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De la cataracte traumatique par contusion directe du globe oculaire (sans lésion des membranes externes) · BabordNum

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Texte intégral

(1)

ENTfif SOUS LF N° o,

:t0 .9

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1902-1903 X°133

DE

PAR CONTUSION DIRECTE DE CLORE OCULAIRE

(Sans lésion des membranes externes)

àSaint-Seurin-de-Prats(Dordogne), le 8 juillet1856.

Examinateurs de laThèse

MM. BADAL, professeur... Pn'sidenl.

BOURSIER, professeur...

CHAVANNAZ, agrégé )Juges.

CABANNES, agrégé

Le Candidat répondraaux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE Y. CADORET

17, RUE POQUELIN-MOLIÈRE, 17 1903

(2)

FACULTE DE IIEDECLXE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

JM. de NABIAS Doyen. | M. PITRES..,. Doyen honoraire.

PROFESSEURS

MM. MICE )

DUPUY [ Professeurs honoraires.

MOUSS0US MM, l PICOT

Cliniqueinterne j pj^jqpq

n, . ( DEMONS.

Clinique externe

J

laNELONGLJB.

Pathologieetthérapeu¬

tique générales VERGEE Y.

Thérapeutique ARNOZAN.

Méde,ineopératoire... MASSE.

Clinique d'accouchements I.EFOUR.

Anatomiepathologique CO YNE.

Anatomie CANNIEU.

Anatomie générale et

histologie VIAULT.

Physiologie JOEYET.

Hygiène EAYET.

Médecinelégale MORACIIE.

MM.

Physique biologique et électricité médicale...

Chimie BLAREZ.

Histoire naturelle GU1LLAUD.

Pharmacie FIGUIER.

Matière médicale deNABIAS.

Médecine expérimentale.

Cliniqueophtalmologique Cliniqut desmaladieschirurgicales

desenfants

Clinique gynécologique.

Clinique médicale des

maladies des enfants. A.MOUSSOtJS Chimiebiologique DEN1GES.

BERGONIE.

FERRE.

BADAL.

PIÉCIIAUD.

BOURSIER.

Physique pharmaceutique.

Pathologieexotique.

SIGALAS.

EE DANTEC AGREGES EN EXERCICE :

•section du médecine (Pathologie interneetMédecine légale).

MM. CASSAET.

SARRAZES.

HOBBS.

MM. MONGOUR.

CABANNES.

l'atliolugieexterne

section ie chirurgie et

MM.DENUCÉ.

BRAQUEHAYE CHAVANNAZ.

BEGOUIN.

accouchements

Accouchements MM. FI EUX.

ANDERODIAS.

Aiiatomie.

section des sciences t MM. GEN'I ES.

•••

I CAVAL1É.

anatomiques 1ct hliysioi.og1ques

Physiologie MM. PACHON.

Histoire naturelle Cl.ii

section des sciences physiques JM. BENECH. I Pharmacie

BEILLE.

M.DUPOUY COURS COMPLÉMENTAIRES :

Cliniquedes maladiescutanéesetsyphilitiques 1\IM. DUBREUILH.

POUSSON.

Cliniquedesmaladiesdes voies urinaires Maladies dularynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales

Pathologie externe Pathologie-interne Accouchements Physiologie Embryologie Ophtalmologie

Hydrologieetminéralogie

MOURE.

REGIS.

DENUCE.

RONDOT.

ANDERODIAS PACHON.

PRINCE TEAU.

LAGRANGE.

CARLES.

Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibérationdu 5 août1819, la l'acuitéaarrêtéqueles opinions émises dans les Thèses qui

sont présentées doivent être considérées comme propres à leursauteurs et qu'elle n'entend leur donner ni approbation ni improbation.

(3)
(4)
(5)

A Monsieur le Docteur CABANNES

Professeur agrégé àlaFaculté deMédecine deBordeaux,

Officierd'Académie.

(6)
(7)

A Président de thèsè,

Monsieur le Docteur BADAL

Professeur deClinique ophtalmologiqueà la Facultéde Médecine deBordeaux, Chevalièr de la Légion d'honneur,

Officier de l'Instructionpublique.

(8)
(9)

Arrivé terme de nos études, et au moment de franchir le

seuil de la Faculté pour nous consacrer ausoulagement deceux

qui souffrent, c'est pour nous un véritable

plaisir de pouvoir

adresser nos remercimentsà nos Maîtresde la Faculté de Méde¬

cine et des Hôpitaux qui nous ont aidé de leurs

avis

et de

leur

expérience dans le cours de nos études médicales.

