HAL Id: jpa-00207307
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Submitted on 1 Jan 1972
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Parois symétriques à 180°
P. Vigier, Jean-Philippe Haymann
To cite this version:
P. Vigier, Jean-Philippe Haymann. Parois symétriques à 180°. Journal de Physique, 1972, 33 (8-9),
pp.793-802. �10.1051/jphys:01972003308-9079300�. �jpa-00207307�
793
PAROIS SYMÉTRIQUES A 180°
P. VIGIER et P. HAYMANN Laboratoire de
Microscopie Electronique,
Faculté des
Sciences, 76-Mont-Saint-Aignan (Reçu
le 28janvier 1972,
révisé le 4 avril1972)
Résumé. 2014 On étudie la paroi qui sépare deux domaines magnétiques dont les aimantations, opposées, lui sont perpendiculaires. L’énergie magnétostatique d’une telle paroi est calculée à par- tir d’un modèle de distribution de l’aimantation suggéré par l’expérience ; on en déduit la largeur optimale de la paroi. L’étude expérimentale de ces parois est rapportée et la variation de la lar- geur de paroi avec le champ appliqué s’accorde avec les résultats théoriques. L’inversion de l’ai- mantation d’une paroi symétrique est discutée en tenant compte de la direction d’anisotropie
uniaxe.
Abstract. 2014 The wall which separates two magnetic domains with head-on magnetization is
studied. Magnetostatic energy of such a wall is calculated from a model of magnetization distri-
bution suggested by experiment ; its optimal width is computed. We report on the experimental
results concerning these walls which has been found to be in good agreement with the theory. The magnetization reversal of a symmetrical wall is discussed taking account of the uniaxial anisotropy
direction.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 33, AOUT-SEPTEMBRE 1972,
Classification
Physics abstracts : 17.64
Introduction. - Nous
étudions,
dans cetarticle,
lesparois
de domainesséparant
desrégions
dont lesaimantations sont
opposées
et ont leur direction per-pendiculaire
auplan
de laparoi.
L’existence de ces
parois
fut d’abord mentionnée parSpain [1]
mais leurobservation,
dans des condi- tions trèsparticulières,
nepermettait
pas une étudeexpérimentale systématique. Presque
simultanément(1963),
deuxpublications
deSpain [2]
et Néel[3]
abordaient
l’aspect théorique
duproblème,
sans aucunsupport
expérimental.
En1968,
étudiant le contrastelié,
enmicroscopie
deLorentz,
au relief de couchesferromagnétiques minces,
nousindiquions [4]
la pos-sibilité d’observer ces
parois
enappliquant
unchamp magnétique
normal à un film minceplissé. L’exploi-
tation de cette méthode
[5], [6]
endéveloppant
laconnaissance
expérimentale
desparois symétriques
conduisait à l’amélioration de la théorie
[7], [8]
etpermettait
d’entrevoir desapplications possibles.
La
microscopie
de Lorentz par défocalisation donne des informations sur la direction de l’aimantation entous
points
de l’échantillonmagnétique
traversé parun faisceau d’électrons.
L’interprétation
du contraste del’image
obtenue pour lesparois
de Bloch ou de Néelest rendue délicate par la
présence
dephénomènes
inter-férentiels,
l’ensembledomaine-paroi-domaine jouant
le rôle d’un
biprisme ; parmi
les nombreusespubli-
cations traitant de ce
problème,
citons à titred’exemple
les travaux récents de Wohlleben[9],
Hothersall
[10],
Cohen et Harte[11].
Aucontraire,
dans le cas des
parois symétriques
à180°, l’image
en
microscopie
de Lorentz est directementexploi-
table. Les électrons traversant les domaines dont les aimantations
opposées
ont une direction commune,perpendiculaire
à laparoi,
sont déviésparallèlement
à celle-ci
(Fig. 1)
etl’image correspondante
neprésente
FIG. 1. - Origine du contraste associé à une paroi symétrique
en microscopie de Lorentz.
aucun contraste.
