Analyse - TD1
Lucie Le Briquer 3 octobre 2017
Exercice 1 : Autour de la continuité 1. Par définitionf:E →F est continue enx
– ⇔
def∀V ∈ V(f(x)),∃V0∈ V(x)tq∀y∈V0, f(y)∈V – ⇔ ∀V ∈ V(f(x)), f−1(V)∈ V(x)
On suppose : ∀O ⊂ F, O ouvert ⇒ f−1(O) ouvert. Soit x ∈ E et V ∈ V(f(x)). Par définition ∃O ouvert tq O ⊂V et f(x)∈O. Par hypothèse, f−1(O)est ouvert. Or O ⊂ V ⇒f−1(O)⊂f−1(V)etf(x)∈O⇒x∈f−1(O). Doncf−1(V)∈ V(x).
On suppose que∀x∈E,∀V ∈ V(f(x)), f−1(V)∈ V(x). SoitU ⊂F,U ouvert : – sif−1(U) =∅c’est un ouvert
– soit x ∈ f−1(U), f(x) ∈ U comme U est ouvert, c’est un voisinage de f(x). Par continuité def enx,f−1(U)est un voisinage dex. Ceci est vrai pour toutx∈f−1(U).
Doncf−1(U)est un voisinage de chacun de ses points. C’est un ouvert deE.
Remarque. Soit V ⊂ E, V voisinage de tous ses points. ∀x ∈ V, V ∈ V(x),∃Ux
ouvert tqx∈Ux⊂V. DoncV =S
x∈V Ux, doncV est ouvert.
Par analogie.f est continue en tout point deEssi l’image réciproque parf d’un fermé et un fermé.
2. ⇒: SoitA⊂E, commef est continue on a quef−1(f(A))est fermé. DoncA⊂f−1(f(A)) (carA⊂f−1(f(A))qui est fermé). Doncf(A)⊂f(A).
⇐: Supposons que∀A⊂E, f(A)⊂f(A).
Soit V un fermé de F. Soit A = f−1(V). On a f(A) ⊂ f(A) ⊂ f(A) = V = V. Donc f−1(V) =A⊂A⊂f−1(V)doncA=f−1(V). Ainsif est continue.
3. f:E→F etg:F →G. SoitU un ouvert deG.
(g◦f)−1(U) =f−1(g−1(U)
| {z }
ouvert
)
est ouvert par continuité. Doncg◦f est continue.
4. (a) f continue ⇒ f séquentiellement continue. xn → x: ∀V ∈ V(x),∃N ∈ N tq ∀n ≥ N, xn∈V
Soit V0 ∈ V(f(x)). Comme f continue en x, f−1(V0) ∈ V(§). Donc ∃N ∈ N tq
∀n≥N, xn ∈f−1(V0)donc∀n≥N, f(xn)∈V0. Doncf(xn)−−−−−→
n→+∞ f(x)
(b) E métrique. Sif n’est pas continue enx:
∃V ∈ V(f(x)),∀Un=B Å
x,1 n
ã
, f(Un)∩VC6=∅
∀n≥0,∃yn∈f(Un)∩VC.∃xn, f(xn) =ynavecxn ∈Unxn→x. Maisyn9y=f(x) car∀n, yn ∈VC.
Exercice 3 : Prolongement des applications uniformément continues E, F deux espaces métriques,D dense dansE,ϕ: D→F.F complet.
1. Soitϕ1, ϕ2:E →F deux prolongements continus deϕ. Soitx∈E.xn −−−−−→
n→+∞ x, xn ∈D.
Donc∀nϕ1(xn) =ϕ2(xn). Par continuitéϕ1(x)−−−−−→
n→+∞ ϕ(x), idem pourϕ2, d’oùϕ1(x) = ϕ2(x).
2. (a) xn−−−−−→
n→+∞ x. Montrons que(ϕ(xn))n∈Nconverge en montrant qu’elle est de Cauchy.
Par définition de l’uniforme continuité :
∀ε,∃η,∀(x, y)∈D2, d(x, y)≤η⇒d(ϕ(x), ϕ(y))≤ε
Soitε >0,∃n0,∀p≥n0,∀q, d(xp, xq)≤ηε. Donc∀p, q≥n0, d(ϕ(xp), ϕ(xq))ε.(ϕ(xn)) est de Cauchy donc elle converge versl.
