• Aucun résultat trouvé

Sériesnumériques 2

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Sériesnumériques 2"

Copied!
20
0
0

Texte intégral

(1)

Chapitre 2

Séries numériques

Table des matières

1 Compléments d’algèbre linéaire 1

1.1 Produit et somme d’espaces vectoriels . . . . 2

1.1.1 Produit d’un nombre fini de sev . . . . 2

1.1.2 Rappels de première année : somme de deux sevs . . . . 3

1.1.3 Somme finie de sevs . . . . 5

1.2 Matrices par blocs et sous-espaces stables . . . . 7

1.3 Déterminants . . . . 9

1.3.1 Déterminants par blocs . . . . 9

1.3.2 Déterminant de Vandermonde . . . . 10

1.4 Matrices semblables et trace . . . . 11

1.4.1 Trace d’une matrice carrée . . . . 11

1.4.2 Matrices semblables . . . . 12

1.5 Projecteurs et symétries (Rappels de première année) . . . . 12

1.5.1 Projecteurs . . . . 12

1.5.2 Symétries . . . . 14

1.6 Endomorphismes nilpotents, matrices nilpotentes HORS PROGRAMME . . . . 16

Les paragraphes??,??,??,??et??sont des rappels de première année.

2.1 Définitions

DÉFINITION2.1 ⋆ Série

On considère une suite(un)nNà valeurs réelles (ou complexes). On lui associe la suite dessommes partielles(Sn)nN

définie par

∀n∈N, Sn= Xn k=0

uk

— On appellesériede terme généralun, la suite(Sn)de terme généralSn que l’on notePun.

— On dit que lasériePun convergesi et seulement s’il existeS∈Rtel queSn−−−−−→n

→+∞ S. Sinon, on dit que la série Pun diverge.

— Lorsque la sériePunconverge, on dit queSest lasomme de la sérieet l’on note S=

+∞X

n=0

un

(2)

Remarque 2.1 Ne pas confondre les notations, on peut parler d’une sériePun même si la série ne converge pas. Par contre, la notation+∞X

n=0

un désigne la somme d’une série qui n’a de sens que si la série converge. Cette notation représente unelimiteet non pas une somme « infinie » . . .

Remarque 2.2 Il se peut que la suite(un)ne soit définie qu’à partir d’un rangn0. On parle également de la sériePun, les sommes partielles n’étant définies qu’à partir du rangn0:

Sn= Xn k=n0

uk

et si la suite(Sn)nÊn0 converge, on note sa limite +∞X

n=n0

un

Remarque 2.3 Étudier lanatured’une sériePun consiste à préciser si la série converge ou diverge.

Remarque 2.4 Une série n’est pas autre chose qu’une suite. On peut donc lui appliquer les résultats vus en première année concernant les suites réelles ou complexes.

PROPOSITION2.1 ⋆⋆⋆ Espace vectoriel des séries convergentes L’ensemble des suitesE={(un)∈KN|P

un converge}est unK-espace vectoriel. L’application

S :

E −→ K

(un)nN 7−→

+∞X

n=0

un

est une forme linéaire surE.

Démonstration Remarquons queEest un sous-ensemble deKN. Pour montrer queEest unK-espace vectoriel, il suffit de montrer que c’est un sous-espace vectoriel deKN.

L’ensembleEdes séries convergente est non vide car il comporte la série de terme général nul.

SoientPun,P

vnEdeux séries convergentes. PournN, on noteSnetTn la nième somme partielle respectivement associée à Pun etPvn. Soient aussiα,βK. Dire quePun,P

vn sont convergentes revient à dire que(Sn)nNet(Tn)nNsont des suites convergentes. Mais alors par théorème sur les suites,α(Sn)nN+β(Tn)nN=(αSn+βTn)nNest aussi une suite convergente. Donc X ¡αun+βvn¢est convergente. On note+∞X

n=0

¡αun+βvn¢sa somme.

De plus, siS=lim Sn=+∞X n=0

unet siT=lim Tn=+∞X n=0

vn alorsαSn+βTn−−−−−→

n→+∞ αS+βT, ce qui s’écrit aussiα+∞X n=0

un+β+∞X n=0

vn= +∞X

n=0

¡αun+βvn¢.

