Article original
Extrapolation de quelques règles forestières empiriques
RB Chevrou
Inventaire forestier national, Antenne recherches et Cellule ressources,
place
des Arcades,BP 1, Maurin, 34970 Lattes, France
(Reçu
le 5 décembre 1988;accepté
le 26juin 1989)
Résumé — On
rappelle,
avec les démonstrations, 3 relations forestièresempiriques
établies pour lespeuplements
de futaierégulière équilibrée,
pourlesquels
la surface s(x) de la classed’âge
x estune constante s
indépendante
del’âge
x. On suppose que le volume moyen par hectare d’un peu-plement d’âge
x estproportionnel
àl’âge
x. 1rere relation:règle
des 5/3: volume des vieux bois / volu-me des bois
d’âge
moyen = 5/3. 2erelation: relation structurelle àl’équilibre:
2 VT = AE DV(1-e),
oùVT = volume total sur
pied;
AE =âge
maximum ouâge d’exploitabilité;
DV = accroissement total;e = taux d’éclaircie moyen = volume total
prélevé
en éclaircie divisé par DV. 3e relation: relation d’évolution du volume surpied:
où AE’ = nouvel
âge d’exploitabilité; VT(t)
= volume surpied
à la fin d’unepériode
de durée t<AE’.Cette 3erelation
exprime
l’évolution du volume surpied VT(t)
avec le temps t,lorsqu’ayant
donné àl’âge d’exploitabilité
une nouvelle valeur AE’, on cherche à obtenir le nouvel étatd’équilibre
en unedurée minimum
égale
à AE’, sanschanger
e. Desexemples d’application
en sont donnés pour l’estimation des diversparamètres
de ces relations et pour le calcul des coupes futuresprésumées.
relation à
l’équilibre
/ volume total surpied
/ accroissement / taux d’éclaircie /âge d’exploita-
bilité
Summary - Extrapolation
of someempirical
forest management rules. Threeempirical
rela-tionships
are recalled and established, whenapplied
to balanced forestregular
stands, for which the areas(x)
of the age class x has a constant value s. The volume per hectare of stands of age x is assumed to beproportional
to the age x . 1strelationship
= old stand volume / mean age stand volume = 5/3. 2ndrelationship:
balanced stand structuralrelationship:
2 VT = AE DV(1-e),
whereVT = total
standing
volume; AE = maximum age orexploitable
age; DV = total volumegrowth;
e =
clearing proportion
=clearing
/ DV. 3ndrelationship: standing
volume evolutionrelationship:
where AE’ = new maximum age;
VT(t)
= Totalstanding
volume after t years(t<AE’).
This last rela-tionship
expresses thestanding
volume evolutionVT(t)
with time t when, a new value AE’being
given
to maximum age, the new balanced state of the stands can be reached in the shortestperiod
of time
equal
to AE’, with eremaining unchanged. Examples
aregiven
for estimations of the para- meters used in theserelationships,
and to estimate future cut.relationship
for balanced stands / totalstanding
volume/ growth
/thinning
ratio/ exploitable
age
PRÉSENTATION
On se propose de
rappeler
ouétablir, puis
utiliser les relations
globales existant,
enfutaie
régulière équilibrée,
entre la structu-re des volumes observés par
grandes
classesd’âges
et les accroissements moyensqui
ont conduit à cette structure.Une
première
structure est celle dessurfaces s(x) occupées
par lespeuple- ments
des différentsâges
x, limités parune valeur maximum
AE,
parexemple l’âge d’exploitabilité
fixé parl’aménagiste.
La structure des surfaces est dite
équili-
brée
lorsque
les surfacess(x)
sont touteségales
à une même valeur s = S /AE,
S étant la surface totaleoccupée
par l’ensemble despeuplements.
Si lesâges
sont
exprimés
en classesd’âges
demême
largeur
nannées,
s = S(n/AE).
Une seconde structure est celle des volumes moyens par
hectare, v(x),
despeuplements d’âges
x. Le volumev(x)
estla somme des
productions
annuelles par hectare(accroissement
courant + recrute-ment)
diminuées desprélèvements
annuels par hectare
(coupes
d’éclaircie +mortalité) depuis l’âge
0jusqu’à l’âge
x. Al’âge
x, leprélèvement
annuel par hectare estc(x), qu’il
est commode derapporter
àla
production
annuelle parhectare, i(x),
aumême
âge
x, cequi
définit un tauxd’éclaircie
e(x)
àl’âge
x:e(x)
=c(x)
/i(x).
