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43 Vendredi 14 octobre 1887.

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Première année. — N

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43 Vendredi 14 octobre 1887.

Un au : Six mois : Suisse . . . 6 fr. 3 fr.

Autres pays . IO » 5 »

On s'abonne à tous les bureaux άα poste Paraissant tons les vendredis à Bienne

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P r i x d u n u m é r o 1 0 c e n t i m e s B u r e a u x : R u e N e u v e 3 8 ' U N E O B J E C T I O N

Au nombre des objections que les adversaires de la Fédération formulent avec le plus de complaisance, il en est une que nous voulons txaminer plus parti- culièrement aujourd'hui. C'est celle qui consiste à dire que les intérêts des fabri- cants sont sacrifiés aux intérêts des ou- vriers et que la Fédération s'occupe beau- coup plus des seconds que des premiers.

On se base sur l'activité déployée par les syndicats ouvriers pour partir en guerre

contre l'idée mère de la Fédération, qui ïurait complètement dévié de son but primitif en se développant dans le sens des revendications ouvrières plutôt que dans celui d'une étude approfondie des conditions générales de notre commerce et l'on en conclut que la direction appa- remment prise par le mouvement,indique aux patrons de se tenir dans une expecta- tive prudente. La déduction ne manque pas de vraisemblance mais sa logique propre laisse à désirer et la sincérité, cette qualité maîtresse de tout jugement libre- ment exprimé, y fait absolument défaut.

Chacun connaît l'histoire du mouve- ment au développement duquel nous assistons depuis 18 mois; aussi, ne croyons-nous pas utile de la refaire dans son entier; mais il est intéressant de rap- peler qu'à un moment donné, la Société inlercantonale des industries du Jura l'a pris sous son haut patronage lui donnant ainsi, devant l'opinion, une force et une valeur qu'il n'avait pas jusqu'alors.

Qu'est-ce que l'Intercantonale? Nous ne pouvons pas qualifier d'un mot cette société dont le rôle dans notre vie com- merciale et industrielle a été si fécond en heureuses initiatives et en résultats profi- tables; mais nous croyons ne rien lui enlever de son caractère, en disant qu'elle est le lien qui unit entr'elles les chambres syndicales et de commerce de nos centres horlogers, comme aussi elle est l'inter- prète, auprès des autorités fédérales, des

vœux et des besoins de nos industries.

En d'autres termes, en ce qui nous con- cerne plus particulièrement, l'Intercanto- nale est le représentant naturel, le porte- voix reconnu de la fraction patronale des intéressés à l'industrie horlogère.

A moins donc qu'elle remplisse les fonctions de l'étal major d'une armée qui n'existerait pas, ou qu'elle soit inhabile à comprendre les besoins et à traduire les vœux de ceux qu'elle représente, il laut bien admettre que l'Intercantonale, en se mettant à la têie de l'organisation fédéra- tive, a eu le sentiment qu'elle accomplis- sait un impérieux devoir et qu'elle travaillait dans un sens favorable au développement de notre prospérité géné- rale.

Son action dans le domaine nouveau ouvert à ses investigations, n'a pas été simplement platonique et la sympathie qu'elle manifesta dès l'origine pour le but de la Fédération, s'est traduite par des actes : conférences données dans tous nos centres horlogers ; élaboration de projets de statuts pour la Fédération; convocation de plusieurs assemblées dans lesquelles les questions se rapportant à l'idée fédé- rative sont sérieusement discutées ; pré- sentation à l'examen des intéressés patrons et ouvriers de statuts définitifs; initiative prise concernant la nomination du Comité central, du président et du secrétaire de la Fédération; tel est, en résumé, le bilan d'une activité dans l'exercice de laquelle l'Intercantonale a donné la plus belle mesure de sa raison d'être. .

*

Mais il s'est produit un phénomène curieux et très inattendu, qui a dérouté les prévisions de ceux qui ont suivi avec quelque attention le développement de l'organisation fédérative. A mesure que l'Intercantonale jouait, dans l'institution naissante, un rôle de plus en plus prépon- dérant, la fraction qu'elle représente le plus directement semblait vouloir s'é- loigner au contraire, d'un but accueilli au

début avec une très grande faveur et s'abstenait de toute manifestalion adhésive ou simplement sympathique.

Un examen attentif de l'état de l'opiniop dans les différents milieux horlogers, fournit l'explication de ce phénomène.

Au début du mouvement commencé à Bienne en janvier 1886, on n'avait que de très vagues idées sur ce que seraient le but et lés moyens d'action de l'organi- sation nouvelle. Chacun reconnaissait qu'il était nécessaire de tenter quelque chose en vue du relèvement de l'industrie hor- logère, mais beaucoup pensaient qu'il fallait laisser aux initiatives individuelles le soin de déterminer les mesures utiles et cela en dehors de toute action collective.

