Vari´et´es hamiltoniennes et Application moment.
Mich`ele Vergne
avec contributions de Olivier Guichard et Laurent Thuillier.
Ann´ee 2000
Introduction
On se donne une action du groupeS1 sur une vari´et´e symplectique (M, σ) de dimension 2n. On suppose que le champ de vecteurs associ´e `a l’action de S1 est hamiltonien. Il y a donc une fonction f appel´ee ´energie, dont le gradient symplectique engendre l’action de S1. Cette fonction est constante sur les orbites deS1 (th´eor`eme de Noether). Une des premi`eres constructions fondamentales est la construction de la vari´et´e symplectique r´eduite au niveau a. C’est une vari´et´e de dimension (2n−2), qui consiste `a ´etudier les orbites de S1 dans le niveau d’´energie f =a.
Plus g´en´eralement, si un groupe de Lie compact connexeGagit surM par une action hamiltonienne , on construit une vari´et´e r´eduite de dimension 2n− 2 dim(G). Cette vari´et´e r´eduite est tr`es importante en th´eorie des invariants.
On d´emontrera le th´eor`eme de Duistermaat-Heckman, dans le cadre pr´e- symplectique ( la 2-forme ferm´ee σ n’est pas n´ecessairement non d´eg´en´er´ee).
L’image de la mesure de Liouville par l’application moment est une fonc- tion localement polynomiale, ( non n´ecessairement positive) dont la densit´e calcule les volumes r´eduits.
Un exemple ´evident de vari´et´e symplectique est l’espaceCn. Soit M une sous vari´et´e alg´ebrique deCn. C’est une vari´et´e symplectique. SoitGun sous groupe de U(n) laissant stable M. Le groupe complexifi´e GC agit dans M. Alors la vari´et´e r´eduite de M au niveau 0 classifie les orbites ferm´ees de GC dans M. C’est le th´eor`eme de Kirwan- Mumford.
SiC est un cˆone alg´ebrique stable parG, alors G agit sur la vari´et´e pro- jective P(C) correspondante. Le quotient de Mumford P(C)//GC de P(C) par GC est isomorphe `a la vari´et´e r´eduite au niveau 0 de la G-vari´et´e Ha- miltonienne P(C). On montrera (sous quelques hypoth`eses) que les sections invariantes du fibr´eLk surP(C) sont les sections holomorphes du fibr´e r´eduit Lk//G sur le quotient de MumfordP(C)//GC deP(C) par GC.
La construction d’espace r´eduit permet aussi de construire de nouvelles vari´et´es par coupure symplectique. En particulier, on construira une vari´et´e torique associ´ee `a un polytope convexe rationnel.
SOMMAIRE
Cours du Mercredi 9 Fevrier Vari´et´es Hamiltoniennes. D´efinitions.
Pages 5-17
Cours du Mercredi 16 Fevrier
L’application moment pour l’action lin´eaire d’un tore.
Pages 18-27
Cours du Mercredi 23 Fevrier
Fibr´es principaux. R´eduction symplectique.
Pages 28-42
Cours du Mercredi 1er Mars
Paradigmes. P(V); T∗M; Orbites coadjointes.
Page 43 : Ce chapitre manque. RECOPIER NOTES DES ETUDIANTS.
Cours du Mercredi 8 Mars
L’espace projectif. Convexit´e de l’application moment.
Pages 44-52
Cours du Mercredi 15 Mars
Application moment et Orbites ferm´ees pour l’action d’un groupe r´eductif complexe.
Pages 53-59
Cours du Mercredi 22 Mars Expos´e de Olivier Guichard
Coupures symplectiques , vari´et´es toriques.
Pages 60-70
Cours du Mercredi 29 Mars
Image de la mesure de Liouville par l’application moment et volumes des espaces r´eduits.
Pages 71-82
Cours du Mercredi 19 Avril
Action d’un groupe r´eductif complexe sur une vari´et´e projective. Th´eor`eme de convexit´e de Kirwan- Mumford.
Pages 83-89
Cours du Mercredi 2 Mai Expos´e de Laurent Thuillier.
Prequantification. Connexion, action et moment.
Pages 90-100
Cours du Mercredi 10 Mai
Quotient de Kirwan-Mumford et section holomorphes G-invariantes.
Pages 101-105
Vari´ et´ es Hamiltoniennes. D´ efinitions
9 f´evrier.
1 Fibr´ e tangent, normal
Soit M une vari´et´e de classe C∞. On note T M le fibr´e tangent `a M, et Γ(M, T M) l’espace des sections C∞ du fibr´e tangent. Un ´el´ement V de Γ(M, T M) est donc un champ de vecteurs. Si v ∈ TxM, et si φ est une fonction sur M d´efinie au voisinage de x, alors l’action de v sur la fonction φ est d´efinie par
(v ·φ)(x) = d
d²φ(x(², v))|²=0
o`u x(², v) est une courbe sur M telle quex(0, v) =x et tangente `a v enx.
SiV ∈Γ(M, T M) est un champ de vecteurs, alorsV d´efinit uned´erivation de C∞(M) :
(V φ)(m) = (Vm·φ)(m), car on a la r`egle de Leibniz :
V(φ1φ2) = V(φ1)φ2+φ1V(φ2).
R´eciproquement, toute d´erivation de l’alg`ebreC∞(M) est d´efinie par un champ de vecteurs. On utilisera souvent la mˆeme notation pour un champ de vecteurs et la d´erivation associ´ee, comme d´ej`a fait plus haut. Ainsi, le crochet [V1, V2] de deux champs de vecteurs V1, V2 est le champ de vecteurs
produisant la d´erivationV1V2−V2V1 deC∞(M). L’espace Γ(M, T M) est donc muni d’une structure d’alg`ebre de Lie.
On a
[X, φY] = (Xφ)Y +φ[X, Y]
si X etY sont des champs de vecteurs et φ une fonction sur M.
Soient M et N des vari´et´es et f : M → N une application C∞. Soit p∈M. On note dfp :TpM →Tf(p)M la lin´earisation def au point p. On la calcule en consid´erant l’image par f d’une courbe σ(p, ²) passant par p.
D´efinition 1 Si N est une sous-vari´et´e ferm´ee deM, on noteN(M/N)(ou simplement N) le fibr´e normal de N dans M. En chaque point n ∈ N, la fibre de N est TmM/TmN.
Le fibr´eN →N contientN comme la section nulle. On admet le th´eor`eme des voisinages tubulaires.
Proposition 2 (Koszul)
Soit N une sous vari´et´e ferm´ee de M. Soit N le fibr´e normal `a N dans M. Il existe un diff´eomorphisme d’un voisinage ouvert U de la section nulle deN sur un voisinage ouvert de N dansM, cet isomorphisme ´etant l’identit´e sur N.
2 Rappels de calcul diff´ erentiel
Soit M une vari´et´e de classe C∞. Soit A(M) = L
iAi(M) l’alg`ebre Z- gradu´ee des formes diff´erentielles sur M. Les formes diff´erentielles ici seront suppos´ees r´eelles. On a A0(M) = C∞(M), tandis que A1(M) est l’espace des 1-formes. Lorsque αest une 1-forme, on note (α, ξ) la valeur de αsur un champ de vecteursξ. C’est une fonction surM. La valeur de la fonction (α, ξ) au point xest ”locale”, c’est-`a-dire ne d´epend que de la valeur de ξ au point x. Autrement dit, on a (α, φξ) = φ(α, ξ) pour toute fonction φ ∈ C∞(M).
