N. Yarol, P. Tozzi L. von Segesser A. Kalangos
P. Vogt, P. Yerly F. Mach, M. Pascual
P. Meyer, R. Hullin
greffecardiaqueen suisseromandeCes dernières années, la prise en charge de l’insuffisance car- diaque a considérablement évolué quel que soit le niveau de gravité de la pathologie. En général, cette prise en charge se base toujours sur des guidelines visant un traitement optimisé.
La greffe cardiaque est proposée aux patients en insuffisance cardiaque de classe NYHA III et IV, avec des réserves discutées ci-après, si le traitement médical op- timisé (bêtabloquants, inhibiteurs du système d’angiotensine et d’aldostérone, diuré tiques, digoxine) et le traitement chirurgical (revascularisation, défibrillateur automatique implantable (DAI), resynchronisation) ne permettent plus l’impact significatif sur la progression de l’insuffisance cardiaque. Parfois, la greffe cardiaque est envisagée rapidement chez des patients ayant une dysrythmie grave (par exem- ple : tempête rythmique) ou chez des patients atteints d’une maladie coronarienne pour laquelle aucune autre option médicale ou interventionnelle n’est possible.
Le programme de greffe cardiaque fait partie du Centre universitaire romand de transplantation (CURT). Pour l’année 2010, son activité au CHUV a été de treize greffes cardiaques, incluant trois patients ayant été équipés d’une assistance ven- triculaire gauche. Parmi les treize personnes greffées en 2010, six patients viennent du canton de Vaud, trois du canton de Fribourg, deux du canton de Genève et les deux derniers du Valais. En Suisse, 35 patients au total ont reçu un greffon car- diaque durant l’année 2010. Nous constatons pour 2010 une augmentation de 52%
des greffes cardiaques en Suisse romande par rapport à 2004 (année marquant le début du travail en réseau Vaud-Genève, figure 1). Cette augmentation s’expli- que premièrement par un plus grand nombre de patients en liste d’attente pour une greffe cardiaque durant les années 2009 et 2010, et, deuxièmement, par l’aug- mentation du nombre de donneurs suisses en 2010, en particulier dans le Program- me latin du don d’organes (PLDO) très actif en Suisse romande et au Tessin.
patients candidatsen suisseromandeen
2010
En 2010, chez les 30 patients listés dans l’attente d’une greffe cardiaque en Suisse romande, l’insuffisance cardiaque sévère était due, pour 40% d’entre eux, Selection and follow-up of candidats
to heart transplantation in French part of Switzerland
Heart transplantation (HTx) started in 1987 at two university hospitals (CHUV, HUG) in the western part of Switzerland, with 223 HTx performed at the CHUV until December 2010.
Between 1987 and 2003, 106 HTx were realized at the HUG resulting in a total of 329 HTx in the western part of Switzerland.
After the relocation of organ transplantation activity in the western part of Switzerland in 2003, the surgical part and the early postope- rative care of HTx remained limited to the CHUV. However, every other HTx activity are pursued at the two university hospitals (CHUV, HUG).
This article summarizes the actual protocols for selection and pre-transplant follow-up of HTx candidates in the western part of Swit- zerland, permitting a uniform structure of pre- transplant follow-up in the western part of Switzerland.
Rev Med Suisse 2011 ; 7 : 1212-6
De 1987 à décembre 2010, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) a effectué 223 transplantations cardiaques. Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), 106 patients ont bé- néficié d’une allogreffe cardiaque entre 1987 et 2003. Au total, la Suisse romande compte 329 greffés cardiaques à son actif.
Depuis le regroupement des activités de greffe cardiaque en 2003, les phases immédiates pré- et postopératoires d’une greffe cardiaque se déroulent uniquement au CHUV. Toutes les activités autour d’une greffe cardiaque sont effectuées sur les deux sites universitaires (CHUV et HUG).
Cet article présente la structure actuelle de prise en charge des patients candidats à une greffe cardiaque en Suisse romande.
Ce protocole permet une prise en charge coordonnée et iden- tique sur les deux sites universitaires de la Suisse romande.
Sélection et suivi
prétransplantation des patients candidats à la greffe cardiaque en Suisse romande
parcours clinique
à une cardiomyopathie dilatée : deux cas de dysplasie du ventricule droit, un cas d’insuffisance cardiaque sur valvu- lopathie mitrale sévère, neuf cas d’origine idiopathique/
génétique. De plus, deux patients atteints de malformations congénitales étaient en attente d’une greffe cardiaque (pre- mier cas : cœur univentriculaire en dextroposition dans le cadre d’un syndrome de Kartagener, deuxième cas : trans- position des grandes artères) ainsi qu’un cas de cardiomyo- pathie restrictive. Les quinze autres patients présentaient une insuffisance cardiaque sévère d’origine ischémique.