Remarque 2.5 En particulier, siPun etPvn sont convergentes de somme respectivesSetTalors pour toutα,β∈K, la sérieαP

un+βP

vn est convergente de sommeαS+βT. Attention 2.1 On ne peut écrirePn=0(un+vn)=P

n=0un+P

n=0vn qu’après avoir vérifier que les sériesP(un+vn), PunetPvnsont convergentes.

PROPOSITION2.2

Une série à termes complexes converge si et seulement si les séries partie réelle et partie imaginaire associées convergent.

Démonstration Laissée en exercice.

THÉORÈME2.3 ⋆ Séries grossièrement divergentes

Il y a un lien important entre la suite(un)et la suite des sommes partielles(Sn):

nÊ1, un=Sn−Sn1

On en déduit que

Xun CV =⇒ un−−−−−→n

→+∞ 0

Lorsque la suite(un)ne converge pas vers0, on dit que la sériePun estgrossièrement divergente.

(3)

Démonstration (

Sn =u0+ ··· +un1+un Sn1 =u0+ ··· +un1

En faisant la différence,un=SnSn1. Si la sériePun converge, il existeSRtel queSn−−−−−→n

→+∞ S, mais alorsSn1−−−−−→n

→+∞ S et par les théorèmes généraux,

un=SnSn1−−−−−→n

→+∞ SS=0 Remarque 2.6 Il ne suffit pas queun−−−−−→n

→+∞ 0pour que la série converge. On verra que la sériePn1 diverge et pourtant

1 n −−−−−→

n→+∞ 0.

Remarque 2.7 Pour étudier la nature et calculer la somme d’une sériePun, il est intéressant de trouver une suite(vn) telle que

∀n∈N, un=vn+1vn

Alors le télescopage permet de calculer explicitement la somme partielle : Sn=

Xn k=0

uk= Xn k=0

(vk+1vk)=vn+1v0

La sériePunconverge si et seulement si la suite(vn)converge et dans ce cas,

+∞X

n=0

un= lim

n→+∞vnv0

Remarque 2.8 Pour étudier unesuite(vn), il peut être également intéressant d’étudier la convergence de la sériePtn

tn=(vnvn1). En effet,

vn=(vnvn1)+(vn1vn2)+ ··· +(v1v0)+v0=v0+ Xn k=1

tk

Par conséquent,

la suite(vn)converge ⇐⇒ la sérieXtn converge

PROPOSITION2.4 ⋆ On ne modifie pas la nature d’une série en modifiant un nombre fini de termes

Si(un)et(vn)sont deux suites telles qu’il existen0∈Navec∀nÊn0,un=vn, alors les sériesPun etPvn sont de même nature.

Démonstration Introduisons les sommes partielles des deux séries :

nN, Sn= Xn k=0

uk Tn= Xn k=0

vk

Alors pournÊn0,

Tn= n01

X k=0

vk+ Xn k=n0

vk

= Xn k=0

uk+³n01 X k=0

vkuk´

=Sn+C

Cest une constante ne dépendant pas den. Par conséquent, la suite(Tn)converge si et seulement si la suite(Sn)converge.

DÉFINITION2.2 ⋆ Reste d’une série convergente

Soit une sériePun convergente. Notons(Sn)nN la suite de ses sommes partielles etS=+∞X

n=0

un sa somme. On appelle reste d’ordrende la sériePun, la suite de terme généralRn=S−Sn notée

Rn= +∞X

k=n+1

uk

(4)

On aRn−−−−−→n

→+∞ 0et la relation

∀n∈N, Sn+Rn=

+∞X

n=0

un

Remarque 2.9 On veut calculer une valeur approchée de la somme d’une sériePun: S=

+∞X

k=0

uk

On décide de prendre comme valeur approchée de cette somme, la somme partielle de la série : Sn=

Xn k=0

uk

PuisqueSn+Rn=S, l’erreur commise dans cette approximation est le reste de la série :

|S−Sn| = |Rn|

On peut écrire la procédure Python suivante qui prend en argument une fonctionf telle queun=f(n), un entiern et calcule la somme partielleSnde la série :

