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Submitted on 1 Jan 1913
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Sur la résonance optique des gaz et des vapeurs
L. Dunoyer
To cite this version:
L. Dunoyer. Sur la résonance optique des gaz et des vapeurs. Radium (Paris), 1913, 10 (12), pp.400- 402. �10.1051/radium:019130010012040001�. �jpa-00242623�
400
une grande
proportion
de gros ions peut avoir de telles causes et qu’on pourrai en trouver unbeaucoup
moins grand nombre loin des villes. D’autre part,
nous avons fréquemment observe la présence de gros ions
pendant
la nuit et auxpremières
heures du matinet, quoique en plusieurs de ces occasions l’air était
rapidement
renouvelé, le nombre présent n’était pas anormalement petit. Nous espérons obtenir à uneépoque
prochaine,
avec unappareil plus transportahle,
des mesures à d’autres endroits en dehors de la ville.
En conclusion, nous pouvons discuter la nécessité d’étudier
beaucoup plus
soigneusement l’action del’appareil
enregistreuremployé
dans beaucoup de sta-tions pour mesurer l’ionisation de
l’atmosphère,
carà présent on ne sait pas trop ce que l’on mesure.
[llanuscrit reçu le 15 décembre HH3.]
Sur
la résonanceoptique des gaz
etdes vapeurs
Par L. DUNOYER [Laboratoire de Physique de l’Ecole Normale].
Un cas remarquable de résonance optique
Parmi les raies d’émission d’une vapeur, il en est certaines qui jouissent de la propriété suivante : quand on envoie à travers cette vapeur un faisceau lumineux dont la
longueur
d’onde est celle de l’une de ces raies, la trace du faisceau à travers la vapeur devient, a son tour, une région d’émission pour cettelongueur
d’onde. La question de savoirquelles
sontles raies d’émission qui
jouissent
de cette propriétéreularquable
est loin d’être résolue. M. Wood 1 a montré, en particulier, que la raie 2556 du mercuredonne un
exemple
très net de ceph8nomène.
J’aiobservé moi-même 2
qu’un
faisceau de lumièrc blan- che marque son passage à travers de la vapeur de sodium pure en provoquant la luminescence de cette vapeur. Cette luminescence est orangée, et je n’aipu y observer que la raie D. Ce sont les premiers
exemples
d’un phénomène qu’il est bien difficile d’in-lerprllter autrement
qu’en
admettant l’existence dans la vapeur de résonateurs accordés sur la longueurd’onde excitatrice.
Que se passe-t-il
quand
la densité de la vapeuraugmente ? On peut s’attendre à ce que
l’absorption
de la lumière excitatrice soit de
plus
enplus rapide,
qu’elle
pénètre
de moins en moins à travers la vapeur,et que, par suite, la région de résonance se confine
au voisinage de la paroi. Si la densité de la vapeur
ou des résonateurs moléculaires devient assez
grande,
on peut prévoir que la couche de résonance sera
extrèmement mince et constituera sur la paroi interne
du récipient contenant la vapeur une source de lumière monochromatique qui rayonnera à son tour
dans toutes les directions. Tout se passera comme si 1. Phil. Mag., 23 (1912) 689.
2. C. R., 153 Ei911) 333.
la suriace intérieure du
récipient
était devenue par- faitement diffusante.On peut même se demander,
quoique
cela neparaisse
pas évident, si la vapeur ne peut, sous unedensité suffisante, réfléchir régulièrement la lumière excitatrice. En fait, c’est ce que M. Wood a observé pour la vapeur de mercure et la radiation 25361.
Si l’on opère avec de la vapeur de sodium pure, le
phénomène de résonance
superficielle
dilluise estd’une observation très aisée.
Le
dispositif
leplus
commode consiste à chauffer,dans le courant de gaz chauds
qui
sort d’une che-minée au bas de
laquelle
hrùle un bec Bunsen, un petit ballon dequelques
centimètres de diamètre, soigneusement vidé de gaz, et contenant un peu de sodium pur. On forme sur laparoi
du ballon l’imagede la flamme d’un bec Meker dans lequel on fait
arriver de l’air chargé de
gouttelettes
parpulvérisa-
tion d’une solution très étendue de chlorure de sodium. Au lieu de former exactement
l’image
de lallamme, il est mieux de former celle d’une fenétre à contours nets
pratiquée
dans une cheminée entourantla flamme. Si l’on se
place
en dehors du faisceau des rayons réfléchis régulièrement par la paroi, cette image est invisible quand le ballon est froid et quc L.paroi est propre. Quand la température s’élève, on
commence à apercevoir, dès qu’elle dépasse 1000, la
trace du faisceau lumineux excitateur qui traverse le
ballon. l’eu à peu la luminosité de résonance aug- mente d’intensité. Au-dessous de 2001 environ, elle
présente à un haut degré un caractère très remar- quable, que j’avais
déjà
observé, mais moins nette- ment, avec l’excitation par la lumière blanche ; aulieu de se limiter exactement au chemin suivi par le faisceau excitateur, la luminosité est très diffusée et
I. Phil. Jlag.. 18 (1909) 197 et 23(î9t2 6SO.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019130010012040001
401
semble remplir tout le ballon. Il s’agit là d’une réso-
nance secondaire analogue à celle que M. Wood a observée avec la vapeur de mercure pour la raie 2556.
