REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE
QUELQUES ASPECTS NOUVEAUX DU MÉTABOLISME
DE L’AZOTE CHEZ LE PORC ET LEURS CONSÉQUENCES
POUR LA SATISFACTION DE SES BESOINS EN PROTÉINES
G. FAUCONNEAU R. PION Station
d’Études
desMétabolismes,
Centre de Recherches de
Clermont-Ferrand,
I. N. R.A.,
62 -Saint-Genès-Champanelle
RÉSUMÉ
Nous avons
passé
en revue différents facteurs de la nutrition azotée du porc en croissance.Croissance et besoins en
protéines
et en acides aminés(tabl. 1 -6)
Le corps du
porcelet
nouveau-né contient seulement 11 p. 100 deprotéines
et 6 p. 100 delipides.
Ces teneurs sontrespectivement
de 15 p. 100 et de 16 p. 100après
deux semaines. Lasynthèse protéique
nettejournalière augmente régulièrement,
pour atteindre 100-125 g chez des porcs de 30 à 35kg ;
elle reste ensuite constante chez les porcsplus âgés,
alors que lasynthèse
de
lipides
continue àaugmenter,
et cela d’autantplus
que le niveau d’alimentation estplus
élevé.La
synthèse
desprotéines
n’est pas diminuée par une restrictioncalorique
n’excédant pas 15 à20 p. 100 du besoin. Le
rapport protéines fixées/énergie
métabolisable reste constantjusqu’à
un
poids
vif de 35 à 4okg, puis
diminuerégulièrement lorsque
l’animalpoursuit
sa croissance.Le
rapport protéines/énergie
métabolisable(ou protéines/énergie digestible)
de la ration doit donc être constant dans lapremière phase, puis
diminuerrégulièrement
avecl’âge
de l’animal dans la deuxième.Les besoins ne varient pas dans les mêmes
proportions
pour tous les acides aminésindispen-
sables au cours de la croissance. Le besoin
journalier
delysine augmente rapidement jusqu’à
40
kg
depoids vif, puis plus
lentement ensuite.L’augmentation
necorrespond plus
dans ladeuxième
période qu’à
uneaugmentation
du besoin d’entretien. Aucontraire,
le besoin en méthionineaugmente plus
avecl’âge
que la moyenne des besoins en acides aminés(tabl. 6).
*
Rapport présenté
aux commissions de la FédérationEuropéenne
deZootechnie, Helsinki, juin 19 6 9 .
Acides aminés libres du
sang et
nutritionprotéique (tabl.
7,8, 9 )
Les acides aminés libres du sang constituent la
principale
forme detransport
desproduits
de la
digestion
desprotéines
alimentaires vers les tissusqui
les utiliseront à dessynthèses
pro-téiques.
Leurs teneurs sont àchaque
instant le résultat d’unéquilibre
entre lesapports
prove- nant du tubedigestif,
ou du catabolisme deprotéines
et lesquantités
utilisées par les tissus. C’estpourquoi
des chercheurs ontessayé
de relier les teneurs en acides aminés libres du sang de porc, à ses besoins en acides aminés et à lacomposition
en acides aminés des alimentsingérés.
Les valeurs moyennes obtenues dans différentes études sontgénéralement
enaccord,
au moins en cequi
concerne les acides aminés
indispensables (tabl 7 ).
Il y a une interrelation entre les teneurs des différents acidesaminés,
mais les teneurs en acides aminésindispensables
sontgénéralement
enrapport
avec lacomposition
en acides aminés de la ration.Acides aminés libres du sang et
digestion
Les concentrations des différents acides aminés dans le sang
porte dépendent
de lacinétique
de leurs
apports
par le tubedigestif.
Aussi avons-nous étudié les variations des teneurs en acides aminés libres du sangporte
au cours de ladigestion
de divers aliments : farine dehareng,
orge, tourteaud’arachide,
aliment sans azote, blé et tournesolsupplémentés
ou non enlysine.
Les aug- mentations des teneurs en acides aminésindispensables
sont très élevées dans le cas de la farine depoisson
et très faibles dans celui del’orge.
Elles sontimportantes
au cours de ladigestion
del’arachide,
sauf pour lalysine
et la thréoninequi
constituent les facteurs limitants de cet alimentprotéique.
Lalysine ingérée
sous forme libre semble être absorbée en mêmetemps
que cellequi provient
de ladigestion
desprotéines
du blé ou du tournesol(tabl.
10, m ;fig. 1 ).
Comme lesvariations de teneurs observées au cours de la
digestion
sont trèsimportantes,
leur déterminationpeut
être très utile pour l’étude de lasupplémentation protéine-acide
aminé, et de ladisponibilité
de certains acides aminés.
Valeur nutritive des
protéines
Les
proportions
des différents acides aminés desprotéines
alimentairescorrespondent plus
ou moins bien aux besoins des animaux
(tabl. 12 ).
Lescompositions
des différents aliments peu- vent facilement êtrecomparées
entreelles,
et aux besoins des animaux, enexprimant
les teneurs des différents acides aminésindispensables
etsemi-indispensables
en p. 100de leur somme. La réalisation de rationséquilibrées
est facilitée par l’amélioration de lacomposition
de certainesprotéines (maïs),
et par l’utilisation d’acides aminés(DL-méthionine, L-lysine)
et deprotéines
industrielles
(levures, algues).
Mais ladisponibilité
de certains acides aminéspeut
être diminuéeau cours de la fabrication ou du
stockage,
et il est deplus
enplus
nécessaire dedisposer
d’uneméthode
précise
de mesure de cettedisponibilité.
