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Intégrale de Lebesgue : introduction.

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Texte intégral

(1)

http://www.isima.fr/

leborgne

Intégrale de Lebesgue, introdution

GillesLeborgne

14septembre2018

Table des matières

0 Rappels 3

0.1 Fontionsétagées . . . 3

0.2 Espaetopologique . . . 4

1 Ensembles, tribus etmesures 5 1.1 Tribus,espaesetensemblesmesurables,tribu borélienne . . . 5

1.2 Mesure,espaemesuré . . . 7

1.3 Propriétéessentielle:unemesureestmonotone . . . 9

1.4 Ensembles

µ

-négligeables,ensembledeCantor. . . 9

1.4.1 Ensembles

µ

-négligeables . . . 9

1.4.2 EnsembledeCantor . . . 9

1.5 Tribuétendue

A µ

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1.6 Notionde

µ

-presquepartout(

µ

-p.p.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.7 Fontionségales

µ

-p.p. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1.8 Fontionsnulles

µ

-p.p.(fontions

µ

-négligeables) . . . 13

2 Fontion

A

-mesurable 14 2.1 Dénition . . . 14

2.2 Fontionsontinues: mesurables . . . 15

2.3 Stabilitédel'ensembledesfontionsmesurables . . . 16

3 Intégration de fontions positives 16 3.1 Mesuredefontionsétagées . . . 16

3.2 Intégraledefontions

A

-mesurablespositives . . . 17

3.3 *Supportd'unefontion. . . 19

3.3.1 Supportd'unefontiondéniepartout . . . 19

3.3.2 Supportd'unefontiondéniepresquepartout . . . 20

3.4 *Supremumessentielet

|| . || ∞

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

4 Espaes

L 1

et

L 1

22 4.1 Fontion

µ

-mesurable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4.2 Fontions

µ

-intégrablesetespae

L 1 (E, A , µ)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4.2.1 Fontionsàvaleursréelles . . . 22

4.2.2 Fontionsàvaleursomplexes. . . 24

4.3 Critèred'intégrabilitépardomination . . . 24

4.4 Rested'uneintégrale . . . 24

4.5 Fontionsnégligeablesetsemi-normesur

L 1 (E, A , µ)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

4.6 Espae

L 1 (E, A , µ)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

4.7 Approximationd'unefontion

L 1 (R)

parunefontionétagée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

4.8 Convergenedans

C 0 (R) T L 1 (R)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

4.9 Espae

L 1 loc (R)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

5 Théorèmesde onvergene 27 5.1 ThéorèmedeBeppoLévi(oudeonvergenemonotone) . . . 28

5.2 LemmedeFatou . . . 30

5.2.1 Rappel:

lim inf

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

5.2.2 LemmedeFatou . . . 31

5.3 Convergeneenmoyennepourlamesure

µ

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

5.3.1 Convergeneenmoyenne . . . 32

5.3.2 Convergeneenmoyennevsonvergene

µ

-presquepartout . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

5.4 ThéorèmedeLebesgue(deonvergenedominée) . . . 33

(2)

5.4.1 Lethéorème. . . 33

5.4.2 Exemples . . . 35

5.4.3 Laprimitived'unefontion

L 1

estontinue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

5.5 Continuitéd'uneintégraledépendantd'unparamètre. . . 37

5.6 Dérivationd'uneintégraledépendantd'unparamètre. . . 39

5.7 Appliationauxloisdeonservationenméanique . . . 41

6 Théorème de Fubini 43 7 Espaes

L 2

et

L 2

44 8 Espaes

L p (I)

et

L p (I)

45 8.1 Dénition . . . 45

8.2 Inégalitéd'Young. . . 46

8.3 Inégalitéd'Hölder. . . 46

8.4 InégalitédeMinkowski. . . 47

8.5 *Complément:omplétudeetséparabilité . . . 47

8.6 *FontionsLebesgue-mesurableset fontionsenesalier . . . 49

8.6.1 Mesureextérieure . . . 49

8.6.2 Sous-additivité . . . 49

8.6.3 OuterRegularity . . . 50

8.6.4 LittlewoodFirstPriniple . . . 51

8.6.5 Approximationd'unefontion

L 1 (R)

parunefontionenesalier . . . . . . . . . . . . . . 51

9 Changementde variablesdans lesintégrales dans

R n

51 9.1 Volumed'unouvert . . . 51

9.2 Formuledehangementdevariables . . . 52

9.3 Verslamesureimage . . . 53

9.4 Mesureimage . . . 54

9.4.1 Rappel:dénition de

f 1

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

9.4.2 Dénition delamesureimage . . . 54

9.4.3 Propriétés . . . 55

9.4.4 Formuledehangementdevariablesdanslesintégrales . . . 56

A Annexe: ardinaux

0

et

1

56

B Annexe: fontionexponentielle etsuitenumérique 57

(3)

0 Rappels

Soit

E

unensembleet

P (E)

l'ensembledessous-ensemblesde

E

(don

A ∈ P (E)

ssi

A ⊂ E

).

0.1 Fontions étagées

Dénition 0.1 Soit

A ⊂ E

.Onappellefontionindiatriede

A

(oufontionaratéristiquede

A

)lafontion

1 A : E → R

déniepar:

1 A (x)

( = 1

si

x ∈ A,

= 0

si

x 6∈ A.

(0.1)

(Noterqu'enoptimisationlafontionaratéristiquede

A

estlafontion

χ A

déniepar

χ A (x) = 0

si

x ∈ A

,et

χ A (x) = ∞

si

x 6∈ A

.)

