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LE CHÔMAGE : ÉVOLUTION ET ANALYSE

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(1)

LE CHÔMAGE : ÉVOLUTION ET ANALYSE

Cours d’Economie, Sociologie et Histoire du monde contemporain

Jérôme Villion

3/7/22 05:25:33 PM

(2)

Mutations de l’emploi depuis 1990 : féminisation, tertiairisation, élévation des qualifications, rupture dans la salarisation,

précarisation

Mutations de l’emploi depuis 1990 : féminisation, tertiairisation, élévation des qualifications, rupture dans la salarisation,

précarisation

Source : XerfiCanal, 12/06/2012, (vidéo 04:30)

(3)

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (1/4)

(Source : DARES (2017))

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (1/4)

(Source : DARES (2017))

(4)

« [L]’hypothèse d’un « progrès technique biaisé » bénéficiant aux plus qualifiés ne suffit pas à elle seule à expliquer

l’évolution de la structure de l’emploi par qualifications. Plus récemment, l’hypothèse de « polarisation » a été avancée : les métiers « routiniers » auraient tendance à disparaître, plus facilement remplacés par des machines, les qualifications se polarisant avec d’un côté des métiers très qualifiés et de l’autre des métiers peu qualifiés de « services », difficilement remplaçables par des machines. »

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (2/4)

(Source : DARES (2017))

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (2/4)

(Source : DARES (2017))

(5)

« En partie portés par le dynamisme des métiers de cadres et professions intellectuelles supérieures, ce sont les niveaux de diplôme les plus élevés qui se sont le plus développés. »

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (3/4)

(Source : DARES (2017))

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (3/4)

(Source : DARES (2017))

(6)

Rq : « la baisse tendancielle de la part globale du travail indépendant peut masquer le développement rapide, mais à un niveau encore modeste et dans certains métiers spécifiques, de nouvelles formes d’emploi reposant sur l’utilisation de plateformes numériques par des travailleurs non-salariés. »

- « Les jeunes essentiellement sont concernés par le développement de ces formes particulières d’emploi. » - « En termes de métiers, ensuite, l’intérim s’est

particulièrement développé dans les métiers d’ouvriers non qualifiés de la construction et de l’industrie. »

- « Dans les métiers du tertiaire, et plus particulièrement dans ceux du commerce et des services aux particuliers, la flexibilité est davantage assurée par les contrats à durée déterminée, stages et contrats aidés.

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (4/4)

(Source : DARES (2017))

« Comment ont évolué les métiers depuis 30 ans ? » (4/4)

(Source : DARES (2017))

(7)

Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi et Chômeurs au sens du BIT

(sources : DARES et Insee)

Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi et Chômeurs au sens du BIT

(sources : DARES et Insee)

En moyenne sur le troisième trimestre 2018, le taux de chômage au sens du BIT est de 9,1 % de la population active en France (hors Mayotte), comme au deuxième trimestre 2018. Il se situe 0,5 point au-dessous de son niveau du troisième trimestre 2017.

En France métropolitaine, le nombre de chômeurs augmente de 22 000 au troisième trimestre, à 2,6 millions de

personnes ; le taux de chômage est stable à 8,8 % de la population active. Le taux de chômage augmente pour les jeunes, en particulier les hommes de 15 à 24 ans (+1,0 point). Il est stable pour les personnes de 25 à 49 ans et diminue un peu pour celles de 50 ans ou plus.

(8)

Le classement en grandes catégories d’activité au sens du BIT

(Source : Cabannes P.-Y. et Roth N. (2015), « Les chômeurs », Ecoflash n°300, septembre 2015)

Le classement en grandes catégories d’activité au sens du BIT

(Source : Cabannes P.-Y. et Roth N. (2015), « Les chômeurs », Ecoflash n°300, septembre 2015)

(9)

Personnes dans le halo autour du chômage en France (Insee) Personnes dans le halo autour du chômage en France (Insee)

En France métropolitaine, parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,5 million souhaitent un

emploi sans être considérées au chômage au sens du BIT. Elles constituent le halo autour du chômage :

1) En recherche active d'un emploi dans le mois précédent, et non disponibles pour travailler dans les

deux semaines, 2) Pas de recherche active d'emploi dans le mois précédent, souhaitant un emploi et

disponibles pour travailler dans les deux semaines, et 3) Pas de recherche active d'emploi dans le mois

précédent, souhaitant un emploi et non disponibles pour travailler dans les deux semaines

(10)

Des frontières floues entre emploi, chômage et inactivité

(Source : Gautié J., Le chômage, Repères, La Découverte.)

