S. Froidevaux-Janin J. Dudler
L. P. Nicod
R. Lazor
introductionLes atteintes respiratoires dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) sont probablement les secondes en fréquence après les mani
festations articulaires et pourraient concerner un patient sur deux au cours de l’évolution de sa maladie, qu’il s’agisse d’atteintes pulmonaires propres à la PR, de complications infectieuses ou de toxicités médicamenteuses.
Les manifestations pulmonaires propres à la PR sont très diverses, touchant le parenchyme pulmonaire, les voies aériennes, la plèvre ou les vaisseaux (tableau 1).
Sousestimées par la radiographie thoracique, les pneumopathies interstitielles (PI) sont en réalité présentes chez au moins 30% des patients et ont un impact très significatif sur le pronostic vital et la qualité de vie.
épidémiologie etimportancecliniquedespneumopathies interstitiellesau coursdelapolyarthrite rhumatoïde
La prévalence rapportée des PI au cours de la PR dépend fortement de la mé
thode d’évaluation utilisée. Elle est d’environ 5% pour la radiographie, mais d’au moins 30% pour le scanner thoracique,13 et elle s’élève à 2682% chez les patients avec symptomatologie respiratoire.4 L’incidence annuelle de PI dans la PR est de 2,6 à 4,1/1000.5,6 Une étude révèle une incidence cumulée à 30 ans de 7,7%, com
parée à 0,9% dans un groupe contrôle sans PR, soit un risque multiplié par neuf.6 La PR se caractérise déjà par une mortalité et une morbidité augmentées, mais la survenue d’une PI est une cause supplémentaire de mortalité et morbidité. La survie médiane en présence d’une PI n’est que d’environ trois ans, comparée à dix ans en l’absence de cette complication (p l 0,001, RR = 2,9).5,6
typesdepneumopathies interstitiellesethistoire naturelle
Différents types de PI ont été décrits dans la PR en se basant sur la classifica
tion ATS/ERS 2002 des pneumopathies interstitielles idiopathiques, bien que la Interstitial lung disease in rheumatoid
arthritis
Interstitial lung disease (ILD) is found in up to 30% of patients with rheumatoid arthritis (RA) and is clinically manifest in 5 to 10%, resulting in significant morbidity and mortality. The most frequent histopathological forms are usual in
terstitial pneumonia and nonspecific intersti
tial pneumonia. Another recently described presentation is combined pulmonary fibrosis and emphysema. Similarly to idiopathic pul
monary fibrosis, acute exacerbation of ILD may occur in RA and is associated with severe prognosis. Smoking is a known risk factor of RA and may also play a role in the pathoge
nesis of RAassociated ILD, in combination with genetic and immunologic mechanisms. Seve
ral treatments of RA may also lead to drugin
duced ILD.
Rev Med Suisse 2011 ; 7 : 2272-7
Une pneumopathie interstitielle est présente chez environ 30%
des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) et se ma
nifeste cliniquement chez environ 510%, entraînant une impor
tante morbidité et mortalité. Les formes histologiques les plus fréquentes sont la fibrose interstitielle commune et la pneu
mopathie interstitielle non spécifique. Une autre présentation récemment identifiée est le syndrome emphysèmefibrose.
Comme dans la fibrose pulmonaire idiopathique, l’évolution peut être caractérisée par une exacerbation aiguë, de mauvais pro
nostic. Le tabagisme est un facteur de risque connu de la PR et joue probablement un rôle dans la pathogenèse de la pneumo
pathie interstitielle, en combinaison avec des facteurs généti
ques et immunologiques. Les traitements de la PR peuvent aussi entraîner des pneumopathies interstitielles médicamen
teuses.
Pneumopathie interstitielle dans la polyarthrite rhumatoïde
mise au point
pertinence de cette classification dans ce contexte ne soit pas établie. La fibrose interstitielle commune (usual inter sti
tial pneumonia, UIP) et la pneumopathie interstitielle non spé
cifique (nonspecific interstitial pneumonia, NSIP) sont les types les plus fréquents. La pneumopathie organisée est plus rare, et on observe parfois d’autres types histologiques.4
La PI apparaît probablement précocement au cours de l’évolution de la PR, mais reste méconnue jusqu’à l’appari
tion de symptômes respiratoires. Dans une étude, une PI précédait les manifestations articulaires dans 17% des cas.7 Dans deux séries de PR avec manifestations articulaires évoluant depuis l 2 ans, des signes fonctionnels respira
toires ou radiologiques de PI étaient présents chez près de la moitié des patients.1,2 Une progression de la PI a été ob
servée chez 57% des patients, y compris au stade infracli
nique.3
tableauradio
-
cliniqueLe tableau clinique est non spécifique, associant dyspnée progressive, toux sèche, et râles crépitants fins aux bases.
