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Cas d’une edo lin´ eaire autonome sans second membre

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Introduction

(IVP)

x(t) =˙ f(x(t)) x(0) =x0. D´efinition (Point d’´equilibre)

On appelle point d’´equilibre tout point xe deRn qui v´erifie f(xe) = 0.

Six0=xe alors on a trivialement comme solutionx(t) =xe pour toutt.

Question: ´Equilibre stable ou instable ? Lorsque l’on s’´ecarte de ce point d’´equilibre, on y revient ou on s’en ´ecarte ?

Exemple (Pendule simple)

Pour le pendule simple non contrˆol´e (0,0)est une point d’´equilibre stable, alors que(π,0)est un point d’´equilibre instable

(2)

Cas d’une edo lin´ eaire autonome sans second membre

On s’int´eresse ici `a la solution du probl`eme `a valeur initiale (IVP)

x˙(t) =Ax(t) x(0) =x0,

Les points d’´equilibre sont les ´el´ements de kerA. Si Aest inversible, il n’y a qu’un seul point d’´equilibrexe = 0.

Remarque

Rappels pour les parcours Image & Multim´edia et CIRMA

(3)

Approche ´ el´ ementaire

Exemple

On consid`ere l’´equation diff´erentielle ordinaire lin´eaire scalaire (IVP1)

x(t) =˙ λx(t) x(t0) =x0,

o`uλest un r´eel et x est une fonction deRdansR. On sait que la solution de cette

´equation, qui est unique, est donn´ee par

x(t) =eλ(t−t0)x0

On en d´eduit que cette solution est d´efinie sur I =Ret que l’on a comme comportement asymptotique

I Siλ <0alorslimt→+∞x(t) = 0; I Siλ= 0alors x(t) =x0; I Siλ >0

I Si x0<0alorslimt→+∞x(t) =−∞;

I Si x0= 0alors x(t) = 0;

I Si x0>0alorslimt→+∞x(t) = +∞.

(4)

Approche ´ el´ ementaire

Exemple

Si maintenant nous consid´erons le cas du syst`eme diff´erentiel (IVP2)

x(t˙ ) = Λx(t) x(t0) =x0, avec

Λ =diag(λ1, . . . , λn) =

λ1 · · · 0 ... . .. ...

0 · · · λn

.

La solution est alors

x(t) =

e(t−t01x0,1 ... e(t−t0nx0,n

=

e(t−t01 · · · 0 ... . .. ... 0 · · · e(t−t0n

x0 =e(t−t0x0

(5)

Comportement asymptotique

Remarque

La notation e(t−t0 sera clair au paragraphe suivant Le comportement asymptotique est alors

I si tous les λi sont strictement n´egatifs alors limt→+∞x(t) = 0 ;

I si tous les λi sont n´egatifs ou nuls alors la solution est born´ee quandt →+∞;

I si au moins unλi est strictement positif et que x0,i 6= 0 alors kx(t)k →+∞, quandt →+∞.

(6)

Cas A diagonalisable

Exemple

A=PΛP−1, posons z(t) =P−1x(t), alors z(t) est solution su syst`eme diff´erentielle `a valeur initiale

(IVP3)

z(t) =˙ P−1x(t) =˙ P−1PΛP−1x(t) = Λz(t) z(t0) =P−1x0.

On a donc z(t) =e(t−t0P−1x0 et

x(t) =Pz(t) = (Pe(t−t0P−1)x0. Par suite le comportement asymptotique est caract´eris´e par les valeurs propres de la matrice A.

(7)

Exponentielle de matrice

L’espace vectoriel norm´e (Mn(R),k.k), est un espace de Banach.

On consid`ere ici une norme qui v´erifiekABk ≤ kAkkBk. La s´erie P+∞

k=0 Ak

k! est alors normalement convergente car

+∞

X

k=0

kAkk k! ≤

+∞

X

k=0

kAkk

k! =ekAk. D´efinition (Exponentielle de matrice)

On appelle exponentiel de matrice l’application exp :Mn(R) −→ Mn(R)

A 7−→ exp(A) =eA =

+∞

X

k=0

Ak k!.

(8)

Propri´ et´ e de l’exponentielle de matrice

Th´eor`eme

1. e0=I

2. si A=diag(λ1, . . . , λn)alorsexp(A) =diag(eλ1, . . . ,eλn) 3. si P est inversible on aexp(PAP−1) =Pexp(A)P−1 4. si A et B sont deux matrices qui commutent alors

exp(A+B) = exp(A) exp(B) (1)

5. pour toutαetβ, e(α+β)A=eαAeβA 6. pour toute matrice A, eAest inversible et

(exp(A))−1= exp(−A) (2)

7. pour toute matrice A, l’application tetAest Cet d

dtetA=AetA=etAA (3)

(9)

Solution

Th´eor`eme

L’unique solution de (IVP)

x˙(t) =Ax(t) x(t0) =x0, s’´ecrit

x(t) =e(t−t0)Ax0

(10)

n = 2 et A diagonalisable dans C, t

0

= 0

I v =v1+iv2 (respectivement ¯v =v1−iv2) vecteur propre associ´e `a la valeur propre λ=α+iβ (respectivement λ¯=α−iβ),β >0

I (v1,v2) est une base de C2 et donc aussi une base de R2. Soit P la matrice de passage

Av =λv =A(v1+iv2) =Av1+iAv2 = (α+iβ)(v1+iv2).

