Fondamentales et Informatique JMMAFI 2016, vol.3 , p 1-24
THEOREME DE LA LIMITE CENTRALE ET PRINCIPE DE DEVIATIONS MODEREES POUR LES EQUATIONS
D’EVOLUTIONS ALEATOIRES
R.B. RAKOTOARISOA1; J.H. ANDRIATAHINA2 et T.J. RABEHERIMANANA3 Domaine des Sciences & Technologie
Mention Mathématiques et Informatiques, B.P. 906, Ankatso 101, Antananarivo, Madagascar
Résumé :
On considère la famille des processus stochastiques Xε = {Xε(t), 0 ≤ t ≤ 1}, ε > 0 où Xε est la solution de l’équation différentielle d’Itô
dXε(t) =√
εσ(Xε(t), Z(t))dWt+b(Xε(t), Y(t))dt (E)
où les coefficients dépendent des processus Z ={Z(t), t∈[0; 1]} etY ={Y(t), t ∈[0; 1]}.
Dans cet article, on se propose de démontrer un théorème de la limite centrale et un principe de déviations modérées pourXε, solution de(E)considérée comme une variable aléatoire à valeur dans Cα,0([0; 1];Rd). A cette fin, nous utilisons plusieurs résultats tels que l’équivalence exponentielle,le principe de contraction, l’inégalité de Transport de Ta- lagrand et l’ inégalité exponentielle.
Mots Clés : Théorème de la limite centrale, Principe de déviations modérées, Prin- cipe de grandes déviations, Equations d’évolutions aléatoires, Equivalence exponentielle, Inégalité de transport de Talagrand et la norme höldérienne.
Abstract :
We consider a familly stochastics process Xε ={Xε(t), 0≤ t ≤ 1}, ε >0 when Xε is a solution of Itô differntiel equation.
dXε(t) =√
εσ(Xε(t), Z(t))dWt+b(Xε(t), Y(t))dt (E)
when the coefficients depend to processes Z ={Z(t), t∈[0; 1]} etY ={Y(t), t∈[0; 1]}.
In this paper, we purpose to show a central limit theorem and a moderate deviations principle for Xε, solution of (E) considered as which a random-variable to value in Cα,0([0; 1];Rd). In this aim, we use lots of results such as exponential equivalence, contrac- tion principle, Talagrand transportation inequality and exponential inequality.
Keys words : Central limit theorem, Moderate deviations principle, Large deviations principle, Exponential equivalence, Random evolution equation, Talagrand transporta- tion inequality and the Hölder norm.
Introduction et notations.
Le principe de grandes déviations a été étudié par beaucoup d’auteurs tels qu’ Anzen- cott [1], Freidlin-Wentzell [9] ; Schilder [21], Dembo et Zeitouni [6]. Cependant, d’autres auteurs ont trouvé des résultats des grandes déviations sur les équations d’évolutions aléatoires voir [3], [11], [15], [16], [18] et [19]. Mais dans cet article, nous nous proposons d’étudier le théorème de la limite centrale(TLC) et le principe de déviations modérées (PDM) dansCα,0([0; 1];Rd) pour la famille des lois de l’équation des évolutions aléatoires perturbées
dXε(t) = √
εσ(Xε(t), Z(t))dWt+b(Xε(t), Y(t))dt Xε(0) =x
(0.1) où x ∈ Rd, W est un mouvement brownien standard sur l’espace (Ω,F,P), Y est un processus aléatoire progressivement mesurable qui satisfait une certaine condition d’inté- grabilité,Zest un processus aléatoire tel que son support topologique est un sous-ensemble compact de Cα,0([0; 1];Rd). En outre, W est indépendant de (Y, Z) et σ et b satisfont : (H0) :σ :Rd×Rl−→Rd⊗Rk etb :Rd⊗Rm −→Rd
(H1) : la fonctionb(x, y) est mesurable en (x, y) et il existe une constante Cb >0 tel que
|b(x, y)| ≤K ∀(x, y)∈Rd×Rm
|b(x, y)−b(x0, y0)| ≤Cb(|x−x0|+|y−y0|)∀ x, x0 ∈Rd; y, y0 ∈Rm.