Ceci diffère de l’expérience d’autres centres de transplanta- tion (rapport annuel d’ISHLT) qui montre, depuis quelques années, une diminution des patients candidats à une greffe cardiaque atteints d’une cardiopathie d’origine ischémique (figure 2).1
quand faut
-
ilenvisagerunegreffe cardiaque?
En Suisse, l’insuffisance cardiaque concerne environ 1% de la population. Son incidence dans la population augmente progressivement avec l’âge : faible chez les personnes l 50 ans, en augmentation importante chez les personnes L 75 ans (de 15% à 20%).2 En fonction de la pyramide des âges actuelle de la population helvétique, nous pensons que le nombre de patients concernés par cette pathologie sera encore ren- forcé par le vieillissement de la population (voir la publica- tion de l’Office fédéral de statistique pour l’année 2009).
Généralement, le diagnostic de l’insuffisance cardiaque est associé à un funeste pronostic : 50% de mortalité dans les cinq années qui suivent le diagnostic. Cependant, selon le rapport 2010 de Swisstransplant, malgré ce mauvais pro- nostic, seulement 76 patients sont mis en liste d’attente pour une greffe cardiaque.3 Ceci représente en Suisse en- viron 0,1-0,2% des patients souffrants d’une insuffisance cardiaque de classe fonctionnelle III à IV selon la NYHA.
D’après la liste suisse de personnes en attente pour une greffe cardiaque, nous avons constaté en 2010 une aug- mentation de 24,6% des patients inscrits par rapport à l’an- née 2009 (figure 1).3
Le but de la transplantation cardiaque est de prolonger l’espérance de vie après l’opération et d’améliorer la qua- Figure 1. Greffes cardiaques en Suisse et à Lausanne
et patients en attente de transplantation
80 70 60 50 40 30 20 10 0
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Greffes cardiaques en Suisse
Greffes cardiaques à Lausanne
Patients sur liste d’attente de transplantation
Figure 2. Greffes cardiaques réalisées sur cardiopathie d’origine ischémique et dilatée (Adaptée de réf.1).
CAD : coronary artery disease (maladie coronarienne).
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
70 60 50 40 30 20
70 60 50 40 30 20 70 60 50 40 30 20
% of cases% of cases% of cases
All Locations
Myopathy CAD
Myopathy CAD
Myopathy CAD
Europe
North America
lité de vie du patient, en lien avec un traitement conserva- teur. En raison de la première condition, en Suisse, la limite d’âge maximale des patients candidats à une greffe cardia- que reste de 70 ans. La deuxième condition demande que les personnes candidates ne présentent pas de comorbi- dités importantes contre-indiquant cette greffe. Le pronostic pour une «bonne» qualité de vie après l’intervention est difficile, car la perception subjective des comorbidités reste individuelle. En général, les comorbidités sont prises en compte dans le bilan des éléments cliniques sans possibi- lité d’amélioration (par exemple prothèse mécanique d’une articulation) et des pathologies cliniques risquant de s’ag- graver (par exemple : aggravation d’une dysfonction rénale postopératoire nécessitant une dialyse).
La majorité des patients candidats pour une greffe car- diaque ont été envoyés par des médecins «externes», pour un suivi en ambulatoire. En Suisse romande, sur la liste ac- tuelle, dix-neuf patients sur 30 nous ont été envoyés par des collègues extérieurs au CHUV ou aux HUG. Les onze autres patients ont été pris en charge lors d’une hospitali- sation suite à une décompensation aiguë ou à la survenue d’un nouvel événement (par exemple : infarctus myocar- dique étendu).
Avant de parler des indications à une greffe cardiaque sur la base des données de la littérature, le tableau 1 re- cense les contre-indications absolues à la greffe cardiaque, qui excluent d’emblée certains patients candidats.4
critèresdemise enliste d
’
attenteIssus des données de la littérature et de l’expérience sur plus de deux décennies de greffes cardiaques en Suisse romande, nos critères de transplantation figurent dans le tableau 2.
Le point le plus important est de présenter le patient au comité qui décidera de la faisabilité d’une greffe cardiaque au bon moment. En effet, en théorie, un patient candidat potentiel pour la greffe cardiaque risque d’être refusé :
• s’il a été présenté trop tôt parce qu’il va «trop» bien, ou parce qu’il s’est présenté trop tard ;
• si les risques opératoires sont élevés en lien avec des comorbidités trop importantes (tableau 3).
