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Le chômage : évolution et analyse

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31/01/2020 08:32 1 Le chômage : évolution et analyse

Bibliographie

Allain O. (2017), « Les postérités de Keynes. 1. La nouvelle économie keynésienne »,

Ecoflash n°316, mars 2017

Cabannes P.-Y. et Roth N. (2015), « Les chômeurs », Ecoflash n°300, septembre 2015

Erhel C., Les politiques de l’emploi, PUF, coll. « Que sais-je ? » Blanchard O. et Cohen D., Macroéconomie, Pearson.

Gautié J., Le Chômage, Repères, La Découverte.

Gautié J. (2016), « Le salaire minimum en Europe et aux Etats-Unis : politiques et controverses », Ecoflash n°305, février 2016.

Lavialle C., Macroéconomie approfondie, Amphi Economie, Bréal.

Problèmes Economiques, « Comprendre le marché du travail », Problèmes

Economiques, Hors-Série n°3, 2013.

I. Définitions et mesures

a) L’apparition du chômage comme catégorie statistique

L’essentiel. Chômage au XIXe siècle : une « réalité » (‘question sociale’, armée industrielle de réserve…) difficilement mesurable (absence de contrat de travail, importance du travail indépendant / salarié…). Salais, Baverez et Reynaud, L’Invention du chômage (1986). 1ère mesure en France : recensement de 1896.

b) Chômage au sens du BIT et Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi

L’essentiel. Critères du BIT (Bureau International du Travail) : ne pas travailler, être disponible, rechercher un emploi. Définition de l’INSEE (chômage au sens du BIT) : « Le chômage représente l'ensemble des personnes de 15 ans et plus, privées d’emploi et en recherchant un » (depuis 2003, enquête réalisée en continu, résultats trimestriels).

Ministère du Travail (données Pôle emploi) : « personnes sans emploi, disponibles pour en occuper un et qui ont fait la démarche de s’inscrire à Pôle emploi » ; 5 catégories (A à E) correspondant à des personnes remplissant tout ou partie (activité réduite, maladie, contrats aidés…) des critères.

c) Chômage, emploi, inactivité et « halo » du chômage

L’essentiel. Taux de chômage = nombre de chômeurs / population active. Taux d’emploi = nombre d’actifs occupés / population en âge de travailler (Taux de non emploi = nombre de chômeurs / population en âge de travailler). Taux d’activité = nombre d’actifs / population en âge de travailler. Effets de flexion : variations du taux d’activité en fonction de la conjoncture (ex : effet d’appel lorsque la conjoncture est favorable).

« Halo » du chômage : personnes qui ne sont pas statistiquement au chômage (inactifs, actifs occupés) mais ayant néanmoins un statut à la frontière du chômage : chômeurs découragés, temps partiel subi, chômage partiel ou technique, « chômage déguisé » (emploi ‘aidé’, stages de formation, personnes officiellement inaptes au travail).

d) Des stocks aux flux : la dynamique du marché du travail

L’essentiel. Chômage = stock dont l’évolution résulte des flux d’emplois (créés – détruits) ; Flux (créations + destructions) = 7-8% du total des emplois en France (2 fois plus aux E-U  + grande fluidité). Vulnérabilité (probabilité de perte d’emploi) = mesure de la récurrence du chômage. Employabilité (pour un chômeur, probabilité de trouver un emploi) = mesure de la persistance du chômage. Chômage de longue durée (+ du 12 mois), de très longue durée (+ de 2 ans). Chômage d’insertion (1ère entrée), de conversion (perte d’un emploi stable), récurrent (emplois précaires), d’exclusion (faible employabilité).