(H2) : La fonctionσ(x, z) est mesurable en (x, z) et il existe une constanteCσ >0 tel que
|σ(x, z| ≤K ∀ (x, z)∈Rd×Rl
|σ(x, z)−σ(x0, z0)| ≤Cσ(|x−x0|+|z−z0|) ∀x, x0 ∈Rd; z, z0 ∈Rl. Soit
Vε(t) = 1
√εh(ε)(Xε(t)−X0(t)), t∈[0,1]
tel que
h(ε)−→ ∞ et √
εh(ε)−→0, quand ε−→0, t∈[0,1].
Le but dans cet article est d’étudier la convergence de Vε(t) = Rε(t)
h(ε) pour h(ε) −→ ∞ avec
Rε(t) = 1
√ε(Xε(t)−X0(t)), t∈[0,1]
et X0(t) est la solution de l’équation différentielle ordinaire aléatoire :
dX0(t) = b(X0(t), Y(t))dt X0(0) =x
(0.2)
et d’établir le principe de grandes déviations dans Cα,0([0; 1];Rd) de Vε(t) = Rε(t) h(ε). Signalons le fait que, Mellouk[15], S.H Randriamanirisoa et T.J Rabeherimanana[19]
et Bezuidenhout[3] étudient le principe de grandes déviations pour des différentes équa- tions d’évolution aléatoires. En outre, pour σ et b ne dépendant que du processus Xε, le PDM est étudié par Y. Ma, R. Wang et L. Wu[14]. Le PDM pour les équations de
réaction-diffusion stochastique est établi par R. wang et T. Zhang[24].
La section 1 est consacrée à quelques définitions et résultats généraux. Dans la section 2, nous annonçons le résultat principal de cet article concernant le PGD du processus Vε(t). Dans la section 3, nous démontrons le PGD du processusR0(t) qui est la limite de Rε(t) quand ε → 0. Dans la dernière section, nous prouvons que Rε(t) converge vers un processus de Gauss R0(t) qui est le TLC et que le processus Vε(t) satisfait un PGD avec une certaine fonctionnelle d’action , ceci nous amène à prouver l’équivalence exponentielle des processus Vε(t) et R0(t)
h(ε) .
Maintenant, nous allons introduire quelque notations et conventions que nous allons utiliser dans cet article.
On note pour 0< α < 1 2 ,
|f|∞ = sup{|f(t)|; t∈[0; 1]}
||f||α = sup
{0≤|t−s|≤1}
|f(t)−f(s)|
|t−s|α . Définissons le module de continuité Hölderienne de f par
ωα(f;δ) = sup
0≤|t−s|≤δ
|f(t)−f(s)|
|t−s|α .
Soit Cα([0; 1];Rd) l’espace des fonctions f α−Hölderiennes continues de [0; 1] dansRd tel que||f||α <∞etC([0; 1],Rd) l’espace des fonctions continues à valeur dansRdinduit par la topologie usuelle de convergence uniforme etW un mouvement brownien standard sur Ω. SoitCα,0([0; 1];Rd), le sous-ensemble séparable deCα([0; 1];Rd) constitué des fonctions F tel que lim
|t−s|→0
|F(t)−F(s)|
|t−s|α = 0.
Pour une variable aléatoire Y ; on note suppY le support de la distribution de Y.
1 Définitions et résultats généraux
Définition 1.1. Une fonctionI :E −→[0; +∞]est dite une fonctionnelle d’action si elle est semi-continue inférieurement (s.c.i). Si pour chaque a <∞, Γa ={x∈E, I(x)≤a}
est compact, alors I est une bonne fonctionnelle d’action.
Pour chaque sous-ensemble A de E et chaque fonctionnelle d’action I, on note I(A) =
x∈Ainf I(x).
Définition 1.2. Pour une fonction I , la famille de probabilité {Pε}ε>0 satisfait un PGD si on a :
(i) I est une bonne fonctionnelle d’action.
(ii) Pour tout ouvert O de E,
lim inf
ε−→0 εlogPε(O)≥ −I(O).
(iii)Pour tout fermé F de E,
lim sup
ε−→0
εlogPε(F)≤ −I(F).
Soit ({W(t);t > 0},(Ω;F,Ft, P) un mouvement brownien standard d− dimension- nel et soit Ω = C([0; 1],Rd) l’ensemble des fonctions continues de [0; 1] dans Rd équipé avec la topologie usuelle de la convergence uniforme définie par la norme |f|∞ et soit H([0; 1],Rd) l’espace de Cameron-Martin constitué des fonctions absolument continues avec une dérivée de carrée intégrable. C’est un espace d’Hilbert muni du produit scalaire hf, giH =
Z t 0
f˙sg˙sds.