Pour le premier point, le cas du patient prend en compte la nécessité d’un suivi par une consultation d’insuffisance cardiaque spécialisée pouvant identifier à temps une dé- gradation clinique. Concernant le deuxième point, les co- morbidités existantes sont jugées selon leur impact sur le risque périopératoire et postopératoire.
Chez des patients candidats pour une greffe cardiaque, les comorbidités sont traitées conjointement par les diffé- rents services des institutions (CHUV, HUG) ou en collabo- ration entre l’équipe d’insuffisance cardiaque locale et les médecins installés en cabinets privés. Cela demande des contacts intensifs et une excellente communication entre les médecins traitants d’un patient candidat éventuel. Le projet d’une greffe est donc toujours un projet pluridisci- plinaire.
Tableau 2. Critères de mise en liste d’attente Discussion sur la possibilité d’une greffe cardiaque
• Persistance d’une classe fonctionnelle III à IV selon la NYHA malgré un traitement optimisé
• Angine thoracique d’origine ischémique sans autres options, que ce soit un traitement médical/interventionnel/chirurgical
• Persistance d’une arythmie majeure sans l’option d’un traitement médical/chirurgical
• Absence d’options chirurgicales/interventionnelles/conservatrices dans le cadre d’une coronaropathie, d’une valvulopathie, d’un anévrisme ou d’une dilatation du ventricule gauche
Indications pour une greffe cardiaque
• VO2max l 10 ml/kg/min
• Classe NYHA IV persistante
• Hospitalisations récurrentes pour le traitement de décompensations cardiaques aiguës
• Angine thoracique sur coronaropathie réfractaire au traitement médical/
interventionnel/chirurgical associée à une fraction d’éjection systolique du ventricule gauche l 20%
• Episodes répétitifs d’arythmie ventriculaire symptomatique La greffe cardiaque est probablement indiquée lorsque :
• VO2max l 14 ml O2/kg/min (ou au-dessus en cas d’autres facteurs de risque)
• Classe fonctionnelle III à IV selon la NYHA
• Hospitalisations répétitives sur décompensations cardiaques aiguës
Tableau 3. Comorbidités avec impact sur la morta- lité en phase périopératoire immédiate
Phase immédiate Long terme
RR RR
1. Poids L 140% du poids idéal, 2,35 ou IMC L 34 kg/m2
2. IMC l 20 kg/m2 2,5
3. Créatinine L 220 mmol/l 1,43 1,23
4. Age L 60 ans 1,13 1,41
5. Maladie pulmonaire 1,35
6. Thoracotomie antérieure 1,44 7. L 1 thoracotomie antérieure 1,77
8. Diabète insulino-requérant 1,66
(Adapté de Kirklin JK, Young JB, McGriffin DC. Heart Transplantation.
Philadelphie : Churchill Livingstone, 2002;594).
RR : risque relatif ; IMC : indice de masse corporelle.
• Age : plus de 70 ans au moment de l’inscription
• HTAP sévère avec résistances artérielles pulmonaires (RAP) fixées L 250 dynes/sec/cm-5*
• Affection hépatique irréversible ou cirrhose (L Child A)
• Affection systémique active
• DID ou requérant multicompliqué
• Insuffisance respiratoire sévère
• Toxicomanie ou éthylisme actif (abstinence de six mois minimum)
• Pathologie oncologique sauf les tumeurs cutanées (non mélanome)
• Maladie vasculaire périphérique sévère
• Pathologie psychiatrique décompensée ou risques de non-compliance médicamenteuse et de non-suivi thérapeutique
HTAP : hypertension artérielle pulmonaire ; DID : diabète insulino-dépendant.
* RAP : les résistances vasculaires sont exprimées en dynes/sec/cm-5 (norma- les 90 à 120 dynes/sec/cm-5). Le dyne est la valeur unitaire pour la mesure de la résistan ce vasculaire pulmonaire.
Tableau 1. Contre-indications absolues à la greffe cardiaque
procédured
’
évaluationd’
un patientcandidat
Suite aux résultats des premiers examens (tableau 2), le patient est présenté pour une première discussion à l’équi- pe de transplantation cardiaque des cantons Vaud-Genève (CHUV et HUG) lors d’une visio-conférence organisée sur une base mensuelle par la coordination de Transplantation d’organes située au Centre de transplantation d’organes (CTO) du CHUV (figure 3).
