(( Première s règles concernant l'utilisation du corps humain:
((. .. 1/ e st recommandé, chaque fois que faire se peut , d 'a voir recour s au travail bi-manuel , le s mouvem ent s de l'un e t l' autre br as (ou de l'un e e t l'autre ja mbe) étant simultan és.)) (G. LUBERT,
d é lé gu é g é n é ral du Burea u d es t e mp s é
léme n
-taires, 1972 . )
• • •
? •
Ce n e p e ul ê lr e , bi e n e nl e ndu, noir e
se ul e a cce pti o n d e
lanolion d e lravail.
M a is c ell e form e d e lr a v a il n e se rail-e
lle p as un p e u lrop ab se nl e d e no s préocc up a lion s h a b i lu e
lles (1) ? R ass uron s- n ou s; d ' autr es s ' e n oc cup e nt!
,
L'EDUCATION MANUELLE ET TECHNIQUE,
POUR QUOI FAIRE?
Il
ne faut surtout pas queles ca marad es d es autre s di sci- plin es el de s a utr es niveau x co n s id è rent qu ' il s'a git là d ' un p ro bl è me qui ne l es c onc e rn e pas dir e ctem e nt.
Sa ns enlrer d a n s
le d é lail d e la r éform e H a b y
(2),il se mbl e qu e
l'ensei g ne me nt du tra va il manu e l l e
iqu'il es t co nç u ac tu e llement e t te l qu e
le pr é voi e nt le s diffé r e nt s p r oj e ts é du c atif s {F.E .N , e t parti s d e ga uc he ), fa vori se c ette di c ho-
tomi e: appr e nti ssages de «sa vo ir-faire
ltsé p a r és d'une vi s io n glob a le de la d éma r c he c r éa tri ce da ns laqu e ll e il s d e vr a ie nt s 'insé rer, o n sa ur a r é pé te r le ges te a ppris , o n n e s aur a p as e n imaginer d 'a utres .
(A cc us ation a pp a r a is s a nt co mm e tellem e nt g lobali sa nt e , d é nonciation te
lle me
nténorm e qu' e lles ont malh e ureu s em e nt
bi e n peu d e c h a nces d 'â tr e pri s e s en co mpt e dan s le co nt ex t e a c lu e L)
Da ns ces co nditi o ns e
tquand on voit c e qui se me t e n pl ace y a -t-il bien li e u d e défe ndr e
l'e nse ignem e nt tec hnolog iqu e ? Il es t p e rmi s d e se le demand e r ,
Av a nt tout es c h os e s il fa udr a r é pondr e à la qu es ti on :
le
Co mm e nt co n ce vo ir l' édu ca tion pour qu e so it d é p a ssée ) a di c h o tomie é v oqu ée plus haut? »
S'il n'y a pas un ce rtain nombre d e tec hniqu e s à acqu é rir p our que l' individu pui sse domin e r le m ond e qui
l'entoure,int e rverur sur ce monde e t ce fa isa nt, tr o uv er so n in s erti o n soci ale, ce qui a pparaît c omm e fond a me nt a l, c ' e s t mo in s d'a ss imiler un e quantité impr ess ionnante d ' information s , d e co nn a iss an ces r e la tiv es à ces tec hniqu es, qu e d e s e form e r à
{lJ Sur les objectifs de l'I.C.E.}'·I. à ce sujet voir L'Educateur nO 8 de jllnvier 80 (pages roses).
(l) Voir à ce sujet . Les dernièros bullos du P.A.P .• , Lo /Jrèche. automno 80.
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un e mé th od e d ' a c qui s iti on de ces d o nn é e s: mé th ude qui , un e fo i s ac qui s e , p e rm e ttrait à l' individu d ' a ss imil e l
'rapi - dem e nt
lesdonn ées nouvell es co rr es p ondant à d 'a utre s
a ctivit é
s,
Ce
la suppo s e qu e la fo rmati on à
ce tt e m é th od e se fa sse d e faço n au ss
i IIll a ture lle
»qu e pos
sibl e a u tr a ve rs d e d é ma r c hes c ompl è tes d e c r é ation s, d e fa bri ca tion s
.Et ce n 'es t s ûrem e nt p as dan s
l'e n se i g nement pr o fess ionn e l
telqu'il es t c our a mm e nt o r ga ni sÉl , hi é rar c hi sé , c1 oi s ollJl é qu ' il fa ut aller pr e ndr e d es mod è les.