Nous les prions de recevoir l'hommage de notre

profonde

gratitude.

M. le professeur Badal, en acceptant la présidence de notre

thèse, nous fait un honneurdont nous sentons tout le prix : c'est

en suivant ses savantes cliniques que nous avons été initié aux

principes de l'ophtalmologie. Qu'il nous permette de lui adresser l'expression de notre respectueuse reconnaissance.

Nous n'oublierons pas non plus dans nos témoignages de

reconnaissance M. le professeur agrégé Lagrange, qui, par ses leçons si claires et si précises, nous a permis de compléter les

connaissances que nous avions acquises à la clinique.

Nous remercions vivement M. le professeur agrégé Cabannes

à qui nous devons l'idée première de notre thèse. Qu'il daigne accepter l'hommage de ce travail comme faible témoignage de

notre profonde gratitude, pour tousles bons conseils qu'il nous

a généreusement prodigués durant toutesnos études médicales.

Que notre excellent ami M. le Dr Aubaret, chef de clinique ophtalmologique, veuille bien agréer nos remerciments sincères

pour le précieux concours qu'il nous a prêté.

(10)
(11)

DE LA

CATARACTE TRAUMATIQUE

PAR CONTUSION DIRECTE DU GLOBE OCULAIRE

(Sans lésion des membranes externes)

INTRODUCTION

Il y a quelques jours, en présidantune thèse d'un de nos ca¬

marades, M. le professeur Badal faisait remarquer que beau¬

coup de jeunes docteurs consacraient leur travail inaugural à

des sujetsd'oplhalmologiequineleur seraient plus tard d'aucune

utilité dans leur pratique médicale.

Nous espérons que notre travail échappera <\ cettejudicieuse critique, car nous nous sommes attaqué à une affection très commune, et que tout praticien doit connaître : la cataracte

traumatique par contusion directe du globe oculaire.

M. le professeur agrégé Cabannes a bien voulu nous commu¬

niquer quatrecas,qu'il a eul'occasiond'observerl'an dernieràla consultation des yeux de l'hôpital desenfants. Maiscommenousle

(12)

verrons plus loin, ces quatre

observations appartiennent à

une catégorie spéciale de cataracte

traumatique

:

elles ont été

pro¬

duites par des contusions

directes du globe oculaire,

sans

qu'il

y ait de lésion des

membranes externes. Deux de

ces cas

ont été

observés quelques heures après

l'accident,

et

l'on

a pu

suivre

l'évolution de la cataracte. Ces deux observations sont intéres¬

santes en ce qu'elles présentent

chacune

un

mécanisme diffé¬

rent de rupture capsulaire : en outre,

dans les deux

cas,

les

malades ontéprouvé aussitôt après

l'accident des phénomènes

généraux sur lesquels nous avons

l'intention de

nous

arrêter

quelque peu.

Indépendamment de cela,

M. le professeur agrégé Cabannes

nous a communiqué une cinquième observation

qui

est

intéres¬

sante en ce que le cristallin présente

le minimum de lésion

que

l'on puisse observer dans une cataracte

traumatique

par

contu¬

sion.

Des considérations d'un ordre plus général et plus

pratique

nous ont aussi poussé à consacrer notre

thèse

à ce

sujet.

En parcourant, en effet, les livres

de pathologie externe et

même les traités classiques d'ophtalmologie

qu'un médecin

peut avoir à sa disposition, nous nous sommes aperçu que ce type de cataracte était le plus souvent

sacrifié. Panas, Fuchs,de

YVeckeret Landolt eux-mêmes se contentent deciter les contu¬

sions directes ou indirectes du globe comme cause de cataracte traumatique; ils sont muets sur la

question si intéressante du

mécanisme et invoquent les « troubles de nutrition

de la subs¬

tance cristallinienne » sans se demander ce que vaut celle expli¬

cation. En somme, dans les livres classiques,les auteurs se bor¬

nent à signaleren quelques mots les cataractes

qui

nous occu¬

pent dans le chapitre où

ils décrivent les opacificalions trauma-

tiques du cristallin.

