MPSI B Année 2016-2017. Énoncé DS 11 le 20/05/17 29 juin 2019
Problème 1 : Grandes déviations.
Soit(Ω,P)une espace probabilisé ni etX une variable aléatoire réelle dénie surΩ. On note mson espérance et Y =X−mla variable centrée associée. On considère également des variables aléatoiresX1, ..., Xn dénies surΩmutuellement indépendantes et de même loi queX ainsi que la variable aléatoireSn =X1+...+Xn.
Dans ce problèmeε >0est xé. La partie 2 est un cas particulier de la partie 1 qui utilise les notationsY,ψ,h+ dénie dans la partie 1.
Partie 1 : Généralités
1. On considère des nombres réelsp1,· · ·, pN ety1,· · ·, yN tels que
∀i∈J1, NK, pi>0; y1< y2<· · ·< yN.
Former (en justiant) un développement asymptotique en+∞de la fonctionϕdénie par :
ϕ(t) =εt−ln
N
X
k=1
pketyk
! .
Le reste devra êtreo(e(yN−1−yN)t).
2. Pour t ∈ R, exprimer à l'aide de la formule de transfert l'espérance de la variable aléatoireetY. On note E(etY)cette espérance.
3. On dénit une fonctionψdansR+ par
∀t∈R+, ψ(t) =εt−ln(E(etY)).
a. Déterminerψ(0)etψ0(0). En déduire qu'il existet >0tel queψ(t)>0.
b. Préciser l'ensemble desε >0tels queψ→ −∞en+∞. Dans la suite du problème, on suppose queεest dans cet ensemble.
c. Montrer queψest majoré et qu'il atteint sa borne supérieure que l'on noteh+(ε). Montrer queh+(ε)>0.
4. Soitt∈R+. Montrer que :
P(Sn≥εn)≤ E(etSn) enεt .
5. Montrer que :
e−nψ(t)=e−nεtE(etSn) 6. En déduire que :
P Sn
n ≥ε
≤e−nh+(ε).
Partie 2 : Cas de variables de Bernoulli
Soitp∈]0,1[. On suppose dans cette partie queX est de loi de Bernoulli de paramètre p. On suppose également que 0< ε <1−p.
1. Montrer que :
P
Sn
n −p≥ε 1/n
≤e−h+(ε). 2. a. Montrer que :∀t∈R+, E etY
= ((1−p) +pet)e−pt. b. Montrer que :
h+(ε) = (p+ε) ln p+ε
p
+ (1−p−ε) ln
1−p−ε 1−p
.
3. Posonskn =b(p+ε)nc+ 1, oùbxcdésigne la partie entière dex. Montrer que :
P Sn
n −p≥ε
≥ n
kn
pkn(1−p)n−kn.
4. a. Soitα >0, soit(un)une suite admettant en+∞le développement asymptotique suivant :
un=αn+O(1).
Montrer queunln(un)admet en+∞le développement asymptotique suivant : unln(un) =αnln(αn) +o(n).
b. On admet queln(n!)admet le développement asymptotique suivant en+∞: ln(n!) =nln(n)−n+o(n).
Montrer que :
ln n
kn
pkn(1−p)n−kn
∼ −nh+(ε).
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5. Etudier la convergence de la suite de terme général
P Sn
n −p≥ε 1/n
.
Problème 2 : Matrices stochastiques.
Partie 1 : Un exemple en dimension 2
Soientα, β∈]0,1[. On note :
A(α, β) =
1−α α β 1−β
.
On noteλ= 1−α−β. 1. a. CalculerA
1 1
etA −α
β
.
b. Expliciter une matriceP ∈GL2(R)telle que :
P−1AP = 1 0
0 λ
. Déterminer égalementP−1.
c. Montrer que pour toutn∈N:
An = 1 α+β
β+αλn α(1−λn) β(1−λn) α+βλn
.
