cours 8, le mercredi 16 f´evrier 2011
Corollaire du lemme de Fatou. Si les fonctions (gn) sont F-mesurables, si 0≤ gn ≤g et si gn tend simplement vers g, alors
Z
E
gndµ→ Z
E
gdµ.
Preuve. — On a d’un cˆot´e, par la croissance de l’int´egrale, lim sup
n
Z
E
gndµ≤sup
n
Z
E
gndµ≤ Z
E
gdµ
et de l’autre, puisque g= limngn = lim infngn, on a par le lemme de Fatou Z
E
gdµ≤lim inf
n
Z
E
gndµ.
Comme on a toujours lim inf ≤lim sup, il en r´esulte que lim inf
n
Z
E
gndµ= lim sup
n
Z
E
gndµ= lim
n
Z
E
gndµ= Z
E
gdµ.
Lemmede convergence domin´ee.Si (fn)est une suite de fonctions F-mesurables sur E,
`
a valeurs dans [0,+∞] et qui converge simplement vers 0, et s’il existe une fonction F-mesurable G sur E, `a valeurs dans [0,+∞] telle que
Z
E
G dµ <+∞ et ∀n∈N, 0≤fn≤G, alors
Z
E
fndµ→0.
Preuve. — Comme fn(x) ≤ G(x), on obtient G(x) en ajoutant une quantit´e positive gn(x) `a fn(x),
∀x ∈E, fn(x) +gn(x) = G(x),
o`u gn : E → [0,+∞] est F-mesurable (voir la justification pr´ecise plus loin). Comme fn(x) tend vers 0, on constate que limgn(x) = G(x) pour toutx: quand G(x) est fini on
´ecrit que gn(x) = G(x)−fn(x) tend vers G(x), et sinon, on agn(x) = +∞= G(x) pour tout n tel que fn(x) < +∞, ce qui se produit pour n assez grand puisque fn(x) → 0.
Puisque 0 ≤ gn ≤ G et que gn tend vers G, on obtient par le corollaire du lemme de Fatou
limn
Z
E
gndµ= Z
E
G dµ.
Pour tout n, on a par l’additivit´e de l’int´egrale Z
E
fndµ+ Z
E
gndµ= Z
E
G dµ,
et on utilise maintenant l’hypoth`ese cruciale que l’int´egrale de G est finie, qui permet d’obtenir le r´esultat par diff´erence
Z
E
fndµ= Z
E
G dµ− Z
E
gndµ→0.
Justifions la mesurabilit´e degn; dans le cas o`u G(x) est fini pour toutx, il suffit de poser gn = G−fn, qui est mesurable comme fonction continue de deux fonctions mesurables r´eelles, mais nous avons tenu `a donner un ´enonc´e d’apparence plus g´en´erale, o`u G peut prendre la valeur +∞. Consid´erons l’ensemble A ={G<+∞}, qui appartient `a la tribuF; sur cet ensemble A, la fonction G et toutes les fonctionsfn sont finies, donc
1Afn, 1AG
sont F-mesurables `a valeurs r´eelles finies, et on a vu dans ce cas que 1AG−1Afn est F-mesurable ; pour chaque entier n, on peut consid´erer la fonctiongn d´efinie ainsi :
gn(x) = (1AG−1Afn)(x) = G(x)−fn(x)≥0 si x∈A
et gn(x) = +∞ en dehors de A. Alors gn est F-mesurable `a valeurs dans [0,+∞] et on v´erifie que
fn+gn = G.
On peut remarquer pour finir que l’ensemble o`u G vaut +∞ est de mesure nulle, puisque l’int´egrale de G est finie, et on aurait pu raisonner en disant que R
Efndµ = R
E1Afndµ pour toutn.
II.2.4. Int´egrale de fonctions r´eelles ou complexes
D´efinition. On dit qu’une fonction F-mesurable r´eelle f : E → R est int´egrable par rapport `a µ (on dit aussi µ-int´egrable) si R
E|f|dµ est finie.