Les ophtalmologistesnous accuseront

peut-être de venir répé¬

ter des choses connues; mais si les lésions que nous allons

décrire leur sontfamilières, elles le sontle plus souvent fort peu

aux praticiens qui se consacrent à

la médecine générale;

ces

derniers connaissentla cataracte parblessure directe du

cristal-

(13)

lin, mais ils ignorent pour la plupart les cataractes par contu¬

sion simple du globe oculaire, car pouracquérir quelques idées précises sur l'histoire de celte affection, il faut consulter des

ouvrages spéciaux, des périodiques français ou étrangersque le

médecin qui exercen'a plus ni le loisir ni la possibilité de feuil¬

leter.

Ainsi nous n'avons pas la prétention de présenter ici des idées

très nouvelles, mais nous avons cru faire une œuvre utile en écrivant l'histoire des cataractes traumatiques par contusion simple du globe oculaire.

Chacun de nous aura souvent l'occasion d'en observer dans la

pratique médicale; il faut que nous en connaissions les symptô¬

mes pour ne pas les confondre avec des cataractes unilatérales spontanées par exemple; il faut que nous sachions quel en est

le pronostic et le traitement, pour avertir notre malade et lui

donner les premiers soins, avant de l'adresser à un spécia¬

liste.

Enfin, comme le médecin ne doitjamais sedésintéresser des questions théoriques qui sont la hase de ses connaissances pratiques, nous étudierons le mécanisme et la pathogénie de

ces cataractes.

(14)

CHAPITRE PREMIER

Définition.

Avant d'entrer dans notre sujet, il convient de le délimiter

avec précision, de définir exactementles termes que nous allons employer.

En effet, quand on parcourtlabibliographiede la question, on

s'aperçoit que les auteurs se sont souvent servis de noms diffé¬

rents pour exprimer les mêmes choses, ou réciproquement, ont appliqué la même appellation à. des faits dissemblables. Il s'en

suit une confusion, ou tout au moins un manque de clarté fort préjudiciable à l'entendement du sujet.

Dans sa conception la plus générale, la cataracte traumati-

que est une opacification du cristallin à la suite d'un trauma¬

tisme de cet organe.

La nature de la cause vulnérante nous permet de diviser ces

cataractes en deux groupes.

Dans le premier, le traumatisme est direct, il y a blessure proprementdite du cristallinpar un agentpiquantou tranchant, qui a dû perforer les membranes externes de l'œil pour attein¬

dre la lentille. Nous ne nous occuperons pas de celle catégorie.

Dans le second groupe, le traumatisme est indirect, l'agent

vulnérant n'a pas atteint le cristallin; s'il se développe alors

une opacification de la lentille, on dit qu'il y a cataracte par contusion ou par commotion.

Rien que dans plusieurs de nos observations il existe de légères sub-luxalions du cristallin, nous laisserons de côté les

troubles de transparence de cet organe qui accompagnent les

(15)

luxations et les sub-luxations importantes : clans ces cas, en

effet, la cataracte passe au second plan.

Nous établirons une sous-division parmi ces cataractes de

causes indirectes.

La contusion est générale. Le traumatisme n'a pas agi di¬

rectement sur l'œil, mais sur des régions voisines ou éloignées

du globe; les auteurs rapportent des observations une cata¬

racte s'est développée à la suite de coups portés sur le nez, sur la tempe, sur le front, à la suite de chute sur les pieds, sur

l'épaule, etc. A côté de ces cas, l'on a vudes cataractes survenir à la suite de grands efforts pourvomir, pouréternuer, à la suite

de crises convulsives.

Ces opacifîcationsse produisent parcontre-coup, par ébranle¬

ment propagé jusqu'au critallin. Pour éviter toute confusion,

nous proposons de leur réserver le nom de cataracte par com¬

motion. Ce groupede cataractes estendehors du sujet quenous voulions traiter.

La contusion est locale. Le traumatisme agit directement

sur le globe oculaire; l'influence des paupières est négligeable,

et nous pensons qu'il est inutile d'imiter Grima et de faire une différence entre la contusion immédiate et la contusion médiate,

suivant que les paupières sont ouvertes ou fermées quand le

corps vulnérant atteint le globe.

Nous réserverons à cette catégorie de cataractes le nom de

cataracte par contusion; c'est celle que l'on trouve décrite sous lesnoms decataracte parcontusion simple,parcontusion directe,

par contusion proprement dite, etc.

