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LA AUNE AVRIL 1982

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

AU QUÉBEC

PAR

YVAN TURGEON

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC MINISTERE DU LOISIR DE LA CHASSE ET DE LA PECHE DIRE

CTION

GENERALE DE

LA AUNE AVRIL 1982

(2)

Lntroduction

1.0 Définitions

2.0 Pisciculture

2.1 Caractéristiques du site 2.1.1 Bassin versant

2.1.2 Alimentation en eau

2.1.2.1 Qualité sanitaire 2.1.2.2 Quantité

2.1.2.3 Température

2.1.2.4 Caractéristiques physico-chimiques 2.1.3 Pente et dénivellation

2.1.4 Services disponibles 2.1.5 Conditions climatiques

2.1.6 Eloignement des centres d'habitation 2.2 Choix du responsable de l'entreprise

3.0 "Sea-Ranching"

3.1 Approvisionnement abondant en saumoneaux

(3)

3.2 Les taux de recapture

3.2.1 Taux de retour au site du lâcher 3.2.2 Taux de recapture global

3.3 Etudes à réaliser avant de mettre en place des opérations de u sea-ranching"

3.3.1 Diminution du coût des saumoneaux 3.3.2 Augmentation des taux de retour

3.3.2.1 Lâcher différé 3.3.2.2 Etang de relâche 3.3.2.3 Rusticité

3.3.2.4 Vaccination anti-vibriose 3.3.2.5 imprégnation artificielle 3.4 Mise en garde

3.5 Truite de mer

4.0 "Sea-Farming"

4.1 Types de "sea-farming"

4.2 Choix d'un site

4.2.1 Qualité de l'eau 4.2.2 Autres facteurs

4.3 Approvisionnement en saumoneaux 4.4 Approvisionnement en nourriture 4.5 Rentabilité

(4)

5.0 Discussion

5.1 Pisciculture en eau douce 5.1.1 Faisabilité

5.1.2 Rentabilité 5.2 "Sea—Ranching"

5.3 "Sea—Farming"

5.3.1 Faisabilité 5.3.2 Rentabilité

5.3.3 Intérét particulier

5.3.3.1 Reproduction et alevinage

5.3.3.2 Grossissement en eau douce ou saumâtre 5.3.3.3 Grossissement en eau salée

5.3.3.4 Approvisionnement en nourriture 5.3.3.5 Conclusion

(5)

Le présent document 'un caractère informatif et n'a pas été pré- paré dans le but de servir de référence à l'établissement d'une industrie piscicole ou pour encadrer un projet de recherches.

L'objectif est donc de mettre en valeur certains principes relatifs à la pisciculture et à l'élevage en mer et de sensibiliser le lecteur aux pro- blèmes et solutions qui peuvent se présenter.

1.0 Définitions

La pisciculture, dans un sens restreint ou historique, est l'élevage du poisson en eau douce. Occasionnellement, les termes aquiculture, piscifacture, salmoniculture, sont employés dans le même sens. Lors- que l'eau salée est utilisée par la suite pour parfaire la croissance des poissons produits initialement en eau douce, on parle alors d'opé- rations de repeuplement, de u sea-ranching u et de "sea-farming".

Le repeuplement est un déversement de poissons qui vise le rétablisse- ment d'une population, suite à une perturbation non-répétitive du milieu et/ou de cette population. Les poissons déversés migrent vers des territoires favorables à l'achèvement de leur croissance et de leur maturité, et reviennent sur les lieux du déversement pour se reproduire et contribuer ainsi à l'augmentation du stock. Le "sea-

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ranching" procède de la mime façon que le repeuplement mais le but visé est la récupération, à des fins commerciales, des poissons adultes, lors de leur retour. Cette récolte se fait habituellement à l'entrée des rivières. Pour l'opération de "sea-farming", les poissons, après leur élevage en eau douce, sont gardés en captivité en milieu marin. (Fig. 1)

A peu près toutes les espèces de salmonidés migrateurs font l'objet d'opérations d'élevage en milieu marin mais, au Québec, ce type d'élevage est limité de façon réglementaire au saumon de l'Atlanti- que (Salmo salar) et à l'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis).

