Développement: Théorème de Dini
Marine Malo et Coralie Renault 13 février 2074
Référence.'
Gourd.on,AnalYse P L?A
Nourdin,
Agrégation de mathématiques, épreuve oraleet application au théorème de Glivenko Cantelli
Théorème L (Deud'ème théorème de Dini
Soient
a,b e
IR aveco
.--b,et (./,),.x
une suitede
fonctions croissantesde[a,b)
dans JR., qui converge simplement vers une fonction continuef .
Alors,("f")".u
converge uniformément vetsf
surla,bl.
Démonstration ;
Soit e>
0. La fonctionf
étant continue sur le compact la,à], elle est uniformément continue sur [o, b] par Ie théorème de Heine. [1 existe donc 4>
0 tel queYr,u €la,bl,l*-yl<q
-+l/(r) - l(u)l<e
Soit alors
S: (a:,ao 1at 1... l an-l1an:
à) une subdivision de [o,b] de pas(
4. Puisque(/r)
converge simplement vers/,
et que les a; sont en nombre fi.ni,il
existe un entier 7zo € N, tel que Vn/ns,
et V1< i 1n,
onait l/(ai) - f^(oùl <
e.Soit
r e fa,bletn)
ào..Ilexisteie
{1,...,r4} tel quer € lot,ot+tl.
Alors,lr@)
-/(ar)l <' \l*-ai t <n\
Donc,
l/(") - r"@)l < l/(") - l@ùl+ l/(ar) - l"@t)l+V"("ù - l"@)l
<
e + e+ (f"(r) - l^@ù) cx fn
est croissante1
2e* l"(a;*r1 - f"@)
carfn
est croissante<
2e* ll,çon*r1-
7(ar+r)l*
l1(o;.+r- 71at)l+ l/("e) - Î"@t)l
(5e
La convergence est donc uniforme.
Application:
soit (x")"6ry
ui?€ suite dev.a.i.i.d.
NotonsF Ia
fonction d.erépartition
commune desXn
et posons si üe
IR etn e N*, la
vafiable aléatoire :F,(t): i ,nu
1nI r,_-,4(xe)
,, Ë:1r---\rv
Alors, presque surement, on
a
:9rr
sup
,€lR lIl,(t) - r'(r)l
n-++æ---+
0Démonstration: Idée de la preuve :
Laloi
forte des grands nombres nous d.onneF"(t)
' n-J*oo--)
p'"F(t)
pourtout , €
IR. Par ailleurs, ---' chaqrre ----1-- fonction FL est -- croissante.envie d'appliquer ie deuxième théorème de Dini. Plusieurs problèmes se posent alors :
-
la fonctionF
n'qst pffi, â priori, continue.-
la convergence n'a pffi, â priori, Iieu sur un segment.-
la loi forte des grands nombres nous donne\€-fqJ= FIx^<t)=Çtt)
âï'fffi\r§lTrt,_
\ e r,li ll
=F(u -§1s1L
Vi € IR,
=AtlP(Aù:
1 et Vw e A1,F"(t)(a)|,ï_
.F'(ü)Pour appliquer le théorème de Dini,
il
nous faut trouver un ensembie ,4 de mesure pleine uniforme pour tous les ü € IR. Autrement dit, on cherche .4 tel que p(,4): i
s1Yu e
A,Yt
e R., fl,(t)(r,,'),*-7_ F(t)
Les deux premiers points seront résolus grâce à l'inverse généralisé de la fonction de répartition, le troisième grâce à la séparabilité de lR.
Commençons pal deux résultats fondamentaux sur l'inverse généralisé de la fonction F.
Lemme
LOn
introduit
l'inverse généralisé dela
fonctionF
:Vu
e
[0, 7),F+
(u):: inf{r
e R/F'(r) >
u}Alors, on a |'équivalence suivante, pour tout æ € jR et a
e
[0, 1],F*(")(r->u<F(r)
Dêmonstration:
SiF*(") ( r,
alorsil
existe yI r
te| que F(3r)) z.
