Corrigé du devoir surveillé du 19/05/2011
Exercice 1
1. Pour chaque valeur de x fixée, la série numérique
+∞
X
n=1
(−1)nn + x2
n2 satisfait les hypothèses du théorème des séries alternées car
n 7→
(−1)nn + x2 n2
= 1 n+x2
n2 est une suite décroissante de limite 0.
2. Lorsque n tend vers l’infini |un| = n + x2
n2 est équivalent à n n2 = 1
n. Par la règle des équivalents pour les séries numériques à termes positifs, la série
+∞
X
n=1
|un(x)|
est de même nature que la série harmonique
+∞
X
n=1
1
n, donc divergente.
3. Puisque la série
+∞
X
n=1
un(x) est une série alternée qui vérifie les hypothèses du théorème des séries alternées (cf. question 1) son reste d’ordre n, Rn(x) est majoré en valeur absolue par |un+1(x)|, soit
|Rn(x)| ≤ n + 1 + x2 (n + 1)2 ·
Soit I = [a, b] un intervalle fermé et borné. Sur cet intervalle la fonction continue x 7→ 1 + x2est bornée par une constante M , et donc
|Rn(x)| ≤ n + 1 + x2
(n + 1)2 ≤ n + M n2 ·
Puisque ce majorant est indépendant de x, la norme-sup de le restriction de Rn
à I, est majorée par
Rn|I
∞≤n + M n2 ·
Cette norme tend donc vers 0 quand n tend vers l’infini. C’est dire que la série
+∞
X
n=1
un est uniformément convergente sur I.
4. Par le théorème des séries alternées, on a
|Rn+1(x)| = (−1)n+1Rn+1(x) = n + 1 + x2
(n + 1)2 −n + 2 + x2 (n + 2)2 + · · ·
≥ n + 1 + x2
(n + 2)2 −n + 2 + x2
(n + 2)2 = x2(2n + 3) + n2+ 3n + 2 (n + 1)2(n + 2)2 · On en déduit que lim
x→+∞|Rn(x)| = +∞ donc kRnk∞= +∞ ne tend pas vers 0 quand n → +∞.
Exercice 2.
1. (a) Commençons par prouver que f est continue. Puisque f est 2π-périodique, il suffit de prouver que f est continue en chaque point de [−π, π[. Puisque, sur cet intervalle, f coïncide avec la fonction continue x 7→π
2 − |x|, f est continue à droite en −π, et continue en tout point de ]−π, π[. Pour prouver la continuité de f il ne reste qu’à prouver que f est continue à gauche en
−π. Or, en utilisant la 2π-périodicité, lim
x→−π−f (x) = lim
h→0+f (−π − h) = lim
h→0+f (π − h) = lim
h→0+
π
2 − |π − h|
= lim
h→0+
π
2 − π + h = lim
h→0+
−π
2 + h = −π
2 = f (−π), ce qui établit la continuité de f .
(b) Sur l’intervalle ]−π, 0[, f , qui coïncide avec x 7→ π
2 + x, est de classe C1, avec une demi-tangente à droite en −π et une demi-tangente à gauche en 0. Sur ]0, π[ est encore de classe C1, avec une demi tangente à droite en 0 et à gauche en π, car elle coïncide avec x 7→π
2 − x. f est donc de classe C1 par morceaux.
(c) Puisque f est de classe C1 par morceaux et continue, par le théorème de Dirichlet sa série de Fourier est normalement convergente sur R et sa somme est f .
2. La restriction de f à [−π, π] est paire puisque elle est donnée par f (x) =π2− |x|.
Par périodicité, f est paire. Les coefficients bn sont donc tous nuls. Pour n = 0, puisque f est paire,
a0= 1 2π
Z π
−π
f (t) dt = 2 2π
Z π 0
f (t) dt = 1 π
Z π 0
π 2 − t)
dt = 0.
Pour n ≥ 1,
an = 2 2π
Z +π
−π
f (t) cos nt dt = 2 π
Z +π 0
π 2 − t
cos nt dt
Une intégration par parties avec u = π
2 − t, v0 = cos nt, u0 = −1 et v = sin nt donne n
an = 2 π
π
2 − tsin nt n
π 0
+ 2 π
Z π 0
sin nt n dt
= 2
π(0 − 0) + 2 π
1
n2[cos nt]π0 = 2
πn2[(−1)n− 1]
=
0 si n est pair
4
π(2k − 1)2 si n = 2k − 1. (1)
3. La série de Fourier Sf est donc la série Sf = 4 π
+∞
X
k=1
cos(2k − 1)x
(2k − 1)2 · On a prouvé dans la première question que f coincide avec la somme de sa série de Fourier.