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31/01/2020 08:32 2 II. Evolutions du chômage et de l’emploi depuis le XIXe siècle

1) Fluctuations économiques et chômage dans l’industrie au XIXe siècle

L’essentiel. Faiblesse structurelle dans le secteur agricole. Les mouvements ouvriers comme indice d’un certain chômage dans la 1ère moitié du XIXe : mouvement chartiste, mouvements luddistes (Angleterre dans les 1840’s, révolte des canuts lyonnais en 1831) ; semble important pendant les crises : « Bien que son ampleur échappe pour cette période à toute appréhension statistique, on sait qu’il frappe de plein fouet les industries les plus modernes et les plus dynamiques, comme l’industrie cotonnière, qui successivement aspirent et rejettent une main d'œuvre non qualifiée (l’ « armée de réserve industrielle » de Marx), selon les pulsions de l’activité économique. » (Asselain).

Quelques mesures partielles venant des syndicats ⇒ environ 5% en Angleterre entre 1851 et 1873 (proche de ce chiffre fin XIXe), 5% en moyenne aux E-U sur la période 1869-1873, pics importants pendant les crises (35% en 1908 parmi les ouvriers syndiqués de l’Etat de New York).

2) L’Entre-deux-guerres : du chômage structurel à la dépression

L’essentiel. Apparition d’un chômage structurel (persistant au-delà des fluctuations de la conjoncture) dans les années 1920 en Allemagne (4.5% sur la période 1922-1929, mais 10% dans l’industrie) et au R-U (7-8% sur la période 1922-1929, 11.4% dans l’industrie).

Opposition Keynes (1925, Les Conséquences économiques de M. Churchill : tendance déflationniste liée à la politique de retour à l’étalon-or) – Rueff (1925 : pouvoir des trade-unions et « politique de subsides aux chômeurs »). Taux de chômage faible aux E- U : 4.1% entre 1922 et 1929 (6.2% dans l’industrie). Chômage (conjoncturel et

structurel) dans les années 1930 : Allemagne (34.2% en 1932), E-U (de 3.1% en 1929 à 24.7% en 1933, toujours à 21.3% dans l’industrie en 1937) ; reste faible en France (chômage masqué) et au Japon ; retrouve un niveau faible au R-U à la veille de la 2GM.

3) Des trente glorieuses au retour du chômage structurel

Les trente glorieuses : un taux de chômage à 3%

L’essentiel. Plein-emploi pour les PD dès le début des années 1950 (3% à la fin des années 1950).

E-U : fluctuations importantes et moyenne plus élevée (entre 4 et 6%, inférieur à 4%

après 1966). Plus élevé également en Italie (5.5% entre 1950 et 1973). Taux les plus faibles : France (2% entre 1950 et 1973) et Japon (1.6% entre 1950 et 1973).

1974-1993 : augmentation et persistance du chômage

L’essentiel. Forte augmentation entre 1974 (6% dans les PD) et 1983 (8%). Réapparition d’un chômage structurel. Relative stabilisation sur la période 1983-1993 (6% en 1990). E-U : pic en 1983 (+ de 10%), décrue ensuite (5% en 1989). Forte augmentation en France : 3% en 1974, 7% en 1983, 9% en 1987.

1993-2007 : décrue en moyenne et diversité des évolutions

L’essentiel. Inférieur à 6% pour l'ensemble des pays de l’OCDE en 2007. Entre 1990 et 2000 : baisse aux E-U (de 8% à 4%), au R-U (de 10% à 5%), en Espagne, en Irlande ; reste élevé en France (+ de 10%) et en Allemagne (+ de 8%) ; augmentation au Japon (5% à la fin des années 1990).

La crise de 2008

L’essentiel. Pays de l’OCDE : de 6% en 2007 (4% aux E-U) à 9% en 2010 (10% aux E-U). Exception allemande : poursuite de la baisse amorcée en 2005. Diminution à partir de 2010 mais sans retour au niveau antérieur à la crise, sauf dans certains pays : France, Grèce (25%

en 2013), Espagne.

4) Les changements de nature de l’emploi et du chômage

L’essentiel. Disparités de taux de chômage selon l’âge, le sexe, la CSP, les régions. Tertiairisation, féminisation de l’emploi. Développement des formes particulières d’emploi

(« atypiques », « précaires »), notamment le temps partiel.

