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Le casque : cet ennemi qui voudrait du bien aux cyclistes

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Revue Médicale Suisse

www.revmed.ch

29 février 2012

actualité, info

avancée thérapeutique

La recherche médicale n’est pas toujours affaire de biologie molé­

culaire. Elle peut aussi (beaucoup plus rarement il est vrai) emprun­

ter des voies mieux connues du plus grand nombre. Le rappel nous en est fait aujourd’hui avec une publication signée de cher­

cheurs français et disponible de­

puis peu sur le site de PLoS ONE.1 Ces chercheurs travaillent à Bor­

deaux (dans une unité de l’Inserm en charge de la prévention et de la prise en charge des trauma­

tismes ainsi que dans le Départe­

ment de psychologie sociale de l’Université Victor Segalen) et à l’Ecole des hautes études en santé publique de Rennes.

Avec les outils d’épidémiologie et de biostatistiques dont ils dispo­

sent, ils ont choisi de se poser la question suivante : «comment mieux prévenir les blessures à la tête pour les cyclistes ?» Telle est du moins la question formulée dans le communiqué adressé à la presse par le service ad hoc de

l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Entendons par là qu’il est question de la prévention des traumatismes crâniens chez les cyclistes amateurs. Et plus préci­

sément des raisons profondes qui font qu’une très grande proportion de ces derniers se révèle allergique au port du casque dès lors qu’ils pédalent.

La question ne se pose générale­

ment pas dans les milieux de l’équitation où l’on œuvre sanglés et casqués. Elle existe et demeure chez les usagers de la petite reine.

Pourquoi ? «La protection des usagers d’un mode de transport à la fois bénéfique pour la santé et respectueux de l’environnement est une question qui reste aujour­

d’hui entière» explique­t­on à la presse française.

Cette interrogation n’est nullement sans fondement du point de vue de la santé publique. Les auteurs de cette publication nous le rap­

pellent qui, nous explique­t­on,

ont «cherché à comprendre les obstacles à l’usage du casque et ce qui pourrait inciter à le porter. Les statistiques officielles sont là qui nous affirment que bien que repré­

sentant une faible proportion des moyens de déplacement, le vélo­

cipède est dans les cités à l’origine de 5% des tués et 6% des blessés graves de la circulation.

C’est ainsi qu’en 2010 et en France métropolitaine, 59 cyclistes ont perdu la vie et 963 ont été grave­

ment blessés. Les deux tiers de ceux dont le pronostic vital est en­

gagé souffrent d’un traumatisme crânien. Ce sont là des chiffres incontestables car émanant de l’Observatoire national intermi­

nistériel français de sécurité rou­

tière. Et tout laisse penser que ce phénomène n’est nullement spé­

cifique à la France ; du moins dans les pays où la puissance pu­

blique n’impose pas encore aux cyclistes des villes et des champs de sortir casqués.

Plutôt que de se perdre dans les labyrinthes sans espoir des scien ces molles, les chercheurs français ont choisi de rester sur la terre ferme :

«étudier l’impact (chez les adultes seulement) de deux stratégies de promotion (documentation et don

d’un casque) en utilisant une mé­

thodologie comparative randomi­

sée». Ce sont les résultats de ce travail qui sont publiés sur le site de PLoS ONE depuis le 15 février.

Une étude sur le comportement de quelque 1800 cyclistes à Bor­

deaux et dans son agglomération (600 000 habitants) a été réalisée entre mai 2009 et septembre 2010.

Les participants âgés de 18 à 75 ans ont bien voulu répondre à un questionnaire sur leurs pratiques et opinions relatives au vélo et au casque. Puis on les a d’autorité ré­

partis en quatre groupes. Ceux du premier recevaient gracieusement une brochure valorisant le port du casque. Dans le deuxième, on bé­

néficiait d’un casque gratuit. Mieux encore les membres du troisième avaient droit à la brochure et au casque. Conséquence méthodolo­

gique : le quatrième groupe ne recevait rien.

On n’en est pas resté là : un auto­

collant coloré était attribué à cha­

cun ; pastille à mettre sur le garde­

boue. Objectif : être facilement repéré dans les rues de la cité gi­

rondine par un réseau de sept ca­

méras automatisées, développées spécifiquement par les chercheurs à cette occasion. Ce système so­

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1 Constant A, Messiah A, Felonneau ML, Lagarde E. Investigating helmet promotion for cyclists : Results from a randomised study with observation of behaviour, using a semi-automatic video système. PLoS ONE, le 15 février, http://dx.doi.org/10.

1371/journal.pone.0031651

Session 3. Modérateur : D. Tissot 14 h 00 Les profils d’éfficacité et de sécurité des préparations IV à base de fer, F. Livio

14 h 40 Meet the Expert / Workshop Session I et II

• Diagnostic différentiel de la fatigue, G. Waeber

• Le diagnostic correct de la carence en fer en cabinet, M. Bernimoulin 16 h 25 Meet the Expert / Workshop Session III

• Le traitement de la carence en fer : oral, IV, pour qui, pourquoi ? B. Favrat

17 h 00 Maladies auto-immunes et métabolisme du fer, J. Seebach 17 h 30 Résumé et synthèse, P. Hohlfeld, D. Tissot et J.-M. Gaspoz Renseignements :

www.zlsp.ch, rubrique «Iron Academy 2012» ou Zenner Life Science Partner GmbH

[email protected] consultation des acteurs de la santé.