La PI n’est visible que tardivement sur la radiographie stan
dard. Au scanner thoracique haute résolution, beaucoup plus sensible, les anomalies les plus fréquentes en cas de PI sont les opacités réticulaires, un aspect de verre dépoli, les bronchiectasies de traction, et une fibrose en rayon de miel (figure 1).4
Une présentation particulière récemment identifiée est le syndrome emphysèmefibrose.8 Il se caractérise par des
volumes pulmonaires subnormaux, une capacité de diffu
sion très abaissée, et la coexistence d’emphysème des sommets et de fibrose des bases à l’imagerie (figure 2). Ini
tialement décrit dans des formes idiopathiques de fibrose, ce syndrome a aussi été observé dans des connectivites, en particulier la PR et la sclérodermie.8 Il serait même pré
sent chez 12 à 20% des patients avec PR et PI,8 la PR étant typiquement séropositive (facteur rhumatoïde ou antipep
tide cyclique citrulliné − antiCCP − dans L 90%) et asso
ciée à un tabagisme actif ou ancien (88% des patients).
facteursderisque
La PR est une maladie multifactorielle impliquant des facteurs immuns, génétiques, et environnementaux, ces facteurs pouvant être spécifiques à un type de PR et non à un autre. La présence d’un HLADR4 ou «épitope partagé»
(EP), correspondant à plusieurs allèles du complexe d’his
Compartiments Diagnostics
Parenchyme • Pneumopathies infiltrantes diffuses :
pulmonaire – fibrose interstitielle commune (usual interstitial pneumonia, UIP)
– pneumopathie interstitielle non spécifique (NSIP) – pneumopathie organisée
– autres (rares)
• Nodules rhumatoïdes
• Toxicités médicamenteuses :
– pneumopathie interstitielle (méthotrexate, léflunomide)
– granulomatose sarcoïd-like (infliximab, étanercept) – prolifération de nodules rhumatoïdes (infliximab, étanercept)
– dommage alvéolaire diffus (rituximab) – pneumopathie organisée (rituximab) – autres
• Infections
– tuberculose (réactivation d’infection latente) – pneumocystose
– autres
Voies aériennes • Bronchiolite folliculaire
• Bronchiolite oblitérante
• Bronchiectasies
• Arthrite crico-arythénoïdienne avec obstruction des grandes voies aériennes
Plèvre • Pleurésie lymphocytaire
• Empyème aseptique
• Fibrothorax
Circulation • Hypertension pulmonaire pulmonaire
Tableau 1. Manifestations pulmonaires au cours de la polyarthrite rhumatoïde
Figure 1. Scanner thoracique en coupes fines dans une pneumopathie interstitielle associée à la poly- arthrite rhumatoïde
Opacités réticulaires sous-pleurales bilatérales et bronchiectasies de traction.
Figure 2. Scanner thoracique en coupes fines dans un syndrome emphysème-fibrose associé à la poly- arthrite rhumatoïde
Zones d’emphysème prédominant dans les champs supérieurs (A), et opacités réticulaires dans les régions basales postérieures (B).
A B
tocompatibilité majeur HLADRB1 ayant en commun une séquence particulière d’acides aminés en position 70 à 74 (HLADRB1 *0101, *0102, *0401, *0404, *0405, *0408, *0410,
*1001 et *1402), est le principal facteur de risque génétique pour la PR séropositive mais n’est pas associée à un risque augmenté de PR séronégative.
Le risque de PR séropositive est fortement augmenté en présence de l’EP, et encore davantage à l’état homozygote (figure 3).9 De plus, des études récentes ont démontré une interaction majeure entre la présence de l’EP et le taba
gisme. L’association de ces deux facteurs de risque aug
mente très significativement le risque de développement de la PR (figure 3), dans une remarquable interaction gène
environnement.911 Dans une étude, la part attribuable au tabac était de 20% pour l’ensemble des PR, 35% pour les PR antiCCP positives, et 55% pour les PR antiCCP positives et homozygotes pour l’EP.9 Dans une population génétique
ment prédisposée, le tabac est donc une cause majeure de développement d’une PR.