Quant
àl’image
de laparoi,
ellerésulte d’une translation des électrons variant en
direction,
defaçon continue,
lelong
de la normaleà la
paroi.
Les
images
observées par cettetechnique
conduisentà
adopter
un modèleparticulier
pour la structure de laparoi.
Utilisant cemodèle,
nous calculons lalargeur
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01972003308-9079300
optimale
deparoi ; après
avoirindiqué
les résultats d’une étudeexpérimentale
de cesparois,
nous étu-dions les processus d’inversion de l’aimantation.
I.
Largeur
desparois symétriques :
étudethéorique.
-
1)
MODÈLE DE PAROISYMÉTRIQUE.
- Afin d’ob- tenir des aimantationsopposées
dans des domainesvoisins d’un film mince de
permalloy,
nous soumet-tons une
région plissée
de ce film à l’action d’unchamp magnétique Ho appliqué perpendiculairement
à sonplan
moyen(Fig. 2).
Si les composantes normalesHN
N 1
FIG. 2. - Paroi symétrique créée par application d’un champ
normal au pli de la lame.
de
Ho
sont telles queHN
4 nM(M :
aimantation àsaturation),
elles ont un effetnégligeable
sur l’aiman-tation des
parties planes
dufilm,
ceci par suite de lagrande anisotropie
de formequi
se traduit par laréduction du tenseur de désaimantation à ses compo- santes
principales 0, 0, 4 n 1.
Pour la mêmeraison,
les composantes deHo
dans leplan
de lacouche,
au niveau desplis,
peuvent être suffisantes pour entraînerune rotation de
l’aimantation,
l’amenant à une direc- tion normale à laligne
de crête dupli
et créer ainsideux
régions
aimantées en sensopposé, séparées
parune
paroi symétrique
à 1800.En
microscopie
deLorentz,
une cartemagnétique
de l’échantillon peut être dressée
grâce
aux «ripples »
ou ondulations
qui apparaissent [12]
et sont dues àune oscillation
longitudinale
de l’aimantation autour de son orientation moyenne.A
partir
desimages
obtenues(Fig. 3)
et enexploi-
tant l’étude du contraste de ces
images
réalisée anté-rieurement
[5],
nous avons été conduits àadopter,
FIG. 3. - Image d’une paroi symétrique en microscopie
de Lorentz.
comme modèle de
paroi,
une distribution radiale de la direction de l’aimantation à l’intérieur de laparoi,
définie par :
où a est la
largeur
de laparoi
et0(x) l’angle
de l’ai-mantation avec la direction du
pli (Fig. 4).
La
répartition correspondante
descharges
en volumeest donnée par la densité :
Elle
s’interprète
comme une distribution uniforme de lacharge ( - 2 M)
sur toute lalargeur a
de laparoi.
Néel
[3]
utilisait une telle distribution commehypo-
thèse
simplificatrice ;
nous sommes amenés àl’adopter
comme étant la
plus
conforme à nos résultatsexpéri-
mentaux.
Pour définir la distribution de l’aimantation dans les domaines de part et d’autre de la
paroi,
nous consi-dérons une
géométrie simplifiée
de l’échantillon(Fig 5)
associée aux conditions suivantes :
Pour x > b/2,
l’aimantation s’oriente dans la direction de facile aimantation. Lechangement
dedirection de l’aimantation
pour 1 x 1
=bl2
marque la limite des domainesadjacents
à laparoi
étudiée.Nous montrerons l’influence du rapport
b/a
sur lalargeur
de laparoi symétrique.
On suppose M uniforme dans
l’épaisseur
dufilm ;
l’axeOy
étant l’axe desymétrie,
la distribution de l’aimantation est à une dimension :M(x).
2)
PRINCIPE DU CALCUL DE LA LARGEUR D’UNEPAROI
SYMÉTRIQUE.