Qu’est-ce qui change ? En résumé, Berne se décide enfin à muscler sa surveillance des assureurs.

Berne définit plus précisément les critères selon lesquels les tarifs de primes sont approuvés ou non. Mais surtout, il introduit dans la loi une épée de Damoclès. Les tarifs peuvent être corrigés ultérieurement «si le montant des primes encaissées dans un can- ton dépasse de façon inappropriée les coûts effectifs». Une manière d’éviter le scandale des primes trop élevées qu’ont vécu Genève et Vaud.

Le projet prévoit une série de mesu res techniques pour mieux calculer les réserves en fonction des risques en- courus. La question des réserves avait enflammé les cantons qui accu- saient les caisses de gonfler artificiel- lement leur cagnotte.

Le projet veut interdire les doubles casquettes au sein des caisses et surveiller les indemnités des diri- geants. Il veut poser les bases d’une limitation des coûts de la publicité ou des frais de courtage. Et Berne pourra intervenir préventivement si une cais- se dérape financièrement.

Le Conseil fédéral a en revanche dé- cidé de renoncer à une autorité indé- pendante de surveillance pour gen- darmer les caisses. La consultation a montré que personne n’était vraiment

chaud pour cette idée et qu’elle se- rait laminée devant le Parlement.

Du coup, c’est l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui va devoir s’occuper de ce contrôle renforcé des caisses. En a-t-il les moyens et les compétences ? «Il nous faudra certai- nement quelques postes supplémen- taires», déclare son directeur Pascal Strupler. Santésuisse redoute un in- terventionnisme trop grand de l’Etat.

Elle s’inquiète de devoir rembourser rétroactivement des primes pourtant avalisées.

Le conseiller d’Etat vaudois Pierre- Yves Maillard est satisfait par la révi- sion de la loi. Il trouve fondamental que les primes d’assurance corres- pondent aux coûts de la santé. Ce qui n’était pas le cas par le passé. «Il faut qu’à l’avenir un assureur-maladie, dont les derniers comptes bouclaient sur une hausse de 3% ne puisse pas demander d’augmenter les primes au-delà de ce taux.» (…)

Arthur Grosjean La Tribune de Genève du 17 février 2012 phistiqué permettait (de manière

anonyme) de détecter les cyclistes, de mesurer leur vitesse et de dif­

férencier les casqués de ceux qui ne l’étaient pas.

Le bilan est édifiant. Alors que 90% des personnes sollicitées pour participer à l’étude disent penser que le casque protège la tête des cyclistes en action, ils ne sont que

13% à déclarer avoir déjà utilisé un casque. Dans les premiers mois de l’étude bordelaise, le port du casque a été observé huit fois plus souvent chez ceux qui en avaient reçu un. Puis, l’épuisement de la routine est vite apparu. «Au bout de quatre mois, plus aucune différence n’était observable entre les différents groupes : la majorité

des cyclistes abandonne le casque», expliquent les chercheurs. Autre conclusion : «la distribution de la brochure d’information n’a eu aucun effet sur l’utilisation ou non d’un casque».

Total fiasco ? Pas vraiment : grâce aux caméras installées par les chercheurs et suite à l’analyse des questionnaires, les scientifiques ont identifié deux facteurs majeurs incitant le cycliste à porter un casque : «le fait de penser que le casque protège le visage et celui d’être influencé par la famille pour en porter un.» Les résultats ne nous disent pas combien d’accidents sont survenus (ou pas) dans l’ag­

glomération bordelaise pendant la durée de ce travail.

«Cette étude conclut que la promo­

tion de l’usage du casque chez les cyclistes restera difficile, fait savoir l’Inserm à la presse. D’après les chercheurs, "la pression de l’en­

tourage est un facteur important dans l’utilisation du casque par le cycliste". Pour espérer être efficace, la prévention doit intégrer un ac­

cès aisé au casque, une éducation parentale et une communication sur l’intérêt préventif du port d’un casque à vélo. La sécurité des cy­

clistes est un sujet complexe, qui dépasse la question du casque.

Pour les chercheurs, "le compor­

tement des cyclistes et ceux des

autres usagers de la rue peuvent contribuer à la sécurité des cy­

clistes ; les aménagements de la voirie ont aussi une place impor­

tante".»

Des conclusions qui ne sont pas sans rejoindre une sorte de bon sens généralement partagé par les usagers du vélo comme par ceux qui ne le sont pas. Cette étude a été cofinancée par l’Agence natio­

nale (française) de la recherche, l’Institut national (français) de prévention et d’éducation pour la santé ainsi que la Région Aqui­

taine et la Fondation AXA pour la recher che. On ne sait pas à hauteur de combien. Ni si le don du cas que était (ou non) temporaire.

Jean-Yves Nau [email protected]

CC by Jef Poskanzer

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