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Relations entre les distances du foyer d'une conique à quatre points ou à quatre tangentes [fin]

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(1)

N OUVELLES ANNALES DE MATHÉMATIQUES

X. A NTOMARI

Relations entre les distances du foyer d’une conique à quatre points ou à quatre tangentes [fin]

Nouvelles annales de mathématiques 3e série, tome 2 (1883), p. 385-397

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(2)

385

RELATIONS ENTRE LES DISTANCES DU FOYER D'UNE CONIQUE A QUATRE POINTS OU A QUATRE TANGENTES

[FIN ( ' ) ] ; PAR M. X. ANTOMARI, Professeur au lycée de Garcassonne.

DEUXIÈME PARTJE.

RELATION ENTRE LES DISTANCES o'iJN FOYER A QUATRE TANGENTES.

1. L'équation tangentielle d'une courbe du second ordre rapportée à son foyer est

( I ) ( w_ ,/ 0 ), _ ,f i. _P 0 ), _ j _ =O l

UQ et vo désignant les coordonnées de la directrice.

Cette équation développée devient

9 > I

Si donc (M, f), ( M « , ^ ) , ( " 2 ^ 2 ) , ("3j ^3) désignent quatre tangentes, on aura les quatre équations

1 _

• -p-°'

:

- ^

= 0

'

^ 2 a 2 0 ^ 2 0 . 0 0 pi

3 ^ 3 0 - 3 0 0 pi

(l) Voir même Tome, p. 33;.

Ann. de Mat hé mat., 3 e série, t. Iï. (Septembre i883.) 25

(3)

( 38(3 )

Soient d,d^di,dA les distances du foyer aux quatre tangentes. On aura

(3)

Éliminons ul)7 y0 .et — entre les équations (2). 11 vien- dra, en tenant compte des relations (3).

' 1 >

(l'est la relation recherchée.

2. On voit sans plus de détails que, si trois tangentes restent (ixes et que la quatrième varie de façon que la relation (4) soit satisfaite, la quatrième tangente enve- loppe une conique ayant pour foyer l'origine5 et, par suite, que réciproquement, si quatre droites sont assu- jetties à la relation (4), elles sont tangentes à une même conique ayant pour foyer l'origine ou un point donné.

3. Comme nous allons le voir, la relation (4) peut être mise sous une forme plus simple et plus facile à in- terpréter géométriquement. Mais nous pouvons dès à present démontrer le théorème suivant :

THÉORÈME I. — Dans les coniques à centre, le produit des distances d'un foyer à deux tangentes parallèles est constant.

(4)

Supposons que les quatre tangentes forment un paral- lélogramme. On aura

(5)

Par suite,

(6)

X

Remplaçant dans (4)? '1 vient

(7)

K // K r i

, Après avoir multiplié la première ligne par K et la deuxième par K', retranchons la troisième de la pre- mière et la quatrième de la deuxième; puis supprimons les facteurs (i — R) et (i — R')} nous aurons

l\

S*

K2

«F

K'2 ()

()

Ki<

K'«, () ()

K ' , ,

[

I

J

1

(5)

ou, en développant,

KK'2 ,

( 388 )

K2K' — VU\) = O,

ou encore

m di - K

{ ' d] ~~ K7' Mais, en vertu des relations ( 6 ) , on a

d\ K'* c

(9) K'

et, en multipliant (8) et ( 9 ) , membre à membre, on a

fl?2 ö?2 = ö?i ö?3 ,

d'où

dd2 = ö ? ! ^ . c. Q. F. D.

COROLLAIRE. — i e lieu des projections d'un foyer sur les tangentes est une circonférence.

C'est à l'aide de cette propriété que nous détermine- rons les foyers dans l'ellipse et dans l'hyperbole; mais, avant d'aborder cette question, nous allons simplifier Ja relation (4).

4. Commençons par rappeler une formule importante.

Étant données deux droites D ^ I / J , ^ ) et D2 (M2,^2)

et un point P, intersection de deux droites D'(a', s/) et

*. i5), on a

(10) sinDïSP sinOSD2 sinPSD2 X sinOSD,

11 v 1

u" v" 1

U V I II V I

O désignant l'origine des coordonnées.

(6)

( 3 8 9 )

Pour plus de détails à ce sujet, nous renvoyons à la Géométrie analytique de Painvin.

