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Sur les courants alternatifs et la force électromotrice de l'arc électrique

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00237668

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00237668

Submitted on 1 Jan 1880

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l’arc électrique

J. Joubert

To cite this version:

J. Joubert. Sur les courants alternatifs et la force électromotrice de l’arc électrique. J. Phys. Theor.

Appl., 1880, 9 (1), pp.297-303. �10.1051/jphystap:018800090029700�. �jpa-00237668�

(2)

SUR LES COURANTS ALTERNATIFS ET LA FORCE ÉLECTROMOTRICE

DE L’ARC

ÉLECTRIQUE;

PAR M. J. JOUBERT.

Les courants

alternatifs,

tels que les donnent les machines 111a-

gnéto-électriques

du

type

de l’./illiance ou des

types plus

récents

et

plus parfaits

de Gramme et de

Siemeiis,

ont été

jusqu’ici

peu

étudiés,

ce

qui s’explique

par les difficultés

qu’on

rencontre

quand

on veut

appliquer

les méthodes et les instrun1enLs ordinaires à des

courants d’une

grande

intensité et

qui changent

de sens cent ou

deux

cents fois

par seconde.

Les méthodes

calorimétriques

eL

l’électrodynamomètre peuvent

seuls être

employées,

et encore se

présente-t-il,

surtout avec ce

dernier

instrument,

des difficultés

particulières.

Si l’instrument

est mis sur le circuit

principale

il est

difficile,

même en le fornlant

de fils très gros et lui donnant des dimensions

considérables,

de

l’empêcher

de S’t’CllaLlffel’ outre mesure; s’il est mis en

dérivation,

les effets d’induction du courant sur lui-même mettent en défaut les lois ordinaires des courants dérivés.

Je me suis servi avec

beaucoup d’avantage,

pour cette

étude,

de

l’électromètre

Thomson,

en

l’en1plo)’ant

d’une

manièrcparticulièrc

et que

je

crois nouvelle. Je

supprinle complètement

toute source

étrangère

d’électricité pour

charger

soit

l’aiguille,

soit les cadrans

les deux

paires

de cadrans sont

isolées,

et l’une d’elles est mise en

communication

électrique permanente

avec

l’aiguille, égalen1ent

isolée.

La formule

générale

de

1"électromètre,

dans

laquelle il

est la déviation de

l’aiguille, V,

et

V2 les potentiels

des

cadrans,

et V celui de

l’aiguille,

se rédui t dans le cas

actuel, où V = V1,

à

J. de Phys., t. IX. (Septembre iS8o.) 21

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018800090029700

(3)

proportionnelle poten-

tiels des deux

cadrans,

et par suite

indépendante

du

signe

de cette

différence.

Supposons

d’abord les cadrans mis en communication avec deux

points

A et B d’un circuit traversé par un courant continu d’inteu- sité 1. Soient

Vi

et

V 2

les

potentiels

des deux

points

A et

B,

et R

la résistance du conducteur

qui

les

sépare ;

on a

Si entre deux autres

points

A’ et

B‘,

au lieu d’un

simple

con-

ducteur,

on a un moteur

électrique

ou tout autre

engin capable

de

transformer

l’énergie électrique

en

quelque

autre forme de l’éner-

gie,

on a à

considérer,

outre la résistance propre R’ du moteur

au repos, la force électromotrice E dont il est le

siège pendant

le

mouveinent, et

l’équation

devient

Enfin

l’énergie électrique

consommée entre les deux

points

A’

et B’ a pour

expression

Les valeurs des seconds membres des

équations (i)

et

(2)

sont

fournies immédiatement et sans calcul par

l’électromètre,

si on

l’a

gradué

en volts au moyen d’une

pile

de Daniell.

Un électromètre donnera donc la mesure de l’intensité du cou-

rant, et deux électromètres combines celle de

l’énergie

consommée

par

l’engin

de transformation.

Si,

au lieu d’un courant

continu,

on a affaire à des courants al-

ternatifs se succédant à des intervalles

petits

relativement à la durée de l’oscillation de

l’aiguille, celle-ci,

entraînée

toujours

dans le même sens,

quel

que soit le

signe

du courante

prend

une

déviation fixe

proportionnelle

à la I2lozTenne des valeurs succes-

sives du carré de

V,,- V2°

Cette moyenne est celle que donne-

rait,

abstraction faite des difficultés

signalées plus hallt, l’elnploi

des méthodes

calorimétriques

ou de

réiectrodynamomètre.

Il

faut remarquer

qu’elle

n’est pas

identique à

la moyenne

proprement

(4)

dite et que l’écart ne

peut

être connu que si l’on connaît la loi de variation de

Vj- V2

en fonction du

temps (1).

J’ai détermine cette loi de variation pour une machine Siemens à courants alternatifs. Le

principe

de la méthode consiste à diviser la

période

en un certain nombre de

parties égales, vingt

par

exemple., correspondant, je

suppose, à des intervalles de

20100

de se-

conde et à mesurer l’intensi té ou la différence de

potentiel

à chacun

de ces instants. A cet

effet,

un

petit interrupteur placé

sur l’arbre

même de la machine établit à

chaque

tour un contact

qui

dure

moins

de 1 20000

de seconde. On

peut

se servir de l’électrolnètre dis-

posé

comme

ci-dessus;

dans ce cas, il faut deux

interrupteurs parallèles

établissant le contact

rigoureusement

au même instant.

