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Sur le principe de Pauli dans les noyaux - III.

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(1)

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Sur le principe de Pauli dans les noyaux - III.

W.M. Elsasser

To cite this version:

(2)

SUR

LE PRINCIPE DE PAULI DANS LES NOYAUX. III

(1)

Par W. M. ELSASSER.

Sommaire. 2014 Les nouvelles mesures d’Aston sur la composition isotopique des terres rares ont

permis de compléter le système des couches neutroniques indiqué dans Il, de sorte qu’il comprend maintenant tous les noyaux. Une étude des énergies des désintégrations 03B1 dans le domaine des corps

radioactifs rend quantitativement compte du fait que sur certaines droites N = const. et P = const. les

énergies de liaison subissent un changement discontinu. On vérifie l’existence d’une discontinuité pour

les droites N = 126 et P = 82. 2014 On examine la variation que subit la répartition des isotopes quand,

en partant des éléments légers, on progresse vers les éléments plus lourds. On est alors conduit à sup-poser l’existence d’un changement du type de la structure intérieure des noyaux.

1. Continuation du

système

des couches

(2).

-L’identification des couches de neutrons effectuée dans II devait s’arrèter au

voisinage

de P --- 60

(P désigne

toujours

le nombre de

protons

= charge,

A le nombre de

neutrons)

faute d’un matériel

expérimental

suffi-samment

précis.

Cette lacune a dernièrement été

com-blée

par les

nouvelles mesures

d’Astan (3)

qui

a

réussi à obtenir les

spectres

de masses des terres

rare. Cette recherche a donné les

espèces

d’isotopes

existant dans ce domaine avec leurs

proportions

rela-tives,

elle a au

surplus

montré que les

poids

atomi-ques

chimiques

des terres rares admis par les

chi-mistes

sont presque tous

plus

ou moins en défaut. Des =écarts

particulièrement grands apparaissent

pour le

néodyme (143.5,

chim.

144.27)

et le holmium

(164.9,

éhim.

163.5).

D’ailleurs,

il existe

également

deux élé-ments

qui

ne sont pas des terres rares et pour

les-quels

l’écart entre les valeurs des chimistes

(*)

et les mesures d’Aston

(5)

est considérable. Ce sont le tantale

(180.89 :

chim.

181.4)

et l’osmium

(190.31; chim. 190.8),

En

admettant

partout

les valeurs d’Aston on obtient

la

courbe de la

fig.

1

qui

est la continuation de la

bourbe

donnée dans

11,

fig.

3 et

qui

montre bien que

le caractère

général

de cette courbe observé pour les

éléments légers

se continue

jusqu’aux

éléments les

plus

lourds. La courbe se compose de

plusieurs

sec-tions très

approximativement

rectilignes interrompues

par des endroits où ces sections

changent plus

ou

moins

de direction et sont décalées chacune par

rap-port

à la

précédente

dans le sens des P croissants.

Tandis

que le

changement

de direction devient moins sensible pour les éléments

plus lourds,

le

décalage

est

(1) Voir J. Phys., 1933, 4, ~!~9, et 1934, 5, 389, cités comme

1 et !i.

1

(2; L’existence de périodicités du genre faisant l’objet de il a

indépendamment été signalée par Gamow

(Rapport

du Congrès Internattonal de Physique, Londres 193.4, sous presse) qui conclut également sur la présence de couches nucléaires, sans cependant

qq ) préciser les limites.

(~) F. ’V. Proc. Roy. Soc. 1934, 146, 46.

(4) F. HAHN, Ber. deutsch. chem. Ges, 1933, 22.

(~) F. ~V. ASTOY. Mass Spectra and Isotopes, London, 1933.

encore suffisamment accentué pour

indiquer

la limite

d’une couche de neutrons. Les flèches

portées

dans la

figure signalent

des fins de couches pour ~V= 98 et

Fig 1. - Poids

atomiques chimiques (continuation) é éléments impairs, --- éléments pairs.

1 pour N On

peut

d’abord se demander, si les

droites ..BT = 100 et LV ~ i18 ne

pourraient

servir

aussi

bien;

la décision se fait par des

arguments

reler

vant de l’abondance des

isotopes.

