• Aucun résultat trouvé

Parois symétriques à 180°

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Parois symétriques à 180°"

Copied!
11
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00207307

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00207307

Submitted on 1 Jan 1972

HAL

is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire

HAL, est

destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Parois symétriques à 180°

P. Vigier, Jean-Philippe Haymann

To cite this version:

P. Vigier, Jean-Philippe Haymann. Parois symétriques à 180°. Journal de Physique, 1972, 33 (8-9),

pp.793-802. �10.1051/jphys:01972003308-9079300�. �jpa-00207307�

(2)

793

PAROIS SYMÉTRIQUES A 180°

P. VIGIER et P. HAYMANN Laboratoire de

Microscopie Electronique,

Faculté des

Sciences, 76-Mont-Saint-Aignan (Reçu

le 28

janvier 1972,

révisé le 4 avril

1972)

Résumé. 2014 On étudie la paroi qui sépare deux domaines magnétiques dont les aimantations, opposées, lui sont perpendiculaires. L’énergie magnétostatique d’une telle paroi est calculée à par- tir d’un modèle de distribution de l’aimantation suggéré par l’expérience ; on en déduit la largeur optimale de la paroi. L’étude expérimentale de ces parois est rapportée et la variation de la lar- geur de paroi avec le champ appliqué s’accorde avec les résultats théoriques. L’inversion de l’ai- mantation d’une paroi symétrique est discutée en tenant compte de la direction d’anisotropie

uniaxe.

Abstract. 2014 The wall which separates two magnetic domains with head-on magnetization is

studied. Magnetostatic energy of such a wall is calculated from a model of magnetization distri-

bution suggested by experiment ; its optimal width is computed. We report on the experimental

results concerning these walls which has been found to be in good agreement with the theory. The magnetization reversal of a symmetrical wall is discussed taking account of the uniaxial anisotropy

direction.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 33, AOUT-SEPTEMBRE 1972,

Classification

Physics abstracts : 17.64

Introduction. - Nous

étudions,

dans cet

article,

les

parois

de domaines

séparant

des

régions

dont les

aimantations sont

opposées

et ont leur direction per-

pendiculaire

au

plan

de la

paroi.

L’existence de ces

parois

fut d’abord mentionnée par

Spain [1]

mais leur

observation,

dans des condi- tions très

particulières,

ne

permettait

pas une étude

expérimentale systématique. Presque

simultanément

(1963),

deux

publications

de

Spain [2]

et Néel

[3]

abordaient

l’aspect théorique

du

problème,

sans aucun

support

expérimental.

En

1968,

étudiant le contraste

lié,

en

microscopie

de

Lorentz,

au relief de couches

ferromagnétiques minces,

nous

indiquions [4]

la pos-

sibilité d’observer ces

parois

en

appliquant

un

champ magnétique

normal à un film mince

plissé. L’exploi-

tation de cette méthode

[5], [6]

en

développant

la

connaissance

expérimentale

des

parois symétriques

conduisait à l’amélioration de la théorie

[7], [8]

et

permettait

d’entrevoir des

applications possibles.

La

microscopie

de Lorentz par défocalisation donne des informations sur la direction de l’aimantation en

tous

points

de l’échantillon

magnétique

traversé par

un faisceau d’électrons.

L’interprétation

du contraste de

l’image

obtenue pour les

parois

de Bloch ou de Néel

est rendue délicate par la

présence

de

phénomènes

inter-

férentiels,

l’ensemble

domaine-paroi-domaine jouant

le rôle d’un

biprisme ; parmi

les nombreuses

publi-

cations traitant de ce

problème,

citons à titre

d’exemple

les travaux récents de Wohlleben

[9],

Hothersall

[10],

Cohen et Harte

[11].