Des frontières floues entre emploi, chômage et inactivité

(Source : Gautié J., Le chômage, Repères, La Découverte.)

(11)

2003T1 2003T4

2004T3 2005T2

2006T1 2006T4

2007T3 2008T2

2009T1 2009T4

2010T3 2011T2

2012T1 2012T4

2013T3 2014T2

2015T1 2015T4

2016T3 2017T2

2018T1 1,000

1,100 1,200 1,300 1,400 1,500 1,600 1,700 1,800 1,900

Personnes en situation de sous-emploi en France (milliers, Insee) Personnes en situation de sous-emploi en France (milliers, Insee)

Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus

En France métropolitaine, parmi les personnes actives occupées au sens du BIT, 1,5 million souhaitent travailler davantage sans être considérées au chômage au sens du BIT. Elles constituent le sous-emploi : 1) Temps partiel, souhait de travailler plus d'heures, disponible pour le faire et à la recherche d'un

autre emploi, 2) Temps partiel, souhait de travailler plus d'heures, disponible pour le faire mais sans

recherche d'un autre emploi, et 3) Temps plein, ou temps partiel (autre que les deux cas précédents),

en situation de chômage technique ou partiel.

(12)

Taux de chômage selon le niveau de diplôme et la durée depuis la sortie de formation initiale (2017, France hors Mayotte, en %) Sortis depuis 1 à 4 ans

de formation initiale

Sortis depuis 5 à 10 ans de formation initiale

Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale

Ensemble Sans diplôme, CEP,

brevet des collèges

48,4 37,4 14,0 17,0

Baccalauréat, CAP, BEP 24,1 15,1 7,6 10,0

Baccalauréat + 2 ou plus 8,8 5,1 4,2 5.2

Ensemble 17,8 12,0 7,6 9,4

Taux de chômage selon le sexe et l’âge (2018-T3, France métropolitaine, en %)

Hommes Femmes Ensemble

15 / 24 ans 25 / 49 ans 50 ans ou plus

22,4 7.9 6.3

18,4 8,7 6.0

20,6 8.2 6.3

Ensemble 8.8 8,7 8,8

Taux de chômage de longue durée selon le sexe et l’âge (2018-T3, France métropolitaine, en %)

Hommes Femmes Ensemble

15 / 24 ans 25 / 49 ans 50 ans ou plus

4,7 3,3 3,8

4,1 3,2 3,1

4,4 3,3 3,5 Ensemble des 15 ans

ou plus

3,6 3,2 3,4

Quelques caractéristiques du chômage (France, Insee)

Quelques caractéristiques du chômage (France, Insee)

(13)

1982

1984

1986

1988

1990

1992

1994

1996

1998

2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014 0.0

5.0 10.0 15.0 20.0 25.0 30.0 35.0

CDD et contrats saisonniers (public et privé) Apprentis Intérimaires Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus.

Source : Insee, enquêtes Emploi

Part des formes particulières d’emploi dans l’emploi des 15-24 ans

(Source : Cabannes P.-Y. et Roth N. (2015), « Les chômeurs », Ecoflash n°300, septembre 2015)

Part des formes particulières d’emploi dans l’emploi des 15-24 ans

(Source : Cabannes P.-Y. et Roth N. (2015), « Les chômeurs », Ecoflash n°300, septembre 2015)

(14)

Le taux de chômage aux Etats-Unis (1869 – 2009)

Le taux de chômage aux Etats-Unis (1869 – 2009)

(15)

Le taux de chômage aux Etats-Unis depuis 1948 Le taux de chômage aux Etats-Unis depuis 1948

Source : Bureau of Labor Statistics

(16)

1950-1973 1974-1983 1984-1993 1994-2000 2001-2007 2008-2010 2011-2017

France 2,0 5.7 10 11,7 8,6 8,6 9,9

Allemagne 2.5 4.1 6.2 8,8 9,6 7,3 4,9

Italie 5.5 7.2 9.3 10,9 7,8 7,6 11,2

Espagne 2.9 9.1 19.4 17,6 10,0 16,3 22,2

Royaume-

Uni 2.8 7,0 9.7 7,1 5,0 7,0 6,3

Etats-Unis 4.6 7.4 6.7 5.0 5,2 8,2 4,4

Japon 1.6 2.1 2.3 3.8 4,7 4,7 3,7

Le taux de chômage dans les pays développés Le taux de chômage dans les pays développés

Source : OCDE (taux de chômage harmonisés)

(17)

