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Texte intégral

(1)

Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Donzo Bunza Yugia, J.-P. (2015). Langues bantoues de l'entre Congo-Ubangi, RD Congo: documentation, reconstruction, classification et contacts avec les langues oubanguiennes (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres – Langues et Littératures, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/209145/10/5ecec009-1911-4982-abbf-d83707bf41a4.txt

(English version below)

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(2)

ULB

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

FACULTÉ DE PHILOSOPHIE ET LETTRES

UNIVERSITEIT GENT

Langues bantoues de l’entre Congo-Ubangi

(RD Congo)

Documentation, reconstruction, classification

et contacts avec les langues oubanguiennes

Jean-Pierre DONZO BUNZA YUGIA

Thèse présentée en vue de l’obtention du

grade académique de

Docteur en Langues et Lettres (ULB)

Docteur en Langues et Cultures africaines

(UGent)

Sous la direction de Messieurs les

Professeurs

Koen BOSTOEN (UGent-ULB)

Xavier LUFFIN (ULB)

Crispin MAALU-BUNGI (UNIKIN)

(3)

ULB

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

FACULTÉ DE PHILOSOPHIE ET LETTRES

llllll

UNIVERSITEIT

GENT FACULTY OF ARTS AND PHILOSOPHY

Langues bantoues de l’entre Congo-Ubangi

(RD Congo)

Documentation, reconstruction, classification

et contacts avec les langues oubanguiennes

Jean-Pierre DONZO BUNZA YUGIA

Thèse présentée en vue de l’obtention du

grade académique de

Docteur en Langues et Lettres (ULB)

Docteur en Langues et Cultures africaines

(UGent)

Sous la direction de Messieurs les

Professeurs

Koen BOSTOEN (UGent-ULB)

Xavier LUFFIN (ULB)

Crispin MAALU-BUNGI (UNIKIN)

Année académique 2014-2015

(4)

Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, directe... et fausse.

(5)
(6)

TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES... i

TABLE DES ILLUSTRATIONS...vi

Table des cartes...vi

Table des figures...vi

Table des tableaux... vii

ABREVIATIONS...ix

REMERCIEMENTS... xi

INTRODUCTION GENERALE... I 1. Les peuples et les langues de l’entre Congo-Ubangi... 3

2. Les études et les classifications linguistiques... 11

2.1. Etudes sur les peuples et les langues de l’entre Congo-Ubangi... 12

2.1.1. Ecrits d’histoire et d’ethnologie sur les peuples de l’entre Congo-Ubangi ... 12

2.1.2. Ecrits de linguistique comparative... 13

2.1.3. Classifications des langues à l’étude... 14

2.1.4. Présentation des langues bantoues... 18

2.1.5. Présentation des langues oubanguiennes...22

3. Le cadre historico-archéologique...27

4. Le corpus et les objectifs de l’étude...31

5. De la linguistique historique et du contact des langues...34

6. Division de l’étude... 37

I. DOCUMENTATION... 41

CHAPITREl ELEMENTS DESCRIPTIFS DES LANGUES BANTOUES DE L’ENTRE CONGO-UBANGI...43

1. Phonologie... 43

1.1. Les voyelles...44

1.1.1. Contact du préfixe avec l’initiale du thème...46

1.1.2. Contact du radical avec le morphème d’extension... 47

1.1.3. Contact du radical avec la finale ou extension avec la finale...47

1.1.4. Elision vocalique...47

1.1.5. La semi-vocalisation...49

(7)

1.2. Les consonnes...54

1.2.1. Les phonèmes consonantiques... 54

1.2.2. Quelques règles morphonologiques liées aux consonnes... 57

1.3. La tonologie... 62

1.4. Les syllabes...68

2. Morphologie... 69

2.1. Le système des classes... 69

2.1.1. Les augments ou prépréfixes... 70

2.1.2. Les préfixes des classes... 76

2.1.3. Les pronominaux...88 2.2. Le système verbal... 93 2.2.1. Pré-initiale... 93 2.2.2. Initiale... 96 2.2.3. Post-initiale... 98 2.2.4. Formatif... 99 2.2.5. Préfixe objet...101 2.2.6. Suffixe ou extension... 102 2.2.7. Finale...106 2.2.8. Postfinale...108 3. Conclusion... 111 IL CLASSIFICATION ET RECONSTRUCTION... 113

CHAPITRE 2:ETUDE LEXICOSTATISTIQUE ET CLASSIFICATION PHYLOGENETIQUE DES LANGUES BANTOUES...115

1. Lexicostatistique quantitative...118

2. Classification phylogénétique... 125

3.1. Classification externe...130

3.2. Classification interne...134

4. Analyse qualitative des données lexicostatistiques...141

5. Conclusion... 146

CHAPITRE 3 : CORRESPONDANCES PHONOLOGIQUES... 147

1. Correspondances consonantiques... 149

1.1. Consonnes sourdes (*p, *t, *c, *k)...150

1.1.1. L’occlusive bilabiale sourde *p... 150

(8)

1.1.2. Consonne affriquée sourde *c...165

1.1.3. Consonne occlusive sourde *k...173

1.2. Consonnes sonores : *b, *d,*j, *g... 180

1.2.1. Consonnes occlusives sonores *b...180

1.2.2. Consonnes occlusives sonores *d...189

1.2.3. Consonnes affriquées *j... 198

1.2.4. Consonnes occlusives sonores *g...204

1.3. Consonnes nasales... 211

1.3.1. Consonne nasale m...211

1.3.2. Consonne nasale : n...214

1.3.3. Consonne nasale : ny...218

1.4. Consonnes prénasalisées... 220 1.4.1. Consonnes prénasalisées *mb... 220 1.4.2. Consonnes prénasalisées *nd... 223 1.4.3. Consonne prénasalisée *ng... 226 1.4.4. Consonne prénasalisée *mp...228 1.4.5. Consonne prénasalisée *nt... 228 1.4.6. Consonne prénasalisée *nk... 230 1.4.7. Consonne prénasalisée *nj... 230 1.4.8. Consonnes prénasalisées *nc... 232

1.5. Synthèse sur les réflexes des consonnes... 232

2. Correspondances vocaliques... 234

2.1. Voyelles du premier degré : i, u...234

2.1.1. Voyelle du premier degré : *i... 234

2.1.2. Voyelle du premier degré : *u... 236

2.2. Voyelles du deuxième degré : *i, *o... 239

2.2.1. Voyelle du deuxième degré :*i... 239

2.2.2. Voyelle du deuxième degré : *o... 243

2.3. Voyelles du troisième degré : *e, *o... 246

2.3.1. Voyelle du deuxième degré : *e... 246

2.3.2. Voyelle du deuxième degré : *o... 249

2.4. Voyelles du quatrième degré : *a... 253

(9)

3. Correspondances tonologiques...257

3.1. Les schèmes tonals des nominaux... 258

3.1.1. Schème *BB... 258

3.1.2. Schème *BH...259

3.1.3. Schème *HH...261

3.1.4. Schème *HB... 264

3.2. Synthèse... 266

CHAPITRE 4 : RECONSTRUCTION ET CLASSIFICATION INTERNE...269

1. Les Proto-phonèmes... 271

1.1. Les réflexes des consonnes sourdes...272

1.1.1. La labiale sourde *p... 272

1.1.2. La dentale sourde *t...273

1.1.3. La vélaire sourde *k...275

1.1.4. L’affriquée sourde *c... 276

1.2. Les réflexes des occlusives sonores...278

1.2.1. La labiale sonore *b... 278 1.2.2. La dentale *d... 279 1.2.3. La vélaire sonore *g... 280 1.2.4. L’affriquée sonore *j...281 1.3. Le nasales... 281 1.3.1. La nasale *ny... 281 1.3.2. La prénasalisée *nt...282 1.3.3. La prénasalisée *nj...283

1.4. Les Protophonèmes consonantiques reconstruits... 283

2. Vocabulaire du proto-congo-ubangi... 285

2.1. Les séries comparatives...286

2.2. Evidences lexicales... 287

2.2.1. Les innovations séries comparatives générales... 288

2.2.2. Les innovations exclusives au proto-ubangi-bantu... 296

2.2.3. Les innovations exclusives au proto-congo... 299

3. Conclusion...300

III. CONTACTS DES LANGUES... 303

CHAPITRE 5 iCONTACT DES LANGUES ET EMPRUNTS LEXICAUX...305

(10)

