S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
A NDRÉ W EIL
Multiplication complexe des fonctions abéliennes
Séminaire N. Bourbaki, 1956, exp. n
o136, p. 381-387
<
http://www.numdam.org/item?id=SB_1954-1956__3__381_0>
© Association des collaborateurs de Nicolas Bourbaki, 1956, tous droits réservés.
L’accès aux archives du séminaire Bourbaki (
http://www.bourbaki.ens.fr/
) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (
http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commer- ciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
381
MULTIPLICATION COMPLEXE DES FONCTIONS
ABÉLIENNES
par
André
WEILSéminaire BOURBAKI
(Mai 1956)
Cet
exposé
fait suite à celui de P.L’application
de la méthode deShimura-Taniyama
auxvariétés abéliennes
reposesur la notion de
variété polarisée.
Sur unevariété V, complète
etnon-singulière (ou
du moinsnon-singulière
en codimension1)
onconsidère
la relationd’équiva-
lence suivante entre diviseurs
X,
X’ : "il existe deux entiers m ~m’ ,
tousdeux % 0 ,
tels que mX soitalgébriquement équivalent
àm’X’ ".
On ditqu’une
classe
C,
pour cetterelation,
détermine unepolarisation
de V si elle contientau moins un
système
linéaire"ample",
c’est-à-dire s’il existe unplongement
de V dans un espace
projectif
tel que les sectionshyperplanes
de V pour ceplongement appartiennent
à C . Se donner unepolarisation
sur unevariété
abé-lienne dans le cas
classique (où
le domaine universel est le corps descomplexes) équivaut
à se donner sur elle une matrice deRiemann,
étant entendu que deux matrices de Riemann déterminent la mêmepolarisation
si elles nediffèrent
l’une de’l’autre que par un facteurrationnel,
et dans ce cas seulement. Unejaoobienne
de courbe admet une
polarisation canonique (déterminée
par le "diviseurcanonique", qui
est biendéfini
à une translationprès).
MATSUSAKA adémontré
que les auto-morphismes
d’une variété abéliennepolarisée
sont en nombre fini(alors
que lesautomorphismes d’une variété abélienne, qui
sont leséléments
inversibles de son anneaud’endomorphismes, peuvent
former un groupeinfini).
Désormais
Adésignera
une variétéabélienne polarisée
de dimension n . Onnotera
~(A) ,
ousimplement ~ ,
son anneaud’endomorphismes (c’est-à-dire
celui de la
variété abélienne sous-jacente) ;
on sait que le groupe additif deséléments
de estabélien
libre detype fini ;
3 onnotera o (A) ,
ouo ,
l’anneau
Q,(A)
aQ ;
c’est unealgèbre semi-simple
de rang finisur et
. Lapolarisation
de A détermine(canoniquement)
unantiautomorphisme
involutif de noté ,qui,
dans le cas d’unejacobienne polarisée canoniquement,
n’est autre que
l’antiautomorphisme
bien connu, dit de Rosati. Ondéfinit,
ca-noniquement aussi,
surfi ,
une "trace"c’est-à-dire
une formeQ -linéaire,
à valeurs
entières
sur(él"
telle que ; on a 0 pour tout0(~ 0
dansGb (ce qui généralise
le"théorème
deCastelnuovoU).
L’anneau opère
d’unemanière évidente
surl’algèbre
de Lie deA , c’est-à-
dire sur
l’espace
vectorieltangent
à A en0 ;
dans le cas"classique" (où
la
caractéristique
p est0),
c’est làunereprésentation fidèle,
et onpeut l’étendre
à unereprésentation Ro
deô ;
; siô
est la trace decelle-ci,
ona
03C3 = 03C3o + 03C3o .
On démontre que toute
sous-algèbre
commutativesemi-simple
de de rang> 2n sur
Q ,
est de rang 2nsur Q
et est son propre commutant dansô
ce
qui implique qu’elle
contient le centre deo ;
il en estainsi,
enparticu-
lier,
de tout corpscommutatif,
dedegré ?,
2n surQ ~
contenu dans~ .