Posons maintenant

A =

1 I I I 1 I

, A3 =

u u2

uz

u

lt\

u2 V V2 V4

V

Vl

v2 I ]

I I I I

0 0

On voit sans peine que la relation (4) développée peut s'écrire

et, en divisant par A qui n'est pas nul, car les trois tan- gentes (i*Mp,), (w2^2)? (^3^3) ne peuvent concourir au même point, il vient

"*>i-

u

x

I

dl

U V

2 II

ih ^3 I

I

I 1 I

I

U V U\ V U2 v Mi V u2 v

I 1 I 2 I

! I 2 I 3 I

- = o.

(7)

Supposons, pour fixer les idées, que le foyer soit à l'in- térieur du quadrilatère formé par les quatre tangentes,

Fig. 16.

et soit cp ce foyer (Jîg. 16), qui est aussi l'origine.

On a, d'après ce qui précède,

Al A

A2

A

A3 A

MnABD sinDBC sinBEF sinCEF sinCAB

y

X

X

HIIOBC

sincpBA

sincpEB sinco AD sincpAB

On a, d autre part, en examinant la figure,

Mnc&BG di ««incpEG d2 s i n o A D dz

sinoBK sincpEB sincpAB

En tenant compte des relations (i3) et ( 14)•. l'équa-

(8)

tioii (12 ) devient

1 1 MIIABD 1 sin BEF 1 MIICAB

1 sin DBG 2 sinCEF Ci sin CAD

Soient A, B, C, D les angles du quadrilatère. Les triangles ABD et DBC donnent

AD _ BD PC _ PB d'où

sin ABD AD sin \

On a de même, dans les triangles AEF et DEF, sinAEF _ sinA smDEF _ sin D

AF ~ EF ? DF ~~ EF ;

d'ou

sinAEF AF sinA sin DEF DF sinD

D ' a u t r e p a r t , les deux triangles A B F et D G F d o n n e n t AF AB DF GD

d'où

AF _ VB sinB DF - CD X MnC' et par suite

AB sinA sin B x

GD s i n C s i n D

Enfin les deux triangles CABet CAD donnent

<7<

Mn CAD

GB sin GD MI

(9)

Remplaçons dans ( i 5 ) , et nous aurons J^ i_ AD sin A

d~~d[ X CD X

-x- 1 A5 sin A sin B i CB sin B _

^ d\ X CD X sinC^inD — dl X CD X ïïïïT) ~ °' ou encore, sous une forme tout à fait symétrique,

/ CD sin C sin D AD sin A sin D

\ d 7fx

(16) \

i ABsinAsinB BCsinCsinB

H = o.

Ainsi :

THÉORÈME II. — Si, dans une conique, les quatre côtés d'un quadrilatère sont tangents aune même branche de courbe, et si Von multiplie chaque côté du quadrila- tère par les sinus des angles adjacents, puis que Von divise par la distance dufojer au côté opposé\ la somme des résultats correspondant à deux côtés opposés est égale à la somme des deux autres.

S. On démontrerait d'une manière analogue le théo- rème suivant :

THÉORÈME III. — Si un quadrilatère est circonscrit à une hyperbole de telle sorte qu il y ait deux côtés tangents à chaque branche, en opérant comme dans le théorème II, la différence des résultats correspondant à deux côtés opposés est égale à la différence des deux

autres.

On aurait donc, dans ce cas,

' AB sin A sin B CD sin G sin D

^ j

d,

d

i \ D * i n \ n n D CBsinCsinB

(10)

Remarque. — Les théorèmes II et III pouvaient être déduits des théorèmes I et II de la première Partie.

Nous avons préféré la démonstration précédente, qui nous semble plus élémentaire.

COROLLAIRE I. — Dans tout quadrilatère inscriptihle circonscrit à une ellipse, si Von divise chaque côté par la distance du foyer au côté opposé, la somme des rap- ports correspondant à deux côtés opposés est égale à la somme des deux autres.

Nous avons trouvé en effet

AB sin A sin B CD sin G sin D d~2 ! d

AD sin A sin D CB sin G sin B

— . — _ j _ . •

d\ dz

Si le quadrilatère devient inscriptible, on a sin A sinB = sinC sinD = sin A sinD = sin G sinB, et, par suite, en supprimant le facteur commun sin A sinB,

AB CD _ AD CB

Ct'2, Cl Cl\ CL%

COROLLAIRE II. — Dans tout quadrilatère inscriptible circonscrit à une hyperbole et tel qu'il y ait deux côtés tangents à chaque branche, en opérant comme précé- demment, la différence des rapports relatifs à deux côtés opposés est égale à la différence des deux autres.