1.1. Quelques items lexicaux d’emprunt...313

1.1.1. Des langues oubanguiennes aux langues bantoues... 313

1.1.2. Des langues bantoues aux langues oubanguiennes... 315

1.2. Discussions autour de certains items bantous... 316

1.2.1. Animaux... 316

1.2.2. Poissons... 322

1.2.3. Agriculture... 325

2. Conclusion...331

CHAPITRE 6 EMPRUNTS PHONOLOGIQUES... 333

1. Les consonnes labiovélaires... 333

1.1. Observation du fait... 334

1.2. Labiovélaires comme résultat du contact... 336

1.3. Les labiovélaires en lingombs... 337

2. Les consonnes implosives... 358

2.1. Observation du fait... 359

2.2. Implosives comme réflexes du proto-bantu...362

2.3. Implosives comme résultat du contact... 363

2.4. L’implosive en ebudzâ... 368

3. Cadre sociolinguistique des contacts...378

4. Conclusion... 385

CONCLUSION GENERALE... 389

BIBLIOGRAPHIE...403

ANNEXES... 421

ANNEXE 1 : LISTE DE SWADESH-TERVUREN...423

ANNEXE 2 ; LISTE DE LEIPZIG-JAKARTA... 427

ANNEXE 3 ; SERIES COMPARATIVES GENERALES...433

(11)

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Table des cartes

Carte 1 : Les Territoires entre Congo-Ubangi (adaptation de Saint Moulin (2005))... 11

Carte 2: Classification des langues africaines d’après Greenberg (1963)... 15

Carte 3 : Les langues à l’étude...27

Carte 4 : Migrations bantoues et sites archéologiques (Ehret et Posnansky 1982)... 29

Carte 5: Langues bantoues de la zone C...129

Carte 6 : Carthographie des sous-groupes linguistiques...137

Table des figures

Figure 1 : Classification de la famille Niger-Congo (d’après Williamson et Blench (2000)) 16 Figure 2 : Le groupe bantu (adaptation de Williamson et Blench (2000))... 17

Figure 3 : Le groupe oubanguien (adaptation de Williamson et Blench (2000))... 18

Figure 4 : classification phylogénétique de 401 langues bantoues par zone (Grollemund et al. En élaboration)... 132

Figure 5 : Classification phylogénétique de 401 langues bantoues par langue...133

Figure 6; Réseau phylogénétique de 52 langues (Neighbor-Net)... 135

Figure 7 : Arbre bayésien d’indentification des sous-groupes... 138

Figure 8 ; Identification des sous-groupes sur le réseau phylogénique... 139

Figure 9 : Arbre Neighbor-Joining des langues de la zone C...140

Figure 10 : Classification phylogénétique des langues de l’entre Congo-Ubangi... 142

Figure 11 : Classification des langues bantoues du nord-ouest par Motingea (1996)...270

Figure 12 : Sous-groupement des langues du proto-congo-ubangi... 271

Figure 13 : Réflexes de *p... 272 Figure 14 : Evolution de *p... 273 Figure 15 : Réflexes de *t... 274 Figure 16 : Evolution de *t... 275 Figure 17; Réflexes de *k... 276 Figure 18 : Réflexes de *c... 277 Figure 19 : Evolution de *c... 277 Figure 20 : Réflexes de *b... 278 Figure 21 : Réflexes de *d... 279 Figure 22 : Réflexes de *g... 280 Figure 23 : Réflexes de *j... 281

(12)

Figure 25 : Réflexes de *nt... 282

Figure 26 : Réflexes de *nj... 283

Figure 27 : Branche proto-ubangi-bantu... 296

Figure 28 ; Branche proto-congo...299

Figure 29 : Fréquence des labiovélaires en lingombe...338

Figure 30 : Fréquences des bilabiales réflexes de *b en ebudzâ... 368

Table des tableaux

Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Ubangi. Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau Tableau 1 : Localisation des langues de l’entre Congo-Ubangi... 7

2 : Le système vocalique... 44

3 : Les consonnes communes... 55

4 : Les consonnes particulières... 56

5 : Présence des schèmes tonals dans les langues...68

6 : Les Augments et préfixes des classes en bolondô... 71

7 : Les préfixes des classes en ebwela... 73

8 : Tableau synthèse des préfixes des classes...86

9 : Les morphèmes du démonstratif...88

10 ; Les substitutifs aux participants... 90

11 : Substitutifs de 1®^® et 2“"® classes...93

12 : Tableau des morphèmes d’extension dans les langues bantoues de l’entre Congo-... 103

13 : Modèle de jugement des cognats...120

14 : Taux de similarité d’après la liste de Swadesh-Tervuren... 122

15: Taux de similarité d’après Leipzig-Jakarta List... 123

16 : Evolution de *p à Tintervocalique...156 17: Evolution de *t à Tintervocalique... 163 18 : Evolution de *c à Tintervocalique... 171 19 : Evolution de *k à Tintervocalique... 179 20 : Evolution de *b à Tintervocalique... 188 21 : Evolution de *d à Tintervocalique... 198 22 : Evolution de à Tintervocalique... 203 23 : Evolution de *g à Tintervocalique... 210 24 : Evolution de *m à Tintervocalique... 214 25 : Evolution de *n à Tintervocalique... 218

26 : Evolution de *ny à Tintervocalique...220

27 : Evolution de *mb à Tintervocalique... 223

28 : Evolution de *nd à Tintervocalique... 226

29 : Evolution de *ng à Tintervocalique...228

30 : Evolution de *nt à Tintervocalique...230

(13)

Tableau 32 : Récapitulatif des réflexes consonantiques... 233

Tableau 33 : Synthèse des réflexes vocaliques...257

Tableau 34 : Les voyelles du Proto-nord-ouest de la RD Congo...257

Tableau 35 : Synthèse des réflexes des schèmes tonals... 266

Tableau 36 : Les consonnes du proto-congo-ubangi issues du proto-bantu... 284

Tableau 37 : Consonnes du proto-congo-ubangi...289

Tableau 38: Innovations Séries comparatives générales... 290

Tableau 39: Innovations exclusives au proto-ubangi-bantu...297

Tableau 40 : innovations exclusives au proto-congo... 299

Tableau 41 : Les noms d’animaux dans les langues bantoues et oubanguiennes de l’entre Congo-Ubangi...318

Tableau 42 : Les noms de quelques poissons en dans les langues bantoues et oubanguiennes ... 323

Tableau 43 : Les noms désignant quelques plantes dans les langues bantoues et oubanguiennes...326

Tableau 44 : Représentation des labiovélaires dans les langues de l’entre Congo-Ubangi... 334

Tableau 45 : Les labiovélaires dans les langues oubanguiennes...337

Tableau 46 : Fréquence des labiovélaires en Cl et C2... 340

Tableau 47 : Fréquence de labiovélaires dans les catégories grammaticales... 341

Tableau 48 : Les labiovélaires dans les langues du nord-ouest de la RD Congo... 346

Tableau 49 : Comparaison de fréquences de labiovélaires en lingombe, ngbaka et ngbandi 347 Tableau 50 : Présence des implosives dans les langues bantoues...360

Tableau 51 : Fréquence des sons labiaux... 360

(14)

ABREVIATIONS

APPL : applicatif ASSOC : associatif AUG : augment AUX : auxiliaire

BLR : Bantu Lexical Reconstructions CAUS : causatif COM : comitatif CON : connectif COND : conditionnel COP : copule DEM : démonstratif

DEM-E : démonstratif éloigné DEM-P : démonstratif proche DEM-R : démonstratif référentiel FUT : futur FV : finale verbale HAB : habituel IMP : impositif INTER : interrogatif 10 : infixe objet IR : infixe réfléchi LOC : locatif NEG : négatif OBJ : objet PASS : passif PERF : perfectif PERS : persistif PL : pluriel

PLi : 1®'^® personne du pluriel PL2 : 2“"® personne du pluriel PN : préfixe nominal

(15)

POSS : possessif POT : postentiel PP : préfixe pronominal PRES : présent PV : préfixe verbal REC : récent REEL : réfléchi SG : singulier

SGi : 1®^ personne du singulier SG2 : 2®"*® personne du singulier SG3 : 3“”® personne du singulier SUBST : substitutif

(16)
(17)
(18)

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Monsieur le Professeur Koen Bostoen qui, de prime abord, a fait confiance à moi depuis le hasard de notre première rencontre à Kinshasa en 2009. Il n’a pas hésité à soutenir mon idée de mener une étude sur les langues bantoues et oubanguiennes de l’entre Congo-Ubangi bien qu’il jugeait parfois le travail trop ambitieux. C’est lui qui m’a mis sur la voie du Fonds Xenophilia qui m’a offert l’occasion de concrétiser ce rêve. Il a fait preuve de beaucoup de patience et de tolérance face à mes erreurs et souvent face à mes entêtements.