Dénition 0.2 Unefontion

f : E → R

est étagée(isasimplefuntion)ssi

f

est uneombinaisonlinéairede

fontionsindiatriesd'ensembles:

∃ n ∈ N , ∃ (c i ) i=1,...,n ∈ R n , ∃ (A i ) i=1,...,n ∈ P (E) n , f = X n i=1

c i 1 A i .

(0.2)

(Iilesensembles

A i

nesontpasnéessairementdisjoints.)

Exemple 0.3 Lafontion

1 Q : R → R

est étagée(prendre

n = 1

,

c 1 = 1

et

A 1 = Q

).

Dénitionéquivalente:

Dénition 0.4 Unefontion

f : E → R

estditeétagéessisonimage

Imf

estunensembleni:ilexiste

n ∈ N

et

(c i ) i=1,...,n ∈ R n

t.q.

Imf = { c 1 , ..., c n }

.Don, notantalors

A i = f 1 (c i ) = { x ∈ E : f (x) = c i }

, lafontion

f

est étagéessi:

f = X n i=1

c i 1 A i (=

X n i=1

c i 1 f −1 (c i ) ).

(0.3)

Remarque 0.5 Rappel:dans

R

unefontionenesalier,utiliséepourl'intégraledeRiemann,estunefontion

f

ombinaisonlinéairedefontionsindiatriesd'intervallesdelongueurnonnulle:

∃ n ∈ N , ∃ (a i , b i , c i ) i=1,...,n ∈ R 3n

t.q.

∀ i ∈ [1, n] N , a i < b i , f = X n i=1

c i 1 (a i ,b i ) ,

(0.4)

(a i , b i )

désigneunintervalleouvertouferméousemi-ouvert.

Lafontion

1 Q

estétagéemaisn'estpasenesalier.

Pourl'intégraledeLebesguelesfontionsenesaliernesontpassusantes:pour

f : R → R

onaurabesoin

desimagesréiproques

f 1 (J)

J

estunintervallede

R

.Enpartiulier,onaurabesoindes

1 A 1 (J )

(alorsque

l'intégraledeRiemannestbaséesurlesimagesdiretesdes

1 A (I)

I

estunintervallede

R

).

Proposition0.6 Si

f : E → R +

estunefontionàvaleurspositives,alorsilexisteunesuiteroissante

(f n ) n ∈ N

defontionsétagéesqui onvergesimplementvers

f

:

∀ x ∈ E, lim

n→∞ f n (x) = f (x).

Soit:

∀ x ∈ E

,

∀ ε > 0

,

∃ N ∈ N

,

∀ n ≥ N

,

| f n (x) − f (x) | < ε

.Idempour

f

designequelonque.

Si

f

est bornéealorslaonvergeneest uniforme(

|| f − f n || ∞ n −→

→∞ 0

,

|| g || ∞

déf

= sup

x∈E | g(x) |

).

Preuve. Cas

f ≥ 0

:pour

n ∈ N

et

i = 1, ..., n2 n

onpose:

B n,i = f 1 ([ i − 1

2 n , i

2 n [) = { x : i − 1

2 n ≤ f (x) < i

2 n } , F n = f 1 ([n, ∞ [) = { x : f (x) ≥ n } ,

(0.5)

et ainsi

(

n2 [ n

i=1

B n,i ) [

F n

estune partitionde

E

.Puisondénit lesfontionsétagées

f n

par:

f n =

n2 n

X

i=1

i − 1

2 n 1 B n,i + n1 F n (=

n2 n

X

i=2

i − 1

2 n 1 B n,i + n1 F n ).

(0.6)

Faireundessin.Ilestimmédiatque

f n ≤ f

,que

F n+1 ⊂ F n

,etque:

pour

j = 2i − 2, 2i − 1, 2i, i − 1

2 n ≤ j − 1

2 n+1 , B n+1,j ⊂ B n,i ,

(0.7)

et don

f n (x) ≤ f n+1 (x)

pourtout

x ∈ E

:lasuite

(f n )

estroissantemajoréepar

f

.

(4)

Soit

x ∈ E

t.q.

f (x) < ∞

.Soit

n

telque

f (x) < n

,puisle

i ∈ [1, n2 n ] N

t.q.

i − 1

2 n ≤ f (x) < 2 i n

:don

x ∈ B n,i

et :

f n (x) = i − 1

2 n ≤ f (x) < i

2 n .

(0.8)

Don

| f (x) − f n (x) | < 2 1 n

.Etsi

f (x) = ∞

ona

s n (x) = n −→ n →∞ ∞

.Don

(f n )

onvergesimplementvers

f

.

Cas

f

de signequelonque : on a

f = f + − f

f +

et

f

sont lesfontions positives dénies par

f + = sup(f, 0)

et

f = − min(f, 0)

; ononstruit lessuites

(f n+ )

et

(f n− )

assoiés,et onpose

f n = f n+ − f n−

.La

suite

(f n )

onvient.

Cas

f

bornée

≥ 0

. Notons

C = || f || ∞ = sup x E | f (x) |

. Alors pour tout

n > C

on a

F n = ∅

, et don

f n = P n2 n

i=1 i− 1

n 1 B n,i

pour tout

n > C

. Donpour tout

x ∈ E

on a

| f (x) − f n (x) | < 2 1 n

dès que

n > C

, par

dénition des

B n,i

.D'où

|| f − f n || ∞ −→ n→∞ 0

.Cas

f

signequelonque: démarhepréédente.

