A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
L. P RATELLI
Sur la convergence vers la loi de Poisson
Annales de l’I. H. P., section B, tome 28, n
o2 (1992), p. 151-164
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151
Sur la convergence
versla loi de Poisson
L. PRATELLI
Università di Pisa, Dipartimento di Matematica, Via Buonarroti 2, 1-56100 Pisa, Italy
Vol. 28, n° 2, 1992, p. 164. Probabilités et Statistiques
RÉSUMÉ. - Dans le cadre d’une « famille
triangulaire »
de lois sur R(ne
vérifiant pas forcémentl’hypothèse UAN),
on donne une conditionnécessaire et suffisante pour la convergence vers la loi de Poisson.
Mots clés : Famille triangulaire, Uniform Asymptotic Negligibility, Convergence étroite, Loi de Poisson.
ABSTRACT. - We consider a
family
of laws onR, arising
from a"triangular array"
for which the UAN condition is notnecessarily
verified.For such a
family
wegive
a necessary and sufficient conditionconcerning
the weak convergence to a Poisson law.
. 0. INTRODUCTION
Le
« problème
central de convergence » relatif à la loi de Poisson peut être formulé de la manière suivante : étant donnée une suite(J.1i)
de loissur
R,
dont le terme d’indice est leproduit
de convolution d’une suite finie(de longueur dépendant
dei)
de lois étudier des conditions sur laClassification A.M.S. : Primary 60 B 10, 60 F 05; Secondary 60 G 50.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques - 0246-0203
« famille
triangulaire » (~),
permettant d’assurer la convergence étroite de la suite(Jli)
vers une loi de Poisson.Presque
tous les résultats existant dans la littérature à cesujet
concernentle cas où les moments du second ordre des lois Jlij convergent vers 0 de manière uniforme par rapport à
j.
Cettecondition, qui
se traduit par la relationest
appelée,
par les auteurs delangue anglaise,
UAN( Uniform Asymptotic Negligibility).
En outre, les lois sont souvent
supposées
concentrées sur N, ou mêmesur {0,1} (voir,
par ex.,[ 1 ], [4], [5]).
Dans le
présent
article nous étudions leproblème
dans un cadre un peuplus général.
Eneffet,
nousn’imposons
pas la conditionUAN,
et noussupposons seulement que les lois soient concentrées sur
R + .
En outre,nous
remplaçons
la suite(Jli)
par une famille filtrée(c’est-à-dire
par une familledont
l’ensemble I des indices est muni d’unfiltre).
Dans un tel
cadre,
nous donnons une condition nécessaire et suffisante pour la convergence étroite de la famille vers une loi de Poisson ~(À) (voir
Théorème( 1. 3)).
Cette condition consiste essentiellement àimposer
que les
barycentres
des lois Jli convergent vers À et que, dans le calcul desintégrales
du typeÎ (x - t) + (avec t > 0), l’erreur commise en rempla-
çant la loi par la loi de Poisson de même barycentre
soit assez petite.
Pour la démonstration de la
nécessité,
nous utilisons un résultatclassique
concernant la convergence vers la loi de Poisson
(voir [2],
p.317).
Commece résultat est relatif au cas où la famille vérifie la condition
UAN,
notre démonstration consiste essentiellement à ramener le cas
général
à cecas
particulier.
Dans le dernier
paragraphe,
au lieu de supposer les lois y;, Ilij concentréesnous supposons
simplement qu’elles possèdent
desbarycentres positifs,
et nous exposonsquelques
extensions du résultatprincipal,
ainsique
quelques contre-exemples.
1.
HYPOTHÈSES, NOTATIONS, ÉNONCÉ
DURÉSULTAT
PRINCIPALChaque
fois que l’onconsidère,
dans lasuite,
une loi sur R(i.
e. unemesure de
probabilité
sur la tribu borélienne deR),
on convient tacitementqu’elle possède
un moment du second ordre fini. On ditqu’une
famille delois sur R est bornée en moyenne
quadratique
si la bornesupérieure
desmoments du second ordre des lois de la famille est finie.