En cas de décision positive, les bilans prégreffes cardia- ques sont complétés par des tests immunologiques, des sérologies extensives, des tests microbiologiques, une co- loscopie si l’âge L 50 ans et des consultations spécialisées si nécessaire. D’habitude, ces examens sont réalisés dans le cadre d’une hospitalisation de plusieurs jours.
Lors d’une deuxième visio-conférence, le cas du patient est rediscuté avec son bilan complet afin de déterminer s’il peut être mis en liste. La décision d’une transplantation est d’abord le fruit d’une discussion entre l’équipe médi- cale (cardiologues du CHUV et HUG, chirurgiens cardiaques, anesthésistes, infectiologues, équipe du CTO). Cette déci- sion est ensuite présentée au patient et à sa famille. Celui-ci est alors inscrit sur la liste d’attente auprès de l’organisme officiel Swisstransplant (figure 4).
Dès ce moment, commence alors une attente pour le patient qui peut-être plus ou moins longue. De son côté, le patient en liste d’attente a l’obligation d’être joignable (nu- méro de mobile personnel) à tout moment et d’être situé géographiquement dans un rayon maximum de deux heu-
res de l’hôpital. Le délai d’attente de la greffe est aléatoire, cette période varie selon le groupe sanguin (les transplanta- tions cardiaques se faisant, en général, en isogroupe ABO), le poids du patient, sa taille ainsi que du nombre de pa- tients sur la liste d’attente.
Depuis le début des premières greffes cardiaques, le manque de donneurs que subissent tous les pays engen- dre un temps d’attente de plus en plus long. Durant cette période, ces patients sont reçus en consultation à raison d’une fois par mois pour suivre leur évolution clinique.
Hormis la consultation d’insuffisance et greffes cardiaques (IGC) une fois par mois, les patients sont vus par l’équipe médicale, les psychologues et les physiothérapeutes. Pen- dant cette attente, les patients bénéficient d’un traitement médical optimal adapté à leurs besoins. Le suivi prégreffe est primordial car dans l’attente de la transplantation, les patients doivent être le mieux possible physiquement et prêts à recevoir un greffon à tout instant. Une éducation hy- giéno-diététique (régime hydrosodé et hypocholestérolé- miant) et un contrôle journalier du poids font partie de l’édu- cation de ces patients. Si la clinique le permet, une marche journalière de 20 à 30 minutes est également conseillée.
Parfois, la situation clinique permet de retirer un patient de la liste en raison d’une amélioration importante. Plus sou- vent, la dégradation fonctionnelle d’un organe (dysfonctions rénale, pulmonaire ou hépatique, apparition d’autres patho- logies associées à une réduction de la survie) ne permet plus au patient de rester en liste d’attente.
Figure 3. Parcours d’un patient candidat pour une greffe cardiaque
HFSS : heart failure survival score ; VO2max : volume d’oxygène transporté par minute et par kilo poids ; PRA : panel d’anticorps réactifs contre les antigènes HLA ; RAP : résistance artérielle pulmonaire.
Facteurs de risque :
• Age
• RAP
• Sérologies hép. A, B, C et VIH
• Dysfonction rénale
• Maladie pulmonaire
• Réthoracotomie
• Cirrhose L Child A
• Compliance médicamen- teuse
• Maladie systémique active
• Diabète
• PRA
• Maladie maligne
Premier bilan prégreffe VO2 max, HFSS, évaluation des facteurs de risque
Accepté Récusé
A l’hôpital
Coordination de transplantation
Visio-conférence mensuelle
Candidat potentiel pour une greffe cardiaque
En ambulatoire
Deuxième bilan prégreffe
Visio-conférence mensuelle
Figure 4. Mise en liste de candidats pour une greffe cardiaque et suivi du patient
CIT : contre-indication transitoire ; IGC : insuffisance et greffe cardiaques ; CT : coordination de transplantation ; CHUV : centre hospitalier universi- taire vaudois ; HUG : hôpitaux universitaires de Genève.
Le PV de la visio-conférence précise l’induction et le traitement antibiotique périopératoire
Les PV sont contre-signés par le Pr R. Hullin (CHUV) et le Dr P. Meyer (HUG)
Formation et informations concernant la greffe cardiaque (brochure, infirmière)
Le candidat est vu régulièrement en consultation ambulatoire d’IGC
La CIT reçoit des copies de chaque consultation/hospitalisation/
tests laboratoires
La CIT est enlevée dès que le candidat a signé le consentement éclairé sur les risques infectieux
Candidat pour une greffe cardiaque
Le lendemain de la visio-conférence, le candidat est inscrit sur la liste d’attente en CIT
Les patients dans un état instable et rapidement évolutif sont discutés comme patients candidats pour la mise sur la liste en «superurgence», ce qui les place en priorité par rapport à d’autres patients en attente sur la liste normale.