2.0 Pisciculture

C'est, parmi les trois types d'élevage précédemment mentionnés, le seul type que l'on retrouve actuellement au Québec. La pisciculture, qui a longtemps été considérée comme un art, est maintenant une science précise qui applique des techniques connues et éprouvées. La clé du succès d'un établissement piscicole tient essentiellement à deux fac- teurs:

les caractéristiques du site,

le choix du responsable de l'entreprise.

(7)

EAU DOUCE EAU SALÉE ti

GÉNITEURS FRAYE ARTIFICIELLE /0611.11.M. Les oeufs sont incubés dans l'écloserie Les alevins sont élevés jusqu'au stade de saumoneaux dans des bassins de pisciculture ou en ruisse pépinière 1. mENT

'CYCLE NATUREL CYCLE D'ELEVAGE Récolte du sea-ranching Pêche de subsistance REMONTÉE GÉNITEURS RIVIÈRE EN "*".•.. ...„ ENTRÉE '...„ EN Pêche **".... RIVIÈRE cotière "--... Pèche hauturière TERRE-NEUVE / s. • '1'4M> f

•• QUÉBEC

Pêche sportive J. FRAYE ÉCLOSION DES OEUFS GROSSISSEMENT DES JEUNES DÉVALAISON DES SAUMONEAUX INDIGÈNES I VERS LA MER Saumoneau GROENLAND MIGRATION Géniteurs • Commercialisation CAGES OU ÉTANGS MARINS

Fig. 1. Cycle naturel, cycle d'élevage et récoltes du saumon de l'atlantique.

(8)

2.1 Caractéristiques dry site

La valeur d'une station piscicole repose avant tout sur la qualité de son site. Le site doit donc satisfaire à de multiples critères et il constitue, de fait, le point essen- tiel qui englobe tous les éléments énumérés ci-dessous.

2.1.1 Bassin .

versant

Idéalement, le propriétaire d'une station piscicole devrait posséder tout le bassin versant.. C'est la seule façon d'être certain que l'approvisionnement en eau de sa pisciculture ne sera pas éventuellement con- taminé. Etant donné que cette condition est rarement possible, il faut donc vérifier l'utilisation actuelle et future du bassin versant:

- urbanisation, - agriculture,

® foresterie, mines, etc.

De plus, il faut connaître la superficie du bassin ver- sant, son régime pluvial et le régime des crues. La connaissance de ces éléments permettra de déterminer la quantité d'eau disponible et les conditions d'utilisa- tion de cette eau.

(9)

2.1.2 Alimentatibn en eau

2.1.2.1 Qualité sanitaire

Seule l'eau de source ou celle provenant de forage est réputée exempte de contamination*.

On considère, par mesure de sécurité, que l'eau de d'autres types d'approvisionnements (lacs et rivières), peut véhiculer des agents pathogènes. Même s'il est techniquement pos- sible de la désinfecter, des considérations d'ordre économique font en sorte que la désin- fection de l'eau est une mesure d'exception.

En plus de la contamination de l'eau à partir de poissons porteurs* présents naturellement dans les eaux (lacs et rivières) d'alimenta-

tion d'une pisciculture, il peut arriver qu'elles reçoivent un surplus d'agents infectieux, suite à des déversements, à des transports de poissons

* Exempte de contamination, absence d'agents pathogènes (bactéries, virus, parasites.

* Poissons porteurs: Poissons d'apparence saine mais qui contiennent des agents infectieux.

(10)

ou à la présence de d'autres établissements piscicoles situés en amont ou en aval.

Le site devra offrir divers types d'appro- visionnements en eau (eau de source, eau de forage, eau de lac ou de rivière) et il ne devra y avoir aucun établissement piscicole et aucun déversement de poissoné en amont ou en aval.

2.1.2.2 Quantité

La quantité d'eau disponible est le facteur qui détermine l'envergure d'une station pis- cicole, même si l'eau peut éventuellement être ré-utilisée ou recirculée. Les périodes d'étiage devront être prises en compte lors de la détermination des débits disponibles.

2.1.2.3 Température

La croissance des poissons en pisciculture dépend, entre autres choses, de la tempéra- ture de l'eau. En plus des températures minimales et maximales, il faut aussi connaî- tre les moyennes de température, moyennes

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journalières, mensuelles, saisonnières et annuelles.