Unicité de la limite. Soient xn →xet x0n →x, on a ϕ(xn)→l et ϕ(x0n)→l0. En posantz2n+1=xnetz2n=x0n,zn →x, on aϕ(zn)→l00,ϕ(z2n+1)→letϕ(z2n)→l0, on a donc l’égalité entre toutes les limites.
(b) Prolongement.Limite de la suite constante
Uniforme continuité.Soit ε >0. Soit η le pas d’uniforme continuité de ϕ, montrons qu’on a le même pas pour ψ. Soit x, y∈E tels qued(x, y)≤ η2. xn →xet yn →y, xn, yn∈D.
d(ψ(x), ψ(y))≤d(ψ(x), ψ(xn)) +d(ψ(xn), ψ(yn)) +d(ψ(yn)ψ(y))
À partir d’un certain rang on a :
d(ψ(xn), ψ(x))≤ ε 3 d(ψ(yn), ψ(y))≤ ε 3 et
∀n∈N, ψ(xn) =ϕ(xn) ψ(yn) =ϕ(yn)
etϕest uniformément continue. Commexn→xetyn →yet qued(x, y)≤ η2, à partir d’un certain rang,d(xn, yn)≤η. Doncd(ϕ(xn), ϕ(yn))≤ε. Doncd(ψ(x), ψ(y))≤Kε.
Exercice 4 : Complété d’un espace métrique Soit(E, d)un espace métrique.
1. (Existence) Soit(x, a)∈E2: ix:
ß E −→ R
y 7−→ d(x, y)−d(a, y) Continuité.Par continuité de la distance.
Borné.
ix(y)≤d(x, a) +d(a, y)−d(a, y) =d(x, a)
−ix(y)≤d(a, x) +d(x, y)−d(x, y) =d(a, x) doncix est bornée.
Posonsi:
ß E −→ Cb(E) x 7−→ ix
. Montrons quekix−iyk∞=d(x, y).
|ix(z)−iy(z)|=|d(x, z)−d(y, z)| ≤d(x, y)
et pourz=y, |ix(z)−iy(z)|=d(x, y). D’oùkix−iyk∞=d(x, y)
i:E→i(E)⊂ Cb(E). Définissons E“=i(E)k.k∞.E“est bien complet carE“est fermé dans Cb(E)qui est un espace complet eti(E)dense dansE“par définition de l’adhérence.
2. (Unicité)F1, F2deux espaces métriques complets etj1:E→F1,j2:E→F2tqj1(E) =F1 et j2(E) =F2. On construit d’abordientrej1(E)et j2(E).j1 etj2sont des bijections de E dansj1(E)et j2(E). Définissons :
i:
ß j1(E) −→ j2(E) x 7−→ j2◦j1−1(x)
On a donc i : j1(E) −→ j2(E). Comment la prolonger sur F1? i est une application uniformément continue (isométrie) définie sur un espace dense d’un espace métrique, à valeurs dans un espace complet. On a donc toutes les hypothèses nécessaires pour appliquer l’exercice 3. Alors, il existe un unique prolongement de isurF1.
Isométrie.∀x, y∈j1(E), dF2(i(x), i(y)) =dF1(x, y) Si x, y∈F1prenonsxn∈j1(E)→xet yn∈j2(E)→y.
dF2(i(xn),(yn)) =dF1(xn, yn) −→ dF1(x, y) =dF2(i(x), i(y))
Bijective.On fait le travail inverse aveci0 =j1◦j2−1. On définit ainsi la bijection réciproque dei.
3. (a) R (b) C([0,1]) (c) C0(R) =
ß
f ∈ Cb(R)|f(x)−−−−−→
x→±∞ 0
™
(d) Lp([0,1]) pourp <+∞etC([0,1]) pourp=∞
Exercice 6 : Un exemple de topologie non métrisable SoitE= [0,1][0,1] muni de la topologie produit.
f:E→F. On veut rendref continue en bougeant les topologies. Si on prend, comme topologie surE,TE=P(E)f forcément continue puisque{x}est un ouvert. Si on prend, comme topologie deF,TF ={∅, F}aussi. On cherche à construire la topologie la plus fine qui rendraitf continue.
Topologie produit : Πx: f ∈ [0,1][0,1] → f(x), la topologie la moins fine rendant toutes ces projections continues.