Supposons
queô
contienne un corps K dedegré
2n surR ;
ondémontre qu’alors
A estisogène
à unproduit
do la forme B x B x" ,
xB ~
où B estune
variété abélienne simple
telle queC2 0 (B)
contienne un corps dedegré
2dim(B) .
Laissant
désormais
le casgénéral
decôté,
on se bornera au cas où A est unevariété
simple.
Si lacaractéristique
est0 ~
etque
contienne un corpsK do
degré
2n surQ ~
ondémontre
que~ ~
K et que K est extensionquadratique
totalementimaginaire
d’un corps totalement réel k . Alors lareprésentation Ro
est somme directe do nisomorphismes ~1 ~ ... ~ l~n
deK dans le domaine
universel,
ceux-ciétant
telsqu’ils induisent
sur k tous lesisomorphismes
distincts de k dans le domaine universel. Par une CM-extensiond’un
corps totalement réelk ,
dedegré
n surQ ,
on entendral’objet composite
(Chevalle y) (~.f~B~j~’B~ ) formé
d’uneextension quadratique
totalement ima-ginaire
K dek ~
et de nisomorphismes ~.~
de K dansQ (clôture algé- brique
deQ )
induisant sur k tous lesisomorphismes
distincts de k dansQ .
Pour fixer lesidées,
supposons que le domaine universel soitC ;
alorson
peut écrire
K sous la formek(03B6) , où 03B6
est telque - 03B62
soit tota-lement
positif
dans k et que - >0quel
que soit,~, ;
3 cette Condi- tiondétermine Ç
d’unemanière unique
à un facteur totalementpositif près
dans
k ;
3quand 03B6
esttel,
on conviendra de noterk((03B6))
la CM-extensionen
question.
Celle-ci sera diteprimitive
si on nepeut
pas l’écrire sous la f ormek((03B61)) , où 03B61
e st tel q ueQ (03B61) ~
k. Comme on l’ a vu, si une va-riété abélienne
simple
A de dimension n est telle que6b(A)
contienne uncorps K de
degré 2n
surQ (en caractéristique 0),
alorso(A) = K ,
K est extension
quadratique
totalementimaginaire
d’un corps k totalement réel dedegré
n surQ ~
et K et sareprésentation
R déterminent une""~ o
CM..extension de
k ;
deplus, l’hypothèse
que A estsimple
entraine quecette CM-extension est
primitive. Réciproquement,
au moyen de lathéorie
classi- que des fonctionsabéliennes,
on démontrequ’à
touteCM-extension primitive
d’uncorps totalement réel de
degré
ncorrespond
une classe(ou,
comme ondit,
une"catégorie")
devariétés abéliennes simples,
toutesisogènes
les unes auxautres,
pour
lesquelles
les conditions ci-dessus sontvérifiées.
En gros, lathéorie
de lamultiplication complexe
se propose dedéterminer,
pour une CM-extensiondonnée :
(a)
leplus petit
corps surlequel
onpuisse
définir unevariété abélienne
admettant(au
sensci-dessus)
cetteCM-extension ;
3(b)
les extensions de ceplus petit
corps déterminées par lespoints
d’ordrefini sur ces
variétés.
Ainsiformulé,
leproblème
est malposé, mais,
en lemodifiant
quelque
peu, ilacquiert
un sensprécis.
En
premier lieu,
il convient de seprescrire,
non seulement la CM-extension(K ; t~~~~ ,
mais aussil’.anneau Ci, qui
est ici un sous-anneau del’anneau tf
des entiers de K(un
"ordre" de K au sens deDedekind).
Il se trouve que les "ordres" des corpsquadratiques
ont despropriétés très particulières, qu’on exploite
de son mieux dans lamultiplication complexe "classique",
celle desfonctions
elliptiques ;
3grâce
àcela,
on a, pour n =1 ,
unethéorie qui s’appli-
que à tout ordre de tout corps
quadratique imaginaire.
Pour nquelconque,
onn’a traité
jusqu’ici
que le cas~_ ~ ;
iln’y
a d’ailleurs aucune raison de penser que le casgénéral présente
des difficultésinsurmontables,
et SHIMURAet TANIYAMA sont en train de
s’y attaquer,
Lavariété
étantsupposée polarisée,
ses
automorphismes
sont les racines del’unité
dans K(sinon
ce seraient toutes les unités deK).
