S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
P IERRE S AMUEL
La conjecture de Mordell pour les corps de fonctions
Séminaire N. Bourbaki, 1966, exp. n
o287, p. 149-167
<http://www.numdam.org/item?id=SB_1964-1966__9__149_0>
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149
LA CONJECTURE DE MORDELL POUR LES CORPS DE FONCTIONS par Pierre SAMUEL
(d’après
H.GRAUERT [1])
par Pierre SAMUEL
Séminaire
BOURBAKI17e
année, 1964/65,
n~287 Février 1965
1. Introduction.
La
conjecture
de Mordell ditqu’une
courbealgébrique
de enreg > 2
sur lecorps des
rationnels,
ou sur un corps de nombresK,
n’aqu’un
nombre fini depoints rationnels
sur K . Biensûr,
une courbe de genre 0(droite)
ou 1(cour-
be
elliptique
derang ~ 1 ) peut
avoir uneinfinité
depoints
rationnels. La con-jecture
de Mordells’applique
à la courbexn
+yn =
1.(n > 4)~
et serait donc unpas
important
vers leproblème
de Fermat.L’analogue
de laconjecture
de Mordell pour les corps de fonctions aété récem-
mentdémontré.
THEOREME
de Manin-Grauert. -Soient
k un corpsalgébriquement
clos de caracté- ristique0,
K un corps de fonctionsalgébriques
sur k(i.
e. une extensionde type fini de
k ), et
C une courbealgébrique définie
sur K et de genreg > 2 . Si
C a une infinité de pointsrationnels
surK, alors
C est biration-nellement équivalente sur
K à une courbe C’définie
sur k .Comme C’ a une infinité de
points
rationnels surk,
y cerésultat
est le meil- leurpossible. L’analogue
encaractéristique
p n’est pas vrai(cf. § 6
pour uncontre-exemple),
mais onpeut
dire pas mal de choses.L’algébriste
MANIN[4]
adonné une
démonstration analytique
duthéorème,
enprenant
pour k le corps descomplexes (d’cù
le casgénéral
par le"principe
deLefschetz"). L’analyste
GRAUERTen donne une
démonstration
de puregéométrie algébrique, qu’on
va exposer ici[1].
Dans un certain sens, le
théorème
de Manin-Grauert vaplus
loin que laconjecture
de Mordell. En
effet,
onpeut
yprendre
pour K un corps dedegré
de transcendance 1 surk ,
donc un’!corps Ci
" au sens de LANG(i.
e. toutpolynôme homogène
surK ,
dedegré
d et à n variables avec n >d ,
a unzéro
non-trivial dansKn),
autrement dit un corps sur
lequel
leséquations diophantiennes
ont tendance à avoir facilement des solutions. Parcontre,
le corpsQ
est moins "bon" dupoint
de vuediophantien :
il n’est pasCl ’
et tout cequ’on peut espérer (par
uneconjecture
lointaine ethardie)
c’estqu’il
soit à peuprès C~ (i.
e. lespolynômes homogè-
nes de
degré impair
avec n->d~
ont deszéros
non triviaux dansS.n 1
la clauserestrictive du
degré impair
estsupprimée
de laconjecture analogue
pour les corps de nombres totalementimaginaires).
La clef de la
démonstration
de GRAUERTn’est pas l’inégalité
mais
l’inégalité équivalente
qui exprime
que les diviseurscanoniques
de la courbe C sontamples (cf. § 2).
Pour travailler
géométriquement,
on utilise le faitqu’une
courbe sur un corps de fonctions n’est autre chosequ’une
famillealgébrique de
courbes. Onpart
donc(notations utilisées
dans toutl’exposé)
d’un corpsalgébriquement
clos k de ca-ractéristique quelconque,
d’un corps de fonctions K surk,
et d’une courbe Cde genre
g ~ 2
sur K . On suppose queK(C)
est une extensionrégulière
deK, hypothèse
inoffensive encaractéristique
0 car, pour lethéorème,
onpeut
rem-placer
K par sa fermeturealgébrique
dansK(C) ;
9 encaractéristique
p, y onsuppose de
plus
que C admet unmodèle projectif
absolumentnon-singulier,
ceciafin
d’éviter
d’horribles canulars comme l’abaissement du genre par extension du corps de base et d’autrespires
encore 1 Onprend
unmodèle
affine nonsingulier
R de
K~k ~
depoint générique
r(i.