De mˆeme, si α est une k-forme, on note α(ξ1, . . . , ξk) la valeur de α sur k champs de vecteurs ξ1, ..., ξk. C’est une fonction sur M. Cette fonction est multilin´eaire vis `a vis de la multiplication des champs ξk par des fonctions φk :
α(φ1ξ1, . . . , φkξk) = (φ1· · ·φk)α(ξ1, . . . , ξk).
Il est utile d’introduireun peu de notations super (mais, rien ne sera dit ici sur les super-vari´et´es, ni super-groupes).
Un super-espace vectoriel est un espace vectoriel gradu´e surZ/2Z: E =E+⊕E−.
On identifie souventZ/2Z `a l’espace des entiers modulo 2. On dira donc que v ∈E+ est un ´el´ement pair , tandis quew∈E− est impair.
Un espace vectoriel gradu´e E = ⊕i∈ZEi sur Z pourra ˆetre ainsi comme un super-espace.
Une super-alg`ebreAest une alg`ebre sur un super-espace et dont le produit respecte la graduation :
AiAj ⊂Ai+j ( ici, i, j sont des entiers modulo 2).
L’alg`ebre des endomorphismes End(E) d’un super-espace est une super- alg`ebre, gradu´ee par
End+(E) = Hom(E+, E+)⊕Hom(E−, E−), End−(E) = Hom(E+, E−)⊕Hom(E−, E+).
On d´efinit le super-crochet de deux ´el´ements homog`enes d’une alg`ebre gradu´ee par
[a, b] =ab−(−1)|a||b|ba avec |a|= 0 ou 1 suivant quea est pair ou impair.
Une super-alg`ebre est dite commutative si [a, b] = 0 pour touta, b, i.e. les
´el´ements pairs commutent, mais les ´el´ements impairs anticommutent.
Par exemple, l’alg`ebre ext´erieure ΛV d’un espace vectoriel est une super- alg`ebre commutative.
Une d´erivationD d’une superalg`ebre A doit v´erifier D(ab) = D(a)b+aD(b), siD est paire, D(ab) =D(a)b+ (−1)|a|aDb, siD est impaire.
Il est facile de v´erifier que le crochet (au sens gradu´e) de deux d´erivations est encore une d´erivation.
Revenons `a nos moutons.
La diff´erentiation ext´erieure d:A•(M)→ A•+1(M) est le seul op´erateur v´erifiant les conditions suivantes :
1)d2 = 0.
2)d(α∧β) =dα∧β+ (−1)degαα∧dβ (relation de Leibniz) avec (α, β) homog`enes dans A(M). (Autrement dit, d est une d´erivation impaire de l’alg`ebre A(M)).
3) (df)(ξ) =ξf o`u f ∈ A0(M) =C∞(M), ξ ´etant un champ de vecteurs sur M.
On a l’´egalit´e :
dα(ξ0, . . . , ξk)
= Xk
i=0
(−1)iξi(α(ξ0, . . . ,ξbi, . . . , ξk))+ X
0≤i<j≤k
(−1)i+jα([ξi, ξj], ξ0, ...,ξbi, ...,ξbj, ..., ξk), o`u le ”chapeau” signifie que l’on omet la variable.
Exemple, siα est une 1-forme :
(dα)(ξ0, ξ1) =ξ0(α, ξ1)−ξ1(α, ξ0)−(α,[ξ0, ξ1]).
La formule pour dα d´efinit bien une (k + 1)-forme, car contrairement
`a l’apparence, la formule pour dα est bien lin´eaire sur les fonctions. Par exemple, pour une 1-forme α :
(dα)(φ0ξ0, ξ1) = φ0ξ0(α, ξ1)−ξ1(α, φ0ξ0))−(α,[φ0ξ0, ξ1])
=φ0(dα)(ξ0, ξ1)−(ξ1·φ0)(α, ξ0) + (α,(ξ1·φ0)ξ0) =φ0dα(ξ0, ξ1).
La relation d2 = 0 permet de d´efinir une cohomologie H∗(M,C) = Ker d
Im d
soit pour chaque i, Hi(M,C) = Ker (d|Ai(M))/d(Ai−1(M)) appel´ee cohomo- logie de de Rham. Si αest telle quedα = 0, alors on dit que αest exacte. Si α =dβ, alors on dit que α (qui est ferm´ee , car d2 = 0) est exacte.
On a le lemme de Poincar´e : Si U est une boule ouverte de Rn, toute forme diff´erentielle ferm´ee de degr´e k > 0 est exacte sur U. On montrera ce lemme plus tard ( cours du 29 Mars).
Soit ξ un champ de vecteurs sur M . La d´eriv´ee de Lie L(ξ) agit sur A(M) en pr´eservant le degr´e. Elle agit sur une fonction f par L(ξ)f =ξ·f et son action sur une k-forme ω est d´efinie par :
(L(ξ)ω) (ξ1, . . . , ξk) =ξω(ξ1, . . . , ξk)− Xk
j=1
ω(ξ1, . . . ,[ξ, ξj], . . . , ξk).
C’est une d´erivation paire de l’alg`ebreA(M) :
L(ξ)(α∧β) = L(ξ)α∧β+α∧ L(ξ)β.
On v´erifie que
L(ξ)d=dL(ξ).
La contraction par le champξ not´eei(ξ) :Ai(M)→ Ai−1(M) est d´efinie par :
i(ξ)α=α(ξ) si α ∈ A1(M) est une 1-forme,
i(ξ)(α∧β) = (i(ξ)α)∧β+ (−1)deg(α)α∧(i(ξ)β) si αetβ sont des formes homog`enes de A(M). La contractionι(ξ) est donc une d´erivation impaire de l’alg`ebre A(M).
On a la relation
i(ξ)◦i(ξ) = 0.
Pour deux champs de vecteurs ξ1, ξ2, on a donc ι(ξ1)◦ι(ξ2) +ι(ξ2)◦ι(ξ1) = 0.
On v´erifie aussi la relation
[L(ξ1), ι(ξ2)] =ι([ξ1, ξ2]).
La d´erivation de Lie et la contraction sont li´ees par la relation de Cartan : L(ξ) =d◦i(ξ) +i(ξ)◦d.
Celle-ci se v´erifie facilement pour une fonction ϕ, L(ξ)ϕ=dϕ(ξ) =ξϕ, et pour une 1-forme α. En effet
(L(ξ)α)(ξ1) = ξ(α, ξ1)−(α,[ξ, ξ1])
tandis que
(dι(ξ)α)(ξ1) =ξ1(α, ξ),
(ι(ξ)dα)(ξ1) = (dα)(ξ, ξ1) = ξ(α, ξ1)−ξ1(α, ξ)−(α,[ξ, ξ1]).
On a donc l’´egalit´e promise sur les 1-formes. Comme d et ι(ξ) sont des d´erivations impaires de l’alg`ebre A(M), on sait qued◦i(ξ) +i(ξ)◦dest une d´erivation (paire) de l’alg`ebre A(M). L’alg`ebre A(M) est engendr´ee par les fonctions et les 1-formes. Les deux membres de la relation de Cartan sont des d´erivations de l’alg`ebre A(M). Elles sont donc ´egales, puisqu’elles sont
´egales sur un syst`eme de g´en´erateurs.
3 Action d’un groupe sur une vari´ et´ e
SoitGun groupe de Lie. On note e, ouI , l’identit´e deG. On note gson alg`ebre de Lie. C’est l’espace tangent `ae`a G. Un groupe `a un param`etre est une applicationt 7→g(t) deRdansGv´erifiantg(0) =I etg(t+u) = g(t)g(u) pour tout t, u r´eels. Pour tout X ∈ g, on note exp(tX) le groupe `a un param`etre tangent `a X pour t= 0.