Nous avons constaté

dans II que les

isotopes

les

plus

fréquents

ont une

(3)

636

tendance à se grouper sur certaines droites const.

(règle

de

Harkins)

et que ces droites sont presque

tou-jours identiques

à celles

qui correspondent

à la fin des couches

neutroniques, Or,

le

dysprosium

montre une

augmentation

de l’abondance des

isotopes

de bas en

haut ;

l’isotope

le

plus

lourd étant le

plus fréquent

est

situé sur la droite IV = 98.

L’erbium,

par contre, pos-sède une

répartition

des

isotopes,

où la

proportion

diminue de bas en

haut ;

l’isotope

le

plus léger

étant le

plus

fréquent

est

également

situé sur N = 98.

L’os-mium montre une

augmentation

continue de la

pro-portion

des

isotopes

de bas en

haut;

l’isotope

le

plus

lourd

qui

est en même

temps

le

plus

fréquent est

situé sur 1V = it6. La série des

isotopes

du mercure

s’étend assez loin vers les

isotopes

légers, l’isotope

le

plus

léger

est situé sur 7V = 116. Dans la

figure t,

une

paire

de flèches se trouve sur la droite lV = 126

qui

a été identifiées comme droite de discontinuité par

l’étude des

désintégrations

radioactives donnée dans le

paragraphe

suivant. Dans la

figure

1,

sont

égale-ment

disposés

de

petits

carrés comme dans

II, figure

3;

ces carrés arbiÜ’airenlent choisis sur les droites 1%’- const. sont

arrangés

de telle manière

qu’ils

per-met’tent une

projection

sur l’axe des

protons

des

dis-continuités

provenant

des couches des neutrons

(~ ).

11’jg. 2. -

Pourcentage des isotopes impairs

,

dans les éléments pairs et excentricité (continuation;.

Notre

figure 2

est une continuation des

figures 4

et 5 de

II,

nous nous passons donc ici d’une

explication

détaillée

~2).

Ces

figures

montrent ainsi que la

figure 2

de II que les

propriétés

considérées comme étant

caractéristiques

des

périodes

des neutrons se

dessi-(1)

Pour simplifier, le carré qui se trouve à P = 56 dans la figure 3 de II a été supprimé dans la partie correspondante de la

figure i ci-dessus. Les flèches situées à P = 56 dans les figures 4

et 5 de II ont été transportées à P = 58 dans la figure 2

ci-des-sus.

(2) Les valeurs du Hf inàdites, m’ont été aimablement

com-muniquée5

par Aston.

nent encore assez distinctement dans la

période qui

finit avec N

-- 98,

tandis

qu’ils

ne sont

guère

recon-naissables dans les

périodes

ultérieures.

Nous allons essayer maintenant

d’interpréter

ces

phénomènes

à l’aide de notre modèle des couches. Entre N = 82 et N = 98 se trouvent 16

neutrons ;

on

pourrait

les attribuer par

exemple

à une combinaison

d’un

terme s,

d’un

terme p

et d’un terme d. Une autre

interprétation

est

plus

probable.

Nous avons vu que

les couches « intérieures » sont moins stables que les

autres.

Ainsi,

les termes

2 s et 3 p sont

absents et le

terme

4 d (entre

~V= 50 et 7V=

60)

montre une

stabi-lité

diminuée (’).

Si l’on admet que la couche

corres-pondant

au terme 4 d est moins stable dans les

noyaux lourds

qu’une

couche dont les

particules

se

trouvent

plus

à l’extérieur et que la couche 4 d

peut

être dissoute en faveur d’une couche

extérieure,

on

dispose

d’un ensemble de 10

+

16 = 26

particules,

remplissant justement

une couche 7 i

(avec

1 =

6).

Cette couche se rattacherait alors immédiatement à la

précédente

6 h

qui

finit avec N = 82. Les neutrons

entre N = 98 et IV =1 ~ 6

peuvent

être attribués à une

couche

6 g,

cependant

dans ce domaine les indications

expérimentales

sont tellement réduites

qu’une

inter-prétation théorique

repose sur des bases si douteuses

qu’elle

ne

présente guère

d’intérêt.

