HAL Id: jpa-00246196
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Submitted on 1 Jan 1990
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Elastoplasticité des métaux en grandes déformations : comportement global et évolution de la structure interne
P. Lipinski, J. Krier, M. Berveiller
To cite this version:
P. Lipinski, J. Krier, M. Berveiller. Elastoplasticité des métaux en grandes déformations : comporte- ment global et évolution de la structure interne. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1990, 25 (4), pp.361-388. �10.1051/rphysap:01990002504036100�. �jpa-00246196�
Classification Physics Abstracts
62.20 - 62.20F - 46.10 - 81.40E - 46.30
Article de mise au point
Elastoplasticité des métaux en grandes déformations : comportement global et évolution de la structure interne
P. Lipinski, J. Krier et M. Berveiller
Laboratoire de physique et mécanique des matériaux, UA CNRS, Institut Supérieur de Génie Mécanique et Productique, île du Saulcy, 57045 Metz Cedex 1, France
(Reçu le 18 juillet 1989, révisé le 8 janvier 1990, accepté le 9 janvier 1990)
Résumé. - Ce travail propose une approche générale au problème de la détermination du comportement élastoplastique des polycristaux métalliques en grandes déformations à partir des propriétés des constituants.
On discute tout d’abord les effets des paramètres physiques intra et intergranulaires sur les mécanismes de déformation et le comportement global. Le formalisme de Hill est utilisé pour effectuer les transitions d’échelle. Une nouvelle relation intégrale cinématique reliant le gradient de la vitesse locale au gradient macroscopique est démontrée. Plusieurs solutions de cette équation sont proposées et une approche
autocohérente nouvelle est développée. De nouveaux résultats concernant le comportement global des métaux
C.F.C. et C.C. sont présentés. Les surfaces de plasticité initiales et induites pour différents trajets de chargement sont calculées et comparées avec succès aux mesures expérimentales de la littérature.
L’anisotropie du comportement élastoplastique résultant simultanément des contraintes internes du second ordre, des textures cristallographiques et des paramètres d’écrouissage est mise en évidence.
Abstract. - A general approach to the problem of determination of the elastoplastic behavior of metallic
polycrystals at finite transformations is proposed in this paper. At first, the influence of physical intra and intergranular parameters on the deformation process and global behavior of the polycrystal is discussed.
Transition relations, given by Hill, between local and overall scales are used here. A new kinematic integral equation linking the local and global velocity gradients is established. Some solutions of this equation are presented and a new self-consistent scheme is developed. New results concerning the overall behavior of FCC metals are presented. The initial and induced yield surfaces have been calculated for various loading paths.
The successful comparison with the experimented data by Bui, Ikegami and others has been performed. The anisotropy of the elastoplastic behavior of the polycrystal due to the second order internal stresses,
crystallographic and morphologic textures, and hardening parameters has been obtained.
1. Introduction.
La détermination des propriétés effectives des maté- riaux
microhétérogènes
et macrohomogènes à partirde la connaissance des propriétés des constituants,
du rôle des interfaces et de la microstructure de
l’agrégat
constitue un champ de recherches en pleindéveloppement
du fait desapplications
potentiellesque l’on peut en attendre.
Ces approches débouchent sur une meilleure
description des lois de comportement des matériaux et constituent simultanément un outil précieux pour l’élaboration de nouveaux matériaux dans la mesure
où l’effet de la microstructure et du comportement local est traduit directement en termes de comporte-
ment global dans les modèles utilisant des transitions d’échelles.
Concernant les propriétés linéaires, de nombreux modèles ont été proposés
[1-3].
Ledéveloppement
récent des théories
statistiques systématiques
peut être considéré, au moins formellement, commeétant la solution complète et définitive du problème
des milieux
microhétérogènes
à comportements linéaires[4-6].
La situation n’est pas aussi avancée concernant les
propriétés
inélastiques
telles que l’élastoplasticitéArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01990002504036100
des métaux polycristallins. Jusqu’à une date encore récente, les études de plasticité se sont limitées à des
applications des modèles simples de Sachs
[7]
ou de Taylor[8],
ou à d’éventuelles améliorations de ceux-ci.