Il existe, dans la littérature médicale, des observations dans

lesquelles le corps vulnéranta traversé la cornée et la scléroti¬

que; les observateurs croyant que le corps du délit n'avait pas touché la lentille, ou n'ayant pas vu aussitôt après l'accident de

déchirure de la cristalloïde, ont publié ces cas sous le nom de

cataracte par contusion.

Comme nous estimons qu'il est fort difficile de dire, àpriori

si oui ou non l'agent vulnérant a blessé la lentille, et comme, d'autre part, ainsi quenousl'établirons plus loin, les déchirures

Lafargue 1

(16)

équatoriales de la capsule passent souvent

inaperçues,

nous

avons écarté ces observations et nous ne nous occuperons ici

que des cataractes développées sans lésion des

membranes

externes du globe oculaire.

En outre, certains expérimentateurs, Schirmer par exemple,

pour étudier le mécanisme des cataractes par

contusion,

ont

contusionné la cristalloïde antérieure, en la touchant avec une

baguette, mais sans la perforer. Nous estimons que, dans ces cas, il y a eu traumatisme direct du cristallin et qu'on ne doit

pas du tout appliquer aux opacificalions consécutives à ces ma¬

nœuvres, le nom decataracte par contusion tel que nous l'avons

défini plus haut.

Quant aux cataractes occasionnées par la foudre, certains

auteurs les attribuentsoitàune contusion, soità une commotion

du globe oculaire; d'autres, au contraire, pensent qu'elles sont

dues à desphénomènes chimiques, ayant pour cause l'électricité

et provoquant des altérations dans Ia#substance des fibres cris-

talliniennes. Quoi qu'il en soit, nous ne nous occuperons pas de

ce genre d'opacificalion.

En résumé, nous allons étudier les cataractes par contusion,

sans lésion des membranes externes du globe oculaire.

(17)

CHAPITRE II

Observations.

Notre sujet étant bien défini, nous allons, avant d'aller plus loin, reproduire quelques observations que nous avons recueil¬

lies.

Tous les ophtalmologistes ont observé de nombreux exemples

de cataractes par contusion simple du globe oculaire et cepen¬

dant le nombre des observations que l'on trouve dans la litté¬

rature médicale en est relativement restreint. La plupart des

faits sont tellement résumés qu'ils n'offrent plus d'intérêt; le plus souvent, 011 signale rapideme'nt l'état actuel et la cause

sans s'occuper de l'évolution et de la marche de l'affection.

A quoi cela tient-il? Les praticiens trouvent-ils peu d'intérêt

à ces faits, ou bien plutôt les malades se soustraient-ils à leur observation?

Quoi qu'il en soit, nous apportons cinq observations inédites

dues à l'obligeance de M. le professeur agrégé Cabannes.

En outre, parmi celles que nous a fournies la littérature,

nous avons reproduit celles qui nous ont paru les plus démons¬

tratives; nous les avons citées un peu au hasard de leur décou¬

verte, car nous avons cru qu'il était inutile de leur imposer une classification quelconque qui eût été forcément artificielle.

Observation 1 (inédite).

«r

Communiquée parM. le professeur agrégé Cabannes.

Marcel M..., 8 ans. Le 27 février 1902, àG h. 1/2 du soir, l'enfant reçoit un violent coup de pierre sur l'œil gauche. Immédiatement,

(18)

20 -

douleur très vive qui dure toute la nuit avec agitation très grande.

Une heure après l'accident surviennent desvomissements d'abord

alimentaires il vomit son goûter de 4 heures puis bilieux.

Dans lanuit, ces vomissements se reproduisent sept fois.

Le 28 février, il vomit son déjeuner et une seconde fois dansla

matinée. Amidi, il ne mange rien; à 4 heures, il prend quelques

alimentsetle soir un œufqu'il ne vomit pas. Depuis lors, les vomis¬

sements ne se sont pas reproduits. Les douleurs sont beaucoup

moins vives.

Le 1ermars, l'enfant se présente à la consultation de l'Hôpital des

Enfants. L'œilestrouge,la conjonctive estinjectée. Pas dechémosis,

pas d'ecchymose palpébrale sous-conjonclivale, larmoiement léger.