INTRODUCTION
L’intensification de
l’élevage
du porc se traduit par certaines modifications des méthodesd’élevage
traditionnelles. L’accroissement du nombre deportées produites chaque
annéepar les
truies nécessite le sevrage
précoce
desporcelets
alors que la nutrition des truies pose moins deproblèmes ;
eneffet, pendant
lagestation,
le rendement del’énergie
et de l’azote est excellent carl’anabolisme est favorisé par le
complexe
hormonal degestation
tandis que,pendant
la lactationraccourcie,
l’extériorisation despotentialités génétiques
laitières est favorisée par l’utilisation des réserves mobilisables(protéines
etlipides)
de lamère, (SALMON-LEGAGNEU R , 19 6 5 ; L ODGE , 10 6 2 ).
La nutrition azotée et
énergétique
desjeunes
porcs dont laphase
desynthèse protéique
est im-portante
et mal connue est donc unproblème particulièrement important qui
doit être étudié à la fois par desphysiologistes,
des nutritionnistes et desgénéticiens.
Nous examinerons successivement divers
aspects
de la nutrition azotée enrapport
avec ceproblème :
les besoins en acides aminésindispensables
et leurdéterminisme,
lacomposition
enacides aminés libres du sang en relation avec l’état de nutrition azotée des
animaux,
et la valeur nutritive desprotéines
dont lacomposition
en acides aminésindispensables
est à peuprès
connueactuellement. Nous laisserons de côté le
problème
del’appétit
trèsimportant
à cettepériode
de lavie de l’animal et dont le contrôle
permettrait
d’utiliserplus
rationnellement les nourrisseursautomatiques.
COMPOSITION
DUPORC
AUCOURS DE LA CROISSANCE
(tabl.
Iet 2 )
A sa naissance le
porcelet
contient II p. Ioo deprotéines
et I,4 p. 100delipides. Après
lanaissance,
lasynthèse
deslipides
estrapidement importante
etdépasse légèrement
celle des pro- téines(en poids).
Vers 4 à 5kg ( 2 semaines),
la teneur duporcelet
enprotéines
atteint I5 p. Ioo etsa teneur en
lipides
16 p. ioo(M ANNERS
etN1 C C REA , 19 6 3 ;
BERGE etIN D REBO,
Ig54 ;ESLEY, 1963).
La crise des 3 semaines se traduit par une diminution de la consommation d’aliments ce
qui
en-traîne un certain
amaigrissement :
les tissussynthétisés
sontplus
pauvres enlipides ( I3
p. 100 au lieu de 20p.I oo).
Lacomposition
du croît reste ensuite constantejusqu’à
35-40kg :
I5 à 17 p. Ioo deprotéines,
15 à 20p. 100 delipides.
A lanaissance,
lesprotéines
du tissu musculaire ne cor-respondent qu’à
10 p. 100 decelui-ci ;
ellesaugmentent
ensuiteprogressivement, atteignant
1
6 p. 100à 3 semaines
(5, 7 kg)
et ig-2o p. Ioo à 8 semaines( 20 kg), (DuRAND et al., 19 6 7 b).
Le sevrage
classique
vers 16-20kg
provoquetemporairement
unesynthèse
deslipides plus faible, cependant
que lasynthèse
desprotéines
continuerégulièrement d’augmenter jusqu’à
30 -
35
kg,
où elle atteint 100à 125 g parjour
chez leLarge White,
le porcDanois,
le Landrace alle- mand et lePiétrain, (T HORBEK , I9 68;
OSLAGE etF LIEGEL , I9 6 4 ;
FARRIES etal., I g68).
La syn- thèse desprotéines
reste constante de 30 à 80kg
tandis que lasynthèse
deslipides augmente régulièrement après
35-40kg,
d’autantplus
que le niveau d’alimentation estplus
élevé. La matière fraîche du croît contient 37 p. 100delipides
à 35kg,
47 p. 100à70 -8 0 kg
et 50 p. 100 à go-iookg (T
HORBEK
, I9 68;
OSLAGEetF LIEGEL , I g6 4 ).
L’augmentation
du niveau d’alimentation duporcelet (vers
10kg)
conduit àplus
accélérerla
lipogenèse ( 20 - 21
p. 100contre15 - 1 6
p.100 )
que laprotéinogenèse
et accroît la vitesse de crois-sance si
l’apport
azoté est suffisant(B OAZ
etE LSZEY , 19 6 2 ).
Chez le porcplus âgé, (après
30kg)
recevant un
apport
azotésuffisant,
laquantité
deprotéines
fixées( IOO
à 125g/j)
estindépendante
de la vitesse de croisance
qui dépend
du niveaud’alimentation,
et lalipogenèse
estproportion-
nelle à ce dernier.
Lorsque l’apport
des autres éléments de la ration : acides aminésindispensables,
vitamines et minéraux est
suffisant,
la restrictionénergétique
provoque une croissance ralentie et un enrichissement des tissus enprotéines (H ENK
etL AUBE , 19 6 7 ).
Laquantité
deprotéines
fixées par
jour
reste à peuprès
constante si la carenceénergétique
n’est pastrop poussée (75-8
0
p. 100desnormes).
La rétention azotéequotidienne
du porc de 30 à gokg
sembledépendre
essentiellement des facteurs
génétiques (H ENK
etL AUBE , 19 67).
En outre, une croissance
rapide
obtenuegrâce
à un niveau d’alimentation élevé chez le por- celet(vers
15kg)
n’a pas deconséquences économiques
intéressantes sur la croissanceultérieure,
l’indice de consommation et lesqualités
de la carcasse(à
gokg) (E LSLEY , 19 6 3 ).