Une voie nouvelle a été ouverte par Krôner
[3, 9]
au travers des modèles autocohérents qui ont ensuite
été développés par Hill
[10], Budiansky
et Wu[11],
Hutchinson
[12, 13],
Berveiller et Zaoui[14-16]
et Weng[17]
dans le cas despetites
déformations. Leproblème de la formation des textures
cristallogra- phiques
aux grandes déformations a été abordé pour la première fois dans le cadre du modèle de Krôner- Hill[9, 10],
par Hihi et al.[18].
Néanmoins, pour des grandes déformations plasti-
ques, c’est tout l’état microstructural et
mécanique
du
polycristal qui change profondément
avec ladéformation
plastique.
Globalement, on peut distin-guer quatre familles de paramètres
physiques
ouvariables d’état dont l’évolution avec la déformation doit être connue si on veut déduire le comportement tangent actuel.
1)
A l’échelle intracristalline, la multiplicationdes dislocations et l’évolution de leur
répartition spatiale (cellules,
parois,empilements...)
sont res- ponsables del’écrouissage
intracristallin.Logique-
ment, il conviendrait de relier l’état disloqué intra-
granulaire
au comportement du monocristal, cequi
constitue un domaine de recherche largement
ouvert. Actuellement,
l’écrouissage
intracristallinest plutôt décrit par l’intermédiaire d’une matrice
d’écrouissage
[19, 20]
reliant la vitesse de la cissioncritique
sur les systèmes deglissement
à la vitesse duglissement plastique
sur les systèmes actifs. Desinformations concernant cette matrice
d’écrouissage
peuvent être déduites des mesures
expérimentales
de l’écrouissage latent
[19, 20]
mais, là encore, ladétermination
précise
etcomplète
de cette matricereste à effectuer. Malgré l’absence d’outils plus complets et
précis,
cetteapproche
sera utilisée par la suite pour décrire le comportement intracristallin.2)
A l’échelle desgrains (échelle intercristalline),
la désorientation relative des réseaux cristallins constitue une source de contraintes internes par l’intermédiaire des
incompatibilités
du champ dedéformation
plastique.
Ces contraintes internesjouent
un rôle essentiel et fondamental dans laplasticité
des métaux.Pour s’en convaincre, il suffit de se
rappeler
ladéfinition même d’une dislocation et les théories
physiques qui
permettent deprévoir
la nature cristal-lographique
des systèmes deglissement
et les diffé-rents stades d’écrouissage des monocristaux.
Au cours de l’écoulement
plastique,
les contraintes internes se développent du fait desincompatibilités plastiques,
se relaxent(au
moinspartiellement)
grâce à l’accommodation plastique et contribuentainsi, de manière
significative,
au comportementélastoplastique macroscopique (écrouissage
isotropeet
cinématique).
3)
A la même échelle, le mécanisme de glissementplastique
induit une rotationplastique qui,
en rela-tion avec les
équations
de compatibilité de Krô-ner
[21],
entraîne une rotation des réseaux cristallins.Ces rotations sont à l’origine des textures de défor- mation, phénomène connu depuis longtemps et
qui
est, pour une large part, responsable de l’anisotropie
du comportement
élastoplastique macroscopique.
4)
A cette même échelle, on peutsignaler
lechangement morphologique
des grainsqui
se super- pose aux hétérogénéitésplastiques
intra etintergra-
nulaires.
D’une manière
symbolique,
l’ensemble des modifi- cations de l’état structural ainsi discuté est décrit dans lafigure
1.Fig. 1. - Etat d’un polycristal avant et après déformation
plastique (schématique).
[Polycrystal state before and after plastic strain (schema- tic) . ]
Face à une telle
complexité,
il est nécessaired’aborder le
problème
de la détermination des lois de comportementélastoplastiques
àpartir
de simpli-fications « homogènes ».
- Le comportement intracristallin des grains est
construit à
partir
de variablescinématiques
décrivantla vitesse de glissement
plastique
sur les systèmes deglissement
actifs. Leglissement plastique
obéit à laloi de Schmid et
l’écrouissage
intracristallin est décrit par la matriced’écrouissage
discutéeprécé-
demment.
Formulée en vitesse, une telle loi de comporte-
ment a été développée par
Mandel [22],
Hill etRice
[23],
Asaro[24],
Nemat-Nasser[25]
et discutéepar Stolz
[26].
Elle est basée sur une décompositionadditive des vitesses de déformation plastique et élastique proposée pour la première fois par Krô-
ner
[21].