La pupille est moyennement dilatée et beaucoup plus largequecelle

du côté sain. Elle réagit faiblement à la lumière et présente une forme ovale à grandaxe vertical. Onconstate quela partie inférieure

de l'iris présente en un point, près de la petite circonférence, une légère saillie comme si le cristallin la refoulait en avant. D'ailleurs,

ce fait est corroboré par l'examen à l'éclairage oblique etpar l'exa¬

men ophtalmoscopique; on remarque que la partie inférieure de la

chambre antérieure estmoins profonde quele reste.

Àl'ophtalmoscope, onvoit que le cristallin présente, à son pôle postérieur, une série de stries de couleur brun foncé, disposées en étoiles à dix ou douze branches. On ne voit pasde lésions apprécia¬

bles du fond de l'œil. Pas de lésion de la cornée; tremblement léger

de l'iris.

La tension de l'œil malade est diminuée.

T = moins un.

L'examen de l'acuité visuelle donne : OD (œil sain) V=1

OG V =l/10

On prescrit un collyre ausulfate d'atropine.

5 mars : Sous l'influence de l'atropine, la portion inférieure de l'irisse dilate mal. Le cristallin n'estpasprécisémentluxé; il abas¬

culé autour de son diamètre horizontal, de telle sorte que son bord supérieur s'est porté en arrière, tandis que son bord inférieur s'est porté en avant. C'est ce bord là qui soulève l'iris, le fait tomber en

(19)

avant et l'empêche cle se dilater. Quant àla cataracte, elle semble

stationnaire.

11 mars : La sub-luxation du cristallin s'accuse et la cataracte augmente; l'étoile paraît noire ets'est agrandie.

21 mars : L'étoile paraît s'éclaircir à son centre; on se demande

un moment si l'on va assister à la régression de la cataracte. Mais

on remarque en même temps que le fond de l'œil paraît flou, et, à l'éclairage oblique, on voit que le cristallin est laiteux, opalescentet nuageux. En somme, c'est l'opacification du pôle antérieur et de l'épaisseur du cristallin qui rendait l'image de l'étoile postérieure plus diffuse etla faisait paraître pluspâle.

19 avril : Le cristallin est totalement opacifié. Le fond n'est plus

éclairable V=0.

26mai : La cataracte restant stationnaire, M. le professeur La-

grange pratique la discision.

Observation II (inédite).

CommuniquéeparM. le professeur agrégé Cabannes.

Pierre M..., 10 ans. Le 25 juillet au soir, l'enfant reçoit sur l'œil gauche une pierre de la grosseur d'une petite noix, lancée d'une

distance de 30 mètres environ par une fronde en caoutchouc. Le

coup est si violent que l'enfant tombe en arrière, mais se relève

presque aussitôt. Depuis lors, l'enfant ressent de vives douleurs orbitaires, pasde vomissements, mais inappétence et sommeil agité,

il est triste, inquietet refuse de jouer.

Le 30juillet, l'enfant estconduit à la consultation de l'Hôpital des

Enfants. Il présente des douleurs orbitaires et de la photophobie accompagnée de larmoiement. Les paupières sont légèrement œde- matiées, mais il n'y a pas d'ecchymose sous-conjonctivale. Pas de chémosis; la conjonctive bulbaire est fortement injectée. Cornée

intacte. La pupille est dilatée et réagitmal à la lumière età l'accom¬

modation. Dansla chambre antérieure on voit des caillots sanguins, occupant en cercle toutl'angle irido-cornéen. En partie fixésàl'iris,

les caillots flottentet sont surfout abondants àla portion inférieure

(20)

de lachambre antérieure. L'humeur aqueuse est trouble, rougeàtre.

On distingue mal le bord libre de l'iris, ce qui nepermet pas de voir

si cet iris estrégulièrement dilaté ou s'il y adu tremblement.

OD (côté sain) V = 1.

OG V =ne compte pas les doigts.

Le globe est légèrement mou, la pression est douloureuse et le

fond n'est paséclairabîe.

On prescrit un collyre à l'atropine et l'application de compresses chaudes.

1er août : Depuis que l'on instille de l'atropine, le sommeil est

calme etl'appétit est bon; l'enfant est gai et s'amuse. Les douleurs

orbitairess'amendent, la conjonctive a repris son aspect normal; la photophobiediminue etlespaupièresnesontplus œdémaliées. Toute

trace d'hypothéma a disparu, le liquide de la chambre antérieure

est limpide. Dilatation un peu irrégulière de l'iris, plus large que haute. Exophtalmie légère : V = 1/4.