Ma profonde gratitude va également à l’endroit de Monsieur le Professeur Crispin Maalu-Bungi qui m’a adopté dès mon arrivée en licence spéciale à la faculté des lettres de l’Université de Kinshasa et qui m’a soutenu tout le long de ce parcours.

Je remercie Monsieur le professeur Xavier Luffin pour avoir accepté la direction de cette étude, malgré ses multiples occupations ; il m’a toujours encouragé pendant les moments sombres ayant jalonné ce parcours à aller jusqu’au bout. J’associe à lui le professeur Olivier Gosselain, pour sa charge de Président de mon comité d’accompagnement.

Grand merci, au Bureau de la Coopération Intemationle de l’Université Libre de Bruxelles dont le financement a été nécessaire pour que cette étude soit réalisée. Ce remerciement s’adresse aussi plus particulièrement à Madame Gaelle Ducarme dont l’intervention a été efficace pour plier l’ambassade de Belgique à Kinshasa à m’octroyer le visa d’études.

Je n’oublie pas de remercier les responsables de la bourse SOFT ARES-CCD qui a facilité la finalisation de cette thèse.

Je remercie de tout cœur Monsieur le Professeur André Motingea Mangulu et sa famille pour l’encadrement et le soutien sans condition. Cette thèse est un peu le finait de mes visites de chaque dimanche à Kingabwa.

Grand-merci, à Madame le professeur Yvonne Bastin qui a donné son temps à la relecture du texte de cette thèse, ses remarques et suggestions m’ont aidé grandement à revoir ma vision des choses.

(19)

Kind, Minah Nabirye, Deo Kawalya, Hilde Gunnink, Michel Onokoko, Igor Matonda, Els Cranshof, Winnie Kaumba, Sébastian Dom.

Je suis redevable à Madame le Professeur Sylvie Grand’eury-Buron et son époux Yves Buron qui m’ont accordé à plusieurs reprises leur hospitalité à Nancy et m’ont offert aussi bien de la documentation que des données de terrain sur la langue Ngbaka.

Je remercie également Madame le Professeur Paulette Roulon-Doko dont la recommandation a été nécessaire pour que j’obtieime cette bourse d’études de l’ULB.

Que les chercheurs du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren trouvent iei l’expression de ma profonde gratitude pour leur collaboration et soutien. Je pense en particulier à Jacky Maniaeky, Maud Devos, Birgit Ricquier et la Secrétaire dévouée Muriel Garsou.

Je suis reconnaissant envers Monsieur le professeur Matumele Maliya, le Directeur Général de l’Institut Supérieur de la Gombe pour son soutien ainsi que tous les collègues enseignants, et en particulier ceux du département de français-langues africaines : Lefranck, Kabal, Ngeye Nkumu, Madame Mbombo et Ma Sœur Félicité...

Je n’oublie pas les collègues chercheurs du Centre de Linguistique Théorique et Apliquée de Kinshasa en particulier : André Epanga, André Makokila, Makair Eyupar, Léon Mundeke, Léopold Malala, Ayibite, Isabelle Nsenga.

Ce travail ne serait pas possible sans le soutien inconditionnel et l’abnégation de ma famille en particulier mon épouse Suzane Dilibogo-Donzo, mes enfants, neveux et nièces : Judith, Carine, Jean De Dieu, Promethée-Antoine, Guide, Elvis, Hermès, Daniella, Vainqueur, Ruben, Blandine, D’Artagnan, Jimmy, Alain.

Mes remerciements s’adressent à mon frère cadet Dr Médard Donzo et son épouse May et leurs enfants Arma et Martha pour leur apport à la réalisation de ce rêve.

Je dis merci à Gaby Beanga, son épouse Léonie Ngwato et leurs enfants Anna, Simone et Sylvie pour m’avoir hébergé à Bruxelles et apporté leur concours chaque fois que le besoin se fait sentir.

Merci à mes sœurs Florence Donzo ainsi que son époux Cassien Nando et Marie- Thérese Donzo pour leur soutien.

Je remercie ma belle mère Rebecca Tombo et mes beaux-frères Salo Ndadua, Jean- Marie Gbameya, Souverain Ngawi, Philipe Leko pour leurs encouragements.

(20)

Selinga Kodeye et son épouse Fifï, Timothée Gwana et son épouse Marie, Bofio Bokul, Jongleur Kpaya Sai, Arthur Sedea Ngamo Zabusu, Boniface Nakwagelewi, Richard Zelenge.

Que tous les membres de l’association Ngemelina de Bruxelles trouvent ici l’expression de ma gratitude.

Merci aussi à mes amis Ndabali Wawaya Zairo et son épouse Chantal Ntumba, merci également à Félix Bandoma, José Kini, Abbé Bagaza, Abbé Mbombo et Abbé Eboma.

Je reste reconnaissant envers tous mes informateurs sans qui cette œuvre n’aurait pas vu le jour : Félix Ngapa Linganga et son épouse, César Likoy, César Yafala, Gilbert Djene NDJoi, André Epanga, Mokili, Philipe Mobeba, Bamoina, Yongo. Je salue la mémoire de ceux qui ont quitté cette terre des hommes avant la fin de cette étude, particulièrement mon ami et collègue Floribert Limbaya.

(21)
(22)
(23)
(24)

La présente étude se penche sur les parlers des populations du nord-ouest de la RD Congo, l’espace géographique pris en sandwich entre les fleuves Ubangi (au nord) et Congo (au sud).

Cet espace fiat jadis, à l’époque coloniale, une seule entité politico-administrative dénommée d’abord « District de l’IIbangi-Congo » et ensuite « Congo-Ubangi » par l’ordonnance n° 21/228 du 14 juillet 1949 de l’administration générale du Congo-Belge remplaçant celle du 15 mars 1935 avec pour chef lieu Lisala (Ordonnance 1949).

Il s’agit de prime abord d’une étude comparative sur les langues des habitants de cette région, étude consistant essentiellement à rechercher des indices des aspects de l’interaction linguistique et/ou culturelle entre les peuples de langues bantoues et ceux de langues oubanguiennes voisines et afin de déterminer l’influence linguistique qu’auraient subie les langues bantoues à travers le transfert de certains items phonologiques et lexicaux culturels d’origine oubanguienne.

Ainsi, il convient dans cette partie introductive de notre travail de répondre à certaines questions devant guider notre quête : Quelles langues sont parlées dans cette région ? Quelles activités mènent les habitants de cette région ? Quelles langues avons-nous choisies pour cette étude? Quel est l’état de lieu des recherches dans le domaine? Quel corpus avons-nous récolté ? De quelle méthodologie nous servons-nous pour mener cette étude et pour quelle fin ultime ?

l.Les peuples et les langues de l’entre Congo-

Ubangi

(25)

(1980: 2) prêtant la cause de la méconnaisance de l’histoire de l’Afrique équatoriale à la négligence caractérisée dans les enseignements d’histoire dans nos universités rélève que maints chercheurs, partisans du moindre effort, affirment sans vérification : « non seulement c’est une région sans passé glorieux, mais encore c’est une région anarchique que même les ethnologues et les linguistes spécialisés dans l’étude des telles sociétés ne parviennent pas à comprendre». D’autres rejoignent les perspectives de ceux comme Comevin (1956) qui, compensant sa carence d’outils et les faiblesses de sa méthodologie des recherches par des préjugés, parle d’une «région peu intéressante pour l’historien » ou comme Deschamps (1970: 353) qui déclare que «C’est peut-être la partie de l’Afrique la plus ingrate et la plus décevante pour l’historien, dont les méthodes classiques ne trouvent, ici, à peu près aucun aliment...».

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de ces préoccupations d’autant que la linguistique offre aujourd’hui une alternance qui pourrait se révéler plus efficace que les études historiques classiques.

Afin de bien délimiter le cadre de notre présente étude et d'identifier les peuples dont nous étudions les langues et par là la culture, nous présentons ci-après la situation géographique, administrative et linguistique de la région sans prétendre à aucune exhaustivité.

L’espace géographique « entre Congo-Ubangi », a pour limite ouest le fleuve Ubangi dont l’angle formé par la coude de l’Ubangi commence la limite du nord jusqu’à son confluent avec son affluent Mbomu et là commence la limite orientale qui descend vers le sud jusqu’au confluent d’Itimbiri et le fleuve Congo ; la limite du sud est le fleuve Congo qui va

de l’embouchure de l’Itimbiri jusqu’à celle de l’Ubangi à l’ouest.