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31/01/2020 08:32 3 III. Les causes et explications du chômage

Introduction

L’essentiel. Chômage frictionnel. Chômage conjoncturel. Chômage structurel.

1) Fluctuations conjoncturelles et chômage

a) Equilibre de sous-emploi chez Keynes et au sein du courant de la synthèse

L’essentiel. Chômage involontaire. Hausse de la demande ⇒ baisse du chômage, effets d’autant plus faibles qu’on se rapproche du plein-emploi (⇒ courbe de Phillips). Chômage = phénomène purement macroéconomique ; rejet d’un raisonnement en termes de marché du travail (le chômage n’est pas un chômage structurel dû à des rigidités).

b) La loi (empirique) d’Okun

Evolution de l’outgap et évolution du taux de chômage

L’essentiel. Output gap (outgap, écart de production) = PIB effectif – PIB potentiel. Okun (1962) : relation empirique entre l’écart de production et l’écart de chômage. Etats-Unis de 1949 à 2009 : hausse de l’outgap (récession) de 2 points ⇒ baisse de l’écart de chômage de 1 point (soit coefficient d’Okun = 0.5).

Des facteurs limitant l’influence de la conjoncture sur le chômage

L’essentiel. Evolution procyclique de la productivité du travail (d’autant plus forte que la

flexibilité quantitative externe est faible et que la flexibilité quantitative interne est forte). Effet de flexion.

Variabilité du coefficient d’Okun dans l’espace (et dans le temps) 2) Rigidités et chômage structurel

a) L’analyse standard du marché du travail

Courbe d’offre, courbe de demande et équilibre du marché du travail en concurrence parfaite

L’essentiel. Equilibre du marché du travail : rencontre offre de travail (arbitrage travail-loisir) et demande de travail (salaire réel = productivité marginale). Salaire d’équilibre

(« walrasien ») = salaire qui apure le marché (O(w/p)=D(w/p)).

Chômage volontaire et rigidités exogènes

L’essentiel. Salaire d’équilibre (« walrasien ») ⇒ toute offre de travail est satisfaite ⇒ l’apparition d’un ‘chômage’ est nécessairement de nature volontaire (rôle des allocations chômage).

Rigidités exogènes (pouvoir des syndicats, réglementation…) de salaire (salaire minimum…), de l’offre ou de la demande de travail (contrats de travail…) ⇒ déséquilibres du marché.

Le chômage naturel

L’essentiel. Friedman, M. (1968), "The Role of Monetary Policy". Chômage naturel = « niveau de chômage qui émergerait d’un système d’équilibre général walrassien, si on incorporait à ce système les caractéristiques structurelles réelles des marchés du travail et des biens, comme l’imperfection des marchés, le caractère aléatoire des offres et demandes, les coûts d’acquisition d’information sur les emplois vacants, les coûts de mobilité, etc ».

b) Les rigidités endogènes et chômage involontaire

Prémices : l’équilibre général à prix fixes (théorie des équilibres non-walrasiens ou théorie du déséquilibre)

L’essentiel. Clower R. (1965), "The Keynesian Counter-Revolution: A Theoretical Appraisal" et Leijonhufvud (1967), "Keynes and the Keynesians: A Suggested Interpretation". Théorie du déséquilibre : Barro R.J. et H.I. Grossman (1971), "A General Disequilibrium Model of Income and Employment », Benassy J.P. (1975), "Neo-Keynesian disequilibrium theory

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in a monetary economy", Malinvaud E. (1980 [1977]), Réexamen de la théorie du chômage. Chômage keynésien (contrainte de débouchés) : insuffisance de la demande solvable sur le marché des B&S ⇒ licenciements (excès d’offre sur le marché du travail).

Chômage classique (contrainte de rentabilité) : salaire réel (coût de production) trop élevé ⇒ insuffisance de l’offre sur le marché des B&S et insuffisance de la demande de travail.