2.1.2.4 --Caractéristiques physico-chimiques

Toutes les caractéristiques physico-chimiques sont importantes parce que l'excès ou la défi- cience d'un élément en particulier peut mettre la survie du poisson en danger. Cependant, en plus de ces facteurs limitants, on doit appor- ter une attention toute particulière à:

- l'oxygène, - le pH,

la DBO (demande biologique en oxygène), - les MES (matières en suspension).

2.1.3 Pente,et dénivellation

La pente et la dénivellation du site choisi, pour établir une pisciculture, doivent permettre un approvisionnement en eau et un réseau de distribution gravitaires.

2.1.4 Services disponibles

Le site doit être pourvu de nombreux services, tels que:

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— l'accès (il faut tenir compte des routes, de leur déneigement et des périodes de dégel);

- électricité (220 et 550 volts). Il est impor- tant de vérifier la fréquence des pannes;

- téléphone.

2.1.5 Conditions 'cliMaXiques

En plus de la pluviosité, les conditions climatiques telles que le vent, la précipitation sous forme de neige, les écarts de température, la pression atmos- phérique, peuvent influencer le plan de construction.

2.1.6 Eloignement des centres d'habitation

Selon l'éloignement des centres d'habitation, il sera plus ou moins facile de pouvoir compter sur une main- d'oeuvre disponible et intéressée.

2.2 Choix du res•onsable de 1 entre rise

La gestion et la régie d'une station piscicole, les schèmes et prévisions de production, la croissance, la densité et le

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développement futur d'une station sont intimement reliés aux tâches du responsable de l'entreprise, qui devra posséder, au moins, les qualifications suivantes:

- formation scientifique, - formation administrative, - publiciste,

- vendeur,

en plus d'être un parfait bricoleur et de faire preuve d'une imagination innovatrice. Si le responsable ne possède pas ces qualifications, il devra pouvoir y avoir facilement accès (encadrement).

3.0 "Sea-Ranching"

Le "sea-ranching" est une technique relativement récente qui con- siste à élever en eau douce un très grand nombre de jeunes salmo- nidés jusqu'à ce qu'ils soient physiologiquement aptes à passer en mer (stade de saumoneau chez le saumon). C'est la partie piscicul- ture.

Les poissons sont déversés en un endroit qui leur permettra d'émigrer naturellement vers la mer afin d'y poursuivre leur croissance. Après

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un certain temps (1, 2 ou 3 ans), ils reviendront d'eux-mâmes à l'endroit précis où ils auront été lâchés. Ils sont alors récu- pérés pour leur commercialisation et un certain nombre est gardé comme géniteurs pour réamorcer le cycle.

Cette technique d'optimisation de la production naturelle avec une association d'élevages piscicoles semble de prime abord une techni- que très intéressante. En effet, au moment où les saumons demandent une quantité d'aliments énorme pour réaliser leur croissance marine, ils peuvent se nourrir gratuitement dans ce "pâturage océanique".

La réussite ou la rentabilité de cette technique est basée sur les éléments suivants:

3.1 Approvisionnement abondant en saumoneaux

L'élevage intensif de saumoneaux est une technique éprouvée au Québec et, après le développement d'installations adéquates (piscicultures), on peut supposer que l'approvisionnement en saumoneaux ne posera pas de problèmes majeurs.

3.2 Les taux de recapture

La rentabilité de toute la technique de "sea-ranching" est basée fondamentalement sur le taux de retour au site du lâcher ou le taux de recapture global.

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3.2.1 'Taux de retour au site dû lâcher

Il est évident que pour atteindre le seuil de rentabi- lité, le taux de retour au site du lâcher doit demeurer dans un certain ordre de grandeur. Quel est-il?

Un exemple, basé sur des données de base qui reflètent la réalité, permet de fixer rapidement le taux de re- tour minimal. Cet exemple concerne uniquement le saumon de l'Atlantique.

Données de bise

a) Coût d'un saumoneau: 2,00$ pièce b) Prix de vente du saumon

adulte non-éviscéré: 8,80$ le kilogram- me

c) Poids moyen d'un saumon

adulte, au Québec: 4.50 kilogrammes*

Supposons, à titre d'exemple, un déversement de 100,000 saumoneaux:

La somme investie est donc de:

100,000 saumoneaux x 2,00$ pièce: 200 000,00$

* Tiré des données de pêche sportive de 1964 à 1980 et des données de pêche commerciale de 1969,70,71.