Voici la description physique que faisait Burssens (1958: 9-10) du District du Congo- Ubangi : «L’altitude moyenne est au nord de 500 à 1000 m, au sud de 200 à 500 m. Il y a deux zones bioclimatiques principales, séparées grosso-modo par le 4è parallèle nord: le territoire de Bosobolo, la moitié nord de Libenge et de Banzyville, ainsi que le territoire de Bondo forment un pays de plateaux à bioclimat subéquatorial, avec une grande saison sèche d’environ trois mois (décembre à février). La végétation est constituée par des savanes et des savanes-parcs, entrecoupées de galeries forestières et de lambeaux forestiers à essences tropophiles, actuellement en voie d’extension et qui passent graduellement vers le sud à la forêt équatoriale. Le reste du territoire appartient à la zone forestière centrale. Le bioclimat y est du type équatorial avec une hauteur annuelle de pluies dépassant 1600 mm, réparties régulièrement sur toute l’année (...). La région du bas Ubangi, les bassins de la Ngiri et du fleuve Congo se trouvent presque entièrement sous eau ; la forêt équatoriale y est inondée sur une surface d’environ 180.000 km^ ; Un nombre de « routes », navigables seulement pour des pirogues et qui ont joué un rôle important dans les migrations, permettent de traverser le terrain extrêmement marécageux ».

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soudanaises'; toute la partie Sud (grande forêt), par des populations bantoues. La zone intermédiaire constitue la frontière ethnique et présente de nombreux phénomènes de contamination réciproque de ces deux grands groupes de population. Signalons, toutefois, qu'il existe dans le Nord quelques îlots bantous, et le long de TUbangi, en région de Libenge, quelques clans Pygmées ».

Actuellement la région de l’entre Congo-Ubangi n’est plus une seule entité politico- administrative et ne porte plus ce nom. Telle que nous l’avons délimitée pour cette étude, elle est constituée de 13 territoires qui sont des entités politico-administratives : Libenge, Gemena, Bosobolo, Budjala, Kungu, Bomongo, Makanza, Lisala, Businga, Mobayi-Mbongo, Yakoma, Lisala, Bumba et de deux entités avec le statut de villes : Zongo et Gbadolite (cf Carte 1).

Parmi les premiers occupants de l’entre Congo-Ubangi, il y a certainement les pygmées qui sont aujourd’hui limités à quelques petits groupes dans l’extrême ouest: ils occupent un village devenu sédentaire au nord de Libenge. D’autres groupes vivent, selon les témoignages de Maes (1984), entre l’Ubangi et la Basse-Lua. Ils y établissent leurs campements à proximité des villages mbanza, mbati ou ngombe. Ils sont restés semi-nomades et vont souvent pendant plusieurs semaines à la chasse et à la cueillette. Les pygmées sont appelés « Ndenga » par les autres populations mais eux-mêmes s’appellent « Bambenga ». Au sud de l’embouchure de la Lua quelques groupes vivent en pays lobala et dans la grande forêt entre l’Ubangi et les sources de la Ngiri. Ceux de la rive gauche se disent appartenir à la tribu kuba et donnent le nom de « Bonzenze » à ceux de la rive droite. Ces derniers parlent une langue bantoue, comme le lobala, apparenté aux langues bantoues de la rive droite de rUbangi (Mortier 1937: 252). Dans la région existent aussi plusieurs groupes pygmées à langues oubanguiennes, surtout chez les Ngba et les Nzukunda du groupe Kunda et les Kpudu du groupe Diyo, tous de langue ngbandi ; chez les Pili des Mbanza de l’Est ; chez les Bongbada, clan Bokonga des Ngbaka ; et chez les Bosongbonga des Ngombs de la région de Bosobolo (Mortier 1937). Les pygmées de l’Ubangi seraient apparentés à ceux qui résident, bien plus nombreux, dans le bassin de la Sanga, au sud du Cameroun et au nord du Gabon. Ces pygmées, qui vivent dans un milieu de peuples à langues bantoues, parlent eux-mêmes des langues oubanguiennes apparentées au Gbanziri de TUbangi et prouvent par cela, estime Maes (1984: 21), qu’ils viennent de TUbangi où jadis ils ont vécu en compagnie des peuples parlant les langues oubanguiennes.

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La majorité de la population de l’entre Congo-Ubangi est constituée de peuples à langues oubanguiennes vers le nord avec quelques ilôts de peuples à langues nilo-sahariennes notamment du groupe soudan-central vers le sud, de communautés bantouphones.

La répartition des langues de l’entre Congo-Ubangi par territoire, d’après les informations recueillies auprès de nos différents informateurs, se présente de la manière suivante :

Tableau 1 : Localisation des langues de l’entre Congo-Ubangi

Territoire Langues Famille

1. Bomongo, - babbo = Bantu

10.736 W - bobangi = Bantu - bomana = Bantu - libinza = Bantu - likokâ = Bantu - lobâlâ = Bantu - loi = Bantu - makùtù = Bantu - mampoko = Bantu -mangbâ = Bantu - mbonzi = Bantu - mpundza = Bantu - Zâmba = Bantu 2. Bosobolo - fulu =

Soudan-13.277 km^ central - gbânziri = Oubanguien - gobO = Oubanguien - langbasë = Oubanguien - lingombe = Bantu - mbânzâ = Oubanguien - m5nô = Oubanguien - ngbaka = Oubanguien - ngbundu = Oubanguien -togbo = Oubanguien - yakpa - Oubanguien 3. Budjala - babale = Bantu

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Territoire Langues Famille - bolondô = Bantu - lifonga = Bantu - likulâ = Bantu - lisombo = Bantu - mbânzâ - Oubanguien - monyônga = Bantu - mosângé = Bantu - motémbô = Bantu -ngbaka = Oubanguien - ngbandi = Oubanguien - tandu = Bantu

4. Bumba - ebudzâ = Bantu

15.598 W - egbuta = Bantu

- ligenza = Bantu - lokelé = Bantu - pâkâbéte = Bantu 5. Businga - babale = Bantu 17.411 km^ - mbânzâ = Oubanguien

- mbati = Bantu - ngbaka = Oubanguien - ngbandi = Oubanguien - pâkâbéte = Bantu

6. Gemena - ngbaka = Oubanguien 11.488 W - mbânzâ - Oubanguien

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Territoire Langues Famille - mbânzâ = Oubanguien - mbati = Bantu - moliba = Bantu - mônyâ = Bantu - ngbaka = Oubanguien - ngbandi = Oubanguien - lingônda = Bantu - moliba = Bantu - bombôli = Bantu -ebuku = Bantu - limpoko = Bantu - monzombo = Oubanguien

8. Libenge - ngbaka-mâbô = Oubanguien 12.833 km^ - gbânziri - Oubanguien - gilima = Oubanguien - monzombo = Oubanguien - kpâla = Oubanguien - yangô - Oubanguien - ngbaka = Oubanguien - lingombe = Bantu - mbânzâ = Oubanguien - ngbundu = Oubanguien

9. Lisala - doko = Bantu

14.733 W - ebwela = Bantu

- ligenza = Bantu - lingombe = Bantu - lipotô = Bantu - mondunga = Oubanguien 10. Makanza - bolôki = Bantu

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Territoire Langues Famille 11. Mobayi-mbongo - fülû = Oubanguien 10.547,5 W -mbânzâ = Oubanguien - ngbandi = Oubanguien - ngbùgbu = Oubanguien 12. Yakoma - mbânzâ - Oubanguien 15.397 km^ - ngbandi = Oubanguien - pâkâbéte = Bantu Villes

13. Gbadolite - ngbandi = Oubanguien ll,2km^ -ngbùgbu = Oubanguien 14. Zongo - buraka = Oubanguien

495 km^ - fiilù - Oubanguien

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Carte 1 : Les Territoires entre Congo-Ubangi (adaptation de Saint Moulin (2005))

PROVINCE ORIENTALE

2. Les études et les classifications linguistiques

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2.1. Etudes sur les peuples et les langues de l’entre Congo-Ubangi^

Seront évoquées ici seulement les études qui traitent d’un ensemble de groupes linguistiques en commençant par les études d’ethnologie qui abordent l’histoire migratoire et l’identité linguistique des peuples, ensuite les études sur les langues.

2.1.1. Ecrits d’histoire et d’ethnologie sur les peuples de l’entre Congo-Ubangi

- Thonner (1910)a fait un récit décrivant les peuples qu’il a rencontré lors de son voyage en 1909 sur les fleuves Congo et Ubangi mais il fait une plus grande place aux portraits.

- Tanghe (1938) donne un premier aperçu général et synthétique sur les dernières migrations qui se sont produites dans l’Ubangi et sur différentes tribus de l’Ubangi dans divers articles. Ces études se fondent sur la tradition orale, les récits sur la généalogie des clans et des récits des péripéties des guerres entre les groupes bantous et les groupes oubanguiens pour l’occupation des territoires.