Les imperfections du marché du travail et le chômage d’équilibre : présentation générale

L’essentiel. Nouveaux keynésiens. Cadre : imperfections de marchés, fondements

microéconomiques (homoeconomicus) des déséquilibres macroéconomiques ⇒ rigidités endogènes ⇒ persistance d’un salaire réel au-dessus du salaire d’équilibre « walrasien »

⇒ « chômage d’équilibre » (origine : Phelps (1967)).

Le salaire d’efficience (une hausse du salaire augmente la productivité)

L’essentiel. Origine = Leibenstein (1957) dans le cas des PVD. Cadre général (Solow R. (1979),

« Another Source of Wage Stickiness », Journal of Macroeconomics) : asymétrie

d’information, la production dépend de l’effort (non observable) du salarié qui lui-même dépend du salaire : Y = F(e(w).L) ; programme du producteur : Max π = p.F(e(w).L) – w.L . L’embauche d’un chômeur (à un salaire + faible que le salaire en vigueur dans l’entreprise) abaisserait le coût du travail mais « abaisserait la productivité de tous les salariés déjà en poste. L’hypothèse de salaire d’efficience explique ainsi le chômage involontaire » (Yellen (1984)). 5$ a day (Ford). Pourquoi la firme a intérêt à verser un salaire au-dessus du salaire de réservation : 1) Limiter l’aléa moral : le problème du ‘tire au flanc’ (Shapiro C. et J. Stiglitz (1984), « Equilibrium Unemployment as a Discipline Worker Device », American Economic Review) ; 2) Améliorer la performance dans une logique d’« échange de dons » : fairness (salaire ‘équitable’) ⇒ réciprocité (effort

‘équitable’) (Akerlof G. (1982), « Labour Contracts as a Partial Gift Exchange ») (expériences (Fehr et al. (1993)) ⇒ corrélation positive entre effort et salaire).

Autres approches des rigidités endogènes sur le marché du travail La théorie insiders / outsiders (Lindbeck et Snower (1988))

L’essentiel. Salaire des insiders = w* + c, donc au-dessus du salaire qui apure le marché (salaire d’équilibre walrasien w*), avec c = coûts de remplacement de la main d'œuvre (coûts de licenciement, de formation…).

La théorie des contrats implicites (Azariadis (1975))

L’essentiel. Azariadis, C. (1975). "Implicit contracts and underemployment equilibria" in Journal of Political Economy. Hypothèses : les évolutions de salaire (en fonction de la conjoncture) ne sont pas explicitées au moment de l’embauche, le salarié est adverse au risque, l’employeur est neutre (ou faiblement adverse) au risque. Contrat implicite  contrat d’assurance pour le salarié : pas (ou peu) de diminution du salaire en cas de chute de l’activité (⇒ au niveau macroéconomique : w > w*, donc chômage).

c) Le modèle WS / PS : salaire réel et chômage d’équilibre en concurrence imparfaite (Layard R. et S. Nickell (1986), Layard R., Nickell S. et R. Jackman (1991)).

Marché du travail, Marché des B&S, Pouvoirs de marché, Chômage d’équilibre

L’essentiel. Les salariés sont price-maker sur le marché du travail ; la courbe WS (Wage-Setting) est décroissante : hausse du taux de chômage (↑U) ⇒ baisse du salaire nominal et, pour des prix donnés, du salaire réel (↓w/p). Les entreprises sont price-maker sur le marché des B&S (comportement de marge) ; la courbe PS (Price-Setting) est croissante :

conjoncture défavorable ⇒ hausse du chômage (↑U) ⇒ compression des marges (↓p) et, à salaire nominal donné, hausse du salaire réel (↑w/p). Point de rencontre de WS et de PS ⇒ chômage d’équilibre (U*) et salaire réel d’équilibre (w/p*).