Exerie 0.7 Soit

f = 1 Q : R → R

lafontionindiatriede

Q

l'ensembledesrationnels.Quevalent

F n

et les

B n

danslapreuvepréédente,etquevautdon

f n

?

Réponse.(Lafontion

1 Q

estdéjàunefontionétagée ausensdeladénition0.2 .)

Pour

n ≥ 2

,

F n = ∅

et

B n,i = ∅

sauf

B n,1 = { x : 0 ≤ 1 Q (x) < 2 1 n } = R − Q

et

B n,2 n +1 = { x : 1 ≤ 1 Q (x) < 2 n 2 +1 n } = Q

.

Don

f n = 1 Q

pourtout

n

.

Exerie 0.8 Soit

A, B ∈ P (E)

.Montrer:

1 A∪B = 1 A 1 B

ssi

A = B

.

Réponse.Ona

1 A 1 B = 1 A ∩ B

ar

1 A (x)1 B (x) = 1

ssi

x ∈ A

et

x ∈ B

.

Don

1 A∪B = 1 A 1 B

ssi

A ∪ B = A ∩ B

.

Et

A ∪ B = A ∩ B

ssi

A ⊂ A ∩ B

et

B ⊂ A ∩ B

,ssi

A ⊂ B

et

B ⊂ A

,ssi

A = B

.

0.2 Espae topologique

Soitunensemble

E

.

Dénition 0.9 Unetopologiesur

E

est unensemble

O ⊂ P (E)

(desous-ensemblesde

E

)telque:

1.

et

E

sontélémentsde

O

,

2.

O

est stablepar intersetionnie,i.e., pourtout

n ∈ N

et pourtoutefamille (nie)

(U i ) i=1,...,n ∈ O n

ona

T n

i=1 U i ∈ O

,

3.

O S

eststableparunionquelonque,i.e.,pourtoutefamille

(U i ) i∈I

I

estunensemblequelonqueona

i ∈ I U i ∈ O

.

Leséléments

U

de

O

sontappelé lesouvertsde

E

(oulesensemblesouvertsdans

E

).

Leouple

(E, O )

estappeléespaetopologique.

Exemple 0.10 Topologie

O R

usuelle de

R

: elle engendréepar lesintervalles ouverts

]a, b[

pour

a < b

. Elle

est appeléetopologieborélienne, outopologieusuelle.Et parexemple

U i =] − 1 i , 1[

donne

T

i=1 U i = [0, 1[

qui

n'estpasouvert: d'où2.dansladénition0.9.

Exemple 0.11 Topologieusuellede

R 2

: elleengendrée parlesretanglesouverts

]a, b[ × ]c, d[

pour

a < b

et

c < d

(lespavésouverts).Elle estégalementappelée topologieborélienne, outopologieusuelle. Idemdans

R n

àl'aidedespavésouverts.

Exemple 0.12 Pourtoutensemble

E

,

O = {∅ , E }

estunetopologieappeléelatopologiegrossière.Onl'exlura

denotreétude.

Exemple 0.13 Pourtoutensemble

E

,

O = P (E)

estunetopologieappeléelatopologiedisrète.Utiliséepour

lamesuredeDira,lamesuredeomptage,lesprobabilitésdisrètes...

Dénition 0.14 Si

(E, O E )

et

(Z, O Z )

sontdeux espaes topologiques, une appliation

f : E → Z

est dite

ontinuessil'imageréiproquedetoutouvertde

Z

estunouvertde

E

,i.e.ssi

∀ V ∈ O Z

ona

f 1 (V ) ∈ O E

.

Dénition 0.15 Soit

I

unensemble, soit

(A i ) i∈I

unefamilledesous-ensemblesde

E

, etsoit

F = S

I A i ⊂ E

.

Latopologieengendréeparlafamille

(A i ) i∈I

estlapluspetitedestopologiessurl'ensemble

F

pourlaquelleles

A i

sontouverts(i.e.l'intersetiondetouteslestopologiespourlesquelles les

A i

sontouverts).

(5)

Exerie 0.16 Soit

(A i ) i ∈ I

unefamilledesous-ensemblesde

E

ontenant

,etsoit

O F

latopologieengendrée

par

(A i ) i ∈ I

dans

F = S

I A i

.Montrerque

U ∈ O F

ssi

U

est uneunionquelonque d'intersetionniede

A i

.

Réponse.Soit

G = { B ⊂ E : ∃ n ∈ N, ∃ (i k ) k=1,...,n ∈ I n , B = T n

k=1 A i k }

l'ensembleonstituédetouteslesintersetions nies de

A i

, etsoit

H = { Z ⊂ E : ∃ J

ensemble

, ∀ j ∈ J, ∃ B j ∈ G, Z = S

j ∈ J B j }

l'ensembleonstituédes unions

quelonquesd'élémentsde

G

.

Ils'agitdemontrerque

O F = H

.

:soit

Z ∈ H

;don

Z = S

j ∈ J B j

B j = T n j

k=1 A i k

pourtout

j

.Don

B j ∈ O F

pourtout

j

(intersetion nie), don

Z ∈ O F

(unionquelonque).Don

H ⊂ O F

.

:montronsque

H

estunetopologie:si'estleas,ommeelleontient

F

,elleontientlapluspetitedestopologies

engendrées,don

H ⊃ O F

.