Les valeurs
v(x)
des volumes par hec- tare traduisent donc à la fois laproduction cumulée,
ou uneproduction
moyenne, entre lesâges
0 et x, et l’intensité moyen-ne des éclaircies sur la même
période,
donc des moyennes sur le moyen ou le
long
terme pour lesâges
xsupérieurs
à20 ans.
La conservation dans le
temps
de lastructure des volumes
v(x)
suppose celle des intensités des éclairciese(x)
si lastructure des
productions i(x)
restestable,
ou encore une
adaptation
de la structuredes intensités des éclaircies aux fluctua- tions des
productions.
Enpratique,
lastructure des volumes semble
représenter
celles des
productions
moyennes et des éclaircies sur lelong terme,
lesproduc-
tions annuelles
i(x) pouvant
fluctuer consi- dérablement sur le court terme, notam- ment avec les conditionsclimatiques (Becker, 1987;
LeRoy Ladurie, 1983).
Si
AE, l’âge maximum,
estl’âge auquel
on
procède
à la dernière coupe, ou coupedéfinitive,
le volumeprélevé
par hectareen coupe définitive est alors
v(AE).
Onpeut
noter ici que les données de l’inven- taire forestier national aussi bien que cer- taines tables deproduction (Vannière, 1984)
montrent que le volumev(AE)
asouvent une valeur
proche
de la moitié de laproduction
cumulée par hectare àl’âge
AE. Il ne faut pas y voir une
règle absolue,
mais seulement un
guide approximatif lorsque
des donnéesplus précises
man-quent.
Sur le
long terme, qui permet
d’annulerles fluctuations
temporelles
de laproduc-
tion et de l’intensité des
éclaircies,
del’équilibre
de la structure des surfaces et de la conservation de la structure des volumes parhectare,
découlel’égalité
entre la valeur moyenne de la
production
totale annuelle cumulée par hectare et celle du
prélèvement
total annuel(éclair-
cies + coupes définitives + mortalité natu-
relle).
Inversement,
fixer la valeur moyenne duprélèvement
total annuel et saforme,
par le choix des valeurse(x)
des tauxd’éclaircie et, au moins
implicitement,
celuide la valeur AE de
l’âge d’exploitabilité,
conduit à
obtenir, approximativement
etglobalement, l’équilibre
despeuplements.
Le
point important
se trouve dansl’interdépendance
entre des données bio-logiques (volumes
etproduction)
et desdonnées humaines
(décisions
de l’aména-giste: âge d’exploitabilité,
tauxd’éclaircie)
que l’on
peut
traduire par des relations de nature structurelle. Trois relationsglobales
de ce
type
serontrappelées
ou établies pour lespeuplements équilibrés,
ainsi que l’influence dedéséquilibres
sur ces résul- tats,puis
leur utilisation sera illustrée parun
exemple.
Certaines de ces relations servent de base au calcul desdisponibili-
tés forestières pour un ensemble de mas-
sifs forestiers: ce sont les
produits
que l’onpourrait prélever
annuellement sous cer-taines conditions
sylvicoles
et écono-miques,
les unes ou les autres de cesconditions
pouvant
êtreprivilégiées
selonl’objectif
visé(Chevrou et al, 1988).
La fiabilité des résultats d’un tel calcul
dépend
sans doute de l’état despeuple-
ments concernés et de leur écart par rap-
port
à«l’équilibre».
Il estpermis
de penser que, en France et pour lesproduits
issusde
futaies,
le marché ajoué depuis
suffi-samment
longtemps
pourqu’un
étatd’équilibre puisse
êtreprésumé,
au moinsglobalement.
Ce n’est évidemment pastoujours
le cas.Certains
déséquilibres
découlent de ceque le marché n’a pas pu
jouer
sur le trèslong terme,
des événements dont les effets ont été considérables étant surve- nus à uneépoque
récente: création denouveaux
peuplements:
reboisementsFFN,
colonisationnaturelle; accidents,
extension:
exemple
du massiflandais;
transformation avec
accumulation
ducapi-
tal: conversion des
TSF;
évolution avecdécapitalisation: surexploitation, dépéris-
sement; évolution des
techniques
fores-tières:
sylviculture, génétique.