L’étude
plus
fine de la croissance de divers tissus du porcanalysant
le rôlerespectif
del’hyper- plasie
et del’hypertrophie
au cours decelle-ci,
a été effectuée par STRUNZ et LENKEIT(i 9 6 3 ),
par DuuwrrD et al.
( 19 6 7 a). L’hyperplasie
est leprincipal
facteur dedéveloppement
du tissu mus-culaire
jusqu’à
70kg (puberté?), puis l’hypertrophie
devientprépondérante.
Au cours de lacroissance,
la carenceénergétique
ralentitplus
lamultiplication
nucléaire que lasynthèse protéique
. RNA
(D
URAND
etP ENOT , 1970 ),
mais diminuecependant
lerapport !NA!
La restriction azotée provoque un effondrement du
rapport D N A ,mais l’augmentation
duRNA
DNA se
poursuit
à une vitesse variable suivant les tissus : lamultiplication
est peu freinée dans le coeurcependant
que dans les autres tissus musculaires la diminution desynthèse
du DNA estdu même ordre de
grandeur
que celle de lasynthèse protéique (S TRUNZ
etL ENKEIT , 19 6 3 ).
La
composition
en acides aminésindispensables
de l’ensemble desprotéines corporelles
duPorc
paraît
voisine de celle du Rat(G RUHN , r 9 65 ; W ILLIAMS et al., I g6 4 ) (tabl. 3 ) ; la composition
du muscle de porc est très voisine de celle des muscles de veau et de boeuf
(PioN
etFAUCONNEAU, 19
68).
CONSÉQUENCES
SURLES BESOINS AZOTÉS
Le
rapport énergie métabolisable es t
constant chez leorc
de e à ok ( 15 - 1 6 p. io o
Le
rapport
Pp ————————————— est constant chez le porc de 5 a 30-35kg (15-16
p.100) protéines
fixées P 5 3 -35 g(
5 P) puis
diminue ensuiterégulièrement jusqu’à
i2okg (tabl.
I et2 ) (O SLAGE
etF LIEGEL , I g6 4
1H ORNICKE
, ig6i).
Cette évolutioncaractéristique
de laprotéinogenèse
chez le porc a diversesconséquences
nutritionnelles : de 5 à 30kg,
la concentration des acides aminésindispensables
pour la croissance doit rester sensiblement constante dans
l’énergie
de la rationexprimée
enénergie digestible (ED)
ou enénergie
métabolisable(EM =
ED x( 0 , 93 :!: 0 , 02 )
parkg ;
ceténergie
métabo-lisable est très élevée
( 4
500kcal/kg
deMS),
car leporcelet
consomme des rations riches enlipides.
énergie
métabolisable .. ,Entre 30 et 90
k g,
lerapport énergie métabolisable
diminue de 15 à !8 p.
100: lesprotéines
fixéesacides aminés
indispensables apportés
par laration,
et nécessaireschaque jour
à laprotéinogenèse qui
est constante, sont deplus
dilués dansl’énergie
nécessaire à lalipogénèse
et à l’entretien.Une ration
comportant
zoo g deprotéines
bienéquilibrées
en acides aminésindispensables permet
la fixation dans
l’organisme
de 60 p. 100de l’azotedigéré (F ARRIES
etal., 19 68; T HORBEK , 19 68).
Ces zoo g doivent être contenus
respectivement
dans 1,2 et 3kg
de ration contenant 300o kcald’énergie digestible
parkg
de MS pour des porcsde 2 5 ,
45 et 80kg (A.
R. C.19 6 7 ).
Il fautajouter
au besoin de croissance une certaine
quantité
deprotéines
nécessaires à l’entretien( 3
p. 100de laration).
L’alimentationséparée
enprotéines
d’unepart,
et englucides-lipides
d’autrepart, (ap- portant l’énergie),
serait intéressantependant
cettephase
decroissance-engraissement (HENRY, 19
68),
car l’alimentation ad libitum entraîne ungaspillage d’énergie
trèsimportant
chez les porcs dont lepoids dépasse
35kg.
Eneffet,
l’animal a du mal àajuster
simultanément à ses besoins lesapports
de calories et d’acides aminésindispensables.
La diminution desingesta,
liée àl’aug-
mentation de la concentration
énergétique
de la ration que Ri;RATet LOUGNON(r 9 66)
ont trouvée n’est pas confirmée par CLwwsorr( 19 6 7 )
dans le cas où lesprotéines
de la ration sont bienéqui-
librées.En
résumé,
si de 5 à 30kg,
les acides aminésindispensables
doivent êtreapportés
propor- tionnellement àl’énergie métabolisable,
enrevanche, l’apport
d’acides aminésindispensables
doit être relativement constant,
après
33kg,
et n’est accru que parl’augmentation
du besoind’entretien.
BESOINS EN ACIDES AMINÉS INDISPENSABLES
Les besoins azotés ont fait
l’objet
de nombreuses mises aupoint
récentes(RÉ RAT
etL OUGNON , X g 66 ;
A. R.C., 19 6 7 ;
HOMBetM ATRE , 19 6 7 ;
N.R. C., i 9 68).