Dans ce cas, les deux fonctions F-mesurables positivesf+ etf−, qui sont major´ees par|f|, ont aussi une int´egrale finie. Inversement, si f+ etf− ont une int´egrale finie par rapport `a µ, il en est de mˆeme pour |f|=f++f−.
Si f est µ-int´egrable, on peut ´ecrire f = f+ − f−, diff´erence de deux fonctions positives d’int´egrale finie. Plus g´en´eralement, si f est la diff´erence f1 − f2 de deux fonctionsF-mesurables `a valeurs dans [0,+∞[ (infini exclus ; pour changer) et d’int´egrale finie, la quantit´e
Z
E
f1dµ− Z
E
f2dµ ne d´epend que de f.
En effet, si f1 −f2 = g1 −g2, avec g1, g2 elles aussi positives et d’int´egrale finie, alors f1+g2 = g1 +f2, et comme on a montr´e l’additivit´e de l’int´egrale des fonctions positives, on a
Z
E
f1dµ+ Z
E
g2dµ= Z
E
f2dµ+ Z
E
g1dµ,
ce qui donne bien le r´esultat voulu car toutes les quantit´es sont finies, et les soustractions possibles pour conclure que
Z
f1dµ− Z
f2dµ= Z
g1dµ− Z
g2dµ.
D´efinition. Si f est F-mesurable `a valeurs dans R, int´egrable par rapport `a µ, son int´egrale est d´efinie par
Z
E
fdµ:=
Z
E
f+dµ− Z
E
f−dµ,
mais on sait que l’int´egrale peut se calculer avec n’importe quelle d´ecomposition de f comme diff´erence de fonctions ≥0 int´egrables.
Sif ≥0 estµ-int´egrable, l’int´egrale nouvelle est coh´erente avec l’ancienne. En effet, on a dans ce cas f =f+, f− = 0 etR
Ef−dµ= 0.
Lin´earit´e et croissance
On donnef, g int´egrables. On ´ecritf =f+−f− etg=g+−g−; on a une repr´esentation de la somme sous la formef+g= (f++g+)−(f−+g−), diff´erence de fonctions positives int´egrables, qui permet de calculer l’int´egrale de la somme et de v´erifier que
Z
E
(f+g) dµ= Z
E
fdµ+ Z
E
gdµ.
En effet,
Z
E
(f +g) dµ= Z
E
(f++g+) dµ− Z
E
(f−+g−) dµ
= Z
E
f+dµ− Z
E
f−dµ+ Z
E
g+dµ− Z
E
g−dµ= Z
E
fdµ+ Z
E
gdµ.
Siαest un r´eel positif, on ´ecritαf =αf+−αf− et on utilise lahhlin´earit´e positiveii de l’int´egrale des fonctions≥0, et pourα <0, on ´ecritαf =|α|f−−|α|f+ pour conclure que
∀α ∈R, Z
E
(αf) dµ=α Z
E
fdµ.
Si f ≤g, la fonction g−f est ≥0, donc son int´egrale est ≥0 et la lin´earit´e donne 0≤
Z
E
(g−f) dµ= Z
E
gdµ− Z
E
fdµ, qui donne la croissance de l’int´egrale. De plus, on a clairement
− Z
E|f|dµ=− Z
E
f+− Z
E
f− ≤ Z
E
fdµ≤ Z
E
f++ Z
E
f− = Z
E|f|, ce qui donne
Z
E
fdµ ≤
Z
E|f|dµ.
R´esum´e.Soientf, g deux fonctionsF-mesurables sur E, `a valeurs dans Ret int´egrables par rapport `a µ; on a
∀α, β∈R, Z
E
(αf +βg) dµ=α Z
E
fdµ+β Z
E
gdµ, et
0≤f ≤g ⇒ Z
E
fdµ≤ Z
E
gdµ, Z
E
fdµ ≤
Z
E|f|dµ.
Fonctions mesurables ou int´egrables `a valeurs complexes
D´efinition. On dira que f : E → C est F-mesurable si les deux fonctions `a valeurs r´eelles Ref et Imf, partie r´eelle et partie imaginaire de f, sont F-mesurables.