Beaucoup aussi, tout en considérant la tentative faite dans le but de solidariser les intérêts divers de nos populations hor- logères, comme un beau rêve irréalisable,, ne doutaient pas que les difficultés de la tâche ne dussent promptementdécourager les pionniers de l'idée nouvelle et atten- daient tranquillement que le temps eût démontré l'inutilité de leurs efforts.

L'événement a donné tort à ces prédic- tions fâcheuses ; les ouvriers, prenant au sérieux l'appel fait à leurs sentiments de solidarité, ont travaillé énergiquement à leur organisation particulière ; certains résultats heureux, obtenus par l'interven- tion officielle des organes provisoires de laFédération, ont démontré l'incontestable utilité de l'action qu'elle a exercé dans le règlement amiable des conflits soumis à sa médiation. Les plus sceptiques ont été ainsi conduits insensiblement, àconsidérer la Fédération comme une force avec la- quelle il fallait désormais compter. C'est à ce moment que les oppositions qu'on avait jugées inutile de formuler se sont produites, et que partisans et adversaires ont été, par la force même des choses, mis en demeure de s'affirmer dans un sens ou dans un autre.

Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter ni

même de s'étonner des manifestations en

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412 LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE sens contraire dont la Fédération horlo-

gère a été l'objet et il faut plutôt consi- dérer comme un symptôme favorable, comme une preuve de vitalité et de force, le fait que l'on admet partout l'obligation de se prononcer pour ou contre l'organi- sation nouvelle.

* ·» *

Jusqu'ici, la Fédération s'est trouvée en présence d'un groupement des forces ouvrières, ayant une cohésion suffisante pour être en droit d'exprimer des vœux et des désirs au nom de la masse qu'il représente et une puissance qui eût per- misd'imposercertainesmesuresauxquelles l'absence d'un groupement patronal aurait donné un caractère oppressif. Si donc la Fédération horlogère s'est occupée d'une catégorie seulement des intérêts qu'elle a pour mission de sauvegarder, la faute en est à la circonstance que les représentants de l'autre catégorie ont voulu, jusqu'ici, demeurer en dehors de son action.

Nous ne faisons d'ailleurs aucune diffi- culté à reconnaître que les questions de conflits ou de salaires auxquelles la Fédé- ration a dû limiter son rôle, ne constituent qu'une partie du problème de la rénova- tion horlogère et que c'est de l'améliora- tion des conditions générales de notre commerce que découlera surtout, la pos- sibilité d'améliorer la situation matérielle de notre population ouvrière.

Les statuts généraux de la Fédération indiquent ce but comme le plus impor- tant à atteindre, aussi occupera-t-il la première place dans les préoccupations du Comité central et fera-t-il l'objet de ses constantes études. Mais la victoire ne peut être remportée que par le concours de tous ; et ce concours, pour être fruc- tueux, doit être spontanément offert.

Que les fabricants et chefs d'atelier qui ont encore des préventions ou des craintes, comprennent enfin qu'il y a pour eux nécessité absolue à ce que leurs intérêts les plus chers ne soient pas discutés sans eux; qu'ils entrent courageusement dans le mouvement sans attendre d'y être con- traints par la pression de circonstances contre lesquelles ils ne seront pas en mesure de lutter et nous verrons Ia fin des conflits regrettables et des luttes stériles. La paix intérieure et la prospérité de l'industrie qui nous fait vivre sont à ce prix.

L e conflit d e G r a n g e s .

La Commission d'enquête, déléguée par le Comité central de là Fédération horlogère, pour faire rapport sur le conflit existant à Granges entre la Société d'horlogerie et les ouvriers de la dite fabrique, s'est transportée à Granges, mardi 4 octobre courant. Cette Commission, composée de MM. Robert Com- tesse, président de la Fédération, Fritz Heng, membre du Comité central, et James Perre- noud, secrétaire, a entendu les griefs respec- tifs des deux parties et leur a annoncé l'envoi prochain d'un compromis d'arbitrage, devant

servir de base de discussion et d'arrangement soit amiable, soit soumis au jugement du Comité central. Le lendemain 5 octobre, le compromis suivant, élaboré par le secrétariat général, était envoyé aux parties intéressées.

TEXTE DU COMPROMIS

Compromis de l'arbitrage remis au jugement du Comité central de la Fédération horlogère.

Entre :

1° La Société d'horlogerie de Granges, soit M. E. Obrecht, et

2° Les ouvriers de la dite fabrique repré- sentés par les président et secrétaire de la Société ouvrière de Granges et environs,

intervient le compromis d'arbitrage sui- vant :

A.. Exposé du conflit.