Le taux de chômage dans quelques pays développés Le taux de chômage dans quelques pays développés

févr-48 févr-50

févr-52 Févr-1954

Févr-1956 Févr-1958

Févr-1960 Févr-1962

Févr-1964 Févr-1966

Févr-1968 Févr-1970

Févr-1972 Févr-1974

Févr-1976 Févr-1978

Févr-1980 Févr-1982

Févr-1984 Févr-1986

Févr-1988 Févr-1990

Févr-1992 Févr-1994

Févr-1996 Févr-1998

Févr-2000 Févr-2002

Févr-2004 Févr-2006

Févr-2008 Févr-2010

Févr-2012 févr-2014 0.0

2.0 4.0 6.0 8.0 10.0 12.0

États-Unis Japon Royaume-Uni France Allemagne

(18)

Diversité des évolutions du chômage dans les pays développés depuis 1979 Diversité des évolutions du chômage dans les pays développés depuis 1979

1979 1981

1983 1985

1987 1989

1991 1993

1995 1997

1999 2001

2003 2005

2007 2009

2011

2013 2015

2017 2019 0.0

2.0 4.0 6.0 8.0 10.0 12.0 14.0

France Allemagne Italie Japon Royaume-Uni États-Unis

OCDE - Total

(19)

Le taux de chômage structurel (NAIRU, OCDE) Le taux de chômage structurel (NAIRU, OCDE)

1970 1972

1974 1976

1978 1980

1982 1984

1986 1988

1990 1992

1994 1996

1998 2000

2002 2004

2006 2008

2010 2012

2014 2016 0

2 4 6 8 10 12

France Allemagne Japon

Royaume-Uni États-Unis

Zone euro (15 pays)

(20)

La crise de 2008 et le chômage dans le monde

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013, p.16)

La crise de 2008 et le chômage dans le monde

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013, p.16)

6.2% de la population active

au chômage en 2009

197.3 millions de chômeurs en

2012

(21)

Loi d’Okun aux Etats-Unis (1949-2009) Loi d’Okun aux Etats-Unis (1949-2009)

Source : Daly et Hobijn (2010), « Okun’s law and the Unemployment Surprise of 2009 » +2

Une augmentation de 2% de l’écart de production (la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle) s’accompagne (en moyenne) d’une diminution de 1% de l’écart de chômage (le chômage effectif diminue plus que le chômage d’équilibre)

Une augmentation de 2% de l’écart de production (la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle) s’accompagne (en moyenne) d’une diminution de 1% de l’écart de chômage (le chômage effectif diminue plus que le chômage d’équilibre)

(22)

La crise de 2008 et le coefficient d’Okun dans quelques pays de l’OCDE

(rapport de l'augmentation du taux de chômage sur la diminution du PIB entre un pic et un creux)

La crise de 2008 et le coefficient d’Okun dans quelques pays de l’OCDE

(rapport de l'augmentation du taux de chômage sur la diminution du PIB entre un pic et un creux)

Source : OCDE (2010), « Sortir de la crise de l’emploi » in Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2010.

Moyenne historique

Moyenne historique Période T3-2008 – T2-2009

(23)

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (1)

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (1)

Contrainte budgétaire :

Fonction objectif :

Valeur de la consommation

Valeur de la

consommation Valeur des revenus

(non salariaux + salariaux) Valeur des revenus (non salariaux + salariaux)

Niveau de consommation

Niveau de

consommation Niveau de loisir Niveau de loisir

C L L

U , 

wL R

pC0

(24)

Le taux marginal de substitution de la consommation au loisir

est égal au salaire réel Le taux marginal de

substitution de la consommation au loisir

est égal au salaire réel

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (2)

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (2)

L LC

L p

R

0

p

R L

w

0

(25)

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (3)

Effet d’une hausse du salaire réel

Offre de travail : l’arbitrage travail/ loisir (3)

Effet d’une hausse du salaire réel

E

i

E’

E

f

Effet de

substitution : ↑L et

↑C Effet de

substitution : ↑L et

↑C Effet – revenu :

↓L et ↑C Effet – revenu :

↓L et ↑C

L LC

L

p R L

w

1

0

p

R L

w

2

0

(26)

Demande de travail : maximisation du profit Demande de travail : maximisation du profit

¿max

=. .

��� �¿=(¿)

¿ ¿¿

(

) = 0 ❑

.