Au

contraire,

dans le cas des

parois symétriques

à

180°, l’image

en

microscopie

de Lorentz est directement

exploi-

table. Les électrons traversant les domaines dont les aimantations

opposées

ont une direction commune,

perpendiculaire

à la

paroi,

sont déviés

parallèlement

à celle-ci

(Fig. 1)

et

l’image correspondante

ne

présente

FIG. 1. - Origine du contraste associé à une paroi symétrique

en microscopie de Lorentz.

aucun contraste.

Quant

à

l’image

de la

paroi,

elle

résulte d’une translation des électrons variant en

direction,

de

façon continue,

le

long

de la normale

à la

paroi.

Les

images

observées par cette

technique

conduisent

à

adopter

un modèle

particulier

pour la structure de la

paroi.

Utilisant ce

modèle,

nous calculons la

largeur

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01972003308-9079300

(3)

optimale

de

paroi ; après

avoir

indiqué

les résultats d’une étude

expérimentale

de ces

parois,

nous étu-

dions les processus d’inversion de l’aimantation.

I.

Largeur

des

parois symétriques :

étude

théorique.

-

1)

MODÈLE DE PAROI

SYMÉTRIQUE.

- Afin d’ob- tenir des aimantations

opposées

dans des domaines

voisins d’un film mince de

permalloy,

nous soumet-

tons une

région plissée

de ce film à l’action d’un

champ magnétique Ho appliqué perpendiculairement

à son

plan

moyen

(Fig. 2).

Si les composantes normales

HN

N 1

FIG. 2. - Paroi symétrique créée par application d’un champ

normal au pli de la lame.

de

Ho

sont telles que

HN

4 nM

(M :

aimantation à

saturation),

elles ont un effet

négligeable

sur l’aiman-

tation des

parties planes

du

film,

ceci par suite de la

grande anisotropie

de forme

qui

se traduit par la

réduction du tenseur de désaimantation à ses compo- santes

principales 0, 0, 4 n 1.

Pour la même

raison,

les composantes de

Ho

dans le

plan

de la

couche,

au niveau des

plis,

peuvent être suffisantes pour entraîner

une rotation de

l’aimantation,

l’amenant à une direc- tion normale à la

ligne

de crête du

pli

et créer ainsi

deux

régions

aimantées en sens

opposé, séparées

par

une

paroi symétrique

à 1800.

En

microscopie

de

Lorentz,

une carte

magnétique

de l’échantillon peut être dressée

grâce

aux «

ripples »

ou ondulations

qui apparaissent [12]

et sont dues à

une oscillation

longitudinale

de l’aimantation autour de son orientation moyenne.

A

partir

des

images

obtenues

(Fig. 3)

et en

exploi-

tant l’étude du contraste de ces

images

réalisée anté-

rieurement

[5],

nous avons été conduits à

adopter,

FIG. 3. - Image d’une paroi symétrique en microscopie

de Lorentz.

comme modèle de

paroi,

une distribution radiale de la direction de l’aimantation à l’intérieur de la

paroi,

définie par :

où a est la

largeur

de la

paroi

et

0(x) l’angle

de l’ai-

mantation avec la direction du

pli (Fig. 4).

La

répartition correspondante

des

charges

en volume

est donnée par la densité :

Elle

s’interprète

comme une distribution uniforme de la

charge ( - 2 M)

sur toute la

largeur a

de la

paroi.

Néel

[3]

utilisait une telle distribution comme

hypo-

thèse

simplificatrice ;

nous sommes amenés à

l’adopter

comme étant la

plus

conforme à nos résultats

expéri-

mentaux.

Pour définir la distribution de l’aimantation dans les domaines de part et d’autre de la

paroi,

nous consi-

dérons une

géométrie simplifiée

de l’échantillon

(Fig 5)

associée aux conditions suivantes :

Pour x > b/2,

l’aimantation s’oriente dans la direction de facile aimantation. Le

changement

de

direction de l’aimantation

pour 1 x 1

=

bl2

marque la limite des domaines

adjacents

à la

paroi

étudiée.

Nous montrerons l’influence du rapport

b/a

sur la

largeur

de la

paroi symétrique.