Les deux parties sont en différend au sujet de réductions de prix que M. Obrecht a faites dans les salaires de son personnel et se pro- pose encore de faire sur certaines parties non encore touchées paV les réductions (celles-ci atteignent actuellement 25 ouvriers).

M. Obrecht a déclaré et déclare ne pouvoir alimenter sa fabrique en maintenant à l'an- cien tarif les prix qu'il dit être dans la néces- sité de réduire. M. Obrecht prétend que les ouvriers sur lesquels portent et porteraient les réductions, ont des gains supérieurs à ceux des ouvriers placés dans les conditions cor- respondantes et travaillant dans les autres fabriques d'horlogerie de Granges.

Les ouvriers déclarent ne pouvoir ni vouloir accepter de réductions et contestent le fait d'un gain supérieur pour les parties mena- cées dans la fabrique Obrecht, vis-à-vis des autres fabriques de Granges.

B. Mode d'arbitrage.

M. Obrecht ne consent pas à remettre la question du principe de réductions à l'arbi- trage du Comité central de la Fédération horlogère, disant qu'il lui serait impossible d'accepter un jugement qui le condamnerait éventuellement à n'opérer aucune réduction que ce soit.

C. Conditions posées par M. Obrecht pour l'arbitrage.

M. Obrecht ne touche et ne touchera en aucune façon — dans les réductions qu'il a faites et se propose de faire — aux parties qui sont exécutées par des horlogers ou à celles qui demandent un apprentissage de longue durée, telles que : remontages, plantages, engrenages, sertissages, pivotages, démon- tages, réglages, arrêtages, posages de pieds, alibrages de barillets, etc. Les ouvriers tra- vaillant à ces parties représentant .le 40 ou 45 % du nombre total.

Les parties qui s'exécutent mécaniquement, c'est à dire dans lesquelles un apprentissage n'est pas nécessaire et dont l'ouvrier devient un maître après quelques semaines de pra- tique seront seules discutées en ce qui con- cerne des réductions éventuelles.

Pour ces parties-là, M. Obrecht demande de ne pas payer davantage que ne paient les autres fabriques de Granges et de maintenir les réductions faites et à faire, pour autant que les prix ne seront pas inférieurs à ceux des dites fabriques. Les prix qui seraient en dessous devront être relevés de suite au niveau convenu.

L'établissement de ces conditions de parité des prix sera soumis aux clauses suivantes:

Les prix sont considérés égaux à conditions égales d'outillage, de fabrication, de qualité du travail et d'organisation intérieure, de sorte que les gains réalisés dans la journée de travail de 11 heures soient les mêmes pour deux ouvriers de même assiduité et ta- lent, travaillant l'un dans la fabrique Obrecht, l'autre dans telle fabrique de Granges que ce soit.

Le Comité central de la Fédération horlo- gère devrait dès lors se prononcer sur ce seul objet et motiverait son jugement sur la comparaison des gains qui, au nouveau tarif de M. Obrecht, seraient réalisés par les ou- vriers de cette fabrique là, contre les gains réalisés à conditions égales par les ouvriers d'une autre fabrique de Granges. Suivant les propres paroles de M. Obrecht, lorsque la réduction sera faite sur les prix de main d'oeuvre, aucune partie ne doit être payée moins que dans les autres fabriques de Granges ; quelques parties le seront davan- tage.

Les parties, en signant ce compromis, s'en- gagent à fournir au Comité central toutes les pièces nécessaires à la comparaison sur la- quelle se basera son jugement, ainsi qu'à se soumettre sans appel à ce jugement.

Chaque partie reçoit un exemplaire de ce compromis et après signature elles devront le retourner au secrétariat général de la Fé- dération (M. James Perrenoud, à la Chaux- de-Fonds).

Ainsi fait, signé à Granges, de bonne foi, le octobre mil huit cent quatre-vingt-sept.

M. E. Obrecht, chef de la Société d'horlo- gerie retourna immédiatement cette pièce, munie de sa signature, laquelle parvint au secrétariat par dernier courrier du 6 octobre.

Le lendemain 7 octobre, une lettre de l'Arbeiterbund de Granges annonçait qu'en assemblée tenue le soir du 6 octobre, c'est à dire postérieurement à l'envoi par M. Obrecht de son acceptation d'arbitrage, les ouvriers de la Société d'horlogerie avaient refusé d'ac- céder aux termes du compromis et déclaré la grève générale pour le lendemain matin 7 octobre, ce qui eut lieu effectivement.