En particulier, pour x = 0, π
2 = f (0) = Sf(0) = 4 π
+∞
X
k=1
1
(2k − 1)2 soit π2
8 =
+∞
X
k=1
1 (2k − 1)2·
4. Par la question 2, a0 = 0 tandis que , pour tout n ≥ 1, a2n−1 = 4 π(2n − 1)2, a2n= 0 et bn= 0. L’égalité de Parseval donne alors
kf k22= 1 2π
Z π
−π
|f (t)|2 dt = a20+1 2
+∞
X
n=1
a2n+ b2n =1 2
+∞
X
n=1
16 π2(2n − 1)4
Soit +∞
X
n=1
1
(2n − 1)4 = π 16
Z π
−π
|f (t)|2 dt. (2)
Puisque f est paire, et, pour t ≥ 0, f (t) =π 2 − t, Z π
−π
|f (t)|2dt = 2 Z π
0
π 2 − t2
dt = 2 Z π
0
π2
4 − πt + t2
dt
= 2 π3 4 −π3
2 +π3 3
= π3 6
Avec (2) cela donne
+∞
X
n=1
1
(2n − 1)4 = π4 96·
Exercice 3.
1. Solution développable en série entière autour de 0.
(a) En définissant a0= 1, on a y = fλ(x) =P+∞
n=0anx2. A l’intérieur du disque de convergence on peut dériver terme à terme la série entière de somme y, et donc, pour tout x ∈ ]−R, R[,
y0 =
+∞
X
n=1
nanxn−1=
+∞
X
n=0
(n + 1)an+1xn.
On en déduit
xy0 =
+∞
X
n=1
nanxn=
+∞
X
n=0
nanxn
et y00=
+∞
X
n=0
n(n + 1)anxn−1 puis
xy00=
+∞
X
n=0
n(n + 1)anxn
et
(1 − x)y0 =
+∞
X
n=1
(n + 1)an+1− nanxn
Le développement en série entière de x00+ (1 − x)y0− λy est donc
+∞
X
n=0
[n(n + 1)an+1+ (n + 1)an+1− (n + λ)an] xn.
Par unicité du développement en série entière, pour que cette fonction soit nulle il faut et il suffit que, pour tout n ≥ 0,
n(n + 1)an+1+ (n + 1)an+1− (n + λ)an= 0
soit
an+1= n + λ (n + 1)2an.
Avec a0= 1, une récurrence immédiate donne, pour tout n ≥ 1,
an= Qn−1
k=0(k + λ)
(n!)2 · (3)
(b) i. Pour λ = 0, l’équation (3) avec n = 0 donne a1 = 0, puis, par récur- rence, an= 0 pour tout n ≥ 1. Ainsi f0= 1.
ii. Pour λ = 1, (3) donne a1 = 1, puis, par récurrence an = n!1 donc f1(x) = ex.
iii. Pour λ = −1 (3) donne a1 = −1 puis, à partir de n = 2, an= 0. D’où f−1(x) = 1 − x.
iv. On obtient de même f−2(x) = 1 − 2x +x2 2 ·
(c) Pour λ > 0, il résulte de(3) que les an sont tous > 0 et donc fλn’est pas un polynôme. De même si λ < 0 n’est pas un entier, le numérateurQn−1
k=1(k +λ) dans l’expression (3) qui donne an n’est jamais nul, et donc fλn’est pas un polynôme.
Si λ = −p est un entier strictement négatif, on obtient
an= Qn−1
k=0(k − p)
(n!)2 = (−1)n Qn−1
k=0(p − k) (n!)2
On en déduit que ap= (−1)p Qp−1
k=0(p − k)
(p!)2 = (−1)p1
p! et an = 0 pour n ≥ p+1. f−pest donc un polynôme de degré p est de terme dominant (−1)pxp
p!· (d) On applique le critère de d’Alembert à la série numérique de terme général
un= |anxn|. On a un+1
un = |n + λ|
(n + 1)2|x| −→
n→+∞0 < 1.
La série P+∞
n=0anxn est donc absolument convergente pour tout x. Son rayon de convergence est donc +∞.
2. Résolution de E1 sur unt intervalle ouvert I ne contenant pas 0.
(a) Puisque x ne s’annule pas sur I, l’équation E1 s’écrit y00+1 − x
x y0−1 xy = 0.
Ceci est une équations différentielle linéaire et homogène d’ordre 2, sous forme résolue. La théorie nous dit que l’ensemble de ses solutions est un espace vectoriel de dimension 2.