2. Discontinuités des

énergies

de liaison.

-Dans tout ce

qui précède,

l’existence des couches de neutrons et de

protons

a été

dégagée

de

l’expérience

d’une manière

plus

ou moins indirecte. Pour avoir une

preuve

directe,

il faut connaître les

énergies

de liaison des neutrons et des

protons

à l’intérieur du noyau. Si

l’on étudie les

éneigies

de liaison en fonction de N et P elles doivent montrer des chutes

brusques

à l’en-droit de certaines l’en-droites !V = const. et P = const. Les discontinuités

qui

interviennent sur une droite N = const. doivent en

première

approximation

être

indépendantes

du nombre P et vice versa; c’est un

point

sur

lequel

a insisté

Guggenheimer (2).

Nous pouvons vérifier ces idées dans le domaine des éléments radioactifs en étudiant les

énergies

des

désin-tégrations

a. On obtient

l’énergie

d’une telle

désinté-gration

en

soustrayant

de

l’énergie

intrinsèque

d’une

particule

x

l’énergie

de liaison d’une

paire

de neutrons et d’une

paire

de

protons

liés à l’intérieur du noyau. Par

conséquent,

une diminution de

l’énergie

de

désin-tégration

correspond

à une

augmentation

de

l’énergie

de liaison et vice versa. La

figure

3 contient toutes les

désintégrations

a connues. Les

énergies

sont

portés

en

ordonnées et sont

exprimées (comme

toutes les

éner-gies

dans ce

paragraphe)

en millions d’électron-volts

(e.m.v.).

Les abscisses

représentent

le nombre de neutrons du noyau

produit.

Les courbes relient entre

eux des noyaux

isotopes

et les chiffres

apposés

indi-(1) Cf. par exemple II, figure 3. Aussi, la courbe des défauts de masse d’Aston montre-t-elle à cet endroit un abaissement irrégulier.

(4)

-quent

le nombre de

protons

du noyau

produit.

Quand

nous considérons d’abord les

points

du

diagramme

qui

ont

N ~

126 et

P ~

82,

nous pouvons constater que

pour ces corps,

l’énergie

de

désintégration

varie d’une

façon

très

approximativement

continue et monotone

enfonction de N et de P.

(Seul,

le

point (’) (86, 133)

fait

,exception, étantdéplacé

en bas d’environ

0,5

e. m.

v.).

On

peut

en conclure que les

énergies

de liaison des

particules primitives

varient

également

d’une

façon

continue et

mono-tone à l’intérieur du domaine

indiqué.

On

a pu construire un tableau

(2)

des

énergies

de liaison pour les noyaux

pairs

qui

mon-tre en effet la variation

prévue.

Mais

si, ,

1

~en

descendant,

on franchit les droites

N = 126 et P =

82,

les

énergies

de

désin-tégration

diminuent,

c’est-à-dire les

éner-gies

de liaison

augmentent.

Nous allons évaluer cet effet de manière

quantitative.

Parlons,

pour

simplifier

le

langage,

d’une

1

couche inférieure et d’une couche

supé-rieure de

protons

et de neutrons.

La courbe P = 8i sur la

figure

3 est

déplacée

par

rapport

aux autres

courbes.

Pour l’élever à une

place

obtenue par une

extrapolation

des autres

cuurbes,

il faudra

ajouter

une

énergie

d’environ e. m. v.

Un des

protons

de la

particule a

émise dans la transformation conduisant a

P = 81,

appartient

à la couche

supérieure.

Cette

énergie

représente

donc le

change-ment que subit

l’énergie

de liaison d’un seul

proton

lors du passage d’une couche

"à l’autre.

Remarquons

d’ailleurs que la courbe f’ = 81 est

approximativement

parallèle

aux autres

courbes,

ce

qui

signi-fie que le

changement

d’énergie

ne

dépend

que de P

et non de Fia. 3. -

Ener

Considérons les neutrons. Le

point

(h2,

noyau produil Considérons les neutrons. Le

point

(b9 ,

de

125)

a subi un

déplacement

par

rapport

à

le nombre de

la situation

qu’il

aurait sur la branche

droite

extrapolée

de la courbe P = 82. La

dépression

s’évalue à environ

2,2

e. m. v. Un des neutrons de la

particule a correspondante

appartient

à la couche

infé-rieure,

l’autre à la couche

supérieure.