Dans ce cas le module |f| = p
(Ref)2+ (Imf)2 est F-mesurable (op´eration con- tinue sur deux fonctions mesurables). On dit quefestµ-int´egrable si elle estF-mesurable et si
Z
E|f|dµ <+∞.
Comme |Ref| ≤ |f| et |Imf| ≤ |f|, il en r´esulte que Ref et Imf sont µ-int´egrables et on peut poser
Z
E
fdµ= Z
E
Refdµ+ i Z
E
Imfdµ.
On v´erifie laC-lin´earit´e de l’int´egrale, en ´ecrivantα =u+ iv,u, v∈R, et en d´ecomposant αf = (u+ iv)(Ref+ i Imf) = (uRef −vImf) + i(uImf +vRef)
en parties r´eelle et imaginaire, et en reconstituant l’int´egrale de αf.
Propri´et´es : C-lin´earit´e et majoration. Si f, g sont µ-int´egrables `a valeurs complexes, si α, β∈ Csont donn´es, on a
Z
E
αf +βg
dµ=α Z
E
fdµ+β Z
E
gdµ.
De plus,
Z
E
fdµ ≤
Z
E|f|dµ.
Preuve. — La v´erification de la C-lin´earit´e est facile apr`es qu’on a montr´e que pour tout α complexe, on a l’´egalit´e R
E(αf) dµ = αR
Efdµ. D´emontrons la majoration du module de l’int´egrale : on peut ´ecrire l’int´egrale de f, qui est un nombre complexe z, sous la forme
Z
E
fdµ=z =reiθ
o`ur≥0 est le module de l’int´egrale etθ un nombre r´eel, qui est un argument du nombre complexe z. Par la C-lin´earit´e de l’int´egrale,
Z
E
e−iθf
dµ=r, donc
Z
E
fdµ
=r = ReZ
E
e−iθfdµ
= Z
E
Re e−iθf dµ
≤ Z
E
Re e−iθf dµ≤
Z
E
e−iθf dµ=
Z
E
f dµ.
Rapport avec l’int´egrale de Riemann, cas r´eel ou complexe
Proposition. Si la fonction f, `a valeurs r´eelles ou complexes, est B-mesurable et si elle est Riemann-int´egrable sur [a, b], on a
Z
[a,b]
fdλ= Z b
a
f(t) dt.
Si f est B-mesurable sur [a, c[ et Riemann-int´egrable sur tout segment [a, b] ⊂ [a, c[, alors f est λ-int´egrable sur [a, c[ si et seulement si l’int´egrale g´en´eralis´ee de f sur [a, c[
est absolument convergente, et on a dans ce cas Z
[a,c[
fdλ= Z c
a
f(t) dt.
Preuve. — On a vu le cas positif. Il suffit d’utiliser les nouvelles d´efinitions, par exemple dans le cas r´eel : sif estλ-int´egrable, alorsf+ etf− sontλ-int´egrables et on a vu que les int´egrales g´en´eralis´ees de f+ et f− sont finies, ´egales aux int´egrales de Lebesgue, donc
Z
[a,c[
fdλ = Z
[a,c[
f+dλ− Z
[a,c[
f−dλ = Z c
a
f+(t) dt− Z c
a
f−(t) dt= Z c
a
f(t) dt.
Th´eor`eme de convergence domin´eede Lebesgue, premi`ere version.Si une suite (fn) de fonctions F-mesurables sur E, `a valeurs dans R ou dans C, tend simplement vers f et s’il existe une fonction g `a valeurs dans [0,+∞[ telle que
Z
E
gdµ <+∞ et |fn| ≤g
pour toutn, il en r´esulte que lesfn sont int´egrables, ainsi quef etl’int´egrale de la limite est la limite des int´egrales,
Z
E
fdµ= lim
n
Z
E
fndµ.