I

A=PBP−1 avec B=

α β

−β α

.

I Dans cette base le syst`eme ˙x(t) =Ax(t) s’´ecrit ˙z(t) =Bz(t).

I La solution enz est donc

etBz0

(11)

n = 2 et A diagonalisable dans C, t

0

= 0

I

tB =tαI+tβ

0 1

−1 0

=tαI +tβC

I Les matrices tαI et tβC commutent, par suite exp(tB) =eαtexp

0 1

−1 0

I C2=−I

I

exp

0 1

−1 0

= 1−β22t2 +β4!4t4 − · · · βt−β33!t3 +· · ·

· · · ·

!

=

cos(βt) sin(βt)

−sin(βt) cos(βt)

(12)

n = 2 et A diagonalisable dans C, t

0

= 0

I

z(t) = exp(αt)

cos(βt) sin(βt)

−sin(βt) cos(βt)

z0.

I Stabilit´e

I Siα <0 alorsz(t)0 quandt +∞;

I Siα= 0z(t) est born´e ;

I Siα >0 et z06= 0 alors||z(t)|| →+∞quandt +∞.

(13)

n = 2 et A non diagonalisable dans C

I L’unique valeur propreλest r´eel et le sous espace propre est de dimension 1 et Aest semblable `a la matrice

J = λ 1

0 λ

I Dans cette base le syst`eme diff´erentielle s’´ecrit ˙z(t) =Jz(t)

I

J =λI + 0 1

0 0

=λI+C

I les matrices commutent et la matrice C2 = 0

I

z(t) =eλt

I+ 0 t

0 0

z0.

I Une nouvelle fois donc, si λ <0 alors z(t)→0 quand t →+∞

(14)

Plan de phase pour n = 2

−5 −4 −3 −2 −1 0 1

−7

−6

−5

−4

−3

−2

−1 0

x 1 x2

−0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25

−0.7

−0.6

−0.5

−0.4

−0.3

−0.2

−0.1 0

−0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8

−0.8

−0.6

−0.4

−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8

Figure:λ1= 1et λ2= 3;λ1=−1etλ2=−3;λ=± 5

(15)

Plan de phase pour n = 2

−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5

−0.4

−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2

−4 −3.5 −3 −2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5

−1

−0.8

−0.6

−0.4

−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8

−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5

−1.5

−1

−0.5 0 0.5 1 1.5

Figure: λ= 1±2i;λ=−1±2i;λ=±i

3retour slide stabilit´e

(16)

Plan de phase pour n = 2

0 20 40 60 80 100 120 140 160 180

0 10 20 30 40 50 60 70

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4

0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5

0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3

Figure:λ= 2;λ=−2;λ= 0

(17)

Equations diff´ ´ erentielles lin´ eaires avec second membre

On s’int´eresse dans cette section aux ´equations diff´erentielles lin´eaires `a condition initiale

(IVP4)

x(t) =˙ A(t)x(t) +b(t) x(t0) =x0,

Les fonctionsA:I ⊂R→ Mn(R) etb :I →Rn seront toujours suppos´ees de classe Ck,k ≥0.

(18)

R´ esolvante

On consid`ere ici l’´equation lin´eaire homog`ene

˙

x(t) =A(t)x(t). (4)

Th´eor`eme

L’ensemble des solutions de l’´equation diff´erentielle lin´eaire et homog`ene (4)E est un espace vectoriel de dimension n.

(19)

D´ emonstration

Le fait queEsoit un espace vectoriel est imm´ediat. Consid´erons maintenant l’application

Lt0:Rn −→ E x0 7−→ x(.,t0,x0)

o`ux(.,t0,x0) est l’unique solution de l’´equation diff´erentielle v´erifiantx(t0) =x0. Il est ´evident que cette application est lin´eaire. L’existence et d’unicit´e de solution implique que cette application est une bijection, d’o`u le r´esultat en ce qui concerne la dimension.

D´efinition

On appelle r´esolvante de l’´equation diff´erentielle lin´eaire et homog`enex(t) =˙ A(t)x(t) l’application

R(t,t0) :Rn −→ Rn x0 7−→ x(t,t0,x0).

