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HOMOG´EN´EISATION ET CONTR ˆOLABILIT´E EXACTE DE STRUCTURES MINCES EN QUINCONCE

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Academic year: 2022

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(1)

HOMOG´EN´EISATION ET CONTR ˆOLABILIT´E EXACTE DE STRUCTURES MINCES

EN QUINCONCE

NADIA AIB

Let Ωεµ be a lattice-type plate of thicknessε, ε-periodically perforated by stag- gered holes. The material is concentrated on layers of thickness εµ. We are interested in the exact internal controllability of the wave equation posed in Ωεµ with a homogeneous Neumann boundary condition on the boundary of the holes.

First, an exact internal controlvεµ is built by the HUM method introduced by J.L. Lions. Then we study the asymptotic behaviour of the system and of the sequence of controlsvεµas firstε0 and afterwardsµ0. The first passage to the limit is a classical homogenization process. We show thatvεµconverge weakly to a functionvµ which is an exact internal control for the homogenized system.

This stability property with respect to the small parameter ε, also occurs with respect to the second small parameterµ. Indeed, we show thatvµconverges to a functionv, an exact control for the limit system obtained by lettingµ0 in the homogenized problem.

AMS 2000 Subject Classification: 49J45, 35B27, 49J30.

Key words: homogenization, perforated domain, reticulated structure, internal control.

INTRODUCTION

La premi`ere partie de ce travail a ´et´e motiv´ee par les travaux de D.

Cioranescu et J. Saint Jean Paulin [7], [8] concernant l’homog´en´eisation de probl`emes pos´es dans des ouverts born´es perfor´es p´eriodiquement.

Dans une premi`ere ´etape, nous faisons ici la mˆeme ´etude pour l’´equation des ondes dans une plaque mince avec des trous dispos´es en quinconce. Tout d’abord, on ´etudie par la m´ethode HUM de J.L. Lions [11] (voir aussi[10]) la contrˆolabilit´e exacte de ce probl`eme en imposant une condition de Neumann homog`ene sur les bords des trous. On montre l’existence d’un contrˆole ex- act. On homog´en´eise ensuite et on montre que le syst`eme homog´en´eis´e est exactement contrˆolable par la limite du contrˆole exact obtenu par HUM.

Dans la deuxi`eme partie de ce travail, motiv´ee par les travaux de D. Cio- ranescu et P. Donato [6] et de L.R. Tcheugou´e T´ebou [15], on montre tout

REV. ROUMAINE MATH. PURES APPL., 53(2008),2–3, 89–124

(2)

d’abord que le syst`eme homog´eneis´e est exactement contrˆolable par la m´ethode HUM. On s’int´eresse ensuite au comportement du syst`eme et du contrˆole lorsque l’´epaisseur µ du mat´eriau tend vers z´ero. Cette ´etude est r´ealis´ee par la technique de structures r´eticul´ees de D. Cioranescu et J. Saint Jean Paulin [8] (voir aussi Aib [1]). On prouve, comme dans la premi`ere partie, qu’on a stabilit´e du probl`eme par rapport au petit param`etre µ, le contrˆole exact du syst`eme homog´eneis´e converge vers le contrˆole exact du syst`eme obtenu en passant `a la limite avec µ→0.

Le plan du travail est le suivant. La g´eom´etrie de la plaque prefor´ee Ωεµ, d’´epaisseurεest d´ecrite dans le paragraphe 1.1 du Chapitre 1,µrepr´esantant ici l’´epaisseur des couches de mat´eriau dont la plaque est consitu´ee. Nous

´

ecrivons l’´equation des ondes dans Ωεµ. Par un changement des variables (technique des domaines minces, voir Ciarlet [4], Ciarlet et Destuynder [5]), Ωεµ est transform´e dans un domaine d’´epaisseur fixe, le param`etre ε appa- raissant alors explicitement dans l’´equation transform´ee. On prouve ensuite l’existence et l’unicit´e d’une solution de cette ´equation. Dans le paragraphe 2.1 nous donnons un premier r´esultat d’homog´en´eisation. En utilisant des pro- longements, nous ´etablissons des estimations a priori des solutions, permettant de faireε→0 dans l’´equation homog´en´eis´ee et d’obtenir une ´equation des on- des homog´en´eis´ee pos´ee sur la section droite (pleine) de la plaque (on perd ainsi une dimension de l’espace). Dans cette ´equation les coefficients d´ependent du param`etre µ.