e. K =k(r) ),
et unmodèle projectif
ab-solument non
singulier
de C surK,
depoint générique
y sur K(y
ePN) ’
on note alors X la
sous-variété
de R xPN
depoint générique (r ~ y)
surk ,
et 1t la
projection
X ~ R . Ainsi X est"fibrée"
par les courbesXt
=1t (t)
(t
et la fibregénérique Xr
est la courbedonnée
C .Les points ration-
nels de C sur K
correspondent
alors aux sections rationnelles de X -~ R . Nous poseronsUne des
règles
dujeu
est que, comme tout se passe aupoint générique
deR,
y onpeut rétrécir
Rarbitrairement,
c’est-à-dire leremplacer
par des ouverts(de Zariski,
bienentendu, malgré
les vertus de latopologie étale)
affines convena-bles. Nous pouvons donc supposer que R et X sont lisses
(i.
e. nonsingulières),
que n
est de rang n en toutpoint
de X(donc
lisse luiaussi),
et que toutes les fibresXt (t
ER)
sont des courbesprojectives
lisses toutes de même genre g que C(ici
interviennentl’hypothèse
d’extensionrégulière,
et celle que C est absolumentnon-singulière).
Parcontre,
y on segardera
derétrécir
X dans lesens des fibres
("on
caresse les fibres dans le sens desfibres" 1) :
il est eneffet commode
qu’elles
soientcomplètes,
et que n soit unmorphisme
Un mot enfin sur la
terminolo~ie.
Contrairement àl’usage grammatical
courant oùun
adjectif
restreint sonsubstantif, l’adjectif
"rationnel"élargira
le domained’applicabilité
de substantifs tels que"fonction", "application~~~
"section" : uneapplication
rationnelle d’unevariété
V dans une autre W n’est pas uneappli-
cation de V dans
W ,
mais unmorphisme
d’un ouvert de V dans W(ou
encoreun germe de
morphisme
auvoisinage
dupoint générique
deW ).
Uneapplication
ra-tionnelle
peut
avoir despoints d’indétermination,
parexemple {0 , 0)
pourl’application
rationnelle(x, y) H y/x
dekz
dans2.
Quelques espaces fibrés.
a.
Présentation
des acteurs.Etant
donné
un espacefibré
G de baseY,
nous noterons GY sa fibre
au point
y de
Y,
etG~ Y’
sa restriction à unepartie
Y’ de Y .Nous
désignerons
parT(.)
le foncteur covariant"fibré
des vecteurstangent~".
Ainsi la
projection 1t:
X -~ R donneT (n) ; T (X) -~ T(R) .
Larétrotirette
(= "pull
back" en "sabiratlantick")
deT(R)
par n : X -~ R est unfibré
vecto- riel surX ,
à fibres de dimension n, que nous noteronsT(R) .
AlorsT(n)
donne un
morphisme surjectif
de
fibrés
vectoriels sur X .Une
section
s : R -~ X de nrelève
les vecteurstangents
de R àX .,
doncdonne,
enchaque point
t deR,
unhomomorphisme
Soit alors F le
sous-fibré
deHom(T(R) , T(X) ) formé des 03B2
tels queLa section
S définit
alors unesection ~ :
R -~ F de Fconsidéré
commefibré
sur R . De
même,
une section rationnelle s : R ~ Xdéfinit
une section ration- R ~ F . Notant 0 laprojection 6 :
F ~X ,
on aévidemment :
Le fibré F est un
fibre
affine surX ,
à fibres de dimension n .Plongeons
F
canoniquement
dans un fibréprojectif F
de mêmedimension,
et notonsle fibré des
hyperplans
àl’infini ;
$ ainsiF définit
un diviseur quenous noterons
(F ) (I).
La restriction du diviseur(F~)
à lavariété F
seranotée
N..
Pour
tER,
nous noteronsFt , Ft
et les restrictions desfibrés F, F,
à la courbeX t (notation compatible
avec la notationgénérale
à condi-tion de
considérer
F comme unfibré
sur R au moyen de n o 6 : F -~R ) ;
lediviseur sur
t
est la restriction de(F~)
àF . t
SoitT(Xt) *
lefibré cotangent
de la courbeXt ,
le diviseurcanonique
deXt ;
no-tons
T*
sarétrotirette
surF t .
On a d’autrepart,
surF t , qui
est unfibré
surXt
à fibres un diviseur Mqui
induit surchaque
fibre le di- viseur Ondémontre
alors sans astuces extraordinaires le lemme suivant.LEMME 1. - Pour tout
tER,
la restrictionNt à
dudivise"ur (F~,t)
"self intersection")
est un diviseur isomorphe àT*
®M .