Le besoin azoté du porc et des autresespèces, correspond
au besoin d’une dizaine de L-acides aminésindispensables qui
doivent êtreapportés
dans les rations enproportion équilibrée
et enrapport
avecl’énergie
métabolisable de celles-ci. Les études ontgénéralement
été réalisées avec des rations mixtes dont on ne connaît ni ladisponibilité
des acidesaminés,
ni l’efficacité de lasupplémentation ;
ces rations ont rarement faitappel,
sauf dans le cas de laméthionine,
à l’utilisation d’acides aminésindispensables libres,
contrairement à cequi
a été réalisé dans le cas du Rat et de la Volaille. Toutefois DMTCaELL et al.( 19 6 4
-ig6g)
ont effectuéquelques
déterminations des besoins en acides aminésindispensables
duporcelet (8- 15 kg) ;
ils ont étudiéparticulièrement l’isoleucine,
lathréonine,
lavaline,
letrypto-
phane
et les acides aminés soufrés.Les besoins de
chaque
acide aminéindispensable exprimés
en p. Ioo de leur somme(PION,
de BELSUNCE et
FAUCONNEAU, 19 6 3 ) (tabl. 5) peuvent
êtrecomparés
aux besoinspréconisés
par les différents auteurs dans les divers étatsphysiologiques
des animaux. Ce moded’expression
! ! ! ! . ! !. ! . ! acides aminés
indispensables permet,
en outre, de faire relativement abstraction durapport : acides aminés indispensables énergie met a ohsable et
d’analyser
avecprécision l’aptitude
des aliments à couvrir les besoins dupoint
de vue del’équi-
libre des acides aminés
indispensables.
Lacomparaison
des recommandationsproposées par les
divers auteurs fait
apparaître
desdivergences plus
faiblesqu’autrefois (FAUCONNEAU, 19 66).
Cette évolution est nette dans le cas de la leucine et de l’isoleucine. Les besoins en ces acides aminés
paraissent plus importants
chez le porc de 20à 50kg
que chez leporcelet
de Iokg,
et que chez les autresespèces :
16 p. 100contre 13,4 p. 100pour laleucine,
14 p. Ioo contre 12p. 100pour l’isoleucine(RÉ RAT
etL OUGNON , 19 66).
Ce fait était vraisemblablement lié à l’utilisation de rations à base de maïs pour la détermination des besoins des porcs de 20à Sokg. Or,
lesprotéines
du maïs ont une teneur en leucine très
élevée,
cequi peut
entraîner à la fois une surestimation du besoin enleucine,
et uneaugmentation
du besoin en isoleucine(S POLTER
etHARPER, I g6 I ).
Les résultats récents
d’expériences
effectuées avec des rations mixtes ne fontplus apparaître
cette
originalité
duPorc ;
les besoins en acides aminésindispensables
pour la croissance de cetteespèce (exprimés
en p. Ioo de leursomme)
seraient voisins de ceux du Rat.INFLUENCE DE L A GÉ
Les besoins en la
plupart
des acides aminésindispensables
diminuentrégulièrement
avecl’âge ;
seul le besoin en méthionine ne diminue que lentement chez les porcs deplus
de 60kg, (N
AVRATIL
etS IMENECK , 19 6 3 ;
WIESEMÙLLER etP OPPE , 19 68).
Le besoin en
lysine
duporcelet ( 5 - 15 kg),
déterminé par ANDERSON et BOWLAND( 19 6 7 ) paraît plus
élevé( I ,i8
p. ioo de la matière sèche de laration)
que celui des animauxplus âgés.
En
fait,
la ration utilisée contenait 22p. 100deprotéines
et 4ooo kcald’énergie digestible
parkg
de matière
sèche,
et le besoin ainsi déterminécorrespond
à o,go p. loo d’une ration à 3 050 kcald’ED/kg
deMS ;
FENDER( 19 68)
a d’ailleurs trouvé pour des porcs de 20à 4okg un besoin
enlysine
de1 , 1 8
p. 100pour une ration contenant 4 ooo kcald’énergie digestible
parkg.
Le besoinen
lysine, rapportée
à la matière sèche de la ration, des trèsjeunes porcelets
n’est doncplus
élevéque dans le cas où ils
reçoivent
une ration très riche enlipides.
La
proportionnalité
entre les acides aminésindispensables
etl’énergie
de la rationparait s’imposer
pour l’alimentation azotée des porcsjusqu’à
4okg.
Enrevanche,
chez les porcsplus âgés ( 40 -8o kg),
le besoin en acides aminésindispensables
n’estplus proportionnel
à la concen-tration
énergétique
de laration ;
c’est ainsi que RÉRAT et HENRY( I g6g)
trouvent un besoin de0 ,
52 p. 100de méthionine pour des femelles recevant un
régime
contenant 3 45o kcald’ED/kg
au lieu de o,5 p. 100trouvés par la
plupart
des auteurs pour desrégimes comportant
3ooo kcald’ED/kg.
Les résultats de WIFSFMÜLLERet POPPE
( 19 68)
obtenus avec des rations mixtes et variées montrent que le besoinquotidien
enlysine augmente rapidement
pour des porcs de 20 à 4okg (
9 -
14 g/j), proportionnellement
auxprotéines
fixées( 70 - IIO g/j).Le
besoinaugmente plus
lente-ment chez les animaux
plus âgés,
cequi correspond partiellement
àl’augmentation
du besoind’entretien en fonction du
poids métabolique :
0,7 ào,8 g/j
delysine supplémentaire
sont néces-saires par 10
kg
depoids vif ;
c’est-à-dire à 0.2p. 100delysine
dans la ration. Ce résultat corres-pond
à trois fois le besoin d’entretien trouvé chez des truies de 150kg.
En tenantcompte
desquantités ingérées,
le besoin enlysine exprimé
en p. 100de la ration diminue d’abord lentementjusqu’à
4okg, puis plus rapidement
ensuite(tabl. 6).