Dans le Chapitre 2, dans les paragraphes 2.1 et 2.2, nous ´etudions la contrˆolabilit´e exacte interne de l’´equation de d´epart. Par la m´ethode HUM introduite par J.L. Lions [11], nous construisons un contrˆole exact interne pour lequel une estimation a priori est ´etablie. Dans le paragraphe 2.3, en se basant sur les r´esultats du Chapitre 1, nous passons `a l’homog´en´eisation du syst`eme. Nous prouvons que le contrˆole exact converge vers le contrˆole exact du probl`eme homog´en´eis´e dont les coefficients d´ependent du param`etre µ.

Dans le Chapitre 3, on s’int´eresse au comportement asymptotique du syst`eme homog´en´eis´e et de son contrˆole lorsque µ 0. Par la technique de structures r´eticul´ees de [8], on d´etermine un syst`eme limite. Enfin, on prouve que la limite des contrˆoles est encore un contrˆole exact du syst`eme limite.

1. HOMOG´EN´EISATION 1.1. Position du probl`eme

On consi`ere le domaine perfor´e d´ecrit par la Figure 1; il est contenu dans l’ouvert ωε= ]0, ε[×]0, [×]0, L[,o`uεdesigne l’´epaisseur de la plaque ainsi que la p´eriode. La p´eriodicit´e n’a lieu que dans les directions x2 et x3.

(3)

Fig. 1. Le domaine en quinconce.

On poseL=etl=et on recouvre ωε par mncellules εY, o`u Y = ]0,1[×]0,2[×]0,2[

est la cellule de r´ef´erence (voir Figure 2).

Fig. 2. La cellule de r´ef´erence.

On noteYu(resp. ωεu ) la partie deY (resp. ωε) occup´ee par le mat´eriau o`uµest un petit param`etre qui designe l’´epaisseur des couches. On introduit enfin les notations

ω∗,0εµ = ]0, ε[×]0, [× {0}, γεµ=∂ωεµ εµ∗,0.

Notation. Dans toute la suite, les indices i, jprennent leurs valeurs dans {1,2,3}, alors quek, varient dans {2,3}. Les indices r´ep´et´es sont somm´es.

(4)

On consid`ere le syst`eme

(1.1)





















vεµ

∂xi

aij∂vεµ

∂xj

= 0 dans ωεµ×]0, T[, vεµ= 0 sur ωεµ∗,0×]0, T[, aij∂vεµ

∂xj νi= 0 sur γεµ×]0, T[, vεµ(0) =v0εµ dans ωεµ, vεµ(0) =v1εµ dans ωεµ,

o`u ν = (νi; 1 i 3) est la normale unitaire ext´erieure `a ∂ωεµ, T est un nombre r´eel arbitraire strictement positif. Les coefficients aij, 1 i, j 3, sont des constantes ind´ependantes de εetµet v´erifient

(1.2)

aij =aji,

∃m >0 tel queaijξiξj ≥mξiξi, ∀ξ = (ξi)R3.

Pour travailler dans un domaine fixe, on fait le changement de variable

(1.3) z1 = x1

ε , z2=x2, z3 =x3.

Toute fonction φ d´efinie sur ωε est ainsi transform´ee en une fonction d´efinie sur le domaine fixe Ω = ]0,1[×]0, [×]0, L[.

On pose uεµ(z1, z2, z3) = vεµ(z1, z2, εz3).Alors la premi`ere ´equation du syst`eme (1,1) devient

uεµ−ε−2a112uεµ

∂z21 −ε−1ail 2uεµ

∂z1∂zl −ε−1ak1 2uεµ

∂zk∂z1 −ε−1akl 2uεµ

∂zk∂zl = 0, que nous ´ecrirons, pour simplifier la pr´esentation, sous la forme

(1.4) uεµ+Aεµuεµ= 0

(avec une signification ´evidente pour Aεµ). Le syst`eme transform´e de (1.1) par le changement (1.3) est alors

(1.5)



















uεµ+Aεµuεµ= 0 dans Ωεµ×]0, T[, uεµ= 0 sur Ω∗0εµ×]0, T[, ε−1ai1∂uεµ

∂z1 +ail∂uεµ

∂zl vi = 0 sur Γεµ×]0, T[, uεµ(0) =u0εµ dans Ωεµ, uεµ(0) =u1εµ dans Ωεµ,

o`u Ωεµ, Ω∗0εµ et Γεµ sont les transform´ees respectives deωεµ , ωεµ∗,0 etγεµ.