- Van der Kerken (1944), dans le premier volume de son « Ethnie mongo », raconte les péripéties des migrations des peuples bantous et non-bantous du bassin de l’Ubangi. Beaucoup d’événements retracés dans cet ouvrage proviennent des écrits de Tanghe (1938) et de Moeller (1936).

- Burssens (1958) se servant des textes antérieurs, notamment ceux de Weeks (1090), (Weeks 1910, 1913), Tanghe (1938), Van der Kerken (1944), Mortier (1937), Maes (1984) etc. présente un aperçu linguistique en suivant Van der Kerken et, sous forme de clichés, les habitudes et traditions de certains des grands groupes composant la population de l’entre Congo-Ubangi dont les Ngbaka, Ngbandi, Mbanza, Ngombe et globalement les riverains.

- Maes (1984) essaie de retracer les lignes des migrations des peuples de TUbangi et estime que «l’histoire des peuples de TUbangi s’articule en trois vagues d’occupation, d’abord (A) d’un substrat Ubangi-Uéléen puis (B) de l’occupation bantoue de TUbangi et enfin (C) de l’invasion soudanaise ». En effet, cet auteur estime que les premiers occupants de TUbangi venaient de TUele étaient constitués des tribus des locuteurs des langues soudaniques centrales qui ont adopté, aujourd’hui, pour la plupart les langues oubanguiennes. L’une de ces tribus dont quelques membres gardent encore leur langue est celle des Fulü.

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2.1.2. Ecrits de linguistique comparative

- Van Bulck (1948), à l’issue d'enquêtes linguistiques, a dressé une carte linguistique reprenant beaucoup de langues bantoues et non bantoues de la région. Cependant, cette étude comporte quelques faiblesses dont certaines ont été relevées par Hulstaert (1949: 4): «le P. Van Bulck, tout en ne négligeant nullement le point de vue linguistique, a cependant groupé les langues plutôt selon les affinités ethniques des tribus ; or les deux aspects ne coïncident pas toujours. Sa position l’a amené à donner à des langues que nous considérons comme différentes une coloration identique ».

- Hulstaert (1949: 8), a omis sur sa carte du Congo belge beaucoup de langues de l’entre Congo-Ubangi pour des motifs peu convaincants comme celui-ci: «nous estimons utile d’omettre les petites langues qui, bien qu’étant peut-être des restes de langues autrefois importantes, occupent actuellement une aire restreinte et ne sont plus parlées que par une population réduite. Ceci est notamment le cas dans l’Uele et la Ngiri (...). Nous avons de même négligé les petites enclaves. Leur indication, tout comme dans le cas précédent, ne servirait qu’à embrouiller la carte... ».

- De Rop (1960) présente un bref aperçu des langues congolaises parmi lesquelles les langues (bantoues et non bantoues) de l'entre Congo-Ubangi, mais il se borne à citer quelques parlers.

- Motingea (1984), dans un ouvrage consacré aux langues dites des riverains ou peuples pêcheurs entre le Ngiri et l’Ubangi, esquisse quelques éléments descriptifs de 14 langues de la région, mais son regroupement linguistique reste celui de Van Bulck (1948) c’est-à-dire fait a priori, sur base des données géographiques ou celles de la tradition orale sans tenir compte des données linguistiques. Il faut noter que dans son étude, certains des glossonymes pris pour des noms des langues désignent plutôt des groupes sociaux ou un ensemble de parlers. Le terme kunda, par exemple, est un pseudonyme qui ne désigne pas une seule langue. 11 renvoie aux peuples riverains de la Saw-Mweko et de la Ngiri, c’est-à-dire les locuteurs des bolondo, likula, monyongo, lifunga, mondôngô... Un autre exemple est le terme dôkà qui a un sens ethnique et désigne généralement les locuteurs à parlers apparentés au lingombe (Motingea 1984: 619, Van Bulck et Hackett 1956).

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vocabulaire commun des langues de l’entre Ngiri-Congo ainsi qu’une sous-elassification des langues dont nous parlons ci-dessous.

2.1.3. Classifications des langues à l’étude

La mission linguistique internationale (juin 1949 à décembre 1950) eonsacrée à « l’enquête et la codification de toutes les langues et dialectes » du Cameroun au Nil, par le « Bantu-Sudanese Team » supervisée par d’éminents chercheurs tels que Archibald N. Tueker et Malcolm Guthrie, reste jusqu’à ce jour la plus grande entreprise linguistique jamais réalisée au Congo et plus particulièrement dans la partie nord-ouest du pays. L’intérêt même de cette expédition se révèle dans ce propos de Van Bulck: « De retour en Europe, après un examen global et provisoire de toute la documentation reeueillie au cours de cette enquête de dix-neuf mois, nous avons rédigé un premier Rapport d’ensemble qui présente la elassification des langues en groupes et souligne pour chacun des groupes les points caractéristiques ».

En effet, ee qui est présenté dans l’ouvrage de Van Bulck (1952) suite à la mission d’enquête est plus un inventaire et une identification des langues qu’une vraie classification linguistique, mais cela reste pourtant un document de travail indispensable en l’absence de toute nouvelle enquête de terrain. Van Bulck (1948: 652) lui-même, reconnaissant la lacune dans la eonnaissance sur les langues de la région de l’entre Congo-Llbangi, signalait l’importance de leurs études en les classant parmi les «nouvelles enquêtes à faire»: « Les enquêtes qui nous paraissent dès lors les plus pressantes pour combler nos lacunes et pour profiter de la dernière occasion qui nous est offerte avant qu’il soit irrémédiablement trop tard... ».

Les deux volumes de Richardson (1956, 1957) sont aussi issus de cette mission d’enquête dans la région. Le premier volume présente les différents groupes non-bantous et bantous de l’Ubangi au Nil et le deuxième volume présente les traits linguistiques earactéristiques de ces différents groupes.

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langues parlées en Afrique selon la classification de Greenberg (Greenberg 1963, Williamson 1989: 19).

Carte 2: Classification des langues africaines d’après Greenberg (1963)

RMCA

Summary

of

clauificalion

□D A^KOAStATC non KHOISAN IttA Semée in 0 me mO.CtéMc III 0.1 Northern Cv»Mk: iB.O.^Cenini Cvshéc ittX>.3 Ea«t«m CtoMie ilii>.4 Weeiem CoMc lé i>.S SoahMTt Coshéc

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La situation actuelle de la classification dans ce groupe Niger-Congo aboutissant aux langues bantoues et oubanguiennes qui nous intéressent ici se présente de la manière ci- après d’après le schéma proposé par Williamson et Blench (2000):

Niger-Congo : A. Kordofanian B. Mande C. Atlantique-Congo 1. Ijoid 2. Atlantique 3. Volta-Congo a. Km b. Nouveau Kwa

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d. Dogon

e. Volta-Congo nord -Gur

- Adamawa-Ubangi

Williamson et Blench (2000) en présentent le schéma ci-dessous ;

Figure 1 : Classification de la famille Niger-Congo (d’après Williamson et Blench (2000))

Proto-Niger-Congo Proto-Mande Atlantique Proto Proto Dogon Proto Kordofanien Atlantique-Congo Mande Ijo-Congo Ijoid Dogon-Congo Volta-Congo Ijo Defaka Volta-Congo ouest

KiC

Volta-Congo Est = Proto-Benoue-Kwa

Pre Gur-Adamawa Kwa Benue-Congo ouest Senufo Benoue-Congo Est Central Nigérian Gun central Gur périphérique Ba Adamawa B a ’ali Cam Bantoid-Cifcss Cross River. Ubangi Bantoïde

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famille bantoue descendant des branches Benoue-Congo d’une part et oubanguienne descendant de la sous-branche Adamawa-Ubangi d’autre part. Ainsi les hypothèses de classification auxquelles nous joignons les langues à l’étude sont présentées comme suit :

Figure 2 : Le groupe bantu (adaptation de Williamson et Blench (2000))

Bantoïde

Tikar Sud Mambiloid

Dakoid Bantu étroit

Tivoid Beboid

Grassfields large

Jarawan

Nord-ouest Autre bantu Ekoid-Mbe Nyang

bolondô, bonyange, ebudzâ, ebwela, libobi, mondôngô, monyongo, mosângé, lingombe-bobo, pâgâbéte

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Figure 3 : Le groupe oubanguien (adaptation de Williamson et Blench (2000))

Proto-Adamawa-Ubangi

2.1.4. Présentation des langues bantoues

Il nous semble que le premier ouvrage de linguistique eomparative qui consacre quelques pages, bien que lacunaires, à certaines langues de l’entre Congo-Ubangi, à savoir le bolôki, le lingombe et le lipotô, fut celui de Stapleton (1903), suivi par celui de Johnston (1919) qui présente quelques mots de l’ebwela, de l'ebudza, du lingombe et du lipoto.