Python

✞ ☎

1 # p r e m i è r e p o s s i b i l i t é

2 def somme_partielle(f,n):

3 S=0

4 for i in range(0,n+1):

5 S+=f(i)

6 return(S)

7

8 # s e c o n d e p o s s i b i l i t é

9 sum([f(i) for i in range(0,n+1)])

✡✝ ✆

Le problème consiste à déterminer la valeur denpour être sûr queSn soit une valeur approchée àεprès deL. On résout ce problème si l’on sait majorer simplement le resteRn. Si par exempleRnÉ 1

n, pour obtenir une valeur approchée à 10pprès, ilsuffitque 1

nÉ10p, c’est-à-direnÊ10p. THÉORÈME2.5 ⋆ Séries géométriques

Soitz∈C. La sériePzn s’appelle unesérie géométriquede raisonz. 1. La sériePzn converge si et seulement si|z| <1.

2. On connaît explicitement les sommes partielles, la somme et le reste d’une série géométrique :

Sn= Xn k=0

zk=





1−zn+1

1−z siz6=1 n+1 siz=1 Si|z| <1,

+∞X

n=0

zn= 1

1−z Rn=

+∞X

k=n+1

zk=zn+1 1−z

Démonstration

1. On suppose queXzn est convergente. On noteSnLa nième somme partieelle associée à cette série, on a :

Sn= Xn k=0

zk=

1zn+1

1z si z6=1 n+1 si z=1 .

(5)

AlorsXznconverge si et seulement si(Sn)nNconverge c’est-à-dire si et seulement si(zn)nNconverge, ce qui est équi- valent à|z| <1.

2. Si|z| <1, alors

+∞X n=0

zn=lim Sn= 1 1z. On en tire que, pour toutnN:

Rn=SSn=zn+1 1z.

Remarque 2.10 Les séries géométriques sont d’un usage fondamental en Analyse. Les formules précédentes sont à connaître par coeur.

2.2 Séries à termes positifs

2.2.1 Convergence des séries à termes positifs

Dans cette section, on considère une suite(un)nN àtermes positifs ou nuls. Si tous les termes de(un)sont négatifs, puisque les sériesPun etP(−un)sont de même nature, on se ramène au cas d’une série à termes positifs.

0| S|0

| S1

| S2

S

+

3

ut

L u0 u1 u2 u3

FIGURE2.1 – Série à termes positifs

THÉORÈME2.6 ⋆ Convergence d’une série à termes positifs On suppose quen∈N,unÊ0. Alors :

1. La suite des sommes partielles(Sn)nN estcroissante.

2. la sériePunconverge si et seulement si la suite(Sn)nNest majorée.

Démonstration a. SoitnN,

Sn+1Sn=un+1Ê0 ce qui montre que la suite(Sn)est croissante.

1. C’est le théorème de la limite monotone.

Remarque 2.11 Dans ce cas,+∞X

n=0

un=sup

nN

Sn et pour toutn∈N,SnÉ

+∞X

n=0

un=sup

nN

Sn.

Exemple 2.2

1. Montrer quenÊ2, 1

n2É 1 n(n−1). 2. En déduire que la sérieP 1

n2 converge.

Solution :

1. Cette inégalité est triviale.

2. On remarque que

1

n(n−1)= 1 n−1−1

n donc par un télescopage

Xn k=1

1 k2É1+

Xn k=2

µ 1 k−1−1

k

=2− 1 n+1É2

donc les sommes partiellesSndeP1/n2sont croissantes et majorées. Alors la sérieP1/n2converge.

(6)

2.2.2 Critères de comparaison

THÉORÈME2.7 ⋆ Critère d’inégalité des séries positives SoientPun etPvndeux séries.

H1 Les deux séries sont àtermes positifs:∀nN,unÊ0etvnÊ0.

H2n∈N,unÉvn. Alors :

1. Si la sériePvnconverge, alors la sériePunconverge également et+∞X

n=0

unÉ

+∞X

n=0

vn. 2. Si la sériePundiverge, alors la sériePvn diverge également.