Le secrétariat répondit à cette communi- cation par des représentations, constatant l'irrégularité et le manque de correction de la décision que les ouvriers de la Société d'horlogerie avaient cru devoir prendre. De plus, lundi 10 octobre, deux membres du Comité central de la Fédération horlogère se rendirent à Granges pour soutenir lé même point de vue et demander le retour à la léga- lité et à l'esprit des statuts. Une nouvelle assemblée ouvrière, tenue le soir du 10 oc- tobre, pris la résolution de revenir sur la détermination antérieure refusant le compro- mis d'arbitrage et de signer cette pièce, ce qui a été fait séance tenante.

Les causes de la grève se trouvent donc absolument écartées et celle-ci n'a plus au- cune raison d'être.

L'arbitrage interviendra aussi vite que pos- sible, mais jusqu'à son prononcé, rien ne s'oppose à la reprise immédiate du travail dans la fabrique, dès que de son côté, M.

Obrecht maintient son acceptation malgré l'incident regrettable de la cessation momen- tanée du travail.

Chaux-de-Fonds, le 12 octobre 1887.

Secrétariat général de la Fédération horlogère, James PERRENOUD.

NOUVELLES DES ASSOCIATIONS Dimanche, a eu lieu à Bienne, une réunion de délégués des différentes sections, au nombre d'une dizaine, de la Fédération des ouvriers travaillant dans la partie des ébau- ches. M. F. Heng, membre du Comité central de la Fédération horlogère, présidait la séance.

Un projet de règlement fédératif a été mis en discussion et ses bases fondamentales adoptées; il prévoit la constitution de sec- tions de la partie partout où il n'en existe pas encore, et la réunion de ces sections en un

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LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE

413

syndicat fédératif adhérent à la Fédération

horlogère suisse. Une commission de cinq membres, pris dans la section de St-Imier, soignera la rédaction définitive des statuts.

NOUVELLES DIVERSES

En réponse à un article publié dans le numéro 117 du Jura Bernois, et reproduit par Y Impartial de Chaux· de-Fonds, ce der- nier journal a reçu les réponses suivantes :

« Dans le numéro 2084 de votre journal, vous relevez un article du journal le Jura Bernois, dans lequel Monsieur J. A. informe les intéressés qu'une nouvelle fabrique de spiraux trempés, établie à Genève, livre ses produits 50 % en dessous des prix des fabri- cants de spiraux coalisés.

j> D'abord, êtes-vous bien sûr que ce soit une nouvelle fabrique et que ces spiraux soient trempés et garantis contre la rouille ?

» Ne serait-ce pas plutôt une ancienne maison G., qui cherche à placer ses produits par l'entremise d'un voyageur, comme nous en avons connaissance à la Chaux-de-Fonds ; ces derniers temps le dit offrait de fournir des spiraux sur commission, aux uns à 18 francs la grosse, à d'autres à 20 francs d'affreux spiraux, dont quelques-uns déjà tachés de rouille ; généralement les régleurs n'en ser- vaient plus depuis longtemps, et pour cause.

» Pour le prix des spiraux fournis pour l'Amérique à 15 francs la grosse, nous lais- sons à MM. les fabricants de spiraux coalisés le soin de répondre. »

— Nous vous prions de bien vouloir insé- rer dans votre journal, — comme complé- ment aux articles parus précédemment, — ce qui suit :

j> MM. lés fabricants de spiraux trempés nous envoient, au sujet des allégations de M. J. A., article paru dans le Jura Bernois de St-Imier, les réfutations suivantes :

» 1° Il est faux qu'une nouvelle fabrique de spiraux trempés se soit fondée à Genève.

» 2° Il est faux qu'aucune fabrique livre des spiraux trempés au-dessous des prix fixés par les quatre fabriques de MM. Bsehni frères, Dufaux-Lutz, G. Sandoz et Montandon-Lutz.

» 3° Il est faux que les fabriques américaines paient leurs spiraux meilleur marché qu'en Suisse ; c'est le contraire qui a lieu.

s Les spiraux trempés, très écartés de tours, à l 5 t r . la grosse, ne sont pas du tout les mêmes que ceux qui s'emploient pour le réglage Breguet ; ils sont employés pour le réglage plat.

s Une seule fabrique cherche à faire pren- dre un spiral fixé et non trempé, n'ayant nullement les qualités requises pour faire un bon réglage. »

» Des preuves, si elles sont demandées, seront fournies par MM. les fabricants de spiraux trempés.

Le Comité central

de la Fédération des régleurs Breguet. »

(RÉD.) — Nous ne savons à quelle source M. J. A. a puisé les informations qu'il nous a communiquées concernant les prix des spi- raux qui ont pu provoquer une si grande indignation dans la Fédération des régleurs.