Ona

∅ ∈ H

parhypothèse.Comme

F = S

I A i

,ona

F ∈ H

.Ilestimmédiatque

H

eststableparunionquelonque

puisqu'uneunionquelonqued'unionquelonquesestenoreuneunionquelonque.Ilresteàmontrerque

H

eststable

par intersetion nie. Soient

Z = S

α ∈ J 1 B α

et

Y = S

β ∈ J 2 C β

deux éléments quelonques de

H

, les

B α

et les

C β

étant desintersetionsniesde

A i

.Commel'union etl'intersetion sont distributivesl'une parrapportàl'autre,ona

Z ∩ Y = ( S

α ∈ J 1 B α ) T ( S

β ∈ J 2 C β ) = S

(α,β)∈ J 1 × J 2 (B α T C β )

qui estbien uneunionquelonque d'intersetions nies.

Pourunnombrenid'intersetion,onfaituneréurreneimmédiate.

Exerie 0.17

O R

étantlatopologie(usuelle)engendréeparlesintervallesouvertsde

R

,ondéduitdel'exerie

préédentquetoutouvertestuneunionquelonqued'intervallesouverts.Eneet,uneintersetionnied'inter-

valles estunintervalle:soit

X =]a 1 , b 1 [ ∩ ]a 2 , b 2 [

.Si

a 1 ≤ a 2

,onasoit

b 1 ≤ a 2

etalors

X = ∅

,soit

a 2 ≤ b 1 ≤ b 2

et alors

X =]a 2 , b 1 [

,soit

b 2 ≤ b 1

et alors

X =]a 1 , b 1 [

. Etidemsi

a 2 ≤ a 1

.Etréurreneimmédiate.

Exerie 0.18

O R

étantlatopologie(usuelle)engendréeparlesintervallesouvertsde

R

,onamieux:montrer:

si

U ∈ O R

(unouvert), alors

U

est uneuniondénombrable(unique)d'intervallesouvertsdisjoints.

Réponse.Soit

x ∈ U

.Comme

U

estouvertetlesintervallesouvertsformantunebasedevoisinage,ilexisteunintervalle ouvertinlusdans

U

ontenant

x

.Notons

]a x , b x [

leplusgrandintervalleouvertdans

U

ontenant

x

,

a x , b x ∈ R

.D'où

U = S

x ∈ U ]a x , b x [

(en partiuliersi

U

estonnexe alors

U

est onstituéd'unseul intervalle). Etdanshaque

]a x , b x [

,

∃ q x ∈ Q

t.q.

q x ∈ ]a x , b x [

,ave immédiatement

I q x = I x

.Don

U = S

q x ∈ U I q x

.Comme

Q

est dénombrable, l'unionest auplusdénombrable.Etparonstrutionlesouvertssontdisjoints.Etl'uniitéd'unetelleunionestimmédiate.

Exerie 0.19 Malheureusement le résultat préédent ne tient pas dans

R 2

(et plus généralement dans

R n

pour

n ≥ 2

) ausens :les pavésouverts

]a 1 , b 1 [ × ]a 2 , b 2 [

de

R 2

engendrentlatopologieusuelle de

R 2

, mais un

ouvertde

R 2

n'estpasune uniondénombrablede pavésouverts(nondégénérés) disjoints.Lemontrer pourle erleunité.(Puis voirl'exeriesuivant.)

Réponse. Soit

D = { ~x : || ~x || 2 < 1 }

.Supposonsqu'ilexisteuneunion

S

N P i

onstituéedepavésouvertsdisjointsnon

dégénéréstelle que

S

N P i = D

. Notons

P 1 =]x 1 , x 2 [ × ]y 1 , y 2 [

,ave

(x 2 − x 1 )(y 2 − y 1 ) 6 = 0

ar

P 1

nondégénéré. Etona

(x 1 , y 1 +y 2 2 ) ∈ / P 1

(ar

P 1

estouvertet

(x 1 , y 1 +y 2 2 )

estsursonbord,dessin),ave

(x 1 , y 1 +y 2 2 ) ∈ D

(stritementonvexe), et

D = S

N P i

,don

∃ k ∈ N

,

k > 1

,

(x 1 , y 1 +y 2 2 ) ∈ P k

.Ave

P 1 ∩ P k 6 = ∅

(uniondisjointe)don

(x 1 , y 1 +y 2 2 )

surlebord

de

P k

,donnondans

P k

(ouvert).Absurde.

Exerie 0.20 Dénition :Soit

(F i = [a i , b i ]) i ∈ I

unefamilled'intervallesfermést.q.

a i < b i

pourtout

i

.Cette

familleestditepresquedisjointessilesintervallesouverts

]a i , b i [

sontdeux àdeuxdisjoints.

Montrer que si

U ∈ O R

(i.e.

U

est un ouvert), alors il existe une famille dénombrable

(F i = [a i , b i ]) i ∈ N

presquedisjointed'intervallesfermést.q.

U = S

i ∈ N F i

.Etettepropriétéestonservéedans

R n

les

F i

sont

despavés.

Réponse.Onpave

R n

parlespavésubiques

[a 1 , a 1 +q] × ... × [a n , a n +q]

les

a i

sontdesmultiplesde

2 m

et

q = 2 m

(pavésdevolume

2 m ) n

).(VoirparexempleRudin[17 ℄p.48.)

1 Ensembles, tribus et mesures

1.1 Tribus, espaes et ensembles mesurables, tribu borélienne

Soit

E

unensemble.Pour

A ⊂ E

,onnote

A C = E − A

leomplémentairede

A

dans

E

.

