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MARC DANNENMULLER LE LAC DE L'AUBE. Roman

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Academic year: 2022

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MARC DANNENMULLER

LE LAC DE L'AUBE

Roman

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ISBN 2-9700040-2-X 2 édition ISBN 2-9700040-1-1 1 édition Distribution et diffusion :

La Fontaine de Siloé 2 rue Docteur Veyrat BP 65 73803 MONTMELIAN CEDEX

Tél. : 79 84 27 24 Fax : 79 65 26 46

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A

la mort de mon arrière-grand-père, à quatre-vingt-sept ans, je reçus de son notaire un paquet contenant un écrin et un manuscrit aux

pages jaunies. Un petit mot accompagnait cet héritage imprévu. Je savais que ce bon vieil- lard — mon parrain — m 'aimait bien, et que je lui devais mon prénom : Anne. Parfois je lui faisais une courte visite qui l'enchantait, mais j'avais dix-sept ans et ce brave vieux me semblait appartenir à un monde révolu. Natu- rellement j'ouvris d'abord l'écrin, seule chose qui me parut digne d'intérêt. Ebahie, je faisais glisser avec volupté entre mes doigts les précieuses perles noires d'un collier dont un splendide saphir, d'un bleu foncé lumineux comme celui des petites gentianes de monta- gne, était le pendentif. De mère en fille on adore, paraît-il, dans ma famille les bijoux

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anciens. J'avais hérité de ce vice. Mais les quel- ques visites spontanées que je rendais à mon parrain quand je n'avais rien d'autre à faire ou qu'une petite déception ou un léger chagrin me faisaient chercher un auditoire indulgent, cela ne méritait pas un présent aussi magnifique;

aussi je me sentais un peu fautive de ne pas avoir mieux aimé ce vieux parent affectueux.

Alors, émue, je lus le billet suivant :

"Petite Anne, si tu as la patience de parcou- rir le manuscrit joint, tu apprendras l'histoire de ce collier et tu devineras pourquoi il te revient.

Entre le monde heureux et calme où s'écoula ma jeunesse et celui où trépide furieusement ton adolescence, tu crois voir un abîme infran- chissable. Mais le plus important n'a pas changé : ce qui se passe en nous quand on ren- contre la nature, l'amour et la souffrance. Puisse cette histoire démodée te le faire comprendre.

Brillante élève de l'Ecole des Chartes, tu aimes évoquer le passé. Quand, en 1932, commence ce récit, la région d'Annecy comptait

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moins de vingt mille âmes contre cent mille maintenant. Sur le lac, bleu comme une mer du Sud, voguait parfois une voile blanche, au lieu des milliers d'embarcations qui pullulent aujourd'hui sur une eau croupie, et les bouchers- promoteurs n'avaient pas encore dépecé les romantiques propriétés qui bordaient le lac. En pensant à ce monde disparu, je t'embrasse une dernière fois, Anne, et avec toi toute ma jeunesse."

Le soir même, enfermée dans ma chambre, je me contemplais dans une glace avec mon collier au cou. Tiens... il y avait autour du saphir de petits diamants dessinant discrètement les initiales N.A. Je feuilletais le manuscrit dont le style suranné ne manquait ni de tendresse, ni d'émotion. Mais N.A. restait obscur. Enfin je me souvins du voilier baptisé "ENNA".

Pourquoi Enna, une petite ville de Sicile?...

Enfin je saisis : il fallait simplement lire à l'envers. Mon prénom sur ce collier et son his- toire me rendirent ce bijou encore plus cher.

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LE LAC DE L'AUBE

Chapitre premier

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I

— Mais plonge donc, l'eau est bonne, lui criait Alain, réapparaissant bien au-delà du remous qui s'était refermé sur lui et d'où remon- taient lentement des bulles blanches. Or Georges, assis en position instable, à califour- chon sur l'extrême pointe de la yole arrêtée en plein lac sur une eau d'un bleu profond, avait envie de rester là, sans penser à rien, sans rien faire, sinon laisser errer son regard au loin sur Annecy, sur son lourd château, ses clochers, et sur la longue ligne verte des magnifiques pla- tanes de l'avenue d'Albigny. La gaieté d'Alain n'arrivait pas à transpercer sa torpeur.

— Quelle joie de retrouver l'eau du lac! mais les maths et ce concours m'ont coupé le souf- fle; je suis incapable de nager vite et longtemps, avouait l'athlétique camarade de Georges.