On
appelle factorisation
d’une loi y toute suite 1 delois,
telle que Jljcoïncide,
àpartir
d’un certainindice,
avec la loi de Dirac 80’ et que leproduit
de convolution des lois ils soitégal
à y.Lorsque
lebarycentre
d’uneloi Il
estpositif,
ondésigne par §
la loi dePoisson de même
barycentre (égale
à Eo si cebarycentre
estnul),
et l’onpose, pour tout nombre réel t,
On remarquera que, pour
~0,
on asimplement (la loi
étant concen-trée sur
R +)
Par
conséquent,
la restriction de t ~8t
àl’intervalle ] - 00,0]
est unefonction
positive
etcroissante, qui
estidentiquement
nulle si(et
seulementsi)
laloi Il
est concentrée surIl est bien connu que, pour
qu’une
famille filtrée 1 de lois surR,
bornée en moyennequadratique,
converge étroitement vers une loi y, il faut et il suffit que l’on aitpour tout nombre réel t
(voir [3]
pour le cas d’unesuite).
Parconséquent,
si chacune des lois Ili
possède
unbarycentre positif, alors,
pour que la famille converge étroitement vers la loi de Poisson ~(À),
il faut etil suffit que le
barycentre
de Jli converge vers À et que l’on aitpour tout nombre réel t.
Supposons
maintenant que la famillesoit
définie par la formule àpartir
de la donnée d’une famille doublelois sur
R,
telle que, pour tout ifixé,
les termes de la suite coïncident avec 80 àpartir
d’un certain rang.Supposons
en outre que chacune des lois Jlijpossède
unbarycentre positif.
On peut alors se demander s’il existe desconditions,
suffisantes à assurer la convergence étroitede Ili
vers une loi dePoisson, qui
fassentintervenir,
au lieu desquantités 8t
lesquantités 8t (liées
defaçon plus
directe aux donnéesdu
problème).
Dans le cas où les lois sont concentrées sur
I~ +,
uneréponse
fortsimple
est fournie par le théorèmesuivant, qui
donne une conditionnécessaire et
suffisante,
etqui
constitue le résultatprincipal
duprésent
article :
(1. 3)
THÉORÈME. - Soit 1 unefamille,
bornée en moyennequadrati-
que, de lois sur
~,
concentrées Pour tout indice i deI,
soit 1une
factorisation
de p;, constituée de lois concentrées surfl~ +,
et posons, pour tout nombre réel t[en
utilisant la notation(1. 1)] :
Enfin,
soient À un nombre réelpositif
et IF unfiltre
sur l’ensemble I.Alors,
pour que ~,i converge étroitement(suivant
lefiltre IF)
vers la loi dePoisson ~
(À),
ilfaut
et ilsuffit
que lebarycentre
de ~,i converge vers À et queDi (t)
converge vers 0 pour tout t.2.
DÉMONSTRATION
DE LA SUFFISANCEDans le
présent paragraphe,
nous démontrerons lapartie
de( 1 . 3)
concernant la suffisance de la condition. A cet
effet,
nous utiliserons les deux lemmes suivants :(2. 1)
LEMME. -Étant
donnée uneloi
surR,
admettant unbarycentre
À
positif, désignons
par c la somme des moments du second ordre des lois yet
~.
On a alorsDémonstration. - La relation
(2. 2)
résulte aussitôt del’inégalité
élémen-taire
(x - ~ ~(4 t) -1 x2 (valable
pour toutt > 0) .
Pour prouver
(2.3),
considérons les deux fonctions décroissantesf;
g ainsi définiessur tR+ :
On a
alors,
pour0~~~oo,
Il suffit donc de remarquer que l’on a
(2 . 4)
LEMME. - Soit y une loi surR,
et soit 1 unefactorisation
de Il, telle que chacune des lois ~,~
possède
unbarycentre positif.