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Pour récupérer cette somme de 200 000,00$, il faudra donc récupérer en saumons adultes, au site du lâcher:

200 000,00$ -I' 8,80$ le kilogramme

= 22,700 kilogramm de saumon adulte de saumon

adulte

Le hombre de saumons adultes nécessaire pour

totaliser 22,700 kilos est de 22,700 1 4.5 kilos, soit: 5,044 saumons.

Le taux de retour devra être de:

(5,044 é 100,000) x 100 e 5.04%

Ce taux de retour de 5% est nécessaire pour couvrir uniquement le coût des saumoneaux déversés et il ne tient pas compte des frais de capture, de mise en marché, etc. On suppose aussi dans cet exemple que la recapture (5% des saumoneaux déversés) s'est effec- tuée précisément au site du lâcher. Le retour doit donc être plus grand que 5%, parce qu'il y a toujours un certain taux de divagation, c'est-à-dire .que des poissons ne retrouvent pas le site du lâcher et remon- tent d'autres rivières situées à proximité. De fait, le point de rentabilité d'une ferme produisant 200,000 saumoneaux par année a été estimé à 7.2% de recaptures (amortissement et bénéfices).

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Le problème majeur que soulève cet exemple est qu'un taux de retour de 5%' n'a jamais été atteint au Québec, et qu'il l'a- rarement été sur toute la côte Atlantique.

Le meilleur pourcentage de retour enregistré a été de 2.79%.

3.2.2 Taux de recapture global

La rentabilité globale des opérations de "sea-ranching"

pourrait peut-être apparaître positive au plan collectif, c'est-à-dire provincial, national et international.

Une fois les saumons rendus dans l'océan, ils deviennent propriété commune (res communis) au même titre que les saumons naturels, et ils peuvent être capturés par tous les intervenants que l'on peut imaginer (Grognland, Terre-Neuve, etc.). Pour être rentable au plan collec- tif, le "sea-ranching" supposerait donc la mise en

place d'une réglementation permettant la perception d'un genre de droits régaliens au prorata des saumons qui proviennent des saumoneaux déversés. Encore là, cette avenue frise l'impossibilité tant dans sa formulation légale que dans son application pratique, sauf dans la mer Baltique où une approche du genre existe.

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3.3 Etudes -à réaliser avant de mettre en place des opérations de "'sea-ranching"

Si certains problèmes particuliers étaient résolus, le "sea- ranching" pourrait peut-être devenir envisageable. Ces points sont:

- diminution du coût des saumoneaux,

- augmentation des taux de retour au site.

3.3.1 ZiMi'nutfo . coût -des 'Saumoneaux

Il pourrait être possible de diminuer de façon tangible la durée d'élevage en eau douce des saumoneaux, c'est- à-dire de produire des saumoneaux âgés de 1 an au lieu de saumoneaux 2 ans + . La durée d'élevage serait donc raccourcie d'à peu près la moitié. Les techniques qui devraient être développées sont:

- le réchauffement de l'eau, - le recyclage des calories, - l'élevage en circuit fermé.

3.3.2 Augmentation des taux de retour

De nombreux moyens ont été suggérés pour augmenter

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les taux de retour. Tous ces moyens présentent un intérêt pour le "sea-ranching" mais aussi pour les opérations de repeuplement du Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche. C'est donc dire que toute étude ou expérience faite en ce sens ne pour- rait être que bénéfique. Ces études pourraient être:

Cliste non-exhaustive)

- le lâcher différé, - l'étang de relâche, - la rusticité,

- la vaccination anti-vibriose, - l'imprégnation artificielle.

3.3.2.1 Lâcher différé

Le lâcher différé est une technique qui consis- te à retenir intentionnellement en eau saumâtre, quelques semaines après la date normale du dé- versement, des saumoneaux qui sont physiologi- quement prêts à la migration en mer. Cette

technique devrait avoir comme effet de provoquer une diminution considérable de l'amplitude de la migration et une augmentation des taux de retour, parce que les poissons évitent ainsi les pêches étrangères. Cette technique n'a pas été expérimentée au Québec.