C’est donc la discontinuité en

l’énergie

de liaison d’un seul neutron

que

représente

ce chiffre. Le

point (82, 124)

a subi une

dépression

par

rapport

à sa situation

extrapolée qui

est d’environ

5,3

e. m, v. Dans ce cas, les deux

neu-trons

appartiennent

à la couche inférieure. Si les

neu-trons étaient

indépendantes

l’un de

l’autre, chaque

neu-tron subissant la même

discontinuité,

le dernier chiffre devrait être le double du

premier,

tandis que le

rapport

actuel est de

2,4.

Aux

points signalés

dans la

figure 3,

on devrait

(1) Nous utilisons pour un noyau le symbole (P, N;, introduit par Guggenheimer.

(2) W. M. ELSASSER, C. R., 1934, 199, 46.

ajouter

un

autre

qui correspond

à

l’isotope

(81,

124)

du thallium. La

particule a

correspondante

doit être

émise par le noyau

(83, 126)

du bismuth. Ce noyau

est sans douté

expérimentalement

stable. Si l’on

ex-trapole

la courbe P =81

jusqu’à

l’abscisse N=

124,

on trouve une

énergie

de

désintégration

de 8 e. m. v.

Les deux neutrons émis

appartiennent

à la couche

;ies des désintégrations «. En abscisses nombre de neutrons du

t. Les courbes relient des noyaux isotopes (le chiffre apposé indique

protons du noyau produit).

inférieure. En retranchant de ce chiffre la valeur de

5,3

e. m. v. trouvée tout à l’heure pour

deux

neu-trons,

on aboutit à une

énergie

de

désintégration

de

2,7

e. m. v.

D’après

la loi de

Geiger-Nuttall,

cela

correspond

à une durée de vie d’environ 1025 ans. Une

telle

désintégration

peut

être considérée comme inob-servable.

Signalons

maintenant les énoncés suivants

qui

ré-sultent de notre exemen des

énergies

de

désintégration :

1. La discontinuité pour les

protons

est

approxima-tivement

indépendante

du nombre des neutrons et

vice versa - et en

particulier

2. Les effets des couches

neutroniques

et

protoniques

se

superposent

en

première approximation.

3. Les discontinuités dues aux couches de neutrons

est sensiblement

plus grandes

que celles dues aux

(5)

638

1 Faisons une remarque sur le dernier

point.

La dis-continuité

d’énergie

due aux neutrons dans notre cas

est environ

1,5 fois

plus grande

que celle due aux

pro-tons. Mais les deux couches ne sont pas immédiate-ment

comparables.

La couche

neutronique

entre

== 116 et N = 126 est

probablement

une couche

intérieure,

peu stable et donnant lieu à une disconti-nuité relativement

faible, comparable

par

exemple

à celle observée pour N = 60. Par

contre,

le chiffre 82

correspond

pour les neutrons à une discontinuité

qui

est de loin la

plus

forte de toutes. Par

analo-gie,

on

peut

admettre que P - 82

représente

une

discontinuité

protonique

relativement assez forte et

que les autres discontinuités

protoniques

sont en

général

moins

grandes.

On

peut

donc estimer que la

quantité

d’énergie

représentant

une discontinuité

neu-tronique

est

plusieurs

fois

plus

grande

que

l’énergie

de la discontinuité

protonique correspondante.

Il est intéressant de comparer les chiffres

précédents

à ceux que l’on obtient à

partir

de notre modèle du

potentiel

nucléaire. Dans ce

modèle,

la

grandeur

des valeurs propres

dépend

du rayon du noyau.

Supposons

comme on

peut

le faire que la densité moyenne de la

matière nucléaire soit constante. Soit donc le rayon du noyau Ro : où

1V1= P -f- N

est le nombre

de

partieules

et p une constante. Une valeur de p = 1.5.10-i3 cm est en assez bon accord avec les

expé-riences. On a d’abord

Xn,

Xm

sont des zéros des fonctions de Bessel

(cf.