2. Soit(Ω,P)un espace probabilisé etn+ 1variables aléatoiresX0, ..., Xn dénies dans Ωet à valeurs dans{0,1}. On suppose que pour toutk∈J0, n−1K:
P(Xk+1= 1|Xk = 0) =α et P(Xk+1= 0|Xk = 1) =β.
a. Montrer que pour toutk∈J0, n−1K: P(Xk+1= 0)
P(Xk+1= 1)
=A(α, β)T
P(Xk = 0) P(Xk = 1)
. b. Montrer que :
P(Xn = 0) =β+αλn
α+β P(X0= 0) +α(1−λn)
α+β P(Xn = 1)
P(Xn = 0) = β(1−λn)
α+β P(X0= 0) +α+βλn
α+β P(Xn= 1)
c. DéterminerP(Xn=X0). d. Posonsr= min
α
α+β, β α+β
. A l'aide d'une étude de la fonction Φ(x) =x+ (1−x)λn, montrer que :
P(Xn=X0)≥r+ (1−r)(1−α−β)n. 3. Soitl ∈N∗. Considérons une famille (Xki)0≤k≤n
1≤i≤l de variables aléatoires dénies sur Ω à valeurs dans{0,1} telles que pour toutk∈J0, nK, les variables aléatoiresXk1, ..., Xkl soient mutuellement indépendantes. On suppose que pour tout i∈J1, lKet pour tout k∈JP, n−1K:
P(Xk+1i = 1|Xki = 0) =α et P(Xk+1i = 0|Xki = 1) =β.
On noteQn la probabilité de l'événement{∀i∈J1, lK, Xni =X0i}. Monter que :
Qn≥[r+ (1−r)(1−α−β)n]l.
4. On souhaite transmettre un message constitué de l bits (a1, ..., al)∈ {0,1}l à l'aide d'un réseau de communication constitué de n relais numérotés de 1 à n. Pour être transmis, le message doit passer successivement par lesnrelais. Au passage de chaque relais, chaque bit du message a une probilitéαd'être modié. On suppose que les relais agissent indépendamment les uns des autres et indépendamment sur chaque bit.
Soitε >0. Déterminer un entiernc tel que pour tout n≥nc, la probabilité pour que le message soit erroné après le passage dun-ème relais soit supérieure ou égale àε.
Partie 2 : Spectre d'une matrice stochastique
Soitn≥2, soitA= (ai,j)1≤i,j≤n ∈ Mn(R). On dit queAest une matrice stochastique (respectivement strictement stochastique) si tous ses coecients ai,j sont positifs ou nuls (respectivement strictement positifs) et si :
∀i∈J1, nK,
n
X
j=1
ai,j= 1.
Dans toute cette partie on noteraU ∈ Mn,1(R)la matrice colonne dont tous les coecients valent1.
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1. SoitA = (ai,j)1≤i,j≤n une matrice stochastique (respectivement strictement stochas- tique). Montrer que pour tout(i, j)∈J1, nK
2 :
0≤ai,j≤1 (respectivement0< ai,j<1).
2. Montrer qu'une matriceA∈ Mn(R)à coecients positifs ou nuls est stochastique si et seulement siAU =U.
3. Montrer que le produit de deux matrices stochastiques (respectivement stochastiques) est stochastique (respectivement stochastique).
4. SoitA= (ai,j)1≤i,j≤n∈ Mn(C), soitλ∈C. On suppose qu'il existeX ∈ Mn,1(C)\{0}
telle queAX=λX. Montrer qu'il existei∈J1, nKtel que :
|λ−ai,i| ≤
n
X
j=1 j6=i
|ai,j|.
5. SoitA∈ Mn(R)une matrice stochastique, soitλ∈C. On suppose qu'il existe X ∈ Mn,1(C)\ {0}tel que AX=λX.
a. Montrer que|λ| ≤1.
b. SupposonsA strictement stochastique. Montrer que siλ6= 1, alors|λ|<1. 6. SoitA= (ai,j)1≤i,j≤n ∈ Mn(C). On dit queA est à diagonale strictement dominante
si :
∀i∈J1, nK, |ai,i|>
n
X
j=1 j6=i
|ai,j|.
Montrer qu'une matrice à diagonale strictement dominante est inversible.
7. SoitA∈ Mn(R)une matrice strictement stochastique.
a. Notons A1 = (ai,j)1≤i,j≤n−1 ∈ Mn−1(R) la matrice obtenue en supprimant la dernière ligne et la dernière colonne deA. Montrer queA1−In−1 est à diagonale strictement dominante.
b. Montrer queKer(A−In)est de dimension1.
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