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Submitted on 1 Jan 1963
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Balance magnétique asservie
Yves Allain, Albert Miedan-Gros, Bernard Vivet
To cite this version:
BALANCE
MAGNÉTIQUE
ASSERVIE
Par YVES
ALLAIN,
ALBERTMIEDAN-GROS,
BERNARDVIVET,
Centre d’Études Nucléaires de Saclay.
Résumé. 2014 Grâce à la mise au point, dans notre laboratoire, d’un capteur de déplacement qui
joint la simplicité à la précision, et à l’adjonction d’un dispositif d’asservissement également très
simple, nous avons réalisé une balance magnétique permettant de faire des mesures très rapides avec le minimum de
manipulation.
Abstract. 2014
Owing to the achievement, in our laboratory, of a simple and sensitive
displace-ment-detector and to the addition of a simple servo-device, we have made a magnetic balance which allows very fast measurements and needs few manipulations.
PHYSIQUE APPLIQUÉE 24, 1963,
Des méthodes
expérimentales
très diverses ont été utilisées pour l’étude de lasusceptibilité
magné-tique.
Nousprésentons
ici une balance de transla-tion dont leprincipe
est dû àWeiss.
Le schéma
général ( fcg.
1)
en donne leprincipe.
Une canne de silice
légère
estsuspendue
horizon-talement parquatre
fils finsqui
luiimposent
unmouvement de translation. A une extrémité de la canne est
placé
l’échantillonqui s’engage
entre lespièces polaires
d’un électro-aimantproduisant
unchamp magnétique inhomogène.
A l’autre extré-mité sont fixés :1)
unepetite
bobine parcouruepar un
courant,
placée
elle-même dans lechamp
d’un solénoïde. La forceélectromagnétique qui
en résulte estopposée
à la forceagissant
surl’échan-tillon,
permettant
ainsi de ramener celui-ci à saposition d’origine. 2)
undispositif
derepérage
de cetteposition qui,
enoutre,
apermis
l’asservisse-ment de la balance.
FIG. 1. - Schéma
général.
Force
s’exerçant
sur l’échantillon. - Dans levide,
la forces’exerçant
sur l’échantillon est :Il faut faire en sorte que
grad
H2 soitélevé,
touten restant constant dans un domaine
ayant
les dimensions del’échantillon,
lacomposante
de la force suivant l’axe del’équipage
mobile restantprépondérante.
Un échelon taillé dans les
pièces
polaires
donne ungradient
dechamp
élevé. Leprofil
de lafigure
2permet
de satisfaire raisonnablement aux deuxautres conditions. Les dimensions de l’échantillon
peuvent
alors atteindre 3 ou 4 mm.FIG. 2.
Pour des raisons de
symétrie
évidentes(grad H2)y
et
(grad
H2)z
restenttoujours
petits
et n’inter-viendront donc pas par suite des liaisonsméca-niques.
La seule force intéressante est donc :61 A où Hx et 111. sont nuls. En convenant
d’appeler
Hla
composante Hy,
il reste finalement :Des mesures du
champ
ont fourni les valeurssuivantes :
Équipage
mobile. - Pour des raisonsqui
appa-raitrontplus loin,
la masse de l’échantillon estvolontairement limitée à un
demi-gramme,
même dans le cas desusceptibilités
aussi faibles que 10-6 c. g. s. La balance devra donc êtrecapable
de mesurer avec uneprécision raisonnable, d’après
la formuleci-dessus,
des forces de sixdynes.
Laplus
petite
force décelable doit donc être del’ordre
de 10r2dyne.
Avec les notations de lafigure
3 il estclair
qu’à
une forceappliquée f correspond
undéplacement
del’équipage
mobileFIG. 3.
Pour des
raisons
mécaniques,
il n’a pas étéjugé
opportun
d’utiliser unéquipage
mobileplus léger
que 4 g. Désirant d’autre
part
ne pas avoir àdétec-ter mieux que le
micron,
la hauteur 1 de lasuspen-sion s’est ainsi trouvée fixée à 40 cm.
La
suspension
est réalisée parquatre
filsd’argent
de diamètre 40 microns dont onpeut
régler
la lon-gueur en les enroulant sur un tambour depetit
diamètre. Ils sont liés à la canne de silice par
l’inter-médiaire de deux
petites
pièces
enclinquant
decuivre de
façon
à interdire toute oscillation latérale del’équipage
mobile.La canne se termine par une boucle
qui
peut
recevoir un
godet
de silice où se trouve l’échan-tillon.Compensation
de la force. - A la forcequi
s’exerce sur l’échantillon estopposée
une forced’origine électromagnétique.