(

) = 0

���

=

En concurrence parfaite, prix (p) et salaire (w) sont donnés

A court terme, le stock de capital est fixe : la quantité de travail (L) est la seule variable de la fonction de production (F)

La productivité marginale du travail (PmL = F’(L)) est

supposée décroissante L’entreprise a intérêt (son profit

augmente) à :

- embaucher tant que - licencier tant que

La quantité de travail (L*)

qui maximise le profit est

telle que la productivité

marginale du travail est

égale au salaire réel

(27)

L’équilibre du marché du travail : l’analyse standard L’équilibre du marché du travail : l’analyse standard

Salaire réel

Emploi Offre de

travail

Demande de travail (PmL) w

CPP

w

1

L

CPP

L

1

Chômage pour w

1

(28)

Equilibre général non walrasien : les types principaux d’équilibre

Source : d’après Malinvaud E. (1980), Réexamen de la théorie du chômage

Equilibre général non walrasien : les types principaux d’équilibre

Source : d’après Malinvaud E. (1980), Réexamen de la théorie du chômage

Marché des biens

Excès d’offre Excès de demande

Marché du travail

Excès d’offre Chômage keynésien Chômage classique

Excès de demande Inflation contenue

Notes :

1) En cas d’excès d’offre (resp. de demande), les offreurs (resp. les demandeurs) sont du « côté long » : il subissent donc un rationnement.

2) D’autres appellations apparaissent parfois : « déflation contenue » pour le chômage keynésien, « stagflation contenue » pour le chômage classique et « économie de pénurie » pour l’inflation contenue.

3) Le cas correspondant à un excès d’offre sur le marché des biens et un excès de demande sur le marché du travail est généralement considéré comme peu pertinent : bien qu’elles ne parviennent pas à écouler toute leur production sur le marché des biens (il y a « sous-consommation »), les entreprises souhaiteraient embaucher davantage.

(29)

On suppose que les salariés ont la possibilité de moduler leur effort. En l’absence de contrôle, parce qu’ils maximisent leur utilité et que l’effort génère de la désutilité, ils fournissent un effort limité. Contrôler tous les salariés pour les amener à un effort plus important serait trop coûteux pour l’entreprise. Elle a alors intérêt à procéder à un contrôle aléatoire et à licencier les tire-au-flanc. Cette procédure est cependant inutile lorsque le marché du travail est au plein-emploi et que le salaire est le même partout : le salarié licencié retrouve une place rémunérée de la même façon ailleurs. Pour maximiser son profit, l’entreprise doit donc augmenter ses salaires en versant une prime qui compense la désutilité liée au surcroît d’effort. Si toutes les entreprises procèdent ainsi, le salaire réel de l’économie augmente et un chômage involontaire apparaît. Ici, l’incitation à l’effort s’explique donc par la crainte de perdre son emploi. Aucun salarié ne tire plus au flanc tant que les entreprises maintiennent des contrôles sporadiques et un salaire au niveau du salaire d’efficience. Enfin, la hausse des allocations chômage incite les entreprises à augmenter le salaire d’efficience pour maintenir le niveau d’effort.

Salaire d’efficience : le modèle du « tire-au-flanc » (Shapiro et Stiglitz (1984))

(Source : Allain O. (2017), « Les postérités de Keynes. 1. La nouvelle économie keynésienne », Ecoflash n°316, mars 2017 )

Salaire d’efficience : le modèle du « tire-au-flanc » (Shapiro et Stiglitz (1984))

(Source : Allain O. (2017), « Les postérités de Keynes. 1. La nouvelle économie keynésienne », Ecoflash n°316, mars 2017 )

(30)

Salaire d’efficience et Jeu de la réciprocité

Des résultats expérimentaux conformes au modèle d’ « échange de dons » d’Akerlof (1982)

Salaire d’efficience et Jeu de la réciprocité

Des résultats expérimentaux conformes au modèle d’ « échange de dons » d’Akerlof (1982) Etape 1 : L’employeur

fixe un salaire 0 € < w < 10€

Etape 2 : Le salarié choisit un niveau d’effort

0 < e < 10

Employeur Salarié Gains

(en €) G

E

= 3

x

e - w G

S

= w – 0.25

x

e

Prédiction théorique Valeurs observées w = 0

e = 0

G

E

= G

S

= 0

w = 5 e = 3

G

E

= 4 et G

S

= 4.25

Source : Eber et Willinger (2005), L’Economie expérimentale

Source : Fehr et al. (1993), « Does fairness prevent market clearing? An experimental investigation »

(31)

Le modèle WS – PS (Layard R., Nickell S. et R. Jackman (1991)) Le modèle WS – PS (Layard R., Nickell S. et R. Jackman (1991))

Déplacements le long des courbes

- PS croissante : ↑U (récession) => ↓ marges des firmes (↓p) => ↑ w/p

- WS décroissante : ↑U => ↓ pouvoir de négociation des salariés => ↓ w => ↓ w/p Déplacements des courbes