Mais par croissance def',
on aF(y) < F(*),
et donc"<F(y)<F'(")
Réciproquement, si
u< F(r), alorsr
€{g
emir(g) }z},
etdoncr>inf{g
e R./F(y)>
u)'
i'eF+(u) < r
I
Corollaire
1I S;
y
est une v.a réelle de fonction de répaûitionF
et U-
U(ï0,1]), a.lors F<- (U)-
Y .I
Démonstration: Il
suffit d'écrireP(r-(U) 1r): P([/ < F(r)): F(r)
car la restriction à [0,1] de la fonction de répartition d'une loi uniforme est
l'identité. I
On va maintenant pouvoir se ramener, dans la preuve du théorème de Glivenko-Cantelli, au cas de v.a qui suir.'ent une loi uniforme sur [0.1].
En e{fet, soit (Ç),161.1 une suite de v.a réelles indépendantes de même ioi /,/([0,1]). Alors. on a :
d ^e-
û[o e
:˧t*Ër,-=, -r(,)t -iËR'*Ë tr*1uo1<t- F(t)t-:ËR,*Ëluo<rqr; - F(t)i
Par ailleurs, si on pose s
: F(t), il
vient :1n1n1n
r"plif lr*.<"r,)-.F(t)l : sup l;»rur<"-.sl < sup l;»1uos,-sl
tem 2
r-=r
se F(R) nf:1
se [0,1] ruf'j
Ainsi,
il
suffit de montrer qrre le théorème de GlivenkoCantelli est vrai dans le cas particulier <lev.a qui suivent des lois Z/([0,1]), et où s
e
[0,1].Grâce à loi forte des grands nombres, on sait que pour
tout
s€
[0,1],il
existe A" de mesure pleine tel queya
eA,, * f, ru
-r,r-.<"4
Sn
7-t
On va maintenant essayer de trouver un ensemble
A
de mesure pleine, qui soit uniforme pourtousless€[0,1].
Q
étant dénombrable,et
une intersection dénombrable d'ensembles de mesllre pleine étant de mesure pleine, on en déduit I'existence d'un ensemble A de mesure pleine tel que1n §-- OAr
Yu € A,Vs
e [0,1]nQ,1I1r.,,,<" * s Solo,rl
n
î1r
Montrons que
la
propriété ci-dessus estwaie
pourtout s €
[0,1]et
pas seulement pour toutse[0,1] nQ.
Fixons
s e
[0.1]et e >
0.Qn
[0,1] étant dense dans [0,1],il
existep et q
deux éléments deQn
[0,1] tels que s-
eI
p1s (
q(
s*e.
Alors, par croissance de s
'+ f lkr
1y*1r;<", on â1 Ë rr-,,,=, = : É rr,,,,="
= : É
Luo(,).," k:l '' lr:l 'o k:1
pourtoutu€4.
D'où, en passant à
la
limsup à droite et àla liminf
à gauche, on en déduit (la propriété étant vérifiée pour p et q) :s
-
e( - Iiminf
n-++æI »
nfl_, rr-,.,."
uÊ\w,,:'r( - "-*à limsup
nIiruu,,., ( fa s*6
pourtoutw€4.
Pour chaque
u € A,
Ia suite cle fonctions croissante.f ltr luu(r)..,
converge donc simplemerrt vers s sur [0, 1]. Le deuxième théorème de Dini, nous assure alors que la convergence est uniformesur [0,1]. Ce qui achève la
démonstration. I
Çro,rt§ .
frUtnona$
ejoS
Remarques
:o
Pourjustifier
quel'application
définie sur O par supü€rRlfl"(t)-,F(r)l
est bien une variable aléatoire (ce quijustifie
par la même occa,sion la suite d'équivalences enloi
de Ia preuve du théorème de Glivenko-Cantelli), on a besoindu
lemme suivant :Lemme
2La fonction de
répartition
empirique Fn derépartition F
rérifre :bâtie sur les variables aléatoires X1, ...,
X,
de fonctionVr.r
€
0, sup z€lRlIl"(r)(w) - f @11:
En
conséquence,lliln - fll".
est une variable aléatoire Éelle.Démonstration:
lléordourloila k\s
lrotnlrtt*-,{i .1
.x, cuT'Ll. x(2).'''' x(")
at't'c X(1) <-\ l) < ...