Le PGD suivant provient de Baldi et al [2] (1992), qui est une extension du théorème de Schilder(voir Schilder[21] ; Deushell et Stroock[7]).
Théorème 1.3. : La mesure de probabilité induite par √
εW sur Cα,0([0; 1],Rd équipé avec la norme ||.||α satisfait un PGD avec la bonne fonctionnelle d’action λ(.)définie par
1 2
Z 1 0
|h(s)|˙ 2ds, si h∈ H([0; 1],Rd)
+∞ sinon.
(1.1)
Nous rappelons la version de l’inégalité exponentielle classique pour l’intégrale stochas- tiques, qui est cruciale dans la preuve de l’équivalence exponentielle ( voir par exemple ; Stroock[22] (1981) ).
Lemme 1.4. Soient f : [0; 1]×Ω −→ Rl ⊗Rd et g : [0; 1]×Ω −→ Rl des fonctions bornées Ft−progressivement mesurables et soit
U(t) =
Z t 0
f(s)dWs+
Z t 0
g(s)ds, 0≤t≤1 et B = sup
t,ω
|g(t, ω)|. Définissons A= sup
t,ω
f(t, ω)fT(t, ω) alors pour chaque s > 0, T >0, 0< α < 1
2 et r > lBT1−α,
P sup
{s≤t≤s+T}
|f(t)−f(s)|
|t−s|α ≥r
!
≤2lexp −(r−lBT1−α)2 2Al2T1−2α
!
. (1.2)
Théorème 1.5 ([6]). Si la famille des mesures de probabilité{µε} vérifie un PGD avec la fonctionnelle d’action I et exponentiellement équivalente à la famille{˜µε}; alors le même PGD est vérifié par {µ˜ε}.
Soit Ω = C([0,1];Rk) l’espace de trajectoire du mouvement brownien à valeurs dans Rk et (Wt,0 ≤ t ≤ 1). Soit P la mesure de Wiener et F une filtration dans Ω. Soit Y = {Y(t),0 ≤ t ≤ 1} un processus à valeurs dans Rm qui est {Ft}−progressivement mesurable, on suppose queY est une variable aléatoire à valeurs dansL1/(1−α)([0; 1];Rm).
soit Z ={Z(t),0≤t≤1}un processus{Ft}−mesurable prenant ses valeurs dansRl. On suppose que suppZ est un sous- ensemble compact de Cα,0([0,1];Rl) et (Y, Z) et W sont indépendants.
Pourε >0, soit
Xε(t) = x+√ ε
Z t 0
σ(Xε(s), Z(t))dWs+
Z t 0
b(Xε(s), Y(s))ds.
L’existence et l’unicité de la solution de cette équation sont assurées par (H0) -(H2) Pourh∈ H([0; 1];Rd), r ∈ L1:(1−α)([0; 1];Rm) ;u∈suppZ. Soitφ(h, r, u) l’unique solution de l’EDO
g(t) = x+
Z t
0
σ(g(s), u(s)) ˙h(s)ds+
Z t
0
b(g(s), r(s))ds x∈Rd.
L’existence et l’unicité de cette EDO sont des conséquences des continuités lipschitziennes de b et σ et sont standard.
Soit ˜λ :Cα,0([0; 1];Rd)−→[0;∞] par
λ(˜˜ h) = inf{λ(h);h∈ H,∃(r, u)∈suppY ×suppZ tel que φ(h, r, u)≡˜h}. (1.3) Puisque ˜λn’est pas nécessairement semi-continue inférieurement(s.c.i) voir Bezuidenhout[3], on introduit la régularisation s.c.i ˜λ∗ définie par
λ˜∗(˜h) = lim
a−→0 inf
ρ∈Bα(˜h,a)
λ(ρ)˜
où Bα(˜h, a) est la boule de centre ˜h et de rayon a suivant la norme ||.||α, l’existence de la limite de la partie droite de cette équation est assurée par le fait que inf
ρ∈Bα(˜h,a)
λ(ρ) est une fonction décroissante en a.