Les évolutions du chômage d’équilibre (déplacements de PS et WS)

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L’essentiel. Baisse de la rentabilité des entreprises (augmentation du prix des consommations

intermédiaires, des prélèvements obligatoires…) ⇒ déplacement de PS vers la droite ⇒ hausse de U*. Exigences accrues des salariés (hausse des indemnisations chômage, renforcement du pouvoir syndical…) ⇒ déplacement de WS vers la droite ⇒ hausse de U*.

d) La prise en compte de l’appariement entre chômeurs et postes vacants

« Search and matching » (le modèle DMP – Diamond-Mortensen-Pissarides)

L’essentiel. Diamond (1981), Mortensen (1982), Pissarides (1979). Comportement optimal de recherche (« search ») d’emploi (chômeurs) et d’employés (entreprises cherchant à pourvoir des emplois vacants) sur un marché caractérisé par des « frictions » (information imparfaite). La fonction d’appariement (« matching ») détermine le nombre d’emplois créés (donc le taux de chômage d’équilibre) en fonction des efforts de recherche fournis par les chômeurs et les entreprises et de caractéristiques du marché du travail déterminant l’efficacité de l’appariement.

La courbe de Beveridge

L’essentiel. Relation inverse entre taux de chômage (nb de chômeurs / population active ; en abscisses) et taux d’emplois vacants (nb d’emplois vacants / (nb d’emplois vacants + nb d’emplois occupés) ; en ordonnées). Déplacement le long de la courbe  évolutions du chômage conjoncturel. Déplacement de la courbe  évolution de l’efficacité de l’appariement (Blanchard et Diamond (1989)).

Les déplacements de la courbe de Beveridge depuis les années 1960

L’essentiel. Déplacement vers la droite des années 1960 aux années 1980 dans les pays de

l’OCDE. Déplacement vers la gauche des années 1980 au début des années 2000 aux Etats-Unis. Déplacement vers la gauche en Allemagne depuis le milieu des années 2000.

Chômage d’équilibre, chômage de prospection, chômage d’inadéquation et enjeux en termes de politiques d’emploi

L’essentiel. Le chômage d’équilibre dans le modèle DMP : point de rencontre de la courbe de Beveridge et de la courbe d’offre d’emplois vacants. Chômage de prospection = chômage frictionnel, pouvant être interprété comme du chômage volontaire. Chômage d’inadéquation = chômage structurel dû à une inadéquation qualitative entre offre et demande de travail ; involontaire ; peut provenir de chocs (ouverture à la concurrence, choc technologique…) et de contraintes institutionnelles (système de formation défaillant, service de l’emploi défaillant…). Effets de l’assurance chômage : augmente le chômage de prospection mais peut diminuer le chômage d’inadéquation (Acemoglu D.

et R. Shimer (1999), « Efficient Unemployment Insurance », Journal of Political Economy).

3) Du chômage conjoncturel au chômage structurel : l’effet d’hystérèse.

L’essentiel. Hystérèse  effet persistant alors que sa propre cause a disparu. Phelps (1972) : le NAIRU est fonction des valeurs passées du taux de chômage effectif (NAIRU ≠ chômage

‘naturel’). Blanchard, O.J. and L. H. Summers (1986). "Hysteresis and the European Unemployment Problem". Blanchard et Summers (1987) : « Le ralentissement des gains de productivité et des prix du pétrole à la hausse peuvent expliquer les années 1970, mais il existe peu de chocs défavorables permettant d’expliquer le doublement du taux de chômage [en Europe] au cours des années 1980 ». Hausse du chômage effectif ⇒ hausse du chômage d’équilibre ; causes : détérioration du capital humain, rôle des insiders.

4) Mutations structurelles et institutionnelles et chômage (structurel) a) Progrès technique et mondialisation

Progrès technique et emploi

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31/01/2020 08:32 6 Les enseignements traditionnels de l’analyse économique

L’essentiel. Effets d’une hausse de la productivité : niveau microéconomique, niveau

macroéconomique à court-moyen terme (rôle du partage des gains de productivité : baisse de prix, hausse de salaires, hausse de profit ; chômage d’inadéquation), à (très) long terme (productivité source de croissance). Sauvy (1980), La Machine et le chômage (déversement).