On suppose M uniforme dans

l’épaisseur

du

film ;

l’axe

Oy

étant l’axe de

symétrie,

la distribution de l’aimantation est à une dimension :

M(x).

2)

PRINCIPE DU CALCUL DE LA LARGEUR D’UNE

PAROI

SYMÉTRIQUE.

- Utilisant le modèle défini

pré-

(4)

795

cédemment,

nous calculons

l’énergie

totale de l’échan- tillon et cherchons la

largeur

de

paroi qui

la rend

minimum.

Les différents termes

d’énergie

sont :

- l’énergie magnétostatique Wm,

très

importante,

car la

paroi emmagasine

les

charges

en volume

1

- 2

M 1

et crée un

champ

de

dispersion élevé ;

- l’énergie d’anisotropie WK

provenant de l’ani-

sotropie

uniaxe du film ainsi que des effets de

magnéto- striction ;

- l’énergie d’échange WA qui

sera

négligeable excepté

pour les très faibles valeurs de la

largeur

de

paroi ;

- l’énergie WHo’

fournie par le

champ magnétique appliqué

normalement au film.

La

largeur optimale

de la

paroi

sera solution de

l’équation :

associée à la condition de stabilité :

3)

ENERGIE MAGNÉTOSTATIQUE D’UNE PAROI SYMÉ-

TRIQUE. -

a) Champ

associé à une

paroi symétrique.

- Les

charges magnétiques

de densité :

p = -

2 M/a (2)

produisent

en tous

points

de

l’espace

un

champ démagnétisant :

Nous supposons que

H(z)

est

indépendant

de z

et que H se réduit à

H(x) quelle

que soit la cote z.

Cette

hypothèse

n’est

justifiée

que pour a > t.

Cepen- dant,

nous étudierons le comportement du

champ démagnétisant

et de

l’énergie magnétostatique

dans

les cas a N t et a « t de

façon

à mettre en évidence les

caractéristiques

propres au domaine a » t et voir comment elles évoluent avec le rapport

a/t.

L’intégration

conduit à

l’expression

de

H(x) :

t :

épaisseur

du film.

Ce

champ

satisfait les relations de

symétrie :

La

figure

6

représente

les variations de

H(x)

en

FIG. 6. - Champ créé par une paroi symétrique (z : épaisseur réduite de la lame, z = tla).

fonction de l’abscisse réduite X = 2

x/a

pour diffé- rentes valeurs de

l’épaisseur

réduite : i =

t/a.

- Pour a« t, la variation de

H(x)

est presque liné- aire. Le

développement

des

expressions (7)

et

(8)

en

a/i,

arrêté au

premier

ordre donne :

,

avec une valeur maximum de H au

point

de raccorde- ment x = ±

a/2 :

qui

tend vers + 4 7rM pour des valeurs de

tla

crois-

santes.

- Pour a » t

et x :0 1 al2 1,

le

développement

de

(8)

et

(9)

en

tla donne,

au

premier

ordre :

(5)

Les valeurs de i

= a/t

effectivement rencontrées dans nos

expériences

sont voisines de r =

0,01.

L’ob- servation de la courbe

correspondante

de la

figure

6

assure une décroissance très

rapide

du

champ

déma-

gnétisant lorsqu’on s’éloigne

de la

paroi.

Cette

remarque, confirmée ultérieurement par le calcul

d’énergie magnétostatique,

nous permet de considérer

comme isolée une

paroi éloignée

d’autres

parois

ou

singularités magnétiques

d’une distance d telle que

dla atteigne quelques

unités.

b) Energie magnétostatique

d’une paroi

symétrique.