- Tout facteur augmentant le pouvoir de marché des firmes ou diminuant leur rentabilité déplace PS vers la droite

- Tout facteur augmentant le pouvoir de marché des salariés ou diminuant l’incitation au

travail déplace WS vers la droite

(32)

Modèle WS – PS : enjeux en termes de politique d’emploi Modèle WS – PS : enjeux en termes de politique d’emploi

« [D]ans le modèle WS-PS, les cotisations sociales portant sur les salaires, le salaire minimum, le pouvoir des syndicats, la protection de l’emploi, la générosité des allocations chômage ou des prestations sociales augmentent, toutes choses égales par ailleurs, à la fois le salaire et le taux de chômage d’équilibre. Les politiques « actives » de l’emploi (par exemple la formation, l’aide à la recherche d’emploi des chômeurs)

(1)

tendent au contraire à les réduire.

Ce modèle conduit ainsi à recommander une dérégulation du marché du travail, et a largement été utilisé pour fonder les recommandations de politique économique de l’OCDE du début des années 1990 à aujourd’hui.

Dans ses développements récents, il inclut le principe d’interactions entre les institutions : par exemple, une indemnisation du chômage généreuse peut ne pas avoir d’effets défavorables sur l’emploi si elle s’accompagne de politiques actives de retour à l’emploi, cette situation renvoyant en pratique au cas emblématique de la « flexicurité » danoise. »

(1) Ces politiques renvoient plus globalement à l’ensemble des mesures visant à aider au retour à l’emploi des chômeurs ou à améliorer le fonctionnement du marché du travail, par opposition aux politiques de soutien au revenu des chômeurs (dites « passives »). La revue a consacré récemment un numéro à l’évaluation de ces politiques : Simonnet V. (coord.) (2014), « Évaluation des politiques actives du marché du travail », Travail et Emploi, n° 139.

Source : Erhel C. et T. Kirat (2014), Introduction à Les institutions du travail : quelles

réévaluations ? Revue Travail et Emploi, n°142, avril-juin 2014.

(33)

U

(demandes d’emplois)

U

(demandes d’emplois)

V

(emplois vacants)

V

(emplois vacants)

Fonction d’appariement

M ( U , V )

(embauches) Fonction d’appariement

M ( U , V )

(embauches)

Le modèle DMP : recherche et appariement sur un marché avec frictions Le modèle DMP : recherche et appariement sur un marché avec frictions

Efforts de recherche

Comportement des chômeurs - salaire réel espéré (+) - allocation chômage (-) - coût de la recherche (-)

Comportement des entreprises - profit espéré, fonction de la

productivité (+), du salaire (-)…

- coût de la recherche (-)

Efficacité de l’appariement

(disparités géographiques (‘spatial mismatch’), inadéquation des qualifications (‘skill mismatch’)…)

(34)

La courbe de Beveridge La courbe de Beveridge

Déplacements le long de la courbe

(chômage conjoncturel) Déplacements le long de

la courbe

(chômage conjoncturel)

Déplacements de la courbe (efficacité de l’appariement)

Déplacements de la courbe (efficacité de l’appariement) A

C B

UR VR

UR

1

UR

0

VR

0

VR

1

VR

2

(35)

La courbe de Beveridge en France (1962 - 1999)

La courbe de Beveridge en France (1962 - 1999)

Sources :

Sneessens et Shadman-Mehta (1995) , OCDE (2003), «

Des emplois plus nombreux et meilleurs ? La perfor mance globale au cours de la décennie

»

(36)

La courbe de Beveridge aux Etats-Unis

(1980 – 2009)

La courbe de Beveridge aux Etats-Unis

(1980 – 2009)

Sources :

OCDE (2003), «

Des emplois plus nombreux et meilleurs ? La perfor mance globale au cours de la décennie

»,

OCDE (2010), « Le retour à l’emploi après la crise ».

(37)

La courbe de Beveridge en Allemagne

(1980 – 2012)

La courbe de Beveridge en Allemagne

(1980 – 2012)

Sources :

OCDE (2003), «

Des emplois plus nombreux et meilleurs ? La perfor mance globale au cours de la décennie

»,

OCDE (2014), « Perspectives de l’emploi »

5 6 7 8 9 10 11 12

0 0.5 1 1.5

1.0

Unemployment rate

Job vacancy rate

(38)

La courbe de Beveridge s’est-elle déplacée avec la crise de 2008 ? Le cas des pays développés dans leur ensemble

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013)

La courbe de Beveridge s’est-elle déplacée avec la crise de 2008 ? Le cas des pays développés dans leur ensemble

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013)

(39)

La courbe de Beveridge s’est-elle déplacée avec la crise de 2008 ?