Cette loi de comportement est rappeléedans le chapitre 3.
L’hypothèse de comportement uniforme à l’inté- rieur des grains constitue sans doute l’approximation
la plus forte eu égard aux observations expérimenta-
les concernant les hétérogénéités
plastiques
intragra-nulaires. Le comportement
élastoplastique
du maté-riau étant fortement non linéaire, celui-ci dépend en particulier de l’état de contrainte
(par
l’intermédiaire du critère deplasticité)
et de l’état de déformationplastique
(variables d’écrouissage). L’hypothèse
decomportement uniforme à l’intérieur des grains implique donc l’uniformité des contraintes et défor- mations. On peut considérer cependant, mises à part les interactions
glissement
- joints de grains, que les hypothèsesprécédentes
sont relativement bien vérifiées pour les métaux à faible écrouissage latent,c’est-à-dire ceux pour lesquels le glissement multiple homogène constitue le mécanisme de déformation
plastique prédominant
(cas
de l’aluminium et ducuivre).
- Le cadre général des transitions d’échelles pour les grandeurs
microscopiques
et macroscopi-ques a été discuté par Mandel
[22]
et Stolz[26].
Pourles grandes déformations plastiques, Hill
[27]
sug-gère l’emploi du gradient de la vitesse et des taux des contraintes nominales pour effectuer ces transitions.
Ce choix ramène les opérations
d’homogénéisation
àde simples
opérations
de moyenne volumiquecomme c’est le cas pour les déformations infinitési- males.
Les résultats de Hill sont rappelés dans le chapi-
tre 2 et de nouvelles relations de localisation sont
proposées pour les grandeurs physiques locales décri- vant l’évolution de la microstructure.
- Dans le chapitre 4, on traite le problème de la
localisation cinématique en proposant une équation intégrale similaire à celle que Dederichs et Zeller
[6]
ont démontrée dans le cas de l’élasticité.
Différentes
approximations
proposées pour cetteéquation intégrale conduisent aux modèles classi- ques. Un développement de l’équation intégrale
sous forme de série de Born constitue un premier
pas vers les méthodes statistiques systématiques
pour les solides élastoplastiques. Face à la lourdeur de la formulation et eu égard aux simplifications
faites par ailleurs
(loi
de comportement du monocris-tal, absence d’hétérogénéités plastiques intragranu-
laires...),
cette démarchesystématique
n’est pas poursuivie.- Nous avons préféré développer l’approxima-
tion autocohérente pour
l’équation intégrale, approximation
présentée dans le chapitre 5 en même temps que des indications sur les méthodes numéri- ques développées.C’est également dans le cadre de l’approximation
autocohérente que sont décrites les lois d’évolution de la structure interne du polycristal.
Une telle approximation a été proposée par Iwa- kuma et Nemat Nasser
[28]
pour la plasticité du polycristal en grandes déformations plastiques enutilisant directement la solution du problème d’inclu-
sion adaptée aux problèmes des grandes déforma-
tions. Ici, le fait d’avoir établi la solution du pro- blème d’inclusion à partir de l’équation intégrale
permet des développements ultérieurs basés sur
d’autres approximations de l’équation intégrale.
Par ailleurs, les applications qui ont été dévelop- pées par Iwakuma et Nemat Nasser ne concernent que des problèmes plans à deux systèmes de glisse-
ments imposés a priori. Cette forte restriction ignore
l’un des problèmes centraux de la plasticité des
métaux qui est celui du choix de la combinaison de
systèmes actifs parmi les systèmes de glissements potentiels. Or on sait à partir d’observations expéri-
mentales et de calculs antérieurs
[18]
que le nombreet la nature des systèmes de glissements actifs dépendent fortement du chargement et de l’état d’écrouissage du
polycristal
au travers, notamment, de la formation des textures de déformation.- Dans le chapitre 6, de nombreux résultats
nouveaux obtenus à partir de cette formulation sont
présentés.
2. Transitions d’échelles et localisation.
Pour décrire la réponse du polycristal microhétéro-
gène à un chargement donné, il est nécessaire de connaître le comportement du monocristal et d’effec- tuer les opérations d’homogénéisation. Ces dernières nécessitent la description de l’agrégat et la prise en compte des lois de conservation et de continuité.
