, >
'INFLUENCE DE LA DIRECTION DU MOUVEMÉNT ACTIF
R_F. Paoletti / " tl~ .1 • -... 1
..
Effect of the direction of active movement on time estimation. R.F. Pao1etti, M.A., Facultyof Education, ~cGill University.
The effect of the path of active limb movement on time estimation using the method of reproduction was studied with 20 university students. Sounds of 4, 6, 8 and 10 seconds duration were reproduced under six con-ditions. The first condition was reproduction based on hearing alone: The five other conditions, reAuired an arm displacement fo1lowing linear, sinusoidal, or irregular paths. At the end of the experiment the subjects
t:' '
were required to describe the cues they used in each condition. Compari-son of the results under aIl conditions shows that:
(1) Linear and sinusoidal displacements significantly improved
.
estimation of short durations. The irregular pa th conditio? was signifi-cantly less accurate than the condition without movement, based on.hearing alone.
..
(2) Linear and sinusoidal displacements produced 'two types of kinesthetic cues used in reproducing ~uration: estimation of angular
.t",t- _
displacement, and counting the periodical changes in movement direction associated with the motor rhythm. A -compa!i~?n between the conditions which
, permit estimation of a~gular, displacement and those which emphasize counting perioàical changes in movement direction demonstrates that angular
displa-
,..-cement eues are more precise but movement change eues are less variable in the reproduction of short durations.
<
,"
,_..rt
•
.'
-
UNIVERSITE
Montréal MCGILLINFLUENCE DE 'LA DIRECTION ( DU MOUVEMENT ACrIF ( S'- L'ESTIMATION DU TEMPS ,~ , \ ,', ~nê F. Paolettl Th~se soumitle à la
Faculté des Etudés graduées et de Recherche en réponse aux exigences du programme de
MAITRISE ES ARTS Juillet 1973 1
..
"'(' ~©
Ren~ F.Paole!ti
. 1974..
REMERe IEMENT S
L'auteur tient à exprimer sa plus vive ~econnaissance au Professeur Don Donderi et au Professeur Graham Neil pour leur aide inappréciabl~ et leurs précieux conseils qui ont permis de mener à bien cette étude.
Les remerciements de l'auteur vont également à Mlle Laurel Ward pour son aide dans le traitement
statis-~
tique des données, à Guy Delforge pour son importante
contribution dans la mis~ au point du dispositif instrumental de l'expérience, et aux étudiants de l'Université du Québec à Montréal qui ont bien voulu participer à l'expérience.
Juillet 1973
R.F.P.
11
Il
IŒSUME
L'influence de la trajectoire du déplacement segmentaire actif sur l'estimation de la durée a été étudiée sur 20 étudiants d'université par la méthode de reproduction. Six, conditions furent proposées dans la tâche
("
de reproduction de sons de 4, 6:, 8 et 10 secondes. La première condition consistait en une reproduction fondée sur l'audition seule, les cinq autres imposaient des déplaceménts du bras suivant des trajectoires linéaires,
1
sinuso!dales et aléatoire. 'Les sujets devaient décrire, en fin d'expérience, les indices utilisés sous chaque condition. La comparaison des résultats sous toutes les conditidns montre que:
(1) Les déplacement~ linéaires et sinuso!daux ~méliorent signifi-cativement l'appréciation de durées courtes. Le déplacement aléatoire se révèle significativement plus imprécis que l'absence de mouvement.
(2) Les déplacements ~inéaires et sinusoYdaux donnent naissance à
1
deux catégori~$ d'indices kinesthésiques utilisés dans la reproduction de durées, soit, respectivement, les indices de déplacement angulaire, et les indices de comptage des changements r~ssentis associés au rythme mote9r
créé. 'La comparalson de l'influence de ces deux types d'indices, chacun au sein du déplacement où il se manifeste, montre que les indices de déplacement angulaire permettent des estimations temporelles significa-tivement plus précises mais moins homogènes que ceux du comptage des changements et du rythme moteur.
iii
l'
,
..
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS .
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,.... .
RESUME D'AUTEUR.
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TABLE DES MATIERES ..
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LISTE DES TABLEAUX ••..•.•.•.•••.•
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LISTE DES FIGURES .•••.•.••••.•.••••...••...•••....•..
PAGE i i Hi iv vii viii
LISTE DES ANNEXES. . . . .• . • . • . . • . • • • . . .• . . . .. . . • . • . . •. •• • • . . . • . .. . •. . viii
CHAPITRE 1. INTRODUCTION .••..•••••....••.•....••.•.. • • • • • • • • • •.. J • • 1 Princ ipes de base .•••...••••...•.
. ... .
2Buts de l'étude.
...
4Hypothèses ..
.
...
... .
4Définitions ..••••
. .
. . . .
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5Limites et délimitation de l'étude •.•••.••••... 6
II. REVUE DE LA LITTERATURE •••..•.••....••...••.• 7
0 Durée ...•..•...•...•...••.. 1; • • • • • ~ 7 Problématique de l'appréciation de la durée. 7 Méthodes d'expérimentation •••.