Espérons qu'il voudra bien donner les ren- seignements nécessaires afin de mettre cette question au clair; il est urgent croyons-nous, de bien déterminer les positions, caria trans- formation économique qui se produit actuelle- ment dans la fabrique horlogère exige, pour être menée a bien, le concours de toutes les bonnes volontés et le ferme désir de ceux qui l'ont entreprise de chercher à relever les défaillances qui malheureusement ne se pro- duisent que trop souvent. (Jura Bernois.)

— Le Jura Bernois publie, dans son nu- méro du 9 octobre, en oubliant d'en indiquer la source, notre article sur « Le vagabondage industriel » paru dans l'un de nos derniers numéros ; d'autres journaux le reproduisent, en citant le Jura Bernois. — A chacun le sien.

— M. Aug. Moschard, avocat à Moutier, a ouvert une fabrique d'horlogerie dans le bâtiment de l'ancien moulin, qu'il a trans- formé dans ce but.

E l e c t i o n s a u C o n s e i l n a t i o n a l . — Le National suisse indique comme suit les points qui entreront dans le manifeste que les délé- gués neuchâtelois à l'assemblée de Gorcelles, ont décidé d'adresser au peuple et qui for- meront le programme du parti radical dans les questions de politique fédérale.

Continuer à solidariser les questions poli- tiques et les questions économiques et so- ciales ;

Lutter vigoureusement contre le courant protectionniste, n'accepter les aggravations du tarif douanier général suisse qu'à l'effet de combattre en négociant momentanément les prétentions des Etats voisins, affirmer que le canton de Neuchâtel reste fidèle aux principes du libre-échange, et revendiquer, conformément à la motion Kunzli, l'indem- nité à accorder aux cantons frontières en cas d'une augmentation des droits d'entrée;

Obtenir les progrès ci-après : loi sur les brevets d'invention; loi sur le droit de vote;

établissement d'une caisse d'épargne postale;

rachat des chemins de fer; développement de la loi sur les fabriques en vue d'étendre son application à autant de métiers que pos- sible; limitation du travail des femmes;

suppression de l'escompte lors du paiement des salaires, lequel paiement devra être l'objet de prescriptions plus rigoureuses; législation internationale sur les fabriques; constitution légale des syndicats professionnels; suppres- sion de la patente des voyageurs de com- merce ; maintien tel quel de l'arrondissement fédéral qui comprend le canton de Neuchâtel;

Réforme de la représentation consulaire dans ce sens qu'on nommerait, selon les cir- constances et selon les lieux, des consuls de carrière, sans cependant viser à supprimer les consuls de commerce actuels, puis la création d'arbitrages industriels obligatoires ;

Election des députés au Conseil des Etats par le peuple.

Quant aux vœux des sections neuchâteloises du Griltli, ils sont implicitement compris dans les points ci-dessus. Toutefois, M. Rob.

Comtesse a expliqué qu'il ne sera matérielle- ment pas possible d'appliquer, ainsi qu'elles le demandent, la loi sur les fabriques à tous les métiers, mais à autant de métiers que possible.

Notons que le Grùtliverein n'était pas re- présenté à l'assemblée ; il a déclaré par lettre que l'esprit de ses statuts l'obligeait à se tenir exclusivement sur le terrain des questions économiques et sociales et par conséquent à éviter les assemblées politiques ; toutefois ses membres voteront pour les candidats du parti radical qui s'engageront à soutenir les postu- lats formulés à Cèrnier.

R é d u c t i o n d e s m a r k s e n f r a n c s . — Suivant communication de la direction des chemins de fer du Nord-Est suisse et de la direction générale des chemins de fer de l'Etat grand-ducal badois, le rapport entre la valeur en francs et la valeur en marks alle- mands et vice versa pour les expéditions de marchandises des stations frontières alle- mandes-suisses et des stations des chemins de fer badois situées sur territoire suisse est, dès le 1e r octobre 1887, jusqu'à nouvel avis, fixé comme suit :

1 franc = 0,sot mark.

1 mark = l,»i3s franc.

B r e v e t s d ' i n v e n t i o n s . — Nous lisons dans différents journaux l'information sui- vante : En exécution de la votation populaire du 10 juin dernier, qui a conféré définitive- ment à l'Assemblée fédérale le droit de légi- férer dans le domaine de la protection des inventions et des modèles, deux projets de loi ont été établis par le département ifédéral de l'agriculture et du commerce. Le premier est relatif aux brevets d'invention. Il sera soumis, dans une dizaine de jours, à une grande commission consultative composée provisoirement de la manière suivante : MM.