S’agissant de matériaux élastoplastiques, il est
bien connu que le comportement correspondant est
de nature incrémentale, c’est-à-dire reliant un
accroissement de contrainte
(ou
un taux decontrainte)
à l’incrément de déformation(ou
à untaux de
déformation).
En négligeant le caractèrevisqueux du comportement
(à froid),
le paramètretemps qui intervient dans les relations constitue une
variable utile pour la description des grandeurs
physiques
ou mécaniques mais ne correspond pas forcément au temps physique.Le choix des grandeurs
conjuguées
contraintes - déformations(ou
de leurvitesse)
pour décrire le comportement local n’est pas forcément celui quifacilite les opérations d’homogénéisation ou qui simplifie les relations
d’équilibre
et de compatibilité.Ainsi, s’il paraît naturel d’employer les contraintes
de
Cauchy,
03C3ij, pour décrire les relations de compor- tement locales et globales, il s’avère que, dans ce cas, les transitions d’échelles sont plus complexes àécrire.
Un autre choix, plus naturel parce qu’il est relié
aux conditions aux limites sur la surface du solide dans la
configuration
actuelle, consiste à utiliser legradient de la vitesse et le taux de contraintes nominales n pour décrire à la fois :
2022 les lois
d’équilibre
et decompatibilité
2022 les transitions d’échelles.
Ce choix
simplifie
leséquations précédentes
maiscomplique légèrement
l’écriture des relations de comportement.Soient nij les composantes du tenseur des contrain-
tes nominales locales et vi le vecteur vitesse au
point
r.Le
gradient
de la vitesse vi,j se décompose en une partiesymétrique dij
et unepartie antisymétrique
Wij telles que :Ces relations assurent la
compatibilité
de la transfor-mation
puisqu’avec (1) l’incompatibilité
du champ dest nulle.
En choisissant la configuration actuelle comme configuration de référence, et en
désignant
par U ij les contraintes de Cauchy, on a :et
p
désigne
la massevolumique
actuelle etfj
les forcesmassiques.
Pour le solide de volume V et de fron-tière S, on impose des forces
surfaciques dFi
tellesque :
On a alors, si
Nij
est constant sur la surface :De même, pour un solide
macrohomogène,
le gra- dient de la vitessemacroscopique Vi,j
s’écrit :Les relations
cinématiques (1), d’équilibre (3)
et lesrelations entre grandeurs locales et globales
(5)
et(6)
prennent alors la même forme que pour les théories en déformations infinitésimales.La forme des relations de comportement local doit également être
exprimée
à partir du gradient de lavitesse locale et des vitesses de contraintes nomina- les.
On pose :
Le tenseur f est déterminé dans le
chapitre
3 à partirdu comportement
élastique
et des mécanismes deglissement
plastique.
En introduisant le tenseur localisation cinémati- que :
le comportement
global
s’écrit :soit
où
Gkp
=Vk, 1 désigne
legradient
de la vitessemacroscopique.
Le tenseur L e caractérise ainsi le comportement du polycristal, mais c’est rarement sous la forme
(9)
qu’est écrite la loi de comportement d’un matériauélastoplastique.
En général, la loi de comportement relie la vitesse corotationnelle de Jaumann des contraintes de Kirchhoff T au tenseur vitesse de déformation D tels que :Si
Dij
peut être aisément déduit des vitesses de déformations localesdij
en prenant lapartie
symétri-que de la relation
(6),
les composantes de T ne se déduisent pas par les moyennes des
grandeurs
locales correspondantes.On utilise alors la démarche proposée par Iwa- kuma et Nemat-Nasser
[28]
consistant à introduire le tenseur Me égal à :où Le est défini par
(9)
et le tenseur Z(contraintes
de Cauchy
macroscopiques)
estégal
au tenseur Npuisque
laconfiguration
actuelle est choisie commeconfiguration
de référence.Ainsi, le
problème global
de la détermination du comportement effectif d’unpolycristal élastoplasti-
que se ramène à la détermination du tenseur local
1(r)
et du tenseur localisationcinématique
A(r).
Ces deux tenseurs sont définis dans les
paragraphes
suivants.