- L’énergie magnétostatique

accumulée dans la

paroi

est donnée par

l’intégrale :

Avec

M(x)

défini par

(1)

et

Hm(x)

par

(7), l’intégra-

tion de

(10)

donne :

Ainsi que l’ont fait remarquer Jones et Middel-

ton

[7],

une

énergie importante

due aux

champs

de

dispersion Hm(x)

est

répartie

dans les domaines de part et d’autre de la

paroi ;

elle a pour

expression :

La

figure

7

indique

la variation de

Wm(b) j2 nM2.a

en fonction de

f3

=

bla

pour différentes valeurs du

paramètre

i =

tla.

c)

b

infini ; comparaison

avec les résultats de Néel. - Si l’on fait croître b

indéfiniment, l’énergie magnéto- statique

totale

(13)

tend vers

l’infini,

comme :

Avec le modèle d’aimantation

(1)

et

(3)

et la

géomé-

trie

(Fig. 5)

que l’on a

choisis,

b infini

correspond,

pour le calcul de

l’énergie magnétostatique,

au cas

particulier

où l’axe de facile aimantation est perpen- diculaire à la

paroi.

Nous avons

présenté l’énergie (14)

sous forme d’une somme de deux termes dont seul le

premier

est fonction de b et

diverge.

Il est intéres-

sant de

rapprocher

ce résultat de celui obtenu par Néel

[3]

par une méthode

différente ; initialement,

une

paroi d’épaisseur

nulle portant une densité super- ficielle de

charges u = -

2 M

sépare

deux domaines infinis aimantés

antiparallèlement.

Le travail

qu’il

faut fournir pour amener la

largeur

de la

paroi

de

0 à o a »

([3] éq. (9)) correspond

exactement à l’acco-

lade de

(14). L’énergie

initiale du

système,

due au

champ Hm (x)

créé par la

paroi d’épaisseur

nulle :

a pour valeur :

soit

C’est le

premier

terme de

(14), responsable

de la

(6)

797

FIG. 7. - Energie magnétostatique d’une paroi symétrique.

divergence

de

( Wm)total

On peut vérifier que

l’énergie Wm

est bien

l’énergie

totale

[Wm(b)]b-+oo

pour une

paroi d’épaisseur

nulle :

d)

Calcul de ô

Wm/ôa.

- Nous nous limiterons au cas

étudié

expérimentalement : a »

t.

Les

premiers

termes du

développement

de

Wm(b)

en

tla

donnent :

En

dérivant,

Le crochet tend très

rapidement

vers la valeur

[ - 2]

lorsque b

croît. Considérer des domaines avec b

infini, entraîne,

pour la dérivée

(20)

une erreur de

10

% pour b

= 2 a et de 1

% pour b

= 5 a ; ceci est

à

rapprocher

de la remarque faite

précédemment

sur

la décroissance très

rapide

du

champ

créé à l’extérieur par la

paroi.

Nous avons donc considéré comme isolées des

parois

telles que

b ja

> 5. Pour ces

parois,

nous

adoptons,

comme valeur de

oWm(b)joa,

la limite

de

(20) :

e) Remarques

sur le calcul de

l’énergie magnéta- statique.

- On a

supposé implicitement

que la cour-

bure du

pli

n’intervenait que dans le terme d’inter- action entre l’aimantation du film et le

champ appli- qué Ho,

mais que, pour les autres termes

d’énergie,

on considérait le film comme

plan.

D’autre part, nous avons

négligé

l’influence de l’état

magnétique pour 1 xl> b ;

or tout

changement

d’orientation de M entraîne une fermeture

partielle

de flux et donc une diminution

d’énergie magnéto- statique.

On obtient un ordre de

grandeur

de cet

effet en considérant

l’énergie

d’interaction

Wi

de deux

parois symétriques identiques

distantes de d

(que

l’on supposera, pour

simplifier

le

calcul,

dans le mème

plan).

soit avec une distribution radiale de l’aimantation et

toujours

dans le cas a » t :

Le résultat

(21)

serait modifié d’une

quantité :

correspondant

au centième de

(21)

pour

dia

= 5.

4)

AUTRES TERMES D’ÉNERGIE. -

a) Energie

d’ani-

sotropie.