De Boeck (1942) dresse des cartes de distribution des données linguistiques à partir de l’ouvrage de Johnston (1919); par la suite il restreint le domaine en comparant la distribution de 60 mots uniquement dans les langues du bassin du Congo (De Boeck 1953) dont quelques langues de l’entre Congo-Ubangi. De Boeck (1951) est une esquisse sur les aspects tonologiques de quelques langues de l’entre Congo-Ubangi.

Van Bulck (1948), se fondant à la fois sur la localisation géographique et sur les notes historiques, notamment de Van der Kerken (1944), classe les langues bantoues de la région

^ Sont encadrées les noms des langues faisant l’objet de notre présente étude.

G

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dans le groupe des langues qu’il appelle «les bantous du nord» qui se subdivise en 2

groupes :

1° le groupe des « vieux bantous » ou Abangwinda où il place le ngombe et l’ebudza;

2° le groupe des «jeunes bantous » avec une section dénommée « bantous riverains » où figurent le boloki, le mabale, le sous-groupe de la Ngiri et le sous-groupe de TUbangi.

Guthrie (1948b, 1953) par contre, n’ayant pris en compte que quelques données de cette région ne cite que quelques langues (ngombe, ebudzâ, ebwela, libinza...) presque toutes classées en C30 dans sa classification référentielle.

Motingea (1996) au terme d’une étude comparative des éléments phonologiques et morphologiques dans 26 langues de l’entre Congo-Ubangi dont trois (lingombe, libôbi, ebudzâ) sont reprises dans notre étude, est arrivé à la conclusion que ces langues sont réparties en trois grands groupes qu’il dénomme : proto-riverain, proto-terrien et proto-fleuve dont il fait remarquer que « du point de vue typologique les différences entre ces trois groupes semblent être assez importantes, surtout entre le ngombe et les autres, de sorte que même en cas de réelle appartenance à un même ancêtre commun on devrait au moins admettre que les scissions ont pu avoir lieu à une même époque assez reculée (Motingea 1996)».

- Maho (2009) qui poursuit l'oeuvre de Guthrie (1970a) a rajouté à cette liste de classification référentielle quelques langues de l’entre Congo-Ubangi.

Voici une présentation sommaire des dix langues de notre étude :

1. Bolondo

Le bolondo est une langue du territoire de Budjala, au bord de la rivière Saw. Le recensement national de 1984 dénombre environ 3000 locuteurs qui ont pour activité principale la pêche dans la rivière Saw. La majorité habite les villages de Bokondo, Budjala- Mai, Mbamba, Ngunda, Monenge et Likula dans le secteur de Ndolo-Liboko. Les Bolondo font donc partie des peuples pêcheurs des affluents de l’Ubangi (Lua, Ngiri, Saw, Mongala, Libala) qu’on désigne généralement du nom de Kunda. Aucune documentation cormue à ce jour sur la langue bolondo n’existe, toutefois, elle est classée par Maho (1999b) comme C302.

2. Bony ange

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C321 par Maho (2009). Il existe plusieurs variantes dont celle de Makanza (Nouvelle Anvers) à laquelle Van Leynseele (1976-1977) a consacré une esquisse grammaticale. Les Bonyange sont des pêcheurs de la Ngiri dont le principal village porte le nom Bonyange dans le secteur de Moanda. Aucune documentation sur leur langue n’est connue.

3. Ebudzà

L’ebudzâ est une langue du territoire de Bumba. Il compte un nombre important de locuteurs : 226.000 personnes selon le recensement national de 1984. Cette langue présente, cependant, des variations minimes selon les secteurs. Les Budza dont la langue est l’ebudzâ ont comme activité principale l’agriculture, particulièrement la culture du riz. Par contre, leur aliment principal est la pâte de manioc connue sous les noms de malemba et poto.

Une esquisse grammaticale de l’ebudzâ, variante du secteur de Modjamboli, a été élaborée par Toulmond (1937). Il est classé en C36c (Maho 2009, Guthrie 1948b). La variante dont nous présentons l’esquisse dans notre étude est celle du secteur d’Itimbiri dont les différences avec la langue décrite par Toulmond (1937) sont à la fois d’ordre phonologique et grammatical.

4. Ebwela

L’ebwela est la langue des Bwela, un peuple minoritaire, dénombré à environ 8400 personnes (Lewis 2009). Ils occupent deux de dix-sept groupements qui constituent le Secteur Ngombe-Doko notamment les groupements"^ de Bwela et Ndeke dans le territoire de Lisala. Les Bwela sont aussi connus sous le nom des Ngombe-Doko, pseudonyme par lequel sont désignés des peuples à parlers apparentés au Lingombe. Les Bwela sont des agriculteurs. Aucune documentation linguistique n’est connue sur cette langue, cependant la classification linguistique de Guthrie attribue à l’ebwela le sigle C42 dans le groupe Ngombe et signale un autre glossonyme « lingi » (Maho 2009, Guthrie 1971: 12) inconnu de nos informateurs.

5. Libobi

C’est la langue du groupement libôbi dans le territoire de Kungu. Les locuteurs, peu nombreux, sont rangés parmi les peuples généralement appelés « bamwe ». Ils sont à la fois

(42)

pêcheurs et agriculteurs ; la tradition orale dit qu'ils ont été asservis autrefois par des locuteurs oubanguiens Mbânzâ, ce qui aura altéré le système phonétique de leur langue.

Motingea (1984) a présenté quelques aspects du libôbi et fourni une liste lexicale dans Motingea (1996).

6. LingambE-bobo

Le lingombe bobo est la variante de lingombe du territoire de Kungu dont l’un des ancêtres s’appelait Bobo d’après la tradition orale. 11 se distingue des autres variantes du lingombe par certains aspects morphologiques et surtout par son lexique particulier. Ce sont des peuples agriculteurs mais ce sont surtout les femmes qui s'adonnent à l’agriculture pendant que les hommes tirent le vin de palme. Rood (1958) et Motingea (1988) ont présenté respectivement un dictionnaire de la variante ngombe de Lopori et une esquisse grammaticale du lingombe de la variante ligenza. Le lingombe en général est classé C41 (Maho 2009, Guthrie 1948b).

7. Mondôngô

C’est une des langues du secteur de Mwanda du territoire de Kungu. Ses locuteurs font partie du groupe appelé «bamwe». Leur activité principale reste la pêche dans la rivière Ngiri. Leur langue est très proche du lifunga étudié par Motingea (1996) dont les locuteurs disent être des oncles. La différence entre leurs langues est particulièrement d’ordre phonologique. Aucune documentation n’est connue.

8. Monyongo

C’est une langue du territoire de Budjala qu’on retrouve dans deux groupements, Monyongo et Likaw, dans le secteur Ndolo-Liboko. Les locuteurs sont nombreux et pratiquent à la fois la pêche et l’agriculture. Aucune documentation n’est connue.

9. Mosàngé

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10. Pâgâbéte

Les locuteurs de cette langue sont appelés Apâgâbéte. Ils se trouvent en petits groupes minoritaires disséminés dans trois territoires : Bumba, Businga et Yakoma. Ce sont des agriculteurs mais qui pratiquent constamment la pêche du fait que leur habitat se situe souvent au bord des rivières.

D’autres glossonymes sont pâkâbéte et pâgibéte. Quelques articles ont été présentés sur d’autres variantes de cette langue, notamment par De Boeck (1949) et Motingea (1995a). Reeder (1998) lui a consacré une esquisse grammaticale. La langue est classée comme C401 (Maho 2009).

2.1.5. Présentation des langues oubanguiennes

Dans le rapport de mission de Van Bulck (1953), les langues non-bantoues sont classifiées en 8 groupes, le 9®*"® est le groupe de langues non classifiées où figurent le meegye, le mangbetu, le malele, le makere, l’abelu, le lumbi et le popoi. Les langues qui nous concernent sont présentées de la manière suivante :

6° langues soudanaises méridionales :

27. zande, abarambo, pambia, nzakara ; 28. ngbandi, mbati, sango ;

29. mbandja ; 30. banda ;

7° langues soudanaises centrales : 31. ngbaka, ngbaka-gbaya ; 8° langues équatoriales :

a) section du Mbomu ; 32. sele (basiri) ; b) section de l’Ubangi :

33. ngbaga (-maabo), modjombe, kpala, bakpa, gbendere, gbanziri ; c) section de l’Uele :

34. mundo, mayogo, bangba ;

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En 1966, Tucker et Bryan sans présenter une elassifieation globale octroient un « Larger unit » à « Banda-Gbaya-Ngbandi-Sere-Mundu ».