Démonstration Considérons les sommes partielles de ces séries : Sn=

Xn k=0

uk Vn= Xn k=0

vk D’après l’hypothèse, pour toutnN,

SnÉVn

1. SiPvnconverge, d’après le théorème??, pour toutnN, SnÉVnÉ+∞X

n=0 vn

La suite(Sn)étant majorée et croissante, la série à termes positifsPunconverge d’après le théorème de la limite monotone.

2. Puisque pour toutnN,VnÊSnet queSn−−−−−→n

→+∞ +∞, alorsVn−−−−−→n

→+∞ +∞et donc la sériePvnest divergente.

Exemple 2.3 Étudions la convergence dePn2lnnn. La série est bien à termes positifs. La suite³lnnn´tend vers0en l’infini donc il existeM>0tel que :∀n∈N, 0Én2lnnnÉ2Mn et la série de terme général2Mn étant convergente, il en est de même de la série initiale.

2.2.3 Comparaison avec une intégrale

k−1 k k+1 f(k)

FIGURE2.2 –Zk+1

k

f(t) dtÉf(k)É Zk

k1

f(t) dt

THÉORÈME2.8 ⋆ Comparaison avec une intégrale

Soitf : [a,+∞[7→Rune fonction continue par morceaux (a∈N). On suppose que :

H1 f est à valeurspositives.

H2 f estdécroissante.

Alors la sériePf(n)et la suite¡Ranf(t)dt¢

sont de même nature. De plus, si elles convergent : Z+∞

a+1

f(t)dtÉ

+∞X

k=a+1

f(k)É Z+∞

a

f(t)dt .

(7)

Démonstration

On effectue la démonstration dans le cas oùa=0. Commef est décroissante, il vient

x[n,n+1] , f(n+1)Éf(x)Éf(n) et en passant à l’intégrale, on obtient :

f(n+1)É Zn+1

n

f(t)dtÉf(n)

donc les séries positives de termes générauxf(n)etRnn+1f(t)dtsont de même nature d’après le théorème de comparaison.

Remarque 2.12 On utilise en général ce théorème aveca=0oua=1.

Remarque 2.13 Sif est positive et continue sur[a,+∞], alors on montre facilement que la fonctionFdéfinie pour tout xÊaparF(x)=Rx

a f(t)dtest croissante. En effet, pour touty>xÊa,F(y)−F(x)=Ry

x f(t)dtÊ0. Le théorème de la limite monotone permet alors d’affirmer que soitFconverge vers une limite finie en+∞(siFest bornée), soitFadmet une limite infinie en(siFn’est pas bornée).

On note(un)la suite de terme généralun=Rn

a f(t)dt. On a alors équivalence entre :

— Fest bornée ;

— (un)est bornée.

En effet, siFest bornée alors(un)=(F(n))aussi. Réciproquement, si(un)est bornée alors il existeM∈Rtel queunÉM pour toutnÊaet pourxÊa, on aF(x)ÉF(⌊x⌋ +1)ÉMcarFest croissante. DoncFest bornée.

On montre ainsi que¡Ranf(t)dt¢

etFsont de même nature en+∞.

Prenant un peu d’avance avec le chapitre??, on dit qu’une intégrale de la formeRaxf(t)dt qui admet une limite quand x→ ∞est uneintégrale convergente(et divergente sinon).

Le theorème précédent peut alors se reformuler sous la forme compacte suivante.

THÉORÈME2.9 ⋆ Comparaison avec une intégrale

Soitf : [a,+∞[7→Rune fonction continue par morceaux (a∈N). On suppose que :

H1 f est à valeurspositives.

H2 f estdécroissante.

Alors la sériePf(n)et l’intégraleRa+∞f(t)dtsont de même nature. De plus, si elles convergent :

n∈N,

Z+∞

n+1 f(t)dtÉ

+∞X

k=n+1

f(k)É Z+∞

n f(t)dt .

Remarque 2.14 La comparaison série/intégrale est un outil très classique et est en général utilisée pour obtenir des résultats asymptotiques avec des séries. On propose un exemple très classique avec la série harmonique qu’il faut complètement maîtriser.