- Nous supposons que la direction de facile aimantation est constante sur

l’intervalle [ x 1 b/2 ;

si q, est

l’angle

de cette direction avec celle de la

paroi symétrique (Fig. 8), l’énergie d’anisotropie

de l’échan- tillon a pour

expression :

L’intensité

d’anisotropie magnétique K

est la résul-

tante de divers

phénomènes

tels que

l’anisotropie magnétocristalline,

l’ordre

partiel

dans

l’arrangement

des atomes de

l’alliage,

la

magnétostriction...

(7)

WK

est

l’énergie d’anisotropie

pour

( x | > b/2 ;

elle peut être considérée comme

indépendante

de a.

Avec

0(x)

donné par

(1),

et donc :

b) Energie d’échange.

- Une valeur

approchée

de

cette

énergie

a été calculée

[5]

pour une variation linéaire de

0(x)

dans la

paroi ;

nous utiliserons le résultat obtenu :

c) Energie

due au

champ

extérieur. - Si la

paroi

est la

conséquence

de

l’application

d’un

champ magné- tique Ho

normalement au

film, l’énergie

d’interaction entre ce

champ

et l’aimantation a pour

expression :

soit,

avec le modèle choisi :

M(x)

est donné par

(1)

et

(3).

(R :

rayon de courbure du

pli)

5)

LARGEUR D’UNE PAROI SYMÉTRIQUE. -

Reportant

dans

l’éq. (4)

les résultats

(21), (26), (27)

et

(30),

on

obtient :

La discussion de cette

équation

doit être conduite

dans deux

optiques

différentes : celle d’une

paroi

spon- tanée et celle d’une

paroi provoquée

artificiellement.

a)

Paroi

spontanée

ou

imposée

par les conditions

aux limites :

Ho

= 0. - Il

n’y a

alors de solution que pour

x/4

03A6

nl2. Supposons 4l = x/2 (valeur

minimisant

l’énergie

des

domaines).

a est solution de :

Nous sommes

toujours

dans le cas où a > t ;

l’énergie

d’échange

sera en

général négligeable

et la

largeur optimale

aura pour valeur :

Pour du

permalloy, adoptant

les valeurs

soit a =

250 Jl

pour un film

d’épaisseur

1 000

A.

Cette

valeur très élevée de

largeur

de

paroi, proposée éga-

lement par

Spain [1] explique pourquoi

l’observation de

parois spontanées

est délicate.

L’application

d’un

champ

dans une direction

perpendiculaire

à celle-ci

et

symétrique

a pour but de réduire cette valeur de a.

b)

Paroi

provoquée

par

l’application

d’un

champ

extérieur :

Ho #

0. -

L’éq. (31)

admet des solutions

quel

que soit 0.

L’énergie d’échange

étant encore

négligée, a

sera solution de :

(HK

est le

champ d’anisotropie : HK

= 2

K/M).

Le

paramètre

fixant la

largeur

de

paroi

n’est pas le

champ perpendiculaire Ho

mais sa

projection

dans

le

plan

de la

lame ;

celle-ci étant

proportionnelle

à

HolR, la

résolution de

l’éq. (34) indique

donc le comportement de a en fonction de

HOIJT.

Deux cas extrêmes

correspondent

à

l’importance

relative des termes :

Si l’influence de

l’énergie d’anisotropie

est

prépon-

dérante,

Si,

au

contraire, l’énergie magnétostatique

l’em-

porte : -

Ces

phénomènes

ont fait

l’objet

d’une

première

étude

expérimentale

dont nous

présentons quelques

résultats.

Remarque.

- La minimisation de

l’énergie

totale

par rapport à b ne fournit pas de valeur

optimale

de

b, compatible

avec

l’éq. (4)

autre que b

infini ;

ceci

jus-

tifie notre traitement supposant

implicitement

l’ab-

sence d’une corrélation

importante

entre a et b.

II.

