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19 septembre 2012actualité, info
votation
Le peuple suisse vote le 23 septem- bre sur un objet lié à la protection des personnes vivant ou travaillant dans des espaces fermés, acces- sibles au public : cafés, restaurants, discothèques notamment. Noter ici que cinq cantons romands (FR, GE, NE, VD et VS) ont en quelque sorte donné l’exemple avec des lois cantonales sur le sujet ; le texte fédéral promouvra donc chez nos Confédérés le même degré de mieux-être.
Des milieux cherchent à faire croire qu’on aurait là une interdic- tion totale de fumer ; regrettable qu’on tende ainsi à tromper l’élec-
teur. Ce qui d’ailleurs, de manière regrettable, ne fait que confirmer que certains secteurs de l’économie ne voient (trop souvent) pas d’un bon œil les démarches de promotion de la santé – au motif fallacieux qu’on attenterait à la liberté des gens de faire tout et n’importe quoi (en parti- culier mettre en danger sa santé).
En passant, un mot sur les cons- tants matraquages publicitaires, y compris sous forme de patronage ou sponsoring, en faveur de produits nuisibles à la santé, en les faisant apparaître comme des sources de plaisir, de prestige ou de bien-être (!).
Personne ne nie que ces campa-
gnes ont l’objectif d’influencer les personnes et leurs comportements.
A l’évidence, et de manière appuyée, on veut orienter le consommateur vers certains usages et par là même on brime sa liberté (dans un sens porteur de sérieuses conséquen ces négatives). Les liberticides poten- tiels ne sont pas là où l’on pense.
Il faut rappeler que le problème dont traite l’initiative n’a rien d’une
«rêverie de réformateur social» mais est une préoccupation importante de santé publique. Au début de ma carrière (je ne suis plus jeune), on savait que le tabac tuait ses con- som mateurs (un décès sur huit chez nous est lié à son usage). Mais on ne savait pas que sont aussi con- cernés les fumeurs passifs, à savoir celles et ceux qui, sans fumer eux- mêmes, vivent dans une ambiance enfumée par d’autres : leur santé
est sérieusement menacée et, en moyenne, leur vie raccourcie. Les enfants sont des fumeurs passifs particulièrement vulnérables ; on veut croire que plus aucun parent ne fume ailleurs que dans le parc devant la maison ou à la limite sur son balcon.
Logiquement, ces conséquen ces pathologiques sont encore plus marquées chez les employés d’éta- blissements fermés où ils passent des heures chaque jour. Une recher- che récente de l’Institut de santé publique de l’Université de Bâle démontre, dans plusieurs cantons, les effets bénéfiques de la législa- tion déjà en vigueur : le fait de ne plus être exposé (depuis 2010) à la fumée passive correspond chez les travailleurs de la restauration à un «rajeunissement» de l’état de leur cœur de deux à trois ans !
Votation contre le tabagisme passif : une question de solidarité
en marge
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Intéressant, non ?
Voilà qui, s’ils ont devant les yeux le mieux-être de la population, devrait faire réfléchir ceux parmi les politiques et les responsables de l’économie qui s’opposent à l’initiative de manière idéologique et simpliste. Voter oui est un geste nécessaire de solidarité notam- ment vis-à-vis de ces travailleurs (hommes ou femmes). Au-delà, c’est une question de respect pour le bien-être de chacun d’entre nous.
Dr Jean Martin Ancien médecin cantonal vaudois, membre de la Commission nationale d’éthique La Ruelle 6 1026 Echandens
Maladie coronarienne stable et pose de stent : mesurer la réserve de flux coronarien pour mieux sélectionner les patients ?
l’été 1894, le jeune Yersin quitta Hong Kong pour bien d’autres horizons. Il écrit alors au gouver- neur général à Hanoï : «J’estime que le but de ma mission à Hong Kong est atteint puisque j’ai pu isoler le microbe de la peste, faire les premières études sur ses pro- priétés physiologiques et envoyer à Paris un matériel de travail suf- fisant.» Il consignera ensuite dans un carnet ses conclusions : «La peste est donc une maladie conta- gieuse et inoculable. Il est probable que les rats en constituent le prin- cipal véhicule, mais j’ai constaté également que les mouches pren- nent la maladie.»2 Ah, les mou ches preneuses ! Bien jeune Yersin (nous
dit M. Deville) était persuadé que la bactériologie était une science sinon finie, du moins sans véri- tables lendemains. En était-il persuadé ? Etait-ce au contraire un prétexte pour assouvir cette bougeotte perpétuelle qui semble habiter ce protestant aux ascen- dances françaises que Dieu fit naître dans le canton de Vaud ? Yersin devait avoir le Nobel. On veut dire par là que ce Prix était à lui s’il avait chaussé les confor- tables charentaises pastoriennes qui s’offraient à lui, s’il avait plas- tronné dans les amphithéâtres du Vieux Continent et du Nouveau Monde, accepté les rubans et les fracs, baisé les mains et laissé l’œdème envahir ses chevilles.
Faute d’accepter les rituels, vous n’êtes pas invité à célébrer la messe. Yersin ne fut pas invité à faire le chemin de Stockholm.
Il n’en fut pas de même avec les belligérants de 1983. Du moins avec quelques-uns. Ce fut en 2008.
Un quart de siècle pour un sacre.
Avec, c’était immanquable, des pleurs, des cris ; et un sentiment
assez répandu d’injustice de l’autre côté de l’Atlantique mais aussi dans le camp gaulois. Longtemps avant le choix affiché de l’Institut Karolinska, le professeur pastorien avait, lui aussi, commencé à larguer les amarres. Et il n’est peut-être pas trop tard pour commencer à rédi- ger aujourd’hui le parcours de plus en plus atypique du Pr Luc Montagnier ; parcours dont on perçoit mal sinon la logique du moins quel pourra être l’aboutis- sement. Biographie autorisée ou non.
Peste & Choléra commence à l’aéro- drome du Bourget, près de Paris.
C’est le dernier jour du mois de mai 1940. C’est le dernier vol de la compagnie Air France avant bien des années. C’est le dernier vol de Yersin. Sous les ailes, dans la riche Beauce, l’exode. Les meu bles et les matelas, les hommes, les bicy- clettes, les chevaux, les enfants et les mères. Tous font cap vers le sud-ouest. Ils fuient la peste brune qui s’annonce. Comme Joyce ou Matisse, Yersin a quitté l’hôtel Lutetia qui accueillera bientôt le
cuir de l’occupant. «Il les connaît, Yersin, les deux langues et les deux cultures, l’allemande et la française, et leurs vieilles querelles, écrit M.
Deville. Il la connaît aussi, la peste.
Elle porte son nom. Depuis qua- rante-six ans déjà.»
Il ne verra pas la fin de la peste brune. Yersin perd la vie en 1943, soit un an avant Alexis Carrel.
Yersin meurt à 80 ans, Carrel à 71 ans. Ce médecin a eu le Nobel avant la quarantaine ; avant de voguer lui aussi vers d’autres ri- vages. Ceux de Carrel se révélè rent sinistres ; ceux de Yersin nous éclairent. Grâce soit rendue au talent de M. Patrick Deville.
(Fin)
Jean-Yves Nau [email protected]
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