Chevrou
(1990)
montre que les effec-tifs,
et parconséquent
les volumes et lesaccroissements,
des arbres de mêmeâge
en futaie
irrégulière équilibrée pourraient s’apparenter
à ceux observés en futaierégulière équilibrée.
Parsuite,
les résultatsétablis pour les futaies
régulières
semble-raient
pouvoir
êtreextrapolés
au cas desfutaies
irrégulières.
Pourl’illustrer,
nombre des résultatsprésentés ci-après
concerne-ront l’ensemble des arbres des futaies
régulières
etirrégulières,
ycompris
lesréserves feuillues des taillis-sous-futaie
(tableau I) (voir
pp. 00 et00).
HYPOTHÈSES
Soit une surface S contenant des
peuple-
ments
réguliers, équiennes
etmonospéci- fiques,
situés sur un seul et mêmetype
destation et de même fertilité.
L’âge
maxi-mum,
qui peut
être ou non unâge d’exploitabilité,
notéAE,
est d’abord sup-posé unique.
On suppose que la surfaces(x)
despeuplements ayant l’âge
x estindépendante
de x, etégale
à s = S / AE pour toute valeur de x. On étudiera ulté- rieurement cequi
seproduit lorsque
cettehypothèse
n’est pas vérifiée.Le volume moyen par
hectare, v(x),
despeuplements d’âge
x, estl’intégration,
entre
l’âge
0 etl’âge
x duproduit i(y)[1- e(y)],
c’est-à-dire la somme, pour les annéesy=0
à y=x, desproductions
cou-rantes,
i(y),
diminuées desprélèvements, c(y)
=e(y) i(y).
On note:
-
VT,
le volume total surpied,
somme dess(x) v(x);
-
DV,
laproduction totale,
somme dess(x) i(x);
-
C,
la coupe d’éclaircietotale,
ycompris
la
mortalité,
somme dess(x) c(x);
- e, une certaine moyenne des taux
e(x).
Voir
ci-après.
Hypothèse
H1Le volume
v(x)
àl’âge
x estproportionnel
à
l’âge
x.L’hypothèse
de base retenue iciest une
règle
fortancienne,
souvent utili- sée: note de1883, qui
établit larègle
des5/3, reprise
dans le Manueld’aménage-
ment de l’ONF
(1970).
Elle semble conve-nir pour établir des résultats
globaux,
bienqu’elle
soit trèsapproximative
dans ledétail
(Assmann, 1970; Vannière, 1984).
Elle se traduit par ce que d’aucuns nom- ment le
triangle
de deLiocourt,
outriangle
de PD
Kemp (US
ForestService, 1958) (Fig. 1).
Il en découle directement que la pro- duction par hectare
i(x)
àl’âge
x diminuéedu
prélèvement
par hectarec(x)
à cetâge
doit être constante donc le
produit i(x) [1- e(x)]
constant, et par suite il doit êtreégal
à sa valeur moyenne pour l’ensemble des
peuplements,
soit DV(1-e)
/ S:II vient alors:
Hypothèse
H2On supposera ultérieurement que le terme DV
(1-e)
/ S a une valeurindépendante
del’âge
maximumAE,
c’est-à-dire que reste constant,quand
AEvarie,
le coefficient deproportionnalité
entre le volumev(x)
etl’âge
x, donc lerapport v(x)
/ x;PREMIÈRE
RELATION:RÈGLE
DES 5/3 Soient:- V
(PB),
le volume desjeunes
bois(PB), d’âge
inférieur àAE/3;
- V
(BM),
celui des boisd’âge
moyen(BM), d’âges
AE/3 à2AE/3;
-
V(GB),
celui des vieux bois(GB), d’âge supérieur
à 2AE/3.Alors,
onpeut
montrer, soit par le cal-cul,
soitgraphiquement (Fig. 1), que:
Cette
première relation,
diterègle
des5/3,
établie dans la note de1883,
along- temps
été utilisée(ONF, 1970);
elle esttrès sensible aux écarts entre l’état réel des
peuplements
et celui défini par leshypothèses
du§
2(voir
p.00).
