NOTE
EFFET DE L’ADDITION D’URÉE
A UN RÉGIME PAUVRE EN PROTÉINES
CHEZ LE LAPIN EN CROISSANCE
F. LEBAS M. COLIN G. SARDI Station de Rechevches sur
l’Élevage
des Porcs,Centre national de Recherches
zootechniques,
1. N. R.A.,
., 78350Jouy
enJosas
RÉSUMÉ
On a étu<lié sur 20
lapereaux californiens âgés
de 5 semaines les effets d’une addition d’urée à l’alimentation duLapin.
Les animaux recevaient soit unrégime
témoin à 12,5 p.ioo deprotéines,
soit un
régime comprenant
f,5 p. 100d’urée enplus
des 12,5 p. 100deprotéines.
L’étude du
gain
depoids,
de la consommation et de l’indice de consommation des animauxne montre aucune différence
significative
entre les 2régimes. Malgré
le faible tauxprotéique,
lesanimaux n’ont donc pas utilisé l’urée en
quantité
mesurable. L’addition d’urée à l’alimentation duLapin
semble donc actuellement sansintérêt,
du moins dans les conditions nutritionnelles utilisées.INTRODUCTION
Plusieurs études ont mis en évidence l’existence d’une flore
uréolytique
dans le tubedigestif
du
lapin,
enparticulier
dans l’estomac(V lALLA ifD
etR AYNAUD , 19 66)
et dans le caecum(Hou p T, 19
63).
Le
Lapin
semble donccapable
desynthétiser
desprotéines
àpartir
d’urée.Dans ces conditions, il nous a semblé utile d’étudier les
possibilités
d’utilisation par lelapin
en croissance de
quantités importantes
d’urée pour son alimentation azotée.MATÉRIEL ET MÉTHODES
Vingt lapereaux californiens
des deux sexes,âgés
de 5semaines,
ont été élevés en cage individuellemétallique,
dans un bâtiment fermé. Les animaux ont reçu àvolontédurant6 semaines soit unrégime
témoincomprenant
12,5 p. too deprotéines,
soit le mêmerégime
oùl’urée,
à raisonde 1,5 p. 100, a été substituée à une fraction d’amidon
(tabl. i).
Les animaux ont étépesés
toutesles semaines le même
jour,
à la même heure. Lapesée
de laquantité
d’aliments distribués et ce!l&dquo;des refus 3 fois par semaine, a
permis
de calculer les consommations hebdomadaires et totales.RÉSULTATS ET DISCUSSION
Les
performances
obtenues pour legain
depoids,
la consommation et l’indice de consomma-tion
(tabl. 2 )
montrent que l’addition d’urée aurégime
ne modifiesignificativemet
aucun des3 critères.
Le
gain
depoids
et la consommation évoluent au cours dutemps
defaçon
presqueidentique
pour les 2
régimes.
Iln’y
a donc pasadaptation
descapacités digestives
de l’animal àl’apport
d’urée.
Le
régime
témoin ne contenait que 12,5 p. 100deprotéines, c’est-à-dire,
un tauxprotéique
très inférieur à
l’optimum,
évalué - pour laprotéine
desoja
- ày -i8
p. 100(L EBA S, 1973).
De
fait,
la croissanceenregistrée
pour l’aliment témoin n’a été que les2/3
de la croissance normale deslapins
de cette souche à cetâge.
Une utilisation de l’urée à des fins desynthèse protéique,
avait donc toute faculté pour se
développer.
Eneffet,
une utilisation de la totalité de l’urée à dessynthèses protéiques correspondrait,
dans notre cas, à environ 4,3points
deprotéine,
cequi
auraitsitué les aliments
supplémentés
à1 6,8
p. 100deprotéine,
soit une valeurproche
del’optimum.
Le
lapin
semble doncincapable
d’utiliser l’urée pour compenser un tauxprotéique trop
faible durégime.
Le résultat est en accord avec lesexpériences
menées par OLCESE et PEARSON( 194
8), qui
n’ont trouvé aucune amélioration de la croissance par addition de 3,23 p. 100 d’urée à 10 p. 100 de caséine.Mais,
leurs animauxprésentant
dessymptômes
d’une carence en vita-mine
A,
leurs résultats étaientsujets
à caution.Notre
expérience
vaégalement
dans le sens de celle de KING( 1971 ) qui,
dans unrégime
à13 ,
5 p. ioo de
protéines,
aremplacé
unepartie
de celles-ci par 0,75 p. 100d’urée,
tout engardant
le même
apport
azoté. La croissance des animaux durégime expérimental
étaitplus
faible que celle obtenue avec lerégime
témoin.Cependant,
cette étude nepermet
de conclurequ’à
unevalorisation éventuelle de l’azote de
l’urée,
moins bonne que celle desprotéines.
Aucontraire,
notre
expérience
met en évidence une utilisationquasiment
nulle del’urée,
mais sans effettoxique apparent. Toutefois,
il restepossible
de remettre enquestion
nosrésultats,
car nous n’avons pas la certitude que lerégime
de baseemployé
soit leplus
favorable audéveloppement
de la floredigestive.
D’autrepart,
la dose utilisée( 1 , 5
p.100 )
estpeut-être trop forte, unléger effetpositif
de
protéinogenèse
étant contrebalancé par unléger
effettoxique
del’ammoniaque
libérée à la suite desapports importants
d’urée.En
conclusion,
il semble que dans nos conditionsexpérimentales,
lelapin
soitincapable
d’utiliser dans son métabolisme desquantités importantes
d’azoteuréique exogène.
Reçu pour publication
en août 1972.SUMMARY
EFFECT OF ADDING UREA TO A POOR PROTEIN DIET IN GROWING RABBITS
The effect of
adding
urea to the diet was studied in 20five-weeks-old rabbits. The animals received either a control diet( 12 . 5 p. 100 protein)
or a dietcontaming
r.5 p. 100 urea + r z.5 p. 100protein.
There was no
significant
difference between the two diets asregards weight gain,
feed intake and feed conversion ratio. Inspite
of the lowprotein
level the animals did not use measurable amounts of urea.Consequently,
under thepresent
nutritionalconditions,
it does not seem to beinteresting
to use urea in thefeeding
of Rabbits.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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