2 Résultat principal
Dans cette section, on établit le théorème principal concernant le théorème de la limite centrale (TLC) et le principe de déviations modérées (PDM).
Soit DbX = ∂
∂xjbi
!
la matrice jacobienne de b par rapport à la première variable uni- formément continue vérifie :
(H3) : ∀ x1, x2 ∈Rd, ∃ CDb >0 tel que |DbX(x1, y)−DbX(x2, y)| ≤CDb|x1−x2| Théorème 2.1. (i)(TLC) Rε converge vers un processus gaussien R0 définie par
dR0(t) =DbX(X0(t), Y(t))R0(t)dt+σ(X0(t), Z(t))dWt R0(0) = 0
(2.1) où DbX est la matrice jacobienne de b par rapport à la première variable.
(ii)(PDM) Vε(t) = Xε(t)−X0(t) h(ε)√
ε
!
t∈[0;1]
satisfait un PGD sur l’espace Cα,0([0; 1],Rd) avec la vitesse h2(ε) et la fonctionnelle d’action
λ∗(˜h) = lim
a−→0 inf
ρ∈Bα(˜h,a)
λ(ρ)˜ (2.2)
où ˜λ est définie précédemment par (1.3). Plus précisément, pour tout sous-ensemble boré- lien A de Cα,0[0; 1];Rd
−inf
γ∈A˙
λ˜∗(γ) ≤lim inf
ε−→0 h−2(ε) logP(Vε ∈A)
≤lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP(Vε ∈A)≤ −inf
γ∈A¯
λ˜∗(γ)
où A˙ désigne l’intérieur et A¯ l’adhérence de A.
3 Grandes déviations du processus de Gauss
3.1 Extension du principe de contraction.
D’après le théorème (2.1) de Mellouk[15], le processus R0
h(ε) satisfait un PGD avec la bonne fonction de taux ˜λ∗(˜h).
Théorème 3.1. La famille Pε =P ◦ R0 h(ε)
!
, loi de R0 h(ε)
!
définie dans (2.1) satisfait un PGD avec la bonne fonctionnelle d’action λ˜∗.
Preuve (voir Mellouk[15])
Le principe de contraction est une base de la théorie de grandes déviations (voir Deutchel et Stroock [7] 1989). SoitPεune famille de mesure de probabilité sur l’espaceEsatisfaisant un PGD avec la bonne fonctionnelle d’action Iet soit F : E −→ E0 continue . Soit Qε =Pε◦F−1 une famille de mesure image, alors on a :
Théorème 3.2 (Dembo et Zeitouni[6]). Qε obéit un PGD avec la bonne fonctionnelle d’action J, définie par
J(y) = inf
{x:F(x)=y}I(x) (3.1)
avec la convention usuelle inf∅=∞
Soit (EX, dX), (EY, dY), (EZ, dZ) et (E0, d0) des espaces Polonais et (Ω,F, P) un espace de probabilité. Supposons que {Xε, ε >0} est une famille de variable aléatoire à valeurs dans EX, Y est une variable aléatoire dans EY et Z une variable aléatoire prenant ses valeurs dans EZ, on donne une fonction de taux I surEX et a > 0, soit Γa ={x∈EX : I(x)≤a} et Γ∞ =[
a
Γa.
Théorème 3.3. SoitI une fonctionnelle d’action surEX; FN;F : Γ∞×EY ×EZ −→E0 RN
h(ε), R
h(ε) : Ω−→E0, des applications qui vérifient les conditions suivantes : (a) (i) pour tout a >0 et N ≥1, FN|Γa×suppY×suppZ est continue.
(ii) FN|Γa×suppY×suppZ converge vers F|Γa×suppY×suppZ uniformément quand N −→ ∞. (b)Pour chaque a >0et N ≥1, FN({I ≤a} ×suppY ×suppZ)etF({I ≤a} ×suppY × suppZ) sont relativement compacts dans (E0, d0).
(c)Pour tout N ≥1,
(R0N h(ε)
)
ε>0
satisfait un PGD (quand ε−→0)sur E0 avec une bonne fonctionnelle d’action
IN∗(ζ) = lim
ρ→0 inf
ξ∈B0(ζ,ρ)IN(ξ), (3.2)
où B0(ζ, ρ) est la boule centrée en ζ et de rayon ρ dans (E0, d0) et
IN(ζ) = inf{I(x),∃(y, z)∈suppY ×suppZ tel que FN(x, y, z) =ξ}.
