MUSÉE DE MARINE
DU MÊME AUTEUR aux éditions Collot
LA BELLE AUDE PERPIGNAN LES CINQ SENS
suivi de
IL ÉTAIT UNE FOIS NAPOLÉON (Denoël / Collot) LA JONQUE DE PORCELAINE
(Le temps qu'il fait / Collot) À LA BELLE ÉTOILE (Le temps qu'il fait / Collot)
Joseph Delteil
MUSÉE DE MARINE
nouvelles réunies et présentées par Robert Briatte
Éditi ons Collot Le temps qu'il fait
© Collot & Le temps qu'il fait, 1990. ISBN 2.86853.106.7
Cinq marines et trois allégories
Les nouvelles de ce petit recueil sont réu- nies ici pour la première fois, plus de soixante ans après leur rédaction. Du Musée de Marine — inscrit au sommaire du numéro 31 des «Images de Paris» d'Élie Richard — au Paradis Terrestre que Tou- chagues illustre pour le deuxième numéro de l'étonnant «Jazz» orchestré par Carlo Rim, toutes ces miniatures romanesques ont été publiées en revues entre 1922 et 1929. Delteil ne les a pas retenues dans ses Œuvres Complètes, mais l'univers exotique et surréaliste des romans qu'il écrit en ces folles années se retrouve dans ces huit
tableaux, qui entretiennent par ailleurs d'étranges correspondances : narrateurs in- décis et troubles, mystère de la nuit, vio- lence froide, attrait du sexe et de l'eau... On y baigne partout dans ces nouvelles, on bai- gne continuellement dans cet élément inat- tendu dans l'esprit du pétillant Delteil — alors représentant en blanquette de Limoux, et nonobstant fonctionnaire atta- ché au Ministère de la Marine Marchande.
Il dira plus tard qu'il n'y a qu'une manière d'aimer : «océaniquement». Et comme s'il avait voulu dans ses «contes» — ainsi qu'il les désignait — explorer les délices de l'aquarium avant de gagner la haute mer, l'eau est la véritable héroïne de ces tableaux maritimes et fluviaux. En débarquant à Paris, du train qui l'amenait de sa province pierreuse et sèche, Delteil a découvert la Seine, les Parisiennes et le canal Saint- Martin. «L'eau exerce sur l'homme une atti- rance immémoriale, explique-t-il en 1924.
Elle a l'odeur du péché et de la maternité.
C'est l'élément femelle par excellence, le vaste principe de séduction qui ait à travers les siècles ravi et bouleversé la race
humaine... L'homme est issu de l'eau. Fils de l'eau : ce titre me paraît posséder assez de noblesse dans sa transparence... Cer- tains peuples se souviennent de cette origine liquide, qui ont coutume d'ensevelir leurs morts dans l'eau. Au lieu du terrible : Memento quia pulvis es, il me plaît assez qu'on interpelle plus gracieusement la créa- ture de la sorte (surtout s'il s'agit d'une femme, d'une jeune femme) : Memento quia aqua es, et in aquam reverteris
Monde étrange du fantasme : le lecteur se retrouve spectateur complice, mais aussi voyeur coupable. Ainsi dans Ma Femme, jolie farce dont le titre même annonce la chute loufoque, et dans Le Paradis Terres- tre, où un vieil Adam découvre pour nous une jeune beauté virginale — qui n'en exerce pas moins le plus vieux métier du monde. Invoquons cette belle de nuit gour- mandement déifiée, puisque Delteil nous y invite ! Et prions pour le jeune héros théâ- tralement sacrifié d'Iphigénie.
Sa présence en 1922 dans la très respec- table «NRF» scandalise Paul Claudel, qui menace Jacques Rivière de ne pas renou-
« Je lègue mes biens et mes pensées à qui découvrira ce manuscrit. Le relevé de ma for- tune se trouve au Musée de Marine de Paris, au Louvre, salle 3, sur une plaque de cuivre clouée à l'intérieur du voilier Araminte, exposé à gauche, du côté de la cour.»
Tout l'univers exotique des romans que Joseph Delteil écrivit pendant les années folles se retrouve dans ces huit contes, miniatures océaniques, pieds de nez à la logique roma- nesque, qui datent de 1922 à 1929 et sont réunies ici pour la première fois.
Le jeune et pétillant Delteil ne prend rien au sérieux, s'amuse à saborder ses histoires avec une drôlatique cruauté. Et c'est tant mieux pour nous, qui nous sommes laissé prendre.
Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement
sur un support imprimé, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres Indisponibles du XXe siècle.
Cette édition numérique a été réalisée à partir d’un support physique parfois ancien conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.
Elle peut donc reproduire, au-delà du texte lui-même, des éléments propres à l’exemplaire qui a servi à la numérisation.
Cette édition numérique a été fabriquée par la société FeniXX au format PDF.
La couverture reproduit celle du livre original conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.
*
La société FeniXX diffuse cette édition numérique en vertu d’une licence confiée par la Sofia
‒ Société Française des Intérêts des Auteurs de l’Écrit ‒ dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012.