A

chaque

révolution

de l’ahbhe,

les cadrans sont mis simultanément

en relation

pendant

la durée du contact avec les deux

points

A

et B et se

chargent

au

potentiel

que

possèdent

ces

points

à l’instant

précis

du contact. On

peut

aussi

employer

un

galvanomètre, puis- qu’on prend toujours

le courant à un même instant de sa

période ;

il suffit alors d’un seul

interrupteur,

et

l’ajustement

est

plus

com-

monde. Voici la

disposition clue j’emploie.

A et B sont deux

points

du circuit

principal

aux extrémités d’une

résistance connue

R1 (1ohm) environ);

ACB forme entre les deux

(1) Pour faire brûler une bougie Jablochkoff dans les conditions normales (char-

bons de om, oofi, intensité lumineuse équivalant à 5o becs Carcel), il faut un courant

dont l’intensité moyennes soit de 8 à 9 webers; la bougie s’éteint quand l’intensité tombe au-dessous de 5 webers; les charbons rougissent dans toute leur longueur quand elle atteint i mwebers. La chute moyenne de potentiel entre les deux charbons varie de Qo à 45 webers.

(5)

points graduée (100ohms) (1) ;

enfin AKC est une seconde dérivation de résistance

duelconclue,

mais très

grande (30000ohms), qui part

du

point

A et

vient aboutir à un

point

variable C de la résistance

R2,

de manière

à

intercepter

entre A et C une résistance variable r. Sur cette dé- rivation se trouve une

pile

de force électromotrice e, le

galvano-

mètre

( galvanomètre astatique

de

Thomson,

d’une résistance de

70000ohms),

enfin

l’interrupteur K, placé

sur l’arhre de la n1achinc.

On

déplace

le contact

G jusdu’à

ce que

l’aiguille

du

galvanomètre

soit ramenée au zéro. Il faut remarquer que la

compensation

est

indépendante

de la

façon

dont fonctionne

l’interrupteur, puisqu’il

commande de la même manière le courant à mesurer et celui de la

pile qu’on

lui oppose. Soient

I, I1, I,

les intensités du courant dans le

circuit,,

dans la résistance

Ri

et dans la résistance

R2;

on a éyi- demment

et par suite

D’autre

part,

les

équations

donnent

fout se réduit donc à la mesure de r aux différentes

phases

de la

période.

J’ajoute du’une espèce

de

phénakisticope

monté

également

sur

l’arlJre de la machine

permet

de voir Farc au même instant et pen- dant le même

temps,

et d’étudier

opLlquelnent

la succession des

phénomènes

dont il est le

siège pendant

le cours d’une

période.

L’expérience

m’a donné pour l’intensité une courbe

qui

se con-

fond presque

rigoureusement

avec une

sinusoïde,

saufune très

légère

(1) Il est indispensable que les résistances Ri et R. soient rectilignes, pour éviter les extra-courants. La résistance R1 dont je me sers est constituée par 18m environ de charbons Carré, de 0m,003 de diamètre.

(6)

dissymétrie qui

tend à

déplacer

le maximum dans le sens du mou-

vement.

Seulement,

cette

sinusoïde,

au lieu d’avoir la

position

que lui

assignerait

la

théorie,

est

déplacée

tout d’une

pièce,

dans le sens

du mouvement, d’une

quantité égale

à un huitième environ de la

période

entière. Un fait

analogue

se rencontre dans toutes les ma-

chines

lnagnéto-électriques,

et on l’attribue ordinairement à un re-

tard dans l’aimantation.

L’explication

ne

peut

convenir dans le cas

actuel : la bobine induite est une bobine sans noyau de fer doux

qui

se

déplace

dans un

champ magnétique; d’ailleurs,

le

déplacement

est

indépendant

de la vitesse et

rigoureusement

le même pour des vitesses de

400,

7oo et 1000 tours par minute. Il est dû évidenl-

ment à l’induction du courant sur lui-même

(1);

le courant

prin- cipal

étant de la forme

A sin x,

le courant secondaire est de la forme

B cos x,

et la

superposition

des deux courants donne un

courant de la forme C

sin (x

-f--

r),

ne différanl du

premier

que par l’intensité et par la

phase.

J’ai d’ailleurs obtenu la même courbe d’une autre manière. Sans rien

changer

à

l’inducteur, j’ai

mis le

système

induit en commu-

nication avec un

galvanomètre

Thomson à oscillations non amorties.

En donnant à la main au

système

induit des

déplacements

succes-

sifs

égaux

entre eux et très

petits,

et en observant l’arc

d’impulsion correspondante

on

pouv ait

mesurer en valeur absolue la

quantité

d’électricité mise en mouvement dans

chaque déplacement,

et par suite la force électromotrice d’induction

correspondante.