Le besoin
journalier
en méthionineaugmente plus rapidement
avecl’âge
et lepoids
que le besoin enlysine :
entre 20et gokg,
le besoin en méthionine est doublé alors que celui enlysine
n’est
augmenté
que de6 5
p. Ioo. Ladivergence
des besoins en méthionine etlysine
au cours dela croissance est
liée,
d’unepart
à la faible teneur relative des tissussynthétisés
en méthionineet
cystine,
3 à 3,5g/ 1 6
g d’N au lieu de 7,5 pour lalysine,
et d’autrepart
auxbesoins importants
de méthionine pour l’entretien
(B AKER
etal., I g66).
La méthionine assure en effet diverses fonc- tions de détoxication au niveau del’organisme
et les acides aminés soufrés se trouvent en concen-tration relativement
importante
dans lesphanères. Rapporté
à laration,
le besoin en méthioninedu
jeune
porc de 2okg
necorrespond qu’à
60 p. Ioo du besoin enlysine
alorsqu’il
est de 72 p. 100 du même besoin chez le porc de 80kg.
Les normes
préconisées
par l’A.R.C.(tabl. et 5 ) pourlalysinesontparticulièrementélevées
pour le porc de 4o à 50
kg (o,g
à o,95 p. 100delysine)
et pour lejeune porcelet
de 2 à 9kg ( 2 , 2
à1 ,
5 p. Ioo de
lysine).
L’utilisation de telles normes avec des rations bienéquilibrées
en acidesaminés
indispensables
chez le porc de 50 à gokg
conduit à des rendements faibles de l’azotedigéré :
30
à 50 p. 100
(O SLAGE
etF LIEGEL , I9 6 4 ;
FARRIESetal., I9 68 ; THO RBEK , 19 68)
alors que lejeune porcelet
de 20à 30kg
retient 50 à 60 p. 100de l’azote absorbé.ACIDES AMINÉS LIBRES
DUSANG ET ÉTAT DE NUTRITION AZOTÉE
Les acides aminés libres du sang, et, en
particulier
duplasma
constituent laprincipale
formede
transport
vers les tissus desproduits
de ladigestion
et del’absorption
des matières azotées alimentaires. Leurs concentrations sont àchaque
instant le résultat del’équilibre
entre lesapports
d’acides aminés alimentaires ou
provenant
du catabolisme desprotéines,
et lasynthèse
de pro- téines nouvelles.Lorsqu’un
acide aminé est fourni à l’animal enquantité supérieure
à sonbesoin,
sa teneur dans le sangaugmente,
et n’est limitée que parl’aptitude
des organes à le cataboliser. Dans lecas
contraire,
les tissusqui
ont à leurdisposition
les autresnutriments,
et enparticulier
lesautresacides aminés
qui
leur sont nécessaires poursynthétiser
desprotéines,
vontprélever
l’acide aminé limitant dès son arrivée dans le sang, et sa teneur y sera diminuée.Des relations ont ainsi pu être établies chez le Rat et le Poulet entre les concentrations en
acides aminés dans le
plasma
ou dans le sangtotal,
et ledegré
de satisfaction dubesoin,
au moins pour un certain nombre d’acides aminés. Des études similaires ont étéentreprises
chez le Porc par un certain nombred’équipes.
Une des difficultés de ces études est le choix du moment
auquel
les échantillons de sang doi- vent êtreprélevés,
en fonction durythme
alimentaire de l’animal. L’influence de l’alimentrisque
d’être
prépondérante pendant
lespremières
heuresqui
suivent le repas, et les concentrations alors mesuréesrisquent
dedépendre plus
desapports
que de l’utilisation. Les concentrations mesurées dans desprélèvements
effectuésaprès
unjeûne trop prolongé risquent
d’être modifiées par le catabolisme tissulaire. Il est bien difficile de choisir unoptimum
etplusieurs techniques
ont étéutilisées :
- les animaux sont nourris ad
libitum,
et lesprélèvements
sont effectués sans aucunjeûne préalable (PUC HAL
etal., 19 62) ;
- les animaux sont soumis à un
jeûne
de duréevariable,
à lasuite duquel des prises de sang
sont
effectuées, (CHANCE,
1962, RICHARDSON et al.,19 6 5 ) ;
1- les animaux sont soumis à des repas, et les
prélèvements
sont effectués à destemps
va-riables
après l’ingestion
de ce dernier.(Lorrc
etal., i 9 6 5 ;
KRYSCIAK etal., ig66 ;
Cohtsset ad., 19
6 7
;
COOKEetal., 19 66).
Les repas sontplus
ou moinsespacés
selon les auteurs, et souventpré-
cédés d’un
jeûne
de r2 à 18 heures.Plusieurs auteurs, et en
particulier CHANCE,
ont utilisé concurremment deux de cestechniques.
Les résultats obtenus actuellement sont encore
partiels,
et méritent d’êtrecomplétés
par de nouvellesexpérimentations ;
il est toutefoispossible
d’en tirer un certain nombre de conclu- sions : les valeurs moyennes obtenues par différents auteurs(tabl. 7 )
sont assezcomparables
au moins en ce
qui
concerne les acides aminésindispensables.
Les différentsrégimes
utilisés doivent satisfaire les besoins desanimaux,
maispeuvent
contenir certains acides aminés enquantités supérieures
aux besoins.Il ne semble pas y avoir de différences entres les concentrations en acides aminés
plasma- tiques
déterminées chez les mâles et chez lesfemelles,
contrairement à cequi
est observé en cequi
concernel’urée, (CHANCE, 19 6 2 ).