Il est évident, que cette priorité doit être justifiée vis-à-vis des autres patients candidats pour une greffe cardiaque.
Cette décision est donc toujours prise après une première discussion de l’équipe médico-chirurgicale de transplanta- tion locale et après une deuxième étape de discussion entre tous les centres nationaux de transplantation cardiaque.
De plus, cette décision nécessite une évaluation concer- nant l’option de la mise en place d’une assistance ventri- culaire permanente. En 2010, celle-ci a été réalisée chez cinq patients (quatre patients lausannois et un patient ge- nevois) en attente d’une greffe cardiaque par l’implanta- tion d’une assistance ventriculaire gauche non pulsatile de type Heartmate II et le placement d’une assistance pulsa- tile biventriculaire chez un patient (Berlin Heart). En 2010, trois patients ont reçu un greffon pendant qu’ils étaient soutenus par un Heartmate II, un autre patient a été trans- planté au début de l’année 2011.
conclusion
Le suivi clinique strict du patient en attente de trans- plantation est indispensable pour obtenir de bons résultats de la greffe.
La transplantation cardiaque est actuellement le traite- ment de référence de l’insuffisance cardiaque terminale, évolutive malgré un traitement médical optimal. Ces der- nières années, l’amélioration de la prise en charge médica- menteuse de l’insuffisance cardiaque a permis, dans une certaine limite, de prolonger la survie et d’améliorer la qua- lité de vie des patients. L’indication pour une transplanta- tion ne doit être retenue que pour des malades dont le risque de décès est important, quel que soit le retentisse- ment fonctionnel de leur cardiopathie. Il ne faut pas oublier que la durée d’attente d’un greffon peut être longue. Ce dernier facteur doit être pris en compte afin de ne pas ins- crire les malades trop tardivement sur la liste d’attente et de limiter ainsi au maximum la détérioration de leur état général, tout comme la survenue de complications poten- tielles.
Le suivi clinique strict est à la base des bons résultats de la transplantation cardiaque, ainsi qu’une bonne colla- boration entre les différents protagonistes. Le patient doit être éduqué, compliant et collaborant.
Dr Piergiorgio Tozzi Pr Ludwig Karl von Segesser
Département de chirurgie cardiovasculaire Pr Pierre Vogt
Drs Nuray Yarol et Patrick Yerly Pr Roger Hullin
Service de cardiologie
Département de médecine interne Pr Manuel-Antonio Pascual Centre de transplantation CHUV, 1011 Lausanne Pr Roger Hullin
Université de Lausanne, 1005 Lausanne Pr François Mach
Dr Philippe Meyer Service de cardiologie
Département de spécialités de médecine Pr Afksendyios Kalangos
Service de chirurgie cardiovasculaire Département de chirurgie
HUG, 1211 Genève [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected]
[email protected] Franç[email protected] [email protected] [email protected]
Adresses
Implications pratiques
Le point le plus important est de présenter le patient au co- mité qui décidera de la faisabilité d’une greffe cardiaque au bon moment
En théorie, un patient candidat potentiel pour la greffe cardia- que risque d’être refusé :
1) s’il a été présenté trop tôt parce qu’il va «trop» bien, ou parce qu’il s’est présenté trop tard ne permettant plus la réalisation d’une greffe cardiaque orthotopique en raison des contre-indications absolues
2) si les risques opératoires sont élevés et en lien avec des comorbidités trop importantes
Pour le premier point (1), le cas du patient est discuté par une consultation d’insuffisance cardiaque spécialisée pouvant iden tifier à temps une dégradation clinique
Pour le deuxième point (2), en fonction de la comorbidité, si celle-ci est curable et résolue, le patient peut être représenté ultérieurement
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1 Stehlik J, et al. Registry of the International society for heart and lung transplantation : Twenty-seventh of- ficial adult heart transplant report – 2010. J Heart Lung Transplant 2010;10:1089-103.
2 Cowie MR, Woods DA, Coats AJ, Poole-Wilson PA, Sutton GC. Incidence and aetiology of heart failure :
A population based study. Eur Heart J 1999:20:421-8.
3 ** Swisstranplant. Evolution du don d’organes en Suisse 2001-2010.
4 * Mehra MR, Kobashigawa J, Starling R, et al. Listing criteria for heart transplantation : International society of heart and lung transplantation guidelines for the
care of cardiac transplant candidates. J Heart Trans- plant 2006;25:1024-42.
* à lire
** à lire absolument
Bibliographie