Si la température continue à s’élever, cette lueur diffuse diminue de plus en plus, mais aussi la péné-
tration de la lumière excitatrice dans la vapeur.
Vers 230°, la région de résonance ne s’étend guère
que sur une épaisseur de 5 mm à 6 mm. A 5000
environ, son épaisseur n’est plus appréciable à la vue.
De quelque endroit qu’on regarde alors la face anté- rieure du ballon, à condition que le rayon visuel ne traverse pas la vapeur, on aperçoit l’image de la
source avec autant de netteté que si cette image était
formée sur une feuille de papier blanc collée à l’in- térieur du ballon.
L’observation de ce phénomène parait très sugges- tive. Je me bornerai, pour le moment, aux remarques suivantes :
J’ai fait, au début, une distinction entre le phéno-
Inène de résonance superficielle diffuse que je viens
de décrire et celui de réflexion régulière que 1B1. Wood
a observé avec la vapeur de mercure. Il est fort pro- bable que si la vapeur de sodium était rendue suffi-
samment dense, on observerait aussi une réflexion
régulière.
Malheureusement,l’attaque
du verre esttrop
rapide,
dès 4000, pour permettre d’atteindre unedensité de vapeur un peu importante. A 5001, la
tension de vapeur est seulementde l’ordre de 0,4 mm.
Toutefois, il sera intéressant d’étudier la loi de
répartition
de la lumière diffusée par l’image derésonance dans les différentes directions pour voir si cette loi se
rapproche
de laréflexion régulière quand la tem-
pérature
s’élève.Bien que la lumière dont l’ex- citation est efficace pour
produire
la résonance, soit très rapidement
arrêtée par les
premières
couchesde vapeur qu’elle traverse, il est digne de remarque que l’absorh-
tion globale de la lumière émise par le brûleur soit très faible.
Vue à travers le ballon plein de
vapeur chaude, la flamme ne
semble pas avoir diminué d’éclat d’une manière appréciable. Il est
donc fort probable que la lumière excitatrice utile est limitée à une
région très fine au centre des raies
D. C’est ce que des expériences
en cours sur
l’absorption
de la vapeur de sodium pure me permettront, je pense, de vérifier. Le fait est d’ailleurs arapprocher
de cette observation quel’image de résonance superficielle diffuse iie semble
augmenter que très peu d’éclat quand on enrichit beaucoup en sodiuln la source éclairantes, dont
l’éclat augmente ainsi considérablement. Cette aug- mentation d’éclat est, par conséquent, due à l’élar-
gissement des raies beaucoup plus qu’à l’augmen-
tation d’intensité de leurs parties centrales.
Expérience de résonance optique sur un gaz à
une dimension. L’amortissement des vibra- teurs lumineux.
J’ai montré dans un travail antérieur qu il est
possible
de faire arriver dans un espace vide un flux de molécules animées toutes de vitessesparallèles
ayant pour
origine
l’agitation thermique des molé-cules d’un gaz ordinaire. Ce flux réalise ce que Poin- caré à nommé « un gaz à une dimension)). Il n’est pas visible par lui-même; mais, grâce au
phénomène
de résonance optique très pure que présentent les
molécules gazeuses du sodium
lorsqu’elles
sont sou-mises à l’excitation de la lumière des raies D, j’ai pu rendre visible sur tout son parcours le faisceau de rayons moléculaires.
L’expérience
est réalisée de la manière suivante : Onproduit
dans le petit ballon A un fluxrectiligne
de molécules de sodium en chauffant la
partie
infé-ricure du tube B et en maintenant dans le ballon un
degré de vide très élevé au moyen d’une pompe reliée
au tube C. Pour mieux définir le point à partir duquel le faisceau peut être librement observé, on le
canalise
jusqu’à
l’intérieur du ballon, au moyen du tube B.La lumière excitatrice est fournie par une Ilamiiie
Fig. 1.
sodée E, très pauire en sodium, entourée d une
cheminée dans laquelle est pratiquée une fenêtre F
dont un syslènie optique lr forme l’iiiiage sur 1 axe
1. L. DUNOYER. sur la tlicorlc eintique des gal et la réalua tion d’un ravunncmcnL matériel d’origine thermique. C. Tl, 152
1911) 139.