On notera que
N t
est aussi la restriction àF~ , t
du diviseur N =(F~)~F~ .
b.
Conséquences de l’amplitude.
Rappelons qu’un
diviseur D sur unevariété
normale V est ditample si,
pourtout
entier j
suffisammentgrand,
les sectionsglobales r(V ,
fournissentun
plongement projectif birégulier
de V . Si onconsidère
D àl’ancienne,
commeune combinaison
linéaire
desous-variétés
de codimension1 ,
leplongement
pro-jectif
est fourni par une base del’espace
vectoriel~(V , jD)
des fonctions ra- t i onne lle s f sur V telles que( f ) > - j D .
Sur unecourbe,
tout diviseur D > 0est
ample,
de sorte que le diviseurcanonique T(Xt)*
estample,
car on aOn en
déduit
que et doncNt
par le lemme 1(N.
B. : on a M >0 ) ,
est undiviseur ample
surSoient t un
point générique
de R surk, et j
un entiergrand.
A l’an..cienne,
le diviseurjNt
sur est induit sur par un diviseur(h)
delinéairement équivalent
à et sanscomposantes F~,t ;
une fonction sur
F , nulle d’ ordre j
sur Soit(u~, ... ~ur)
une base de
définie
surk(t) ,
fournissant unplongement
F
~~t -~ P r-~ , car j est grand.
Les fonctionsui
sont induites svx pardes fonctions
ui
surFt , définies
surk(t) ;
p vul’ amplitude,
on a(~)
Nous identifions ici les diviseurs sur unevariété (i.
e. les combinaisons linéaires desous-variétés
de codimension1 )~
ouplutôt
leurs classes de divi- seurs, avec lesfibrés
vectoriels à fibres de dimension 1qui
leurs sont classi-quement associés.
et on
peut
donc supposer que lesui appartiennent
à(h) - jF t) .
Alors(h , u1 ’
... ,ur)
fournit unmorphisme
birationnel g :Ft Pr
tel que :1° g
applique birégulièrement F~,t
dansl’hyperplan
à l’infiniPr-1 ;
2° g applique Ft = Ft - F
dansP - P 1 (en
effet on a(ui/h)
Considérons
maintenantl’application
rationnelle f : ~P définie
sur ket dont la restriction à la fibre
générique Ft
est g .En rétrécissant R ,
onpeut
supposer que, pour tout t’E R ,
la restrictionf~F , jouit
desmêmes
pro-priétés
1° et 2° que g .On a donc :
lEMME 2.
CL.
f(Fj
est contenu dansl’ hyperplan
à l’ infini H dePr (i.
e.0 ),
et f est
birégulière
surchaque F~ t ;
03B2.
on af(F)
y.
l’application 03C6
=(n0)
x(f|F) :
F ~ R xkr
est unmorphisme
propre et bi-rationnel de
fibres
sur R .3. L’ensemble d’éclatement
E .a.
Définition des
ensemblesd’éclatement
eténoncé d’un théorème.
DEFINITION. - Etant
données
deuxvariétés algébriques Y,
Z et unmorphisme
bi-rationnel g : Y -~
Z ,
on appelleensemble d’éclatement de
g, et on noteE(g) ,
l’ensemble des
points
y de Y tels uedim
> 0 .ZARISKI a
montré
queE(g)
est unfermé
de Y . On aévidemment
dim E(g)
> 0en tout
point
y de.E(g) .
Nous noterons E l’ensemble
d’éclatement
dumorphisme
défini
à la fin du§
2. A cause du facteurt~ ~p n’éclate
que dans le sens des fibres".Donc,
pour touttER, Et
= E nFt
est l’ensembled’éclatement
deet aussi de car f est
birégulière
surF (§ 2,
lemme2,
a etDonc
Et
estcomplet.
Nous allons
démontrer
lethéorème
suivant :THÉoR8ME
1. - S’ il existe une infinité de sections rationnelles sde
X tellesque
s(R) cE, alors
E est une section dufibre
0 : F -~ X .L’existence
d~une
section rationnelle s telle ques(R)
c Eimplique,
enré- trécissant éventuellement R, qu’on
aEt ~ ~
pour tout tER(il
contients(t) ).
b. Les
parties complètes maximales.
On va commencer la
démonstration
duthéorème
1 par le lemme suivant :IEMME
3. - S us l’hypothèse du théorème
1 et pour tout x E il existe unpoint e
de Et j
et unseul. tel
quee(e) =
x(on
ae ~ 2,71~28... ).