Une action d’un groupeGsur un ensembleM est : pour touta ∈G, on a une application ρ(a) :M →M telle que ρ(a)ρ(b) =ρ(ab) et ρ(1) =IdM. Ici M sera une vari´et´eC∞, le groupe G un groupe de Lie et la transformation ρ(a) un diff´eomorphisme de M. On note a·m ou am l’action de a ∈ G sur le point m∈M.
L’orbite d’un point m∈M est
Gm={am, a∈G} ⊂M.
La vari´et´e M est alors une r´eunion disjointe d’orbites. Un espace est dit homog`ene si il n’y a qu’une orbite. On aGm =M pour tout pointm deM. SiX ∈g, on note XM le champ de vecteurs sur M tel que −(XM)m soit tangent en m ∈M `a la trajectoire exp(θX)m de m sous l’action du groupe de transformations exp(θX). On note simplement Xm `a la place de (XM)m. Pour une fonction ϕ∈C∞(M) :
(XMϕ)(m) = d
dθϕ(exp(−θX)m)|θ=0. Premier th´eor`eme fondamental de Lie
L’applicationX 7→XM est un homomorphisme de l’alg`ebre de Liegdans l’alg`ebre de Lie Γ(M, T M) :
[XM, YM] = [X, Y]M.
Pour calmer la suspicion par rapport au signe moins dans la d´efinition de XM, voir cours du 23 Fevrier.
SiM est un espace homog`ene sous G, alors pour tout point m ∈M, les vecteurs Xm engendrent l’espace tangent TmM.
Un groupe `a un param`etre g(t) de transformations d’une vari´et´e C∞ est une application t 7→ g(t) de R dans les diff´eomorphismes de M v´erifiant g(0) = I et g(t +u) = g(t)g(u) pour tout t, u r´eels. Autrement dit, une action de Rsur M. On note alors V le champ de vecteurs sur M tel que Vx
soit tangent en x `a la courbe g(−t)x. Question : ´etant donn´e un champ de vecteurs V sur M, peut-on trouver un groupe `a un param`etre de transfor- mation de M tangent `a V. C’est clair que non. Exemple : soit M une sous vari´et´e ouverte de N, et g(t) un groupe `a un param`etre de transformations de N. Si x ∈M, la courbe g(t)x sortira de M au bout d’un certain temps,
`a moins que M soit invariante par la transformation g(t). Toutefois, on peut construire une action locale g(t) sur M.
Dire qu’on a une action locale, c’est dire qu’on a un voisinageDde 0×M dans R×M et une application g(t, x) de D dans M, telle que
1)g(0, x) =x
2) Pour toutx∈M, on ag(t+u, x) = g(t, g(u, x)) pourt, usuffisamment petits.
Une action locale surM d´efinit un champ de vecteursV. Au pointx∈M, le vecteur V est le vecteur tangent `a la courbe g(−t, x) en t = 0.
Montrons que si V est un champ de vecteurs sur M, on peut construire une action locale de Rsur M induisant le champ de vecteursV.
On suppose d’abord queM est un ouvertU deRn. Le champ de vecteurs V s’´ecrit sous la forme Pn
i=1vi(x1, ..., xn)∂i, o`u les fonctionsvi sont d´efinies sur U. Notre application g(t, x) est une application `a valeurs dansRn et doit v´erifier pour xfix´e :
d
dtg(t, x) = d
d²g(t+², x)|²=0 = d
d²g(², g(t, x))|²=0 =−V(g(t, x)).
Si on fixex, on a donc `a r´esoudre l’´equation diff´erentielle non lin´eaire :
(1) d
dtφ(t) =−V(φ(t)) avec donn´ees initiales
φ(0) =x.
La solutiong(t, x) existe pourt petit (dans un intervalle d´ependant dex) et est unique. La solution est bien un groupe local :g(t, g(u, x)) =g(t+u, x), car les deux membres pour u et x fix´es sont solutions de la mˆeme ´equation diff´erentielle ( 1) et ont mˆeme valeur initiale.
On note g(t, x) =g(t)x.
Attention.La solutionφ(t, x) n’est d´efinie que sitest petit, car l’´equation est non lin´eaire. Par exemple, si M =Ret V(x) =x2∂x, alorsg(t, x) est so- lution de dtdφ(t) =−(φ(t))2, avec φ(0) =x. On obtient
g(t)x= x 1 +tx qui explose pour t =−x−1.
Maintenant si V est un champ de vecteurs sur une vari´et´e M, grˆace `a l’unicit´e, on peut recoller les solutions en une action locale. Si M est com- pacte, il est clair que la solution existe pour tout t, car on la d´efinit pour t grand par l’´equation g(t, x) =g(t/N)Nx, o`uN est suffisamment grand (N a pu ˆetre choisi grˆace `a la compacit´e de M , de sorte queg(t/N, y) soit d´efini pour tous les y∈M. ).
Montrons maintenant le rapport entre action locale d´efinie par un champ de vecteurs V et d´eriv´ee de Lie. Si g(t) est un groupe `a un param`etre de transformations de M, alors g(t) agit sur C∞(M), Γ(M, T M), A(M). Si ξ est un champ de vecteurs, alors ξ(t) = g(t)ξ est C∞ en t. On peut donc d´efinir dtdg(t)ξ|t=0.
Lemme 3 Soit g(t) un groupe `a un param`etre de transformations de M d´efini par un champ de vecteurs V. Alors pour tout champ ξ ∈ Γ(M, T M), on a
d
dtg(t)ξ|t=0 = [V, ξ].
Pour toute forme diff´erentielle ω ∈ Ak(M), on a d
dtg(t)ω|t=0 =L(V)ω.
D´emonstration.
Siφ est une fonction sur M, alors par d´efinition de g(t), on a d
dt(g(t)φ) = d
dtφ(g(t)−1m) = V(g(t)φ).
SiX est un champ de vecteurs (interpr´et´e comme d´erivation), on a g(t)· X =g(t)Xg(t)−1. Donc
d
dt(g(t)Xg(t)−1)φ|t=0 =V(Xφ)−X(V φ).
Pour toute formeω ∈ Ak(M), on a
(g(t)ω)(ξ1, ξ2, ..., ξk) = g(t)(ω, g(t)−1ξ1∧g(t)−1ξ2∧ · · · ∧g(t)−1ξk).
En d´erivant, on obtient la d´eriv´ee de Lie.
QED
On utilisera la r´eciproque. Soit ω ∈ Ak(M). Soit G un groupe de Lie connexe agissant sur M. Si pour tout X ∈ g, on a L(XM)ω = 0, alors gω =ω pour toutg ∈G.
4 Espace vectoriel symplectique
Si B est une forme bilin´eaire altern´ee sur un espace vectoriel r´eel V, le noyau de B not´e Ker(B) est l’ensemble des v ∈V tels queB(v, w) = 0 pour tout w ∈ V. Une forme bilin´eaire altern´ee B est dite non d´eg´en´er´ee si Ker(B) = 0.
Un espace vectoriel symplectique est un espace vectoriel r´eel muni d’une forme altern´eeBnon d´eg´en´er´ee. AlorsV est de dimension pairen = 2`, et il existe une baseP1, P2, ..., P`, Q1, Q2, ..., Q` telle queB(Pi, Pj) =B(Qi, Qj) = 0 et B(Pi, Qj) = δij.
Il est d’usage de repr´esenter B `a l’aide d’ un produit scalaire ordinaire (,) surV. SiJ est la matrice, dans la baseP1, P2, ..., P`,Q1, Q2, ..., Q` ortho- norm´ee pour (., .), d´efinie par
J =
µ 0 −I I 0
¶ ,
alors B(v, w) = (Jv, w).