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Le lâcher différé est dépendant de deux conditions primordiales:

la proximité d'un riche pâturage,

des températures qui se maintiennent au-dessus de 0°C, durant l'hiver.

3.3.2.2 Etang de relâche

Il a été démontré que, pour des conditions identiques de température de l'eau, de nutrition et de photopériode, il peut y avoir une variation de six semaines dans l'apparition du stimulus de l'avalaison et que la date de l'ensemencement a une influence directe sur le taux de recapture, en ce sens que plus l'ensemencement coïncide avec le temps de la migration, plus le taux de recapture est élevée La seule façon de déterminer avec précision le moment idéal où les saumoneaux doivent âtre libérés est par un examen systématique de la Na m K ATPase branchiale qui représente un excellent indi- cateur du comportement migratoire actif.

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Le choix précis de l'époque du lâcher, qui doit tenir compte des caractéristiques géné- tiques d'une population donnée, des conditions climatiques et de la taille des poissons, est susceptible de modifier considérablement les taux de survie en mer en diminuant les pério- des de stationnement en rivière ou en estuaire.

L'étang de relâche permet aux saumoneaux de migrer à volonté et empêche les surdensités en certains points de la rivière, en plus de concilier en même temps de nombreux avantages en ce qui concerne le transport. De plus, de tels étangs peuvent augmenter substantiellement la production des piscicultures en permettant un déplacement des tacons 0+ , de l'intérieur vers l'extérieur, plus hâtif le printemps. On sait, par expérience, que la croissance des tacons 0+

ne redémarre le printemps, qu'une fois qu'ils sont placés dans des bassins de plus grande dimension, bassins qui sont habi- tuellement situés à l'extérieur. Les étangs de relâche ont donné des taux de recapture d'adultes plus élevés comparativement à l'ense- mencement en rivière, de l'ordre de 15 à 45%, c'est-à-dire dans une expérience de 6.7% à

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partir de l'étang, comparativement à 2.9%

â partir de la rivière et dans une autre de 3.8% comparativement à 0.6% à partir de la rivière. Ces étangs doivent cependant répon- dre à certaines modalités de construction.

Aucun essai n'a encore été réalisé au Québec.

3.3.2.3 Rusticité

L'amélioration de la rusticité des saumoneaux d'élevage pourrait permettre d'augmenter les taux de retour. Cette rusticité peut âtre obtenue par:

- élevage en milieu semi-naturel, élevage en eau saumâtre (estuaire).

3.3.2.4 Vaccination anti=vibriose

Il a été émis, comme hypothèse, qu'un des facteurs qui affectent le taux de retour des saumoneaux est une maladie, présente en es- tuaire, la vibriose (Vibrio anguillarum).

Cette maladie est clairement associée à des stress tels que la température, la capture,

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les manipulations et le transport. Il se peut, même si cette affirmation n'est que spéculative, que les saumoneaux transportés et ensemencés, c'est-à-dire en état de stress important, s'infectent lors de leur passage dans les estuaires, où il y a présence de Vibrio anguillarum, et meurent par la suite.

La seule façon de circonscrire cette maladie est la vaccination anti-vibriose. Le vaccin existe mais il n'est efficace que sur la côte Ouest de l'Amérique.

Présentement, le M.L.C.P. effectue, en colla- boration avec une firme privée, des tests pour vérifier l'efficacité d'un nouveau type de vaccin, pour le saumon de l'Atlantique.

3.3.2.5 Imprégnation artificielle

Le rôle de l'imprégnation olfactive des saumo- neaux dans le phénomène de retour des adultes à la rivière d'origine, est bien connu. La prépondérance de l'olfaction a été démontrée mais également la possibilité de surimposer des odeurs chimiques à "l'odeur naturelle" de la rivière, par l'emploi de morpholine (amine

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hétérocyclique) à faible concentration (5 x 10-5 mg/1). Un essai a été réalisé

au Québec mais le projet a été abandonné.

3.4 Mise en--garde

El faut toujours distinguer le "sea=ranching" et les opéra- tions de repeuplement effectuées par le M.L.C.P. Le "sea- ranching" est une opération soumise à des impératifs de rentabilité, alors que les opérations de repeuplement ont pour but d'augmenter une population donnée, après une certai- ne période d'interventions. Le jugement de valeur à porter sur ces deux types d'opérations est donc différent.