I,

tableau

III).

Si les

énergies

sont

exprimées

en e. m. v.,

on a alors

numériquement

Le tableau suivant donne la

grandeur

de la disconti-nuité en e. m. v. due au passage d’une couche

neutro-nique

à la

suivante,

évaluée pour certains noyaux choi-sis

(ce

sont les noyaux

marqués

par un carré dans

II,

fig. 3).

Pour les discontinuités des

protons

on obtient

des résultats

analogues.

Le tableau montre que

pour les

noyaux

légers

les dis-continuités ainsi calculées sont

beaucoup trop

grandes

pour être réelles. Cela

signifie

que notre modèle du po-tentiel

global

et des couches donne une assez mauvaise

approximation

pour les noyaux

légers.

D’autre

part,

pour les noyaux moyens, p. ex. pour les discontinuités

l~

-’50,

li~ --- 60 et ~l’ ‘

82,

les chiffres du tableau

paraissent

représenter

une

approximation raisonnable ;

dans ce domaine notre modèle décrit suffissamment

la

structure des noyaux. Pour les

protons,

les

valeurs

cal-culées sont

toujours

plusieurs

fois

plus grandes

que le,s

valeurs que l’on

peut

estimer

d’après

les

expériences.

Comme nous l’avons

déja

dit,dans

II,

on doit

supposer

que les

protons

sont surtout soumis à des liaisons

indi-viduelles

(sous-groupes~,

l’action

globale

des

autres

particules

sur eux étant moins

importante.

~ ~

3.

Regroupements. -

Un

regard

surlafigureJ

de-II nous montre tout de suite

qu’on

peut

distinguer

deux

domaines différents de stabilité. Le

premier

est

celûk

des noyaux

légers

et «

diagonaux

»

(P

=

7V),

l’àutre

l’e

domaine où se dessinent dans le

diagramme

les

grandes

couches

neutroniques.

Il n’est que naturel de

conélure

que cette distinction

d’apparence correspond

à une

dif-férence dans la structure intérieurc des noyaux. 1 1

4.

_

Dans le

premier

domaine la

répartition

des noyaux

est très

régulière.

Les noyaux situés sur la

diagonale

sont

toujours

beaucoup

plus

fréquents

que les

autres,

fait

qui indique

que la structure intérieure reste sensi-blement la même le

long

de cette série. Il est difficile

d’interpréter

plus

exactement ce

phénomène

étant donné notre connaissance restreinte des forces

agissant

entre les constituants du noyau. Il est

cependant

(6)

quatre

classes selon leur abondance relative dans la série des

isotopes

d’un élément. La

figure

contient seu-lement les noyaux

pairs.

Dans la

partie

inférieure on

reconnaît la fin du domaine

diagonal.

Dans la

partie

supérieure,

la couche entre 1V = 3 ~ et :1r ~ 50

possède

déjà

un

arrangernent

très

régulier

avec concentration

des

isotopes fréquents

sur aV = 50. Mais la couche

intermédiaire,

entre V’ = I8 et lV =

là2,

montre un

aspect

assez

irrégulier,

ce

qui

i

signale

la

présence

de fortes

perturbations

dues

probablement

à un «

regrou-pement

» des

particules

constituantes.

Remarquons

le cas du calcium

(20, 20).

On observe

qu’à

partir

de P = 18 les noyaux les

plus fréquents

s’arrangent

de

préférence

sur la droite P

+

4. Le calcium fait

exception,

son

isotope

le

plus fréquent

se

trouve sur la

diagonale

et ce noyau est même le dernier pour

qui

P = IV.

Rappelons

d’autre

part

que,

d’après

notre modèle du

potentiel,

la couche ;id finissant avec

A~= 18 devrait ètre suivie d’une couche 2s. Il est

plau-sible

qu’une

couche fermée 2s de

protons

et de

neu-trons existe dans le calcium

(20,

20) produisant

la

grande

stabilité de celui-ci. Dans les noyaux

plus

lourds

cette couche sera ensuite

dissoute,

étant moins stable que les couches extérieures suivantes. Nous rappro-chons cette

suggestion

de celle que nous avons donnée dans

le ~

1 où nous avons admis comme

probable

que

la couche 4d formée entre ~1~’= 50 et 1V= 60 se dissout dans les noyaux

plus

lourds.