- Utilisant le modèle définipré-
795
cédemment,
nous calculonsl’énergie
totale de l’échan- tillon et cherchons lalargeur
deparoi qui
la rendminimum.
Les différents termes
d’énergie
sont :- l’énergie magnétostatique Wm,
trèsimportante,
car la
paroi emmagasine
lescharges
en volume1
- 2M 1
et crée unchamp
dedispersion élevé ;
- l’énergie d’anisotropie WK
provenant de l’ani-sotropie
uniaxe du film ainsi que des effets demagnéto- striction ;
- l’énergie d’échange WA qui
seranégligeable excepté
pour les très faibles valeurs de lalargeur
deparoi ;
- l’énergie WHo’
fournie par lechamp magnétique appliqué
normalement au film.La
largeur optimale
de laparoi
sera solution del’équation :
associée à la condition de stabilité :
3)
ENERGIE MAGNÉTOSTATIQUE D’UNE PAROI SYMÉ-TRIQUE. -
a) Champ
associé à uneparoi symétrique.
- Les
charges magnétiques
de densité :p = -
2 M/a (2)
produisent
en touspoints
del’espace
unchamp démagnétisant :
Nous supposons que
H(z)
estindépendant
de zet que H se réduit à
H(x) quelle
que soit la cote z.Cette
hypothèse
n’estjustifiée
que pour a > t.Cepen- dant,
nous étudierons le comportement duchamp démagnétisant
et del’énergie magnétostatique
dansles cas a N t et a « t de
façon
à mettre en évidence lescaractéristiques
propres au domaine a » t et voir comment elles évoluent avec le rapporta/t.
L’intégration
conduit àl’expression
deH(x) :
t :
épaisseur
du film.Ce
champ
satisfait les relations desymétrie :
La
figure
6représente
les variations deH(x)
enFIG. 6. - Champ créé par une paroi symétrique (z : épaisseur réduite de la lame, z = tla).
fonction de l’abscisse réduite X = 2
x/a
pour diffé- rentes valeurs del’épaisseur
réduite : i =t/a.
- Pour a« t, la variation de
H(x)
est presque liné- aire. Ledéveloppement
desexpressions (7)
et(8)
ena/i,
arrêté au
premier
ordre donne :,
avec une valeur maximum de H au
point
de raccorde- ment x = ±a/2 :
qui
tend vers + 4 7rM pour des valeurs detla
crois-santes.
- Pour a » t
et x :0 1 al2 1,
ledéveloppement
de
(8)
et(9)
entla donne,
aupremier
ordre :Les valeurs de i
= a/t
effectivement rencontrées dans nosexpériences
sont voisines de r =0,01.
L’ob- servation de la courbecorrespondante
de lafigure
6assure une décroissance très
rapide
duchamp
déma-gnétisant lorsqu’on s’éloigne
de laparoi.
Cetteremarque, confirmée ultérieurement par le calcul
d’énergie magnétostatique,
nous permet de considérercomme isolée une
paroi éloignée
d’autresparois
ousingularités magnétiques
d’une distance d telle quedla atteigne quelques
unités.b) Energie magnétostatique
d’une paroisymétrique.
- L’énergie magnétostatique
accumulée dans laparoi
est donnée par
l’intégrale :
Avec
M(x)
défini par(1)
etHm(x)
par(7), l’intégra-
tion de
(10)
donne :Ainsi que l’ont fait remarquer Jones et Middel-
ton
[7],
uneénergie importante
due auxchamps
de
dispersion Hm(x)
estrépartie
dans les domaines de part et d’autre de laparoi ;
elle a pourexpression :
La
figure
7indique
la variation deWm(b) j2 nM2.a
en fonction def3
=bla
pour différentes valeurs duparamètre
i =tla.
c)
binfini ; comparaison
avec les résultats de Néel. - Si l’on fait croître bindéfiniment, l’énergie magnéto- statique
totale(13)
tend versl’infini,
comme :Avec le modèle d’aimantation
(1)
et(3)
et lagéomé-
trie
(Fig. 5)
que l’on achoisis,
b infinicorrespond,
pour le calcul de
l’énergie magnétostatique,
au casparticulier
où l’axe de facile aimantation est perpen- diculaire à laparoi.