Exemple 2.4 Pour toutn∈N, on noteHn = Xn n=1

1

k la nième somme partielle de la série harmonique. Montrons que Hnn

→+∞lnn.

Commef :t7→1t est décroissante, positive et continue surR+, pour toutkÊ2, on a : Zk+1

k

f(t)dtÉ1 k É

Zk k1

f(t)dt ce qui amène pour toutnÊ2:

Xn k=2

Zk+1 k

f(t)dtÉ Xn k=2

2 k É

Xn k=2

Zk k1

f(t)dt.

Par la relation de Chasles, on calcule alors que : 1+

Zn+1 2

f(t)dtÉHnÉ1+ Zn

1

f(t)dt.

On obtient1+ln(n+1)−ln 2ÉHnÉ1+ln(n)ce qui s’écrit aussi 1+1−ln 2+ln¡

1+n1¢

lnn É Hn

lnnÉ1+ 1 lnn et doncHn

n→+∞lnn.

(8)

THÉORÈME2.10 ⋆⋆⋆ Comparaison avec une intégrale, version avec contrôle de l’erreurHors programme en PC

Soitf : [a,+∞[7→Rune fonction continue par morceaux (a∈N). On suppose que :

H1 f est à valeurspositives.

H2 f estdécroissante.

On note pournÊa+1,

wn= Zn

n1f(t) dt−f(n) Alors :

1. La sériePwn est convergente.

2. La sériePf(n)converge si et seulement si la fonction f est intégrable sur[a,+∞[. Dans ce cas :

+∞X

n=a

wn= Z+∞

a f(t)dt

+∞X

n=a

f(n) .

Démonstration En interprétantf(n)comme l’aire de deux rectangles (voir la figure??), et puisque la fonctionf est décroissante,

on a l’encadrement : Z

n

n+1f(t) dtÉf(n)É Zn

n1f(t) dt d’où l’on tire que

0ÉwnÉ Zn

n1f(t) dt Zn+1

n f(t) dt et donc en notantWn=

Xn k=a+1

wketuk= Zk+1

k f(t) dt, 0ÉWnÉ

Xn k=a+1

£uk1uk¤

=uaun= Za+1

a f(t) dt Zn+1

n f(t) dtÉ Za+1

a f(t) dt La suite des sommes partielles est donc majorée et alors la sériePwnconverge.

Ensuite, pournÊa+1,

Xn k=a+1

f(k)= Zn

a f(t) dt Xn k=a+1

wk

Puisque la sériePwkconverge, la sériePf(k)converge si et seulement si la suite de terme généralZn

a f(t) dtpossède une limite lorsquen→ +∞, c’est-à-dire si et seulement si la fonctionf est intégrable sur[a,+∞[.

f(a)

n−1 n wn

f(n)

a p−1 q

f(a)

1

0É Xq n=p

wnÉf(a)

Exercice 2.2.1

Montrer qu’il existe un réelγ(constante d’Euler) tel que

Hn= Xn k=1

1

k =lnn+γ+o(1)

(9)

Solution : Considérons la fonctionf :

( [1,+∞[ −→ R

t 7−→ 1

t

. Elle est continue, positive et décroissante sur l’intervalle [1,+∞[. On sait alors, par le théorème de comparaison série-intégrale, que la série de terme général

wn= Zn

n1

dt t −1

n (nÊ2)

est convergente. Donc il existe un réelL∈Rtel queWn= Xn k=2

wk−−−−−→n

→+∞ L. Calculons la somme partielle :

Wn= Xn k=2

wk= Zn

1

dt t

Xn k=2

1

k =lnn− Xn k=2

1 k Alors∀nÊ1,

Xn k=1

1

k−lnn=1−Wn−−−−−→

n→+∞ 1−L Il suffit de poserγ=1−L.

Exemple 2.5 Étudions la nature de la sérieP 1

n(lnn)β oùβ>0.