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013, p.50)

La courbe de Beveridge s’est-elle déplacée avec la crise de 2008 ?

(source : BIT (2013), Tendances mondiales de l’emploi 2013, p.50)

(40)

Variation constatée et estimée, en points de pourcentage, du taux d’obtention d’un emploi,

entre le T4 2007 et le T4 2013

NZL USA

AUS FRA

GBR EST

NLD

SVN FIN ITA AUT POL

JPN PRT

SVK CZE

HUN DEU

CHE -10

-8 -6 -4 -2 0 2 4

Cycle conjoncturel Efficacité de l'appariement Constaté

%

Le taux d'obtention d'un emploi se mesure par la probabilité qu'une personne sans emploi sorte du chômage dans un trimestre donné. La variation du taux d’obtention d’un emploi est décomposée entre la part liée au cycle économique et la part imputable à l’évolution de l’efficience du processus d’appariement entre offres et demandes d’emploi.

2007-2013 : une demande globale atone et une dégradation de l’efficience de l’appariement

(source : OCDE (2014), Perspectives de l’emploi)

2007-2013 : une demande globale atone et une dégradation de l’efficience de l’appariement

(source : OCDE (2014), Perspectives de l’emploi)

(41)

Courbe de Beveridge, courbe d’offre d’emplois vacants et chômage d’équilibre

(source : d’après Mortensen, D. T. et C. A. Pissarides (1994), «

Job creation and job destruction in the theory of unemployment », in Review of Economic Studies)

Courbe de Beveridge, courbe d’offre d’emplois vacants et chômage d’équilibre

(source : d’après Mortensen, D. T. et C. A. Pissarides (1994), «

Job creation and job destruction in the theory of unemployment », in Review of Economic Studies)

E

1

JC 1

JC 2

BC

BC’

E

3

E

2

UR VR

*

UR

2

*

UR

1

*

VR

3

*

VR

1

*

VR

2

*

UR

3

(42)

[U]ne série de mesures de politiques économiques prônée par le modèle est d’améliorer l’efficacité de l’appariement : créations de plateformes d’information pour les chômeurs, d’agences d’emploi, de formation adaptée pour satisfaire les besoins de l’appareil productif, et de manière plus générale, l’activation des dépenses d’indemnisation du chômage plutôt que de simples dépenses passives visant à compenser les pertes de revenu liées à la perte d’emploi. […]

[Toutefois,] le modèle n’a pas d’implication univoque. En particulier, certains modèles prédisent qu’une assurance-chômage optimale est positive : ainsi, Peter Diamond [1981] a conçu un modèle d’appariement qui montre que l’assurance chômage favorise la qualité des emplois en laissant aux chômeurs un temps raisonnable pour choisir ce qui leur convient mieux […].

Ce rôle est évidemment potentiellement négatif dans d’autres conditions : si l’assurance chômage est presque aussi élevée que le salaire, alors les effets désincitatifs vont l’emporter et la société, collectivement, a intérêt à aller vers une réduction de l’assurance chômage ou un meilleur contrôle de la recherche d’emploi […].

Les années 2000 ont progressivement vu les équipes de modélisation des ministères du travail et des banques centrales s’approprier ces modèles et les utiliser pour mieux comprendre leurs politiques.

Les modèles incluent dès lors tous les paramètres de politique économique : assurance-chômage, taxation, politiques salariales. […] La plupart des mécanismes par lesquels les institutions du marché du travail affectent le taux de chômage ne sont pas seulement macroéconomiques, mais également microéconomiques, via le comportement de recherche des salariés. Mortensen, dès les années 1970, avait réalisé d’importantes contributions sur le rôle de l’assurance-chômage et des comportements de participation.

Les modèles d’appariement (Diamond-Mortensen-Pissarides) : enjeux en termes de politiques d’emploi

(Source : Wasmer, É. (2011). « Le prix Nobel 2010 : les marchés frictionnels ». Revue d'économie politique)

Les modèles d’appariement (Diamond-Mortensen-Pissarides) : enjeux en termes de politiques d’emploi

(Source : Wasmer, É. (2011). « Le prix Nobel 2010 : les marchés frictionnels ». Revue d'économie politique)

(43)

Salaire minimum et emploi : l’étude de Card et Krueger (1994) Salaire minimum et emploi : l’étude de Card et Krueger (1994)

Evolutions observées entre février 1992 et novembre 1992

New Jersey Pennsylvanie

Avant Après Variation Avant Après Variation

Volume de l’emploi

(en équivalent temps plein)

20.4 21.0 +0.6 23.3 21.2 -2.1

Salaire à l’embauche

(en moyenne)

4.61 5.08 +0.47 4.63 4.62 -0.01

Note : Le salaire minimum passe de 4.25$ de l’heure à 5.05$ dans le New Jersey en février 1992 ; il reste inchangé en Pennsylvanie.