On a
alors,
pour tout nombre réel t,Démonstration. -
Puisque
la suite(~)~i
1 est une factorisationde §,
on a
où Vj
désigne
leproduit
de convolution des lois~,n
avec 1 __ hj
et deslois Ilk avec
k > j. (C’est
le même argument utilisé parLindeberg
dans ladémonstration de son célèbre
théorème).
Il en résultePlaçons-nous
maintenant dans leshypothèses
du Théorème( 1 . 3)
etdémontrons la suffisance de la condition. A cet
effet,
il suffirait de prouver que, si0~ (t)
converge vers 0 pour tout t, alors la relation( 1 . 2)
a lieu pour tout t. Enfait,
nous démontrerons un résultatplus précis :
Si
OL (t)
converge vers 0 pour tout élément t d’un ensemble D partout dense dans]0, 00 [,
alors on a la relation(qui, grâce
au lemmeprécédent,
entraîne limsup 8~ (JlJ = 0).
t t
Désignons
parÀ;;
lebarycentre
de et par cij la somme des moments du second ordre de Jlij et de Demême, désignons par Ài
lebarycentre
de et par Ci la somme des moments du second ordre
de Ili
et de~~.
Posons en outre A = sup
À;,
C = sup c~ et remarquons que l’on af t
Fixons une suite finie
(tk)1
k n d’éléments deD,
avec 0 t~ ... tn,et posons
to = o,
E = sup(tk - tk-1).
Le lemme(2 . 1)
montre alors que l’on aIl en
résulte, grâce
aux relations(2. 7)
et à la définition deAi,
La convergence de
di
vers 0 en toutpoint
de D entraîne doncce
qui
prouve(2.6),
car le deuxième membre de(2.8)
peut êtrepris
arbitrairement
petit.
3.
DÉMONSTRATION
DE LANÉCESSITÉ
Afin de démontrer la
partie
de( 1. 3)
concernant la nécessité de lacondition,
nous commencerons par démontrer deux lemmes.(3 .1 )
LEMME. - Avec les mêmeshypothèses
que dans( 1 . 3),
supposonsque ~,t converge étroitement vers la loi de Poisson ~
(~,)
et que la condition(0 . 1) (i.
e. la condition soitremplie.
En outre, pour tout indice i deI,
considérons la mesure non bornéej
On a
alors,
pour tout nombre réel t strictementpositif,
Démonstration. -
Désignons
parM;;
le moment du second ordre de parMi
celui de et posonsc = sup; M;.
On a alorsFixons s,
aveco s l, ~~~.
On sait(voir [2],
p.317)
que la mesureinduite par (Ji sur l’intervalle
[s,
+oo[ est
une mesurebornée, qui
convergevaguement
(suivant
le filtre~ )
versÀE1.
Parconséquent,
la mesure admet-tant comme
densité,
par rapport à 6i, la fonction(majorée
par
x)-~(4~)’~x~)
est une mesurebornée, qui
convergevaguement
vers~(12014~Si.
Il suffit donc de vérifier que cette convergence estétroite,
c’est-à-dire que la condition de
compacité
étroite de Prokhorov estremplie.
Or,
ceci résulte immédiatement de(3 . 2),
compte tenu du fait que(x - t) +
est
négligeable
devant x2lorsque
x tend vers + oo .(3.3)
LEMME. - Avec les mêmeshypothèses
que dans(1.3),
supposons que i converge étroitement(suivant
lefiltre IF)
vers une loi de Poisson.Étant donnée,
pour tout indice i deI,
unepartie Ai
de N*,
posons(3. ..
__ t’E A
Z , _ * >Alors,
suivant toutultrafiltre
~hplus fin
que lefiltre IF,
les deuxfamilles (Vi)i E
I~(Vi)i E
1 convergent étroitement vers une même loi de Poisson.Démonstration. -
Puisque
la famille(vi)i E
1 est bornée en moyennequadratique (donc tendue),
elle convergeétroitement,
suivantl’ultrafiltre
~,
vers une loi v concentréesur [R+.