Solution : Considérons la fonctionf :

[2,+∞[ −→ R

t 7−→ 1

t(lnt)β

. Elle est continue, positive et décroissante sur l’inter- valle[2,+∞[. D’après le théorème de comparaison série-intégrale, la sériePf(n)converge si et seulement si la fonction f est intégrable sur[2,+∞[. Mais on calcule pourxÊ2,

F(x)= Zx

2

(lnt)β t dt=





h(lnt)β+1

−β+1 ix

2=(lnx)β+1−(ln 2)β+1

1−β si β6=1

[ln (lnt)]x2=ln (ln(x))−ln (ln(2)) si β=1 Par conséquent, la fonctionf est intégrable si et seulement si1−β<0c’est-à-dire β>1 .

Remarque 2.15 Lorsque la fonctionf estcroissante, on obtient également un encadrement def(n)par deux intégrales qui peut être intéressant comme le montre l’exercice suivant.

Exemple 2.6 Montrer queln(n!)n

→+∞nlnn.

l n(n!)= Xn k=2

ln(k)

Introduisons la fonction

f :

½ [1,+∞[ −→ R t 7−→ lnt

Elle estcroissanteet positive sur[1,+∞[. SoitkÊ2, on dispose de l’encadrement : Zk

k1

ln(t) dtÉlnkÉ Zk+1

k

ln(t) dt En sommant, on en déduit l’encadrement :

Zn

1 ln(t) dtÉln(n!)É Zn

1 ln(t) dt+lnn− Z2

1 ln(t) dt Et puisqueZn

1 ln(t) dt=nln(n)−n, en divisant parnlnn, on trouve que 1Éln(n!)

nlnn É1+1 n− C

nlnn et en utilisant le théorème des gendarmes, on obtient queln(n!)

nlnn −−−−−→n

→+∞ 1.

(10)

Un application essentielle de ce théorème est le suivant.

THÉORÈME2.11 ⋆ Séries de Riemann

Soitα∈R. On appellesérie de Riemannla série

X

nÊ1

1 nα

— Siα>1, la série de Riemann converge.

— SiαÉ1, la série de Riemann diverge.

Démonstration

— Le casα=1correspond à la série harmonique dont on a déjà prouvé la divergence. On suppose dans la suite queα6=1.

— SiαÉ0alors la suite(un)ne converge par vers0et doncXunest grossièrement divergente.

— Siα>0etα6=1, introduisonsf:t7→1/tαet considérons(un)la suite de terme généralun=Rn

1 f(t)dtqui est bien définie car f est continue sur[1,n]. De plus f est continue, positive et décroissante sur[1,+∞]. Par théorème de comparaison série-intégrale, on sait alors que la sérieXun et la suite¡R1nf(t)dt¢

sont de même nature.

PournÊ1, on calcule que

un=

· 1 1α

1 tα1

¸n 1= 1

1α µ 1

nα11

qui est bien définie carα6=1.

De plus, on obtient ainsi le terme général d’une suite convergente siα>1et divergente siα<1, d’où le théorème.

Exemple 2.7

— Montrons la convergence de la sériePnÊ1 1

n2+1. Pour toutnÊ1, 1

n2+1Én12. Les deux sériesPnÊ1 1

n2+1etPnÊ1 1

n2

sont à termes positifs et par comparaison à une série de Riemann, cette dernière converge donc PnÊ1 1 n2+1

converge.

— La sériePnÊ1n+1 np

n diverge. En effet, pour toutnÊ1, nnp+1

n Ênnpn =p1n. Les deux sériesPnÊ1n+1 np

n etPnÊ1 1 pn

sont à termes positifs et cette dernière est de Riemann et divergente doncPnÊ1n+1 np

n diverge.

2.2.4 Encore des critères de comparaison

COROLLAIRE2.12 ⋆ Critère de domination des séries positives SoientPun etPvn deux séries. On suppose que :

H1 les séries sont à termes positifs :n∈N,unÊ0etvnÊ0.

H2 un= O

n→+∞(vn)(ouun= o

n→+∞(vn)) Alors :

— siPvn converge, la sériePun converge également.

— siPun diverge, la sériePvndiverge également.

Démonstration Siun= O

n→+∞(vn), il existeC>0etn0Ntel que :nÊn0,unÉCvn.