San s e ntre r dan s le d é ta
il,qu e s ig nifie par exe mpl e un e fa bri ca tion pour qui n 'a pa s parti ci pé à
laco n ce ption ou un d ess in s qu' o n n' a ur a pa s l'occas ion d e me ttre e n œuvr e (3) ?
Développer un «état d'esprit industriel»
«( L e fa c teur e sse nti e l du
développementde l'indu s trie es t peut - ê t re l'ex ist e n ce e t la
diffusiondon s l'e nse mbl e d e
10s oci é té d'un e
mentalité,d'un état d' esprit indu s tr ie l.,, )) notait
ORTOLI e n avril
1968,à
l'inlenlion duC. N. P.F .
Là es t le fond d e tout l' es prit qui pr és id e à la mi se e n pla ce d e l'Edu ca tion M a nu e ll e e
tTec hniqu e a ujourd'hui d a n s le s c oll èges e l d e main à l' éc ole é lé m e nl a ir e.
«Int é ri o rise r ( co mm e le dil Cl a ud e GRIGNON (4) un e di s p o- sition d 'es prit m éc anis te
,un e r e pr ése ntation
fonctionnalistedu m onde tec hniqu e s ugg éront un e r e prése nt a li on
fonction- nalistedu monde e n gé n é ral.»
La r e Ji g ion du
«contr a t tec hniqu e
,., r e pri s dir ec te me nt du mod è le d e s indu s tri es méc aniqu es e t gé né rali sé a u-d e
làde s limit es du ridi c ul e ,
le recrut e me nt d es in s pec te ur s dan s l'en se ign e ment tec hniqu e e t
lar e pri se en main s p a r l ' in s- pe c ti o n gé n é ral e d e Sci en ces e
tT e clmiques Indu s tri e lles. la nature d es diplôm es r e quis d és orm a is pour le pr ofes sorat d'E.M .T .,
lad é n omination mê me d e ce professo r a t (II o ption indu s tri e
lle
») ains i qu e c ell e d es options pr op osées au x enfant s: II tec hniqu es du travail e n at e lier
»p a r exe mpl e , reb a pti sée lI option tec hnologiqu e indu s triell e,., a ut a nt de preuv es d e cette ob sess ion de r éo rga ru s er
letr a va il manuel sur d es b ases é troit e me nt te c hnici s tes e t indu s tri e ll es ,
(3J Voir il ce sujet . Le dessin technique. rromage pédagogique_, La Brèche
nO 51. soptembre 79.
(4) Claude Grignon. L'Ordre dos choses: los fonctions socicl/os de l'en·
seignomonl lcchnique. Editions de Minuit.
,
1
1
,
Conditionner à la division
et à la parcellisation des tâches
Ceci par un travail prétendument productif séparant soi- gneusement des phases d'exécution les phases de création
laissées à " fd nitiative )) de professeurs étroitement cadrés.
Tout comme dans l'industrie, plus de possibilité d'échapper
à
une conduite standardisée. à ulle programmation étroite- ment définie dans le ucontrat )) technique imposé.C'ost même quand les consignes sont scrupuleusement
ubservées que J'élève esl censé atteindre
à
cc qu'un a le front d'appeler lino «cerlaine autonomie»!Ainsi les enfants acquièrent uno visiun très tay!oricIIllc des processus cl admcllront d 'a ulant plus facilement la hiérar- chie comme l'expression d 'un ordre immuable.
Ainsi se créent un maximum de réflexes et de comporte- ments cumpatibles avec UII taylorisme dont l'enseigl1ement (O,S,T_) figure d'oilleurs en bonne place du programme de recyclage des enseignants d'E,M_T. !
Puur cal mer d'é\/cnluels scrupules lout ceci est théorisé à leur intentiun comme propre
à
valoriser une intelligence«cunc rète )) opposée, et bien sür subordonnée, à lIne autre;
uverbu-concepluellc )) - bien entendu plultJt innée chez. les udécideurs )) !
cc L'intelligence du jeune être est lllOnuelle, écrivait René Haby cn 1975, elle le res te pour beaucoup d 'adultes une vie tluront. ))
Nous descenduns lous du singe, bien sûr, mais il y en aurait qui descendraient plus lentement cn somme!
A eux une formation ccà forte pondération technolugique e t à finalité préprofess iolll1elle ».
Mais ['EJvLT. est-elle bien la seule «discipline » à collaborer à de lois processus de sélectioll ségrégative cl de condi-
tionnement socinl ?