Largeur

des

parois symétriques :

étude

expéri-

mentale. -

a)

PRODUCTION DES ÉCHANTILLONS. - Nous avons étudié des échantillons

polycristallins

de

permalloy, d’épaisseurs

variant de 400 à 1000

Á,

(8)

799

obtenus par sublimation à courte

distance,

en ultra-

vide,

en

présence

d’un

champ magnétique

destiné à

imposer

une

anisotropie

uniaxe. Le

principe

de cette

technique

est le suivant : un émetteur constitué de deux couronnes

concentriques

de nickel et de fer

serties sur une

pastille

de tantale est

placé

dans le

champ

d’un four à induction et

porté

à une

tempé-

rature T contrôlée par un

thermocouple

soudé à sa

base. Le cristal

récepteur placé parallèlement

et à

faible distance de l’émetteur est

porté

à une

tempé-

rature

T’ par

le rayonnement de l’émetteur. Les condi- tions

thermodynamiques

de la sublimation sont

parfaitement

déterminées par la

température

T de

l’émetteur et la

géométrie

du

système [13].

L’étude

des

dépôts

en fluorescence X et à la microsonde permet de vérifier l’uniformité

d’épaisseur

et de

composition ;

on observe une variation relative de 1

%

au maximum pour toute la surface d’échantillon de 8 mm x 8 mm.

Le

problème

consistant à

imposer

à un film de

quelques

centaines

d’angstrôms

une

géométrie

donnée

n’ayant

pas, à ce

jour,

de solution

parfaitement

satis-

faisante,

notre étude a

porté

sur les

parois

associées

aux

plis

obtenus naturellement par déformation élas-

tique

de la couche

supportée

par la

grille porte-objet.

Nous n’avons pu réaliser une détermination directe des rayons de courbure dont

seuls,

les ordres de gran- deurs

(1

à 100

microns)

sont connus

[14].

b)

VARIATION DE LA LARGEUR DE PAROI EN FONCTION DU CHAMP

APPLIQUÉ.

- Notre

but,

dans cette étude

expérimentale,

était de vérifier si la variation de la lar- geur de

paroi

« a » en fonction du

champ appliqué Ho

confirmait la théorie des

parois symétriques (éq. (35)

et

(36)).

De

façon

à mettre en évidence

l’importance

relative

des valeurs de

l’énergie magnétostatique

et de

l’énergie d’anisotropie,

nous avons

comparé

les résultats cor-

respondant

à des couches de 400

A préparées

dans

les conditions suivantes :

Les échantillons des séries 1 et II sont caractérisés par une

magnétostriction

très

faible ;

de ce

fait,

il

n’y

a pas de relation directe entre les directions de l’axe de facile aimantation et de la

paroi ;

on rencontre

toutes les valeurs

possibles

de 0, de 0 à

n/2.

Le terme

d’anisotropie

se

présente

comme une correction à la loi en

(HO) 1/2 et

les courbes

expérimentales

des

figures

9 et 10 sont situées dans une

région (hachurée

sur les

figures)

limitée par les corrections maximales obtenues

pour 0

= 0 et 03A6 =

03C0/2.

Cette zone de

fluctuation de a, déduite de

l’éq. (34)

en utilisant les valeurs de K déterminées à

partir

des

cycles d’hysté-

FIG. 9. - Variation de la largeur de paroi en fonction du

champ appliqué (Ni-Fe 82-18, température de dépôt : 350 °C).

La zone hachurée correspond aux corrections maximales apportées par l’énergie d’anisotropie. En trait discontinu,

valeurs de a(Ho) tirées de l’expression (36) avec les valeurs

de 1Jl indiquées. En trait continu, résultats expérimentaux.

FIG. 10. - (Id. Fig. 9) Ni-Fe 82-18, température de dépôt :

450°C.

résis des échantillons est

plus importante

pour les lames de la série II que pour celles de la série

I,

car K est une fonction

rapidement

croissante de la

température

de

dépôt.

La

magnétostriction négative

des couches de la série III entraîne une rotation locale de l’axe de facile

(9)

aimantation, perpendiculairement

à la direction des

contraintes ;

pour ces

échantillons, e

est

toujours

voisin de

03C0/2 (Fig. 11).