4.

Remarque

sur le

potentiel global.

-

Reve-nons encore un instant sur le

problème

des « couches

intérieures ». S’il

n’y

avait pas en faveur de l’existence de la courbe .4 d mentionnée tout à l’heure des indica-tions nettes et d’autres indications en faveur d’une

existence

passagère

d’une

couche 2s,

la succession des couches nucléaires serait

simplement réglée

par la suite des nombres

quantiques

azimutaux. La structure du noyau serait t alors semblable à celle d’un

oignon

dont chacune des

enveloppes

successives s’attache à l’extérieur de la

précédente.

Nous avons étudié dans

II,

quelle

forme du

potentiel

global

correspond

à cette succession. Afin que les niveaux intérieurs soient

déplacés

au delà de la succession des niveaux

profond s,

le

potentiel

doit

comporter

un relèvement au centre et

il doit méme y atteindre des valeurs positives assez

considérables. Le

potentiel

prend

donc une forme

annulaire. Bien que ce résultat soit un peu

surprenant,

il semble valoir la

peine

de

l’interpréter

tel

quel

et d’en déduire

quelques

conclusions.

D’après

cette

image,

une

particule

qui pénètre

dans la

région

centrale du noyau y subit une forte

répulsion.

A

quoi

attribuer cette

for-ce ? Elle

provient peut-être

des couches fermées et en

particulier

des

premières

couches où ~1l = P et où les liaisons sont très stables. On sait que des molécules

chimiques

aux valences saturées exercent t une telle

répulsion

sur un atome assez

voisin,

mais que la

répul-sion se

change

en attraction

(de polarisation

ou de van der

Waals)

pour des distances un peu

plus

gran-des. Nos connaissances actuelles ne nous

permettent

pas d-affirmer que cette

image

d’une force

répulsive

au

centre est

exacte;

il semble

cependant

utile de la

pré-senter comme une déduction

simple

et assez directe des

expériences.

5. Abondance naturelle des noyaux. - Pour

terminer,

il convient de

signaler

certains

rapports

entre les recherches actuelles et un travail récemment paru de

Guggenheimer

(’)

sur l’abondance des noyaux. En

effet,

presque toutes les

régularités

que nous avons

pu trouver, surtout dans

11,

relèvent de l’abondance des noyaux et seraient

profondément

changées,

si la

répartition

des noyaux de différentes

catégories

était différente.

Or,

Guggenheimer

a montré

qu’on

peut

dégager

des

régularités

assez nettes

quand

on cherche comment l’abondance des noyaux

dépend

de P et de 1V. Il a

interprété

ces

régularités

en les termes d’un

équilü

bre

thermodynamique ;

même dans le cas où l’on devait

modifier

quelque

peu cette

conception,

il reste désor-mais certain que la

répartition actuelle

des noyaux a

pris

naissance sous des conditions

physiques,

où il existait une relalion étroite et très sensible entre les abondances relatives des noyaux et leur stabilité

éner-gétique. Guggenheimer

a

remarqué

que si l’on

décou-vrait un

grand

nombre

d’isotopes

jusqu’ici

inconnus,

ils devraient être extrêmement rares et ne

changeraient

rien à nos considérations. De telle

sorte,

le

procédé qui

consiste à étudier des valeurs moyennes où

chaque

noyau est

pesé

avec sa

fréquence

relative

(p.

ex.

poids

atomique chimique, excentricité, etc.~

semble

entière-ment

justifié.

Certains auteurs ont

essayé

de

prédire

de nouvelle

espèces

d’isotopes.

De telles tentatives pren-draient leur vraie valeur au moment où l’on serait

ca-pable

de dire

quelque

chose sur les

proportions

en

lesquelles

ces

isotopes

peuvent

exister.

(1) K. GUGGEHEIMER, J. Phys., 1934, 5, 475.

Institut Henri Poincaré.

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