De
même,
si l’ondésigne
par famille de loisobtenue,
par le mêmeprocédé,
àpartir
descomplémentaires (par
rapport à des ensemblesAi,
on voit que x; converge étroitement vers une loi x concentréesur
t~+. Puisque
la loi v * x est dePoisson,
il en est de même des lois v et x(grâce
au théorème deRaïkov).
En outre,puisque
la familleest
bornée en moyennequadratique,
lebarycentre
de v; converge vers celui de v, de sorte que la loi de PoissonVi
converge étroitement vers la loi de Poisson v.Le lemme est ainsi démontré.
Nous sommes maintenant en mesure de démontrer la
partie
de( 1. 3)
concernant la nécessité de la condition.
Plaçons-nous
donc dans leshypo-
thèses de
( 1. 3)
et supposons que Ili converge étroitement vers la loi de Poisson ~(À). Puisque
la famille(Jli)
est bornée en moyennequadratique,
le
barycentre "Ai de Ili
converge vers lebarycentre À
de P(À).
Pour acheverla
démonstration,
fixons un nombre réel t strictementpositif
et montronsque converge vers 0 suivant tout ultrafiltre
plus
fin que le filtre ~ . Fixons un tel ultrafiltre~,
et convenons que toute notion de limite intervenant dans la suite de la démonstration soit à entendre suivant cet ultrafiltre.1.
Plaçons-nous
d’abord dans le cas où la condition UAN estremplie.
Posons
et considérons les lois v; définies par
(3.4).
Il résulte du lemme
précédent
que les deux familles(vi)i E
conver-gent étroitement vers une même loi de Poisson ~
(À’).
En
appliquant
le lemme(3 . 1 ),
on obtient les relationsd’où l’on
déduit,
pardifférence,
=0.i j
De manière
analogue,
on trouve =0. Il en résultei j
2. Passons maintenant au cas
général.
Si,
pour unentier j fixé,
onapplique
le lemme(3 . 3)
en prenant pour tout indice i deI,
on voit que les deux familles Iconvergent étroitement vers une même loi. Il en résulte
(ces
deux famillesétant bornées en moyenne
quadratique)
(3 . 5)
lim8t
= 0 pour tout entierj.
i
En raisonnant par
l’absurde,
supposons que l’on aitDésignons
parM1
les moments du second ordre des lois Ilij, y;, et posons c = supMi.
Sans diminuer lagénéralité,
nous pourrons supposer que, pour tout indice i deI,
la suite 1 soit décroissante. On aalors,
pour tout entier
~1,
Posons,
pour tout indice i deI,
(avec
la convention inf0= oo).
La famille
admet
une limite dans N *U ~ 00 }.
Si cette limite étaitun
entier k,
l’ensemble serait un élément de l’ultrafiltre4Y,
de sorte que la relationE ) /8t >
E pour tout élément i de H1~.7~
serait en contradiction avec
(3.5).
On a donc ~. Posonst
et considérons les lois v;;, v; définies par
(3.4). D’après
le lemme(3 . 3),
lafamille E converge étroitement vers une loi de Poisson. En outre, la famille
(v;;)
vérifie la conditionUAN,
car le moment du second ordre dequi
est nulpour jni
etqui
coïncide avecMij
estmajoré,
dans ce dernier cas, par
Mi, ni [donc
parc/ni
en vertu de(3 . 7)].
Il en résulte
(grâce
à lapremière partie
de ladémonstration)
c’est-à-dire
et par
conséquent
Comme ceci est en contradiction avec
(3 . 6),
la démonstration est ache- vée.4. EXTENSIONS ET CONTRE-EXEMPLES
Dans ce dernier
paragraphe
nous nousplaçons
dans les mêmeshypo-
thèses que dans l’énoncé du théorème
( 1. 3),
à une différenceprès :
au lieude supposer les lois Jli, concentrées sur
[R+,
nous supposonssimplement
que ces lois
possèdent
desbarycentres positifs.
