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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00205542

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205542

Submitted on 1 Jan 1963

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Influence des variations locales de masse dans la dynamique du réseau cristallin

Christian Janot

To cite this version:

Christian Janot. Influence des variations locales de masse dans la dynamique du réseau cristallin.

Journal de Physique, 1963, 24 (9), pp.641-647. �10.1051/jphys:01963002409064100�. �jpa-00205542�

(2)

42

LE JOURNAL DE PHYSIQUE

INFLUENCE DES VARIATIONS LOCALES DE MASSE DANS LA DYNAMIQUE DU RÉSEAU CRISTALLIN

Par CHRISTIAN JANOT (1),

Laboratoire Infra-Rouge, Faculté des Sciences de Nancy.

Résumé. 2014 On étudie l’influence de variations locales de masse sur la dynamique du réseau

cristallin et l’absorption optique des solides. La méthode employée consiste à distribuer la fluc- tuation de masse sur tous les motifs du réseau. Une application est faite au cas de l’effet isotopique dans un réseau cristallin du type sel gemme.

Abstract.

2014

The influence of local mass shifts upon lattice dynamics and optical absorption

are studied. The mass fluctuation is distribued among all the lattice cells. This theory is applied to the isotopic effect in a face centered cubic lattice such as NaCl.

Tome 24 No 9 SEPTEMBRE 1963

I. Principe du calcul sur une chaîne linéaire

biatomique.

-

On considère une chaîne d’atomes,

constituée de N mailles, comprenant des atomes

de masse m, et d’autres de masse M’t, susceptibles

de prendre plusieurs valeurs (isotopiques par

exemple). On appelle ur et v, les déplacements des

atomes par rapport à leurs positions moyennes ;

on impose à la chaîne les conditions cycliques de

Born.

Les équations du mouvement, dans le cas de forces supposées centrales et harmoniques, sont du type :

Si la chaîne se reproduit identiquement à elle-

même chaque fois que l’on parcourt N mailles élémentaires, il existe une périodicité de lon-

gueur N, dans la distribution du mouvement ; ceci suppose en particulier une homogénéité statis- tique de la distribution des masses. Pour en rendre

compte écrivons :

(1) Actuellement au Laboratoire de Physique de l’École

des Mines de Nancy.

pour chaque valeur entière de r. La résolution de

ce système en ck et Ck nous donne les amplitudes

des différentes fluctuations périodiques de masse :

Par ailleurs, l’élongation du mouvement fluctue

d’un noeud à l’autre de la même façon que les

masses. On peut donc chercher des solutions du

type : 1

avec

et où la longueur d’une maille est prise comme

unité.

Remarquons que :

-

Par ailleurs :

où m et 1J1 représentent la moyenne sur une maille

cinétique des masses mr et Mr.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 24. NO 9. SEPTEMBRE 1963.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01963002409064100

(3)

642

En portant ur, vr, mr et lVlr dans le système (1),

on obtient les équations du mouvement sous la

forme :

Comme les fluctuations de masse Ck et d’ampli-

tude Uk, sont petites devant les parties principales

co et Uo nous allons négliger les quantités telles

que ck Uk (avec as 0) dans le développement :

L’ensemble des équations étant applicable à

toutes les mailles élémentaires, c’est-à-dire quelle

que soit la valeur prise par r tous les coefficients

doivent être nuls :

B6)

pour toute valeur de k # 0.

Le système (2) donne des amplitudes principales

non nulles si l’équation séculaire est satisfaite : (6)k Co

-

2x) (6)1: Co

-

2rl)

-

4rl cos2 (Km JN) = 0 (4) OÙ

Ceci détermine le spectre de fréquence ; -, on

remarque qu’il est identique à celui d’une chaîne

sans fluctuations, constituée par les masses moyennes.

Le système (3) aura des solutions en Uk et Vk si :

(5) pour toute valeur de k # 0.