(5)

Le r´esultat suivant est classique, voir [6] ou [11] pour sa d´emonstration, Pour une appplication de la m´ethode de Hille et Yosida, voir [3], [9] et [12].

Pour plus de d´etails, voir aussi V. Komornik [10].

Th´eor`eme 1.1.Supposons que les donn´ees initialesu0εµetu1εµdu syst`eme (1.1) v´erifient

(1.6) u0εµ∈Vεµ et uεµ∈L2(Ωεµ).

Alors(1.5) poss`ede une et une seule solutionuεµ, et cette solution est telle que (1.7) uεµ∈C(]0, T[, Vεµ)∩C1(]0, T[, L2(Ωεµ)).

1.2. Premier r´esultat de convergence: Homog´en´eisation Dans ce paragraphe, nous allons faire tendreεvers z´ero et nous ´etudierons la stabilit´e par rapport `a ce passage du probl`eme limite obtenu. Pour ce faire, nous aurons besoin des r´esultats suivants:

Lemme 1.2 ([7]). Pour tout ε > 0, µ > 0, il existe un op´erateur de prolongement Qεµ∈ L(Hk(Ωεµ), Hk(Ω)), k= 0,1, v´erifiant

(i) Qεµuεµ=uεµ dansεµ;

(ii) QεµuεµL2(Ω) ≤CuεµL2(Ωεµ);

(iii) ∇Qεµuεµ[L2(Ω)]3 ≤C∇uεµ[L2(Ωεµ)]3, o`u C est une constante positive ind´ependante de εet µ.

Lemme 1.3 ([6]). Pour tout ε > 0, µ > 0, il existe un op´erateur de prolongement

Pεµ∈ L(L(0, T;Hk(Ωεµ), L(0, T, Hk(Ω))), k= 0,1,

tel que pour tout ϕ∈L(0, T, Hk(Ωεµ))avec ϕ ∈L(0, T;L2(Ωεµ)) on ait (i) Pεµϕ=ϕ dansεµ×]0, T[ ;

(ii) Pεµϕ= (Pεµϕ) dansεµ×]0, T[ ;

(iii) PεµϕL(0,T;L2(Ω)) ≤CϕL(0,T;L2(Ωεµ));

(iv) ∇PεµϕL(0,T;[L2(Ω)]3)≤C∇ϕL(0,T;[L2(Ωεµ)]3); (v) Pεµϕ

L(0,T;L2(Ω)) ≤Cϕ

L(0,T;L2(Ωεµ)), o`u C est une constante positive ind´ependante de εet µ.

Nous sommes maintenant en mesure de formuler le r´esultat principal de ce paragraphe.

(6)

Th´eor`eme 1.4.On suppose que les donn´ees initiales dans(1.5) v´erifient (1.8)



 u0εµ

Vεµ c

µ etu0εµ u0µ faiblement dans L2(Ω), u1εµ

L2(Ωεµ)≤c et u0εµ u1µ faiblement dans L2(Ω),

o`u C est une constante positive ind´ependante de ε et µ, et d´esigne le pro- longement par z´ero `ade toute fonction d´efinie dansεµ.

Alors, lorsque ε→0 (avec µ fixe), on a les convergences (1.9)

Pεµuεµ uµ faible∗ dans L(0, T;H1(Ω)), Pεµuεµ uµ faible∗ dans L(0, T;L2(Ω)),

o`u la fonction limite uµ est ind´ependante de z1 et v´erifie le syst`eme ho- mog´en´eis´e

(1.10)

























Yµuµ

∂zk

aklµ ∂uµ

∂zl

= 0 dans ]0, [×]0, L[×]0, T[,

uµ= 0 sur

]0, [×]0, L[

×]0, T[, uµ(0) = u0µ

Yµ dans ]0, [×]0, L[, uµ(0) = u1,∗µ

Yµ dans ]0, [×]0, L[, avec

u1,∗µ = 1

0 u1µdz1.