On ne change pas la nature d’une série en modificant un nombre fini de ses termes donc on peut supposer que pour toutnN, on a unÉCvn.

SiXvn est convergente, alors il en est de même deXCvnet par critère d’inégalité sur séries à terme général positif, on sait que Xunest convergente.

De la même façon, on montre que siXun est divergente, alorsXCvn est aussi divergente, ce qui implique la divergence deXvn. Enfin, siun= o

n→+∞(vn), alorsun= O

n→+∞(vn)et donc siPvnconverge,Punconverge aussi.

Dans la pratique, on utilise souvent la règle suivante qui découle directement du corollaire précédent.

THÉORÈME2.13 ⋆ Règlenαun

On considère une sériePun. On suppose que :

H1 La série est à termes positifs :n∈N,unÊ0.

H2 Il existe α>1 tel queun= o

n→+∞

¡ 1

nα

¢, c’est-à-dire nαun−−−−−→n

→+∞ 0 .

(11)

Alors la sériePun est convergente.

Si par contre :

H1 La série est à termes positifs :∀n∈N,unÊ0.

H2 Il existe βÉ1 tel que 1

nβ= o

n→+∞(un), c’est-à-dire nβun−−−−−→n

→+∞ +∞ . Alors la sériePun est divergente.

Exemple 2.8 Montrons que la série Pn3

2n converge. Par croissances comparées entre suites usuelles, on sait que n5/2n −−−−−→n

→+∞ 0, c’est-à-dire quen3/2n = o

n→+∞

¡1/n2¢. Les sériesPn3 2n etP 1

2n sont à termes positifs. La seconde converge donc la première aussi.

THÉORÈME2.14 ⋆ Critère d’équivalence des séries positives Soient deux sériesPun etPvn. On suppose que :

H1 unn

→+∞vn.

H2 À partir d’un certain rang,vnÊ0.

Alors à partir d’un certain rang,unÊ0et les sériesPun etPvn sont de même nature.

Démonstration Puisqueunn

→+∞vn, il existe un rangNNtel que pour toutnN, sinÊNalors : 1

2vnÉunÉ3 2vn. Doncun= O

n→+∞(vn)etvn= O

n→+∞(un). D’après les hypothèses, il existe un rangNNtel que pour toutnÊN,vnÊ0. Alors pour toutnÊN,unÊ1

2vnÊ0et on utilise alors le critère de domination pour les séries à terme général positif.

PLAN2.1 : Plan d’étude d’une sériePunàtermes positifs

1. Chercher un équivalent simple(vn)de la suite(un)(on peut utiliser les développements limités).

2. L’équivalent permet de déduire le signe deun à partir d’un certain rang.

3. Vérifier que la sériePvnest à termes positifs à partir d’un certain rang.

4. Utiliser les séries de référence (séries de Riemann, séries géométriques) ou la règlenαvnpour trouver la nature de la sériePvn.

5. Les sériesPunetPvnsont de même nature.

Exemple 2.9 Étudions la nature de la sériePln

¡1+n21pn

¢ sin(1/n) . Puisqueunn

→+∞

1

n3/2 et que(un)est positive, la série converge.

2.2.5 Comparaison logarithmique

THÉORÈME2.15 ⋆ Comparaison logarithmique

On considère deux sériesPun etPvn. On suppose que :

H1nÊn0,un>0etvn>0.

H2 ∀nÊn0, un+1 un Évn+1

vn . Alors :

1. un= O

n→+∞(vn)

2. SiPvn converge, alorsPunconverge.

3. SiPun diverge, alorsPvndiverge.

(12)

Démonstration PournÊn0,

un+1 vn+1Éun

vn Par conséquent, la suite³un

vn

´est décroissante. Donc pour toutnÊn0, un

vn Éun0

vn0 =CdoncunÉCvn

par positivité de(un)et de(vn)On conclut grâce aux critères de comparaison.

COROLLAIRE2.16 ⋆ Critère de d’Alembert Soit une sériePun à termes strictement positifs.

1. S’il existe un rangn0∈Ntel quenÊn0,un+1

un Ê1, alors la sériePun diverge.