Les concentrations de la
plupart
des acides aminés diminuentaprès
6 à Iz heures dejeûne ;
les teneurs en acides aminés
indispensables augmentent
à nouveauaprès
12, 24 ou3 6
heuresde jeûne, (CHANCE, I9 6 2 ;
RICHARDSONetCLl., 19 6 5 ;
TyPPO etM EADE , 19 6 4 ) (tabl. 8),
etcontinuent àaugmenter
au cours d’unjeûne prolongé (C UPERLOVIC
etal., I g68).
Les concentrations
augmentent généralement après l’ingestion
d’un repas, etprésentent
unou deux
pics, (C OOKE
etal., I9 66;
LoNC etal., I9 6 5 ).
Il y a trèsgénéralement
une relation entre lacomposition
des alimentsprotéiques ingérés,
et les concentrations en acides aminésindispen-
sables du
plasma.
Enparticulier,
dessupplémentations
par des dosesgraduelles
d’un acide aminé entraînentgénéralement
uneaugmentation
de la teneur du sang en cet acideaminé, (C OOKE
etal.,
I9
66 ;
MITCHELLetal., I9 68 ;
LONG etal., I9 6 5 ;
PICKetM EADE , I9 68).
L’influence de l’alimenta- tion se manifeste dès lepremier
repas(colostrum) (Cu p ERLovic, 19 6 7 ).
Les concentrations en acides aminés
indispensables
duplasma
de porcs encroissance,
recevantune ration de taux
protéique
constant,augmentent
avecl’âge
des animaux(tabl. 9 ) (CHANCE, 19
6 2
).
Il semble que lesapports
alimentaires d’acides aminésindispensables
deviennent pro-gressivement
excédentaires parrapport
auxbesoins,
cequi
est en accord avec l’évolution de cesderniers au cours de la croissance.
Il n’est pas
possible
de considérer isolément les variations de concentration d’un acide aminé isolé. Il y a eneffet,
une interaction entre les concentrations des divers acidesaminés ;
c’est ainsi que l’on constate très souvent une diminution de la teneur en thréonine duplasma lorsque la
teneur en
lysine
de l’aliment et la teneur enlysine
libre du sangaugmentent.
Cesphénomènes
sont
probablement
dus à ce que laprésence
delysine supplémentaire permet
unesynthèse
pro-téique
accrue,qui
nécessite l’utilisation d’uneproportion plus importante
desapports
des autresacides aminés alimentaires.
La détermination des concentrations
plasmatiques
en acides aminéspeut
constituer uneméthode de détermination des besoins au moins en ce
qui
concerne certains acides aminés : iso-leucine, lysine, histidine, leucine, (M ITCHELL , 19 6 5 ).
ACIDES AMINÉS LIBRES
DUSANG ET DIGESTION
L’étuae du sang
périphérique
nepermet
pas de déterminer avecprécision
lacinétique
desapports
du tubedigestif
consécutifs àl’ingestion
deprotéines
ou d’acides aminés. Eneffet,
lesproduits
del’absorption risquent
d’être modifiés enparticulier
par le foie.Aussi,
est-ilpréférable,
pour l’étude de l’utilisation
digestive
desprotéines
et des acidesaminés,
de mesurer les variations de concentration dans le sang de la veineporte.
Nous avons ainsi étudié ladigestion
desprotéines
de la farine de
hareng,
del’orge
et del’arachide,
etcomparé
les courbescinétiques
obtenues pour chacune de cesprotéines
à cellesqui
étaient observéesaprès l’ingestion
de repas sansprotéines (PION
etal., 19 6 4 ).
Les observations faites dans ce dernier cas montrent que la
part
desapports endogènes
estfaible dans le cas des acides aminés
indispensables.
Les concentrations des divers acides aminésaugmentent
defaçon parfois importante (zoo
p.ioo)
deux à trois heuresaprès
les repasprotEi-
ques. Elles diminuent
ensuite,
pour retrouver le niveau du sang des animaux àjeun,
8 heuresenviron
après
le début du repas. Les courbes observées pour les acides aminésindispensables
sont
caractéristiques
desprotéines ingérées.
Lesaugmentations
de concentrations sont très éle- vées pour les acides aminésindispensables,
dans le cas de la farine depoisson,
et très faibles dans le cas del’orge.
Elles sontgénéralement importantes
dans le cas del’arachide,
sauf en cequi
concerne les acides aminés limitants de cette
protéine (lysine
et thréonine enparticulier).
Les variations de concentrations observées dans le cas des acides aminés non
indispensables
n’ont souvent que peu de lien avec la
composition
de l’aliment :- les
augmentations
des teneurs englycine
et en alanine sont trèsimportantes comparées
aux
apports alimentaires,
alors que l’acideaspartique
et la sommeglutamine +
acideglutamique n’augmentent
que relativement peu. Ces faits sontprobablement
dus à des métabolisations dans la muqueuseintestinale ;
il en est de même pour l’élévation de la teneur du sangporte
en orni-thine, après ingestion d’arachide,
riche enarginine.
Nous avons étudié ensuite
(PION
etRÉ RAT , 19 6 7 )
lasupplémentation
blé-acides aminés libres. Les repasexpérimentaux
étaientsconstitués,
soit durégime
de base dont la seule sourcede
protéine
était le blé riche en azote etsupplémenté
enlysine
et entryptophane,
soit du mêmerégime
nonsupplémenté.
Lesproportions
des différents acides aminésindispensables
dans lesang
prélevé
au début du repas sont voisines de cellesqui
avaient été observéesprécédemment (tabl. 7 ) ; après ingestion
de l’alimentsupplémenté
enlysine,
les concentrations des acides indis-pensables
du sangporte augmentent
trèsvite,
cequi
estprobablement
lié à unevidange
stoma-cale
rapide, puis
diminuent 2heuresaprès
le début du repas(tabl. 10 ).