Celui-ci, la tête vide, regardait les lentes

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pulsations des vagues qui, en cette tranquille matinée de juillet, déformaient à peine les reflets des montagnes. Soudain le rêveur se retrouva la tête en bas : son ami, désirant se hisser sur la yole instable, avait tiré dans l'eau Georges, pour remonter plus facilement sur le bateau. Après avoir barboté, toussé, repris souf- fle, la victime ne pesta même pas. Elle dit mol- lement :

— Après tout il fallait bien entrer dans ce liquide fade d'une façon ou d'une autre.

— Tu ne veux pas l'avouer, mais tu es vexé;

je ne parle pas de ton plongeon forcé, mais du concours d'entrée à la sacro-sainte Ecole poly- technique. Tu espérais un rang flatteur, et, moi qui ne le méritais pas, je l'ai eu.

Tout cela appartenait au passé : la satis- faction d'amour-propre disparaissait derrière la joie plus profonde de voir le cap dan- gereux des examens heureusement doublé

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par tous les deux.

Alain prit place aux rames.

— Je te laisse nager seul ici cinq minutes; je veux me réchauffer.

D'une traction brusque il arracha l'embarca- tion à son repos. Elle coupait l'eau qui se ressoudait derrière elle, et le lac, troublé un instant par le frôlement des avirons, retombait bientôt dans sa torpeur. Assez vite Alain ressentit la chaleur du soleil déjà haut. Il terminait, lui aussi, fatigué par le concours de l'X.

— Mauvaise forme physique. Ces exams m'ont épuisé.

Il revint vers son ami, lui céda la place aux rames.

— Je n'arrive toujours pas à croire à la fin de notre vie de bagnards à la "taupe" du Lycée du Parc.

Ils évoquèrent les deux années passées à Lyon

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en classe de "Mathématiques spéciales", leur vie monacale vouée uniquement à l'adoration des sciences abstraites.

— Au lieu de s'abrutir de la sorte, on aurait dû faire comme Charles : passer tranquillement par l'Ecole des Eaux et Forêts et, nous qui ado- rons la montagne et le ski, suivre une carrière permettant de fréquentes escapades vers les sommets.

— Charles ne s'en prive pas, ni de longues heures sur son voilier; c'est lui, je crois, qui vogue là-bas en direction de Chavoires ou de Veyrier.

— Sais-tu qu'on l'a élu président du Club alpin? A vingt-six ans; on n'a jamais vu ça.

— Il le mérite : il fait profiter les autres de son expérience de montagnard. Grâce à ce copain, aux vacances de Mardi gras quelle fameuse traversée du Beaufortin en ski!

— Et sans les jolis gants tricotés pour lui par

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sa jeune sœur, tu aurais eu les doigts gelés; alors adieu ta passion pour le piano. A-t-on idée par moins quinze degrés de se contenter d'une vieille paire de moufles usées.

Les avirons glissaient paresseusement sur l'eau avec un froissement soyeux. Alain barrait en direction de la plage où il voyait un groupe de camarades.

— Rejoignons-les, et avec eux on fêtera notre succès.

— Je déjeune à la "Vieille Maison" ; j'ai tout juste le temps de traverser le lac pour arriver là-bas à midi.

— Tu es invité par Nève? Elle n'oublie pas son ami d'enfance, tandis que moi... Je l'ai revue à Pâques; elle est devenue vraiment jolie.

— Je ne peux pas juger; c'est comme une sœur pour moi. Mais pourquoi en parles-tu?

— Parce que c'est une fille rarissime, la seule qui soit à la fois jolie et sérieuse. Les autres il

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suffit en dansant de les serrer un peu fort dans ses bras, elles fondent comme du sucre, et, dans un jardin obscur, elles se laissent embrasser autant qu'on veut.

— C'est idiot de faire ça par jeu, surtout quand on est beau garçon.

— Tu déraisonnes comme Nève : je ne joue pas au don Juan. Qui est invité avec toi à la

"Vieille Maison"?

— Charles, Anne sa jeune sœur que je ne connais pas, des amies de pension de Nève ; et puis un tas de vieux de l'âge des frères de Nève.

— Cette Anne, a-t-elle des mains aussi dou- ces que ses gants? Grâce à elle tu n'as pas eu de doigts gelés cet hiver dans la gorge d'Avlan- che. Tu lui devras ton talent de pianiste.