(d)
(R0N h(ε)
)
est une bonne approximation de
( R0 h(ε)
)
,qui vérifie pour tout δ >0
limN lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP{
R0N
h(ε) − R0 h(ε)
> δ}=−∞ (3.3)
alors,
( R0 h(ε)
)
satisfait un PGD avec la bonne fonction du taux I˜∗(ζ) = lim
ρ−→0 inf
ξ∈B0(ζ,ρ)
I(ξ)˜ où I(ξ) = inf˜ {I(x),∃(y, z)∈suppY ×suppZ tel que F(x, y, z) = ξ}.
Preuve (Voir Mellouk [15]).
Pour la preuve du PGD deR0(t)/h(ε), il faut démontrer que RN0
h(ε) est une bonne approxi- mation exponentielle de R0
h(ε).
3.2 Approximation exponentielle
On a
dR0(t) = Dbx(X0(t), Y(t))R0(t)dt+σ(X0(t), Z(t))dWt
et soit tN = [tN]/N où [x] désigne la partie entière de x, R0N = {R0N(t); 0 ≤ t ≤ 1} la solution de l’EDS suivant
dR0N(t) =Dbx(XN0(t), Y(t))R0N(t)dt+σ(XN0(tN), Z(tN))dWt (3.4) On montre que {R0N(t)} est une bonne approximation exponentielle de {R0(t)}. En pre- mier, nous allons établir l’approximation suivante
Lemme 3.4. : Pour tout δ >0 lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP sup
t∈[0;1]
|R0N(t)−R0(t)|> δ Nα
!
=−∞ (3.5)
Démonstration. : le coefficient de dérive n’est pas nécessairement borné. Pour prouver l’égalité 3.5 ; on introduit quelques résultats auxiliaires. Soit 0 < α < β < 1
2 et 0 < γ <
β−α alors par le théorème 1.4 de Mellouk (2000), lim sup
ε−→0
h−2(ε) log P sup
k∈[1;N]
1 h(ε)|Wk
N −Wk−1
N | ≥Nγ−β
!
≤lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP || 1
h(ε)W||β ≥Nγ
!
≤ −inf{1
2||h||2H;||h||β ≥Nγ}
≤ −1 2N2γ.
(3.6)
En fait, si h ∈ H([0; 1];Rd) satisfait à ||h||β ≥ Nγ, l’inégalité de Cauchy-Schwartz im- plique ||h||H≥Nγ.
Définissons l’ensemble Bβ,γ,ε =
(
sup
k∈[1;N]
h−1(ε)|Wk/N−Wk−1/N| ≤Nγ−β
)
∩n||h−1(ε)W||β ≤Nγo (3.7) par 3.6, on a
N−→+∞lim lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP Bβ,γ,εC =−∞. (3.8) De plus, l’ensembleBβ,γ,ε, par le lemme de Gronwall et les propositions sur les coefficients DbX etσ, pour t∈[0; 1], on déduit l’existence d’une constante C > 0 telle que
|R0N(t)| ≤c
( N X
k=1
h−1(ε)|Wk/N∧t−Wk−1/N∧t|+
Z 1 0
(1 +|R0N(s)|)ds
)
≤C
Nγ+1−β+
Z t 0
|R0N(s)|ds
≤CNγ+1−β.
(3.9)
Pour prouver 3.5, soit ΨεN(.) = R0N(.)−R0(.)
h(ε) , alors pour t ∈[0; 1], ΨεN(t) satisfait ΨεN(t) =
Z t 0
{Dbx(XN0(s), Y(s))−Dbx(X0(s), Y(s))}R0(s) h(ε) ds +h−1(ε)
Z t 0
{σ(XN0(sN), Z(sN))−σ(X0(s), Z(s))}dWs.
(3.10)
Pour ρ >0, on définit
τN,ερ (ω) = inf
t >0;|RN0 (t, ω)−R0N(tN, ω)| ≥ ρ Nα
∧1 θρ,δN,ε(ω) = inf
(
t >0;|ΨεN(t, ω)|> δ Nα
)
∧τN,ερ (ω) et
νN,ερ (t) =
Z
Ω
ρ2
N2α +|ΨεNt∧θN,ερ,δ(ω), ω|2
!1
2
dP.