Soit Sp(B) le groupe de transformations symplectiques de V : c’est le groupe des transformations lin´eaires deV, conservant la forme bilin´eaire B :
Sp(V) = {g ∈GL(V);B(gv, gw) = B(v, w), pour toutv w∈V}. L’alg`ebre de Lie de Sp(V) est donc
sp(V) = {X ∈End(V);B(Xv, w) +B(v, Xw) = 0 pour toutv w∈V}. Autrement dit, la matrice X est infinit´esimalement symplectique, si et seulement si la forme bilin´eaire (v, w)7→B(Xv, w) est symm´etrique.
On en d´eduit que X s’´ecrit dans la base Pi, Qj sous la forme X =
µ A B C −tA
¶
o`u B etC sont des matrices symm´etriques.
5 Action Hamiltonienne
Dans l’article de Darboux, sur le syst`eme de Pfaff, les coordonn´ees ca- noniques s’appellent p et x. Traditionellement la position est not´ee ( plus tard ? ?) q. Je ne sais pas quand on a choisi q pour la position... )
Hamilton bcp plus tˆot (1828) invente le ”Hamiltonien” ( qu’il n’appelle pas Hamiltonien, mais fonction caract´eristique) ; calcul´ee en fonction de l’action lagrangienne. L’´equation du mouvement est
dqk
dt = ∂H
∂pk
; dpk
dt =−∂H
∂qk
;
Une vari´et´e symplectique (M,Ω) est une vari´et´e munie d’une 2-forme ferm´ee Ω, telle que la restriction Ωm `a chaque espace tangent TmM soit symplectique. En particulier, M est de dimension paire.
On verra leTh´eor`eme de Darboux ( Cours de Toledano) :
Autour de chaque pointm, il existe des fonctions coordonn´eesqk, pktelles que Ω =P`
k=1dpk∧dqk.
Une fonctionH ∈C∞(M) d´efinit alors un champ de vecteursXH surM, par l’´equation dH =ι(XH)Ω. Ceci veut dire que pour tout ξ ∈ Γ(M, T M), on a
ξH = Ω(XH, ξ).
Le fait que Ω soit non d´eg´en´er´ee implique que XH existe et est unique. En coordonn´ees locales qk, pk,
dH =X
k
(∂H
∂qkdqk+ ∂H
∂pkdpk) et
XH =X
k
(−∂H
∂pk
∂
∂qk
+ ∂H
∂qk
∂
∂pk
).
Le groupe (local) `a un param`etre engendr´e par XH est appl´ee le flot hamiltonien de H. C’est le mouvement .
ATTENTION :Notre convention pour le groupe a un param`etres donne bien
dqk
dt = ∂H
∂pk
; dpk
dt =−∂H
∂qk
;
Lemme 4 Le flot Hamiltonien de H ∈C∞(M) pr´eserve H et Ω.
En effet, on a
XH ·H = Ω(XH, XH) = 0 par d´efinition, tandis que
L(XH)Ω =ι(XH)dΩ +dι(XH)Ω ==d2H = 0.
C’est le th´eor`eme de Noether (Emmy). Le flot hamiltonien pr´eserve l’´energie ainsi que la forme symplectique. C’est la base de la construction des struc- tures symplectiques sur les vari´et´es r´eduites.
SiG est un groupe de Lie, le groupe G agit dans son alg`ebre de Lie par l’action adjointe. Soit g∗ l’espace vectoriel dual de g. Alors G agit dans g∗ par l’action contragr´ediente appel´ee action coadjointe : Si g ∈ G, f ∈ g∗ et X ∈g, alors (gf, X) = (f, g−1X).
Sif ∈g∗, l’orbite Gf def par le groupe Gest appel´ee orbite coadjointe.
On verra qu’une orbite coadjointe est munie d’une structure symplectique canonique. ( Toledano, 11 Fevrier).
SoitGun groupe de transformations symplectiques deM. La forme Ω est stable par G. Donc pour tout X ∈g, on aL(XM)Ω = 0. CommedΩ = 0, on a alorsd(ι(XM)Ω) = 0.. La 1-formeι(XM)Ω est donc ferm´ee. Une action sera hamiltonienne, si cette 1-forme est exacte. On veut une condition d’invariance dans le choix d’une primitive. On introduit donc les notations suivantes : Soit
µ:M →g∗
une application commutant `a l’action de G. Pour tout X ∈ g, on note la fonction m→(µ(m), X) par (µ, X). On a alors
g·(µ, X) = (µ, g·X).
Voici enfin la d´efinition d’espace G- hamiltonien (M,Ω, µGM) : La vari´et´e (M,Ω) est une vari´et´e symplectique munie d’une action sym- plectique de G. L’application
µGM :M →g∗
est une application commutant `a l’action deG ( on la noteµsiG etM sont fix´es). On a l’´equation de Hamilton
d(µGM, X) =ι(XM)Ω pour tout X ∈g.
Soit H un sous-groupe de G, on a une application naturelle de g∗ dans h∗. Il est donc clair que siM est un espaceG-hamiltonien, c’est a fortiori un espace H-hamiltonien.
Exemple :
Action deS1 par rotations dansR2 muni de la forme Ω =dx∧dy.
Soit J la matrice antisymm´etrique 2×2 d´efinie par J =
µ 0 −I I 0
¶
Alorsg(θ) = exp(θJ) est donn´e par g(θ) =
µ cos(θ) −sin(θ) sin(θ) cos(θ)
¶ .
Son champ de vecteurs associ´e est
JM =y∂x−x∂y. On consid`ereµ:M →RJ∗ d´efini par
µ(J)(x, y) = 1
2(x2+y2).
On a bien l’´equation
dµ(X) =ι(XM)Ω.
En effet
d(µ(J)) =x dx+y dy.
ι(JM)(dx∧dy) =ι(y∂x−x∂y)(dx∧dy) = x dx+y dy..
L’application moment pour l’action lin´ eaire d’un tore.
16 f´evrier.
6 L’espace vectoriel symplectique
Soit (V, B) l’espace vectoriel symplectique de dimensionn = 2`. Consid´erons la 1-forme ω = 12B(v, dv) sur V et la 2-forme Ω = dω = 12B(dv, dv). Ici dv ∈ A1(V)⊗V et B(dv, dv) est d´efinie par lin´earit´e sur A1(M). Ce n’est pas nul, car les ´el´ements de A1(M) anticommutent. Plus concr`etement : si v = P
xiei, alors dv = P
dxi ⊗ei et B(dv, dv) = P
i,jdxidxjB(ei, ej). Le terme diagonal en (i, i) est nul. On peut donc ´ecrire B(dv, dv) comme
X
i<j
((dxi ∧dxj)B(ei, ej) + (dxj ∧dxi)B(ej, ei)) = 2X
i<j
B(ei, ej)(dxi∧dxj).
On choisit P1, P2, ..., P`, Q1, Q2, ..., Q` une base symplectique de V, avec B(Pi, Qj) = δij. On ´ecrit v = P`
k=1(pkPk+qkQk) la variable dans V. On a donc
ω = 1 2
X` k=1
(pkdqk−qkdpk), Ω = X`
k=1
dpk∧dqk.
Soit Sp(V) le groupe des transformations symplectiques de V. On note s son alg`ebre de Lie. Rappelons que X ∈ s, si et seulement si B(Xv, w) = B(Xw, v) pour tout v, w ∈ V. L’action de Sp(V) sur V est Hamiltonienne.