Bùhler-Honegger, conseiller national à Rap- perswyl ; Frei-Godet, secrétaire du bureau international pour la protection de la propriété industrielle, à Berne ; Gavard, conseiller d'Etat, à Genève ; Haller, ingénieur, à Berne;

Imer-Schneider, ingénieur, à Genève ; Morel, juge fédéral, à Lausanne; OU, rédacteur, à Berne; Stœssel, conseiller d'Etat, à Zurich.

Feront en outre partie de la commission, des délégués des sociétés suivantes, désignés par elles-mêmes : Société suisse d'agriculture ; Société des anciens élèves de l'Ecole poly- technique ; Société des ingénieurs et des architectes ; Société industrielle et commer- ciale; Société intercantonale des industries du Jura; Société suisse pour la protection des inventions; Société du Griitli.

Le système proposé par le Conseil fédéral est, dit-on, un système mixte. Les difficultés résultant de l'obligation du dépôt d'un mo- dèle auraient été très heureusement résolues.

Une protection provisoire serait le moyen trouvé pour cela. De cette façon, on a pu unir les avantages de l'examen préalable à ceux de l'enregistrement sans examen, tout en évitant les inconvénients des deux sys- tèmes.

IiOi s u r l e s f a b r i q u e s . — Ensuite d'une demande qui lui a été adressée par le gou- vernement bâlois, le Conseil fédéral a ré- pondu qu'il n'avait pas l'intention d'élaborer actuellement un règlement d'exécution pour la loi sur le travail dans les fabriques, mais qu'il préparait une publication des décisions de principe sur la matière.

C o n t r ô l e d e m o n t r e s . — On écrit au Journal de Genève :

Une affiche, imprimée avec luxe sur papier glacé et répandue à profusion dans les éta- blissements publics de Genève et les gares de la Suisse et de l'étranger, fait savoir au public, en trois langues, que : « ies montres de Genève portent insculpé sur le mouvement le poinçon officiel de l'Etat. »

J'ai même sous les yeux une circulaire en langue anglaise aux termes de laquelle <Ltoule montre de Genève portera sur le mouvement le poinçon officiel de l'Etat. J>

Ces deux avis sont inexacts. D'après la loi du 6 novembre 1886, le contrôle est pure- ment facultatif, et les fabricants de Genève sont absolument libres de faire ou de ne pas faire poinçonner les montres fabriquées dans leurs ateliers.

Ceux d'entre eux qui, confiants dans la réputation de loyauté dont ils jouissent auprès de leur clientèle, ne jugent pas à propos de demander le contrôle, seraient gravement lésés dans leurs intérêts si le public étranger venait à croire, sur la foi de renseignements erronés, que toute montre qui ne porte pas le poinçon n'est pas une montre de Genève.

Aussi vous serais-je obligé de bien vouloir prêter à la présente rectification le concours de votre publicité.

Jje b u r e a u d e c o n t r ô l e d e S t - I m i e r prend, comme d'autres, une importance tou- jours plus grande. Dans le trimestre de juillet à septembre 1884 il a poinçonné 29,384 boites or et argent ; pour la période correspondante de 1885 ce nombre s'élève à 23,435, de 1886 à 41,641 et de 1887 à 47,389.

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414 LA FÉDÉRATION HORLOGÈKE SU'SSti

E x p o s i t i o n d e P a r i e . — La commission chargée d'étudier la question de la partici- pation du canton de Genève à l'Exposition de Paris en 1889, a recueilli au 12 septembre 88 adhésions éventuelles, portant les signa- tures des premières maisons de la place.

La commission a en outre préavisé, à l'u- nanimité, que la participation de la Suisse à l'exposition de Paris ne devait avoir qu'un caractère officieux, laissant la faculté aux cantons d'exposer pour leur compte, ou de se former ensuite d'entente amiable, en groupes régionaux ayant chacun à leur tête un ou deux commissaires- spéciaux chargés de les représenter. La réunion de ces com- missaires déciderait en dernier ressort sur la distribution des emplacements et sur toutes autres questions intéressant Tërïs¥mDTé""des groupes.

Il est évident qu'il faudra aussi une partici- pation financière de la Confédération, basée sur l'importance de l'exposition de chaque groupe, subvention qui, du reste, ne pourrait être payée que sur le vu des dépenses pour lesquelles elle aurait été accordée. {Genevois.) S e c o u r e a u x p a s s a n t e . — La plaie des

«pauvres voyageurs», à laquelle nous avons consacré un récent article, paraît également sévir avec intensité dans l'Emmenthal. De l'excès même du mal devait sortir le remède.