Le maximum observé pour lalysine
estbeaucoup plus
faiblelorsque
la ration necomporte
pas delysine
libre, et les concen-trations des autres acides aminés restent élevées
pendant plusieurs
heuresaprès l’ingestion
desrepas non
supplémentés, probablement
parce que leur utilisation est limitée par l’absence delysine.
Enfin,
nous avons étudié(Pio N
etR>runT, ig6g)
lasupplémentation
enlysine
d’un alimentprotéique
bien différent duprécédent :
le tourteau de tournesol,supplémenté
en méthionine eten
tryptophane.
Lacinétique
de l’évolution des concentrations en acides aminés du sangporte
est voisine de celle
qui
avait été observée dans le cas du blé(tabl. i i).
Les différences observées reflètentgénéralement
lacomposition
desrégimes
en cequi
concerne les acides aminésindispen-
sables :
lysine, thréonine,
isoleucine enparticulier,
et sontamplifiées
dans le cas de lalysine.
Toutefois les variations de teneur du sang
porte
entyrosine
etphénylalanine
sontbeaucoup plus
faibles dans le cas du tournesol,
quoique
lesapports
alimentaires soientvoisins,
cequi peut
avoirdeux causes : ou bien l’utilisation n’est pas totale
(digestion
etabsorption),
ou bien le tubedigestif
en
prélève
uneplus grande quantité
pour effectuer dessynthèses
renduespermises
par laprésence
en
plus
fortesproportions
des autres acides aminés. Lalysine supplémentaire
semble être absorbée à la même vitesse que cellequi provient
desprotéines
aussi bien dans le cas du blé que dans celui du tournesol(fig. i).
L’ensemble de ces
expériences
montre que lacomposition
dumélange
d’acides aminésqui apparaît
dans la veineporte
au cours de ladigestion peut
varier dans de trèslarges proportions
en fonction de la
composition
desprotéines
alimentaires.Aussi,
cette méthode d’étude doit-ellese
prêter
aussi bien à l’étude dessupplémentations qu’à
celle del’indisponibilité
de certains acides aminés liée à une libérationimparfaite,
outrop
lente. Elle devrait êtrecomplétée
par une étude de lavidange
stomacalequi comporte généralement
deuxphases (AuFFxn Y et al., 19 6 7 ) et qui
constitue le
premier
facteur de lacinétique
de ladigestion.
VALEUR NUTRITIVE DES PROTÉINES
La ration consommée doit contenir
chaque jour
laquantité
d’acides aminésindispensables
nécessaires à la
protéinogenèse permise
par lepotentiel génétique
des animaux. La valeur nutri- tive desprotéines
alimentairesdépend
essentiellement desquantités
des divers acides aminés indis-pensables
constitutifs. Les diversesprotéines
d’une ration constituent unspectre
d’acides aminésindispensables plus
ou moins différents duspectre
idéal défini par les besoins(tabl. 12 ).
Il estpossible,
enexprimant
les différents acides aminésindispensables
desprotéines
alimentaires enp. 100de leur somme, de comparer les diverses
protéines
et d’utiliser au mieux leurspossibilités
de
supplémentation.
La réalisation de rations contenant les différents acides aminés
indispensables
en propor- tionséquilibrées
est facilitée par l’amélioration de laqualité
de certainesprotéines (maïs),
l’uti-lisation d’acides aminés industriels et de nouvelles sources de
protéines (levure).
Améliovation de la
qualité
des céréalesLes
céréales,
et le maïs enparticulier,
sont pauvres enlysine
et aussi entryptophanequi peut
êtreapporté
enquantité appréciable
par la farine de luzerne( 1 , 7 g/ 1 6
gN) (H INTZ
et HEIx-MAN
,
19 6 7 ).
Un maïs contenant 10p. 100deprotéines, supplémenté
enlysine
et entryptophane peut
assurer le besoin en acides aminésindispensables
du porcaprès
50kg
mais nepeut
assurer la croissance normale dujeune
porc. Certains acides aminésindispensables
tels que l’isoleucine et la valine y seraientpartiellement indisponibles (GALLO
etPOND, 19 68 ;
GALLO etal., 19 68 ;
VER-M OREL,
ig6g).
De nouvelles variétés de maïs ont été obtenues
grâce
à des mutantsOpaque
2 et Farineux 2aux U. S. A.
(N IELSON . 19 6 5 )
etAmylose
extender en France(BAUDET et al., 19 68).
Ces mutants ont desprotéines
pauvres en zéïne et sont mieuxéquilibrés
enlysine ( 3 , 5 - 5 ,o
contre2 ,6 g/ 1 6
gN)
et en
tryptophane.
En outre, il semble que ladisponibilité
des acides aminésindispensables
deces maïs soit meilleure
(C RO MWELL
etal, 1967).
Produits industriels
L’utilisation d’acides aminés libres
produits
industriellement sedéveloppe depuis
une dizaine d’années. Elle a faitl’objet
d’études récentes chez le porc(H INTZ
etH EITMAN , 19 6 7 , J URGENS
et
al., I g6 7
RÉRAT etHENRY, ig6g).