Source : Card D. and Krueger A.B. (1994). "Minimum Wages and Employment: A Case Study of the Fast-Food Industry in New Jersey and Pennsylvania". American Economic Review 84 (4): 772–793. »

Une réaction, illustrant l’émoi suscité par cette étude, celle James Buchanan : « No self-respecting economist would claim that increases in the minimum wage increase employment. Such a claim, if seriously advanced, becomes equivalent to a denial that there is even minimum scientific content in economics, and that, in consequence, economists can do nothing but write as advocates for ideological interests. » (cité par Gautié J. (2015))

Observations en contradiction avec les prédictions de la théorie standard

Observations en contradiction avec les prédictions de la théorie standard

(44)

Pourquoi le salaire minimum peut augmenter le salaire et l’emploi : le cas du monopsone

Pourquoi le salaire minimum peut augmenter le salaire et l’emploi : le cas du monopsone

Comparaison de la concurrence parfaite et du monopsone

Sur un marché monopsonistique, le demandeur a un pouvoir de marché (il est price-maker) et son utilité (ou profit) est maximale pour un prix inférieur au prix de concurrence parfaite. L’équilibre du marché est alors caractérisé par : un prix et une quantité inférieurs aux prix et quantité de concurrence parfaite.

Monopsone : application au marché du travail

De manière générale, l’employeur (rationnel) embauche tant que le coût marginal (le supplément de masse salariale) reste inférieur à la productivité marginale (supposée décroissante). En concurrence parfaite, le salaire de marché s’impose aux employeurs et, à l’équilibre, est égal à la productivité marginale. En revanche, en situation de monopsone, le salaire d’équilibre est inférieur à la productivité marginale (l’employeur, unique, « exploite » donc les travailleurs) et le niveau d’emploi d’équilibre est inférieur à celui de concurrence parfaite.

Monopsone : effet du salaire minimum

« [E]n situation de monopsone, l’introduction d’un salaire minimum (et/ou son augmentation) peut augmenter l’emploi tant que ce salaire minimum reste inférieur au niveau de salaire qui résulterait de la situation de concurrence pure et parfaite. […]

[A]partir des années 1980, la prise en compte des imperfections du marché du travail et autres frictions – information imparfaite sur les emplois disponibles et les salaires correspondants, coûts de mobilités géographiques, ou simplement coûts de transport… – a amené à penser que dans la réalité, […] chaque entreprise ne fait pas face à une courbe d’offre de travail infiniment élastique comme le laisse supposer le modèle de concurrence pure et parfaite […] ; dans la réalité, une entreprise qui baisse son salaire devrait perdre certains salariés, mais pas tous. […]

Des travaux empiriques ont montré que ces effets potentiels de monopsone peuvent être relativement importants sur le marché du travail, et qu’ils jouent plus particulièrement au détriment de certaines catégories de main d’œuvre – i.e. les catégories qui ont le moins d’opportunités sur le marché du travail, du fait de leur manque d’information, de qualification et/ou de capacité de mobilité, comme par exemple les femmes peu qualifiées chargées de familles ou les jeunes peu qualifiés sans permis. »

Gautié J. (2016), « Le salaire minimum en Europe et aux Etats-Unis : politiques et controverses », Ecoflash n°305, février 2016, Document n°7.

(45)

Study Number of studies

covered Country coverage Impact on

employment Impact on youth employment Doucouliagos and Stanley (2008) 64 United States Little or no impact Negative, but small

Boockmann (2010) 55 15 industrial

countries Negative, but varies across countries Nataraj et al. (2014) 17 15 low-income

countries Ambiguous

Leonard, Stanley and

Doucouliagos (2014) 16 United Kingdom No impact

Belman and Wolfson (2014) 23 Mostly

United States Small negative impact Chletsos and Giotis (2015) 77 18 developed and

developing

countries No impact More negative, but

not always significant Broecke, Forti and Vandeweyer

(forthcoming) 74 10 major emerging

economies Little or no impact More negative, but still very small

Salaire minimum et emploi : ce que montrent les méta-analyses

(Source : OCDE Employment Outlook 2015)