On
sait,
eneffet,
que E -~ X etFt -~ kr
sont desmorphismes
propres. Donc
f (E )
est unepartie fermée complète
dekl’, donc finie.
Demême,
pour toute
partie fermée, complète irréductible
A de dimension > 0 def(A)
est unpoint
dekr ;
J on a donc A cEt ’
carEt
est l’ensembled’éclate-
ment de
f) F .
Nousexprimerons
ce fait en disant queEt
est lapartie complète
maximale de
Ft .
°Soit maintenant S le
fibré
vectoriel surXt correspondant
aufibré
affineFt
=FIXt (i.
e. son"fibré
destranslations").
Avec les notations du§
2(a),
ona
car
T(X~)
est le noyau de Lefibre
dualS*
estT (X ) ~ ,
et est donc
ample (au
sens desfibrés vectoriels)
car2g -
2 > 0 . Lecritère d’amplitude
de Grauert(~2~,
p.182)
montre alorsqu’on
a unmorphisme
birationnel propre g de S sur unevariété
affineS’, birégulier
en dehors de la sectionnulle
S ,
et tel queg (S )
soit unpoint
de S’ . AinsiS
est l’ensembled’éclatement
de g, et aussi lapartie complète
maximale de S .Considérons
alors lemorphisme
u =Et - xt ,
et larétrotirette
G deFt
par u :Alors
G est unfibré
affine surEt ,
et e ~03C8-1(e)
nv-1(e) (l’application
diagonale
duproduit fibre
deEt
parEt
surXt)
est unesection
deG ~
dontnous noterons
Go l’image.
Celle-ci munit G d’une structure defibre
vectorielsur
E ,
etl’identifie
à larétrotirette u*(S)
de S . Lemorphisme
defibrés
vectoriels G -~ S
(au-dessus
deu ) applique G
dansS ,
de sorte queG
est la
partie complète
maximale de G . Or estcomplet (car
c ’ est leproduit fibre
deEt
par lui-même surXt)’
et contientGo .
On a doncde sorte que ce
produit fibre
a auplus
unpoint
au-dessus dechaque point
deXt.
D’où la même conclusion pour de sorte que
03B8|Et
estinjective.
CommeEt ~
et que
dim(E )
>0,
on a6(E ) _ X (vu
que X estirréductible
dedimension
1 ).
C.
Q.
F. D.c. Fin de la
démonstration.
Nous venons de v oir
( lemme 3)
que0)E:
E -~ X e st unmorphisme bijectif. L’ap- plication réciproque
p : X - E est donc "radicielle". Elle est parconséquent
birationnelle en
caractéristique 0,
doncbirégulière
par le "maintheorem" (LANG,
~3~ ~
p.124)
car X est normale. D’où lethéorème
1.En
caractéristique p ~ 0 ,
on sefatigue
un peuplus,
et on utilise unplus
grosmorceau de
l’hypothèse
surl’infinité
de sections rationnelles s telles que cE. Soient R’ et X’ c~(R)
de s ouverts aff ine s de R et deX ~
as-sez
petits
pourqu’on
ait nchamps
devecteurs ~1 , ... , ~n linéairement
in-dépendants
surR’ ,
pour que F’ =FJX’
s’identifie à X’ xkD ,
et pour que latrace de E dans X’ x
kn
soitdéfinie
par deséquations
où x
désigne
lescoordonnées
surX’, (y.) celles
surkn ,
etp(j)
unepuissance
de p, et oùb. J (x)
n’est pas unepuissance p-ième
sur X’ .Suppo-
sons, par
l’absurde,
quep(l) ~
1 .Un
point (x, y)
de X’ xkn
= F’correspond,
pardéfinition
dufibre
F(cf.
§ 2 ~ (a) ) ~
à unhomomorphisme T(X)x ( dà t
=n(x) ), qu’on
va notery° .
Posons
(dualité
entre vecteurstangents
etdifférentielles).
Notons quey)
estlinéaire
en y. Soit A c F’défini
par leséquations
Comme
b (x)
n’est pas unepuissance p-ième,
on adb~ ~ 0 ,
et il y a un seulpoint
de A au-dessus dupoint générique
deX’ ;
9 vu lalinéarité
de A par rap-port
à y, ceci montre que laprojection
A ~X est birationnelle.Soit s : R -~ X une section rationnelle telle que Comme
yp(1) +b
s’annule sur
s(R) ,
on acar on a
supposé p(l) ~
1 . On a doncs(R)
n F’ c A . Ainsi A contient les germes d’uneinfinité
desous-variétés
de codimension 1 deE ~
à savoir less(R) .