L’application moment µ:V →s∗ est donn´ee pour v ∈V, par (µ(v), X) = −1
2B(Xv, v) pour X ∈s. En effet, on a
d(1
2B(Xv, v)) = 1
2B(Xdv, v) + 1
2B(Xv, dv) =B(Xv, dv), car X est symplectique. D’autre part,
ι(XM)Ω = 1
2B(−Xv, dv) + 1
2B(dv, Xv) =−B(Xv, dv).
Remarquons que µ:V →s∗ est homog`ene de degr´e 2.
Consid´erons une structure complexe J sur V compatible avec B : c’est-
`a-dire telle que B(Jv, Jw) = B(v, w) pour tout v, w ∈ V. De plus on veut que B(v, Jv) > 0 pour tout v 6= 0 (on peut prendre J(Pk) = Qk, J(Qk) =
−Pk). Soit Q(v, w) = B(v, Jw). C’est un produit scalaire Euclidien sur V. La forme h = (Q−iB) est une forme Hermitienne sur l’espace complexe (V, J). Le groupe unitaire U(V) est un sous groupe maximal de Sp(V). On note u l’alg`ebre de Lie de U(V). C’est l’espace vectoriel des matrices anti- hermitiennes. On peut donc restreindre l’application moment en une appli- cation moment de V dans u∗.
R´eciproquement, si (V, h) est un espace Hermitien de dimension complexe
`, on d´efinit sur V la forme symplectique
B(v, w) = −Im(h)(v, w).
L’application moment µ:V →u∗ est donn´ee par (µ(v), X) = 1
2Im(h)(Xv, v) =−i
2h(Xv, v)
pour toute transformation antihermitienne X de V ( comme X est antiher- mitienne, le nombre h(Xv, v) est purement imaginaire).
6.1 Orbites d’un tore complexe
On consid`ere T un tore. Un tore (de dimension r) est simplement un groupe isomorphe `a un produit S1 ×rf ois ×S1. Son alg`ebre de Lie t est ab´elienne. Elle est munie d’un r´eseau
Γ ={γ ∈t,exp 2πγ = 1}.
Un caract`ere d’un groupe G est un homomorphisme multiplicatif de G dansC∗(Attention, le mot caract`ere d´esigne aussi la trace d’une repr´esentation, mais dans ce cours ce sera plutˆot des homomorphismes) . Un caract`ere d’un tore est `a valeurs dans |z| = 1, car T est compact. Si T = R/2πZ, les ca- ract`eres χn sont index´es par tous les entiers n∈Z, avec χn(θ) = einθ.
On note
P ={λ∈t∗,(λ,Γ)jZ}.
Siλ∈P, on note eiλ le caract`ere de T, tel queeiλ(expX) =e(iλ,X) pour X ∈t. C’est bien une fonction sur T, car, siγ ∈Γ, eiλ(exp 2πγ) =e2iπ(λ,γ)= 1, ce qui est heureux puisque exp 2πγ= 1.
L’ensemble des caract`eres d’un tore est ainsi param´etr´e par P.
On consid`ere l’ action d’un toreT dans un espace vectoriel complexeV de dimension (complexe) N avec poids α1, α2, ..., αN de t∗. Soit ek une base de V, telle que l’ action deT surV soit repr´esent´ee par des matrices diagonales.
On identifie donc V `a CN. L’action de T sur V est donn´ee par (expX)(z1, z2, ..., zN) = (ei(α1,X)z1, ei(α2,X)z2, ..., ei(αN,X)zN) pour X ∈t.
On ´etend cette action `a TC. Si Z = X +iY ∈ tC, on pose (αk, Z) = (αk, X) +i(αk, Y)∈C. On a alors
(expZ)(z1, z2, ..., zN) = (ei(α1,Z)z1, ei(α2,Z)z2, ..., ei(αN,Z)zN).
D´efinition 5 Soit v = PN
k=1zkek. On note Supp(v) la suite des ´el´ements αk de t∗ tels que zk 6= 0. Cette suite, `a l’ordre pr`es, est ind´ependante de la base (ek) de V diagonalisant l’action de T.
Si ∆ est un ensemble fini d’´el´ements de t∗, on d´efinit les cˆones C(∆) et C0(∆) dans t∗ par :
C(∆) ={λ=X
α∈∆
tαα;tα ≥0}, C0(∆) ={λ=X
α∈∆
tαα;tα >0}.
Lemme 6 Supposons que les ´el´ements α ∈ ∆ engendrent t∗. Alors le cˆone C0(∆) est l’int´erieur du cˆone C(∆).
En g´en´eral, le cˆone C0(∆) est l’int´erieur relatif de C(∆) dans l’espace vectoriel P
Rαk engendr´e par C(∆).
En effet, il est clair queC0(∆) est ouvert et que C(∆) est ferm´e. Siy est dans C(∆), on a y=P
tjαj avecαj ∈∆ et tj ≥0. Si x est dans l’int´erieur deC(∆), alorsy=x−P
α∈∆tααest encore dansC(∆) pourα ∈∆ ettα >0 petits. Alors x=y+P
α∈∆tαα est dansC0(∆).
AttentionLes ´el´ementsαk ne sont pas lin´eairement ind´ependants. Il est compliqu´e de d´ecrire exactement les arˆetes du cˆone polyh´edralC(∆) et donc de d´ecider lesquels des vecteurs αk sont extrˆemaux, ou au contraire contenus dans l’int´erieur de C(∆).
Exemple 1. Soit t =RJ1⊕RJ2. Soit J1 et J2 la base duale. Soit α1 = J1, α2 =J2, α3 =−(J1+J2). On a C0(∆) =C(∆) =t∗.
Exemple 2. Si β1 =J1, β2 =J2, β3 = (J1+J2), on a C(∆) = R+J1⊕ R+J2. Le vecteur β3 est dansC0(∆), car il s’´ecrit 12(β1+β2+β3).Par contre β1 et β2 ne sont pas dans C0(∆).
Lemme 7 On a 0∈C0(∆) si et seulement si C(∆) =C0(∆) =P
kRαk. Consid´erons le cˆone convexe ferm´e C(∆). Comme vu plus haut, c’est compliqu´e de savoir quels sont les ´el´ements extr´emaux de C(∆).
Soit ξ ∈ t. On appelle face f de C(∆), un sous ensemble de la forme C(∆)∩(ξ = 0), o`u ξ est tel que ξ(C(∆))jR+.
Par exemple {0} est une face. Mais aussi C(∆) lui-mˆeme sera consid´er´e comme une face... Bref, vous voyez quand mˆeme ce qu’on entend par face.
La dimension de f est la dimension de l’espace affine engendr´e. On dira facette pour une face de codimension 1. On note f0 l’int´erieur relatif de f. L’int´erieur relatif de 0 est zero. Oui !
On va caract´eriser les orbites ferm´ees deTCdansV `a l’aide du cˆoneC0(∆).
Puis, on va chercher `a param´etrer l’ensemble des orbites ferm´ees de TC dans V. On ´etudie ce probl`eme de g´eom´etrie complexe `a l’aide de l’application moment du sous-groupe compact maximum T de TC.
Consid´erons l’exemple 1). Soit T =S1×S1 agissant dans C3 avec poids α1, α2, α3. Soit z = z1e1 +z2e2 +z3e3 avec z1, z2, z3 6= 0. Alors z est d’or- bite ferm´ee sous TC. En effet, comme (expZ)z =z1ei(α1,Z)e1 +z2ei(α2,Z)e2+ z3ei(α3,Z)e3 et que α1+α2+α3 = 0, on voit que l’ orbite dez est l’ensemble des points u1e1+u2e2+u3e3 tels que u1u2u3 =z1z2z3.
Consid´erons l’exemple 2). Soit T =S1×S1 agissant dans C3 avec poids β1, β2, β3. Alors, aucune orbite n’est ferm´ee `a part 0.