Cette rela- tion n’est pas valide pour les volumes totalisés parcatégories
de dimensions:petits bois,
bois moyens, grosbois;
car lacourbe
représentative
du volume en fonc-tion de la
catégorie
de diamètre a uneforme en cloche très
éloignée
de celle dutriangle
de de Liocourt(Chevrou, 1990).
DEUXIÈME
RELATION: RELATION STRUCTURELLEÀ L’ÉQUILIBRE
Sous les conditions de
l’hypothèse H1,
onpeut
montrer, soit par lecalcul,
soitgraphi- quement (Fig. 1), que
le volume totalVT,
laproduction
totaleDV,
le taux moyen desprélèvements
en éclaircie e etl’âge
maxi-mum AE sont liés par une relation déduite de
l’intégration
des volumes surpied
detous
âges:
Cette relation structurelle montre et tra- duit
l’interdépendance existant,
àl’équi- libre,
entre les variablesbiologiques glo-
bales VT et
DV,
et les variables«humaines»
globales
e et AE. Ellepermet
d’estimer l’une de ces variablesqui
seraitmal déterminée ou inconnue: c’est le cas
pour
AE,
DV ou e,lorsque
les donnéesproviennent
d’un inventaireforestier,
pourDV, lorsque
les donnéesproviennent
d’unaménagement.
La relation doit alors être réécrite pour obtenir AE = , ou DV = , oue = .
Elle
permet
aussi de vérifier la cohéren-ce de l’ensemble des variables concer-
nées,
voire dejuger
l’étatd’équilibre
despeuplements.
Si e est de l’ordre de 50%(voir
p.00),
il vient:La relation
(5)
est valable dans tous lescas où les
peuplements
ne sont pastrop déséquilibrés. (voir
p.00).
Remarques.
Noterqu’ici
AE estl’âge
maximum des
peuplements, s(x)
étantconstant et
égal
à S/AE.Ainsi,
pour les boisements FFN effectuésaprès 1945,
larelation donne une valeur de AE de l’ordre de 30 à 40 ans. Diverses données
IFN,
et les sources extérieures àl’IFN, permettent
souvent d’avoir une idée assez
précise
des divers éléments de la
relation,
c’est-à-dire
VT, DV,
AE et e, et de l’étatglobal d’équilibre
éventuel despeuplements
concernés.
La relation
(5) permet
de déterminerl’un des éléments de la
relation,
s’il est inconnu ouimprécis,
ou de vérifier leur cohérence.Si,
parexemple,
l’estimation DV déduite d’un inventaire se trouve être affectée par les conditionsclimatiques ayant prévalu pendant
lapériode
de réfé-rence, on trouve alors une valeur de AE anormalement
grande
oupetite. Si,
dansla relation
ci-dessus,
onremplace
cettevaleur AE par la valeur
présumée
correc-te, on
peut
obtenir une estimation «corri-gée»
deDV,
voire du taux moyen depré-
lèvement e.
Le tableau
I,
donne pourquelques départements
etquelques
essences, lavaleur AE calculée par la relation
(6).
On y remarque les effetssignalés plus
haut:valeurs faibles de AE pour certaines
essences introduites récemment hors de leur zone
naturelle;
valeurs anormalement fortes de AElorsque
l’année1976,
carac-térisée par une forte sécheresse dans cer-
taines
régions,
estcomprise
dans lapério-
de de 5 ans
précédant
le passage de l’inventaire forestier.Les différences observées entre les forêts domaniales et communales d’une
part,
les autres forêts del’autre,
ne tradui-sent rien de
plus
que les choix des diversaménagistes (valeurs
deAE)
ou des ges- tionnaires(valeurs
dee).
TROISIÈME
RELATION: RELATIOND’ÉVOLUTION
DU VOLUME SUR PIEDOn décide de
changer l’âge d’exploitabilité
AE de
peuplements
àl’origine équilibrés
et de le fixer à la nouvelle valeur AE’ diffé- rente de
AE,
le coefficient deproportion-
nalité entre le volume
v(x)
etl’âge
x étantinchangé
selonhypothèse
H2 de la p. 00.Rappel
del’hypothèse
H2: on suppose constant le terme DV(1-e)
/S,
c’est-à-direque le coefficient de
proportionnalité
entrele volume
v(x)
etl’âge
x, donc lerapport v(x)
/ x, estindépendant
del’âge
maxi-mum AE.