En 1971, Samarin se fondant sur la proposition de réduction du nombre de groupes de Greenberg, propose lui aussi le retour à la dénomination d’« oubanguien » pour désigner la branche « orientale » de Greenberg.

En 1979, Barreteau et Monino (1978) présentent une classification «fondée provisoirement sur des critères typologiques, en attendant des travaux d’ensemble utilisant la méthode comparative historique, permettant d’établir la parenté généalogique des langues »:

1. groupe gbaya-ngbandi-monzombo-ndogo [groupe occidental]; 2. groupe banda [groupe central];

3. groupe zande [groupe méridional]; 4. groupe amadi [groupe sud-oriental]; 5. groupe mondunga [groupe sud-central].

En 1980, sur la base des données linguistiques et archéologiques, Bouquiaux et Thomas (1980: 815) présentent une nouvelle classification des langues oubanguiennes qu’ils jugent « provisoire »:

1. groupe Gbaya-Ngbandi-Gbanzili pourquoi 1. pas de 2 a) sous-groupe Gbaya

b) sous-groupe Ngbandi

c) sous-groupe Ngbaka-Gbanzili-Sere

Boyd (1989) se fondant sur les études antérieures et surtout sur la lexicostatistique du vocabulaire culturel établi par Bennet (1988) propose la reclassification suivante des langues oubanguiennes : 1. Gbaya 2. A. Banda B. Ngbandi C. I. Sere II. Ngbaka/Mba a. Ngbaka i. Eastem division a) Mundu b) Mayogo, Bangba ii. Western division

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b) Ngbaka-ma’bo

c) Munzombo (Congo), Monzombo (CAR) d) ‘Baka, Bomasa, Ngundi, Ngombe b. Mba

i. a) Mba (-ne), Ndunga (-le) b) ‘Dongo (-ko) ii. (A-)Ma(-lo)

3. Zande

En effet, contrairement aux langues bantoues qui aujourd’hui ont une classification référentielle et des classifications génétiques, les langues oubanguiennes restent encore au niveau des classifications typologiques qui ne font pas l'unanimité. Et les langues oubanguiennes de l’entre Congo-Ubangin’ont pas encore connu des études dans ce sens.

Voici la présentation des huit langues qui ont été retenues et dont les vocabulaires vont être comparés à ceux des langues bantoues à l’étude.

1. Gbanziri

Les Gbanziri constituent une communauté minoritaire de 3000 habitants. Appelés aussi Gbânzili ou, dans les écrits de l’administration coloniale, Banziri, Gbandere, ils occupent le territoire de Bosobolo, le long de la rive gauche de l’Ubangi, dans la Province de l’Equateur. Cette langue n’est pas encore suffisamment décrite mais elle est à ce jour considérée comme appartenant au Niger-Congo, Atlantique Congo, Volta-Congo, Nord, Adama\va-Ubangi, Ubangi, Sere-Ngbaka-Mba, Ngbaka, Occidental, Gbanziri (Lewis, Simons, and Fennig 2013).

2. G6bù

(46)

même, vinrent chasser les esclaves. Le manque de cohésion des diverses trihus entre elles ne permet pas l’opposition aux envahisseurs d’un bloc inébranlable ; lorsque la razzia arrivait c’était une fuite générale ; on s’explique ainsi que des exodes se soient produits vers les régions plus reculées de l’Ouest pour se soustraire à ces incursions dévastatrices ». Les Mono habitent les territoires de Bosobolo et Libenge.

Avec le gobu, qui se présente généralement comme une variante du point de vue phonologique, le mono appartient au groupe Banda et se classe comme suit : Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord, Adamawa-Ubangi, Banda, Central, Central Core, Moyen Sud (Lewis, Simons, et Fennig 2013).

3. Mâôô

Les Mâ6ô sont connus sous l’appellation de Ngbaka Mâ6ô pour les distinguer d’un autre peuple Ngbaka dit Minâgëndë. Mâbô signifie « Je dis que... » et Minâgendë « qu’ai-je dit ». Les MâBô s’identifient « Ngbaka Mâbô » face à l’étranger mais se disent entre eux des Ngbag^a, le son [k] ayant tendance à se prononcer sourd et bref. Ils sont dénombrés à environ 11.000 personnes dans le Territoire de Libenge et la ville de Zongo, dans le District du Sud- Ubangi, Province de l’Equateur. Ils occupent aussi la rive droite de l’Ubangi. Ils sont aussi dénommés Ngbaka-Limba, Mbwaka, Mbaka, Bwaka, Gbaka, Gwaka.

4. Mbânzâ

Les Mbânzâ dont le nom est aussi ortographié aussi Mbanja ou Mbandza sont les plus nombreux du groupe Banda, 351.543 habitants est le chiffre fourni par "Ethnologue" (Lewis, Simons, et Fennig 2013). Ils sont dispersés dans les deux districts du Nord et du Sud Llbangi dans chacun des territoires qui les constituent et sont même localisés à l’ouest du district de la Mongala, dans la Province de l’Equateur. Quelques locuteurs Mbânzâ sont aussi localisés en République centrafncaine. Longtemps considérée par les ethnographes comme «substrat oubangien » (Maes 1984), aujourd’hui, la langue mbânzâ est classifiée comme étant du Niger- Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord, Adamawa-Ubangi, Ubangi, Banda, Austral (Lewis, Simons, and Fennig 2013).

5. Monzamba

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1980). Ils occupent le bord de la rive gauche de la rivière Ubangi dans le sud du Territoire de Libenge. La langue monzombo est considérée généralement comme plus proche du gbânziri et du mâbô et donc appartenant au Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord,

Adamawa-UbEingi, Ubangi, Sere-Ngbaka-Mba, Ngbaka-Mba, Ngbaka, Occidental, Monzombo (Lewis, Simons, and Fennig 2013).

6. Ngbaka

Les Ngbaka, aussi appelés Minâgendë, sont les occupants les plus nombreux de la partie nord-ouest de la RD Congo. La population totale de ces locuteurs localisée à la fois en République Centrafricaine et en RD Congo est évaluée à 1.016.650 en 2000 dont 1010.000 vivent en RD Congo (Lewis, Simons, et Fennig 2013). Ceux-ci constituent un bloc monolithique au centre de l’Ubangi occupant les territoires de Bosobolo et Businga dans le Nord-Ubangi et les territoires de Libenge, Budzala, Kungu et Gemena dans le Sud-Ubangi. Ils sont aussi appelés Bwaka dans les écrits de l’administration coloniale et Ngbaka Gbaya dans les écrits de certains chercheurs belges et français. A ce jour, à l’issue des études du Proto- Gbaya de Monino (1995), qui relèvent les caractéristiques phonologiques et morphologiques distinctifs du groupe gbaya, il est presque établi que le ngbaka-mînâgendë se classe: Niger- Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord, Adamawa-Ubangi, Ubangi, Gbaya-Manza- Ngbaka, Est.

7. Ngbandi

Ils sont divisés en deux groupes. Les Ngbândï du nord occupent le territoire de Yakoma avec extension dans le territoire de Bondo (Province Orientale) et le Territoire de Mobayi- Mbongo, ils sont estimés à environ 250.000 âmes.(Lewis, Simons, et Fennig 2013) Ils sont aussi appelés Ngbândî-Likolô. Ceux du sud - au moins 105.000- sont éparpillés en petits groupes dans les territoires de Businga, Budzala, Kungu et Libenge. Ils sont aussi appelés Ngbândi-Ngiri. La classification de la langue ngbândï ne nous semble pas établie : tantôt on la soupçonne d'être apparentée au groupe gbânziri tantôt au groupe banda (Van Bulck 1948, Boyd 1989), mais elle est généralement classée comme suit : Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord, Adamawa-Ubangi, Ubangi, Ngbandi (Lewis, Simons, et Fennig 2013).

8. Yangô

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de Kungu, Province de l’Equateur. Beaucoup se seraient fondus parmi les Ngbaka. La langue yangô est en extinction, notre étude a trouvé qu’elle est plus proche du gbânziri que du monzombo mais selon "Ethnologue » (Lewis, Simons, and Fennig 2013), sa classification se présente de la manière suivante: Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Nord, Adamawa-Ubangi, Sere-Ngbaka-Mba, Ngbaka-Mba, Ngbaka, Western, Monzombo.