Soit donc TC un tore complexe agissant dans un espace vectoriel com- plexe, par une action holomorphe. On choisit un produit hermitien sur V
de telle sorte que T agisse unitairement dans V. On peut alors choisir une base orthonormale ek deV telle queT agisse diagonalement dans cette base orthonormale par
(expX)(
XN k=1
zkek) = XN k=1
ei(αk,X)zkek,
si X ∈t. L’´el´ementX ∈t agit donc par X(
XN k=1
zkek) = XN k=1
i(αk, X)zkek.
On note< ., . >le produit hermitien. On a donc une application moment µ:V →t∗. Elle est donn´ee par (µ(v), X) =−2i <P
ki(αk, X)zkek,P
kzkek >.
On a donc (µ(v), X) = 12P
k(αk, X)|zk|2. L’application moment µ: V → t∗ est donc
µ(X
zkek) = 1 2
X
k
|zk|2αk.
Th´eor`eme 8 (Kac-Peterson). Consid´erons l’orbite OC(v) de v par le tore TC. Alors l’ image de OC(v) par l’application moment µ:V →t∗ est le cˆone C0(Supp(v)). De plus, l’application µ est un hom´eomorphisme de OC(v)/T sur C0(Supp(v)).
D´emonstration. Soit v =P
kzkek. Un point pdans OC(v) est de la forme p=X
k
ei(αk,X)e−(αk,Y)zkek
avecX, Y ∈t. Il a mˆeme support quev. Pour simplifier les notations dans la d´emonstration, on peut donc supposer que tous les zk sont non nuls et que les ´el´ements αk engendrent t∗.
On a
µ(p) = 1 2
X
k
e−2(αk,Y)|zk|2αk.
et donc µ(p) est dansC0(∆).Le th´eor`eme d´ecoule de la proposition suivante.
Proposition 9 Soit∆ ={α1, ..., αN}une suite d’´el´ements det∗( les ´el´ements αk ne sont pas n´ecessairement dans P dans cette proposition ). Supposons
que les ´el´ements αk engendrent l’espace vectoriel t∗. Soient ck des constantes strictement positives. Soit H :t→t∗ l’application
H(Y) = XN k=1
e(αk,Y)ckαk.
AlorsH est un hom´eomorphisme de t sur C0(∆).
D´emonstration. On calcule la diff´erentielle de H en Y ∈ t : c’est l’application lin´eaire de t dans t∗ donn´ee par :
dHY(W) = XN k=1
cke(αk,Y)(αk, W)αk Cette application est injective, car
(dHY(W), W) = XN
k=1
cke(αk,Y)(αk, W)2
n’est jamais 0, si W n’est pas z´ero : les ´el´ements αk engendrent t∗.
Prouvons queH est injective. SoientY1 etY2 tels queH(Y1) =H(Y2). On consid`ere la fonctionφ(t) = (H(Y1+t(Y2−Y1)),(Y2−Y1)). Alorsφ(0) =φ(1).
Mais φ0(t) = P
kcke(αk,Y1+t(Y2−Y1))(αk,(Y2−Y1))2 est strictement positive en tout point t si (Y1 −Y2)6= 0. On obtient que n´ecessairement Y1 =Y2. Donc H est un diff´eomorphisme det sur son image.
Nous voulons montrer que cette image est le cˆone C0(∆). Soit ξ = PN
k=1ξkαk, avec ξk > 0. Montrons qu’il existe Y ∈ t, avec H(Y) = ξ. On consid`ere la fonction φ:t→Rdonn´ee par
φ(Y) = XN
k=1
cke(αk,Y)−(ξ, Y).
S’il existe un point critique Y0 ∈t pour φ, alors H(Y0) = ξ. En effet, le fait que la diff´erentielle de φ en Y0 vaut 0 s’´ecrit P
kcke(αk,Y0)αk =ξ.
Montrons queφ est born´ee inf´erieurement et atteint son minimum en un point Y0 ( forc´ement critique). On a
φ(Y) = XN k=1
(cke(αk,Y)−ξk(αk, Y)).
Consid´erons la function φk(Y) = cke(αk,Y) − ξk(αk, Y). En ´etudiant la fonction y 7→ ckey −ξky, on voit que φk(Y) est born´ee inf´erieurement (par mk = ξk −ξk(Log(ξk/ck))). En effet, comme ck > 0 et ξk > 0, si y tend vers ±∞, la fonction ckey−ξky tend to +∞. Donc la fonction P
kφk(Y) est born´ee inf´erieurement par m =P
kmk .
De plus comme chacune des fonctions composantes φk(Y) tend vers +∞ lorsque | < αk, Y > | devient grand, c’est clair que la fonction atteint son minimum. En effet, si |Y| devient plus grand que M, au moins un des | <
αk, Y >|devient grand et la fonction φ restera grande. (plus pr´ecis´ement, si a est le minimum de φ(X)−m, on peut choisirM tel que si ||X||> M, une des coordonn´ees (αk, X) est grande, de telle sorte que (φk(X)−mk)> a+ 1.
On aura alorsP
jφj(X) =P
j(φj(X)−mj) +m≥(m+a+ 1). Le minimum (m+a) est donc atteint sur l’ensemble compact ||X|| ≤M. )
QED QED
Soit v ∈V. Le stabilisateur infinitesimal t(v) de v dans T est l’ensemble des Y ∈t tel que αk(Y) = 0 pour tous les αk ∈Supp(v). L’espace vectoriel dual de t/t(v) s’identifie naturellement `a l’espace vectoriel engendr´e par les αk du support de v.
On note simplement pour la suite le corollaire suivant du th´eor`eme pr´ec´edent.
Corollaire 10 Soit w ∈ TCv. Supposons que µ(w) ∈ C0(Supp(v)). Alors w∈TCv.
D´emonstration. Soit t1(v) un supplementaire de t(v) dans t(v). L’ap- plicationY →µ(exp(iY)v) est un diff´eomorphisme det1(v) surC0(Supp(v)).
On ´ecrit w = limNvN, avec vN = exp(iYN)tNv. Comme T est compact, on peut supposer (en prenant ´eventuellement une sous-suite) que lestN tendent vers une limite t. En changeant w en t−1w, on peut supposer w =limNvN, avec vN = exp(iYN)v, et en projetant les YN sur t1(v), on peut supposer les YN dans t1(v). Comme µ(w) ∈ C0(Supp(v)) par hypoth`ese, on peut ´ecrire µ(w) =µ((expiY)v) avecY ∈t1(v). La proposition (9) montre que la suite YN tend vers Y, puisque la suite µ((expiYN)v) tend vers µ((expiY)v).
QED
Nous ´etudions maintenant l’image de l’adh´erence de OC(v) sous l’appli- cation moment.
Soit v = P
kzkek. Soit f une face de C(∆), on note vf = P
k,αk∈f zkek. Pour chaque face f deC(∆), on note Of l’orbite par TC de vf. On note f0
l’int´erieur relatif de f. On note F l’ensemble des faces de C(∆).
Proposition 11 Soit v ∈V, et soit ∆ =Supp(v). Alors 1) OC(v) =∪f∈FOf.
2) L’ image de Of par µest le cˆone f0.
D´emonstration. Sif est une face de ∆, il existeY ∈ttel que (αk, Y)>
0 pour tous lesαk qui ne sont pas dansf, et (αk, Y) = 0 pourαk∈F. Donc la limite, lorsque t tend vers l’ infini, de exp(itY)v =P
ke−t(αk,Y)zkek existe et est vf.