On
prélève annuellement,
en couperase dans les
peuplements
lesplus âgés,
une surface s’ = S /
AE’,
cequi
conduit aunouvel état
d’équilibre
en une durée mini-male
égale
à AE’.Après
unepériode
det années,
le volu-me total sur
pied
estVT(t).
Pour obtenir
l’expression
deVT(t)
enfonction de t, on divise les
peuplements
en 2
blocs,
et,compte
tenu del’hypothèse H2,
on obtient successivement:- un
premier
bloc formé depeuplements
équilibrés:
· et de volume total
égal,
selon la 2erelation (5), à:
- un deuxième bloc formé de
peuple-
ments
équilibrés:
On a alors: volume total =
VT(t)
= VT1+
VT2,
et, en utilisant les relations AE = S/s et AE’ = S/s’ dans VT1 etVT2,
il vient(Fig. 2):
Le
rythme
annuel decapitalisation
oude
décapitalisation
du volume surpied
estplus rapide
en début depériode;
et pen- dant une durée de l’ordre deAE’/4,
il est de l’ordre de:Le
prélèvement
total annuel(éclaircies
+ coupes
définitives), égal
à DV àl’origine
ainsi
qu’à long terme,
est modifié au cours de lapériode,
etplus particulièrement
endébut de
période (pendant
20 ans environou
plus
si AE’ est au moinségal
à 80ans)
dans une
proportion
de:SENSIBILITÉ
DES RELATIONSÀ
UNDÉSÉQUILIBRE
Soit un
premier ensemble, supposé équili- bré;
soient S la surfacetotale,
VT le volu-me
total,
DV laproduction
totale et e letaux d’éclaircie moyen à
l’âge d’exploitabi- lité,
etmaximum,
AEo.Il vient alors:
- pour les surfaces:
S(PB) = S/3; S(BM)
=S/3;
etS(GB)
=S/3;
- pour les volumes:
V(PB) = VT/9; V(BM)
= VT/3;
etV(GB)
= 5VT/9;
- par suite:
V(GB)
/V(BM) = 5/3;
- et: AEo = 2 VT / [DV (1-e)].
Soit un deuxième
ensemble, supposé déséquilibré,
de même surface totaleS,
etde même
production
totaleDV,
cequi
sup- pose quel’âge
moyend’exploitabilité
AEn’y
soit pastrop
différent deAEo,
et demême taux d’éclaircie moyen e; les para- mètres α et
β expriment globalement
ledéséquilibre
sous la forme suivante:-
S(PB) = (S/3) (1+α); S(BM) = (S/3) (1+β); S(GB) = (S/3) (1-α-β);
-
V(PB) = (VT/9) (1+α); V(BM) = (VT/3) (1+β); V(GB) = (5VT/9) (1-α-β);
- par suite: R =
V(GB)
/V(BM) = (5/3) [(1-
α-β)/(1+β)];
- et: volume total = VT
(1 -
4α/9 -2β/9);
- d’où: Q = AE/AEo = 1-
(4α/9) - (2β/9).
Les variations de R et de Q en fonction de α et
de β
montrent la sensibilité des 3relations établies
plus
haut audéséqui-
libre éventuel des
peuplements
concer-nés. Ces variations sont traduites
graphi- quement
sur lesfigures
3 et 4. Lesfigures
3 et 4 mettent en relief les valeurs de α et de
β égales
à +25% et à-25%, qui expri-
ment
déjà
un fortdéséquilibre.
Exemple numérique:
S = 3 000 ha etAEo = 100 ans.
· Pour α = 25% et
β
= 25%:S(PB)
= 1 250ha; S(BM)
= 1 250 ha:S(GB)
= 500ha;
lerapport V(GB)
/V(BM)
est alorségal
à2/3,
soit inférieur de 60% à la valeur «nor-male»
5/3,
et l’estimation AE = 83 ans nediffère de AEo = 100 ans que de -17%.
· Pour α = -25%
et β
= -25%:S(PB)
=750
ha; S(BM)
= 750ha; S(GB)
= 1500ha;
lerapport V(GB)
/V(BM)
est alorségal
à10/3,
soit le double de la valeur «norma-le»
5/3,
et AE = 117 ans ne diffère de AEo= 100 que de +17%.