Preuve. — On sait que f est F-mesurable comme limite simple ; de plus, on obtient l’in´egalit´e |f| ≤g `a la limite, donc f estµ-int´egrable.
Posons gn = |fn −f|; cette suite (gn) de fonctions mesurables positives tend sim- plement vers 0, et 0≤gn ≤2g= G, avec R
EG dµ <+∞. Par le lemme de convergence domin´ee,
limn
Z
E|fn−f|dµ= 0, d’o`u le r´esultat, puisque
Z
E
fndµ− Z
E
fdµ ≤
Z
E|fn−f|dµ tend vers 0 quand n tend vers l’infini.
Exercice trait´e. On a
Z π/2
−π/2
cosn(x) dx→0.
En effet,fn(x) = cosn(x) tend simplement vers 0 si 0<|x| ≤π/2, et reste ´egal `a 1 pour x= 0, donc
fn →1{0} =f
qui est d’int´egrale nulle, et la convergence est domin´ee par g(x) = 1, qui est int´egrable sur [−π/2, π/2].
Plus pr´ecis´ement, on va montrer maintenant que
√n Z π/2
−π/2
cosn(x) dx→ Z
R
e−y2/2 dy.
Pour 0 ≤ t ≤ π/2, on a sint ≥ 2t/π (concavit´e de la fonction sinus sur [0, π/2]), donc pour 0≤x≤π/2 on a
(∗) 1−cosx=
Z x 0
sintdt≥ Z x
0
(2t/π) dt=x2/π;
comme les fonctions des deux cˆot´es de l’in´egalit´e sont paires, cette in´egalit´e (∗) reste valable quand|x| ≤π/2. Par le changement de variable y=√
n x, on obtient
√n Z π/2
−π/2
cosn(x) dx= Z π√
n/2
−π√ n/2
cosn(y/√
n) dy= Z
R
fn(y) dy,
o`u on a pos´e
∀y ∈R, fn(y) =1[−π√n/2,π√n/2](y) cosn(y/√ n).
En utilisant (∗) et l’in´egalit´e 1−u≤e−u valable pour toutu r´eel, on voit que
|y/√
n| ≤π/2 ⇒ 0≤cosn(y/√
n)≤ 1−y2/(nπ)n
≤e−y2/π;
il en r´esulte queg :y→e−y2/π est un majorant pour la suite (fn), et ce majorant g est Lebesgue-int´egrable sur R, car
Z
R
e−x2/π dx= 2 Z +∞
0
e−x2/π dx ≤2 Z 1
0
dx+ 2 Z +∞
1
e−x/π dx <2 + 2π <+∞.
Par ailleurs, on voit que fn(y)→e−y2/2 =f(y) pour tout y en utilisant un DL de cosu et de ln(1 +u). On peut donc appliquer le th´eor`eme de convergence domin´ee et conclure.
Suite de l’exercice : int´egrales de Wallis et valeur de l’int´egrale gaussienne On pose pour n≥0
Wn = Z π/2
−π/2
cosnxdx.
On voit que W0 =π, W1 = 2. Sin >0 Wn+1 =
Z π/2
−π/2
cosnxcosxdx=h
cosnxsinxiπ/2
x=−π/2+n Z π/2
−π/2
cosn−1xsin2xdx
= n Z π/2
0
(cosn−1x)(1−cos2x) dx=nWn−1−nWn+1, ce qui fournit la relation
(n+ 1)Wn+1 =nWn−1; on obtient donc en multipliant par Wn
(n+ 1)Wn+1Wn =nWn−1Wn =nWnWn−1, une ´egalit´e qu’on peut hhdescendre iitant que n >1 ; on arrivera `a
(n+ 1)Wn+1Wn =nWnWn−1 = (n−1)Wn−1Wn−2 =. . .= 1.W1W0 = 2π.
Cela prouve que nWnWn−1 = 2π pour tout entier n >0. On a vu que
√nWn→I :=
Z
R
e−y2/2 dy, et comme (n−1)/n tend vers 1, on a aussi√
nWn−1 →I, donc I2 = lim
n nWnWn−1 = 2π, ce qui permet de trouver la valeur de l’int´egrale gaussienne,
Z
R
e−y2/2 dy=√ 2π.