Une
petite
bobine solidaire del’équipage
mobileest alimentée
(par
l’intermédiaire des fils desus-pension)
par ledispositif
d’asservissement. Setrouvant
placée
auvoisinage
d’un solénoïdeexté-rieur,
elle se trouve soumise de lapart
de celui-ci à une force :où I
désigne
le courant circulant dans le solénoïdeextérieur, i
celui de la bobinemobile,
M la mutuelle entre les deux circuits.Pour diminuer la
perturbation
due auchamp
de l’électro-aimant sur le circuit de la bobine mobile(essentiellement
sur les fils desuspension
qui
servent d’amenées de
courant)
et étant donnée la réalisationpratique
de l’asservissement de labalance, i
a été choisipetit (de
l’ordre de 1mA).
Labobine
mobilecomporte
2 000spires
de fil decuivre
de diamètre 40 microns bobinées sur unmandrin de
plexiglas.
Sonpoids
est d’environ 1 g. Elle estplacée
à uneposition
oùdM jdx
est station-naire. Cetteposition
a été déterminée par lecalcul,
puis
vérifiéeexpérimentalement
enenvoyant
dansle solénoïde extérieur un
signal
alternatif B. F. Le solénoïde est constitué par 9 000spires
de fil de cuivre. Saposition
estréglable
au moyen d’une vismicrométrique.
Il est alimenté par un courantréglable (permettant
ainsi l’utilisation de diversessensibilités).
Repérage
de laposition
del’équipage
mobile.-La
longueur
des fils étantdonnée,
la sensibilité del’appareil dépend
essentiellement de celle durepé-rage du
déplacement
del’équipage
mobile. Nousavons mis au
point
uncapteur
dedéplacement
simple
etprécis
dont leprincipe
est le suivant(fig. 4) :
un anneau en cuivre de self 1placé
auvoisinage
d’une bobine de self propreL,
confère à celle-ci une selfapparente
L’ :FIG. 4.
où M est le coefficient d’induction mutuelle entre la bobine et l’anneau pour ne tenir
compte
quedes termes réactifs. En
pratique
nous utilisonsà
l’équipage,
mobile etqui
sedéplacent
enpush-pull
devant deux bobines parcourues par uncou-rant
haute-fréquence.
Pour obtenir les meilleuresperformances
possibles
nous avons étudié deprès
les
points
suivants :1)
CIRCUITHAUTE-FRÉQUENCE. -
L’oscillateurutilisé est du
type
Colpitt-Clapp
qui
possède
unetrès bonne stabilité en
fréquence.
A la suite nous avons monté unétage
limiteuramplificateur
cons-titué par une 6AU6 fonctionnant en classe AB2(non
représenté
sur le schémagénéral) ;
un circuitaccordé
permet
de conserveruniquement
la fré-quence fondamentale. Cettefréquence
a été choisieégale
à 450kcfs.
Les deux bobines
haute-fréquence
constituent les selfs de deux circuits résonnants sériesymétrique-ment montés dont la source de tension basse
impé-dance est constituée par une
spire
au secondaire du circuit accordé de la 6AU6 décritprécédemment.
Pour avoir undL’jdx
maximum il faut seplacer
au flanc d’une courbe de résonance. Pour rechercher les conditionsoptimales
nous avons tracé un réseaude courbes donnant la tension aux bornes d’une des selfs en fonction du
déplacement
de l’anneau pour diverses valeurs de lacapacité
d’accord(fig.
5).
Les selfs doiventposséder
une bonne surtension. Pourcela nous avons, en
particulier, supprimé
lescoaxiaux ;
ledispositif
électronique
se trouve àproximité
du chariotqui
supporte
lesselfs ;
lasur-tension se trouve ainsi sensiblement améliorée.
FrG. 5.
20 CIRCUIT DE DÉTECTION. - Les tensions H. F.
prélevées
aux bornes des deux selfs sont détectéespuis opposées.
Une double triode fonctionnant enclasse C
permet
une détection trèslinéaire à
haùteimpédance
d’entrée et à faibleimpédance
de sortieentre les
cathodes ;
nous avons choisi une double triode à fortepente, ECC88 ;
l’impédance
de sortieest de l’ordre de 2 000 ohms.
Ainsi,
d’unepart,
le circuit n’est pas amortiet,
d’autrepart,
onpeut
yadapter
facilement d’autres circuits. Cemontage
nous apermis
d’obtenir 24 volts par millimètre dedéplacement.
Asservissement. - Afin de rendre les
mesures
très
rapides,
nous avonsadapté
à la balance undispositif
d’asservissement[1], [2], [3] ;
ce dernierétant très
simple n’apporte
pas de causes de pannesupplémentaires.
L’asservissementapporte
unautre
avantage
trèsprécieux :
ilpermet
à l’échan-tillon de rester presque immobile.Le
signal prélevé
aux bornes du tube détecteurECC88 est
amplifié puis injecté
dans la bobine mobile afin de maintenir cette dernière au voisi-nage de saposition
initiale.L’amplificateur
utiliséest du
type
continu,
symétrique
( fig.1) ;
lepremier
étage,
constitué par une double triode ECC83amplifie
entension ;
le deuxièmeétage (ECC82)
permet
d’obtenir une sortie basseimpédance
(la
résistance de la bobine mobile étant de 200 ohmsenviron).