En ce qui concerne les facteurs de risque de développer une PI au cours de la PR, ceuxci sont moins bien étudiés.
Le risque de PI a été associé au sexe masculin, un âge plus élevé et une PR plus sévère.6 Certaines études suggèrent que le tabagisme est le principal facteur prédictif d’anoma
lies radiologiques et fonctionnelles respiratoires de PI12 et qu’il est beaucoup plus fréquent chez des patients avec PR et PI (71%) que sans PI (23%, p l 0,001).3 Si le tabagisme semble être un facteur de risque de PI au cours de la PR, aucune donnée ne permet pour l’instant de savoir s’il s’agit d’un facteur indépendant ou s’il reflète simplement le ris
que d’avoir des antiCCP.
hypothèsepathogénique
Au cours de la PR, plus de la moitié des patients déve
loppent des anticorps contre divers antigènes citrullinés,
démontrés cliniquement par la recherche d’anticorps anti
CCP. La citrulline est un acide aminé formé par déamination de l’arginine. Cette réaction est catalysée par des pepti
dylargininedéiminases (PAD), enzymes dont l’ex pres sion tissulaire est augmentée par l’inflammation (notamment articulaire), et également au niveau pulmonaire par le ta
bac.13 Cette transformation de résidus arginine en citrulline (citrullination) confère de nouvelles propriétés antigéni
ques aux protéines affectées, avec notamment une présen
tation de ces peptides citrullinés par les HLADR de type EP, avec induction d’une réponse immune T spécifi que.14
Ces observations ont conduit à formuler une hypothèse pathogénique de la PR intégrant le tabagisme, l’EP, et les anticorps antiCCP (figure 4).15 Le tabagisme induirait l’ex
pression de PAD et la citrullination pulmonaire de protéines.
Ces modifications conduiraient à la perte de la tolérance et la formation d’anticorps spécifiques contre les protéines citrullinées, phénomène fortement favorisé par la présence de l’EP. Ces anticorps pourraient à leur tour réagir avec des protéines citrullinées produites dans les articulations se
condairement à un processus inflammatoire quelconque, et conduiraient ainsi par un phénomène d’autoactivation à une inflammation synoviale chronique.
Il est possible que ce mécanisme soit également impli
qué dans le développement de la PI au cours de la PR. Une étude a montré que les anticorps antiCCP étaient significa
tivement associés à l’existence d’une PI,16 et des protéines citrullinées ont été détectées dans des biopsies de fibrose pulmonaire associée à la PR ou idiopathique.17 Des études ont montré qu’il existe dans la PI liée à la PR une hyperpla
sie du tissu lymphoïde associé aux bronches (bronchiasso
ciated lymphoid tissue, BALT). Celleci semble associée à la citrullination des protéines, la production de facteur rhuma
toïde et d’anticorps antiCCP, ainsi que la déposition locale de collagène. Ainsi, le BALT paraît impliqué dans la patho
genèse des complications pulmonaires de la PR, et en par
ticulier de l’atteinte interstitielle.18
détectionprécocedela pneumopathie interstitielle
Quels patients atteints de PR vont développer une PI, comment la détecter précocement et à quel moment la traiter ? Il n’existe actuellement aucune stratégie ou recom
mandation pour le dépistage ou une intervention thérapeu
tique. Le rôle du scanner thoracique et des fonctions pulmo
naires dans le dépistage reste à déterminer. Des marqueurs biologiques pourraient s’avérer intéressants à l’avenir, des études ayant démontré des variations associées à la pré
sence d’une PI pour divers cytokines ou facteurs de crois
sance dans le LBA (liquide bronchoalvéolaire) ou le sang, mais ils restent du domaine de la recherche et doivent en
core être validés.
effets confondantsdestraitements rhumatologiques
L’évaluation des atteintes pulmonaires au cours d’une PR est compliquée par la possibilité d’une toxicité pulmo
naire des médicaments rhumatologiques. Le méthotrexate Figure 3. Risque relatif de développer une polyarth-
rite rhumatoïde anti-CCP positive selon la présence de l’épitope partagé (EP) et l’importance du taba- gisme exprimé en unités paquets-années (UPA) La valeur de référence est le risque chez les non-fumeurs en l’absence d’EP.