On
pourrait
montrer, defaçon similaire,
quel’approximation
faite parl’hypothèse
H1 touche
plus
larègle
des 5/3 que les 2autres relations. Cela vient essentielle- ment de
l’approche globale adoptée
iciqui
lisse
beaucoup
la fonctions(x) v(x).
En
présence
depeuplements d’âges d’exploitabilité AE1, AE2,...,
variés et dif-férents les uns des autres, et de surfaces variées
S1, S2,...;
- la
règle
des 5/3 semble inutilisable carles valeurs AE/3 et 2 AE/3
qui séparent
les
PB,
BM etGB,
ne sontplus
clairementdéfinies;
- la relation structurelle à
l’équilibre
donneune valeur AE
qui
est une moyenne pon- dérée desAEi;
- la relation d’évolution du volume sur
pied
est utilisable avec cette valeur moyenne AE et sonéquivalent
AE’.En
pratique,
on se trouvetoujours
dansun tel cas
d’âges d’exploitabilité variés,
même
lorsque l’aménagiste prétend
lefixer
unique.
La
règle
des 5/3 estbeaucoup plus
sensible à un
déséquilibre
despeuple-
ments que ne le sont les 2 autres relations et bien
qu’elle
soit laplus
souventutilisée,
elle
paraît
être la moinspertinente.
EXEMPLE D’APPLICATION: SAPIN
PECTINÉ
DES VOSGES ENFORÊT
SOUMISE
On utilise les données
publiées
parl’IFN,
ici les volumes totaux VT et les accroisse- ments totaux DV de l’essence dans les forêts domaniales et communales dudépartement
desVosges (1973, 1981).
DV devrait être
égal
à laproduction
totale de
l’essence,
c’est-à-dire la sommedes accroissements des arbres
qui
ontvécu
pendant
lapériode
de référence(5
années
précédant
le passage de l’inven-taire),
donc celui des arbres vifs à la date d’inventaire et celui des arbresdisparus (coupés
oumorts) pendant
cettepériode, auquel s’ajoute
le recrutement(ou
passa- ge à lafutaie).
Enpratique,
les valeurs uti- lisées sont cellespubliées
par l’IFN et cer- tains de ces élémentspeuvent
manquer.On
peut
supposer que le massif estgloba-
lement en
équilibre,
cargéré depuis
trèslongtemps
et aussi parce que le marché semble êtreéquilibré,
au moinsapproxi-
mativement.
Les surfaces par classes
d’âges (1 er
inventaire et 2e
inventaire)
en futaierégu-
lière
(où
se trouve environ les 3/4 du volu-me
total)
montrent que lespeuplements
ne sont pas
trop déséquilibrés,
avec unâge d’exploitabilité
moyen d’au moins 160ans
(âge
des arbres selonprocédure IFN).
La
figure
5 montre ces surfaces. La classe 0-20 ans estomise,
car elle estprésumée
se trouver sous de vieux
peuplements,
lesapin pectiné
étant une essence d’ombre.Il faut noter que les définitions
adop-
tées par l’IFN
peuvent
conduire à donnerun
grand âge
à despeuplements qui,
dupoint
de vue del’aménagiste,
sont enrégénération,
voire mêmedéjà régénérés.
La
figure
6 montre les volumes par hec- tare pour les différentes classesd’âges
de20 ans en futaie
régulière.
Les volumes despeuplements âgés
necorrespondent
pas à
l’hypothèse v(x)=x DV(1-e)/S,
du faitsans doute des coupes
progressives
derégénération
et de ce que lespeuple-
ments les moins
productifs
sont conservésseuls aux
âges
lesplus
élevés.L’exemple
ne
présente
donc pas un cas desplus
favorables!
On utilise l’indice 1 pour le 1er inventai- re, l’indice 2 pour le second. On suppose d’abord que le taux d’éclaircie moyen est de
50%,
les résultats obtenuspermettant
de considérer cette valeur comme cohé- rente.
1
er inventaire
(IFN, 1973,
p.58-59):
année 1972-1973
La relation structurelle à
l’équilibre
per- met d’estimer unâge d’exploitabilité
moyen par(6):
A la suite du
premier
inventaire(1973),
il a été
signalé
que l’estimation IFN de l’accroissement moyen du massifpouvait
surestimer d’environ 10% la valeur moyenne relative à une
longue période.