Les coefficients homog´en´eis´es qµkl sont donn´es par (1.11) qklµ =

Yµaij∂(−Xµk+yk)

∂yi

∂(−Xµl +yl)

∂yj dy, o`u les fonctionsXµk sont solutions du syst`eme

(1.12)

























aij2(−Xµk+yk)

∂yi∂yj = 0 dans Yµ, aij∂(−Xµk+yk)

∂yj ni = 0 sur NYµ, Xµk est p´eriodique en y2 et y3, MYµ(Xµk) = 1

Yµ

YµXµkdy= 0.

(7)

Preuve. On commence par montrer qu’il y a conservation de l’´energie du syst`eme (1.5). Multiplions (1.5) paruεµet int´egrons par parties sur Ωεµ×]0, T[.

Il vient T

0

εµ

1 2

d

dt(u2εµ) dz dt+ T

0

εµ

ε−2a11∂uεµ

∂z1

∂uεµ

∂z1 +ε−1a1l∂uεµ

∂z1

∂uεµ

∂zl + +ε−1ak1∂uεµ

∂zk

∂uεµ

∂z1 +akl∂uεµ

∂zk

∂uεµ

∂zl dz dt= 0.

Le terme sur le bord est nul grˆace `a (1.5). La sym´etrie (1.2) des aij donne T

0

1 2

d dt

εµ

u2εµ+ε−2a11∂uεµ

∂z1

2+

+2ε−1a1l∂uεµ

∂z1

∂uεµ

∂zl +akl∂uεµ

∂zk

∂uεµ

∂zl dz

dt= 0, i.e.,

(1.13)

T

0

1 2

d

dt[E(t)]dt= 0⇒E(T) =E(0), o`u

(1.14)









E(0) = 1 2

u1εµ2

L2(εµ)+u0εµ2

Vεµ

, E(t) =

εµ

u2εµ+ε−2a11∂uεµ

∂z1

2+ 2ε−1a1∂uεµ

∂z1

∂uεµ

∂zl +akl∂uεµ

∂zk

∂uεµ

∂zl dz.

De (1.13) et (1.14) on d´eduit les estimations

(1.15) uεµ

L2(Ωεµ) c

µ, uεµ(L2(εµ) c µ,

o`ucest une constante ind´ependante deεetµ. Grˆace `a (1.3)–(1.5), on aboutit `a ε−1∂uεµ

∂z1 2

L2(Ωεµ) c µ,

∂uεµ

∂z2 2

L2(Ωεµ) c µ,

∂uεµ

∂z3 2

L2(Ωεµ) c µ, d’o`u

∇uεµ(L2(Ωεµ))2 c µ,

qui, par l’in´egalit´e de Poincar´e (avec une constante ne d´ependant que du diam`etre de Ω), donne

uεµH1(Ωεµ) c µ.

(8)

Alors, de (1.15) on a finalement uεµ

(L(0,T;L2(Ωεµ)) c

µ, uεµL(0,T;(H(Ωεµ)) c µ.

Ceci permet d’appliquer le Lemme 2.2 pour avoir, `a une sous-suite pr`es, les convergences

(1.16)

Pεµuεµ→uµ faible dansL(0, T;H1(Ω)), Pεµuεµ→uµ faible dansL(0, T;L2(Ω)), o`uuµest ind´ependante dez1 (voir [4] et [5]).

Il nous reste `a montrer que uµ v´erifie les autres ´equations de (1.10).

Posons

ξiεµ=ε−1ai1∂uεµ

∂z1 +aik∂uεµ

∂zk , i= 1,2,3.