Nous avonsprésenté l’énergie (14)
sous forme d’une somme de deux termes dont seul le
premier
est fonction de b etdiverge.
Il est intéres-sant de
rapprocher
ce résultat de celui obtenu par Néel[3]
par une méthodedifférente ; initialement,
une
paroi d’épaisseur
nulle portant une densité super- ficielle decharges u = -
2 Msépare
deux domaines infinis aimantésantiparallèlement.
Le travailqu’il
faut fournir pour amener la
largeur
de laparoi
de0 à o a »
([3] éq. (9)) correspond
exactement à l’acco-lade de
(14). L’énergie
initiale dusystème,
due auchamp Hm (x)
créé par laparoi d’épaisseur
nulle :a pour valeur :
soit
C’est le
premier
terme de(14), responsable
de la797
FIG. 7. - Energie magnétostatique d’une paroi symétrique.
divergence
de( Wm)total
On peut vérifier quel’énergie Wm
est bienl’énergie
totale[Wm(b)]b-+oo
pour uneparoi d’épaisseur
nulle :d)
Calcul de ôWm/ôa.
- Nous nous limiterons au casétudié
expérimentalement : a »
t.Les
premiers
termes dudéveloppement
deWm(b)
en
tla
donnent :En
dérivant,
Le crochet tend très
rapidement
vers la valeur[ - 2]
lorsque b
croît. Considérer des domaines avec binfini, entraîne,
pour la dérivée(20)
une erreur de10
% pour b
= 2 a et de 1% pour b
= 5 a ; ceci està
rapprocher
de la remarque faiteprécédemment
surla décroissance très
rapide
duchamp
créé à l’extérieur par laparoi.
Nous avons donc considéré comme isolées desparois
telles queb ja
> 5. Pour cesparois,
nousadoptons,
comme valeur deoWm(b)joa,
la limitede
(20) :
e) Remarques
sur le calcul del’énergie magnéta- statique.
- On asupposé implicitement
que la cour-bure du
pli
n’intervenait que dans le terme d’inter- action entre l’aimantation du film et lechamp appli- qué Ho,
mais que, pour les autres termesd’énergie,
on considérait le film comme
plan.
D’autre part, nous avons
négligé
l’influence de l’étatmagnétique pour 1 xl> b ;
or toutchangement
d’orientation de M entraîne une fermeture
partielle
de flux et donc une diminution
d’énergie magnéto- statique.
On obtient un ordre degrandeur
de ceteffet en considérant
l’énergie
d’interactionWi
de deuxparois symétriques identiques
distantes de d(que
l’on supposera, poursimplifier
lecalcul,
dans le mèmeplan).
soit avec une distribution radiale de l’aimantation et
toujours
dans le cas a » t :Le résultat
(21)
serait modifié d’unequantité :
correspondant
au centième de(21)
pourdia
= 5.4)
AUTRES TERMES D’ÉNERGIE. -a) Energie
d’ani-sotropie.
- Nous supposons que la direction de facile aimantation est constante surl’intervalle [ x 1 b/2 ;
si q, est
l’angle
de cette direction avec celle de laparoi symétrique (Fig. 8), l’énergie d’anisotropie
de l’échan- tillon a pourexpression :
L’intensité
d’anisotropie magnétique K
est la résul-tante de divers
phénomènes
tels quel’anisotropie magnétocristalline,
l’ordrepartiel
dansl’arrangement
des atomes de
l’alliage,
lamagnétostriction...