4.0 "Sea-Farming"

Comme le "sea-ranching", le "sea-farming" est une technique qui consiste à élever, dans un premier temps, en eau douce, un très grand nombre de jeunes salmonidés jusqu'à ce qu'ils soient phy- siologiquement aptes à passer en mer. A ce stade, ils sont trans- férés dans le milieu marin mais, dans ce cas, ils continuent à y être gardés en captivité. Il faut donc continuer à les nourrir et à leur procurer les soins qu'ils exigent.

Les saumons sont habituellement commercialisés à l'âge de trois à quatre ans, à un poids de quatre à cinq kilogrammes. Les saumons de l'Atlantique produits par les piscicultures marines commerciales,

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en Norvège, en Ecosse, en Espagne, en France et dans la Baie de Fundy, sont considérés comme ayant une qualité comparable aux poissons récoltés à l'état sauvage et leur taux de croissance en captivité est sensiblement comparable à celui des poissons en liberté.

4.1 Types de "s a-farmine

Tel que précédemment défini, le "sea-farming" est l'élevage en milieu marin et cet élevage peut se faire dans diverses instal- lations, en fonction de la qualité et de la disponibilité des sites.

cages flottantes, - baies ou estuaires, - cages immergées ou submersibles,

- étangs à marée (avec ou sans pompage), - barachois,

- bassins à terre (avec pompage), - utilisation d'effluents thermiques.

4.2 Choix d'un site

Les critères de sélection d'un site pour le "sea-farming"

sont nombreux.

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4.2.1 Qualité de l'eau

Le facteur le plus important et sûrement le facteur déterminant la faisabilité du "sea-farming" au Québec, est la qualité de l'eau et en particulier la températu- re de l'eau.

Avec l'utilisation d'étangs, d'enclos ou de cages, l'eau salée, en hiver, peut atteindre - 1.8°C à 30%o de salini- té, ce qui est en-dessous de la température létale du

saumon Atlantique juvénile (= 0.7°C). De façon pratique,

la température de l'eau, l'hiver, ne devrait pas âtre en-des-sous de 10C. Avec les conditions climatiques qui prévalent au Québec, il faudra expérimenter et dévelop- per diverses techniques permettant de pallier la basse température de l'eau. Ces techniques pourraient âtre:

- élevage en estuaire où la salinité est moins élevée,

- réchauffement de l'eau,

- transfert en eau douce (bassins, étangs ou- lacs) durant la période hivernale.

Cette dernière est peut-âtre la solution la plus intéressante. En effet, des recherches ont démontré

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que le saumon de l'Atlantique a une tendance à croître plus rapidement en eau salée au printemps et à l'été, tandis que cette croissance serait plus accentuée en eau douce durant l'automne et l'hiver.

Ces recherches nous portent à croire qu'un passage du saumon d'un milieu d'eau salée à un milieu d'eau douce durant sa phase naturellement marine, n'affec- terait pas négativement sa croissance. Des essais fructueux ont été réalisés en ce sens à la piscicul- ture de Tadoussac.

4.2.2 Autres 'fac'teurs

- protection contre le mouvement des glaces, - protection contre les vagues et les tempêtes, - circulation de l'eau,

- absence de sources de pollution,

- non-interférence avec d'autres pêcheries ou avec la navigation.

En plus des caractéristiques propres du site, il va sans dire que les qualités du site énoncées, dans la section pisciculture, doivent aussi s'appliquer.

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4.3 Approvisionnement en saumoneaux

Le "sea-farming" est dépendant d'un approvisionnement adé- quat et constant de saumoneaux et ce, à un prix raisonnable.

4.4 A rovisionneMent en nourriture

Le poste budgétaire le plus important est la nourriture dis- tribuée aux saumons (30 à 40% du coût de production).

La diète peut être constituée de:

- gaspareau, d'hareng, de capelan et de d'autres poissons hachés,

- farine de hareng, - farine de crevettes, - huile de hareng,

adjuvant vitaminé.

Le poisson haché et la farine de poissons représentent la majeure partie de l'alimentation.