En vertu de (1.15),

ξεµi

L(0,T;L2(Ωεµ)) c µ, de sorte qu’`a une sous-suite pr`es on a

ξεµi →ξµi faible dansL(0, T;L2(Ω)), avec ξiεµv´erifiant le syst`eme





uεµ−ε−1∂ξεµ1

∂z1 −∂ξ2εµ

∂z2 −∂ξεµ3

∂z3 = 0 dans Ωεµ×]0, T[, ξ1εµn1 =ξ2εµn2 =ξεµn3 3 = 0 sur Γεµ×]0, T[, soit encore, avec la notation χ

εµ pour la fonction caract´eristique de Ωεµ, (1.17)





(Pεµuεµ)χ

εµ−ε−1∂ξεµ1

∂z1 −∂ξ2εµ

∂z2 −∂ξεµ3

∂z3 = 0 dans Ω×]0, T[, ξεµ1 .n1=ξ2εµ.n2 =ξεµ3 .n3 = 0 sur ∂Ω\(]0,1[× {0})×]0, T[.

Soient maintenant ϕ ∈ D(]0, [×]0, L[) et v ∈ D(]0, T[), et multiplions (1.17)1 par ϕv. En int´egrant par parties le premier terme par rapport `a t et le second par rapport `a z, on obtient

(1.18) T

0

Pεµuεµϕvχ

εµdz dt+

T

0

ξεµ2 ∂ϕ

∂z2+ξ3εµ∂ϕ

∂z3 vdzdt= 0.

En se rappelant (voir, par exemple, [2]) la convergence χ

εµ →Yµ faible dansL(Ω),

(9)

le passage `a la limite pourε→0 dans (1.18) donne T

0

uµϕvYµdz dt+ T

0

ξµ2∂ϕ

∂z2 +ξ3µ∂ϕ

∂z3 dz dt= 0, d’o`u

T

0 L 0

0

1

0

ξµ2∂ϕ

∂z2µ3∂ϕ

∂z3 dz1dz2dz3 vdt=

=−Yµ T

0

L

0

0

1

0 uµϕvdzdt,

avec uµ d´ependant seulement dez2 etz3. Le syst`eme limite s’´ecrit alors sous la forme

(1.19)

∂z2 1

0 ξ2µdz1

+

∂z3 1

0 ξµ3dz1

=Yµuµ. Maintenant, nous allons identifier les termes1

0 ξµ2dz1et1

0 ξµ3dz1en fonc- tion de uµ. Posons

wk(y) =−Xµk(y) +yk et wkε(z) =εQwk z1,z2

ε,z3 ε ,

o`u Xµk est d´efinie par (1.12) et Q est le prolongement `a Y donn´e par le Lemme 1.2 pour le domaineYµ (voir [7] pour plus de d´etails). Par des calculs simples, on montre (voir, par exemple [6], et [7]) que l’on a l’estimation

Xµk

H1(Yµ)≤c,

avec c une constante ind´ependante de ε. On a alors wkH1(Yµ) c et wεk

H1(Y)≤c. On peut donc extraire une sous-suite telle que (1.20) wkε zk faiblement dansH1(Ω).

On introduit les fonctions ηik(y) =aji∂ωk

∂yj , ηk (z) =ηki z1,z2

ε,z3 ε , d´efinies respectivement par









−∂ηki

∂yi = 0 dansYµ, ηikni= 0 surNYµ, ηik p´eriodique en y2 ety3,

(10)

et (obtenu par une une mise `a l’´echelle)





−ε−1∂ηk

∂z1 −∂ηk

∂z2 −∂ηk

∂z3 = 0 sur Ωεµ,

ηkni = 0 sur Γεµ.

En utilisant la mˆeme technique de prolongement que celle pourξεi,on en d´eduit

(1.21)





−ε−1∂ηk

∂z1 −∂ηk

∂z2 −∂ηk

∂z3 = 0 dans Ω, ηkni = 0 sur∂Ω\(]0,1[×]0, [× {0}).

On v´erifie sans peine que l’on a les estimationsηik

L2(Yµ) ≤cetηk

L2(Ω) c, ind´ependamment de ε. On a donc la convergence (`a une sous-suite pr`es) (1.22) ηk → MY

ηki faiblement dans L2(Ω).