N'oublie pas de la remercier.

En parlant Alain se mettait debout avec pré- caution sur le siège étroit du barreur. Ils n'étaient plus loin de la rive, on les hélait

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de la plage. Alain s'apprêtait à plonger élégam- ment car on le regardait. Par un brusque coup d'avirons Georges fit bondir la yole en avant et, perdant l'équilibre, Alain tomba maladroi- tement à l'eau. Son ami railla :

— Je ne manquerai pas, sur ton conseil, de remercier la dénommée Anne, mais, toi sur- tout, n'oublie pas de présenter mes excuses à tes admiratrices pour avoir fait tomber leur idole de son piédestal.

Alain nageait déjà vers la plage où Georges dut aborder pour laisser les vêtements de son ami. Puis, légère sous le fouet des avirons, la yole se dirigea vers une pointe où l'on distin- guait au milieu d'un fouillis de verdure la lourde silhouette de la "Vieille Maison".

De grands arbres montaient la garde à l'extré- mité de la presqu'île occupée entièrement par un jardin et un verger; de hauts platanes plantés le long de la rive se penchaient sur l'eau

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par-dessus une murette de pierre bordant la propriété. Devant la façade de la villa les barques pouvaient accoster sous un arc en plein cintre supportant une terrasse de plain-pied avec le premier étage. La maison, avec ses hautes fenêtres sous un toit de tuiles brunes en forte pente, n'avait rien de sévère : d'épais massifs d'hortensias violets s'accordaient avec le ton de la pierre et la couleur douce des fleurs aux balcons.

Dans le calme de midi la "Vieille Maison"

regardait le lac. L'eau y était si unie qu'en arri- vant près de la rive Georges éprouva une gêne en voyant son sillage où se gauchissaient puis se tordaient les reflets jusque-là immobiles des grands platanes. Il releva les avirons et se laissa glisser sur son élan, observant le jardin vide;

ses amis paraissaient absents. Le voilier de Char-

les, à coque noire rehaussée d'un filet clair,

attendait un peu plus loin en eau profonde.

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Mais il n'y avait personne sur le pont blanc.

Alors, au lieu d'accoster au bassin d'honneur, Georges longea doucement la rive; il ramait paresseusement vers la pointe de la presqu'île, la doubla; le jardin au-delà se transformait en verger; quelques branches de pommiers dépas- saient au-dessus de l'eau. Georges retombait dans ses rêveries vagues interrompues un moment quand il avait ramé vite pour traverser la baie.

Il était las sans raison, regrettant un peu d'avoir

accepté cette invitation où il faudrait voir du

monde, sortir de sa torpeur. Quelques marches

de pierre menant à un vieux portillon per-

mettaient d'accéder du lac au verger. Georges

s'assit sur l'une d'elles après avoir amarré sa

yole. Il n'avait pas envie d'aller plus loin : il

se mit à suivre du doigt le dessin de cette vieille

grille romantique; dans l'impromptu qu'il tra-

vaillait alors au piano un trait ressemblait aux

volutes élégantes du fer forgé s'élançant,

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rebroussant chemin, dessinant une nouvelle arabesque.

Un clocher sonna midi; Georges se dirigea vers la maison en marchant en équilibre sur la murette de la rive. A ses premiers pas, de petits lézards aux écailles vertes se coulèrent entre les pierres disjointes. Un peu plus loin à l'ombre légère d'un pommier, une jeune fille, en robe blanche aux sinueux motifs bleus, lisait, immobile, penchée sur un recueil de poésies.

Il n'apercevait qu'une lourde masse de cheveux noirs tant elle baissait la tête sur son livre ; mais elle leva vers lui son visage. Il resta stupide, fasciné par le charme étrange de ses yeux bleus foncés. Enfin il avait sauté à terre.

— Je m'appelle Georges...

— Oui, je sais; mon frère m'a déjà parlé de

vous, de votre yole, de vos cheveux très blonds,

de... Elle n'osa ajouter "de vos yeux expressifs

d'enfant émerveillé". Je suis Anne, la plus jeune

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sœur de Charles, votre guide de montagne.