402
du faisceau de rayons moléculaires. Pour avoir
beaucoup de lumière,
il N
a avantage àemployer
uncondenseur symétrique formé de quatre lentilles
comme l’indique la figure. Les lentilles centrales sont
des lentilles biconvexes d’aberration
sphérique
minimapour un faisceau
parallèle
à l’axe tombant sur leurface la
plus
hombée. Les lentilles extérieures sont desménisques aplanétiques, c’est-à-dire, tels que le centre de courbure de la face concave soit l’un des
points aplaitéticlues de la sphère à laquelle appartient
la face convexe. Le point
objet
(centre de la fente F)est
placé
aupoint
d’aberration négative maxima pour le ménisque frontal. Cette aberration négative cor-’rige, au moins
partiellement,
le résidupositif
d’aberration
sphérique
fourni par la lentille bicon-vexe. Un tel ensemble, facile à établir pour un prix I1lodique, donne d’un objet une image
égale
à peu près dénuée d’aberrationsphérique,
à la conditionqu’on emploie
de la lumière monochron1aliquc, etduc
l’objet,
d’assez petites dimensions, soitplacé
au voisinage cie l’axe.Lorsqu’on
chauffe vers 1100 le sodium pur contenu à la partie inférieure du tube B, on ne tarde pas à voirapparaître
un faisceau lumineux occupant laposition qu’indique
lafigure ;
ce faisceau est peu intense, mais il se détache avec une grande netteté aumilieu de l’obscurité générale qui règne dans le
petit
ballon. En même temps, la tache nettement délimitéc qui marque l’arrivée du faisceau persistesans modificatiuns
appréciables, pendant
un certaintemps., une heure par
exemple;
au bout de ce temps,la vapeur commence à
remplir
peu à peu le ballon,ce que l’on constate par une luminescence générale,
moins intense que le faisceau principal, ainsi que par la diffu£ion de la tache d’arrivée, en 1. Le gaz cesse d’avoir une seule dimension.
Si, au lieu d’illuminer tout le faisceau des résona- teurs moléculaires, on en éclaire seulement une
tranche horizontale étroite (il suffit de limiter à
quelques millimètres la hauteur de la fente F), le
faisceau S’illumine seulement dans cette tranche et la luminosil é paraît, ii première vue, aussi nettement
délimitée que ses faces supérieures et inférieures que
sur ses faces lattérales. C’est là un point importante
en ce
qu’il
démontre que les résonateurs moléculaires, évidemment identiques aux centres d’émission de la lumière, ne parcourent qu’un chemin extrêmement court en continuant a vibrer, après leur sortie du faisceau lumineux excitateur. Ce résultat estcomplè-
tement en accord avec la valeur indiquée par Drude 1
comme probable pour le coefficient d’amortissement des centres d’émission.
Il résulte aussi de
cette-expérience
que la résonancesecondaire produite dans la vapeur de sodium très peu dense autour du faisceau excitateur primaire est
entièrement due à l’action sur la vapeur de la lumière émise par la rébonance
primaire,
et non àla persistance des vibrations lumineuses de résona- teurs sortis, par l’effet de l’agitation thermique, des
limites géol11étriques du faisceau lumineux excitateur.
Le condenseur qui m’a été précieux pour ces expé
riences a été construit grâce à une partie de la sub- vention que l’Académie a bien voulu m’accorder en
1912 sur le fonds Bona parte 2.
[Reçu le 20 décembre 1913.
Spectrophotomètre photographique.
Études des
écranscolorés. Spectrosensitométrie.
Par Jules BAILLAUD [Observatoire de Paris].
Les écrans colorés jouent maintenait, comme filtres de radiations, un très grand rôle, aussi bien dans les recherches
scientifiques
que dans lapratique
industriellc. Il y a donc un réel intérêt à pouvoir
déterminer rapidement leurs courbes d’absorption spectrale, c’est-à-dire fixer les
positions
et les formes de leurs bandes d’absorption, et autant due possibleleurs intensités. Si l’on disposait d’une source lumi-
neuse, d’une
plaque
photographique et d’un spectro- graphe tels que le spectre de la source photographiesur la plaque présente le mème noircissement pour
toutes les radiations, la rcdlerche des Landes d’ab-
sorption d’un écran serait très simple, il suffirait
d’interposer
l’écran entre la source et le spectro- graphe, et d’examiner sur laphotographie
pour quelles radiations le noircissement s’est affaibli. Mal- heureusement, les plaques photographiques mêmeles mieux panchromatiques n’ont pas une sensibilité
1. DRUDE. Lehrb. d. Optik, p. 524. Traduct. M. Born. 2, 541.
2. Voir au sujet de ces condenscurs : L. DUNOYER. Sur les aherratiuns de sphéricité dans les objectifs, Io2c2°ncrl de lhys.
3(1915)468.