(b) On applique la méthode classique de réolution d’une équation linéaire d’ordre 2 lorsque l’on connait une solution particulière de l’équation homogène as- sociée. Sachant que exest une solution de l’équation homogène, on cherche la solution générale sous la forme y(x) = z(x)ex. On remplace y, y0 et y00 dans l’équation E1 par les expressions respectives
y = zex, y0 = (z0+ z)ex y00(x) = (z00+ 2z0+ z)ex. Après simplification, l’équation (1) s’écrit
[xz00+ (1 + x)z0)]ex= 0
Ainsi y est solution de E1 si et seulement si z est solution de xz00+ (1 + x)z0= 0,
Autrement dit, si u = z0 est solution de
xu0+ (1 + x)u = 0. (4)
C’est une équation linéaire homogène d’ordre 1. Soit u une solution de (4) non identiquement nulle. Alors u n’est jamais nulle, et
u0
u = −1 −1 x
Il en résulte que ln |u| = −x − ln x + cte, puis, en appliquant la fonction exponentielle aux 2 membres de cette égalité
|u| = e−x 1 xecte. La solution générale de (4) est donc de la forme
u(x) = λe−x x avec λ ∈ R. Soit h un primitive sur I de e−x
x . Alors les primitives de u = λe−x
x sont les fonctions de la forme λh(x) + µ avec µ ∈ R, la solution générale y de E1 est y = zexsoit
y = [λh(x) + µ]ex.
3. Résolution de E1 autour de 0. Soit I = ]a, b[ un intervalle ouvert contenant 0. On a donc a < 0 < b. Et soit f une solution de E1 sur I = ]a, b[.
(a) Pour tout x ∈ ]0, b[ l’intervalle [1, x] ne contient pas 0. L’application x 7→
Z x 1
e−t t dt
est donc bien définie sur ]0, b[ et, par le théorème fondamental du calcul et intégral c’est une primitive de e−x
x . Si h+ est une primitive quelconque de ex
x sur ]0, b[ il existe donc une constante c telle que h+(x) =
Z x 1
e−t t dt + c.
On a alors lim
x→0+
h+(x) = c + lim
x→0+
Z x 1
e−t
t dt = c − lim
x→0+
Z 1 x
e−t
t dt = −∞, car l’intégrale impropre (en 0)
Z 1 0
e−t
t est divergente. En effet e−t
t est positf sur ]0, 1[, et e−t
t ∼1
t quand t → 0.
De même, pour tout x ∈ ]a, 0[, l’intervalle [−1, x] ne contient pas 0, et toute primitive h− de e−x
x sur ]a, 0[ est de la forme h−(x) =
Z x
−1
e−t t dt + c et donc que lim
x→0−
h−(x) = c + lim
x→0−
Z x
−1
e−t
t dt = c − lim
x→0−
Z x
−1
e−t
|t| dt = −∞, car l’intégrale impropre en 0 de la fonction positive t 7→ e−t
|t| est divergente.
(b) La restriction de f à l’intervalle ]0, b[ est une solution de E1 sur cet inter- valle. Par la question 2 de cet exercice, appliquée à l’intervalle ]0, b[ il existe deux réels λ1et µ1tels que, sur ]0, b[ on ait
f (x) = ex[λ1h+(x) + µ1].
où h+ est une primitive de e−x
x sur ]0, b[. De même il existe deux réels λ2
et µ2 tels que, sur ]a, 0[ on ait
f (x) = ex[λ2h−(x) + µ2].
où h−est une primitive de e−x
x sur ]a, 0[. Puisque f est dérivable sur ]a, b[, elle est continue en 0, en particulier, elle est continue à droite en 0, et donc
f (0) = lim
x→0+f (t) = lim
x→0+ex[λ1h+(x) + µ1].
Puisque cette limite est une limite finie, et puisque, par la question précé- dente, lim
x→0+
h+(x) = −∞, ceci implique λ1 = 0 et f (0) = µ1. On voit la même façon en considérant lim
x→0−f (x) que λ2= 0 et µ2= f (0) = µ1. pour tout x ∈ I on a f (x) = f (0)ex.
Exercice 4.
1. (a) limx→0|ln x| = limx→0(ln x)2= +∞. Les intégralesR1
0 ln x dx etR1
0(ln x)2dx sont donc impropres en 0. Puisque limx→0+
x1/4ln x
= 0, pour x suffisa- ment petit
|ln(x)| ≤ 1
x1/4 et ln2(x) ≤ 1 x1/2· Z 1
0
1 x1/4 et
Z 1 0
1
x1/2 sont convergentes parce que 1/4 < 1 et 1/2 < 1. Par le critère de comparaison pour les intégrales impropresR1
0 ln x dx etR1
0 ln2x dx sont absolument convergentes, donc convergentes, et ln appartient à V ∩ W . (b) L’intégrale
Z 1 0
1
xα est convergente si et seulement si α < 1, donc f = x 7→
x−αappartient à V si et seulement si α < 1. De mêmeR1
0 x−2αdx converge si et seulement si 2α < 1, donc f ∈ W si et seulement si α < 1/2.