Alors, on a
P sup
t∈[0;1]
R0N(t)−R0(t)> δ Nα
!
≤P(τN,ερ <1) +P(θN,ερ,δ <1). (3.11) Plus précisément, nous appliquons l’inégalité de Stroock et l’expression 3.8 avec les hy- pothèses H0−H2 pour obtenir l’existence d’une constante C > 0 telle que,
P(τN,ερ <1) ≤P(τN,ερ <1, Bβ,γ,ε) +P(τN,ερ <1, Bβ,γ,ε)
≤
N
X
k=1
P
sup
k−1 N ≤t≤k
N
RN0 (t)−R0N(k−1 N
≥ ρ
Nα, Bβ,γ,ε
+PBβ,γ,εC
≤CdNexp
−
ρ−CdNγ+1−β
1 N
1−α!2
Cεd2
1 N
1−2α
+P Bβ,γ,εC
≤CdNexp{−CN1−2α/ε}+P Bβ,γ,εC .
Comme Nγ+α−β −→0 quand N −→ ∞(γ > β−α). Ainsi, par (3.8), on en déduit limN lim sup
ε
h−2(ε) logP τN,ερ <1=−∞. (3.12) Comme suppZ est un sous ensemble compact de Cα,0([0; 1];Rl),pour chaque ρ > 0, il existe N0 ≥1 tel que, pour N ≥N0
sup
0≤t≤1
|Z(t)−Z(tN)| ≤ρN−α (3.13)
pour 0 ≤ α ≤ 1
2, soit ρN =ρ/Nα et fε,ρ(y) = (ρ2N +|y|2)1ε. Alors, une application de la formule d’Itô à fε,ρ(ΨεN(t)) établit que
fε,ρ(ΨεN(t∧θN,ερ,δ))−
Z t∧θρ,δN,ε 0
Zε,Nρ (s)ds−ρ2/εN est une martingale où si < ., . >est le produit scalaire dans Rd
gε,Nρ (t) = 2h2(ε)
ρ2N +|ΨεN(t)|2
1 h−2(ε)−1
hΨεN(t), Dbx(XN0(t), Y(t))−Dbx(X0(t), Y(t))
!
i
+2(h2(ε)−1)||
σ(XN0(tN), Y(tN))−σ(X0(t), Y(t))
∗
ΨεN(t)||2(ρ2N +|ΨεN(t)|2)
1 h−2(ε)−1
+||σ(XN0(tN), Y(tN))−σ(X0(t), Y(t))||2
ρ2N +|ΨεN(t)
2
1 h−2(ε)−1
.
Pour 0 ≤t ≤τN,ερ , par (3.13), on a pour N > N0 et 0< ε < 1
2 que il existe C >0 tel que
|gρε,N(t)| ≤C2h2(ε)ρ2N +|ΨεN(t)|2h
2(ε) ΨεN(t)
ρ2N +|ΨεN(t)|2|R0N(t)−R0(t)|
+C|h2(ε)−1|{ρ2N +|Z(tN)−Z(t)|2} |ΨεN(t)|2
ρ2N +|ΨεN(t)|2(ρ2N +|ΨεN(t)|2)1/h−2(ε)−1 +C{ρ2N +|Z(tN)−Z(t)|2}(ρ2N +|ΨεN(t)|2)1/h−2(ε)−1
≤Ch2(ε)fε,ρ(ΨεN(t)) ΨεN(t)ρN ρ2N +C|ΨεN(t)|2 +|h2(ε)−1| ρ2N
ρ2N +|ΨεN(t)|2
|ΨεN(t)|2
ρ2N +|ΨεN(t)|2fε,ρ(ΨεN(t))
+C|h2(ε)−1||Z(tN)−Z(t)|2
ρ2N +|ΨεN(t)|2 . |ΨεN(t)|2
ρ2N +|ΨεN(t)|2fε,ρ(ΨεN(t)) +Cρ2N +|Z(tN)−Z(t)|2
ρ2N +|ΨεN(t)|2 fε,ρ(ΨεN(t))
≤C
(
(h2(ε) + 1) + 1 + ρ2N +|Z(tN)−Z(t)|2
|ΨεN(t)|2
!)
fε,ρ(ΨεN(t))
≤Ch2(ε)fε,ρ(ΨεN(t))
ceci joint au théorème d’arrêt de Doob, montre qu’il existe une constante ˜C > 0 indépen- dant de N, ε, ρ etN0 tels que, pour N ≥N0
νN,ερ (t)≤ρ2hN2(ε+Ch2(ε)
Z t 0
νN,ερ (s)ds.