Cette remarque serait ici confirmée par le résultat
précédent comparé
à lafigure
5.En fixant AE
égal
à 180 ans, on obtien-drait l’estimation
corrigée: DV 1
= 431 602m3 /an.
2 e
inventaire
(tableaux
IFN 10 et11,
t.l, 1981):
année 1981L’application
de la relation structurelle àl’équilibre
donne:Cette valeur de AE laisse à penser que DV2 est anormal et, si l’on
prenait
lavaleur AE =
160,
calculéeplus haut,
etsuggérée
par lafigure 5,
la relation(6)
donnerait:
à comparer au résultat
(DV 1 )
dupremier
inventaire.
La valeur IFN de l’accroissement esti- mé en 1981 serait une sous-estimation de 32% de l’accroissement moyen
(sur
lelong terme) qui
a conduit à la structure des volumes observés. Il en est ainsi selon lescomparaisons
des accroisse-ments radiaux observés par l’IFN au 1er et
au 2e inventaires
(IFN, 1981).
Prévisions
En
supposant
que legestionnaire (ONF)
décide de fixer un nouvel
âge d’exploitabi-
lité moyen de 120 ans, la
décapitalisation
du volume sur
pied
sefera, pendant
les 30premières années,
aurythme
de:Le
prélèvement passerait
donc de la valeurcorrigée
de 432 128 m3(prélève-
ment
pris égal
à laproduction
dans l’état initialapproximativement équilibré:
voir ci-dessus)
à la valeur de 504 149 m3par an.EPICÉA
COMMUN DES VOSGES ENFORÊT
SOUMISEMêmes années de référence et même suite de calculs.
1 er
inventaire:
publication IFN,
p. 61 et 622 e
inventaire:
publication IFN,
tableaux10 et
11,
t. IAE = 143 ans; DV = 4 V / 100 = 191 340 m
3
,
et la valeur IFN DV2 serait une sous-estimation de 30% de l’accroissement moyen sur le
long
termequi
a conduit à la structure des volumes observés.DISPONIBILITÉS FORESTIÈRES
ETPRÉLÈVEMENT
Si l’on conserve les
âges d’exploitabilité
moyens de 160 ans pour le
sapin pectiné
et 100 pour
l’épicéa
commun, lesdisponibilités
forestières totales annuelles seraient de 432 128 + 191 340 = 623 468 m3
/an. Le
prélèvement
serait actuellement de l’ordre de 556 448m 3 /an,
soit de 11 % inférieur auxdisponibilités.
Si l’on conserve cet
âge d’exploitabilité
de 100 ans pour
l’épicéa
commun, et si l’on passe de 160 à 120 ans pour lesapin pectiné,
leprélèvement
total moyen des 30prochaines
années devraientêtre,
pour l’ensemblesapin pectiné
+épicéa
com-mun, de:
504 149 + 191 340 = 695 489 m3/an.
Comment
expliquer
cet écart entre lesdonnées ONF et les
disponibilités
fores-tières ainsi calculées ? L’écart
provient
pourpartie
desapproximations introduites,
dans l’établissement des relations d’unepart,
dans laprécision
des données utili- sées de l’autre. Onpeut
aussi noter quel’état
d’équilibre
n’est pas exactement véri- fié. Certainssuggèrent
que laperte
seraitd’environ 10% et ils l’attribuent à la
dispa-
rition naturelle d’arbres non inventoriés dans le
prélèvement
par lesgestionnaires.
On
peut
aussi douter que l’ONF aitdéjà
pu mettre
partout
en oeuvre desaménage-
ments fixant des
âges d’exploitabilité
trèsinférieurs aux
précédents,
même si la décision deprincipe
estdéjà prise
effecti-vement.
On
peut
enfin penser que les volumes annoncés par l’ONF diffèrentquelque
peu de ceux estimés par l’IFN pour des motifs divers:-
découpe
terminalesupérieure
à ladécoupe
terminale IFN(qui
est, enprinci-
pe de 7
cm);
- réfaction du volume tenant
compte
du rebut(tares, défauts) qui
seraitplus grand
que celui estimé par l’IFN et inclus dans les donnéesci-dessus;
- utilisation de tarifs de
cubage
encoredésuets pour
quelques
coupes;- motifs d’ordre commercial.
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