Onappelle
variété de Kummer associée à A le quo- tient de A par son grouped’automorphismes (c’est
là une surface deKummer,
ausens
classique,
si n = 2 et si K ne contient pasd’autre
racine del’unité
que ±1) ;
on lapolarise
par passage auquotient
àpartir
de lapolarisation
de A . Pour
n ~ 2 ~
cette variété détermine A d’unemanière unique,
à unisomorphisme près (ceci,
parce que .fi aété supposée simple) ;
iln’en
estplus
ainsi pour n = 1
(la
variété de Kummer n’étant autre en ce casqu’une
dromteprojective),
et il y a lieu de la munir d’une structureplus
riche que celle devariété algébrique (structure
de"V-variété"
au sens deSatake), après quoi
elle détermine encore A d’une manière
unique.
Cela
posé,
soitkt
leplus petit
corps danslequel
onpuisse
écrire larepré-
sentation
Ro
deK ;
3 c’est le corpsengendré
par les tracest~~(~)
decette
représentation, quand 5 parcourt
K . Parapplication
dethéorèmes géné-
raux sur le
plus petit
corps de définition d’unevariété qui
n’est donnéequ’à
un
isomorphisme près
sur le domaine universel(voir
A. on trouvequ’il
y a unplus petit
corpsKo
contenantkt
surlequel
onpuisse
définirune
variété isomorphe
à la variété de Kummer déduite de A dans les conditionsdécrites ci-dessus ;
c’est là uneconséquence
du faitqu’on
a obtenu cettevariété
en divisant A par le groupe de tous ses
automorphismes (c’est
bien pour celaqu’il
a fallupolariser A,
afin que ce groupe soitfini).
Deplus,
lesmêmes théorèmes généraux
montrent queKo
est extensionalgébrique
finie dek..
Onse propose de
déterminer K .
Pour
cela,
on observed’abord
que, comme on est encaractéristique 0,
la po- larisation de Aéquivaut
à la donnée d’une matricede Riemann,
biendétermi-
née à un facteur
près ;
3ainsi, parmi
toutes les matrices de Riemannqui appartien-
nent à cette
polarisation,
il y en a une,qui
sera ditebasique,
dont toutes les autres sont desmultiples entiers ;
celle-cidéterminera
unhomomorphisme )Bde
A sur sa variété duale
A*.
Commed’habitude,
on note‘~(A , A*)
le groupe additif deshomomorphismes
de A dansA~ , qui
ici est visiblement un modulesur on sait que ce groupe est
abélien
libre detype fini,
doncqu’il
se laisseplonger
dans leproduit tensoriel ~ (A , A*) = ~A , A-)
qui
ici est un espace vectoriel sur le corps K . Celaposé,
l’ensemble des~ E
K telsA*)
estévidemment
unidéal (fractionnaire)
dansK ;
on trouvequ’il
est de laforme ~ 0 -1 9’ ,
où3~
0 est un idéal dansl’anneau
des entiers du corps k . Dans ces
conditions,
si unevariété polarisée A , appartenant
à la CM-extension(K .~ ,~ )
et admettant 0’ pour anneaud’endo- morphismes,
est définie sur uneextension algébrique
dek,~ ,
tous sesconjugués
sur
kt détermineront
le mêmeidéal (L .
Onpeut
donc se borner àconsidérer
celles de ces variétés pour
lesquelles Io
est un idéal donné.Soit
A ,
A’ deux tellesvariétés ;
3 surchacune, considérons
la matrice de Riemannbasique ;
en vertu de lathéorie
des variétésabéliennes,
celle-cidéterminera
(sur A ,
resp. surA’)
unsystème linéaire complet
de diviseurspositifs ;
3 soit X resp. X’ un de cesdiviseurs ;
3 X détermine un homomor-phisme ~X
de li sur sa dualeA~ (c’est
le même que le~,
de tout àl’heure).