Dénition 1.1 Étant donné unensemble

E

, une tribu (ou

σ

-algèbre) est unensemble

A ⊂ P (E)

departies

de

E

telque:

1.

et

E

sontélémentsde

A

,

2.

A

eststable paromplémentation,i.e.,si

A ∈ A

,alors

A C ∈ A

.

3.

A

est stable par union et intersetion dénombrable, i.e. si

(A i ) i∈ N ∈ A N

, alors

T

i ∈ N A i ∈ A

et

S

i ∈ N A i ∈ A

,

(6)

Remarque 1.2 Dansladénitionpréédente,ilyadesredondanes:unedénitionminimaleéquivalenteest

(i)

E ∈ A

,(ii)stabilitéparomplémentation,(iii)stabilitéparuniondénombrable.Eneet(ii)et(i)impliquent

E C = ∅ ∈ A

et(ii)et (iii)impliquent

( S

i ∈ N A i ) C = T

i ∈ N A C i ∈ A

.

Dénition 1.3 Un ensemble

E

muni d'une tribu

A

onstitue un espae mesurable noté

(E, A )

(espae sur

lequelonvapouvoironstruiredesmesures).

Etlesensembles

A ∈ A

sontappeléslesensemblesmesurablesde

E

.

Exemple 1.4 Pour

E

ensemblequelonque,

A = {∅ , E }

est unetribuappeléetribugrossière

Exemple 1.5 Pour

E

ensemblequelonque,

A = P (E)

estune tribuappelée tribudisrète(elleontienttous

lessingletons

{ x }

pour

x ∈ E

).

Exemple 1.6 Soit

E

un ensemble quelonque ontenant au moins deux éléments. Soit

A ⊂ E

. Alors

A = {∅ , A, A C , E }

estune tribu(importanteenprobabilités).

Exerie 1.7 Montrerquesi

A, B ∈ A

,alors

B − A ∈ A

.

Réponse.

B − A = B T A C

.

Proposition1.8 Uneintersetionquelonquedetribus de

E

est unetribude

E

.

Preuve. Unélémentdel'intersetionappartientàtouteslestribus etdonvérie1.,2.,3.

Dénition 1.9 Soit

F = (A i ) i∈I

unefamilledesous-ensemblesde

E

,

I

estunensemblequelonque(dénom-

brableounon).L'intersetiondetouteslestribusontenant

(A i ) i ∈ I

estappeléetribuengendréeparlafamille

(A i ) i ∈ I

,souventnotée

σ(F)

(

σ

-algèbreengendréeparlafamille

F

).

Voirplusloinremarque1.13poursaonstrution.

Dénition 1.10 Si

(E, O )

est unespaetopologique,onappelletribuboréliennelatribu

σ( O )

engendréepar

lesouvertsde

E

('estlapluspetitetribuontenantlatopologie

O

,ouenore,'estl'intersetiondetoutesles tribus quiontiennentlatopologie

O

).

Lesélémentsdelatribu borélienne sontappeléslesboréliens.

Exemple 1.11 Caspartiulierdulangage: latribuborélienne de

R

est latribuengendrée parlesintervalles ouverts.Dondans

R

,l'usagedumottribuborélienneindiqueque

R

aétépréalablementmunidesatopologie usuelle, elleengendréeparlesintervalles ouverts.

Onvérieimmédiatementquelesintervallesouverts,fermés,semi-fermés,bornésounon,sontdanslatribu

borélienne(enpartiulier,lesensembles

A

réduitàunpoint,

A = { x } = [x, x]

,sontdanslatribuborélienne).On notera

A R

latribuborélienne.Etonvoitque'estégalement,parexemple,latribuengendréeparlesintervalles

] − ∞ , b[

pour

b ∈ R

.

(Latribuborélienne eststritementinluse dans

P (E)

,voirremarque1.39.)

Proposition1.12 (Tribu par restrition.) Soit

(E, A E )

un ensemble mesurable, soit

F ⊂ E

, et soit

A F = { A ∩ F : A ∈ A E }

.Alors

A F

est unetribusur

F

,et

(F, A F )

estunensemblemesurable.

Preuve. 1- On a

A = ∅ ∈ A E

, don

∅ ∩ F = ∅ ∈ A F

. 2- Soit

B ∈ A F

, don

B = A ∩ F

ave

A ∈ A E

.

On a

A C ∈ A E

(tribu), don

F − B = F − (A ∩ F) = F ∩ A C ∈ A F

: le omplémentaire de

B

dans

F

appartient à

A F

. 3- Soit

(B i ) N

une famille dans

A F

. Don

B i = A i ∩ F

pour tout

i

A i ∈ A E

, don

S n

i=1 B i = S n

i=1 (A i ∩ F ) = ( S n

i=1 A i ) ∩ F ∈ A F

(distributivité).

Remarque 1.13 Laonstrutiond'une tribuengendrée

σ(Z )

parune famille

Z = (A i ) i∈I

desous-ensembles de

E

n'est pas aussi simple que elle de la onstrution d'une topologie engendrée par ette même famille,

f. exerie 0.16. Cette onstrution peut être faite par réurrene transnie (ou indution transnie ou

onstrutiontransnie).

Exemplepourlatribuboréliennede

R

ona

Z = O

l'ensembledesouverts.Lesétapessont:

0-si

Z

est une famille d'ensembles, onnote

Z σ

l'ensemble des unions dénombrableset

Z δ

l'ensemble des

intersetionsdénombrables.