Lefond de l'œilestéclairabîe facilement.Pas de lésion appréciable

àl'ophlalmoscope.

4 août : Encore un peu de douleur orbitaire, surtoutau niveaudu

frontal. Sous l'influence de l'atropine, le côté nasal de l'iris s'est régulièrement dilaté; quant au côté temporal, il a une forme ogivale

avec sommetde l'ogiveà l'extrémité du méridien horizontal.

Al'ophlalmoscope, on voit vers le milieu du quart inférieur et temporal du cristallin une petite zone ronde, brun foncé, presque noire, très nettementlimitée, située à la périphérie de la lentille et

en partie cachée par l'iris.

A l'éclairage direct, elle paraît avoir un millimètre de diamètre

environ.

7 août : Y 1/3.

Astigmatisme régulier etconforme.

OD : 1 dioptrie.

OG : 2 » 13 août : V 1/2.

Encore un peu de douleur.

A l'ophtalmoscope, l'œil étanten position directe, on ne remar¬

que rien de particulier. En faisant regarderen bas,on remarque que

(21)

la petite zone noire signalée plus haut occupe maintenant tout le

quartinférieur et temporal, sous forme d'une bandelette irrégulière

d'un millimètre de hauteur.

Depuis lors, le malade n'a plus été revu.

Observation III (inédite).

CommuniquéeparM.leprofesseur agrégéCabasnes.

Georges M..., 9 ans, a reçu sur l'œil gauche, il y a environ un mois, une pierre lancée avec une fronde en caoutchouc. La douleur

a été très vive sur le moment, mais il n'y a pas eude vomissements

et bientôt l'enfant n'y a pluspensé.

Il y a une quinzaine de jours, la mère s'est aperçue quel'enfant

avaitun reflet bleuâtre dans la pupille.

Actuellement, à l'éclairage oblique ou direct, onvoit des masses blanches, nuageuses, occupant toute l'épaisseur du cristallin.

Pas de lésion de la cornée.

L'iris estnormalement dilaté et réagit bien.

L'examen attentif montre un peu de tremblement de l'iris; hypo¬

tension notable de l'œil malade.

Palpation etpression non douloureuse.

Acuité visuelle : OD(œil sain Y = 1.

» » : OG V= distingue la lu¬

mière de l'obscurité et suit lalumière.

Observation IV (inédite).

CommuniquéeparM.le professeur agrégé Cabannes.

Ernest M..., 13 ans, a reçuil y a un an environ, surl'œil gauche,

un grain de plomb lancé par unefronde en caoutchouc, d'une ving¬

taine de mètres. Au moment de l'accident, il n'y apas eu de phéno¬

mènes généraux ni réflexes ni glaucomateux. Pas de douleur vive,

pas de réaction inflammatoirelocale, pasde plaie de la cornée.

Il s'est installé peu àpeu une cataracte traumatique.

(22)

24

Actuellement l'acuité est égale à l'unité du côté sain(CD : V-- 1).

Du côté malade l'enfant ne distingue que le grand jour de la nuit.

Cataracte molle, masses blanches abondantes. Tension normale, fond inéclairable. Pas de phénomènes glaucomateux.

Pupille plus dilatée que du côté sain, elle réagit parfaitement à l'accommodation et à la lumière. Tremblement très net de l'iris.

Observation V Fuscii cité par Caudron, obs. VI.

Fusch a observé une cataracte corticale après contusion chez le

Dr II...,qui,à l'âge de dix-neufans,avait reçu un coup surl'oeildroit.

Il n'y avait eu alors aucune perforation du bulbe et le traumatisme n'avait été suivi que d'une iritislégère etd'une diminution perma¬

nente de l'acuité visuelle. Neuf ans après, l'œil paraissait tout àfait normal.

Il n'y avait ni synéchies postérieures,ni dépôts pigmentaires sur la capsule antérieure du cristallin; l'ancienne iritis n'avaitpaslaissé

de trace. Dans lapupille dilatée parl'atropine,on voyait à l'éclairage oblique et encore mieux avec l'ophtalmoscope un trouble étendu dans la couche corticale antérieure. Le trouble constituait une étoile

grise à quinze branches de dimensions variées et semblant être sur des plans différents. Dans la corticale postérieure, on distinguait à l'ophtalmoscopeuntrouble beaucoup moins important, constituépar

un secteur placé en bas et composé de fines stries rayonnées. C'était probablement le dernier vestige d'une plus grande opacité stellaire qui s'était éclaircie et même dans ce secteur il semblait y avoir un commencement d'éclaircissement, car ilprésentait un grand inters¬

tice transparent. 11 y avait en outre une étroite bande opaque circu¬

laire, concentrique àl'équateur du cristallin et formée de deuxfrag¬

ments d'inégales longueurs. Le fond de l'œil était normal; l'acuité visuelle égaleàl/3 après correction d'unemyopie de deuxdioptries.