Soit ~.-
unhomomorphisme
de A dans A’ ; soit Y =~L" (X’) ;
on montrequ’il
y a un entier totalementpositif
dansk,
tel que~Y
=D’ailleurs,
le groupe’~(A , A’)
deshomomorphismes
de A dans A’ est unmodule sur
r ,
dont on montre facilementqu’il
est "de rang1",
autrement ditisomorphe
à unidéal 03B1
de K(naturellement, 03B1
n’est pas déterminéd’une
manière unique ;
mais sa classel’est,
au sens habituel del’équivalence
desidéaux).
Commef (~,)
satisfait à la conditionf (~ ~.) _ ~ ~f (~
pour toutla fonction
f , transportée
à ~C partransport
destructure, s’écrira sur ~
sous la forme oùp
est dans k et totalementpositif ;
dufait
qu’on
asupposé
queA,
A’ déterminent lemême idéal Io ,
ilrésulte
de
plus
que03C103B103B1
= On dira queP
est une forme hermitiennepositive
sur
0l ;
on dira que deuxformés hermitiennes, Q ~~ , définies
respec-tivement sur des
idéaux CL’ , ~ ~
sontéquivalentes
s’il y a unisomorphisme
du
~-module ~
sur le«-module b qui
transforme lapremière
en laseconde,
c’est-à-dire s’il ya ’S
E K tel queb = §ce, (’~ ~ )~1 P ;
la classe de la forme surC(
sera notée((~; f ) .
Il est clair que, etP
sontdéfinis
comme on a dit ci-dessus àpartir
desvariétés A, A’ ,
la classe(X 3 f)
estdéfinie d’une manière unique ;
3 on la notera-A : A’~ ;
3 pour queA ,
A’ soientisomorphes,
il faut et il suffit que cette classe soit(B’; 1) .
Pour la loi de
composition
les classes de formes pour
lesquelles
on e~ forment un groupeabélien
fini.Cela
posé,
lesymbole (à : permet
de mesurerl’effet,
sur unevariété
abélienne du
type considéré,
d’unautomorphisme quelconque (laissant kt
inva-riant)
du corps de tous les nombresalgébriques.
Eneffet,
siA , A’ ,
A"appartiennent
auxdonnées
ci-dessus(la
CM-extension(K ; (y ) ) ,
l’anneauO , et l’idéal
Io),
on auraet le
symbole /A : A’~
nechange
pas si onapplique
à un corps dedéfinition
commun de  et de A’ un
isomorphisme q uelconque
laissantkt
invariant.Si,
pour fixer lesidées,
on suppose A définie sur une extensiongaloisienne
de
kt (qui
doitnécessairement
contenirKo
en vertu de ladéfinition
deKo)’
de groupe de Galois G surkt’
on.aura :quels
que soientd’~
T dansG ~
d’où résulteque 6
-~/~A~ : A~
est unhomomorphisme
de G dans le groupeJ?
des classes N est le noyau de cethomomorphisme~
on voit que 6. E N est une conditionnécessaire
et suffisante pour queA~
soitisomorphe
à A . On conclut delà, pa,r
desraisonnements
purement formels~
queKo
n’est autre que l’extension dekt
qui correspond
au sous-groupe N deG ;
3Ko
est donc abélien surk t ,et
son groupe de Galois sur
kt peut
être identifié à un sous-groupe du groupe des classesP) ,
Pour
déterminer Ko exactement,
ilsuffit,
en vertu de lathéorie
du corps declasses,
de connaître la substitution de Frobenius pour presque tous lesidéaux premiers
dekt.
C’est iciqu’intervient
la théorie deShimura ;
celle-cimontre,
en
effet,
que, pour presque tous lesidéaux premiers ~
d’un corps dedéfinition
de A ,
onpeut
faire un calcul de ce genreaprès
réduction module;p (les
variétés abéliennes
considérées restenttelles,
unhomomorphisme
d’unevariété
dans une autre reste
tel, etc.).
Dans cesconditions,
le calcul de la substitu- tion de Frobenius seréduit, après réduction modulo p ,
à unproblème
detrie
algébrique, qui
aété résolu
par TANIYA11à. Lerésultat
est le suivant :si rp
est un idéalpremier
de de norme q, sa substitution de Frobenius estq ;
3q) ,
où CT est un certain idéal entier deK,
satisfaisant àq& .