Quand
l’équilibre
estréalisé,
nous avons larela-tion : n
où F est la
force,
endynes,
s’exerçant
surl’échan-tillon,
kis la forceagissant
sur la bobine mobilequand
elle est traversée par un courant is(k
est de l’ordre de 4 000dynes/ampère),
P lepoids
del’équipage
mobile, x
sondéplacement,
L la hauteur de lasuspension.
SoitGo
legain
isfx
del’amplifi-cateur
( Go N
7ampères/cm) :
où P = 4 000
dynes ;
L = 40 cm,Go
=7.
D’où
Le
système
sera donc linéaire etindépendant
des fluctuations éventuelles de certains de seséléments,
en
particulier
dugain
del’amplificateur ;
dans le domaineutilisé,
ifs 7mA,
lesystème
s’est avéré effectivement linéaire. Un autreavantage
du choix d’une bobine mobile àgrand
nombre despires
de fil fin(2
000spires
environ de cuivre de 40y)
appa-raît ici : il ne nécessite pas uneamplification
encourant
importante.
A titred’exemple,
calculons àl’équilibre
ledéplacement
del’équipage
mobile avec un échantillon dont mx =0,8.10 -6
dans un63 A
Pour étudier la stabilité du
servomécanisme,
nous avonsappliqué
la méthode de Bode selonlaquelle,
lorsque
la chaîne de contre-réaction estouverte,
legain
de l’ensemble doit être inférieur à 12 db paroctave au
voisinage
dugain
unité.Soit io (w)
le courant entre les cathodes de lalampe finale,
la bobine mobile étantremplacée
parune résistance de
200 Q ;
soit1(m)
le courant depulsation
(ùinjecté
dans la bobine mobile. D’autrepart
lesignal
recueilli aux bornes de lalampe
détec-trice étant environ de 250 volts par centimètre dedéplacement,
et lalampe
finale donnant0,8
mA/V,
le calcul du module dugain
nous donne :En
posant
A = RK Cm, A = RK Cw,
où Rk : résistance de cathode de
l’ECC83 ;
C : capa-cité enparallèle
sur cette résistance.où : U, :
coefficientd’amplification
deI’ECC83 ;
p : sa résistanceinterne ;
.Rp :
la résistance °decharge.
b est un terme d’amortissement
mécanique
très faible dans notreappareil ;
Cùo est lapulsation
propre de la balance(- 5).
Le deuxième terme n’est
qu’approché,
onnéglige
lesphénomènes
de battement dus à la faible valeur de b.FIG. 6.
Finalement le calcul donne avec C = 10
(J.F
La variation du
gain
est donc de10,2
db. Avec C = 25yF
nous avonsapproximativement
le même résultat. Nous avons
adopté
cette der-nière valeur.La
figure
6 montre lavariation,
en fonction dutemps,
du courant dans la bobine mobilelorsque
l’électro-aimant est mis instantanément sousten-sion,
avec un échantillon dont mx =0,8
X 10-s.La
figure
7représente
l’enregistrement
d’unemesure faite avec
0,02
g deS04 Cu, 5H 20,
dans ungodet
dont MXdiamagnet =0,06
X10-6,
lechamp
étant de 5 500 gauss ; la
quantité :
mx(échantil-lon)-mx (godet)
estproportionnelle
à i- io : la
précision
est de l’ordre de1,5 %.
Avec ungodet
fait d’une substanceparamagnétique,
on pourra donc faire une bonne mesure sur un échantillondont mx -
0,06
X 10-6 c. g. s. : avec0,2
g onpourra mesurer une
susceptibilité
de0,3
X 10-6 avec uneprécision
de l’ordre de1,5
%.
FiG. 7.
Contrôle de la
température.
- Deuxdispositifs
nous
permettent
de couvrir la gamme detempé-rature de 78 OK à 1 170 OK. Le
premier
utilisant la circulation d’azote froid et muni d’un enroulement chauffant couvre la gamme 78 OK-470oK;
ledeuxième est un four
qui
permet
de monter à 1 170 OK. Les difficultés rencontrées dans leur construction résident essentiellement dans leurFIG. 8. -
Uranium
électrolytique.
Conclusion. - Les
performances
de
l’appareil
sont très satisfaisantes. A titre
d’exemple
nous avonsreproduit
la variation de lasusceptibilité
de l’uranium en fonction de latempérature (fig. 8).
D’autre part l’appareil
s’est revélé très robuste :depuis
la mise aupoint finale,
deux ansenviron,
aucune panne n’a étéenregistrée.
Manuscrit reçu le 28
septembre
1962.BIBLIOGRAPHIE
[1] HEDGCOCK (F. T.) et MUIR (W. B.), Rev. Sci. Instr.,
1960, 31, 390.
[2] PENOYER (R. F.), Rev. Sci. Instr., 1959, 30, 711.
[3] DERIAGUINE (B. V.) et ABRIJOSSOVA (I. I.), Zh. Eksp.