On reconnaît sans
peine
que le lemme(3 .1 )
est encorevalable,
dansces conditions
plus générales,
car la relation(3 . 2)
est encore vraie.On a le résultat
suivant, qui généralise
lapartie
de( 1 . 3)
concernant la nécessité de la condition :(4.1)
THÉORÈME. - Avec leshypothèses qu’on
vient depréciser,
supposons que i converge étroitement vers une loi de Poisson. Alors :(a)
Si la relation lim0394i (t)
= 0 estvérifiée
pour t = 0(donc
a fortiori pourt 0),
elle l’est aussi pour t > 0.(b)
Si lafamille vérifie l’hypothèse UAN,
la relation lim0394i (t)
= 0 alieu pour t >_ 1.
Démonstration. -
(a)
On adéjà remarqué
que le lemme(3 . 1)
est encorevalable dans les conditions
présentes. L’hypothèse
limDi (0)
= 0 assure, dei
son
côté,
que le lemme(3. 3)
estégalement
valable.(Elle
permet en effet d’affirmer que les deux lois v, xqui
interviennent dans la démonstration de ce lemme sont concentrées Il suffitdonc,
pour prouver(a),
de
répéter
le raisonnementdéjà employé,
dans leparagraphe précédent,
pour prouver la
partie
de( 1. 3)
concernant la nécessité de la condition.(b)
Soitt >_ 1. Puisque
le lemme(3 .1 )
est encorevalable,
on aEn
appliquant
le même résultat aux lois de Poisson on trouveIl en résulte lim
0394i (t)
= 0.Soit maintenant Avec les notations du lemme
(3 .1 ),
ils’agit
deprouver la relation
On sait d’autre part
(voir [2],
p.317)
que l’on a oo,t])=0.
Parconséquent,
la mesure admettant commedensité,
par rapport à cri, lafonction
.~)2014~(;c2014~)’
est une mesurebornée, qui
converge vaguement vers la mesureidentiquement
nulle. Il suffit donc de vérifier que cette conver-gence est étroite.
Or, grâce
à(3 . 2),
ceci résulte du fait que(x - t) -
estnégligeable devant x2 lorsque
x tend vers - oo .Avec les mêmes
hypothèses
et les mêmesnotations,
on a aussi le résultatsuivant, qui généralise
lapartie
de( 1. 3)
concernant la suffisance de la condition :(4 . 2)
THÉORÈME. - Pour que Jli converge étroitement vers la loi de Poisson~
(À),
ilsuffit
que lebarycentre
de Jli converge vers À et que l’on aitt L
Ce résultat est une
conséquence
du lemme suivant :(4. 4)
LEMME. -Soit p
une loi surI~,
avecet soit 1 une
factorisation
de y, telle que chacune deslois j possède
un
barycentre positif.
Étant
donné un intervalle compact[a, b]
deR,
posonsOn a alors
pour toute
fonçtion
réellef,
deuxfois
continûmentdifférentiable
dansR,
dont la dérivée seconde soit nulle sur le
complémentaire
de[a, b].
Démonstration. - Utilisons le même « argument de
Lindeberg » déjà employé
dans la démonstration de(2 . 4) :
c’est-à-dire l’identité(2. 5),
avecla même
signification
pour Vj. Nous trouvons ainsi :La formule de
Taylor
fournit d’autre part, pour toutcouple
x, y de nombresréels,
où g
(t, x) désigne (x - t) +
si t estpositif,
et -(x - t) -
dans le cas contraire.On a donc
En outre,
puisque f "
est nulle sur lecomplémentaire
de[a, b],
on aIl en
résulte,
en posanthj (t)
= Vj([a -
t, b -t]),
Il suffit donc de vérifier que la fonction
h;
estmajorée par h. Or, puisque
le moment du second ordre de Vj estmajoré
par c, ceci résulte immédiatement del’inégalité
de Markov.(4. 5) Remarque. -
Dans le cas où le filtre ~possède
une base dénom-brable,
le théorème(4. 2)
se déduit immédiatement du lemmeprécédent,
par convergence
dominée, grâce
àl’inégalité
Dans le cas
général,
on pourra encore utiliser le mêmelemme,
maisaprès
avoirvérifié,
à l’aide de(2 .1 ),
la convergenceuniforme
de0~
vers 0sur le
complémentaire
de toutvoisinage
del’origine.