La récente ‘robotisation’ donne-t-elle raison aux luddites (la fin du travail) ?

L’essentiel. Frey et Osborne (2013), « The Future of Employment: How Susceptible are Jobs to

Computerization? » : 47% des emplois aux Etats-Unis auraient une probabilité élevée d’être automatisés. Arntz M., Gregory T. et Zierahn U. (2016), « The Risk of Automation for Jobs in OECD Countries » : 9% des emplois dans les 21 pays de l’OCDE.

Le rôle de la mondialisation (rappels)

L’essentiel. Contenu en emploi des importations. Délocalisations. Effets positifs sur le pouvoir d’achat et redéploiement de la demande. Choc de réallocation (évolution de la spécialisation) et chômage d’inadéquation. Concurrence accrue et innovation.

b) Les déterminants du coût du travail

Le rôle du salaire minimum

L’essentiel. Clark (1913), “The Minimum Wage” : ”we can be sure, without further testing [….]

that raising the rates of wage will itself, and in the absence of any new demand for labor, lessen the number of workers employed”. Effet attendu dans le cadre néo- classique standard : hausse du chômage. Effets observés très contrastés. Etats-Unis : baisse de 30% du salaire minimum en termes réels entre la fin des années 1960 et la fin des années 1980, +16% entre 1989 et 1991 ⇒ pas d’impact observable sur le chômage.

R-U : salaire minimum national en 1999, +33% en termes réels entre 2000 et 2007 ⇒ pas d’impact significatif. Card et Krueger (1994) : pas d’effet négatif sur l’emploi de

l’augmentation du salaire minimum dans le New Jersey en 1992. Arguments théoriques en faveur du salaire minimum : effet positif sur la productivité (salaire d’efficience), cas d’un pouvoir de monopsone. Webb (1912), “The Economic Theory of a Legal Minimum Wage”, Journal of Political Economy. Eventualité d’un effet de seuil.

Le coin fiscal

L’essentiel. Coin fiscal = Coût du travail pour l’employeur – Salaire net de tous les prélèvements.

Effet attendu dans un cadre néo-classique standard : ↑ Coin fiscal ⇒ ↓ Emploi. Etude OCDE (2006) sur 1982-2003 : +10% pour le coin fiscal ⇒ +2.8 points pour le taux de chômage. Autres études amenant à des résultats + contrastés. Possibilité d’un effet de compensation : ↑ Coin fiscal ⇒ ↓ Salaire net.

Le rôle des syndicats et des modalités de négociations salariales

L’essentiel. Cadre néo-classique standard : Présence syndicale ⇒ Pouvoir de monopole ⇒ Salaires élevés ⇒ Chômage. Pas de relation statistique systématique entre taux de

syndicalisation et pression salariale ; rôles : 1) du degré de centralisation de la négociation (courbe en cloche), 2) du degré de coordination entre les acteurs.

c) Le rôle de l’indemnisation du chômage et de la protection de l’emploi

L’indemnisation : effets désincitatifs contre qualité de l’appariement et soutien de la consommation

L’essentiel. Effets négatifs théoriques : effets désincitatifs sur l’offre (Rueff), hausse du chômage de prospection. Effets positifs théoriques : stabilisateurs automatiques, amélioration de la qualité de l’appariement. Critères de définition de la générosité d’un système d’indemnisation : taux de couverture (part des chômeurs indemnisés), taux de remplacement (allocation versée / salaire), durée d’indemnisation, contraintes imposées (‘emplois acceptables’… ⇒ probabilité de radiation). Etudes

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macroéconomiques : Forte générosité ⇒ Fort chômage ; mais problème de sens de causalité. Etudes microéconomiques : ↓ Générosité ⇒ ↓ durée du chômage ; problème : durée optimale du chômage non nécessairement égale à zéro.