(Adaptée de réf.9).
40 35 30 25 20 15 10 5 0
Non-fumeurs 0-9 UPA 10-19 UPA L 20 UPA
Pas d’EP EP hétérozygote EP homozygote
1 1 1,2 1,9 3,2
6,3 12
24,6 37,6
3,4 7,38,7
(MTX), le traitement de fond de premier choix dans la PR, peut provoquer une pneumopathie interstitielle aiguë chez 0,3 à 11% des patients traités. Cette complication se mani
feste plus fréquemment durant les six premiers mois de traitement, et le risque serait augmenté en cas d’atteinte pulmonaire préexistante, d’âge L 60 ans, de diabète, d’hy
poalbuminémie et de doses élevées de MTX.19 Par contre, les données concernant une éventuelle toxicité pulmonaire chronique du MTX sont beaucoup plus équivoques. Dans une étude de cas non contrôlée, les patients avec PR et PI évolutives avaient reçu plus souvent du MTX que ceux avec PI stable, une observation sujette à de nombreux biais.20 A l’inverse, une étude prospective n’a pas trouvé de différen
ces, aussi bien au niveau des fonctions pulmonaires qu’au scanner en coupes fines, entre des patients traités par MTX et des contrôles sans MTX après deux ans de suivi.21
Le léflunomide, contrairement à ce que laissaient croire les données initiales, peut aussi être associé à l’apparition ou à l’exacerbation aiguë de PI chez 1,2% des patients trai
tés.22 Une PI préexistante (RR = 8,2), un tabagisme (RR = 3,2), l’administration d’une dose de charge (RR = 4), un faible poids corporel (l 40 kg, RR = 2,9) et un traitement préala
ble par MTX étaient les principaux facteurs de risque de
cette complication.22,23 Ce risque semble toutefois forte
ment lié à des facteurs génétiques, cette complication étant largement restreinte à des patients d’origine japonaise.
Enfin, toutes les biothérapies utilisées dans le traitement de la PR, des antiTNFa (infliximab, étanercept, adalimu
mab), aux antiIL6 (tocilizumab) en passant par le rituximab, ont été associées à des complications pulmonaires, avant tout infectieuses. Le problème le plus fréquent, hormis les infections classiques, reste une réactivation de tuberculose latente et, un dépistage est impératif avant un traitement par antiTNF.24 Le rôle de tous les traitements biologiques, dans l’induction de PI dans un contexte de PR ou d’autres connectivites, reste controversé.25
traitementdela pneumopathieinter
-
stitielleaucours delapolyarthrite rhumatoïde
Il n’existe pas de médicament véritablement efficace, et donc pas de consensus sur le traitement de la PI au cours de la PR. A notre connaissance, aucune étude n’a été réali
sée dans cette indication spécifique, et aucun traitement ne peut donc être recommandé de manière très affirmative. Il Figure 4. Hypothèse pathogénique de la PR anti-CCP positive
Le tabagisme induit la citrullination pulmonaire de protéines. Les protéines citrullinées, reconnues comme antigéniques par les cellules présentatrices d’anti- gène en présence de l’épitope partagé, entraînent la formation d’anticorps antipeptides citrullinés circulants. Un second événement (une inflammation quel- conque) entraîne la formation de protéines citrullinées, qui se lient aux anticorps pour former des complexes immuns. Il s’ensuit une production de cytokines pro-inflammatoires. L’inflammation augmente à son tour la citrullination et un cercle vicieux s’établit.
(D’après réf.15).
Tabac
Citrullination
Citrullination Protéine
native
Protéine native Production
de cytokines
Protéine citrullinée
HLA- DRB1 épitope partagé
HLA- DRB1 épitope partagé
Anticorps antipeptide citrulliné
Macrophage Lymphocyte T
Protéine citrullinée
Lymphocyte T
Lymphocyte B
Inflammation
Inflammation
est proposé de traiter les patients symptomatiques, ceux qui présentent une aggravation fonctionnelle respiratoire, et ceux chez qui prédomine le verre dépoli à l’imagerie.