En outre, pour N ≥N0
νN,ερ (1)≤exp{h2(ε)(h2(ε)( ˜C+ 2 logρ−2αlogN)}
puis, pour tout N ≥1
P(θN,ερ,δ <1)≤ ρ2+δ2 N2α
!−h2(ε)
νN,ερ (1) on conclut que
ρ−→0lim sup
N
lim sup
ε−→0
h2(ε)lnPθN,ερ,δ <1=−∞
ceci avec (3.11) et (3.12) impliquent (3.5).
Lemme 3.5. Pour tout δ >0 lim sup
N−→∞
lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP||R0N(t)−R0(t)||α > δ=−∞. (3.14) Démonstration. On applique le 4.5 de Mellouk à ΨεN(.) = RN0 (.)−R0(.)
h(ε) et lemme 3.4, on voit qu’il suffit de prouver
lim sup
N−→∞
lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP
max
1≤k≤N
sup
k−1
N ≤s≤t≤k
N
|ΨN(t)−ΨN(s)|
|t−s|α
> δ
=−∞.
Donc, par le lemme 1.5 de Mellouk et comme dans la preuve du lemme précédent, on voit que pour 0< α < β < 1
2 et 0 < γ < β−α lim sup
N−→∞
lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP
max
1≤k≤N
sup
k−1
N ≤s≤t≤k
N
|ΨN(t)−ΨN(s)|
|t−s|α
> δ, Bβ,γ,α
=−∞
où Bβ,γ,ε est définie par (3.7), d’où (3.8) achève la preuve.
Ainsi par le théorème 1.5, pour le PDM du théorème principal, il suffit de démontrer que Vε =Rε/h(ε) est h−2(ε)−exponentiellement équivalente à R0/h(ε) ; c’est à dire :
lim sup
ε−→0
h−2(ε) logP
Vε− R0 h(ε)
α
> δ
!
=−∞; ∀δ >0. (3.15) Nous le montrerons sous la condition lipschitzienne globale, au moyen de la T2−inégalité de Talagrand sur l’espace de chemin établi par Djellout-Guillin-Wu[8] et l’inégalité de concentration correspondante(critère de Bobkov-Gotze [4]), dans la section suivante.
Avant d’entrer à la section suivante, on peut supposer l’hypothèse suivante qu’on utilisera dans la preuve du théorème principal.
(H) b est de classe C1 etDbX uniformément continue et bornée sur Rd et 1
2(|(σ(x1;z)−σ(x2;z))(σ(x1;z)−σ(x2;z))∗|+hx1−x2, b(x1, y)−b(x2, y)i)≤L|x1−x2|.
(3.16)
4 Preuve du théorème principal
4.1 Une L
pestimation du processus R
εProposition 4.1. betσsatisfont les conditionsH0 etH2,il existe une constanteC(p, K, Cb) qui dépend de p, K, Cb, tel que
E(|Xε−X0|∞)p ≤εp2C(p, K, Cb)→0 ε→0 (4.1) Démonstration.
Xε(t)−X0(t) =
Z t 0
[b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s))]ds+√ ε
Z t 0
σ(Xε(s), Z(s))dWs
|Xε−X0|∞
p
≤2p−1 sup
t∈[0,T]
|
Z t 0
[b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s))]ds|
!p
+εp2 sup
t∈[0,T]
|
Z t 0
σ(Xε(s), Z(s))dWs|
!p
. (4.2)
Soit I1ε(t) =
Z t 0
[b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s))]ds et I2ε(t) =
Z t 0
σ(Xε(s), Z(s))dWs.
Par l’hypothèse H1 et l’inégalité de Hölder ; E(|I1ε|∞)p ≤Cbp
Z t
0
1ds
p q
E
Z
0
|Xε−X0|t∞pdt (4.3) où 1
p + 1 q = 1
E(|I2ε|∞)p ≤ εp2E|
Z t 0
σ(Xε(s), Z(s))|pdWs
≤ εp2E
Z t 0
σ2(Xε(s), Z(s))ds
p 2
≤ εp2E
Z T 0
Kσ2ds
!p2
≤ εp2C(K, p). (4.4)
D’après (4.2)et(4.3),(4.4) il existe une constanteC(p, K, Cb) telle que E
|Xε−X0|∞
p
≤C(p, K, Cb)
E
Z 1 0
|Xε−X0|∞
p
dt+εp2
. Par le lemme de Gronwall, on a :
E
|Xε−X0|∞p ≤εp2C(p, K, Cb)eC(p,K,Cb).