Soit maintenant w ∈ TCv. Supposons que µ(w)∈ f0. Montrons qu’alors w est dans TCvf. Il suffit de montrer que w est dans TCvf, car on appliquera la Proposition (10). On a v =P
kzkek . Soit vN = (expiYN)(tN·v) une suite de points convergeant vers w, iciYN ∈t et tN ∈ T. Comme pr´ec´edemment, on peut supposer tN = 1, quitte `a passer `a une sous-suite et modifier w en tw.
On ´ecritvN =vN(f)+vN0 avecvN(f) =P
k,αk∈fe−<αk,YN>zkek. On avN0 = P
j,αj∈f/ e−<αj,YN>zjej. Soitξ un ´el´ement de ttel que < αk, ξ >= 0 si αk ∈f et < αj, ξ >> 0 si αj ∈/ f. Alors < µ(wN), ξ >= P
j,αj∈f/ e−<αj,YN>|zj|2 <
αj, ξ > converge vers 0, puisque µ(w) ∈ f0. On voit donc que chaque e−<αj,YN> converge vers 0 , lorsque αj n’est pas dansf.
En projetant sur P
k,αk∈fCek, on voit donc que w est dans l’adh´erence de TCvf.
. QED
Le corollaire des lemmes (7) et (11) est donc le suivant.
Corollaire 12 Un pointv ∈V est tel que OC(v)est ferm´ee, si et seulement si 0∈C0(Supp(v)).
Voici donc la param´etrisation attendue des orbites ferm´ees par TC dans V.
Proposition 13 Soit TC un tore complexe. Alors toute orbite ferm´ee sous TC intersecte µ−1(0). Reciproquement, l’orbite d’un ´el´ement v ∈ µ−1(0) est ferm´ee. De plus deux ´el´ements v1 et v2 de µ−1(0) conjugu´es par TC sont conjugu´es par T.
Ceci d´ecoule des remarques pr´ec´edentes.
Lemme 14 (cas particulier de Hilbert-Mumford). Supposons 0 ∈ TCv. Il existe Y ∈t tel que
0 = lim
t→∞exp(itY)v.
D´emonstration. On peut supposer v = P
kzkek avec zk 6= 0 pour tout k. L’hypoth`ese que 0 ∈ TCv entraine que le cone C(∆) est convexe saillant. En effet sinon, il existerait une relation lin´eaire `a coefficients positifs entre certains des αk : P
k∈Ktkαk = 0. Comme les αk sont des ´el´ements d’un r´eseau, on voit qu’on peut supposer qu’il existe une relation P
knkαk avec des nk entiers positifs. Si z = (z1, z2,· · · , zN) varie dans l’orbite de v, les coordonn´eeszksont multipli´ees par les constantesei(αk,Z). DoncQ
k∈Kzknk reste ´egal `a une constante non nulle. En particulier elles restent non nulles sur l’adh´erence. L’adh´erenceTCvne peut donc contenir le point 0 de coordonn´ees toutes ´egales `a 0.
Le cˆoneC(∆) est donc un cˆone saillant. Il existeY ∈ttel que (αk, Y)>0 pour tout αk. On a alors (expitY)v = P
kzke−t(αk,Y)vk et ceci tend vers 0 lorsque t tend vers l’infini.
QED
Plus g´en´eralement, on a le crit`ere suivant.
Lemme 15 Soit y un point de TCv. Alors il existe Y ∈t et g ∈TC tels que y= limt→∞exp(itY)gv.
D´emonstration.
Soitv =P
kzkekaveczk6= 0 pour toutket soity=P
j∈Jyjej avecyj 6= 0 pourj ∈J. Regardons l’action de TC dans l’espace vectorielP
j∈JCej. Alors µ(y) est dans C0(αj) et est dans l’adh´erence de l’orbite dev1 =P
j∈Jzjej. On peut donc supposer qu’ il existe g ∈ TC avec gv1 = y. On a gv = y+P
k /∈Jzk0ek, et les zk0 sont aussi non nuls.
On a µ(y) = P
j∈J|yj|2αj. Comme y n’est pas dans TCv, µ(y) est dans le bord de C(∆). Il existe donc Y ∈t tel que (αj, Y) = 0 pour tout αj ∈ J tandis que (αk, Y)> 0 pourk /∈J. On voit alors que (expitY)gv tend vers y lorsque t tend vers l’infini.
QED
Soit M un sous-ensemble irr´eductible de V d´efini par des ´equations po- lynomiales :
M ={z ∈V;Pk(z) = 0}.
Si M est stable par l’action de T sur V, alors M est stable par l’action de TC.
Soit
Supp(M) =∪v∈MSupp(v).
Proposition 16 Soit M une sous-vari´et´e irr´eductible de V stable par T. Alors l’ image de M par µ : M → t∗ est le cˆone convexe polyh´edral ferm´e engendr´e par Supp(M).
D´emonstration.
Soit ∆ l’ensemble des poids de T dans V. Il suffit de montrer que l’en- semble finiF form´e des sous-ensembles de ∆ de la formeSupp(v), v ∈M ad- met un ´el´ement maximal. SiS est un sous ensemble de ∆, on d´efinit l’ouvert U(S) ={z ∈M, zk6= 0, αk ∈S}. Siv ∈M, l’ ouvert U(Supp(v)) contient v et est donc non vide. Comme la vari´et´e est irr´eductible, un nombre fini d’ ou- verts de Zariski non vides se rencontrent. On a donc un pointw∈ ∩S∈FU(S).
Le support de w est donc ´egal au support de M. Donc µ(M) = ∪v∈Mµ(TCv) = C(Supp(M)).
QED
Fibr´ es principaux. R´ eduction symplectique.
23 f´evrier.
7 Fibrations
D´efinition 17 Soit π :E → M une application diff´erentiable d’une vari´et´e E dans une vari´et´e M. On dit que (E, π) est une fibration de E sur M avec fibre type E, s’il existe un recouvrement de M par des ouverts Ui et des diff´eomorphismes φi : π−1(Ui) → Ui ×E, tels que π : π−1(Ui) → Ui soit la composition de φi avec la projection sur le premier facteur Ui dans Ui×E.
L’espace E est appel´e l’espace total de la fibration et M la base.
On voit donc queπ−1(x) est diff´eomorphique `a E pour toutx ∈M; On appelle E “la” fibre deE.
Une application φ :M →N est propre, si l’image r´eciproque d’un com- pact est compacte. Une fibration π :E →M est propre si et seulement si la fibre E est compacte.
Consid´erons le diff´eomorphisme φj ◦φ−1i de (Ui ∩Uj)×E d´ecoulant de la d´efinition de fibration. C’est une application de Ui∩Uj dans le groupe de diff´eomorphismes Diff (E) de la fibre E.
D´efinition 18 Une fibration π : E → M est dite un fibr´e vectoriel si la fibre est un espace vectoriel E, et si les diff´eomorphismes φi sont choisis tels que φj ◦φ−1i :{x} ×E → {x} ×E sont des applications lin´eaires inversibles de E pour tout x∈Ui∩Uj.
Une section s d’un fibr´e E sur M est une application s : M → E telle queπs(x) = xfor allx∈M. SiE est un fibr´e vectoriel, l’espace Γ(M,E) des sections (C∞) est un espace vectoriel : les sections s’additionnent. La section nulle envoie M comme un sous ensemble de E.
Question :Comment reconnait-on qu’une vari´et´e V a la structure d’un fibr´e vectoriel sur une sous-vari´et´e ferm´ee M. Au moins il doit y avoir la courbe (x, v(t)) = (x, tv), qui envoie tout point (x, v) deV sur le point (x,0) de M. Donc au moins, on doit pouvoir r´etracterV sur M.