FIG. 11. - (Id. Fig. 9) Ni-Fe 88-12, température de dépôt :

350 °C.

La valeur de 4l est difficile à déterminer avec

préci- sion,

car l’axe facile est soumis à des

changements importants

de direction d’un

point

à l’autre de l’échan-

tillon.

Le

problème,

dans la mesure de la

largeur

de

paroi

vient du fait que les limites

paroi-domaines

ne sont

pas

parfaitement

définies et que, le

pli n’ayant

pas une courbure

rigoureusement uniforme, a

varie le

long

de

la

paroi,

en tenant compte de ces réserves, les valeurs de a sont connues avec une incertitude de 5

%.

Les

valeurs des rayons de courbure peuvent être déduites à

partir

des courbes en

H0-1/2,

en tenant compte de l’incertitude sur la mesure

d’épaisseur

des

couches,

à

15 % près.

III. Inversion d’une

paroi symétrique.

- La rota-

tion de l’aimantation dans une

paroi symétrique

peut

s’opérer

dans deux sens

opposés

et l’on passera d’un mode à l’autre en

appliquant

un

champ magnétique

dans la direction de la

paroi

et dans le sens

opposé

à l’aimantation au centre de la

paroi :

c’est le

phéno-

mène d’inversion de la

paroi.

Il

dépend

étroitement de l’orientation relative de la

paroi

et de l’axe

facile ;

dans tous les cas, il se réalise par

déplacement

de

parois classiques.

a)

PAROI PARALLÈLE A LA DIRECTION DE FACILE AIMANTATION. - La direction stable des

parois

clas-

siques

est celle de l’axe

facile ;

du fait de la

symétrie

du

problème,

le domaine non inversé sera limité par deux

parois parallèles

avec raccordement

quasi

para-

bolique

afin de diminuer

l’énergie magnétostatique

(Fig.

12a et

12b).

La nucléation de ces

parois

se pro- duit à

partir

de discontinuités telles que des défauts de

l’échantillon,

inversion dans la courbure du

pli...

Pour des valeurs croissantes du

champ appliqué

.

FIG. 12. - Inversion d’une paroi symétrique de direction parallèle à l’axe de facile aimantation.

parallèlement

à la

paroi symétrique,

le domaine non

inversé se réduit par

déplacement

de sa

pointe.

L’étude

de l’évolution de ce domaine en fonction du

champ appliqué

permet de déterminer la densité

d’énergie

des

parois classiques (parois

de Néel dans notre

cas) [15].

b)

PAROI PERPENDICULAIRE A LA DIRECTION DE FACILE AIMANTATION. - Pour des valeurs de 0 voi- sines de

03C0/2,

on observe

expérimentalement

un ren-

forcement presque

périodique

des «

ripples » (période

(10)

801

FIG. 13. - Inversion d’une paroi symétrique de direction perpendiculaire à l’axe de facile aimantation.

de 5 à 10

g) ;

il peut

s’interpréter

comme étant

l’image

d’une sous-structure de la

paroi symétrique,

divisée

en tronçons de

longueur Â/2,

dans

lesquels

l’aimanta-

tion s’écarte alternativement de part et d’autre de la direction moyenne d’un

angle 039403A6,

diminuant ainsi

l’énergie d’anisotropie.

Un calcul élémentaire fournit le

gain

réalisé :

mais les

parois

de Néel assurant la subdivision de la

paroi symétrique exigent

une

énergie :

(YN (180°) :

densité

d’énergie

de

paroi

de Néel à

180°.

La diminution réelle

d’énergie

se limite donc à

(AWK - A WN).

Cette

hypothèse

est confirmée par

l’évolution de cette sous-structure

lorsqu’on applique

le

champ

d’inversion. Une

partition

de la

paroi

en

domaines

s’opère

à

partir

de la microstructure obser- vée sans

champ

d’inversion

(Fig.

13a et

13b).