4.5 Rentabilité

Le point de rentabilité d'une opération de "sea-farming"

(29)

se situe au-dessus de 20 tonnes de production annuelle.

5.0 Discussion

On peut se demander si les méthodes d'élevage précédemment dé- crites rencontrent les critères de faisabilité et de rentabilité au Québec.

5.1 Pisciculture en eau douce 5.1.1 Faisabilité

Le nombre de piscicultures privées qui sont en opération démontre clairement la faisabilité de cette opération.

5.1.2 Rentabilité

Au Québec, il existe une industrie piscicole établie depuis plusieurs années. Même si un certain nombres de stations piscicoles sont modernes, il en existe encore plusieurs à faible efficacité.

Pour de multiples raisons, les coûts de production sont souvent trop élevés; dans bien des cas, la com- pétition avec les produits étrangers est difficile.

De plus, plusieurs pisciculteurs sont aux prises au printemps avec des milliers d'alevins qu'ils écoulent

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difficilement. A l'heure actuelle, il existe une demande intéressante pour les salmonidés dont la longueur varie entre vingt et trente-cinq centimètres. Les stations piscicoles dont le volume dépasse les trente tonnes ont certainement plus d'avenir que celles à production inférieure.

Les marchés existants présentement pour l'omble de fontaine et le saumon Atlantique sont les suivants:

® ensemencements pour la restauration du milieu;

- pêche en étang;

vente de certains stades d'élevage (oeufs, alevins, fretins, etc.)à d'autres producteurs;

Ce dernier aspect peut présenter un intérêt certain, en autant que les produits vendus pourront présenter des caractéristiques particulières, telles que:

- croissance accélérée en fonction de la saison;

- croisements génétiques particuliers;

- indemnité ou résistance à certaines maladies.

5.2 "Sea-Ranching"

Comme précédemment démontré, le "sea-ranching" du saumon de l'Atlantique ne peut être rentable au Québec tant et aussi longtemps que les taux de retour au site du lâcher n'oscille- ront pas autour de 7 à 8%. Il y a donc de nombreuses recherches

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à entreprendre en ce sens. Il faut signaler, par contre, que les résultats de ces recherches pourront servir en même temps à l'amélioration des techniques de restauration du milieu (repeuplement).

De plus, la truite de mer pourrait aussi faire l'objet du

"sea-ranching" et sa migration restreinte est peut-être gage de succès. Cependant, sur cet aspect, une étude de faisabilité, et surtout de rentabilité, devra être effectuée avant de pouvoir se prononcer.

5.3

"Sea—Farming

Aucune étude n'a été réalisée sur la rentabilité et sur la faisabilité éventuelle du "sea-farming" au Québec.

5.3.1

Faisabilité

Certains tests nous portent à être optimistes. En effet, lors d'essais à la pisciculture de Tadoussac, essais qui avaient uniquement pour but d'essayer d'aug- menter à cette station la capacité de production par l'utilisation de l'étang d'eau saumâtre, des saumons ont atteint des poids de 1 kilogramme en trois ans.

Ce poids d'un kilogramme après trois ans d'élevage peut sembler de prime abord insuffisant pour le "sea-farming"

(32)

mais il est à signaler que l'expérimentation n'a pas été faite en vue d'un élevage intensif. Conséquemment, les conditions d'expérimentation étaient, dans ce sens, loin d'être optimales.

La preuve en est encore à faire et, de fait, cette preuve consiste à tenter l'élevage dans un site jugé comme favorable, pendant un cycle complet. Il est cependant à signaler que toutes les études de faisa- bilité ou de développement de techniques, en relation avec le "sea—farming", devront comprendre un INTERIM GOUVERNEMENTAL, en occurence celui du M.L.C.P. De fait, tant et aussi longtemps que cet élevage sera en développement, le M.L.C.P. devra agir en tant que prin- cipal promoteur, et ce pour différentes raisons:

le M.L.C.P. est le seul à posséder, actuellement, l'expertise et les installations nécessaires à la production de saumoneaux, qui sont le produit de départ. Sans savoir si le "sea-farming" pour- ra être rentable, il ne sert à rien de consentir des investissements importants pour la production de saumoneaux. Ils devront être fournis par le M.L.C.P.;

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- le "sea-farming" doit générer ses propres repro- ducteurs pour s'affranchir des populations natu- relles. Tant que cette étape n'aura pas été réalisée, les oeufs devront provenir des popula- tions naturelles, sous la juridiction du M.L.C.P.;

- le "sea-farming" et encore plus le "sea-ranching", peuvent avoir des impacts sur les populations natu- relles: santé, lignée, compétition intra-spécifique.