WK
estl’énergie d’anisotropie
pour( x | > b/2 ;
elle peut être considérée commeindépendante
de a.Avec
0(x)
donné par(1),
et donc :
b) Energie d’échange.
- Une valeurapprochée
decette
énergie
a été calculée[5]
pour une variation linéaire de0(x)
dans laparoi ;
nous utiliserons le résultat obtenu :c) Energie
due auchamp
extérieur. - Si laparoi
est la
conséquence
del’application
d’unchamp magné- tique Ho
normalement aufilm, l’énergie
d’interaction entre cechamp
et l’aimantation a pourexpression :
soit,
avec le modèle choisi :où
M(x)
est donné par(1)
et(3).
(R :
rayon de courbure dupli)
5)
LARGEUR D’UNE PAROI SYMÉTRIQUE. -Reportant
dans
l’éq. (4)
les résultats(21), (26), (27)
et(30),
onobtient :
La discussion de cette
équation
doit être conduitedans deux
optiques
différentes : celle d’uneparoi
spon- tanée et celle d’uneparoi provoquée
artificiellement.a)
Paroispontanée
ouimposée
par les conditionsaux limites :
Ho
= 0. - Iln’y a
alors de solution que pourx/4
03A6nl2. Supposons 4l = x/2 (valeur
minimisant
l’énergie
desdomaines).
a est solution de :
Nous sommes
toujours
dans le cas où a > t ;l’énergie
d’échange
sera engénéral négligeable
et lalargeur optimale
aura pour valeur :Pour du
permalloy, adoptant
les valeurssoit a =
250 Jl
pour un filmd’épaisseur
1 000A.
Cettevaleur très élevée de
largeur
deparoi, proposée éga-
lement par
Spain [1] explique pourquoi
l’observation deparois spontanées
est délicate.L’application
d’unchamp
dans une directionperpendiculaire
à celle-ciet
symétrique
a pour but de réduire cette valeur de a.b)
Paroiprovoquée
parl’application
d’unchamp
extérieur :
Ho #
0. -L’éq. (31)
admet des solutionsquel
que soit 0.L’énergie d’échange
étant encorenégligée, a
sera solution de :(HK
est lechamp d’anisotropie : HK
= 2K/M).
Le
paramètre
fixant lalargeur
deparoi
n’est pas lechamp perpendiculaire Ho
mais saprojection
dansle
plan
de lalame ;
celle-ci étantproportionnelle
à
HolR, la
résolution del’éq. (34) indique
donc le comportement de a en fonction deHOIJT.
Deux cas extrêmes
correspondent
àl’importance
relative des termes :
Si l’influence de
l’énergie d’anisotropie
estprépon-
dérante,Si,
aucontraire, l’énergie magnétostatique
l’em-porte : -
Ces
phénomènes
ont faitl’objet
d’unepremière
étude
expérimentale
dont nousprésentons quelques
résultats.
Remarque.
- La minimisation del’énergie
totalepar rapport à b ne fournit pas de valeur
optimale
deb, compatible
avecl’éq. (4)
autre que binfini ;
cecijus-
tifie notre traitement supposant
implicitement
l’ab-sence d’une corrélation
importante
entre a et b.II.
Largeur
desparois symétriques :
étudeexpéri-
mentale. -
a)
PRODUCTION DES ÉCHANTILLONS. - Nous avons étudié des échantillonspolycristallins
depermalloy, d’épaisseurs
variant de 400 à 1000Á,
799
obtenus par sublimation à courte
distance,
en ultra-vide,
enprésence
d’unchamp magnétique
destiné àimposer
uneanisotropie
uniaxe. Leprincipe
de cettetechnique
est le suivant : un émetteur constitué de deux couronnesconcentriques
de nickel et de ferserties sur une
pastille
de tantale estplacé
dans lechamp
d’un four à induction etporté
à unetempé-
rature T contrôlée par un
thermocouple
soudé à sabase. Le cristal
récepteur placé parallèlement
et àfaible distance de l’émetteur est
porté
à unetempé-
rature
T’ par
le rayonnement de l’émetteur. Les condi- tionsthermodynamiques
de la sublimation sontparfaitement
déterminées par latempérature
T del’émetteur et la
géométrie
dusystème [13].