L'accommodation était égale à sept dioptries.

Dansl'œilgauchesain etnon myope,l'accommodationétait lamême.

(23)

Le trouble cristallinien n'avait donc en rien changé la propriété du

cristallin de pouvoir devenir convexe parl'accommodation.

Observation VI

Fusch, cité parCaudron, observation Vit.

Emile M..., âgé de 15ans, fut blessé à l'œil gauche par une balle

deplomb fixée à une bande de caoutchouc etlancée par ce moyen.

Cinqjours après, l'œil présentait une injection ciliaire restreinte et

un décollement étendu de l'irisà la partie externe de son insertion

ciliaire. En outre, on constatait une opacité à quatrebranches dans

la corticale postérieure. Trois branches se bifurquaientà leurextré¬

mité; elles étaient constituéesparun finréseau à contours nettement

accusés et avec nervure médiane. Une opacité courait également le long du bord du cristallin aussi loin qu'on pouvait le suivre.

L'iris recouvrait les bords supérieurs et inférieurs du cristallin.

Sur le bord externe, l'opacité consistait en une fine ligne grisâtre,

sur le bord inférieur c'était une série de lignes contiguësau bord cristallin, reliées à l'étoilepar un fil très fin qui semblaitêtre le pro¬

longement d'unenervure médiane d'un rayon. Le trouble s'éclaircit promptement et huit semaines après l'accident, lors du départ du malade, il était à peine visible.

Ilsubsistait une très légère opacité en forme desecteur, dans la

corticaleantérieure, la pointe dirigée vers le pôle antérieur du cris¬

tallin et qu'au premier examen on n'avait pas remarquée.

Observation VII Caudron, observation VIII.

Le 9avril 1888 se présente à la clinique du Dr Meyer le nommé C..., palefrenier, blessé àl'œil droit,vingt-quatre heures auparavant

par l'angle d'une couverture de cheval qu'il était occupé à secouer.

Cet homme racontait avoir éprouvé, au moment de l'accident, une douleur tellement vive qu'il tomba à la renverse et s'être aperçu, peu après,d'une abolitionpresquecomplètedelavuede l'œil atteint.

(24)

26 -

Lesdouceursavaientpersistépendantla nuitavec un peu de rougeur

et de larmoiement.

Lelendemain on put constaterl'étatsuivant : le champvisuel pris

à la main paraît normal; coloration ecchymotique et léger gonfle¬

ment du bord et de la moitié interne de la paupière supérieure.

Ecchymose sous-conjonctivale étendue masquant la partie supéro-

interne de la sclérotique, injection péri-kératique peu prononcée,

sensibilité médiocre duglobeàla palpation. Tension normale, cornée

nettement transparente, chambre antérieure remplie d'une humeur

aqueuse limpide; iris mobile, pupille en moyenne dilatation.

Derrière la pupille apparaît une opacité grisâtré diffuse de 3 milli¬

mètres de diamètre environ, qui donne l'impression première d'une

cataractepar imbibition.

Un examen à l'éclairage latéral avec un grossissement suffisant

révèle la présence, au milieu de cette opacité, d'une autre opacité

de forme étoilée à troisbranches dontunedescendverticalement du

centre vers le bord inférieurde lalentille, tandisqueles deuxautres, partant également du centre, divergent l'une du côté du nez,l'autre

du côté de la tempe.

Lacapsule paraît intacte. Le corps vitré .est rempli par un épan-

cbement sanguin, qui ne permet pas d'éclairer le fond del'œil.

Le malade se représente lelendemain, lapupille largementdilatée

par l'atropine.

L'œil droit, avec un verre convexe de 1,50, a une acuitéde 1/3.

L'amélioration de l'acuité visuelle est donc notable. Le champ visuel mesuré aupérimètre est absolument normal.