C'est ce qui est arrivé. Dans une réunion de délégués des communes de l'Emmenthal, il a été décidé de réagir contre les secours per- sonnels délivrés sans discernement, et de limiter à l'avenir les dons aux passants h ce qui peut être fourni en nature. En outre, chaque commune instituera chez elle un registre renseignant sur le travail offert. Les frais seront couverts par une contribution des communes à raison de 2 centimes par habitant. On espère faciliter de la sorte les ouvriers qui recherchent réellement du tra- vail et se débarrasser des autres. L'essai mé- rite d'être suivi de près et s'il réussit d'être imité partout. Quelques communes du canton de St-GaIl ne distribuent de secours aux pas- sants que contre livraison par le secouru d'une certaine somme de travail.

R e s p o n s a b i l i t é c i v i l e . — La loi fédérale sur l'extension de la responsabilité civile a été déclarée en vigueur par le Conseil fédéral.

Elle sera appliquée dès le Ie'·novembre 1887.

P o s t e s . Envois de messagerie pour Les Rousses et Morez, acheminement. 11 n'existe pas de bureau spécial de garantie à la douane française des Rousses ; elle ne possède pas non plus d'inspecteur pour les ouvrages de librairie. En conséquence, les envois conte- nant des matières d'or ou d'argent ou de la librairie ne peuvent pas être douatiés aux Rousses et les envois postaux de cette nature destinés aux Rousses même ou à Morez (Jura) doivent être transmis aux bureaux de douane de Bellegarde ou de Pontarlier, avant de pou- voir être remis aux destinataires, soit réexpé- diés.

Afin d'éviter des retards, l'administration prescrit que les envois de la nature indiquée, à destination des Rousses et de Morez, devront, à l'avenir, être acheminés par Bellegarde ou Pontarlier, en leur appliquant les dispositions du tarif de messagerie nu 5, pour ce qui con- cerne les taxes, bulletins d'expédition, etc.

C o m m e r c e d ' h o r l o g e r i e d e l a S u i s s e a v e c l ' é t r a n g e r , pendant le mois d'août.

Importation Exportation 1887 1886 -1887 1887 pièces pièces pièces pièces Horloges fines 8(58 l,i«t «9 19 Carillons et bulles à musique IIG G7 20,30"; 19,136 Montres métal 5,3 -9 0,039 71.211 07,211

» argent 1,791 8S8 158.0H 133,997 g » » or 1,282 510 37,051 33,720

CORRESPONDANCES PARTICULIERES

Courgenay, le 10 octobre 1887.

Monsieur le rédacteur,

C'est avec regret que nous constatons que, dans notre localité comme dans d'autres, les mots de solidarité et de fraternité ne sont guère mis en pratique par la population hor- logère, tant chez les patrons que chez les ouvriers et qu'au lieu de maintenir les prix actuels, déjà si minimes, on baisse encore.

En outre, il se commet ici, un abus criant que nous croyons devoir signaler; c'est que beaucoup de nos fabricants payent les ou- vriers en marchandises au lieu de les payer .jîn.espèGes^eUiows-eavons, pour citer des cas,

que souvent du drap valant fr. 5 à 6 le mètre, est facturé à l'ouvrier à raison de fr. 15 à 20.

C'est à nous ouvriers, qu'il appartient de couper court à ces abus en refusant éner- giquement d'être payés ainsi en monnaie de singe et aussi, en n'allant pas offrir de tra- vailler à tous prix comme plusieurs le font.

Jusqu'ici, nous nous sommes ruinés nous- mêmes en agissant de la sorte et nous cau- sons un grave préjudice aux fabricants cons- ciencieux qui payent des prix rémunérateurs et qui payent en espèces.

Nous pourrions heureusement citer d'hono- rables exceptions à ces pratiques ruineuses ; mais ce n'est pas suffisant que quelques fabricants n'aient pa-i été gagnés par la con- tagion et il faut absolument arriver à ce qu'un peu plus de moralité règne dans les rapports de patrons et ouvriers. Notre salut est dans la Fédération hoilogère et nous appelons de tous nos vœux le jour on patrons et ouvriers, seront constitués en sections solidement or- ganisées.

Mais nous avons besoin qu'on nous aide ; car malgré la bonne volonté des ouvriers et même de quelques fabricants, de M. J. C. en particulier, l'intervention de membres du Comité central nous serait d'un grand secours ; aussi espérons-nous que ces Messieurs vou- dront bien visiter nos différents villages en y provoquant des assemblées à la suite des- quelles nous sommes certains que des sections se constitueront partout.

Agréez, etc.

Un ouvrier au nom de plusieurs.