L’étudedes
dépôts
en fluorescence X et à la microsonde permet de vérifier l’uniformitéd’épaisseur
et decomposition ;
on observe une variation relative de 1%
au maximum pour toute la surface d’échantillon de 8 mm x 8 mm.Le
problème
consistant àimposer
à un film dequelques
centainesd’angstrôms
unegéométrie
donnéen’ayant
pas, à cejour,
de solutionparfaitement
satis-faisante,
notre étude aporté
sur lesparois
associéesaux
plis
obtenus naturellement par déformation élas-tique
de la couchesupportée
par lagrille porte-objet.
Nous n’avons pu réaliser une détermination directe des rayons de courbure dont
seuls,
les ordres de gran- deurs(1
à 100microns)
sont connus[14].
b)
VARIATION DE LA LARGEUR DE PAROI EN FONCTION DU CHAMPAPPLIQUÉ.
- Notrebut,
dans cette étudeexpérimentale,
était de vérifier si la variation de la lar- geur deparoi
« a » en fonction duchamp appliqué Ho
confirmait la théorie des
parois symétriques (éq. (35)
et
(36)).
De
façon
à mettre en évidencel’importance
relativedes valeurs de
l’énergie magnétostatique
et del’énergie d’anisotropie,
nous avonscomparé
les résultats cor-respondant
à des couches de 400A préparées
dansles conditions suivantes :
Les échantillons des séries 1 et II sont caractérisés par une
magnétostriction
trèsfaible ;
de cefait,
iln’y
a pas de relation directe entre les directions de l’axe de facile aimantation et de la
paroi ;
on rencontretoutes les valeurs
possibles
de 0, de 0 àn/2.
Le termed’anisotropie
seprésente
comme une correction à la loi en(HO) 1/2 et
les courbesexpérimentales
desfigures
9 et 10 sont situées dans unerégion (hachurée
sur les
figures)
limitée par les corrections maximales obtenuespour 0
= 0 et 03A6 =03C0/2.
Cette zone defluctuation de a, déduite de
l’éq. (34)
en utilisant les valeurs de K déterminées àpartir
descycles d’hysté-
FIG. 9. - Variation de la largeur de paroi en fonction du
champ appliqué (Ni-Fe 82-18, température de dépôt : 350 °C).
La zone hachurée correspond aux corrections maximales apportées par l’énergie d’anisotropie. En trait discontinu,
valeurs de a(Ho) tirées de l’expression (36) avec les valeurs
de 1Jl indiquées. En trait continu, résultats expérimentaux.
FIG. 10. - (Id. Fig. 9) Ni-Fe 82-18, température de dépôt :
450°C.
résis des échantillons est
plus importante
pour les lames de la série II que pour celles de la sérieI,
car K est une fonction
rapidement
croissante de latempérature
dedépôt.
La
magnétostriction négative
des couches de la série III entraîne une rotation locale de l’axe de facileaimantation, perpendiculairement
à la direction descontraintes ;
pour ceséchantillons, e
esttoujours
voisin de
03C0/2 (Fig. 11).
FIG. 11. - (Id. Fig. 9) Ni-Fe 88-12, température de dépôt :
350 °C.
La valeur de 4l est difficile à déterminer avec
préci- sion,
car l’axe facile est soumis à deschangements importants
de direction d’unpoint
à l’autre de l’échan-tillon.
Le
problème,
dans la mesure de lalargeur
deparoi
vient du fait que les limites
paroi-domaines
ne sontpas
parfaitement
définies et que, lepli n’ayant
pas une courburerigoureusement uniforme, a
varie lelong
dela
paroi,
en tenant compte de ces réserves, les valeurs de a sont connues avec une incertitude de 5%.