2. La minoration p2 + q2 − 2 |pq| = (|p| − |q|)2 ≥ 0 donne 2 |pq| ≤ p2+ q2. Il en résulte 0 ≤ 2 |f g| ≤ f2+ g2 pour toutes fonctions réelles f et g. Si f, g ∈ W ,
Z 1 0
(f2(t) + g2(t)) dt est convergente, est donc aussi Z 1
0
2 |f (x)g(x)| par la règle de comparaison. Ainsi
Z 1 0
f (x)g(x) dx est absolument convergente, donc convergente, et f g ∈ V .
Soit f ∈ W . La fonction constante 1 appartient aussi à W . Donc f × 1 = f ∈ W . 3. W est non vide car 0 ∈ W . Il reste à prouver que W ⊂ V , ce qu’on vient de faire, et que de plus, W est stable par addition, et par multiplication scalaire.
Contentons nous de prouver la stabilité de W par addition. Soient g1, g2 ∈ W , et g = g1+ g2. Il faut prouver queR1
0 g2(t) dt est convergente. Vu g2(x) = g12(x) + g22(x) + 2g1(x)g2(x) il suffit de prouver que les intégrales
Z 1 0
g12(t) dt, Z 1
0
g22(t) dt et Z 1
0
g1(t)g2(t) dt sont convergentes. Les 2 premières le sont par hypothèse, et la troisième l’est par la question précédente.
4. Il faut vérifier que (f, g) 7→ (f |g) est bilinéaire, symétrique et définie positive.
La symétrie résulte de la symétrie de (f, g) 7→ f g. La bilinéarité résulte de la linéarité de l’intégrale et de la bilinéarité de (f, g) 7→ f g. Enfin, par positivité de l’intégrale
(f |f ) = Z 1
0
f2(x) dx ≥ 0,
et cette intégrale est nulle si et seulement si f est identiquement nulle, parce que x 7→ f2(x) est une fonction continue positive.
5. (a) L’intégrale Z x
0
f (t) dt est convergente parce que Z 1
0
f (t) dt est convergente.
Puisque x > 0, t 7→ f (t) ln t est continue sur [x, 1] donc Z 1
x
(ln t)f (t) dt est une intégrale ordinaire.
(b) f et t 7→ (ln t)f (t) sont continues en x. Par le théorème fondamental du calcul différentiel et intégral
d dx
Z x 0
f (t) dt = f (x) et d dx
Z 1 x
(ln t)f (t) dt = −(ln x)f (x).
F0(x) = d dx
(ln x)
Z x 0
f (t) dt
+ d
dx Z 1
x
(ln t)f (t) dt
= 1
x Z x
0
f (t) dt + (ln x)f (x) − (ln x)f (x) = 1 x
Z x 0
f (t) dt.
(c) F0, produit de deux fonctions dérivables sur ]0, 1], est dérivable avec F00(x) = − 1
x2 Z x
0
f (t) dt +f (x) x ·
F00 est continue comme somme de produits de fonctions continues.
(d) L’équation
xF00(x) + F0(x) = f (x)
se déduit immédiatement des expressions de F0(x) et F00(x) ci dessus.
6. (a) Pour x = 1
F (1) = (ln 1) Z 1
0
f (t) dt + Z 1
1
(ln t)f (t) dt = 0.
(b)
xF0(x) = Z x
0
f (t) dt =
Z 1 0
f (t) dt − Z 1
x
f (t) dt
−→x→00
par définition de l’intégrale impropre Z 1
0
f (t) dt.
7. (a) La fonction x 7→ xF0(x) est continue sur ]0, 1] et part (6.b) xF0(x) → 0 quand x → 0. Cette fonction se prolonge donc par continuité en une fonction continue sur [0, 1]. Elle est donc bornée par une constante A. Ainsi
|F0(x)| ≤ A/x.
(b) Puisque F0 est continue sur ]0, 1] et F (1) = 0 on peut écrire
|F (x)| = |F (1) − F (x)| =
Z 1 x
F0(t) dt
≤ Z 1
x
|F0(t)| dt ≤ Z 1
x
A
t dt = A |ln x| . (c) Par (I.1.a) la fonction ln ∈ W , et puisque |F (x)| ≤ A |ln x|, F ∈ W .