Deux petites gentianes d'un bleu profond examinèrent Georges avec curiosité, des lèvres veloutées comme des framboises bien mûres lui sourirent avec gentillesse, presque avec tren- dresse. Il ressentit en lui une onde de chaud, de doux bien-être, celui que donne, après une course dans la neige pure, un grand bol de lait bouillant sucré avec du miel.

Intimidés, tous les deux restaient muets, immobiles, comme pétrifiés par l'étrange bon- heur qu'ils éprouvaient soudain. Enfin, pour cacher son trouble, Georges demanda :

— Tout paraît désert; personne n'est donc arrivé?

— Si, mais ils sont tous en train de préparer de quoi fêter votre succès; il paraît que vous êtes très savant.

Elle ferma son livre et tous deux se dirigè- rent vers la "Vieille Maison".

— Que je suis bête; on voulait vous faire une

surprise; Nève m'en voudra. Elle est là-bas au

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port : elle doit vous attendre.

Nève fixait le large, élégante dans une robe aux couleurs gaies. Ses cheveux blonds, autre- fois toujours rebelles, maintenant soigneuse- ment arrangés, mettaient en valeur son visage aux grands yeux purs.

— Oh, Georges, vous voilà enfin. Je craignais que vous m'ayez oubliée.

— Comme vous avez changé; je n'ose plus vous embrasser comme autrefois.

Rieuse, elle lui tendit une joue qu'il effleura à peine, gêné par la présence d'Anne.

— Autrefois vous m'embrassiez ici et là.

Taquine, elle tournait vers lui l'autre côté de son visage. Cette fois il l'embrassa très fort.

Elle l'entraîna vers le verger, lui rappelant leurs anciennes vacances, le bal d'enfants où il faisait son page et elle la princesse.

— J'avais neuf ans et vous sept, précisa Geor-

ges; onze ans déjà! car au mois d'août,

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je fête mes vingt ans ainsi qu'Alain. Pourquoi ne l'avez-vous pas invité?

— Si j'avais su que vous y teniez, je l'au- rais fait; mais je voulais vous féliciter, vous le premier, pour votre succès. Vous savez, j'y suis un peu pour quelque chose, dit-elle, embarras- sée et en riant pour cacher sa gêne : pendant toute la période des examens, je priais pour votre réussite.

Anne comprenait enfin la soudaine ferveur religieuse de sa compagne de pensionnat qui, se levant à l'aurore pendant tout le mois de juin, allait chaque jour à la messe.

— C'est cependant le moment où j'étais le moins en forme", et, taquin : "Etait-ce là le résultat de votre intervention?"

Silencieuse jusque-là, Anne dit sérieusement :

— Pendant un mois Nève a communié cha- que jour à une messe matinale.

Georges, confus, se reprocha de ne pas savoir

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I

L faisait bon vivre à Annecy quand le lac et la montagne environnante offraient aux amateurs de promenades rêveuses ou sportives la beauté de leurs paysages non encore envahis par la foule motorisée ; il faisait bon organiser des réunions amicales dans les amples villas tranquilles sous leurs ombrages au bord de l'eau.

L'auteur nous fait partager sans peine le plaisir nostalgique qu'il éprouve à se remémorer ces "jours devenus moments, moments filés de soie", vécus dans cette aube de la vie : tout lecteur, s'il a été jeune — et sensible... — éprouvera le même plaisir et la même émotion à pénétrer dans ce monde heureux de correction, de raffinement, de culture artistique, où naît et croît une idylle passionnée entre un jeune homme et une jeune fille hors du commun.

Certes il n'y a pas que ce "vert paradis" dans les pages de ce roman, qui pose l'éternelle question : que peut devenir dans la vie quotidienne d'un jeune couple un amour d'une force et d'une qualité exceptionnelles? Pour éviter que cet amour ne dégénère, pour en garder intacte la mémoire radieuse, Georges et Anne se séparent définitivement et se condamnent à une existence banale, tragiquement écourtée pour Anne. Ont-ils raison? N'est-ce pas Alain et Nève qui, plus prosaïquement, plus simplement, mais plus raisonnablement, choisissent la meilleure part? L'auteur ne nous donne pas la réponse, et ces prolongements du récit se situent dans les marges de son roman. L'essentiel était, pouf lui, de faire revivre avec ferveur l'image lumineuse des défuntes années, celles d'une jeunesse dont, comme chacun sait, on ne guérit jamais.

André PHILIPPON, Inspecteur général, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure et Président du Jury de l'Agrégation des Lettres.

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