Πx: [0,1][0,1]−→[0,1]. SoitU ⊂[0,1]ouvert.
Π−1x (U) =¶
f ∈[0,1][0,1]|f(x)∈U©
= Ñ
Y
y6=x
[0,1]
é
×U
A=
Π−1x (U), U ouvert de[0,1], x∈[0,1]
La topologie produitT est alors définie comme la topologie engendrée parA.
SoitΩun ouvert deT. Ωest de la forme : Ω =Y
i∈I
Ui×Y
j /∈I
[0,1]
avecIun ensemble fini de[0,1].
1. f ∈[0,1][0,1]. Base de voisinage def : V(xi)i∈I =¶
g∈[0,1][0,1] |(xi)i∈I, I fini tq|g(xi)−f(xi)|< ε© Si fn−−−−−→
n→+∞ f dansE ⇔fn−−−−−→
n→+∞ f simplement Si fn −−−−−→
n→+∞ f dans E. Soit x ∈ [0,1] et ε > 0. On considère V(x),ε : ∃n0 ∈ N,∀n ≥ n0,|fn(x)−f(x)| ≤ε. Doncfn(x)→f(x).
Si fn−−−−−→
n→+∞ f simplement. Soit ε >0, I fini,(xi)i∈I dans[0,1].
∀i∈I,∃ni∈Ntq∀n≥ni, |fn(xi)−f(xi)| ≤ε pour n≥max
i∈I ni, lesfn sont dansV(xi),ε.
2. Montrons que les fonctions simples sont dens dans E. Soit f ∈ E, soit V(xi)i∈I,ε,f un voisinage de f. Prenonsg =P
i∈If(xi)1{x=xi} est une fonction simple dans le voisinage.
Donc les fonctions simples sont denses dansE.
3. Montrons que1, la fonction constante égale ) 1, n’est pas une limite de fonctions simples.
Soitfn une suiste de fonctions simples qui converge versf, montrons que {x|f(x) = 0}.
∀n∈Nfna un nombre fini de6= 0, posonsUn=fn−1(]0,1]),Un est donc fini.S
n∈NUn est dénombrable etf est nul surT
n∈NUnC car∀n∈N,∀x∈UnC,0 =fn(x)→f(x).f est nulle sauf sur un ensemble dénombrable⇒f 6=1.
4. Par l’absurde, si E était métrisable, considérons dla distance associée (on suppose donc que la distance produit la topologie, convergence avec dcorrespond à la convergence en topologie). Posons1, la fonction constante égale à 1.
B Å
1,1 n
ã
= ß
f ∈E |d(f,1)< 1 n
™
est un ouvert contenant 1
c’est une base de voisinage de 1. Les fonctions sont denses dans E donc ∀n ∈ N,∃fn ∈ B 1,n1
simple donc d(1, fn)≤ n1 −−−−−→
n→+∞ 0 donc fn converge vers1, ce qui est absurde par la question 3. DoncE muni de la topologie produit n’est pas métrisable.
Exercice 8 : Cas particulier du théorème de Schauder
1. Soitt∈]0,1[, ft(x) = (1−t)f(x) +tx0. Soientx, y∈K,
kft(x)−ft(y)k ≤ k(1−t)f(x)−(1−t)f(y)k
= (1−t)kf(x)−f(y)k
≤(1−t)kx−yk
Doncftest (1−t)contractante. Orft:K →K. Donc d’après le théorème de Picard (un compact est complet),ftadmet un unique point fixext.
2. (tn)∈KNavectn→0.(an)ntelle queanest un point fixe deftn. CommeKest compact on extrait une sous-suite de(an):(aϕ(n))qui converge versa. Quandn→+∞, par continuité def,f(a) =a.f admet donc un point fixe.
Exercice 7 : Tychonoff dénombrable
1. Vérifions tout d’abord que δn est une distance sur En. t 7→ 1−tt est croissante donc dn(x, z)≤dn(x, y) +dn(y, z)implique queδn(x, z)≤ 1+ddn(x,y)+dn(y,z)
n(x,y)+dn(y,z). – δn≤dn⇒Tδn⊂Tdn :
SoitU ∈Tδn, soitx∈U,∃r >0tel que Bδn(x, r)⊂U. Soity∈ Bdn(x, r), δn(x, y)≤ dn(x, y)< r ⇒ Bδn(x, r).Bdn(x, r)⊂ Bδn(x, r)⊂U ⇒U ∈Tdn⇒Tδn ⊂Tdn. – Montrons que Tdn ⊂Tδn. SoitU ∈ Tdn, soit x∈ U, ∃α >0 tel que Bdn(x, α)⊂U.