Salaire minimum et emploi : ce que montrent les méta-analyses

(Source : OCDE Employment Outlook 2015)

(46)

Les salaires minimum dans l’Union européenne

(Source : Eurofound)

Les salaires minimum dans l’Union européenne

(Source : Eurofound)

(47)

Evolution des bas salaires en Chine : l’effet de la réforme du salaire minimum de 2004 (Mayneris, Poncet et Zhang (2014))

Evolution des bas salaires en Chine : l’effet de la réforme du salaire minimum de 2004 (Mayneris, Poncet et Zhang (2014))

Salaire mensuel minimum en dollars (city- level)

2000-2003 : +6,9% par an

2003-2007 :

+15,5% par an

(48)

« Dans certains pays, les statistiques de syndicalisation sont recueillies dans le cadre d’enquêtes plus larges sur le marché du travail. Dans d’autres, elles sont établies à partir du nombre d’affiliés publié par les syndicats eux-mêmes », précise l’Etui. Il s’agit donc d’estimations qui renvoient, selon le pays, aux années 2010, 2011, 2012 ou 2013.

Taux de syndicalisation en Europe

(https://

www.alternatives-economiques.fr/taux-de-syndicalisation-france-lanterne-rouge-europe-0402201988163.html )

Taux de syndicalisation en Europe

(https://

www.alternatives-economiques.fr/taux-de-syndicalisation-france-lanterne-rouge-europe-0402201988163.html )

(49)

Nouvelle-Zélande Canada0.5 Chili Finlande Norvège Grèce Inde Italie Allemagne 1.0

1.5 2.0 2.5 3.0 3.5

Indicateur de la protection de l’emploi en 2013

(Protection des travailleurs permanents contre les licenciements individuels et collectifs, Échelle de 0 (le moins restrictif) à 6 (le plus restrictif), OCDE)

Indicateur de la protection de l’emploi en 2013

(Protection des travailleurs permanents contre les licenciements individuels et collectifs, Échelle de 0 (le moins restrictif) à 6 (le plus restrictif), OCDE)

(50)

Estimation du taux de chômage structurel depuis 1980 Estimation du taux de chômage structurel depuis 1980

Source : d’après les Perspectives économiques de l’OCDE.

1980

1982 1984

1986

1988 1990

1992 1994

1996 1998

2000

2002 2004

2006 2008

2010

2012 2014

2016 2018 3.0

4.0 5.0 6.0 7.0 8.0 9.0 10.0

États-Unis Zone euro

(51)

Effets macroéconomiques de court terme des gains de productivité

(source : « Comprendre l’impact des gains de productivité sur l’économie », XerfiCanal, octobre 2015, Vidéo 3:19)

Effets macroéconomiques de court terme des gains de productivité

(source : « Comprendre l’impact des gains de productivité sur l’économie », XerfiCanal, octobre 2015, Vidéo 3:19)

(52)

Le progrès technique : source de chômage et d’inégalités ?

(source : « Les robots contre l’emploi », Les Echos, mai 2015)

Le progrès technique : source de chômage et d’inégalités ?

(source : « Les robots contre l’emploi », Les Echos, mai 2015)

Selon Frey et Osborne (2013), 47% des emplois aux Etats-Unis ont une probabilité élevée de

« computérisation » (automatisation d’un emploi avec des équipements pilotés par ordinateur).

Conséquences possibles :

1) Les emplois détruits, à plus ou moins long terme, sont compensés par des emplois créés dans d’autres activités (déversement).

2) La destruction d’emploi n’est que partiellement ou très lentement compensée, impliquant

chômage et modification de la répartition des revenus au détriment du travail. « Ainsi, les luddites

peuvent finalement avoir raison. » (Sachs et Kotlikoff (2012), ‘Smart machines and long-term

misery’, NBER working paper)

(53)

régime social- démocrate

des pays scandinaves

régime libéral

des pays anglo-saxons régime conservateur- corporatiste

des pays d’Europe continentale objectifs politiques

et sociaux L’égalité des citoyens La seule couverture sociale des plus pauvres

Le maintien du revenu des travailleurs

Instruments Politiques universelles et services sociaux gratuits

Politiques sociales

ciblées Assurances sociales

financées par des cotisations sociales

Gosta Esping-Andersen, Les trois mondes de l’Etat-providence. Essai sur le capitalisme moderne (1999)

Gosta Esping-Andersen, Les trois mondes de l’Etat-providence. Essai

sur le capitalisme moderne (1999)

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