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Note sur la masse du neutrino
Jacques Solomon
To cite this version:
NOTE SUR LA MASSE DU NEUTRINO
Par JAQUES SOLOMON.
Sommaire. 2014 On étudie les lois de transformation du neutron en proton quand on assigne une masse
finie au neutrino.
1. - Les recherches récentes
sur la forme du
spectre
des élémentsradioactifs 5
ont montré que les théories de Fermi ou deKonopinski-Uhlenbeck
ren-contrent certaines difficultés pour rendre
compte
defaçon
précise
de l’extréniitésupérieure
de cespectre
(vers lesgrandes
énergies électroniques).
On a cherchéà obvier à cette difficulté en utilisant une combinaison linéaire d’interactions de Fermi et de
Konopinski-rhienbeck. Mais d’autres auteurs ont cherché à voir dans ces difficultés le
signe
de l’existence d’une massenon nulle pour le neutrino et ont même cherché à
déduire des courbes
expérimentales
une évaluation de la masse du neutrino(1).
Soit s
l’énergie
des électronsémis,
évaluée en unitésIII
C2@
eol’énergie
totale dedésintégration
(différence
d’énergie
entre le noyau central et le noyaufinal)
mesurée
également
en unités m c2.Si y
est la massedu neutrino,
l’énergie
maxima des électrons émis(fin
duspectre)
est évidemment Eo---- ’ .
Posons enfin. fîi
Hoyle
(2)
a montréqu’une
l’orme trèsgénérale
de loi derépartition
desénergies électroniques,
pour unemasse
quelconque
duneutrino, peut
s’écrireoù ,%> dus est la
probabilité
d’émission d’électronsayant
uneénergie
comprise
entre s et s + d s, y estune constante inférieure en valeur absolue à
1,
etoù K enfin est une constante
dépendant
del’impor-tance de l’interaction entre
particules
lourdes(pro-tons,
neutrons)
etparticules légères
(électrons,
neu-trinos).
La vie moyenne T est donnée dans cescondi-tions par : ô
Dans ce
qui
suit on se bornera à la loi,que nous avions
appliqué
au cas dp ladésintégration
du neutron.On sait, en effet, que le neutron
a une masse
plus
élevée que celle duproton.
Onpeut
admettre, actuel-lement, que lors de latransfor-~i, i E. H 0 ’1. L E. Camb. Phi!. 50:: -. lq3,-. 33. ?;; ¡ 2 1 F 1937. 33.
mation du neutron en
proton,
uneénergie
de 350 000 eV estdégagée,
endehors
del’énergie
propre de l’électron libéré. soit~ 1, 7.
La
figure
1 donne i> en fonction de s pour trois valeurs de la masse duneutrino, ,.£
=o, ~c - ~ 0.3
niet y = 0 ~J ni. On voit que dans le
premier cas
lespectre
estplus
étalé, il y abeaucoup plus
d’électronsrapides. -X
mesure que la masse du neutrinoaugmente,
lespectrP
estplus
ramassé. D’autrepart,
si l’on admet que h reste lemême,
on tire de lafigure
1,pour les vies moyennes du neutron
correspondant
aux trois valeurs considérées de la masse du neutrino’°II =
1,35
Tin
== 3,44
ri.La vie moyenne
augmente
donc avec la masse du neutrino.Si l’on admet la valeur de K déduite des
spectres
descorps !,3
radioactifs observésjusqu’ici,
on obtientri =
2,5. 101 sec.,
Tu =
3,~. I08
sec., zzn - 8.6. t n6sec.
( )n remarquera que si
u >
0,7
m,la
radioactivité ~
du neutron estimpossible,
leneu-tron
quoique plus
lourd que leproton,
eststable,
tout au moins à l’état libre.2. -
Hoyle
(1)
a montréqu’on
peut
intarpréter
lespectre
observé de 32P avec la théorie actuelle avec~==0,4~.
D’autrepart,
Alichanow et sescollabo-rateurs
2 ,
étudiant lesspectres
des éléments radio-actifs naturels trouvent un bon accord avec la théoriepour V. = 0,8 m dans le cas du thorium
C,
pour ~ = 0,3 m dans le cas du radium E. Ceci montre,
comme le
remarquent
ces auteurseux-mêmes,
qu’on
ne saurait attribuer designification
simple
aupara-mètre p.
envisagé
comme masse du neutrino.On
peut,
à cepoint
de vue, faire l’observation sui-vante. Nous avons montré(3)
que l’utilisation du neutrino dans la théorie desspectres
n’implique
nullement que ce neutrino est uneparticule
commel’électron ou le
proton,
maisqu’il s’agit
là dusystème
nécessaire pour rendre lesystème
total conservatif. Dans cesconditions,
les coordonnées définissant laposition
duneutrino
sont les coordonnées du centrede
gravité
dusystème
auxiliaire. La «quantité
demouvement du neutrino » résulte d’une certaine
opé-ration de moyenne sur les
quantités
de mouvement caractérisant lesystème
auxiliaire. Il s’ensuit de toutcela que la relation entre
énergie
etquantité
demou-vement du neutrino n’a pas nécessairement la même forme que la relation entre ces deux
grandeurs
pour un électron ou unproton.
Ce n’est sans doute que pour des formessimples
de l’interaction entreparticules
lourdes et
particules légères
que la notion de masseest
applicable
au neutrinoManuscrit reçu le 29 novembre 1938
~i1 Pour la bibliographie, cf. J Protons. neutrons
neutrinos. Paris. 19:39. p. 64
(2) A. I. A. I. ALICHA- et B S DZELEPOW. Phys R°’.. 1938. 53, 776: A 1 J NiKiTiB.
Phys
1938. 53, 767.s,.LSLOo.C’jR-.1938.205. 526.