Cette int´egrale importante peut aussi se calculer au moyen d’une int´egrale double ´evalu´ee en coordonn´ees polaires.
Mesures de restriction
On donne un espace mesur´e (E,F, µ). Si E1 est un sous-ensemble de E et si E1 ∈ F, on peut consid´erer la tribu F1 de parties de E1 obtenue en prenant les ensembles de F qui sont contenus dans E1, ou bien, ce qui est pareil puisque E1 ∈ F, les ensembles C∩E1 o`u C varie dans F,
F1 ={B∈ F : B⊂E1}={C∩E1 : C∈ F} ⊂ P(E1).
On d´efinit une mesure µ1 sur cette tribu F1 en posant simplement µ1(B) = µ(B) pour tout B∈ F1.
Si f est une fonction F-mesurable de E dans R, sa restriction f1 est la fonction f1 : E1 →R, d´efinie uniquement sur E1 par la formule f1(x) = f(x) pour toutx ∈E1; cette fonction est F1-mesurable, car
{f1 > c}={x ∈E1 :f(x)> c}={f > c} ∩E1 ∈ F1
pour tout r´eel c.
Remarque. On pourra voir une analogie avec la topologie induite sur un ouvert U d’un espace topologique X : on peut montrer que la restriction d’une fonction r´eelle continue sur X est continue sur U exactement comme dans les lignes qui pr´ec`edent.
Lemme. Sigest F-mesurable sur E, `a valeurs dans [0,+∞], sig1 est la restriction deg
`
a E1 ∈ F, on a
Z
E1
g1dµ1 = Z
E
1Agdµ.
Si g est F-mesurable sur E, `a valeurs r´eelles ou complexes, la restriction g1 est µ1- int´egrable sur E1 si et seulement si 1E1g est µ-int´egrable sur E, et les deux int´egrales sont ´egales.
Preuve. —On v´erifie d’abord l’´egalit´e quandϕestF-´etag´ee≥0 ; dans ce cas la restriction ϕ1 est F1-´etag´ee sur E1 : si on a une partition A1, . . . ,Am de E en ensembles de F sur lesquelsϕest constante, les ensembles Aj∩E1fournissent une partition de E1en ensembles deF1 sur lesquelsϕ1 est constante ; on peut donc ´ecrire
ϕ1=
n
X
j=1
bj1Bj, 1E1ϕ=
n
X
j=1
bj1Bj + 0.1E\E1,
o`u (Bj) est une partition de E1 en ensembles de la tribuF1, qui sont aussi des ensembles deF. Cela donne
Z
E1
ϕ1dµ1=
n
X
j=1
bjµ1(Bj) =
n
X
j=1
bjµ(Bj) + 0.1E\E1 = Z
E
1E1ϕdµ.
Pour le cas g´en´eral on passe par une suite croissante (ϕn) de fonctionsF-´etag´ees qui tend vers g, et on applique deux fois le TCM, une fois avec µ et une autre avec µ1 : la suite (1E1ϕn) tend en croissant vers1E1g et les restrictions des ϕn tendent en croissant vers la restrictiong1.
On obtient facilement le cas r´eel en appliquant ce qui pr´ec`ede aux fonctions positivesf+ etf−, puis le cas complexe en d´ecoupant en partie r´eelle et imaginaire.
Ces choses ´etant bien comprises, on ´ecrira d´esormais, en oubliant dans la notation les mentions `a l’op´eration de restriction, pour tout A∈ F, et pour f fonction F-mesurable,
`a valeurs dans [0,+∞] ou bien µ-int´egrable r´eelle ou complexe Z
A
fdµ= Z
E
1Afdµ.
On rappelle que si µ(A) = 0, on a Z
A
fdµ= 0,
parce que l’ensemble des points o`u la fonction 1A|f| est diff´erente de 0 est de mesure nulle.