5.3.2 Rent-abillté

On peut facilement supposer que la demande de saumon est importante, et ce sous toutes ses formes: frais, congelé, fumé et en conserve. La rentabilité sera donc dépendante, non pas du marché en tant que tel, mais du coût des pro- duits. La variété des produits présentement mis en marché en fait preuve. La conquête du marché sera donc une ques- tion de prix; il faudra que les produits québécois affi- chent des prix inférieurs à ceux des produits importés.

C'est à cette seule condition que la rentabilité du "sea- farming" peut être atteinte.

Pour la truite de mer, il est beaucoup plus difficile de se prononcer, à savoir si un marché existe ou non.

(34)

5.3.3 Intérêt particulier

Le u sea—farming" présente un intérêt particulier parce que l'opération en tant que telle peut être divisée et réalisée par étapes. Ces étapes sont ou pourraient être les suivantes:

® reproduction et alevinage,

® grossissement en eau douce ou saumâtre, - grossissement en eau salée,

- approvisionnement en nourriture.

5.3.3.1 Reproduction et alevinage

La reproduction et l'alevinage comprennent les opérations suivantes:

- capture, élevage ou reconditionnement des géniteurs.

Présentement, au Québec, les saumons géniteurs sont capturés en milieu naturel. Une fois frayés, ils sont relâchés dans les jours qui suivent et on sait que, malheureusement, un très fort pourcentage d'entre eux ne survit

(35)

pas, comme pour les reproducteurs naturels.

Cependant, il est possible, en employant des techniques connues, de conserver ces saumons pour obtenir une deuxième et une troisième fraye. Le reconditionnement des géniteurs peut être une source importante d'oeufs de saumon pour des projets de reconstitution de stocks dans des rivières où le nombre de géni- teurs est très faible, pour pallier aux diffi- cultés d'approvisionnement dans certaines ri- vières et pour les expériences de "sea-farming".

- Fraye,

- incubation des oeufs,

- début d'alimentation des alevins.

Ces opérations n'exigent pas de très grandes quantités d'eau, mais cette eau doit être

idéalement exempte de germes pathogènes et des installations de réchauffement, de récupération des calories et de recirculation devront être disponibles pour accélérer le développement des premiers stades et permettre ainsi la production de saumoneaux 1+

pour le "sea-farming".

(36)

5.3.3.2 Gro-s'sd-'ssnie-nt-.eri eau douce ou saumâtre

Le grossissement en eau douce est l'étape qui amène les tacons 0+ au stade de saumo- neaux. Cette opération peut s'effectuer en eau douce en pisciculture intensive, et des étangs saumâtres peuvent être utilisés vers la fin de l'élevage. Les installations et les quantités d'eau nécessaires sont très importantes.

5.3.3.3 Grossissement en eau salée

Cette étape est la partie constituante du

"sea-farming" et elle peut être encore là subdivisée en plusieurs sites, c'est-à-dire que les opérations 5.2.3.1 et 5.2.3.2 peuvent desservir plusieurs industries de "sea-farming".'

5.3.3.4 Approvisionnement en nourriture

Etant donné que le poisson frais ou congelé constitue la majeure partie de l'alimentation en eau salée, l'approvisionnement en nourriture, c'est-à-dire la capture et la conservation des poissons destinés à cette fin, peut constituer une activité rentable en elle-même.

(37)

5.3.3.5 CohclUCIbn

Cette division en plusieurs composantes

- facilite l'inventaire des sites, en ce sens qu'il est beaucoup plus aisé de sélectionner un site qui convienne â une seule étape, qu'un site qui puisse satisfaire, à la fois, toutes les exi- gences de toutes les étapes;

- utilise le plein potentiel des sites retenus;

- permet une spécialisation du personnel et de l'instrumentation;

- atténue les risques des groupes impliqués.

(38)

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