Comme A estfermé
dansF’ ,
on endéduit E n F’ c A , d’ où E n F’ = A ,
car ce sont des
variétés irréductibles
de même dimension n + 1 . Vu lalinéarité
de A parrapport
à y, p est doncbirationnelle,
et parconséquent biréguliè-
re par le "main theorem".
C.
Q.
F. D.4.
Les
sections sde
X telles ques(R) ~
E .Nous allons ici
démontrer
lethéorème
suivant :THEOREME
2. - L’ensemble E des sections rationnelles sde
X telles ques~(R) ~
E est fini.Rappelons ( § 2, (a) ) qu’une
section rationnelle s : R -~ Xdéfinit
une section rationnelles :
: R ~F ,
etqu’on
a unmorphisme
birationnel propre 03C6 : F~R kr
( ~§ 2, {b) ~
lemme2) ,
dont E est l’ensembled’éclatement ( § 3~ (a) ) .
Comme Rest une
variété affine,
on a unplongement
R -~ , et l’onpeut considérer
comme un
morphisme
Quitte
àchanger
m, onpeut
normaliser~(F) ,
et supposernormale ;
cecine
change
pas l’ensembled’éclatement
E .Comme les fibres
Xt (t
ER)
sontcomplètes,
l’ensemble 1 despoints d’indé-
termination d’une section rationnelle s : R -~X est de codimension
> 2 ~
etc’est le même
pour s .
Posonsc’est un
m-uple
de fonctions rationnelles R -~k , régulières
surR -. ~ ,
doncsans
p8les (car
codirn1 > 2 ),
doncrégulières.
Ainsis°
est unélément de l’es-
pace vectorielmor(R, km)
desmorphismes
de R danskm .
LEMME 4. -
L’application
s Hs°
de z dansmor(R,
est in’ective.En
effet,
soient s , s’ deuxéléments
distincts deZ ,
et r unpoint géné- rique
de R . Alorss(r)
ets’(r)
sont despoints
de F -E ,
etsont distincts,
car
Reste à montrer que (p est
injective (et
mêmebirégulière)
sur F -E ;
or cecirésulte
de ladéfinition
de E comme ensembled’éclatement
et de. lanormalité
deen vertu du "main theorem".
LEMME
5. -
Less° (pour
s EE ) engendrent
un sous-espacevectoriel
V dedimension finie de
mor (R , km) .
Soit R une clôture
projective
normale deR ;
posonsR~ ~
R - R . Onpeut
plonger
F dans un R xP..
c R x soient Fl’adhérence
de F dansR
xP...
F 00 = (R m x PN)
nF , et tp
leprolongement
de (p àF .
C’est uneapplication
rationnelle
F ~ km , qui peut
avoir despôles
surF
3 mais il existe une fonc- tion rationnelleh ~
0 surR ,
nulle surR ,
telle que(h .
soitré- gulière
surF .
Alorshs° = (h . s
estrégulière
surR .
Donc lesfonctions
rationnelles (sur R ), qui
forment lem-uple s° ,
n’ont depôles
quesur
R ~
et paspires
que ceux de la fonction fixe1/h .
D’ où lelemme 5
par unthéorème classique
de finitude.LEMME
6. -
L’ensemble V’ des s(pour
s EE ) est, soit
unfermé de V ,
soit un
fermé
de V moins un point.Notons
d’abord
que, commechaque Et
non videest complet
etirréductible (§ 3,
lemme
3),
estréduit
à unpoint. Donc,
si7iO(E) = R
t 1-+(Et)
est uneapplication
w de R danskm .
Onpeut
avoir(ou
ne pasavoir)
w EV.Pour tout t de
R,
l’ensembleAt
des v E V(c mor(R , km))
tels quev(t)
E~(Ft)
est unfermé
car (p est propre, et donc estfermé.
Soit A = nAt’ qui
estfermé
dans V . Pourv E A , v f:. w , et
pour unpoint géné-
teR "
rique
r deR,
on av (r)
E03C6(Fr) , v(r) ~ 03C6(Er) ;
or, on a vu au lemme 4 quecp est
birégulière
sur F -E ;
3 il existe donc unélément
z de et unseul,
rationnel sur
k(v ,
yr) ,
tel quev(t) = ~(z) ;
3 soit v’ la section rationnelle de F -~ Rdéfinie
parv’(r) =
z . Alors e 0 v’ est une section rationnelle de X -~ R . L’ensemble V" des v E A -{w} (si w ~ A ~
A -{w}
veut direA )
tels que
e
o v’ = v’ estferme
dans A -~w~ ,
car la relation e o v’ = v’ est"algébrique"
en v . On a V" c V’ car,pour
v E V" et rgénérique
surR,
on a
d’où
v =( 8
0v’ ) ° .