Or, K et k pouvant prendre toutes les valeurs

comprises entre

--

N/2 et + N/2 (à l’exception

de la valeur nulle pour k) la somme K + k redonne toujours une valeur comprise dans cet intervalleune périodicité près). Les conditions (4) et (5)

ne sont donc compatibles que pour : K + k = 0.

On a bien alors

Théorème : Chaque type de fluctuation n’est com- patible qu’avec une seule distribution des phases

dans la maille cinétique.

En particulier, le vecteur d’onde nul n’est com-

patible qu’avec la fluctuation zéro, c’est-à-dire

avec une distribution identique de la masse sur

tous les noeuds du réseau : les amplitudes alors ne

fluctuent pas.

CALCUL DU MOMENT DIPOLAIRE.

-

On Sait que le moment électrique d’une chaîne sans fluctuations est nul sauf si le vecteur d’onde est égal à zéro.

Si on suppose que in, et Mer sont des ions chargés respectivement - e. et + e, le moment électrique

de la chaîne sera :

On voit ici que le moinent électrique est uul sauf

si

ce qui confirme l’indépendance des fluctuations.

Donc pour chaque vecteur d’onde K, on a un

moment électrique

AK = N.e.exp (i wKt).(V-K- U-K)

En particulier on peut dire qu’un cristal la

masse fluctue absorbera les radiations de manière continue sur l’ensemble de son spectre de fré-

quences. Il y aura éventuellement des maximums secondaires d’absorption où ov JÀ’J v F(v) F(v) du dv

sera le plus grand. (F(v) est la densité de vibra- tion.)

Le système (3) permet de calculer Uk et Vk,

donc en portant ces valeurs dans l’expression

de 4C.K, on en déduit la valeur du carré du module.

Soit

Limitons-nous, à titre d’exemple, au cas une

seule des deux masses peut fluctuer, et prendre nI

(4)

643 fois la valeur ml, n2 fois la valeur m2. Il nous faut

alors calculer :

"

Remplaçons cette quantité par sa valeur moyenne, en tenant compte de toutes les distri-

butions possibles :

Soit :

Donc: r 1,XV12 F( v) d v sera le plus grand

pour les zéros de sin4 Kn/N (ce qui donne ici la

fréquence fondamentale) et la densité de

vibration passera par des maximums.

II. Application au cas d’un réseau cristallin tri- dimensionnel.

-

1. RAPPELS ET SYMBOLISME.

-

Rappelons l’essentiel de la dynamique cristal-

line [2], [3], [4]. On définit la position d’un atome

dans le cristal, par la somme de trois translations :

m : est une translation du réseau et caractérise la maille où se trouve l’atomé :

où ti t2 t3 sont les périodes du réseau et

M1M2,M3== ’’’-2,-1,0,1,2

...

j : caractérise la position moyenne de l’atome à l’intérieur de la maille m :

um : va de la position moyenne m + j à la posi-

tion instantanée. Pour abréger, un tel atome sera

dit atome mj.

De même on obtiendra la position d’un atome pk

en accomplissant à partir de l’origine la translation :

p + k + ut.

Le déplacement de l’atome mj par rapport à

l’atome pk sera

Les trois axes de coordonnées seront désignés

par Oxa, ce = 1, 2, 3. Dans l’hypothèse d’un champ

de force harmonique, l’atome pk exerce sur

l’atome mj une force de rappel de composantes :

Les C â p forment un tenseur convariant et symé- trique en ce et fi [5]. La force de rappel globale appliquée sur l’atome mi s’écrit :

Introduisons le coefficient :

La force s’exprime alors :

Si pi est la masse de l’atome en position j dans

la maille, les équations du mouvement sont du

type :

.

Pour un cristal de N atomes, on a ainsi 3N

équations

2. INFLUENCE DES VARIATIONS LOCALES DE MASSE.

-

Supposons que la masse des différents atomes puisse prendre différentes valeurs d’une

maille à l’autre. Elle devient ainsi une, fonction pq"

de la position. On admet qu’il existe une pério- dicité, donc une homogénéité statistique, dans la

distribution des masses. On peut alors poser :

avec

où L1, L2, L3 sont les périodes du réseau polaire

telles que

nI’ n2, n3 caractérisent les dimensions de la maille

cyclique ; pa peut prendre toutes les valeurs qui

font décrire à S’ la première zone de Rrillouin ; 1 désigne la sommation sur tous ces vecteurs.

s’

L’inversion de l’expression de !1r donne :

où V = n, n2 na

on remarque que

80j = (Li (la masse moyenne).