La courbe

obtenue de cette manière est une sinusoïde

qui

coïncide avec celle

que donne le

premier procédé,

avec cette diflérence

qu’elle

occupe la

position normale,

les effets d’induction secondaire s’annulant ici

exactement dans chacun des

déplacements (2 ).

(1) La machine étant dans chaque cas dans les conditions de travail maximum.

(Post-scriptum.)

(2) L’intensité étant représentée par C sinx, il est facile de vériner que l’intensité moyenne a pour

valeur 2C,

tandis que la racine carrée de la moyenne des carrés, telle que la fournit l’électromètre, a pour valeur

c

le rapport des deux moyennes est donc

V2

(7)

analysé potentiel

deux charbons aux différentes

phases de la période.

C’était le moyen de résoudre

plusieurs questions

d’un

grand

intérêt.

Quelle

résis-

tance offre au passage de l’électricité

l’espace qui sépare

les deux

charbons? Le courant traverse-t-il cet espace d’une manière con- tin ue ou seulcment

quand

son intensité a

dépassé

une certaine

valeur? L’arc

agit-il

comme une

simple

résistance ou, comme l’a annoncé 31.

Edlund,,

se

comporte-t-il

à la manière d’une force élec- tromotrice?

L’expérience répond

de la manière la

plus

nette à

toutes ces

questions.

Au moment oit l’intensité est nulle dans le

circuit,

la différence de

potentiel

entre les deux charbons est

éga-

lement

nulle; mais,

dans un

temps inappréciable,

cette différence

atteint une valeur de

40

à

45volts , qu’elle

conserve presque sans va- riation

jusqu’au

moment oit le courant atteint de nouveau une

valeur très faible. La chute finale de la courbe est très

brusque, mais j"ai

pu

cependant

la suivre dans ses

détails; je

n’ai pu en faire

autant pour l’élévation du commencement,

qui

semble se

produire

d’une

façon

presque instantanée. J’ai constaté de

plus

ce fait im-

portant

que cette différence de

potentiel

reste la même non seu-

lement

pendant

toute la

période

d’un courant d’intensité moyenne

donnée,

mais encore

quand

on fait varier dans de

larges limites,

de

plus

du

simple

au

double,

l’intensité moyenne du courant. Je dois

ajouter cependant

que cette différence diminue

quand

l’intensité du courant

augmente

et que la variation s’élève au maximum à

4

ou 5 volts .

L’explication

de ces faits

s’impose

d’elle-même. La résistance

proprement

di te de l’arc est t très

faible;

elle varie avec la

tempé-

rature et diminue

quand

la

température augmente.

La différence de

potentiel qui

existe entre les deux charbons est

due,

pour la

plus grande partie,

à une force

électromotrice, indépendante

de

l’intensité et

qu’on peut

évaluer à 30 volts.

Les choses se

passent

entre les deux charbons comme entre les deux élecurodes d’un voltamètre : il s’établit tout

d’abord,

par un

phénomène

de

polarisation

don

t je

réserve

l’explication,

une chute

fixe de

potentiel,

et, à

partir

de ce moment, le travail

produit

dé-

pend uniquement

de la

quantité

d’électricité

qui

passe et lui est

proportionnel.

J’ajouterai

que, si l’arc est

produit

dans un

champ magnétique

(8)

soumis aux mêmes variations

périodiques

que le courant et dont la direction soit normale au

plan

des

charbons,

la chute de

poten-

tiel entre les deux charbons

prend

une valeur

plus grande

que dans les conditions ordinaires et croissant avec l’intensité du

champ.

Je me contente de

signaler

ce dernier

fait,

sans insister sur son

explication (1).

SUR LA FORMULE D’INTEEPOLATION DE M.

PICTET;

PAR M. C.

SZILY,

de Budapest.

Dans une Note

publiée

dans les

Comptes

rendus des séances de l’Académie des Sciences

(2),

M. Pictet a

indiqué

une formule

générale qui

embrasse toutes les formules

d’intehpolatiou

de Re-

gnault

donnant la tension maximum dcs diverses vapeurs

quand

on

fait varier la

tempérautire,

et

qui

serait une

conséquence

immédiate

de la Théorie

mécanique

de la chaleur.

Qu’il

me soit

permis

de

reproduire

ici les observations que

j’ai présentées

à ce

sujet

à l’Académie des Sciences de

Hongrie

le

21 juin

dernier.

M. Pictet

emploie

le second

principe

de la Théorie

mécanique

de

la chaleur sous la forme très usuelle

où L

représente

le travail

accompli

dans un

cycle réversible, Q1

la

quantité

de chaleur enlevée à la source à

T1, Q j - L

celle

qui

a

eté cédée à la source

plus

froide à T.

Mais on ne

peut appliquer l’équation (i) que si la température

est constante

pendant qu’il

y a de la chaleur absorbée oit res- tituée. Dans le cas

contraire,

elle doit être

remplacée,

comme on

sai t, par la

relation

plus générale

(1) Ces expériences ont été faites à l’usine de la Société générale d’électricité.

(2) Comptes rendus des séances de l’Academie des Sciences, t. XC, p. io’;3; 1880

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