Soient v ∈ D(]0, T[) et ϕ ∈ D(]0, [×]0, L[)). Multiplions la premi`ere

´

equation de (1.18) par v ϕ wkε et int´egrons par parties sur Ω×]0, T[. Il vient T

0

PεµuεµX

εµv ϕwkεdz dt+ T

0

v ε−1

ξ1εµϕ∂wεk

∂z1dz dt+

+ T

0 v

ξεµ2 ϕ∂wkε

∂z2 dz dt+ T

0 v

ξεµ3 ϕ∂wεk

∂z3 dz dt+

+ T

0 v

ξεµ2 ∂ϕ

∂z2wkεdz dt+ T

0 v

ξεµ3 wεk∂ϕ

∂z3dz dt= 0.

Multiplions (1.21)1 par vϕPεµuεµ et int´egrons par parties sur Ω×]0, T[.

Il vient T

0 v ε−1

ηk ϕ ∂Pεµuεµ

∂z1 dz dt+ T

0 v

ηkϕ ∂Pεµuεµ

∂z2 dz dt+

+ T

0 v

ηkϕ ∂Pεµuεµ

∂z3 dz dt+ T

0 v

ηk ∂ϕ

∂z2 Pεµuεµdz dt+

+ T

0 v

ηkϕ ∂ϕ

∂z3 Pεµuεµdz dt= 0.

(11)

Par soustraction on a alors T

0 v

ξ2εµ ∂ϕ

∂z2 wkεdz dt+ T

0 v

ξ3εµ ∂ϕ

∂z3 wεkdz dt

T

0 v

ηk ∂ϕ

∂z2 Pεµuεµdz dt T

0 v

ηk ∂ϕ

∂z3 Pεµuεµdz dt=

= T

0 χ

εµ vPεµuεµϕwkεdz dt, d’o`u, en passant `a la limite avec ε→0, on obtient

T

0

v

ξµ2 ∂ϕ

∂z2 zkdz dt+ T

0

v

ξ3µ ∂ϕ

∂z3 zkdz dt

T

0 v

MYηk2∂ϕ

∂z2uµdz dt T

0 v

MYη3k∂ϕ

∂z3uµdz dt=

= T

0

Yµvuµϕ zkdzdt.

Int´egrant par parties dans cette ´egalit´e donne T

0 ξµ2dz1+ 1

0 ξ3µdz1 =MYη2k∂uµ

∂z2 +MYη3k∂uµ

∂z3, ce qui, remplac´e dans (1.19) permet d’´ecrire

∂zl

MYηkl∂uµ

∂z =Yµuµ. On pose alors

qµkl=

Yµηkl dy=

Yµaij

−Xµk+yk

∂yi

−Xµl +yl

∂yj dy,

ce qui est la formule (1.11). On retrouve ainsi la premi`ere ´equation de (1.10).

Pour terminer la preuve du th´eor`eme, il reste `a montrer que les deux derni`eres

´

equations de (1.10) sont v´erifi´ees.

Soient ϕ ∈ D(]0, [×]0, L[), v ∈ D(]0, T[) avec v(T) = 0. Multiplions la premi`ere ´equation de (1.17) par ϕv et int´egrons par parties sur Ω×]0, T[.

Il vient (1.23)

T

0

uεµvϕdz dt

uεµ(0) v(0)ϕdz+ T

0

ξε∂ϕ

∂zvdz

dt= 0,

(12)

o`u on va passer `a la limite. Pour ce faire, on aura besoin de la limite de uεµ qui existe grˆace aux hypoth`eses (1.8). Siψ∈ D(Ω), h∈ D(]0, T[) on a

(1.24)

T

0 εµuεµψhdz dt= T

0

εµuεµψhdz dt

= T

0 Pεµuεµχ

εµψhdz dt.

Par ailleurs, (1.25) T

0

εµuεµψhdz dt= T

0

uεµψhdz dt= T

0

uεµψhdz dt.

De (1.24) et (1.25) on a T

0

Pεµuεµ.Xεµψhdz dt= T

0

u˜εµψhdz dt, ce qui donne `a la limite

T

0

Yµ uµψ hdz dt= T

0 uµψ hdz dt.

Une int´egration par parties implique que l’on a

T

0

Yµ uµψ hdz dt= T

0 uµψhdz dt, d’o`u

uεµYµuµ faible dans L(0, T;L2(Ω)).