Une combinaison de prednisone, azathioprine et acétyl
cystéine est généralement proposée, par analogie avec la fibrose pulmonaire idiopathique.26 De même, on propose maintenant fréquemment le mycophénolate comme alter
native à l’azathioprine. Plusieurs autres immunosuppres
seurs ont été essayés avec des réponses inconstantes. L’ef
ficacité du traitement corticoïde et immunosuppresseur varie probablement avec le type histologique de PI (moins efficace dans l’UIP (usual interstitial pneumonia), et davanta ge dans la NSIP (pneumopathie interstitielle non spécifi que) ou la pneumopathie organisée). De manière intéressante, l’impression générale est que le contrôle de la mala die ar
ticulaire ne semble pas affecter le cours de la PI, même si cela n’a jamais été formellement démontré.
évolutionetpronostic
Les études concernant le pronostic des PI dans la PR ne sont pas toutes concordantes. Certains auteurs ont décrit une meilleure survie pour l’UIP associée à la PR que dans l’UIP idiopathique (fibrose pulmonaire idiopathique),27 alors que d’autres auteurs ont rapporté une survie similaire.28 Par contre, une atteinte de type NSIP semble associée à une meilleure survie qu’une UIP,28,29 comme c’est le cas dans les formes idiopathiques de ces entités. Toutefois, le pronos
tic global reste mauvais avec une morbidité et une morta
lité importantes.
Finalement, un mode évolutif particulier et récemment caractérisé est l’exacerbation aiguë de la pneumopathie in
terstitielle. Initialement décrit dans la fibrose pulmonaire idiopathique, il a également été rapporté dans des pneu
mopathies interstitielles associées aux connectivites, en particulier dans la PR, avec une évolution très similaire.29,30 Cette exacerbation se caractérise par une aggravation rapi
de de la dyspnée et de l’hypoxémie, avec de nouvelles opacités en verre dépoli surajoutées aux lésions préexis
tantes de fibrose. Elle survient en l’absence de cause iden
tifiable et est associée à une mortalité de 60 à 80%.29,30
conclusion
Les PI sont responsables d’une importante morbidité et mortalité au cours la PR. Leur pathogenèse est mal connue.
Comme pour la PR ellemême, une interaction entre géné
tique, environnement et autoimmunité pourrait jouer un rôle. De nombreuses questions restent pour l’instant sans réponse : quels sont les patients à risque et comment dé
pister la PI précocement ? Quand et comment traiter ? Quel rôle pour les biothérapies ? Dans l’immédiat, une prise de
conscience de cette problématique est essentielle, mais seules des études de cohorte pourront répondre à ces in
terrogations et contribuer à améliorer le pronostic des pa
tients.
Dr Sylvie Froidevaux-Janin Route Sainte-Thérèse 2D 1700 Fribourg
Drs Sylvie Froidevaux-Janin et Romain Lazor Pr Laurent P. Nicod
Consultation des pneumopathies interstitielles et maladies pulmonaires rares
Service de pneumologie Département de médecine CHUV, 1011 Lausanne [email protected] Dr Jean Dudler Service de rhumatologie Hôpital cantonal 1700 Fribourg Dr Romain Lazor
Centre de référence de maladies pulmonaires rares Hospices civils de Lyon
Groupe hospitalier Est 69677 Lyon (Bron) France
Adresses
Remerciements
Les auteurs remercient Mlle Léa Kolopp pour la réalisation des fi
gures.
Implications pratiques
Une pneumopathie interstitielle survient chez 20 à 30% des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et affecte signi- ficativement le pronostic vital
L’atteinte interstitielle apparaît souvent tardivement sur la radiographie standard ; l’examen radiologique de choix est le scanner thoracique en coupes fines
Deux nouveaux modes de présentation de la pneumopathie interstitielle au cours de la polyarthrite rhumatoïde sont l’exacerbation aiguë, et le syndrome emphysème-fibrose Tous les traitements de la polyarthrite rhumatoïde peuvent entraîner des complications pulmonaires, dont des infections et des toxicités médicamenteuses
Il n’existe pas encore de recommandation de dépistage de la pneumopathie interstitielle au cours de la polyarthrite rhu- matoïde, mais un bilan pneumologique est indiqué en cas de symptômes respiratoires
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* à lire
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