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Factorisation de polynômes

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Factorisation de polynômes

Définitions

Un polynôme (ou fonction polynôme) est une expression (ou une fonction) de la variable x, défini sur ℝ, de la forme :

P(x) = anxn  an – 1xn – 1  …  a1x  a0, où : n est un entier naturel, et

an, an – 1, … ,a1, a0 sont des réels donnés tels que an  0, appelés coefficients du polynôme.

n s’appelle le degré du polynôme P(x) (ou P), an s’appelle le coefficient dominant,

a0 s’appelle le terme constant.

Une racine de P est un réel  tel que P() = 0.

Exemple

P(x) = x3  6x2  7x – 2 est un polynôme de degré 3, de coefficient dominant 1, et de terme constant –2. Le réel  = 1 en est une racine, mais ce n’est peut-être pas la seule.

Il est utile de factoriser un polynôme en vue de chercher ses racines, ou d’étudier son signe.

1 La méthode

La méthode exposée ici s’appuie sur le théorème suivant, qui sera démontré plus loin : Théorème

Soit P(x) = anxn  an – 1xn – 1  …  a1x  a0, un polynôme de degré n.

 est une racine de P si et seulement si

il existe un polynôme Q(x), de degré n – 1, tel que pour tout x de ℝ, P(x) = (x – )Q(x).

Autrement dit :

P(x) peut se factoriser par x – , l’autre facteur étant un polynôme de degré n – 1.

Méthode

La méthode pour factoriser un polynôme consiste alors à : 1) chercher une « racine évidente » , puis à

2) déterminer le polynôme Q(x) par identification des coefficients,

3) si nécessaire, recommencer avec Q(x), ou conclure en utilisant les résultats sur le second degré.

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2 Étude d’un exemple

Soit à factoriser le polynôme P défini par P(x) = x3  6x2  7x – 2.

1) P(1) = 1 – 6  7 – 2 = 0 :  = 1est « racine évidente de P ».

2) Il existe donc un polynôme Q, de degré 2, tel que pour tout x de ℝ, P(x) = (x – 1)Q(x).

Q(x) est de la forme ax2  bx  c, où a, b et c sont les coefficients à déterminer.

(x – 1)(ax2  bx  c) = ax3  bx2  cx – ax2 – bx – c = ax3  (b – a)x2  (c – b)x – c.

Ce polynôme doit être égal à P(x), donc par identification des coefficients :





2 7 6 1

c b c

a b

a

 



 2 5 1 c b a

.

D’où P(x) = (x – 1)(x2  5x  2).

3) Recherche des racines et d’une factorisation de Q(x) = x2  5x  2.

 = 52 – 4  1  2 = 17 > 0.

Donc Q a deux racines, qui sont 2

17 5

 et 2

17 5

 .

D’où la factorisation de Q(x) = (x – 2

17 5

 )(x –

2 17 5

 ), puis celle de P(x) :

P(x) = (x – 1)(x – 2

17 5

 )(x –

2 17 5

 ).

Il est alors facile de résoudre l’équation P(x) = 0, ou d’étudier le signe de P(x) grâce à un tableau de signes.

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3 Cas du degré 3

Lemme

Quels que soient les réels a et b, a3 – b3 = (a – b)(a2  ab  b2).

Démonstration En développant :

(a – b)(a2  ab  b2) = a3  a2b  a b2 – a2b – ab2 – b3 = a3 – b3. Théorème

Soit P(x) = ax3  bx2  cx  d, un polynôme de degré 3.

 est une racine de P si et seulement si

il existe un polynôme Q(x), de degré 2, tel que pour tout x de ℝ, P(x) = (x – )Q(x).

Démonstration

1) Si P(x) peut s’écrire sous la forme P(x) = (x – )Q(x), alors P() = P(x) = ( – )Q() = 0.

Donc  est une racine de P.

2) Réciproquement, si  est une racine de P, alors P() = 0, d’où :

Pour tout x de ℝ : P(x) = ax3  bx2  cx  d

Pour x =  : 0 = a3  b2  c  d

En soustrayant ces égalités membre à membre :

Pour tout x de ℝ : P(x) = a(x3 – 3)  b(x2 – 2)  c(x – ) Or :

x3 – 3 = (x – )(x2  x  2), d’après le lemme précédent, et x2 – 2 = (x – )(x  ).

Dans la dernière expression de P(x), il est donc possible de mettre (x – ) en facteur, le second facteur étant Q(x) = a(x2  x  2)  b(x  )  c.

Sans qu’il soit nécessaire de réduire et d’ordonner cette expression, il apparaît qu’il s’agit d’un polynôme de degré 2, de coefficient dominant a, et de terme constant c.

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4 Démonstration du théorème dans le cas général

La démarche utilisée dans le cas du degré 3 se généralise à un degré n quelconque non nul.

Lemme

Soit n un entier naturel non nul.

Quels que soient les réels a et b, an – bn = (a – b)(an – 1  an – 2b  an – 3b2  …  abn – 2  bn – 1).

Démonstration En développant :

(a – b)(an – 1  an – 2b  an – 3b2  …  abn – 2  bn – 1) =

an  an – 1b  an – 2b2  …  a2bn – 2  abn – 1  an – 1b – an – 2b2 – … – a2bn – 2 – abn – 1 – bn = an – bn.

Théorème

Soit P(x) = anxn  an – 1xn – 1  …  a1x  a0, un polynôme de degré n.

 est une racine de P si et seulement si

il existe un polynôme Q(x), de degré n – 1, tel que pour tout x de ℝ, P(x) = (x – )Q(x).

Démonstration

1) Si P(x) peut s’écrire sous la forme P(x) = (x – )Q(x), alors P() = P(x) = ( – )Q() = 0.

Donc  est une racine de P.

2) Réciproquement, si  est une racine de P, alors P() = 0, d’où :

Pour tout x de ℝ : P(x) = anxn  an – 1xn – 1  …  a1x  a0

Pour x =  : 0 = ann  an – 1n – 1  …  a1  a0

En soustrayant ces égalités membre à membre :

Pour tout x de ℝ : P(x) = an(xn – n)  an – 1(xn – 1 – n – 1)  …  a1(x – ) Or :

xn – n = (x – )(xn – 1  xn – 2  2xn – 3  …  n – 2x  n – 1), d’après le lemme précédent, xn – 1 – n – 1 = (x – )(xn – 2  xn – 3  2xn – 4  …  n – 3x  n – 2),

…,

x2 – 2 = (x – )(x  ).

Dans la dernière expression de P(x), il est donc possible de mettre (x – ) en facteur, le second facteur étant de la forme Q(x) = anxn – 1  …  a1.

Sans qu’il soit nécessaire d’expliciter, de réduire et d’ordonner cette expression, il apparaît qu’il s’agit d’un polynôme de degré n – 1, de coefficient dominant an, et de terme constant a1.

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