Lesvaleurs des rayons de courbure peuvent être déduites à
partir
des courbes enH0-1/2,
en tenant compte de l’incertitude sur la mesured’épaisseur
descouches,
à
15 % près.
III. Inversion d’une
paroi symétrique.
- La rota-tion de l’aimantation dans une
paroi symétrique
peuts’opérer
dans deux sensopposés
et l’on passera d’un mode à l’autre enappliquant
unchamp magnétique
dans la direction de la
paroi
et dans le sensopposé
à l’aimantation au centre de laparoi :
c’est lephéno-
mène d’inversion de la
paroi.
Ildépend
étroitement de l’orientation relative de laparoi
et de l’axefacile ;
dans tous les cas, il se réalise par
déplacement
deparois classiques.
a)
PAROI PARALLÈLE A LA DIRECTION DE FACILE AIMANTATION. - La direction stable desparois
clas-siques
est celle de l’axefacile ;
du fait de lasymétrie
du
problème,
le domaine non inversé sera limité par deuxparois parallèles
avec raccordementquasi
para-bolique
afin de diminuerl’énergie magnétostatique
(Fig.
12a et12b).
La nucléation de cesparois
se pro- duit àpartir
de discontinuités telles que des défauts del’échantillon,
inversion dans la courbure dupli...
Pour des valeurs croissantes du
champ appliqué
.
FIG. 12. - Inversion d’une paroi symétrique de direction parallèle à l’axe de facile aimantation.
parallèlement
à laparoi symétrique,
le domaine noninversé se réduit par
déplacement
de sapointe.
L’étudede l’évolution de ce domaine en fonction du
champ appliqué
permet de déterminer la densitéd’énergie
des
parois classiques (parois
de Néel dans notrecas) [15].
b)
PAROI PERPENDICULAIRE A LA DIRECTION DE FACILE AIMANTATION. - Pour des valeurs de 0 voi- sines de03C0/2,
on observeexpérimentalement
un ren-forcement presque
périodique
des «ripples » (période
801
FIG. 13. - Inversion d’une paroi symétrique de direction perpendiculaire à l’axe de facile aimantation.
de 5 à 10
g) ;
il peuts’interpréter
comme étantl’image
d’une sous-structure de la
paroi symétrique,
diviséeen tronçons de
longueur Â/2,
danslesquels
l’aimanta-tion s’écarte alternativement de part et d’autre de la direction moyenne d’un
angle 039403A6,
diminuant ainsil’énergie d’anisotropie.
Un calcul élémentaire fournit le
gain
réalisé :mais les
parois
de Néel assurant la subdivision de laparoi symétrique exigent
uneénergie :
(YN (180°) :
densitéd’énergie
deparoi
de Néel à180°.
La diminution réelle
d’énergie
se limite donc à(AWK - A WN).
Cettehypothèse
est confirmée parl’évolution de cette sous-structure
lorsqu’on applique
le
champ
d’inversion. Unepartition
de laparoi
endomaines
s’opère
àpartir
de la microstructure obser- vée sanschamp
d’inversion(Fig.
13a et13b).
L’inversion de la
paroi
se réalise par rotation de l’aimantation etexpansion
de ceux des domaines dont l’aimantation est laplus proche
duchamp appliqué.
Conclusion. - Nous avons étudié et vérifié
expéri-
mentalement
l’importance
relative del’énergie
d’ani-sotropie
et del’énergie magnétostatique
desparois symétriques.
Nous nous sommes limités au cas desreliefs à rayons de courbure
importants
pourlesquels
la
largeur
deparoi
estgrande comparée
àl’épaisseur
du film. Un autre aspect,
susceptible d’applications,
est celui des faibles rayons de courbure
qui
peuvent être déterminésquantitativement
par cetteméthode,
en apportant des informations sur la
morphologie superficielle
des films[16].
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