Car si le quadrilatère devient inscriptible, la relation AB sin A sin B CD sin C sin D

d, d 7fi

(11)

devient

AB __ CD _ AD CB

( ( 9 ) dt "~d ~ dy ~dl'

6. Nous pouvons maintenant démontrer bien facile- ment le théorème I.

Considérons d'abord le cas de l'ellipse. Si le quadri- latère devient un parallélogramme, la relation (16) devient

ou

\B x <7, dó(d~ d> )— BC x

Or

1 ^j) = S.

S désignant la surface du parallélogramme. 11 en îésulU1

Considérons maintenant le cas de l'hvperbole. Si le quadrilatère devient un parallélogramme, la relation (17) devient

ou

AB x dldi(d2— d) = BC x dd,(di-^ d{ >.

Or

\B(tf2—</,) = BG(rfi-//,)=- S.

d'où

APPLICATION A LA DÉTERMINATION DES FOYERS.

7. Nous ne traiterons que le cas de l'ellipse, le cas de l'hyperbole s'en déduisant simplement.

Nous avons vu que le lieu géométrique des projections d'un foyer sur les tangentes est une circonférence.

Par raison de symétrie, cette circonférence aura pour

(12)

centre le centre de la courbe; et, comme les tangentes sont extérieures à l'ellipse, elle sera tout entière exté- rieure à l'ellipse.

Supposons que le foyer soit un point quelconque ^ intérieur à la courbe (fig. 17). Menons le diamètre cp MIN.

Fig. i7.

II est visible sur la figure*que l'on a

<?M><pM', ?N > o \ ' , d'où

cp M x cp N > cp M ' x ^ ' ,

M et N étant les points de rencontre avec la circonfé- rence, lieu des projections des tangentes.

D'autre part, si l'on mène les perpendiculaires ç P e t cpP' sur les tangentes en M'et N', on a

<pMf>cpP, ©Nf>oF, d'où

cpM'x <?N'> cpP x 5>P', et par suite

'f M x cpN > o P x ©F.

Mais les quatre points M, N, P et P' doivent appartenir à la même circonférence, c'est-à-dire que l'on doit avoir

cpM x cpN = cpP x cpP'.

Cette égalité, comparée avec l'inégalité précédente, exige que M et P coïncident d'une part, N et P' de l'autre \ par conséquent, que le diamètre MN soit normal à la courbe, car M et P ne peuvent coïncider qu'au point M'.

(13)

Ainsi les foyers sont sur l'un des axes. Ils ne peuvent évidemment pas être sur le petit axe, et ils seront par suite sur le grand axe. La circonférence lieu des projec- tions des foyers devient alors la circonférence circon- scrite et le produit constant devient égal à b-.

Si donc on désigne par c la distance d'un foyer au centre on devra avoir

ou

ai—ci=bi et c*=a2— 62.

Remarque. — Dans le cas de la parabole, il faudrait commencer par exprimer que la courbe représentée par l'équation (4) représente une parabole, ce qui donnerait une relation entre les distances d'un foyer à trois tan- gentes. Cette relation servirait* à déterminer le foyer.

RELATION ENTRE QUATRE CONIQUES INSCRITES DANS LE MÊME QUADRILATÈRE.

8 . R e p r e n o n s la relation (16)

ABsinAsinB CDsinCsinD BCsinBsinC A D s i n A s i n D _

d2 d d3 dx ~

Soit Q une conique inscrite dans le quadrilatère ABCD et soient X/,^/, zt-, /// les distances de son foyer aux côtés du quadrilatère.

Faisant varier ide o à 3, on aura

CDsinCsinD ADsinA sin D ABsinA sinB BCsinBsinC x y z u CDsinCsinD ADsinAsinD ABsinAsinB BCsinBsinC CDsinCsinD ADsinAsinD ABsinAsinB BCsinBsinC^

- ^ — -r- ^ — - o ,

\ D « i n \ ^ i n D ABsinAsinB BCsinBsinC 1 = o. 7 3 ^3 ^3

(14)

En éliminant les quatre quantités qui entrent aux nu- mérateurs ,on aura

T I I

x y

ï i i i

(20)

^3 J 3 - 3 ^3

C'est la relation cherchée. Elle donne le lieu géomé- trique des foyers des coniques inscrites dans un quadri- latère.

Si parmi ces quatre coniques il y a un cercle, la rela- tion précédente devient

I X I X~!

I

x? I

I I

y z

ï ï

7 i *i ï ï

yl ^

T j

ï

u

I

u

I

u

I

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