3. Loi de comportement élastoplastique pour le monocristal.
Parmi tous les mécanismes de déformation
plastique
possibles(glissement,
diffusion,maclage...),
nousnous limitons au glissement
plastique cristallographi-
que résultant du mouvement
athermique
des disloca-tions. Ce mécanisme
correspond principalement
à la plasticité à froid des métaux.Nous supposons également que ce glissement a
lieu sous la forme du glissement
multiple homogène,
c’est-à-dire que plusieurs systèmes de glissement
sont actifs à une échelle large par rapport aux dislocations. C’est le cas pour les métaux de forte
énergie
de fauted’empilement (Cu, Al...).
Le
gradient
de la vitesse gij = Vi,j est composéd’une
partie élastique
ge et d’unepartie plastique gP
etpossède
une partiesymétrique
d et une partieantisymétrique w
telles que :La
signification physique
des différentes parties de(3)
est maintenant claire[21, 29].
La partie
plastique gP
résulte de la vitesse deglissement plastique
03B3g sur les différents systèmesactifs.
Si n’ et m r
désignent
respectivement la normale unitaire au plan de glissement et la direction de glissement du système r, on a :Le produit scalaire m * n étant nul, on a
dpkk
= 0 etdkk = dkk
·Soit U ij la contrainte de Cauchy
et a
z * la vitesse deU par rapport au réseau cristallin ; la loi de comporte-
ment
élastique
est écrite sous la forme :où cijk~ sont les constantes élastiques locales et :
La vitesse des contraintes nominales Ii;; est reliée à
et i j
par la relation :En introduisant
(23), (21)
et(22)
dans(16),
on a :Il reste à
spécifier
la forme de lapartie plastique
du comportement pour laquelle nous supposons que la loi de Schmids’applique
et que l’écrouissage estdécrit par une matrice d’écrouissage H.
Un
système r
peut être actif si :où Te est la cission
critique
actuelle du système r.La vitesse de la cission réduite sur
(r )
dépend à lafois de u et de la vitesse de rotation du réseau cristallin w e.
On a :
qui
est égal à :La matrice d’écrouissage relie la vitesse de la cission
critique
ic sur un système r à la vitesse deglissement plastique
s sur un système s :Pour la
partie plastique,
on a alors les relations usuelles :et
et
En utilisant
(21)
et(16),
on a pour les systèmesactifs :
En posant :
la vitesse de glissement
plastique
r est obtenue par :La relation
(24)
devient alors, enremplaçant
03B3r par(31) :
ou encore :
avec :
Le tenseur t
dépend
de l’état de contraintes local par l’intermédiaire de(34)
et des conditions deplasti-
cité
(28)
et de l’orientation du cristal par l’intermé- diaire de c(élasticité
anisotropeéventuellement)
etdes tenseurs R et Q.
Pour un milieu à élasticité isotrope et pour
lequel
le niveau des contraintes d’écoulement est faible par rapport aux modules d’élasticité,
(34)
peut êtresimplifiée
considérablement et se présente sous laforme :
4. Equation intégrale cinématique.
Les
équations
de comportement local étantpréci-
sées, il est nécessaire, pour déterminer le comporte-ment
élastoplastique global,
d’effectuer des transi- tions d’échelles permettant de relier lesgrandeurs
locales aux
grandeurs macroscopiques,
par exemplesous la forme
(8).
Plusieurs méthodes, partant de points de vue différents, ont été
développées.
L’approche
de Hill[27]
ou de Mandel[22]
consisteà introduire formellement un tenseur localisation
(ou concentration)
de la déformation(ou
de lacontrainte)
reliant g à G par la relation :A (r)
étant supposé connu, il est alors facile de déduire la relation en N et G àpartir
des relations de moyenne duchapitre
2.Cette méthode,
qui
telle quelle reste formelle, acependant
l’avantage de pouvoir définir une classede
propriétés
à l’échellemacroscopique
à partir des propriétés locales.Un autre
point
de vue consiste à faire d’emblée deshypothèses
sur les tenseurs de localisation enleur affectant des valeurs données. Ainsi, dans le modèle de Lin
[30],
on suppose que la vitesse de déformation localedij
est égale à la vitesse macrosco-pique
Dij.
Pour le modèle de Taylor[8],
la déforma- tionélastique
est négligée et la déformationplastique
locale est supposée être
égale
à la déformationmacroscopique.
De fait, la détermination des tenseurs de localisa- tion constitue le problème central des méthodes
d’homogénéisation des
propriétés
des milieux micro-hétérogènes. Dans ce travail, ce problème est résolu
en considérant le milieu
microhétérogène
commeétant un milieu continu à microstructure.