Alex
LAFOSSE•
L'ENSEIGNEMENT TECHNOLOGIQUE:
,ECOLE DU CONSOMMATEUR
(extrait de «Les dégâts du progrès .. , C.F .D.T. (Seuil]
On peut penser qu'aujourd'hui Ull nouvel objectif est assigné à l'enseignement technique, celui de fo!'mer des consom-
mateurs ",
Les techniques nouvelles de fabrication et d'exploitation pel'- meltent de produire beaucoup plus que dans le passé.
Le citoyen doit toujours avoir une function de producteur mais il doit être surtuul upromu" au rang de consommateu!'.
De nouvelles exigences se funt juur. Il faut familiariser très vile toutes les couches do la populatiun à vivre avec et pour
l'objet technique.
Celui+ci sera un jouet télécommandé, un vélo, une moto, une auto, un réfrigôrateur, et demain un urdinateur .. ,
Tous les membres de la famille sont sollicités comme Cflllsom+
mateurs.
Pour «former » le consommateur, il fallt donc le familia+ riser - en surface - avec la technique. Il s'agil de distri+
buer une nouvelle culture qui donne l'impression d'appréhen- der les objets techniques qui nous sont propusés tous les
juurs", une r:ulture qui nous permette en définitive de savoir acheter!
Comme le but recherché est de toute façon de vendre en donnant à l'acheteur l'impression de savuir acheter et qu'en ce domaine l'argumentatiun technique n'a pas à être [c'esl un comble!) trop rigoureuse, il ne sera pas nécessaire de se donner les moyens de cet enseignemcnt.
Dans la pratique l'enseignement technique quant à lui n'est qu'un enseignement de seconde zune qui n'est revalflfisé qu'au niveau du discuurs.
Ses enseignants évoluent dans un sytème de connaissances relativement figé , Situatiun qui con traste fortement nvec celle
des techniciens el cadres de l'industrie qui unt évolué ;Ivec:
les techniques, metlant en pratique une dynamique de t{!loll- nement expérimental qui s'est avérée fruc tueuse.
On peut enseigner «n'importe quoi .. Cil enseignant des \f)f:hlli- ques.
Ac tuellement il y Cl divorce entre de ux écoles, J'école du savoir dire et celle du savoir faire, aussi mutilées l'une
que l'autre puisqu'clics s' ignorent mutuellement.
Divorce qui contraste avec j'enracinement culturtll du techni- que dans la vie quotidienne, sensible en particulier il travers les activités de loisirs (bricolage ... ).
rvlais
il
ne suffit pas de faire entrer dnlls l'ensei~ lIemenlgénéral lin enseignement technologique.
Il
convient, en effet, d'nnalyser la démarche qui lUlUS vaudrnit un enseignement dépourvu de sens critique par rnpport aux techniques.Dans le régime actuel j'objet technique demeure avant lout un danger,
Sur le plan écunomique, son exigcnce sc Iraduit non plus cn termes de réalisatiolls et d'utilité, mnis en termes, e .'\dusifs.
de rentabilité.
Il est un objet de profil...
Le monde technique c'est aussi Ull monde 011 :;évit ulle exploitation effrénée; un objet technique ce n'es t plus tant
la rôalisation d'une équipe de techniciens qui Ollt travaillé sur quelques maquettes que l'exploitation de containcs d·O,S.
qui vonl fabriquer des centaines de milliers d·appareils.
Et cela on ne le dit peut-être pas assez fi l'école.
Les professeurs techniques pnrlent par r:ontre trup fa cilement de l'organisatioJl scientifique du travail Isans en avoir démonté les mécnnismcs de profit), des technologies d() pointe Isans dénollcer l'impérialisme linguistique et écono-- mique améri cain)".
Il faudrait d'interroger sur la valeur de. bien des réalisations qui unt motivé les élèves et les professeurs, prucurant aux uns et aux au Ires la joie du t!'avail bien fail et fini... Alors qu'il ne s'agit trup souvent que de gadgets très cuntestn- bles.
Il n'est pas facile de garder l'esprit critique par rapport fi ce qui est enseigné e t réalisé.
La réalité pédagogique bien comprise voudrait que l'élève cerne la totalité du problème pusé par ['objet qu'il crée.
Or, dnns l'industrie, la parcellisation des tâches détruit fréquemment cette maîtrise,,, Devrait+on prendre acte pour au tant de r:elte parcellisatiun du travail pour (comme trop de gens le prônent ou le funl) la transposer purement et simplement à l'écule?
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