Nous terminerons par
quelques contre-exemples (dans lesquels
la famillefiltrée 1 sera
toujours
unesuite).
(4.6) Exemple. -
Les conditions du théorème(4.2)
sont seulementsuffisantes : il peut arriver
(même
sousl’hypothèse UAN)
que Jli converge étroitement vers une loi dePoisson,
sansqu’aucune
des conditions(4.3)
soit
remplie.
Considérons en
effet,
pour tout entier i >_1,
uncouple Xi, Yi
de variables aléatoiresindépendantes,
admettant comme lois 9( 1 /i)
et( 1 /2) (E 1
+E _ 1 ) respectivement.
Choisissons en outre une suite(ai)
de nombres réels stricte- mentpositifs,
telle que l’on aitet
désignons
par la loi de pour1~/~
la loi de la constante1/i
pourij~2i,
et la loi de la constante 0pour j >
2 i.On voit aisément que la condition UAN est
remplie.
En outre, pour tout entier i >_1,
la loi ~,~ =* j ~ 1
est leproduit
de convolution de la loi dePoisson ~ ( 1 )
et d’une loi centrée admettant comme moment du second ordreiaf.
Parconséquent,
la suite(Jli)
converge étroitementvers ~ ( 1 ).
Pour
0 t 1,
on aon a
Aucune des conditions
(4. 3)
n’est doncremplie.
(4.7) Exemple. -
Dans le théorème(4. 2)
on ne peut passupprimer
lacondition lim sup
d~ (0)
00(même
si onajoute l’hypothèse UAN).
i
Considérons,
pour tout entier i >_1,
la loi normaleVi = % (0, 1 li).
Posonsensuite pour
1~/~’,
etpour j> i.
La loi coïn-cide alors avec
J~(0,l).
La condition UAN est vérifiée de manière évi- dente. En outre, pour tout nombre réelt > 0,
on aOn voit donc que la relation lim
0394i(t)=0
est vraie pour tout t # 0.(4. 8) Exemple. -
Il peut arriver que les conditions suffisantes de(4.2) (ainsi
que la conditionUAN)
soientremplies,
sans que0~ (t)
convergevers 0 pour t = 0.
Considérons en
effet,
pour tout entier i >_1,
la loiPosons Vi pour 1
_ j _
i, et Eopour j >
i. On vérifie aisément que la loi converge étroitement vers la loi dePoisson ~ ( 1 ).
Enoutre, la condition UAN est
remplie.
Pour prouver que la relation limA~(/)=0
est vraie pour toutt ~ 0,
on peut se borner[voir (4 .1 ) (b)]
i
aux t strictement
compris
entre 0 et 1. Fixons un tel t. On aalors, pour
iassez
grand,
et par
conséquent
Par contre, on a
(4.9) Exemple. -
Dans l’assertion(b)
de(4.1),
la condition UAN est essentielle. Posons en effetLa loi i=
*j~1 ij
coïncide alors avec P(1).
La relation limDi (t)
= 0 estcependant
fausse pour tout élément t de] -1 /2, 0].
On a eneffet,
pour untel t,
endésignant
par X une variable aléatoire de loi~ ( 1 /2),
[1] D. FREEDMAN, The Poisson approximation for dependent events, Ann. Prob., vol. 2, 1974, p. 256-269.
[2] M. LOÈVE, Probability Theory, Van Nostrand, 3rd edition, 1963.
[3] L. PRATELLI, Une caractérisation de la convergence dans L1. Application aux quasimar- tingales, Sém. Prob. (à paraître).
[4] R. J. SERFLING, A general Poisson approximation theorem, Ann. Prob., vol. 3, 1975, p. 726-731.
[5] A. N. SHIRYAYEV, Probability, Springer, 1984.
(Manuscrit reçu le 6 juin 1990,
révisé le 10 septembre 1991.)