En pratiquantl'examen à l'éclairage oblique, on constate que

le

trouble diffus des couches antérieures du cristallin a complètement disparu; les rayons de l'opacité étoilée persistent seuls sur une

étendue variable pour chacun d'eux, sans toutefois que cette altéra¬

tion rayonne bien loin du centre. Comme ils sont entourés d'une

substance cristallinienne transparente on peut, à l'aide du miroir,

les voir se détacher nettement sur le fond de l'œil.

En employant l'éclairage focal et une loupe, les rayons étoilés apparaissent composés d'un canal àcontours irrégulièrement dilatés,

rétrécis, renfermant unesubstance granuleuse.

(25)

rayons, et sur un plan antérieur, existent quelques dépôts couleur derouille, formés de pigmentsdéposéssurla capsule.

Il n'existe ni luxation ni subluxalion du cristallin. L'épancliement,

du corps vitré, résorbéen partie, laisse voirlefond de l'oeil à travers les caillots mobiles disséminés dans le vitré. Deuxjoursplus lard, le pointillé rougeâtre sus-capsulaire a disparu. Une des branches de l'opacité étoilée a diminué de longueur. Le sang épanché dans le

corps vitré tend à résorption. L'acuité visuelle est remontéeà 1/2.

Le 19 avril, on constate une rupturede la choroïde en forme d'arc

de cercle, concentrique au bord supérieur de la pupille optique, à la

distance d'environ deux diamètres papillaires.

Le26mai, l'acuité visuelleestredevenuenormale.L'accommodation

a son parcours régulier. L'opacité étoilée du cristallin est toujours visible, mais ses rayons paraissent devenus plus courts. Le corps vitré est tout àfait transparent, sauf à la partie supérieure, l'on

constate la présence de quelques caillots fibrineux adhérents au fond de l'œil. A cet endroit existe aussi un reflet blanchâtre, sous forme d'arc de cercle sans que l'on puisse découvrir de décollement

ou de déchirure de la rétine.

Le blessé est resté enobservation jusqu'à la fin de juillet. Aucune

modification nes'est produite dans l'état de l'œil. L'opacité étoilée

reste toujours très nette.

Observation VIII Caudron, obs. IX.

Mme M..., 37 ans, areçu sur l'œil gauche, quatrejours auparavant,

un coupde poing.

Nous constatons une ecchymose péri-orbitaire et sous-conjoncti-

vale; puis, au pôle postérieur du cristallin, une opacité rayonnée de

un millimètre de diamètre environ. V —. 1/3. L'œil droit est normal.

Cette malade n'a pasété suivie.

(26)

28

Observation IX Caudron, obs. X.

L'abbé C..., 32 ans, se présente à la consultation le 2 avril 1888,

se plaignant d'un trouble considérable de la vue de l'œil gauche

V = J/200. L'œil droit est normal.

Sous la cristalloïde gauche existe un dépôt grisâtre de forme irré¬

gulièrement circulaire, d'une étendue de 3 millimètres. La cristal¬

loïde paraît commeplissée. L'ensembledu cristallin estle siège d'un

trouble difficile.

Le malade raconte que, sujet àdes accès de migraine (hémicranie gauche), il éprouve un soulagement notable en pratiquant le mas¬

sage du globe oculaire avecla pulpe du doigt. Il croit avoir observé

que les troubles de lavue ont été consécutifsà ce massage etaffirme qu'ils sontde daterécente.

Observation X

0. Broker, citéparde Wecker et Landolt, etparCaudron, obs. V.

Becker cite le cas (Grœfe-Lœmisch, Y, p. 273) d'un homme sur l'œil duquel était tombéune grosse stalactite de glace.

Il se produisit une rupture de la choroïde; son acuité était de 1/3.

Pas de blessure des membranesextérieures. A partir dela troisième semaine, onputconstaterl'apparition d'un troubleprès dupôleanté¬

rieur du cristallin; à l'ophtalmoscope, on vit que ce trouble était formé par une cataracte étoilée située dans la corticale antérieure.

Ce trouble atteignit bientôt la taille d'une pupille à demi-dilatée; il

resta stationnaire au moins pendant une année, après laquelle le

malade a cru devoir se soustraire àl'observation.

Observation XI Grima, obs. VII.

G..., 23 ans, cultivateur, reçoit sur l'œil un caillou du volume du poing. Le cristallin devient opaque, mais la maladie marche sans symptômesaigus, d'après la narration du malade.

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