Carte 3 : Les langues à l’étude

Bosobolo-UNGOMBE IGOMBE lonumto EBWEIA PAGABETE M0NY3NGD Bumba ,/ MONDONGO MOSANGt Bokondji • Bonqandanga BasanlnEU«'^ llNGOMBE Monga Zanae Mabo *übange Gemena Nebaka • Businga Mbanza • Budjala BOLONDO i Yahuma ^ \ Isangi ____________ REP. D€M. Of CONGO DjoliT I -SŒS Befâle • • Boiomba ImporQMKwn

Mtfandaka L*nfuaf*s atRUation ^ ^

BAWTUvtUbangi loom^

3. Le cadre historico-archéologique

(49)

avec l’apparition des techniques de production, élevage et agriculture, qui remplacent partiellement les techniques de prédation des époques précédentes » (Holl 1991; 147). Il s’agit donc d’une période qui favorise l’adoption d’un mode de vie sédentaire avec la pratique de l’agriculture, l’élevage, la céramique et la fabrication des outils.

Des hypothèses placent le début de l’expansion bantoue vers 3000 avant J.C (Vansina 1991: 58), une population qui vraisemblablement faisait de la poterie et pratiquait de

l’agriculture.

En ce qui concerne la RD Congo, d’une manière générale le néolithique n’aurait apparu que vers 200 avant notre ère.

Cependant, il apparaît que les indices de l’économie de production néolithique généralement caractérisés par « les ossements d’animaux domestiques (chiens et chèvres pour les bantou occidentaux d’Afrique centrale donc du Zaïre, auxquels on peut ajouter les poules) n’ont pas été mis au jour. Cette absence n’implique pas nécessairement l’inexistence du stade néolithique, elle peut être due à l’acidité des sols qui aurait détruit les restes de faune et de flore, à l’état de la recherche inégalement développée ou enfin aux méthodes de fouilles qui, il y a deux décennies accordaient peu d’attention» (Kanimba 1991a: 175). Toutefois, des découvertes d’éléments technologiques : houes et haches polies, polissoirs, gravures rupestres, pierres trouées, cupules, ont été faites dans beaucoup de régions entre autres dans le bassin de l’Ubangi-Uele, dans le bassin de l’Ubangi à Motenge-Boma et Libenge.

Les indices de présence des locuteurs bantous en RD Congo remontent à l’âge de fer à partir de la poterie dont les plus anciennes traditions céramiques au sud de la courbe de la rivière Ubangi apparaissent dans la première moitié du premier millénaire de notre ère. Les indices situés plus à l’ouest le long des rivières de Sanga-Likwala sont un peu plus âgés (Eggert 1993). Les plus anciennes traditions céramiques au sud du fleuve Congo remontent à la seconde moitié du premier millénaire avant J.C. (Wotzka 1995). Ces céramiques sont considérées comme la signature archéologique des premières migrations bantoues dans le bassin central du Congo.

(50)

Dans l’ensemble ces quelques données archéologiques ne peuvent nous être de grande utilité comme affirme Kanimba (1991b; 215) : « Le contexte économique de ces horizons est inconnu, ils ne sont pas associés à des industries lithiques ni à des restes de métallurgie. Les producteurs et les utilisateurs de ces céramiques pratiquaient-ils l’agriculture et accessoirement un certain élévage ? Fabriquaient-ils des objets en métal ? Les éléments de réponse sûrs manquent encore. Néanmoins, à Imbonga des restes de noix de palme Elaeis

guineensis et de Canarium ont été exhumés ; à Maluba des noix à'Elaeis guineensis étaient aussi présentes ».

Il nous est donc difficile de lier la présence de la population d’aujourd’hui de l’entre Congo-Ubangi à la production découverte par la fouille autant qu’il est impossible de lier cette présence au mouvement migratoire bantou dont certaines hypothèses donnent le territoire de l’entre Congo-Ubangi pour l’un des chemins empruntés par les locuteurs bantous en route pour l’est du continent comme l’indique la carte que nous reproduisons d’Ehret et Posnansky (1982: 65) ci-dessous.

Carte 4 : Migrations bantoues et sites archéologiques (Ehret et Posnansky 1982)

(51)

III : L’expansion des locuteurs oubanguiens orientaux vers la première moitié de l’an 2000 avant J.C.

IV : L’expansion de Mbomu-Uele vers la dernière moitié de l’an 2000 avant J.C. V : L’expansion Mundu-Ndogo vers la seconde moitié du premier millénaire avant J.C.

1. Région proposée pour localisation de Pré et Proto-Bantu 2. Première expansion bantoue vers 3000 avant J.C.

3. Seconde expansion bantoue vers 2000 avant J.C.

Autre expansion bantoue vers seconde ou première moitié de l’an 1000 avant J.C.

Les sites archéologiques : A : Sum Laka, B : Ebobogo, C : Batalimo, D : Pointe de la Gombe, E : Nana-Mode, F ; Jebel Moya, G : Dhang Rial, H ; Jebel Kathango, J : Jebel Tukyi, K : Lokabulo.

(52)

langue est apparentée au zândé. Une expansion importante ngbândï aurait eu lieu à partir de 1600 dans le même secteur (voir aussi Vansina 1990: 115 ). En dehors de cette vue macro - historique très schématique pour la compréhension du contact entre locuteurs bantous et oubanguiens, il n’existe que très peu de documentations historiques qui traitent de l’interaction entre ces différentes communautés.

4. Le corpus et les objectifs de l’étude

Notre étude s’est fixé un triple objectif :

1) Fournir de la documentation sur quelques langues bantoues et oubanguiennes parlées dans le nord-ouest de la RD Congo notamment dans la région de l’entre Congo- Ubangi ;

2) Entreprendre la classification et la reconstruction des langues bantoues sélectionnées pour cette étude ;

3) Examiner la situation des contacts qui prévaut entre les langues bantoues et les langues oubanguiennes et d’en dégager l’impact sur les langues bantoues.

Ainsi nous entendons mener l’étude des langues bantoues du nord-ouest de la RD Congo à l’aide de la méthode historico-comparative en vue d’en dégager des correspondances phonologiques et lexicales permettant une déduction double :

1° l’évolution des langues bantoues à l’étude pour déterminer le degré de parenté linguistique dans le groupe bantou ;

2° l’examen, sur la base de la comparaison des vocabulaires culturels, du degré d’interaction linguistique et/ou culturelle avec les langues oubanguiennes autant que nous prenons pour notre compte cette hypothèse de Sapir-Whorf : « le vocabulaire d’une langue reflète la vie sociale et culturelle d’une société », l’emprunt des vocabulaires culturels, par conséquent, implique l’emprunt ou l'adoption d’éléments culturels.

Nous appelons vocabulaire culturel l’ensemble des items lexicaux désignant : - la parenté et les relations sociales ;

- l’habitat et les lieux de différentes activités ;

- les métiers et les différentes activités d’une société et qui se perpétuent à travers des générations : agriculture, chasse, pêche, cueillette ;

- les institutions et l’organisation sociale de la eommunauté.

(53)

ceci en vue d’établir par la lexicostatistique le degré de parenté entre les langues bantoues à l’étude. Ceci pour dire avec Mouguiama-Daouda (2005: 60) que the distinction between basic

vocabulary (parts of the body, pronouns, verbs of perception, etc.) and cultural or specialized vocabulary (fauna, flora, economy, technology, etc.) is fundamental for our argument.

Ainsi donc, notre corpus comprend le vocabulaire de base et aussi le vocabulaire culturel dont les avantages sont évoqués par Klein-Arendt (2005: 148-149) en ces termes:

They offer a wealth of features, which can be exploited for a comparative historical analysis. Words from a cultural vocabulary (e.g. for agriculture, crafts, house-building) are much more promising than basic vocabulary, which is less multi-faceted and less subject to linguistic change than cultural or specialized vocabulary. On the one hand, this makes basic vocabulary much easier to analyse than specialized words. On the other hand, the latter offers many more possibilities to demonstrate historical processes of language change and, since they describe a certain cultural feature or activity, they constitute a connection between language history and ethno-history.

Sur base du questionnaire lexical proposé par Tucker (1974), nous avons aménagé un questionnaire d’au moins 800 entrées lexicales en français, en y ajoutant d’autres mots extraits notamment de la liste des vocabulaires culturels de Schoenbrun (1997). Dans le but de mieux appréhender la structure morphologique et les catégories grammaticales des lexèmes, nous avons soumis à nos informateurs un questionnaire supplémentaire constitué des phrases proposées par Tucker (1974) pour les langues bantoues et non-bantoues que nous avons revu et augmenté par des phrases reprises notamment à Creissels (2006) ainsi que d’autres phrases de notre création.

Il faut noter que les données recueillies par ce questionnaire des phrases ne sont pas directement l’objet d’étude de ce travail mais sont des éléments auxquels nous allons recourir de temps en temps pour nous assurer de la forme exacte d’un item et de son fonctionnement dans la langue, d’autant que l’étude des correspondances phonologiques et morphologiques exigent une description linguistique.

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