Soitφ :M →N une applicationC∞. On dit queaest une valeur r´eguli`ere de φ, si la diff´erentielle de φ est surjective de TmM dans TaN pour tout m dans φ−1(a). Alorsφ−1(a) est une sous-vari´et´e ferm´ee deM. Siφ est propre, le th´eor`eme des fonctions implicites implique qu’il existe un voisinageU dea dansN, tel queφ−1(U) soit isomorphe `aφ−1(a)×U, l’applicationφdevenant la seconde projection. Donc φ−1(U) est fibr´e sur U de fibre type φ−1(a).
8 Retour sur actions ` a gauche, ` a droite, et crochet d’ alg` ebres de Lie
Une action `a gauche d’un groupe Gsur un ensemble M est : pour tout a ∈ G, on a une application ρ(a) : M → M telle que ρ(a)ρ(b) = ρ(ab) et ρ(1) =IdM. Sia∈Getm∈M, on notea·m =ρ(a)(m).On note aussi ceci amet il n’y a pas d’ambiguit´e dans la notation abm qui peut ˆetre interpr´et´e comme a(bm) ou (ab)m.
Une action `a droite d’un groupe G sur un ensemble M est : pour tout a ∈ G, on a une application r(a) : M → M telle que r(a)r(b) = r(ba) et r(1) = IdM. Si a ∈ G et m ∈ M, on note r(a)m = ma. Il n’y a pas d’ambiguit´e dans la notation mab qui peut ˆetre interpr´et´e comme (ma)b ou m(ab).
Si a →ρ(a) est une action `a gauche sur M, alors r(a) = ρ(a−1) est une action `a droite sur M.
Par d´efinition, comme espace vectoriel, l’alg`ebre de Lie d’un groupe de Lie est l’espace tangent `a l’unit´e. D’autre part, la courbe exp(tX) est l’unique groupe `a un param`etre tangent `a X eng = 1. Quelle est la loi de crochet sur g? ? ? Tout d’abord si G est le groupe GL(V) des transformations lin´eaires d’un espace vectoriel r´eel, l’alg`ebre de Lie g est l’espace vectoriel End(V).
Elle est donc munie d’un crochet
[A, B] =AB−BA.
Au membre de droite, on utilise la structure de produit de matrices. Il est donc naturel de chercher une d´efinition du crochet pour l’espace tangent `a un groupe, qui g´en´eralise cette d´efinition. Voici la d´efinition : On identifie l’alg`ebre de Lie g`a l’alg`ebre de Lie des champs sur Ginvariants `a gauche. Si X ∈g, le champ v(X) (invariant `a gauche) est donc d´efini par
(v(X)φ)m = d
dtφ(mexptX).
Le crochet de deux champs invariants `a gauche est encore invariant `a gauche.
On d´efinit donc [X, Y] comme l’´el´ement de g tel que [v(X), v(Y)] =v([X, Y]).
Ceci nous permet donc de d´efinir une loi d’alg`ebre de Lie sur g.
V´erifions que c’est bien la loi usuelle dans le cas de GL(V).
Si A est une matrice, la courbe exptA est l’exponentielle naturelle des matrices
exptA=I+tA+ t2
2!A2+ t3
3!A3+· · · ....
Elle d´efinit un champ surGpar action `a droite ou `a gauche. On peut donc d´efinir deux champs c(A), avecc(A)B vecteur tangent `a la courbe (exptA)B en t = 0 et un champ v(A) avec v(A)B tangent `a la courbe B(exptA) en t = 0.
Attention
Le champ c(A) tangent `a l’action `a gauche est invariant `a droite ( les actions gauches et droites commutent). Le champ v(A) est le champ invariant `a gauche.
Lemme 19 Soient A et B des matrices. On a [c(A), c(B)] = −c([A, B]),
[v(A), v(B)] =v([A, B]).
D´emonstration.
Pour d´emontrer l’´egalit´e des deux membres, comme ce sont des d´erivations de l’alg`ebre des fonctions sur End(V), il suffit de montrer l’identit´e en ques- tion sur les fonctions lin´eaires ξ sur End(V). Alors pour U ∈g
(c(A)ξ)(U) = d
d²(ξ,(exp²A)U)|²=0
est encore une fonction lin´eaire. C’est la fonction d´efinie par (c(A)ξ)(U) = ξ(AU). On voit alors que
(c(A)c(B)−c(B)c(A))ξ)(U) = (c(B)ξ)(AU)−(c(A)ξ)(BU)
=ξ(BAU)−ξ(ABU) = −(c([A, B])ξ)(U).
De mˆeme pour les autres ´egalit´es.
QED
De mˆeme , le groupe GL(V) agit sur V par transformations lin´eaires g·v =gv. On v´erifie par le mˆeme calcul que le champ de vecteurs
(cV(A)φ)(v) = d
d²φ(exp(²A)v)|²=0 v´erifie
[cV(A), cV(B)] = −cV([A, B])
o`u `a gauche c’est le crochet de champs de vecteurs, et `a droite c’est le crochet (AB−BA) des matrices.
D’ou la d´efinition, qui n’avait pas l’air ”naturelle”, mais qui en fait l’est : le champ de vecteurs AV associ´e au groupe `a un param`etre g(t) = exp(tA) de transformations (lin´eaires) sur V est la d´erivation
(AVφ)(v) = d
dtφ((exp−tA)v)|t=0. On a alors
[AV, BV] = [A, B]V.
Maintenant, siGest un groupe de Lie, on d´efinit l’action adjointe Ad(g) deGsur g, comme la lin´earisation en 1 de l’action de l’action deAd(g)(x) = gxg−1 . On a alors
d
dtAd(exptX))·Y|t=0 = [X, Y].
C’est vrai dans les matrices, car :
Ad(exptX)·Y = exp(tX)Y(exp−tX) =Y +t[X, Y] +· · · ....
On suppose queGagit sur une vari´et´eM. SiX ∈g, on noteXM le champ de vecteurs sur M tel que (XM)m soit tangent en m ∈ M `a la trajectoire exp(−θX)m de m sous l’action du groupe de transformations exp(θX).
On a bien le : Premier th´eor`eme fondamental de Lie
L’applicationX →XM est un homomorphisme de l’alg`ebre de Liegdans l’alg`ebre de Lie Γ(M, T M) :
[XM, YM] = [X, Y]M.
En effet, on a vu ( cours du 9 fevrier) que exp(tX) v´erifie d
dt(exptX)ξ(exp−tX)|t=0 = [XM, ξ]
pour tout champ de vecteurs ξ. On a donc d
dt(exptX)YM(exp−tX)|t=0 = [XM, YM]
pourXetY dansg. Ceci est en interpr´etant un champ de vecteurs comme une d´erivation et en d´erivantg(t)ξg(t)−1. Mais sigest un diff´eomoprphisme deM, etξest un champ de vecteurs, on peut aussi calculerg·ξpar (g·ξ)m =g(ξg−1m) et ceci se calcule en calculant l’ action degsur une courbec(²) telle quec(0) = g−1m et tangente `a ξg−1m. Pour calculer le membre de gauche de l’´egalit´e ci- dessus, qui est (exptX)·YM on choisit c(²) = exp(−²Y)(exp−tX)m. Alors
g(t)c(²) = (exptX) exp(−²Y)(exp−tX)m= exp(−²Ad(exptX)Y)·m.
C’est le champ associ´e (Ad(exptX)Y)M au vecteur Ad(exptX)Y de g.
En d´erivant par rapport `at, on a bien la relation voulue, avec les bons signes.
9 Actions libres
Soit G un groupe de Lie d’alg`ebre de Lie g. On suppose que G agit sur une vari´et´eM.