1-Soit

Z 0 = { A ⊂ R : A ∈ O

ou

A C ∈ O}

l'ensembledesouvertsetdesfermés(

= O S ( O ) C

).

2-Soit

Z 1 = (Z 0 ) σ S

(Z 0 ) δ

et parréurrene

Z n+1 = (Z n ) σ S (Z n ) δ

.

3-Onmontreque

σ(Z) = S

n=1 Z n

,i.e.que toutélémentdelatribu appartientàun

Z n

(quitte àprendre

n

susamment grand) : le sens

est immédiat. Le sens

est moins immédiat : il s'agit de montrer que

(7)

Z = S

n=1 Z n

estbien unetribu :ilest immédiatque touteautretribuontenant

O

doitontenir

Z

.Tout

d'abordilestnonvidearontient

Z 0 ⊃ O

.

Lastabilitéparpassageauomplémentaire:si

A ∈ Z

alorsil existe

n ∈ N

telque

A ∈ Z n

.Montronsque

A C ∈ Z n

(don

∈ Z

):'estvraipour

n = 0

paronstrutionde

Z 0

.Supposonsqueesoitvraipour

n − 1

(i.e.

si

B ∈ Z n− 1

alors

B C ∈ Z n− 1

).Si

A ∈ Z n

alors

A

estdelaforme

A = ( S

N B i ) S ( T

N C j )

les

B i , C j ∈ Z n− 1

,

don

A C = ( S

N B i ) C T ( T

N C j ) C = ( T

N B i C ) T ( S

N C j C ) ⊂ ( T

N B i C ) S ( S

N C j C ) ∈ (Z n− 1 ) δ S

(Z n− 1 ) σ = Z n

:

onabien

A C ∈ Z n

.

Lastabilité paruniondénombrable:soit

(A i ) i∈ N

unefamilledénombrabledans

Z

.Notons

α i ∈ N

telque

A i ∈ Z α i

.Onaalors

S

i=0 A i ∈ S

i=0 Z α i ⊂ Z

.

1.2 Mesure, espae mesuré

Soit

(E, A )

unensemblemesurable.

Dénition 1.14 Une mesure positive (ou plus simplement une mesure) sur la tribu

A

est une appliation

positive

µ :

( A → R + = [0, ∞ ],

A → µ(A),

(1.1)

nonnulle telleque:

1.

µ( ∅ ) = 0

,

2.

µ

est

σ

-additive (propriété d'additivité dénombrable), i.e., pour toute famille dénombrable

(A i ) i ∈ N

d'ensemblesmesurables2à2disjointsona

µ( S

i ∈ N A i ) = P

i=1 µ(A i )

:

si

(A i ) i ∈ N ∈ A N

etsi,

∀ i, j ∈ N , A i

\ A j = ∅ ,

alors

µ( [

i ∈ N

A i ) = X ∞ i=1

µ(A i ).

(1.2)

3.

E

est réunion dénombrabled'éléments de

A

de mesurenie, i.e.,

E = S

i=1 A i

ave

µ(A i ) < ∞

pour

tout

i ∈ N

.

Et

µ(A)

estappeléelamesuredel'ensemblemesurable

A ∈ A

.

Dénition 1.15 Un espae mesurable

(E, A )

muni d'une mesure

µ

est noté

(E, A , µ)

, et est appelé espae

mesuré.

Cas partiulier : si

µ(E) = 1

, alors

µ

est appelée mesure de probabilité, et

(E, A , µ)

est appelé espae

probabilisé.

Exerie 1.16 Montrerquesi

A 1 , A 2 ∈ A

sontdisjointsalors

µ(A 1 ∪ A 2 ) = µ(A 1 ) + µ(A 2 )

.Endéduireque2.

implique1.(don1.estredondantdansladénition1.14).

Réponse.Onprend

A 3 = A 4 = ... = ∅

dans2.

Puissoit

A 1 ∈ A

t.q.

µ(A 1 ) < ∞

.Untel

A 1

existearunemesurevérie3..Et

A 2 = ∅ ∈ A

.Et

A 1

et

sontdisjoints

(

A 1 ∩ ∅ = ∅

).D'où

µ(A 1 ) = µ(A 1 ∪ ∅ ) = µ(A 1 ) + µ( ∅ )

,d'où

µ( ∅ ) = 0

.

Exerie 1.17 Montrerquesi

A, B ∈ A

et

A ⊂ B

,alors

µ(A) ≤ µ(B)

.

Réponse.

B = A S (B − A)

ave

A T (B − A) = ∅

.

Exemple 1.18 Pour

E = R

munide satribu borélienne, lamesureusuelle

µ ℓ

, ditemesure de Lebesgue, est

dénie par,pourtout

a, b ∈ R

t.q.

a ≤ b

:

µ ℓ ([a, b]) = b − a (

lalongueurde

[a, b]).

(1.3)

En partiulier

µ ℓ ([a, a]) = 0 = µ ℓ ( { a } )

pourtout

a

:onditque

µ ℓ

estunemesurediuse (ousansatome).

µ ℓ

dénie àl'aidede(1.3)est-elleune mesuresur

T R

?

Lepoint3.deladénition1.14estimmédiat :

R = S

n∈ Z [n − 1, n]

.