La DL-méthionine est utilisée couramment etpermet
desupplémenter
les rations déficientes en cet acide aminé. La méthionine est engénéral
correc-tement
utilisée,
mais des étudesplus
finescomportant
une meilleure connaissance desbesoins, l’analyse
de lavidange
stomacale de la méthionine et desprotéines
alimentaires et la mesure de l’aminoacidémieporte
seraient nécessaires. LaL-lysine
est souventtrop
coûteuse pour concur-rencer le
soja (au prix international)
dans lasupplémentation
des céréales. En outre, les pro- téinesd’origine
industrielle(levures) produites
sur les dérivés dupétrole
sont riches enlysine (
5 , 5 -
9
p. 100g/ 1 6
gN)
etpeuvent
ainsisuppléer
à la déficience enlysine
des céréales et concur- rencer laL-lysine
industrielle.Influence
des traitementstechnologiques
etdisponibilité
des acides aminésLes traitements
technologiques
sont deplus
enplus
utilisés pour la conservation des aliments(séchage
artificiel descéréales)
et pour leur utilisation(délipidation
desgraines oléagineuses).
En outre, les traitements
technologiques permettent
l’obtention deproduits (et sous-produits)
destinés à des fabrications de
plus
enplus
diversifiées : les farines riches enprotéines
obtenuespar
turboséparation
sont destinées aux animaux. A ces fabricationss’ajoute
la conservation destinée à amortir les variations annuelles deproductions.
Tous ces facteurspeuvent
contribuerà modifier sinon la
composition
en acides aminésindispensables
desprotéines,
du moins leur dis-ponibilité.
Il est actuellement
possible
de mesurer avecprécision
les teneurs en acides aminésindispen-
sables des
rations,
etl’analyse
de leurdisponibilité
dans lesprotéines (végétales
enparticulier) peut
enfin être abordée. Le Rat a engénéral
été utilisé pour cesétudes ;
le bléparait
avoir desprotéines
dont lalysine
et la thréonine sontparfaitement disponibles (P AWLAK
etPION, 19 68).
Quelques
travaux ont été amorcés chez le Porc : BABCOCK et MARKLEY( 19 6 7 ),
ontmontréquele
gluten
avait des acides aminésindispensables
relativement peudisponibles (valine, isoleucine),
en
comparaison
avec ceux desprotéines
du lait. Cephénomène pourrait
être lié audéséquilibre
des divers acides aminés
indispensables
dugluten.
WIESEMÜL
LERet POPPE
( I g6g)
ontentrepris
une étudesystématique
de la valeur nutritive desprotéines végétales
et animales chez le porc de 25 à 35kg.
Ces auteurs ont déterminé l’azoteendogène
intestinal excrété dans les fèces : 0,157 g d’N par 100 g de matières sèchesingérées, (MSI)
cequi correspond
à environ i g deprotéines
par 100g de MSI. Cette détermination leur apermis
de mesurer ladigestibilité
vraie des diversesprotéines :
go à 100p. Ioo ; unedigestibilité
vraie de 75 p. 100a été trouvée pour une orge, une levure et une farine de
poisson ;
il y a lieu d’exa- miner les traitements subis par cesproduits qui
entraînent une telle diminution de ladigestibi-
lité réelle de leurs
protéines.
Les critères utilisés par WiESEMÜLLEx et POPPE : azote fixé
maximum,
rendement maximum de l’azoteingéré
etc. ne sont pas suffisants pour caractériser uneprotéine
donnée. La valeur nutritive d’uneprotéine
alimentairedépend
de sacapacité
à mesurer les besoins en acides aminésindispensables
de l’animal(W IESEM Ü LLER
etP OPPE , I g6g);
cette estimation nécessite l’utili- sation de rationsparfaitement équilibrées
en acides aminésindispensables
associées à une méthode de mesure de ladisponibilité
en ces acides aminés.CONCLUSION
Les
performances zootechniques
doivent êtreanalysées
en terme d’azote fixé dans l’animalentier,
oumieux,
dans les fractions consommables des carcasses : tissu musculaire et organe(GALLO
etPOND, 19 68).
Les besoins en acides aminés
indispensables
du porc doivent êtreprécisés
en utilisant des rationssynthétiques,
enparticulier
chez lejeune pendant
laphase
de fixationprotéique intense,
etexprimés
parrapport
àl’énergie digestible
ou métabolisable. Les critèresemployés
devraientcomporter
des bilans azotés associés àl’analyse
fine de l’état de satisfaction des besoins en chacun desprincipaux
acides aminésindispensables ;
la satisfaction de ces besoins est déterminée par lamesure des concentrations en acides aminés libres du sang et si
possible
dumuscle,
et par uneprogrammation
del’apport
alimentaire au cours de lajournée (D EAN
etS COTT , I g6 5 ,
chez lePoulet).
L’étude des enzymes du foie et du sérumpourrait permettre d’apprécier
l’état de nutri- tion azotéeglobal
des animaux(B ERGNER
etal., rg66 ;
TuMSLESO.V etL EADE , 19 66).
L’étude de la
disponibilité
des diversesprotéines
alimentaires doit êtreentreprise
sur lesdiverses
espèces
et enparticulier
chez le Porc. Des étudespréalables
sur leRat doivent permettre
d’étudier les
phénomènes spécifiques
au porc liés à lacinétique
de lavidange stomacale,
du trans-port
des acidesaminés,
à sa vitesse de croissance et à lacomposition particulière
de son croît.Reçu pour publication
enjanvier
1972.SUMMARY
SOME RECENT ASPECTS OF PROTEIN METABOLISM AND THEIR
CONSEQUENCES
AS REGARDS THE SATISFACTIONOF PROTEIN
REQUIREMENTS
IN THE PIGSeveral factors of the
protein
nutrition have been studied.Growth and
requirements for protein
and amino acids(tables 1 -6)
Newborn
pig
bodies containonly
m p. 100protein
and 6 p. Ioolipids.
After two weeks,they
contain about 15 p. 100
protein
and i6 p. 100lipids. Daily
netbody protein synthesis
increasesup to 100-125