L’inversion de la

paroi

se réalise par rotation de l’aimantation et

expansion

de ceux des domaines dont l’aimantation est la

plus proche

du

champ appliqué.

Conclusion. - Nous avons étudié et vérifié

expéri-

mentalement

l’importance

relative de

l’énergie

d’ani-

sotropie

et de

l’énergie magnétostatique

des

parois symétriques.

Nous nous sommes limités au cas des

reliefs à rayons de courbure

importants

pour

lesquels

la

largeur

de

paroi

est

grande comparée

à

l’épaisseur

du film. Un autre aspect,

susceptible d’applications,

est celui des faibles rayons de courbure

qui

peuvent être déterminés

quantitativement

par cette

méthode,

en apportant des informations sur la

morphologie superficielle

des films

[16].

Bibliographie [1] SPAIN (R. J.), (thèse) Ann. Phys., 1966, 1, 391.

[2] SPAIN (R. J.), C. R. Acad. Sci. Paris, 1963, 257, 2427.

[3] NÉEL (L.), C. R. Acad. Sci. Paris, 1963, 257, 4092.

[4] VIGIER (P.), HAYMANN (P.), C. R. Acad. Sci., Paris, 1968, 267, 22.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 33, 8-9, AOUT-SEPTEMBRE 1972

[5] VIGIER (P.), HAYMANN (P.), Phys. stat. sol., 1969, 34, 649.

[6] HOTHERSALL (D. C.), Phys. stat. sol., 1969, 34, 677.

[7] JONES (G. A.), MIDDLETON (B. K.), Phys. stat. sol (a), 1971, 4, K 239.

53

(11)

[8] VIGIER (P.), HAYMANN (P.), Phys. stat. sol. (b), 1971, 48, K 27.

[9] WOHLLEBEN (D.), J. Appl. Phys., 1967, 38, 3341.

[10] HOTHERSALL (D. C.), Phil. Mag., 1969, 20, 163, 89.

[11] COHEN (M. S.), HARTE (K. J.), J. Appl. Phys., 1969, 40, 9, 3597.

[12] FULLER (H. W.), HALE (M. E.), J. Appl. Phys., 1960, 31, 238.

[13] JAUNET (J.), HAYMANN (P.), ART (A.), C. R. Acad.

Sci., Paris, 1967, 265, 329.

[14] LAND EICHEN (W.), J. Appl. Phys., 1966, 37, 6.

[15] VIGIER (P.), HAYMANN (P.), C. R. Acad. Sci., Paris, 1969, 269, 689.

[16] VIGIER (P.), HAYMANN (P.), C. R. Acad. Sci., Paris, 1971, 273, 745.

Références

Documents relatifs

Une fois cette situation sociopolitique posée, nous passerons en revue la notion de dialogue de savoirs 1 que nous avons abordée en classe à partir de l’adaptation du modèle

Désirant intervenir sur ce genre de situation, nous avons voulu mettre en pratique le concept d’atelier d’écriture afin de permettre à la classe de langue de s’ouvrir

à un monde a dire" et à un · ,outil systémique: le langage, dans la communication désignée comme c~~tractuelle. Autrement dit, elle est issue.. de la théorie

Analyse du total des informations correctes produites au Questionnaires Q1 et Q2 Nous analysons, tout d’abord, le total des réponses correctes aux questions portant sur la base de

Si deux figures sont symétriques par rapport à un point alors elles ont la même aire. Exemple : Les triangles EFG et E’F’G’ sont symétriques par rapport au point O, donc aire

Ce Guide (voir notamment le Chapitre 5) précise la façon dont ces principes fondamentaux, ainsi que ceux dont ils découlent, sont appliqués dans la pratique.

Ce Guide (voir notamment le Chapitre 5) précise la façon dont ces principes fondamentaux, ainsi que ceux dont ils découlent, sont appliqués dans la pratique.

La gouvernance envisagée pour l’eurozone la place sur une trajectoire de collision frontale avec le modèle social. En fait sans véritable solidarité financière, budgétaire, sociale