Pourlepoint1.,néessairement

µ ℓ ( ∅ ) = 0

(ompatible ave

∅ ⊂ { a }

).On doitavoir

µ ℓ ([a, b]) = µ ℓ ( { a } ) + µ ℓ (]a, b])

pourtout

a < b

,don

µ ℓ (]a, b]) = b − a

.Idem

µ ℓ (]a, b[) = b − a

pourtout

a < b

.Don

µ ℓ

estdénisur

latopologieusuellede

R

(déniesurtouslesouverts).

Onadmetque

µ ℓ (A)

estalorsbiendénisurtoutensemblemesurable

A ∈ A R

.Lepoint2.deladénition1.14

est égalemntadmis. VoirparexempleMuthukumar[10℄,Rudin[17℄,Villani[18℄...(LeŸ8.6donneuneidéede

ladémonstrationàl'aidedelamesureextérieure).

Ainsil'espae

(R, A , µ ℓ )

estunespaemesuré.

(8)

Exemple 1.19 Surlatribu

A = {∅ , E }

,lafontion

µ

dénie par

µ( ∅ ) = 0

et

µ(E) = 1

est unemesure.

En revanhe, toujourssur

A = {∅ , E }

,lafontiondénie par

µ( ∅ ) = 0

et

µ(E) = ∞

n'est pasunemesure

(lepoint3.n'estpassatisfait).

Exemple 1.20 (MesuredeDira

µ = δ x

)Soit

E

unensemblemunidesatribudisrète

A = P (E)

, etsoit un

point

x ∈ E

.Pour

A ∈ A

onpose:

δ x (A)

( = 1

si

x ∈ A,

= 0

si

x 6∈ A,

i.e.

δ x (A) = 1 A (x),

(1.4)

1 A

estlafontionindiatriede

A

,f.(0.1).Onvérieque

µ = δ x

estbienunemesure:lepoint3.estdonné

par

δ x (E) = δ x ( { x } ) = 1

.Le point 2.est donnépar : si

(A i ) N

est une familled'ensembles mesurables2à 2 disjoints,alorsunauplusdes

A i

ontient

x

.

Comme

δ x ( { x } ) = 1

,lamesure

δ x

n'estpasune mesurediuse (lamesured'unsingletonn'estpasnées-

sairementnulle),ontrairementàlamesuredeLebesgue.

Exemple 1.21 (Mesuredeomptage) Onprend

E = (x i ) i ∈ N

unensembledénombrableet

A = P (E)

(tribu

disrète).Onpose:

µ = X ∞ i=1

δ x i ,

i.e.

∀ A ∈ A , µ(A) = X ∞ i=1

1 A (x i ).

(1.5)

µ(A)

ompte lenombredepoints

x i

dans

A

.Onvérieque'estune mesure.

Exemple 1.22 (Mesureatomique)Onprend

E

unensemblequelonqueet

A = P (E)

.Onsedonneunesuite

(x i ) i ∈ N

depointsde

E

,et unesuite

(λ i ) i ∈ N

deréels,etonpose

µ = X ∞ i=1

λ i δ x i ,

i.e.

∀ A ∈ A , µ(A) = X ∞ i=1

λ i 1 A (x i ).

(1.6)

Onvérieque'estunemesure.En partiulier

δ x

est unemesureatomique.

Exemple 1.23 (MesuredeStieljes)On prend

E = R

,

A

latribu borélienne et

F : R → R

unefontionréelle

roissante.Onpose,pourtout

a, b ∈ R

si

a < b

:

µ F ([a, b])

déf

= F (b+) − F(a − ),

(1.7)

F (b+) = lim h>0,h → 0 F (b + h)

et

F(a − ) = lim h>0,h → 0 F (a − h)

. Faire undessin. Et

F

étantroissante,on a

F (b+) = inf x>b F(x)

et

F(a − ) = sup x<a F(x)

quiexistenttoujours.

F

estappeléeprimitivede

µ F

(dénieàuneonstanteprès).

Caspartiulier

F

estontinue:

µ F ([a, b]) =

déf

F (b) − F (a)

.

Etenpartiulierlorsque

F (x) = x

, alors

µ F

est lamesuredeLebesgue.

Exerie 1.24 VériezquepourunemesuredeStieljesdonnéeet

b > a

ona:

 

 

 

 

 

µ F ([a, b[) = F (b − ) − F (a − ), µ F (]a, b]) = F (b+) − F (a+), µ F (]a, b[) = F (b − ) − F (a+),

µ F ( { a } ) = F (a+) − F (a − )

noté

= [F ](a)

(sautde

F

en

a

)

.

(1.8)

Réponse.Pardénition

µ F ( { a } ) = µ F ([a, a]) = F (a+) − F(a − )

,i.e.(1.8 )

4

.

Et

[a, b] = { a } S ]a, b]

, union disjointe, donne

µ F ([a, b]) = µ F ( { a } ) + µ F (]a, b])

, soit

F (b+) − F (a − ) = F (a+) − F (a − ) + µ F (]a, b])

.D'où(1.8 )

2

.Idempourlesautresas.

Autredémonstration.Pourtout

h > 0

telque

b − h > a

:

µ F ([a, b − h]) = F ((b − h)+) − F (a − ) h −→

→0 F(b − ) − F (a − ),

ar

F((b − h)+) ≤ F (b − )

pourtout

h>0

,et

F((b − h)+) ≥ F (b − ε)

pourtout

ε

dèsque

h < ε

.Demêmepourlesautres

as.

Exemple 1.25 Mesure de probabilité: 'est le as de lamesure de Stieljes où

F

(roissante) est ontinue à droite etesttelle que

F ( −∞ ) = 0

et

F ( ∞ ) = 1

.Enpartiulierona:

µ F (] − ∞ , t]) = F (t).