D’autrepart,
il est clair que V’ c V" . D ’ cii V’ = V" .C. Q. F. D.
LEMME 7. - L’ ensemble V’ du lemme
6
est fini.Sinon,
eneffet,
V’ contiendrait une courbe affine nonsingulière Q .
Consi-dérons l’application
g : R xQ -~ X définie
parg(t, s°) _ s(t) ;
alors n o g est lapremière projection
R xQ -~ R ;
d’autrepart,
l’ensemble despoints
d’in-détermination
de g ne contient aucune verticale R x{v) (v
EQ). Plongeons Q
dans une courbe
complète
nonsingulière Q ;
3 comme les fibres de 1t: X -~ R sontcomplètes,
g seprolonge en g :
R xQ X .
Pour tout q EQ , l’application
t i-
g(t , q)
est une section rationnelle s de X ~R ; ainsi, (t, s°(t)
est un
m-uple
de fonctionsrégulières
sur R xQ .
CommeQ
estcomplète, so
est
indépendant
de q, cequi
est absurde carsoq
= q(par construction) pour
tout
q E Q.
C. Q. F. D.
Le
théorème
2résulte aussitôt
des lemmes 4 et 7.Avant de passer à la
démonstration
finale duthéorème
deManin-Grauert,
voiciune remarque
importante.
La section E dufibre
affine F -~Xs’interprète,
pardéfinition
de F( § 2, (a)),
comme un champ de sectionsinfinitésimales
de XR ,
i. e. comme un
champ
den-plans tangents
à X etpartout
transversaux aux fibresXt
de X . Vu queEt
est lapartie complète
maximale deFIXt’
etqu’une
sec-tion de a une
image complète
dansFI Xt (pour
tout t ~R )~
E estl’unique
section de F -~ X(ça
se voit aussi enremarquant
que lefibré
vectoriel S des translations dedéfini
au§ 3 ((b), équation (5)),
n’a d’autre sec-tion que la section
nulle,
y vu que son dual estample). Déduisons-en
aussitôt unthéorème classique
et utile :THÉORÉME 3. -
Une courbe de genreg >
2 n’a qu’un nombre finid’automorphismes.
En caractéristique 0,
elle n’aqu’un
nombre finid’applications
rationnelles non constantes dans elle-même.En
effet, appelons
cette courbeR,
et posons X = R x R . Lesapplications
ra-tionnelles de R dans R ne sont autres que les sections rationnelles de la pre-
mière projection
X -~ R . Vu sonunicité,
lechamp
E n’est autre que lechamp
"horizontal" de R x R .
D’après
lethéorème 2,
presque toutes lesapplications
rationnelles R -~ R sont
tangentes
à cechamp,
donc(en coordonnées affines)
ontleur
dérivée
nulle. Elles sont donc constantes encaractéristique
0 . Encaracté- ristique
p, unautomorphisme
de R nepeut
avoir sadérivée
nulle(sinon
l’au-tomorphisme correspondant
du corps de fonctionsk(R) appliquerait k(R)
dansk(RP) ).
C.
Q.
F. D. o5. Démonstration
duthéorème
de Manin-Grauert.THEOREME
4. - Soient p lacaractéristique
dek,
et r unpoint générique
deR
sur
k . On suppose quela courbe
C =Xr
aune infinité
depoints
rationnelssur
k(r) .
Onplonge
X"multicanoniquement"
dans P..(i.
e. au moyend’un
multiple
assezgrand jb d’un diviseur
canoniQUe b deXr ). Alors. il
existeun
élément
ade PGL(N , k(r) ) tel que la courbe a(X )
soitdéfinie
suret ait une
infinité
depoints
rationnels sur ce corps.Notons bien que p est la
caractéristique
dek ,
et non sonexposant caracté- ristique ;
àinsi pour p =0 ,
on ar~
= 1 etk(rp)
= k .Donc,
y lethéorème
4entraîne
lethéorème
de Manin-Grauert pour p = 0 . Le corpsk(r-)
va intervenircomme
étant
l’intersection des noyaux desk-dérivations
dek(r) .
Encaractéris- tique p ~ 0 ,
on obtient aussitôt le corollaire suivant parrécurrence :
COROLLAIRE. - Avec les mêmes
hypothèses
et notationsthéorème 4, et pour
tout
q ~ 0 ,
il existea
EPGL(N , k(r) ) tel Que
~ a q(X )
r soitdéfinie
suret ait une infinité de points rationnels sur ce corps.
a.