SX(,,)
(c'cst cc c|rc l'ou irppclie rurcstati;ticltc
<l'or<lre). Les fouc- -:,r1rs àritrsi {éfiuies sotrt bicn cles variablcs al('atoircr prtisrlttc 1'orl a i'iclcutitô1x(r) <
i1: - ''l',,1
La
fblctiou î,, * F
r.s1 coutirmc l)iu' r})orccaLrx (le rtottli;re rlc tttort'cttttxrrrl.zrlrt
êtlc
irrfitri r\ causcrh I') : l)ollf 0 < À'(
rr. cllcvaut f -,F'.(f)
sur-1
l).f(l'r-1)i.
a'c,r'1a cort'etttiorr Ji(0):0
ct 1-(l-:1)-
1. Comtnc 1',,--F
est:.'i loissutrtc ct contittrte sr.tr
[f
(À).y(À-rl)i.
orr a- r(-rtÀ);i ,il - .r!'(IrÀ*r);
silp
)
i:i-\(À)..\(t' l)l
I' , /'
1,.'l- -
1.'(l):-
ruax(i:
'.n \,,l
/
1,.I
tria-x r--\l<1,(rr i tr
lrunc F,,
ct F
coirtciclciltcr
0ct
cu 1. oll a sitrlplctttt:ut F,,* fii- :ll1ilx
r;rri tttotttLc que tiI7,,
-
}. ii.'
cst l>icn tuestrt'ablc'Il
existe bien surun
premier théorème deDini dont
l'énoncé est le suivant :Théorème 3 (Pre.mî.er théoùrne de Dinù)
I
Soient
a,b e
IR avec a4
b,IR., qui converge simplement vers
f
sur fa.bl.et (Â)"ex
une suite croissante de fonctions conürnues de la,b) dansÿ'ers une
fonction
continttef
. Alors,(Â)".*
converge uniformémentPrendre garde au
fait
que dans ce théorème, ona
besoin dela continuité
des /,,., contrai-rement au
deuxième théorèmede Dini. Dans
Gourd,on, lesfonctions /,, sont
supposéescontinues dans les deux théorèmes
de Dini,
mais commeon le voit ici, cette
hypothèse n'est pas nécessaire pour Ie deuxième. La démonstration du théorème de Glivenko-Cantelli nécessited'ailleurs
cet énoncé plus précis, puisqu'apriori, il n'y
a âucune raisonpour
que les fonctions f1,. soient continues.o
Pour
tout
'n,, si(Xr)rs6<,
€st un échantillon detailie
n, la fonctionf|
est appelée la fonction derépartition
empirique del'échantillon
(X6)r-<r5,.Le théorème de Glivenko-Cantelli est parfois appelé théorème fondamental de la statistique,
car il
exprimeen quoi
uneloi
deprobabilité peut être
révéléepar la
connaissanced'un
échantiilon suffisamment grand de lacliteloi
de probabilité.Le théorème de Glivenko.Cantelli est parfois considéré comme une généralisation du deuxième théorème de
Dini,
caril
ne suppose pas enparticulier ia continuité
deF, ni
Iefait
d'être déflni surun
compact.Le
théorèmede
Kolmogoro'u,*Smirnov précise l'énoncédu
théorèmede
Glivenko-Cantelli dans le cas où .F'est continue :il
donne une estimation de la vitesse de convergence en;f
:Théorème a (de Kolrruogorou-Srnimtoa)
Soit
(X1, ...,Xn)
un écltantillon deloi p
surR
defonction
derépartition F.
SiF
est continue, alorsKn: fr?:f l4"(r) - F(*)l -41 trxs
où
pxs
est une loi universelle ne dépendant pas deF.
Elle est portée par R.+ et a pour fonction derépartitiott pour t ) 0 :
*rre
Fxs(t) :
1+ 2l(-L1x
"-zn'*'
k:1
Le
théorèmede
I{olmogorov-Smirnovest à la
ba"sedu test d'adéquation à une loi
deKolomogorov-Smirnov.