Les effets du degré de protection de l’emploi sur le chômage et l’emploi

L’essentiel. Effets théoriques incertains : moindre flexibilité (quantitative externe) ⇒ embauches

moindres en période d’expansion mais licenciements moindres en période de récession

⇒ simple effet de lissage ? Effets négatifs sur la ‘destruction créatrice’ ? Effets positifs de la protection : baisse du turn-over, pertes de capital humain dues au chômage…

Problèmes de mesure (indicateur synthétique de l’OCDE : échelle de protection de 0 à 6). Pas de relation entre protection et taux de chômage. ↑ Protection ⇒ ↑ Durée du chômage (moindre fluidité), ↑Flexibilité interne, ↑ Emploi temporaires.

d) La complémentarité institutionnelle, l’interaction avec les chocs macroéconomiques et les systèmes nationaux

L’essentiel. Nickell (1997). Blanchard et Wolfers (2000), 20 pays de l’OCDE, 1960-1996 : les différences institutionnelles n’expliquent pas en elles-mêmes les différences de taux de chômage mais en interaction avec les chocs macroéconomiques ; au contraire, Nickell, Nunziata et Ochel (2005) : les évolutions des institutions du marché du travail

expliquent la majorité de la croissance du chômage en Europe entre le début des années 1960 et le milieu des années 1990. Les systèmes nationaux (Esping-Andersen (1999), Les Trois monde de l’Etat-providence) impliquent des modes d’accès à l’emploi différents : modèle conservateur-corporatiste (⇒ chômage élevé des femmes et des jeunes, segmentation insiders / outsiders marquée), modèle social-démocrate (flexicurité), modèle libéral.

IV Les politiques de lutte contre le chômage 1) Les politiques conjoncturelles

L’essentiel. Politiques de relance et lutte contre le chômage conjoncturel. Un argument supplémentaire : les effets d’hystérèse.

2) Les politiques du marché du travail

L’essentiel. Définition de l’OCDE : « Les politiques du marché du travail comprennent les services public de l’emploi, les programmes de formation, de subvention à l’embauche et la création directe d’emploi dans le secteur public, ainsi que l’indemnisation du chômage ».

a) Politiques actives et passives : définitions

L’essentiel. Mesures passives : indemnisation chômage et dispositifs de préretraite.

b) Différences selon les pays

L’essentiel. Pays anglo-saxons : politique du marché du travail résiduelle. Pays scandinaves : rapport (dépenses publiques d’emploi / PIB) élevé.

c) Evolution depuis les années 1980 : la place croissante des mesures actives

L’essentiel. La place décroissante des mesures passives (France : 71% des dépenses en 1985, 58%

en 2008). Parmi les dépenses actives : place croissante des dépenses de formation (critique de James Heckman), des aides à l’embauche dans le secteur privé (effets d’aubaine, de substitution, d’éviction), de l’aide à la recherche d’emploi (politique du

‘guichet unique’) et des incitations à la reprise d’emploi (PARE en France à partir de 2001…).

3) Les politiques transversales

a) L’action du côté de la demande de travail : encourager la création d’emplois

Abaisser le coût du travail

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L’essentiel. Baisses de cotisations sociales, principalement sur les bas salaires. France : Balladur

en 1993, Aubry en 1998, réduction ‘Fillon’ en 2003, CICE en 2013.

La réduction du temps de travail

L’essentiel : la loi sur les 35 heures.

b) Actions du côté de l’offre : l’incitation au travail

L’essentiel. L’argument de la trappe à inactivité (prestations sociales). ‘Making work pay’. Crédits d’impôt pour les détenteurs d’emploi : Earned Income Tax Credit (E-U), Working Tax Credit (R-U), Prime pour l’emploi (France, 2001).

c) flexibiliser le marché du travail

L’essentiel. Flexibilisation dans les pays anglo-saxons. France : suppression de l’autorisation administrative de licenciement (1986). Limite : effet de lissage. Développement des formes particulières d’emploi. Réformes Hartz en Allemagne (2003-2005). La flexicurité : Pays-Bas et Danemark ; Stratégie européenne pour l’emploi (1997) ; France : rupture conventionnelle (2008) et loi sur la sécurisation de l’emploi (2013).

Références

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