Soity ∈ Bδn
Äx,1+αα ä
. Or dn(x, y)< α⇔δn(x, y)< 1+αα . Alors y ∈ Bdn(x, α), d’où BδnÄ
x,1+αα ä
⊂ Bdn(x, α)⊂U. DoncTdn⊂Tδn.
Remarque. On vient de montrer que id: (E, d)→(E, δ)est un homéomorphisme.
2. Oest la topologie produit, notonsTd la topologie métrique. On sait queOest la topologie la moins fine qui rend les projections continuespn:E→En tqpn(x) =xn.
– Montrons queO ⊂Td. Soitx, y∈E,d(x, y) =P+∞
n=02−nδn(xn, yn).
δn(pn(x), pn(y)) =δn(xn, yn)
= 2n2−nδn(xn, yn)
≤2nd(x, y)
pn est2n-lipschitzienne donc continue. DoncO⊂Td.
– Montrons que Td ⊂ O. Soit Ω un ouvert de Td. Soit x ∈ Ω. On veut montrer que Ω∈ V(x). Il existeε >0 tel que ∀y ∈E, d(x, y)≤ε⇒y ∈Ω(B(x, ε)⊂Ω). On va trouver un entiern∈Net une famille(εj)0≤j≤N tel que :
N
\
j=0
p−1j Bδj(xj, εj)
⊂Ω
∀y∈E, d(x, y) =P+∞
n=02−nδn(x, y).
∃N ∈Ntel que P+∞
n=N+12−n≤2ε.∀y∈E : d(x, y)≤
N
X
n=0
2−nδn(xn, yn) +ε 2
≤
N
X
n=0 N
X
n=0
δn(xn, yn) +ε 2
Si y∈TN
j=0p−1j Bδj(xj,2Nε )
. Alors pourj≤N, δj(xj, yj)≤ ε
2N ⇒d(x, y)≤ε⇒y∈ B(x, ε)
Conclusion :TN
j=0p−1j Bδj xj,2Nε
⊂Ω. D’oùΩ∈ V(x).
3. Supposons que∀n(En, dn)est compact. Prenons(xn)n∈N∈EN.
– sur E1 : notons x1n =pE1(xn), alors(x1n)n∈N ∈E1N avecE1 compact. Donc il existe ϕ1 tel quex1ϕ
1(n)−−−−−−→
n−→+∞ x1∈E1.
On considère maintenant(xϕ1(n))n∈N∈EN. – surE2 : considérons(x2ϕ
1(n))∈EN2 compact.
Donc il existeϕ2 tel queÄ x2ϕ
1◦ϕ2(n)
ä−−−−−−→
n−→+∞ x2∈E2. – au rangp: considérons xpϕ1◦...◦ϕp−1(n)
n∈N∈EpNcompact. Donc il existeϕp tel que xpϕ
1◦...◦ϕp(n)−−−−−−→
n−→+∞ xp.
Procédé d’extraction diagonal : on poseψ(n) =ϕ1◦ϕ2...ϕn(n). Alors(xψ(n))n∈N est une suite extraite de (xn)n∈N ∈ EN. Et pour tout p ∈ N : xpψ(n) −−−−−−→
n−→+∞ xp ∈ Ep. Donc xψ(n)−−−−−−→
n−→+∞ x= (x1, ..., xp, ...)∈E.
Exercice 9 : Précompacité et relative compacité SoitE un espace métrique complet.
1. Aprécompact⇔Aprécompact – ⇒: clair
– ⇐ : SoitA précompact. Soit ε > 0. ∃{x1, ..., xn} tels queA ⊂Sn
i=1B xi,ε2 . Donc A⊂Sn
i=1B xi,ε2
⊂Sn
i=1B(xi, ε).
2. – Si Aest relativement compact.∃ Kcompact de E tel queA⊂K. Soitε >0. K est recouvert parSn
i=1B(x, ε)doncA⊂Sn
i=1B(x, ε).
– A précompact. Par la première question A est précompact. E complet donc A est compact ; qui est la définition deArelativement compact.
– Aborné.