4.2 Preuve du TLC du théorème principal
Comme Vε(t) = Xε(t)−X0(t) h(ε)√
ε et pour h(ε) = 1, on montre que Vε(t) = Rε(t) = Xε(t)−X0(t)
√ε →R0(t) quand ε→0 c-à-d lim
ε→0E(||Rε−R0||) = 0.
Rε(t) = Xε(t)−X0(t)
√ε = 1
√ε
Z t 0
[b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s))]ds+
Z t 0
σ(Xε(s), Z(s))dWs et
R0(t) =
Z t 0
DbX(X0(s), Y(s))R0(s)ds+
Z t 0
σ(X0(s), Z(s))dWs.
Rε(t)−R0(t) =
Z t 0
hσ(Xε(s), Z(s))−σ(X0(s), Z(s))idWs
+
Z t 0
"
b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s)
√ε −DbX(X0(s), Y(s))R0(s)
#
ds
= J1ε(t) +J2ε(t) +J3ε(t) (4.5)
où
J1ε(t) =
Z t 0
hσ(Xε(s), Z(s))−σ(X0(s), Z(s))idWs
J2ε(t) =
Z t 0
"
b(Xε(s), Y(s))−b(X0(s), Y(s)
√ε −DbX(X0(s), Y(s))Rε(s)
#
ds
J3ε(t) =
Z t 0
DbX(X0(s), Y(s))hRε(s)−R0(s)ids.
Etape 1: Estimations de J1ε(t), J2ε(t), etJ3ε(t) J1ε(t) =
Z t 0
hσ(Xε(s), Z(s))−σ(X0(s), Z(s))idWs
E|J1ε(t)|p ≤
Z t 0
CσE(|Xε(t)−X0(t)|p) d’après (H2).
Par la proposition 4.1, pour p >2, on a E(|Xε(t)−X0(t)|p)≤εp2c(p, K, Cb, Cσ)
E|J1ε(t)|p ≤εp2c(p, K, Cb, Cσ). (4.6) Par la formule de Taylor, il existe un champ aléatoire θε(t) qui prend ses valeurs dans (0,1).
b(Xε(t), Y(s))−b(X0(t), Y(t)
√ε
=DbX(X0(t) +θε(t)(Xε(t)−X0(t)), Y(t))
Xε(t)−X0(t)
√ε
=DbX(X0(t) +θε(t)(Xε(t)−X0(t)), Y(t))Rε(t).
CommeDbX est uniformément continue, alors
DbX(X0(t) +θε(t)(Xε(t)−X0(t)), Y(t))−DbX(X0(t), Y(t))
≤CbX0(t) +θε(t)(Xε(t)−X0(t))−X0(t)
≤Cb|θε(t)(Xε(t)−X0(t))|
≤Cb|Xε(t)−X0(t)|.
On a,
|J2ε(t)| ≤
Z t 0
|(Xε(s)−X0(s))Rε(s)|ds≤√ εC
Z t 0
|Rε(s)|2ds.
Pour p >2,
E(|J2ε(t)|)p ≤εp2
Z t
0 E(|Rε(s)|2)ds≤εp2C. (4.7) J3ε(t) =
Z t 0
DbX(X0(s), Y(s))hRε(s)−R0(s)ids
|J3ε(t)| ≤CDb
Z t 0
|Rε(s)−R0(s)|ds. (4.8)
Par l’inégalité de Gronwall appliquée à |Rε−R0|,on a
E|Rε(t)−R0(t)|p ≤εp2c(p, K, Cb). (4.9) Etape 2 : Pour p > 2 et pour t ∈ [0;T] et par l’inégalité de Burkholder-Gandy-Devis (voir Revuz-Yor cf[20] ) ; on a
E|J1ε(t)−J1ε(s)|p ≤ CpE
Z t
s
σ(Xε(s), Z(s))−σ(X0(s), Z(s))2du
p2