(1.9)

Et

F

estappeléefontionderépartitiondelaprobabilité

µ

.

Exemple:

F = 1 [c, ∞ [

estlafontionderépartitiondelaprobabilité

δ c

sur

R

, et

F

est uneprimitivede

δ c

,

voiroursdedistributions.

(9)

1.3 Propriété essentielle : une mesure est monotone

Dénition 1.26 Soit

(A n ) 1 ≤n≤∞ ∈ P (E) N

unesuitedesous-ensemblesde

E

.

Lasuite

(A n ) 1 ≤n≤∞

estroissantessi

A n+1 ⊃ A n

pourtout

n

.

Lasuite

(A n ) 1 ≤ n ≤∞

estdéroissantessi

A n+1 ⊂ A n

pourtout

n

.

(A n ) N

est monotonessi

(A n ) N

estroissanteoudéroissante.

Si

(A n ) N

estroissante,onnote

[

n ∈ N

A n

noté

= lim

n →∞ A n

.

Si

(A n ) N

estdéroissante,onnote

\

n ∈ N

A n

noté

= lim

n→∞ A n

.

Proposition1.27 Si

(E, A , µ)

est unespaemesuré, si

(A n ) n∈ N

est une suiteroissanted'ensembles mesu- rablesalors

µ(lim n →∞ A n ) = lim n →∞ µ(A n )

:

(A n ) n ∈ N

roissante

⇒ µ( lim

n →∞ A n ) = lim

n →∞ µ(A n ).

(1.10)

Ondit que

µ

est roissante.

Mêmerésultatsilasuite

(A n )

estdéroissanteàonditiondesupposerdeplusque

µ(A 1 ) < ∞

:onditque

µ

est déroissante.

Preuve. Notons

A = S

n∈ N A n =

noté

lim n →∞ A n

.Ona

A ∈ A

pardénitiond'unetribu.Onpose

B 1 = A 1

et

B n+1 = A n+1 − A n

pourtout

n ≥ 1

(les

B n

sontlesouhessuessivesdel'oignon

A

).

A m = S

1 ≤ n ≤ m B n

(trivial),etles

B n

sont2à2disjoints(trivial),d'où

µ(A m ) = P m

n=1 µ(B n )

ar

µ

estune

mesure. Et, par dénition de

P

n=1

, ona

P

n=1 µ(B n ) = lim m →∞ ( P m

n=1 µ(B n )) = lim n →∞ µ(A n )

, la limite

existantdans

R

ar

(µ(A n ))

est unesuiteroissante,f. exerie1.17.

Etona

A = S

n ∈ N A n = S

n ∈ N B n

(immédiat). D'où,les

B n

étant2à2disjointset

µ

étantunemesure,

µ(A) = P

n=1 µ(B n )

,d'où

µ(A) = lim n →∞ µ(A n )

ommeannoné.

Dans le as

(A n ) N

déroissante, démonstration similaire. N.B. : l'hypothèse

µ(A 1 ) < ∞

est néessaire :

prendre

A n = { n, n+1, .... } = N − [1, n − 1] N

, on a bien

(A n ) N

déroissante, mais

A n −→ n→∞ ∅

, don

µ(lim n→∞ A n ) = 0

,alorsque

µ(A n ) = ∞

pourtout

n

.

Remarque 1.28 Ononsidère

(R, A R )

l'espaeborélienréel usuel, et

µ ℓ

lamesurede Lebesgue sur

R

. Alors

si

A ∈ A R

(estmesurable),ona

µ ℓ (A) = inf { µ ℓ (U ) : U ∈ O , U ⊃ A }

.

Pourlevoir,ondénit

µ : A R → R +

par

µ(A) = inf { µ ℓ (U) : U ∈ O , U ⊃ A }

. Onmontre que

µ

est bien

une mesure,etqu'elleestégaleà

µ ℓ

surlesintervallesouverts.

1.4 Ensembles

µ

-négligeables, ensemble de Cantor

1.4.1 Ensembles

µ

-négligeables Soit

(E, A , µ)

unensemblemesuré.

Dénition 1.29 Si

A ∈ A

est telque

µ(A) = 0

,onditque

A

est

µ

-négligeable.

Exemple 1.30 PourlamesuredeDira

δ x

,si

x 6∈ A

,alors

δ x (A) = 0

et

A

est

δ x

-négligeable.Etsi

x ∈ A

,alors

δ x (A) = 1

et

A

n'estpasnégligeable.

Exemple 1.31 PourlamesuredeLebesgue

µ ℓ

,tout ensemble dénombrableestnégligeable.Etunouvertnon viden'estjamaisnégligeable(il ontientunintervalleouvertnonvide).

1.4.2 Ensemblede Cantor

PourlamesuredeLebesgue

µ ℓ

,ilexistedesensemblesnégligeablesquisontnondénombrables.

Exemple 1.32 Ensemble de Cantor : il est onstruit omme limite de la suite de fermés emboités dont les

premierstermessont:

A 0 = [0, 1]

A 1 = [0, 1 3 ] [

[ 2 3 , 1]

A 2 = [0, 1 9 ] [

[ 2 9 , 1

3 ] [ [ 2

3 , 7 9 ] [

[ 8 9 , 1]

(1.11)

(Onenlève

1

3

auentre dehaqueintervallerestant.Faireundessin.)

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