Réduction
duthéorème
4 à un lemme.On suppose
Xr plongée multicanoniquement
dans- PN (i.
e. au moyen d’une basede
L(- jb) ). D’après
lesthéorèmes
2 et3
on a un"champ
de sections ~infinitési- males E " dufibré
en courbesX -~ R ,
et une infinité de sections rationnelless de X sont
tangentes
à E(i.
e.s(R) cE).
Parmi cesdernières
il y en aN +
1 ,
soientsi (i = 0 ,
... ,N),
telles que lespoints s.(r)
deX
soientà
distance
finie dansP..
et affinementindépendants.
Soit a la transformation affine(i.
e. laissantl’ hyperplan
à l’infiniinvariant)
dePN qui
les envoieaux
points (1 , 0 ,
...,0) , (1 , 1 , 0 ,
...,0) ,
...,(1 , 0 , ... , 0 , 1).
Remplaçant X
par satransformée a(X ) ,
on voit que leplongement
deX
dansPN
se fait maintenant au moyen d’une base(1 , xl ,
... ,xN)
deL(- jb) (sur k(r) )
telle queOn
peut considérer
lesxi
comme des fonctions rationnelles sur lefibré
X(elles
sont cette foisdéfinies
surk ),
d’où uneapplication
rationnelleEn
rétrécissant R,
onpeut
supposer que c’est unplongement
et que, pour toutt E R , Xt
est une courbeirréductible
de même genre g queXr’
et que la se- condeprojection Xt PN
est unplongement multicanonique.
Le
champ
Erelève
les vecteurstangents
à R en vecteurstangents
à X . Enparticulier,
ilprolonge
toutek-dérivation
D de K =k(R) = k(r)
en une k-dérivation DE
dek(X) = k(r ,
... ,x~) .
Nousdémontrerons
un peuplus
tard le lemme suivant :LEMME 7. - Pour toute
k-dérivation
Dde k(R) , on a DE (xi)
=0(i~ 1,..., N) .
Voyons
comment le lemme 7implique
lethéorème
4. Par unrésultat "classique"
àla
délicieuse
odeur decoordonnées
deChow, l’idéal
deXr (sur K )
estengendré
par les
équations
d’un suffisammentgrand
nombre deprojections planes
deX .
Soient U et V deux combinaisons
linéaires
descoordonnées
dans à coeffi- cients dans lepetit
corpsk ~
et u et v les combinaisonslinéaires
corres-pondantes
de1,
... , J soitl’équation
minimale vérifiée par(u, v)
sur K =k(r) (de
sorte quel’idéal
deX r
estengendré
par leshomogénéisés
desF(U, V) ).
Etantdonnée
unedérivation
D de K =
k(r) , appliquons DE
àF(u , v) = 0 ;
3 commeDE
u =DE
v =0 ,
ilvient
il s’ensuit
qu’il
existe c dans K tel queDa..
=ca.j
pour tousi , j .
Comme on
peut supposer
que l’un desa..
estégal
à1 , on a
c =0 , d’où
Ceci
ayant
lieu pour toutek-dérivation
D dek(r) ,
on aa..
Ek(rP) ,
desorte que
Xr
estdéfinie
surk(rP) .
~J
D’autre
part,
on a une infinité de sections stangentes
à E et telles ques(r)
soit à distance finie surX .
Le contact de s et Eimplique qu’on
aD(x.(s(r))) = (DE x.)(s(r))
pour toutek-dérivation
D dek(r) ,
et ceci est nul par le lemme 7. Comme lesx.(s(r))
sont lescoordonnées
affines dupoint
s(r) ,
cepoint
est bien rationnel surk(rP) .
Cecidémontre
lethéorème
4.b.
Démonstration
du lemme 7.Soit D une
k-dérivation
dek(r) .
Il suffit de montrer que la restriction de la fonctionDE
>xi
àchaque
courbeX (t
ERk)
est nulle. Soient t ERk ,
A l’anneau
local de t surR,
et m sonidéal
maximal. Vu que estK-linéaire,
onpeut
supposer que D est unedérivation
de A . Vu lecaractère
local deE , DE
est alors unedérivation
de B = ... , En notant hl’homomorphisme canonique
de B surB/mB (i.
e. sur l’anneau affine de il suffit de montrerqu’on a h(DE xi) _ 0 .