Le Comité central de la Fédération horlo- gère répondra certainement à l'appel qui lui est adressé par les auteurs de la lettre ci- dessus. En ce qui concerne cette question du paiement en marchandises, nous enga- geons les ouvriers qui en sont victimes à signaler, avec preuves a l'appui, ces pratiques condamnables à qui de droit. La Fédération horlogère saura y mettre bon ordre en atten- dant qu'une disposition nouvelle de la loi sur les fabriques, les fasse définitivement dispa-

raître. RÉDACTION.

St-Imier, le 11 octobre 1887.

Monsieur le rédacteur,

Dimanche 9 courant, une importante réu- nion des ouvriers et fabricants des Franches- Montagnes a eu lieu au Noirmont. Des délé- gués de toutes les localités de cette région avaient tenu à assister à cette réunion con- voquée par les soins du délégué au Comité central, secondé par les amis de St-Imier et Tramelan. En quelques mots, M. A. Dubois fit l'historique du mouvement depuis le 31 juillet écoulé et, la fédération étant actuelle- ment complète, invita chaleureusement tous les assistants à s'organiser en phalange de cette importante coalition. M .Bonod, fabricant au Noirmont, se faisant l'intreprète de ses collègues présents, déclara vouloir travailler de toutes ses forces pour l'organisation patro- nale dans le district et la vaillante petite sec-1

tion des remonteurs du Noirmont pour l'or- ganisation des ouvriers. La fédération horlo- gère a certainement des racines profondes aux Franches-Montages et après quelques tournées de propagande, cette région sera totalement acquise.

Les délégués des Breuleux présents à cette réunion réclament une assemblée du même genre pour leur localité. Elle aura lieu dimanche 16 courant.

Recevez, Monsieur le rédacteur, mes salu- tations cordiales. A. D.

Bienne, le 12 octobre 1887.

Monsieur le rédacteur,

Π a paru, il y a quelques jours, dans le Jura Bernois un article signé J. A., accusant les fabricants de spiraux de manque de patrio- tisme.

Nous n'avons pas cru d'abord nécessaire de répondre à cet article malveillant, car nous avons toujours rempli les engagements pris vis-à-vis de la Fédération des régleurs Breguet;

nous avons aussi cherché de toutes manières, à prévenir la fraude et avons établi nos prix de façon à protéger l'industrie nationale.

Mais sur l'instance de plusieurs personnes bien qualifiées, nous donnons les explications désirées, comme suit :

L'assertion du Jura Bernois, dans son en- semble, est aussi fausse que ridicule et Mes- sieurs les rédacteurs de journaux feraient bien de s'informer à bonne source, avant de lancer ou de reproduire des accusations pa- reilles et provenant sans doute de personnes mal intentionées envers le relèvement de notre industrie.

Nous fournissons les spiraux trempés pour réglages plats aux fabricants suisses à raison de fr. i5. — la grosse, tandis que les fabriques américaines les payent fr. IS. — la grosse, pris en Suisse, ..plus-les dr-oits d'entrée que chacun sait très élevés. Les fabriques améri- caines sont obligées de passer par les impor- teurs, marchands de fournitures de New-York, comme nos fabricants et régleurs suisses passent par nos dépositaires, et ils doivent, par conséquent, aussi payer le bénéfice à leurs fournisseurs, car il nous est impossible detraiter directement avec les fabriques améri- caines. Les spiraux pour réglages Breguet reviennent aux Américains également plus chers qu'aux fabricants de notre pays; de plus, tous les spiraux destinés pourl'Amérique sont une spécialité faite sur modèles et ne peuvent s'employer pour la montre suisse.

Quant à cette soi-disant nouvelle fabrique, le correspondant J. A. aurait bien fait de donner tout de suite l'adresse aux intéressés, afin que les demandes de prix-courants ne parvinssent pas aux fabricants de spiraux coalisés, comme cela a eu lieu.

Du reste cette fabrique est très ancienne;

ses produits sont suffisamment connus des anciens régleurs et dans tous les pays et ceux qui ne la connaissent pas encore, en appré- cieront la qualité à leurs dépens, car ces spiraux ne sont pas trempés, mais seulement fixés et, par ce'fait, exposés aime rapide oxy- dation ; c'est cet inconvénient qui les a fait rayer du marché depuis nombre d'années.

Nous vous prions, Monsieur le rédacteur, d'agréer l'expression de notre parfaite consi- dération. Georges SANDOZ,

Ch. DUFAUX, B.EHNI frères.

L'opinion publique attendait avec impa- tience une explication franche et nette con- cernant l'accusation qu'un correspondant du Jura Bernois avait cru devoir jeter à la face des fabricants de spiraux suisses. La lettre ci-dessus remet les choses à leur place. Réd.

Le rédacteur responsable : Fritz HUGUENIN.

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