande
plus large
etplus
claire.Classe g : Bande claire très
large.
Les échantillons étudiés dans le tableau i nous ont été
envoyés
en195 6
par des éleveurs de reines de tous les territoires de Slovénie. Les n° 2 et 16correspondent
àdeux colonies du même rucher de caractères extraordinairement voisins. La couleur
de toutes les colonies slovènes est
comprise
entre la seconde et la troisième classe de l’échelle(moyenne 2 ,5 3 8).
Le tableau 2 groupe les échantillons
rapportés
d’un voyage en Macédoine en195
6 ;
les n° 4, 14 et 15correspondent
à desélevages maintenus,
à cequ’on
nous aexpliqué, depuis
300 ans dans le mêmevillage.
Le n° 10allait butiner leschamps
defleurs
albanais,
les n° 16 et 17, leschamps
grecs. I,’échantillon de DEBAR(n° 10 )
estcaractérisé par une
grande
variabilité. La couleur du deuxièmetergite
abdominalest dans l’ensemble assez
homogène.
I,e n° 6 de Pozarana sur le Sar montre leplus
faible
degré
depigmentation (moyenne
de tous leséchantillons, 3 , 205 ).
Les données du tableau 3 sont caractérisées par la
plus grande hétérogénéité.
Le n° i
peut
être considéré commereprésentant,
cequ’on appelle
la « souche du Ba- nat » ; dans aucun autre échantillon nous ne retrouvons d’aussilarges variations ; L’échantillon
n° 8 vientd’Istrie,
le n° 7 des IlesDalmates, provinces qui
se sont trou-vées toutes les deux
jusqu’en
1945 sous la dominance italienne. Onpeut
considérercomme
représentant kd’Apis melli fica
var.ligustica SPIN,
les n° 2 et 6 dont les reinesont été
importées
directement des environs deBologne.
Dans la table 4, les n° 1-4 viennent du territoire de
l’Apis melli fcca
vay. melli-fica
L. enPologne.
Le n° 5 est la « souche Dol » de l’Institutd’Apiculture
dePrague qui
est assezhomogène ;
mais le nombre des abeilles de l’échantillon est faible. Len° 6
appartient
vraisemblablement à une souche caucasienne.Dans le tableau 5 sont
comprises
2colonies du rucher de l’Institut deI,jubljana.
DISCUSSION
La
pigmentation
du secondtergite
abdominal de l’Abeille carnolienne de You-goslavie
s’élève en moyenne deo,66 7 depuis
le Nord de la Slovéniejusqu’au
Sud-Ouest de la Macédoine. La couleur la
plus
foncée est trouvée pour la Slovénie à Stu-dor-Bohinj,
pour laMacédoine
à Pozarana-Sar. Il est étonnant de constater l’homo-zygotie
de la souche Studor(dispersion 0,5458
-0,6466) qui
en 1957 a été utilisée dans les ruchers defécondation
deVoje-Bohinj,
Soteska-Bled etJurgovo
surPohorje.
Les observations sur les Abeilles de
Lika
etd’Ilerzegowina permettent
de penser que les Abeillesyougoslaves
de laligne montagneuse Triglav (Alpes Juliennes)
Ohridsont les moins
pigmentées.
La couleur estplus
claire dans lesplaines
duFrioul,
sur les mersadriatiques
etÉgée
et sur laplaine
Panonnienne.Il faut
signaler
le travail de MUTOO( 195 6) qui
a trouvé que dansl’Inde,
les abeilles desmontagnes
sontgrises
ounoires,
alors que celles desplaines
sontjaunâtres.
T ARANOV
dit aussi que le
jaune
caractériseplutôt
les abeilles du Sud. Les échantil-lons
yougoslaves
lesplus
foncés trouvés àBohinj
et Sar montrent la même tendance(fig. 2 ).
On doit remarquer
qu’en Slovénie,
lapigmentation
du secondtergite
abdominalest en moyenne un peu moins foncée que ne le montrent les échantillons. Les échan- tillons viennent
d’élevages
de reines dont on élimine sans arrêt les reines à dessinsjaunes
et de zones où les ruches sont peudéplacées.
Nos recherches ont confirmé nos travaux
précédents (R IHAR - 195 6)
selon le-quel
on nepeut
trouver enYougoslavie
d’abeilles foncées sans marquesjaunes.
Ony voit en
général
de grosses différences de coloration(Bohinj 1 ,866
-Zrenjanin 4
, 2
go).
Parmi les échantillons de valeur moyenne aussi élevée que 4,0 onpeut
con-clure avec certitude à une influence de
ligustica (tableau
3 n°I )
où à une véritableimportation
deligustica (tableau
3 n° 2et6).
Nos recherches montrent
qu’en Yougoslavie
l’Abeille carnolienne seprésente
avec une
pigmentation foncée,
dans un territoire où lescaractéristiques
de coloration sont engénéral
celles des races du Nord. On ne trouve dans aucune race l’Abeille foncée idéale.D’après
cela on ne doit pass’appesantir
sur lesirrégularités
consistantpar
exemple
en des marquesjaunes
sur le deuxièmetergite
abdominal. Iln’y
a pas de raison d’admettrel’hypothèse
suivantlaquelle
la carnolienne viendrait d’un croi- sement très ancien entremellifica
etliqustica (G IAVARINI , 1053 ).
Cettepossibilité
est à exclure à mon sens
quand
on considère les moyennes et les écarts des échantil- lons sur laligne Triglav-Ohrid.