Les fluctuations de masse perturbent 1 emouve-

ment, si hien que l’on peut écrire :

(5)

644

avec

On en déduit les équations du mouvement :

Dans cette expression, on peut négliger les

termes qui contiennent des produits de fluctuations

comme 88’1 U 8’;a.... On obtient :

Cette relation doit être vérifiée quelque soit

l’atome nii considéré : tous les coefficients doivent donc être nuls.

Ce qui permet d’écrire les conditions du mouve-

ment :

à ceci près que les masses des atomes y sout rem-

placées par les masses moyennes.

Le système (1’) admet des solutions non nulles si :

où I est la matrice unité d’ordre 3g X 3g (g nombre

d’atomes dans,un motif cristallin). La condition (3’)

détermine le spectre de fréquences (3g fréquences

par vecteur d’onde dont 3 acoustiques et 3g-3 op-

tiques).

Le système (2’) admet des solutions en Us,ia ...

si :

pour toute valeur de S’ =1= 0, Ks,+s = ; |X âs|

est une matrice dont les propriétés sont analogues

à la matrice de Fourier ci-dessus (voir définition

des éléments).

Or, S et S’ sont deux vecteurs du réseau polaire ;

la somme S -E- S’ redonne donc toujours un vecteur

du réseau polaire (à une translation près de ce dernier). Autrement dit, les conditions (3’) et (4’)

ne sont compatibles pour toute valeur de S’ # 0 que si S + S’ = 0 et on a bien alors :

Théorènae : Chaque type de fluctuation n’est com- patible qu’avec une seule distribution des phases

dans la maille cinétique.

En particulier, le vecteur d’onde nul n’est com-

patible qu’avec la fluctuation zéro, c’est-à-dire une

distribution identique de la masse sur tous les

noeuds du réseau : les amplitudes ne fluctuent pas.

CALCUL , DU MOMENT DIPOLAIRE. Si on

appelle ei la charge de la particule placée en posi- tion j dans la maille, sa participation au moment dipolaire du cristal, le long de l’axe Oxm sera : -.

Le moment électrique total aura pour compo-

santes :

Donc 1 sera différente de zéro seulement si

«

(6)

645 S + S’ = 0. Chaque fluctuation est donc bien indé-

pendante et l’on a

Ms03B1 = exp (i 27tvt) - V £ ej U-Sia.- (5’)

j

Pour continuer le calcul, il faut résoudre le sys- tème (2’).

Nous allons le faire dans le cas particulier d’un

cristal ayant la structure du sel gemme, c’est-à- dire pour un réseau cubique à faces centrées, com- prenant deux types d’ions chargés respectivement

-f- e et - e, dont l’un est susceptible de figurer

sous deux formes isotopiques responsables des va-

riations locales de masse.

FORME GÉNÉRALE DE LA MATRICE DE FOURIER

POUR LE SEL GEMME. - On sait [5] que la matrice de Fourier est une matrice hermitienne d’ordre

6 X 6, fonction périodique du vecteur de propa-

gation S. Elle possède certaines propriétés dues

aux symétries du réseau :

1° Tous les termes sont réels : En effet, comme chaque atome est centre de symétrie, on peut

écrire :

ce qui permet de grouper les termes deux à deux dans l’expression de reg

2° Elle est symétrique : Car elle est hermitienne et réelle

"

3° Chaque sous-matrice carrée d’ordre 3 X 3

[yk1J est symétrique ; ceci est dû à la symétrie en ce et du tenseur Clii.

On en déduit la forme la plus générale pour la

matrice de Fourier du sel gemme :

Forme particulière de la matrice de Fourier pour S = 0.