On résout alors, pour la
configuration
actuelle, un problème de structure, c’est-à-dire on recherche unesolution
(en
vitesse oucontrainte)
satisfaisant leséquations d’équilibre,
de compatibilité et vérifiantles relations de comportement.
En élasticité, la formulation d’un tel
problème
conduit à une
équation intégrale [6]
dont la solution formelle est analogue à(8).
Enélastoplasticité,
Berveiller et Zaoui
[31]
ont formulé uneéquation intégrale
pour lespetites
déformations.Ici, la même démarche est utilisée pour résoudre le
problème
desgrandes
déformationsplastiques,
formulé en vitesse.
D’après (1), (3)
et(33),
on a à écrire :- les
équations d’équilibre
- les relations définissant d et w à partir du gradient de la vitesse v
- les relations de comportement local
Nous nous limitons ici au
problème
pourlequel
onimpose
sur la frontière actuelle une vitesse Vidonnée.
En éliminant nij de
(37)
et de(39),
on obtient larelation :
Comme pour les milieux linéaires, on décompose le tenseur f en une
partie
uniforme L 0 et les déviations8f (r)
telles que :L’équation (40)
s’écrit maintenant :Le deuxième terme apparaît comme des forces de
volume et on peut utiliser un tenseur de Green G *
adjoint
à(42)
défini par :pour transformer
(42)
enéquation intégrale.
En
multipliant (42)
parGjm(r - r’)
et(43)
parvj(r),
on obtient par différence :avec
Par
intégration
sur V, on a :Si vj
estimposé
sur S, alorsGJm
= 0 sur S et lepremier terme du second membre de
(45)
n’est autreque la vitesse
vm (r’ )
du milieuhomogène
L° soumisaux mêmes conditions sur S.
On a alors :
Soit pour le
gradient
vm, n = 9 lMqui
estl’équation
intégrale recherchée.On note :
Cette
équation
intégrale est valable pour toute structure interne actuelle ycompris lorsque
deshétérogénéités
intragranulaires sont présentes.Par ailleurs, si la solution de cette
équation
estconnue, il est possible de déduire les lois d’évolution de la structure interne
(cissions critiques,
rotationdes réseaux cristallins, forme des
grains... )
à partirde la forme des relations de comportement local
[32].
Nous donnons ces lois d’évolution dans lechapitre
5 pour le cas oùl’équation intégrale
estrésolue par la méthode autocohérente.
Ainsi
qu’il
a étésignalé
dans l’introduction de cechapitre,
leproblème
central de la détermination des propriétés effectives des milieuxmicrohétérogè-
nes consiste à résoudre les
problèmes
de localisation, c’est-à-dire résoudrel’équation intégrale (47).
Nous mentionnons ici les
grandes
classes deméthodes ou modèles
qui
ont étédéveloppés
dans le passé.-
L’approche
deTaylor-Lin
consiste ànégliger l’intégrale
dansl’équation (47),
c’est-à-dire à poser :Puisque
leschargements envisagés
consistent en des solutionsuniformes g°
pour des milieushomogènes, g°
est égal à G et on a :On voit que cette
approximation néglige
de faittoute
hétérogénéité
et ne doits’appliquer qualitative-
ment que pour les milieux faiblement hétérogènes.
-
L’approche statistique systématique
de Krô-ner
[4]
pour les milieuxélastiques
linéaires peut être étendue au cas del’élastoplasticité
en utilisantl’approximation
de Born pour résoudrel’équation intégrale (47).
A partir de la solution de
Lin-Taylor, l’approxima-
tion suivante
(1er ordre)
consiste à substituer auterme g sous le
signe
somme le terme(connu)
G.On a alors
L’approximation
au second ordre s’écrit alorsEn procédant de la même manière pour les ordres
supérieurs, on obtient une solution générale pour
g(r)
sous la forme d’une série infinie. Krôner et Koch[33]
ont montré que la convergence d’une telle série est assurée si le tenseur 1 est local et aléatoire.L’emploi
d’une telleprocédure
de résolution del’équation
intégrale sejustifie
dans la mesure où lecomportement local, les mécanismes de déforma- tion, le rôle des
joints
degrains...,
sont décrits avecla même
précision
que les interactions contenues dansl’équation
intégrale. Ceci n’étant pas réalisé,nous