D’unemanière précise,
il se trouve quek t
est aussi(tout
commeK)
extensionquadratique purement imaginaire
d’un corps totalement réelk’ ,
etque la
donnée
de la CM-extension(K ; ~ ~ )
de k déterminecomplètement
une CM-extension
(primitive,
elleaussi) (kt ; ;,~ ~t~ )
de k’; ii y a d’ailleurs
réciprocité
entre ces CM-extensions. Dans cesconditions,
on a4(= ~ ’~~(~?) ,
On en conclut en
particulier
queKo
est une extension abélienne non ramifiéede
kt.
Pour n =1
y K est un corpsquadratique imaginaire ;
on akt
=k ;
3et
Ko
estl’extension abélienne
non ramifiée maximale dekt ("corps
deHilbert") 3,
on retrouve bien les résultats de la théorieclassique. Déjà
pourn =
2 , HECKE, qui
avaitétudié
laquestion
au moyen de la théorie des fonctions modula.ires("groupe
deHilbert")
avaitconstatée d’abord,
avecstupéfaction, qu’en général kt
diffère deK,
etensuite,
avecconsternation,
queKo
n’est pas le corps de Hilbert de
k..
C’est comme sa, onn’y peut
rien.Ayant
résolu’leproblème
de ladétermination
deKo (solution provisoirement
restreinte au
cas @= 9’,
etqu’il
reste à étendre au cas est un ordrequelconque
du corpsK),
on aborde leproblème
suivant : soit u unpoint
d’or-dre fini sur la variété A
(satisfaisant toujours
aux mêmesconditions) ;
3 par"ordre" de u, il conviendra d’entendre l’idéal 03B1 de formé des 03BD ~ O tels que »u =
0 ;
on demande de déterminer le corpsengendré
surKo
parl’image
de u sur la variété de Kummer deA,
celle-ci étantprise
définie surK .
La solution(toujours
en se bornant aucas ~ = 8~)
est exactement sembla- ble à laprécédente ;
le résultat aussi. On obtient des extensions abéliennes387 de
kt’ ramifiées,
bien entendu.Comme SAMUEL l’a
indiqué,
TANIYAMA a aussiobtenu,
cheminfaisant,
ladéter-
mination
complète
des fonctions dzêta desvariétés abéliennes
enquestion (ré-
sultat
qui
n’avaitété
obtenu que toutrécemment,
parDEURING,
pour le casn = 1 de la
multiplication complexe classique).
Les méthodes ci-dessus n’ont pas encore
permis
de retrouver lerésultat
classi- qued’après lequel
les valeurs de l’invariantabsolu j ,
pour les corps de fonctionselliptiques
àmultiplication complexe,
sont desentiers algébriques ;
la difficulté tient à ce
qu’il
faudrait pour cela réduire modulo toutidéal premier
d’un corps convenable(et
non pas seulement modulo presque toutidéal
premier). Naturellement,
il ,y aurait lieu deformpler
et dedémontrer
aussi lerésultat correspondant
pour lesvariétés abéliennes. Signalons
enfin quel’étu-
de des variétésabéliennes
nonsupposées simples,
àmultiplication complexe,
devrait donner des résultats
intéressants (nullement
contenus dans lathéorie
des variétés
simples).
La morale de cette
histoire,
c’est que lagéométrie algébrique
a atteint undegré
dedéveloppement
où elle fournit des moyens de travailplus puissants
quel’analyse (théorie
des fonctionsautomorphes)
pourl’étude
desquestions qui
sont
justifiables
de l’une et del’autre.
BIBLIOGRAPHIE
[1]
SAMUEL(Pierre). -
Travaux de Shimura etTaniyama
sur lamultiplication complexe, Séminaire Bourbaki,
t.8, 1955/56.
[2]
SHIMURA(Gorô). -
Oncomplex multiplication, Symposium
onalgebraic
numbertheory [1955. Tokyo
etNikko]. - Tokyo,
Science Council ofJapan, 1956 ;
p.