On remarque sur l’expression de ygà, l’on

fait S + S’ = 0, que la matrice K est identique à

la matrice de Fourier établie pour un vecteur de

propagation nul. Nous allons donc chercher à obte- nir cette matrice K = r o.

Quand S = 0, les deux réseaux d’ions oscillent

comme des assemblages rigides l’un par rapport à

l’autre. r est constituées par des sous-matrices [yi]

ayant la structure des tenseurs en relatifs à un

couple d’atomes situés sur un axe de symétrie parallèle au vecteur d’onde. Quand ce dernier s’annule, les sous-matrices [-ykl- doivent avoir la structure d’un tenseur du deuxième ordre, réduit

au maximums compte tenu de tous les éléments de

symétrie du réseau cristallin. Dans le cas présent

du réseau cubique à faces centrées, le maximum de réduction entraîne :

T",e = T 8aa De plus comme :

On en déduit :

Ce qui permet d’écrire dans le cas présent :

En posant :

En définitive, nous obtenons :

(7)

646

avec :

et

1

On peut développer Dl par rapport à la qua- trième colonne et D2 par rapport à la première

colonne. On obtient :

En portant les valeurs ainsi obtenues de US’ll

et US’21 dans l’expression (5’) du moment dipo-

laire on a :

Et en tenant compte des trois composantes, le

carré du module peut s’exprimer par :

Dans cette expression intervient la quantité 8s, 8s* qui en toute rigueur, dépend du vecteur

de propagation :

.

On aura une idée du résultat, en prenant la

valeur moyenne de cette quantité entre toutes les distributions possibles. Soit :

où [il, et [.L12 sont les deux valeurs possibles de [.L1, et

V If V V2/Vleurs proportions respectives dans le

réseau. Finalement :

.

Le module du moment électrique se trouve donc

être une fonction paire de la pulsation, que divise

une certaine puissance de A. En conséquence, on peut s’attendre à trouver, outre une absorption

sur tout le spectre de fréquence, des maximums secondaires :

a) Pour les zéros de A, c’est-à-dire les fréquences correspondent au vecteur d’onde nul.

b) Pour les vecteurs d’onde correspondant aux

maximums de la densité de vibrations.

Nous avons appliqué ces résultats au cristal de

chlorure de sodium, en utilisant le calcul des distri- butions de fréquences effectué par Hatcher [6]. Les longueurs d’onde pour lesquelles il y aurait maxi-

mum d’absorption sont classées dans le tableau

.

ci-dessous. En regard, nous avons placé les

« bandes » expérimentales observées par différents auteurs et nous mêmes [1].

Notons que cette méthode de calcul est valable

quelle que soit l’origine des variations locales de

(8)

masse (cristaux mixtes par exemple). On peut envi-

sager de l’appliquer lorsqu’il existe des lacunes dans le réseau cristallin ; il faut alors tenir compte

en plus des fluctuations pour le tenseur C!l car

une lacune perturbe évidemment le champ de force.

Pour terminer, je voudrais renouveler ma grati-

tude à M. le Professeur Jean Barriol : je lui dois

l’initiative de cette étude ainsi que de nombreux et fructueux conseils au cours de l’élaboration des calculs.

Je remercie également M. le Professeur A. Hadni

grâce à qui j’ai pu réaliser la partie expérimentale

de ce travail.

Manuscrit reçu le 8 avril 1963.

BIBLIOGRAPHIE [1] JANOT (C.), Thèse, Nancy, 1963.

[2] LAVAL (J.), L’état solide. 9e Congrès de Physique, Solvay, 1952, p. 273.

[3] LAVAL (J.), J. Physique Rad., 1959, 20, 1 et 449.

[4] LAVAL (J.), J. Physique Rad., 1957, 18, 247.

[5] BOCCARA (N.), Thèse, Paris, 1961.

[6] NEUBERGER (J.) et HATCHER (R. D.), J. Chem. Physics,

1961, 34, 1733.

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