Passant alors `a la limite dans (1.23), il vient

T

0

Yµuµvϕdz dt

u1µv(0) ϕdz+ T

0 ξµ ∂ϕ

∂zvdz dt= 0, d’o`u, en int´egrant par parties sur Ω×]0, T[,

T

0

Yµuµv ϕdzdt+

Yµuµ(0)v(0) ϕdz

u1µv(0) ϕdz

T

0 v L

0

0

∂z

1

0 ξµdz1 ϕdz2dz3 dt= 0.

En vertu de (1.25), on a alors

Yµuµ(0) v(0) ϕdz

u1µv(0) ϕdz= 0,

(13)

d’o`u on d´eduit aisement

uµ(0) = 1 Yµ 1

0 u1µdz1.

Il reste `a prouver que la derni`ere ´equation de (1.10) est verifi´ee. Pour cela, soient ϕ∈ D(]0, [×]0, L[) etv ∈ D(]0, T[) avec v(T) = 0 et v(0)= 0.

Multiplions (1.12) par ϕ v et int´egrons deux fois par parties par rapport `a t.

On obtient T

0

uεµv ϕdzdt+

uεµ(0)v(0)ϕdz+ T

0

ξε ∂ϕ

∂z vdzdt= 0, ou bien

(1.26)

T

0

χ

εµPεµuεµvϕdzdt+

χ

εµ Pεµuεµ(0) ϕ v(0) dz+

+ T

0

ξε ∂ϕ

∂z v dz

dt= 0.

Pour y passer `a la limite, on remarque quePεµuεµ(0) =Qεµu0εµ, o`uQεµest le prolongement donn´e par le Lemme 2.1. Or χ

εµQεµu0εµ = u0εµ. Alors, par le Th´eor`eme 2.3, on a la convergence

u0εµ u0µ faiblement dansL2(Ω). Par cons´equent,

Qεµu0εµ u0µ

Yµ faiblement dans L2(Ω). En passant `a la limite dans (1.26), on obtient

T

0

Yµuµvϕdz dt+

Yµ u0µ

Yµ ϕ v(0) dz+

+ T

0

ξlµ∂ϕ

∂zl vdz dt= 0.

En proc´edant comme auparavant, on a

(1.27)

Yµuµ(0)v(0)ϕdz+

u0µϕ v(0) dz= 0,

avec u0µ d´ependant uniquement dez2 etz3. De mˆeme, on a les estimations u0εµ

H1(Ωεµ)≤c, u0εµ

H1(Ω)≤c, ∂u0εµ

∂z1 ≤c ε,

(14)

et, par cons´equent,

∂u0εµ

∂z1 u0µ

∂z1 faiblement dansL2(Ω) avec ∂u0µ

∂z1 = 0.

Finalement, (1.27) donne uµ(0) =u0µ/Yµ, ce qui termine la preuve.

2. CONTR ˆOLABILIT ´E EXACTE ET CONVERGENCE DES CONTR ˆOLES LORSQUE ε→0

2.1. Position du probl`eme

Avec les mˆemes notations qu’au premier chapitre et dans le mˆeme cadre g´eom´etrique, on consid`ere le syst`eme

(2.1)



















uεµ+Aεµuεµ=vεµ dans Ωεµ×]0, T[, uεµ= 0 sur Ω∗,0εµ ×]0, T[,

ε−1ai1∂µεµ

∂z1 +ai∂µεµ

∂z νi = 0 sur Γεµ×]0, T[, uεµ(0) =u0εµ dans Ωεµ,

uεµ(0) =u1εµ dans Ωεµ,

o`uvεµest le contrˆole que nous nous proposons de d´eterminer de mani`ere `a avoir uεµ(T) =uεµ(T) = 0 dans Ωεµ.

Nous allons tout d’abord montrer qu’un tel contrˆole existe et ensuite nous allons ´etudier son comportement lorsqueεetµtendent vers z´ero.

2.2. Contrˆolabit´e exacte par HUM

Cette ´etude est guid´ee par la m´ethode HUM, introduite par J.L. Lions [11]. Prenons

u0εµ, u1εµ

dansVε×L2εµ

, o`u Vεµ est l’espace Vεµ=

uεµ∈H1εµ

; uεµ= 0, sur∂Ωεµ , muni de la norme ϕVεµ =∇ϕ[L2(Ωεµ)]3, ∀ϕ∈Vεµ.

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