(20)

Th´ eor` eme

Th´eor`eme

1. On a R(t,t0).x0=x(t,t0,x0)

2. Si le syst`eme est autonome on a R(t,t0) =e(t−t0)A 3. Pour tout t0 fix´e, R(.,t0) est la solution du probl`eme de

Cauchy

(IVP5)

X˙(t) =A(t)X(t) X(t0) =In 4. Pour tout t0,t1 et t2 dans I on a

R(t2,t0) =R(t2,t1)×R(t1,t0) 5. Pour tout t0,t1 dans I on a R(t0,t1) = (R(t1,t0))−1 6. Si A(.)est Ck, alors R(.,t0)est Ck+1

(21)

Solution

Th´eor`eme

La solution du probl`eme de Cauchy lin´eaire (IVP6)

x(t) =˙ A(t)x(t) +b(t) x(t0) =x0,

s’´ecrit

x(t) =R(t,t0)x0+ Z t

t0

R(t,s)b(s)ds. (5)

Remarque

Dans le cas o`u l’´equation diff´erentielle est autonome on obtient x(t) =e(t−t0)Ax0+

Z t t0

e(t−s)Ab(s)ds. (6)

(22)

Cas d’une edo non lin´ eaire

On consid`ere l’´equation (IVP7)

x(t) =˙ f(x(t)) x(t0) =x0, o`u

f : Ω∈Rn −→ Rn x 7−→ f(x), Ω ouvert

(23)

Fonction localement lipschitzienne

D´efinition (Fonction localement lipschitzienne)

L’application f : ΩRnRn,ouvert, est localement lipschitzienne par rapport `a la variable x si et seulement si pour tout(x0)il existe un voisinage V ∈ V(x0)et une constante k0tels que

∀x1V,∀v2V,||f(x1)f(x2)|| ≤k||x1x2||.

Th´eor`eme

Si f est diff´erentiable par rapport `a x et si l’application

∂f

∂x : Ω −→ L(Rn,Rn)

x 7−→ ∂f

∂x(x) est continue alors f est localement lipschitzienne.

(24)

Th´ eor` eme de Cauchy-Lipschitz

Th´eor`eme (Th´eor`eme de Cauchy-Lipschitz)

Soit f : Ω→Rn,Ωouvert deRn, f continue et localement lipschitzienne par rapport `a x alors pour tout x0∈Ω, il existe une unique solution locale au probl`eme de Cauchy

(IVP)

x(t) =˙ f(x(t)) x(t0) =x0.

D´efinition (Flot)

On appelle flot de l’´equation diff´erentielle x(t) =˙ f(x(t)), l’application(t,x0)→x(t,x0) o`u x(t,x0)d´esigne la solution au temps t du probl`eme de Cauchy (IVP).

(25)

Stabilit´ e

D´efinition (Point d’´equilibre)

On appelle point d’´equilibre tout point xe deRn qui v´erifie f(xe) = 0.

D´efinition

Nous dirons qu’un ´equilibre xe est stable si, pour tout ε >0, il existeδ >0 tel que

||x0−xe||< δ et t>0⇒ ||x(t,x0)−xe||< ε Toute solution proche dexe en reste proche

Remarque

Toute solution dont la condition initiale est dans une boule B(xe, δ) reste dans la boule B(xe, ε), et donc dans un compact de Ω, pour t>0 (on suppose εsuffisamment petit pour que Bf(xe, ε)∈Ω).

(26)

Equilibre asymptotiquement stable ´

D´efinition

Nous dirons qu’un ´equilibre xe est asymptotiquement stable si il est stable et si il existe un voisinage V de xe tel que, pour tout x0 ∈V ,

t→+∞lim x(t,x0) =xe.

Remarque

En automatique, on appelle souvent points d’´equilibre stable les points d’´equilibre asymptotiquement stable !

(27)

Stabilit´ e dans le cas lin´ eaire autonome et sans terme constant

Th´eor`eme

1. L’origine est un ´equilibre asymptotiquement stable dex(t) =˙ Ax(t)si et seulement si toutes les valeurs propres de A sont de partie r´eelle strictement egative

2. Si A a au moins une valeur propre de partie r´eelle strictement positive, alors l’origine n’est pas un ´equilibre stable dex(t) =˙ Ax(t)

Remarque

L’origine peut ˆetre un ´equilibre stable mais non asymptotiquement stable (cf.plan de phase lorsqueλ=±i

3

Th´eor`eme

L’origine est un ´equilibre stable dex(t) =˙ Ax(t)si et seulement si toutes les valeurs propres de A sont de partie r´eelle n´egative ou nulle et si pour toute valeur propre de partie r´eelle nulle, les multiplicit´es alg´ebrique et g´eom´etrique co¨ıncident

(28)

Pendule simple non contrˆ ol´ e

l

mg α

Figure:Pendule simple.





˙

x1(t) =x2(t)

˙

x2(t) =−gl sin(x1(t)) x1(0) =x0,10

x2(0) =x0,2 = ˙α0

(29)

La figure?? montre les trajectoires dans le plan de phase. On a un point d’´equilibre stable, mais non asymtotiquement stable et un point d’´equilibre instable. La figure ??montre les trajectoires du pendule simple non contrˆol´e avec frottement. Le point d’´equilibre stable devient alors un point d’´equilibre asymptotiquement stable.

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