°DE
est unedérivation
H -~
B/mB ,
etprolonge
ladérivation
h 0 D :A -~ A/m _
k . D’autrepart,
est universel pour les
dérivations
de B dans les(B/mB)-modules~
etest universel pour les
dérivations
de A dans les k-modules. Comme lespremières
s’annulent sur
m 2 B ~
on a unedérivation
Or la
transposée ~
de E "rétracte" lesdifférentielles
de X sur celles deoù la
première flèche
estcanonique
et ou lacomposée
est l’identité. Comme(L A/m ~ ~~
o ~’ est unedérivation ~ :
celle-ci
prolonge
ladérivation canonique m/m (de
noyauk ).
Il estclair que h
DE
estcomposée
de 0 et d’uneapplication linéaire.
Il suffitdonc de
montrer qu’on
a0(xï) ~
0 pour touti ~ si,
pour z EB ,
on convientde noter z"
(resp. z’ )
la classe~e
z modm
B(resp. mB ) .
Or est un sous-anneau de
canoniquement isomorphe
àEn notant
zr l’élément
deB/m2
Bcorrespondant
à1 ~ xi
par cetisomorphis-
me, on a
~( zï) ~
0 .Exprimons (13) géométriquement.
SoitX(t)
levoisinage
deX.
surX ,
c’est-à-dire
leA-schéma xl T ,
... ,xN T]) . D’après (13) (et
ses analo-gues sur les autres morceaux
affines) ~
levoisinage infinitésimal
dupremier
ordre(A/fn ) ~ X(t)
estisomorphe
auproduit Spec(A/m2)
xX (pas étonnant,
Eétant
un
champ
de sectionsinfinitésimales
de X -~R ). Ainsi,
lessystèmes
fournissent tous deux des
plongements multicanoniqués (i.
e. par unepuissance
dufibré cotangent)
de la "courbe àéléments nilpotents"
Ils
engendrent
donc le même(A/m2)-module,
de sortequ’il
existe deséléments b. ,
1 a. de tels queiq
Or,
une section stangente
à E(et
telle ques(t)
soit à distancefinie)
définit
unhomomorphisme
s" :B/mz
B -~A/m2
tel que s" O A = A o s" . Pour les sections constantess. définies plus haut,
on aOn
applique
o A à(14),
et unpetit
calcul montrequ’on
a0394bi
= =0 ,
d’où L~x~=0.
C.Q.F.D.
Remarque. - Vu les
hypothèses
faites dans(b), § 1~ Xr
est encore unmodèle multicanonique
sur cequi justifie
le corollaire. Avec au lieu dek(r) ,
la baseR ,
lefibre
X et lechamp
E sontchangés
enR’ ~
X’ et E’ .Mais il
n’y
a aucune. raison pour que les sections constantessj (qui
sont mainte- nant des sections de X’ -~R’ )
soienttangentes
auchamp E’ ,
cequi
force àsoumettre
X
à une nouvelle transformationprojective
afin de la descendre àk(rP ) .
6. Le cas
decaractéristique
p.a. Utilisation de la
théorie
des modules.Dans ce
qui suit,
Kdésigne
un corps de fonctions sur un corpsalgébriquement
clos k de
caractéristique
p , et C une courbe de genreg >
2 surK ,
abso-lument non
singulière,
et admettant uneinfinité
depoints
rationnels sur K . Le corollaire duthéorème 3
nous dit que, pour toutq 0 ,
C est birationnelle- mentéquivalente
sur K à une courbe Cq
définie
surKp . Or,
lathéorie
des modules(cf. MUMFORD)
nous ditqu’il
existe uneapplication
m de "l’ensemble" U des courbes de genre gdonné
sur unevariété algébrique
M(la "variété
des mo-dules" ;
elle estdéfinie
sur la clôturealgébrique
du corpspremier,
donc surk )
telle que :
a. pour que
C’ ,
C~~ E U soient birationnellementéquivalentes,
il.faut et ilsuffit que
m(C’ ) ^ m(C") ;
3pour toute courbe C’ e
U ,
lepoint m(C’)
est rationnel surk(C’) .
Il s’ensuit que le
point m(C)
est rationnel surKp
q = k . Donc C est bi-rationnellement équivalente
à une c ourbe Co
définie sur
k.Mais,
comme lathéorie
des modules est unethéorie "géométrique",
onpeut
seulement direqu’il
ya une
correspondance
birationnelle h : Cdéfinie
sur la clôturealgébrique
de K .
Naturellement,
h est alorsdéfinie
sur une extensionalgébrique
finie K’ de K.b.
Où l’on rend séparable l’extension
K’ .Soit