Onpourrait plutôt
admettre que l’Abeille carnoliennea trouvé asile en Macédoine
pendant
lapériode glaciaire
et s’estrépandue plus
tardplus
au Nord. Les données de RuTTx!;x( 1950 )
suivantlesquelles
ils’agit
d’une raceautochtone, qui
s’estrepliée
dans les Balkans etplus
tard aémigré
dans le Nordpeuvent
être
complétées.
Pendant lapériode glaciaire
c’était la Macédoinequi
constituait lapatrie
de cesAbeilles ;
dans les territoiresplus
au sud ils’agit
d’Abeilles grecques(GoETzE — 1940 ), qui
sontd’après
MUI,LER( 1940 )
trèshétérogènes.
Les différences de coloration entre les Abeilles carnoliennes et italiennes ne sont pas seulement
quantitatives,
maisqualitatives :
chez les italiennes la couleurjaune rappelle
celle ducuir,
chez les carnoliennes elle tire vers le rougebrun ; J A rtscHn
l’avaitremarqué déjà qui parle
detergites jaune-rouges.
Il faut remarquer que tous les échantillons de la race sombre du Nord
(Melli fcca)
sont
plus
fortementpigmentés
que les Slovènes. Engénéral
les Abeilles de laBaltique
ne se différencient pas de celles de la Macédoine. Il est évident que les caractéris-
tiques
de coloration nedépendent
que dans les limites restreintes de laposition géo- graphique (M ACKENSEK ,
RuTTN!x -1952 ).
GOETZE(ig 4 o)
fournit des données surles variations
larges
etirrégulières
de la couleur des races du Nord. Pour la souche«
Nigra
o laplus
pure des races duNord,
on trouve des valeurs der,!336 (Suisse )
à2
,8 35
8 (Erlangen) ;
pour d’autres races les valeurs vontjus d u’à
4,3.D’après
le mêmeauteur les valeurs
régulièrement plus
hautes pour l’italienne sont de 4,0 mais dans le sud montent à 7,2 et8,9.
ROBERTS
( 1951 )
a montréqu’il
est difhcile dedistinguer
des racesd’après
lacouleur du
tergite
abdominal : à l’aide de croisements interraciaux onpeut
montreren effet que la couleur de l’abdomen
dépend
d’aumoins gènes
différents. MACx!rr-SEN
( 195 6)
a réalisé parhomozygotie
la couleur idéale de la carnolienne foncée ou de l’Abeille italienne. Mais leurslignées
pures sedistinguaient
par leur manque de vita- lité et nepouvaient
se maintenird’elles-mêmes,
cequi
met enquestion
les suites d’unélevage poursuivi
dans cette direction. On ne doit paspourtant
passer sous silence les données d’AsusxnDy(ig 4 8) d’après lequel
la carnolienne est d’autantplus
fécondequ’elle
estplus
foncée. Selon toute vraisemblance lesécotypes
de la carnolienne sélec- tionnésd’après
la couleur sont très recherchés par lesapiculteurs
et dans divers pays(!gypte
parex.)
où on les croise avec la raceindigène
pour obtenir la luxuriance de lagénération F i .
Celaexplique
cette sélectiond’après
lacouleur,
àlaquelle
nos éleveurssont fortement attachés. A ce propos il faut dire aussi un mot de la variation de la couleur suivant la saison
(MUI, LER
1940 - PrRrrA21954 ). D’après
la méthode ci- dessusindiquée
nous avons suivi la couleur de deux coloniespendant
les 5 mois demars à
juillet qui
montrent lesplus
fortes oscillationsthermiques (voir
table5 ).
Les moyennes et l’écart des échantillons « 12
J.
K. » sont nettementapparentés
àceux des échantillons « 6
J.M.
» dont les valeurs sontspécialement
hautes enjuin.
Le
phénomène
de l’éclaircissement des Abeilles d’été doits’expliquer
par lapolyan-
drie des reines
(ROBERTS
1942 - 1’RIASKO 1951 - RUTTNER 1954 - PEERI(J56!.
Comme
les spermatozoïdes
des différents mâles ne se mêlent pas dans laspermathéque,
on
peut
trouver en despériodes
bien déterminées dans letemps
des Abeilles différem- ment colorées.CONCLUSIONS.
1
0 Les échantillons des carnoliennes et de toutes les autres races
européennes
montrent des marques
jaunes
sur le 2etergite
abdominal.2
0 Les moins
pigmentées
sont les Abeilles deBohinj
en Slovénie et de Pozaranaen Macédoine.
3
0 A
partir
desmontagnes yougoslaves
où l’on trouve les Abeilles lesplus
foncéeson remarque en allant vers les
plaines
et les mers uneaugmentation
de lapigmentation.
4
0
A l’aide de la couleur du 2etergite
abdominal onpeut
différencier facilement la carnolienne deligustica,
mais non demelli fica.
5
°
Quelques écotypes
de la carnoliennepeuvent
sedistinguer d’après
la couleur.Dans le cadre des variations de la race
l’emploi
traditionnel des marques coloréescomme moyen de sélection massale est
toujours justifiable.
6
0 Les échantillons dont la moyenne atteint 2,5
peuvent
être considérés commereprésentant
lechamp
de variation leplus
étroit de la race carnolienne et ceux dont la moyenne atteint 3,2comme leplus large.
7
0
Les variations detempérature
saisonnières n’ont pas d’influence sur la cou-leur du second
tergite
abdominal.Reçu pour
publication
enseptembre
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