2. S’il existe un rangn0∈Net une constantek<1telle que∀nÊn0,un+1

un Ék, alors la sériePunconverge.

Démonstration

1. Puisque pour toutnÊn0,unÊun0>0, la suite(un)ne converge pas vers0. La sériePundiverge grossièrement.

2. On utilise le critère de comparaison logarithmique avec une suite géométrique :vn=kn. En effet,

nÊn0, un+1

un Ék=vn+1 vn

et puisque0Ék<1, la série géométriquePvnconverge.

Remarque 2.16 En pratique, on utilise plutôt la règle de d’Alembert suivante :

THÉORÈME2.17 ⋆ Règle de d’Alembert

Soit une sériePun. On suppose que :

H1n0∈N: ∀nÊn0, un>0.

H2 un+1

un −−−−−→n

→+∞ k∈R

+(=[0,+∞]).

Alors

1. Si0Ék<1, la sériePun converge.

2. Sik>1, la sériePun diverge.

3. Sik=1, on ne peut rien dire en général.

Démonstration

1. Si0Ék<1, en posantk=1+k

2 , on ak<k<1. Puisqueun+1

un converge versk, il existe un rangn1Ên0tel quenÊn1, un+1

un Ék. Puisquek<1, en utilisant le corollaire précédent, la sériePun converge.

2. Sik>1, en posant k= 1+k

2 , on a1<k<k. Puisque un+1 un −−−−−→n

→+∞ k, il existe un rangn1Ên0 tel quenÊn1, un+1

un Êk. Commek>1, d’après le corollaire précédent, la sériePun diverge.

Remarque 2.17 Dans le cas oùk=1, on ne peut rien dire comme le montrent les exemples suivants :

un=1 n,un+1

un −−−−−→n

→+∞ 1etPundiverge.

un= 1 n2,un+1

un −−−−−→n

→+∞ 1etPunconverge.

Remarque 2.18 La règle de d’Alembert est indiquée pour étudier la nature d’une sériePun lorsque le terme général un est un produit (factorielles, . . .). Dans ce cas, un+1

un

est souvent simple.

Exemple 2.10

— Pourx>0, étudions la nature de la sérieP(2n)!n! xn. La série est à termes positifs et uun+1

n =(2n+n2)(2n+1 +1)x

n→+∞

x

4n−−−−−→n

→+∞ 0donc, d’après la règle de d’Alembert, la série converge.

— Pourx>0 etα∈R, étudions la nature de la sériePnαxn. On a uun+1

nn+1

n

¢α

x=¡ 1+n1¢α

x−−−−−→n

→+∞ x. Donc, d’après la règle de d’Alembert, la série converge six<1et diverge six>1. Six=1, la série converge d’après le critère de Riemann si et seulement siα< −1.

Références

Documents relatifs

Il faut être très vigilant lorsqu'on décompose une fonction intégrable en somme de 2 ou plu- sieurs fonctions, par exemple dans le cas de décomposition en éléments simples.. Prenons

Darboux a démontré depuis longtemps que le reste de la série de Taylor, dans le cas d'une fonction de variable imaginaire, est susceptible de prendre une forme tout à fait analogue

Lorsque x^&gt;\^ f ] et que les logarithmes sont calculés avec quatorze décimales, il suffit de la première partie pour avoir logx aussi avec quatorze décimales exactes, parce que

Lorsque la dérivée d'une fonction par rap- port à une variable reste constamment positive pour toutes les valeurs comprises entre deux limites, la fonc- tion primitive \a en

11 Dans chacun des cas suivants, indique, sans le construire, si les trois segments peuvent être les côtés d'un même triangle.. À l'aide du compas et d'une

11 Dans chacun des cas suivants, indique, sans le construire, si les trois segments peuvent être les côtés d'un même triangle.. Dans chaque cas indique la valeur

10 ABC étant un triangle isocèle dont l'un des angles mesure 80°, donne les mesures possibles des deux autres angles puis trace une figure pour chaque cas.. 11

10 ABC étant un triangle isocèle dont l'un des angles mesure 80°, donne les mesures possibles des deux autres angles puis trace une figure pour chaque cas.. 11