...
10Facteurs de vtriations.
. ...
.-.
~'14iv
(-III.
PAGE
Ki.nes thésie . . . '\ . . . 1. • • • • • • • • • • • • • 22
Mise en évidence de l'influence de la kinesthésie
dans la perception du temps... 25 Indices kinesthésiques d'intensité •••.•.•...•..•.••• 27 Indices kinesthésiques de vitesse .•...•••.•.••••••.• 30 La notion de rythme moteur. •.••.•.. .. ••.•.•. .• •... .• 34
PROCESSU S FXPERll1ENTAL... 40 l,.
Suj e ts.. . . . . . . . . . . .. .. .. .. .. .. .. .. . .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 40 Etude-pilote. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .... .. .. .. .. .... .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .... 40
Méthode d'appréciation du temps utilisée •.•.•.•.••...• 41 Disposi tif instrumental ..•.•. " •.... '. . . • . . • •• . •• • • • . . . . • 41
Aâ
.
.
Système instrumental de production et de
présentation des durées-standard... 41 Système instrumental d'enregistrement des durées
reproduites et de contrôle de l'activité motrice
"
d' accom.pagnemen t ... . 1 .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .... 42 Conditions expérimentales... 44 Conditions de reproduction... 45 Durées-standard. .. .. .. .. .... .. .. .... .. .. .. .... .. .. .. .. .. .. .. .. .. .... .... .. .. .. .. .. .. .. .. 46 Essais. . . • . . . • . . . • . . . . • • . • • . . . • . . • . . . • 46.
Procédure d'expérimentation. . • . • . • . . . . • • . • •. • . • • . • . . . . 48 Condition de reproduction sans déplacement ••••.•••.. 48 Conditions de rèproduction avec déplacement .•••.•••• 49Interview des sujets ... ,... 52
Collecte des données... 52
Traitement des données... 53
PAGE IV. RESULTATS ..••..•...••...•••...•...•.... I l ' • • • • • • • • • 55 Conditions de reproduction ....•..•.••••..••. .,... 56 Moyennes •.•....••.••••••••.•.•.•••.•.•.•. f' • • ' • • • ' . ' • • • 56 Ecarts-types ...•.••.•.•....
51
Durées-standard. . • . . • . . . . . . 58 Essais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Résultats de l'interview ....•...•...••...•.•.. 61V. ANALYSE DES RESULTATS ...•.•...•...•. 64
Reproduction sans déplacement vs reproduction avec ~ .. ) , f deplacement (Hypothese 1 ...•... Comparaison des reproductions des durées dans les • différentes activités motrices (Hypothèse 2) ..•... Sous-hypothèse A ••••••••••••••••••••••••••••••••••••
,
Sous-hypothèse B •••••••••••••••••••••••••••••••••••• Sous-hypothèsec ... .
" Sous-hypothèse D •••••••••••••••••••••••••••••••••••• 64 66 66 6911
73 VI. RESUME CONCLUSIONS RECOMMANDATIONS ...•...••.. ; ..•. 74Résultats... 76 ;
Conclusions. . . . . . • • . • • 78
Reconunandations.. .. .... ... . ... .. ... . . . 79
LISTE DES REFERENCES... 81
ANNEX.ES. . . • . . • • • . . . • • • • . . • . . • • • • . • • . • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 85
TABLEAU
If 1.
II.
-LISTE DES TABLEAUX
PAGE
Analyse de variance 3 x 3 des conditions de
reproduction, des durées-standard et des essais ••..•• 55 Moyennes des erreurs de reproduction de chacune
des six conditions de reproduction ...•....•.•••••..•• 56
..
III.
Test de signification de Newman-Keuls des moyennespairées.pour les conditions de reproduction •••.••..•. 57
IV. Ecarts-types des résultats obtenus dans les
- .t conditions de reproduction ..••...•.•.••.•.•.•.•••...• 58
V. Moyennes d'erreur de reproduction et écarts-types'
obtenus sous chacune des durées-standard ..•.•••••...• 59
VI. Test de signification de Newman-Keuls des moyennes
VII.
VIII.
lX.
pairées pour les durées-s tandard ... ,' ... 59
,
Moyennes d'erreur de reproduction et écarts-types ,
des résultats obtenus sous chacun des trois essais .•. 6l Réponses des sujets relativement aux indices utilisés dans chacune des conditions de reproduction ••• ~ •••••• 62 Classement des conditions de repr6duction par les
sujets, de la plus facile à la plus difficile •••••••• 63
vii
LISTE DES FIGURES
FIGURE
PAGE
Schéma du dispositif instrumental
de l'expérience •••••••••••••.••••••.•.••••..•.•• 43'
II. Trajectoires des cinq conditions de ' .. reproduction avec déplacement .•••••.•.••••..•••• 47
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE
1. Texte des instructions de la procédure expérimentale, enregistréeà sur bande
PAGE
magnétique . . . • . . . • . . . 85
II. Exemple de notation des scores d'un sujet
sur la fiche des résultats •••••••••••••••••••••• 90
viii 1
.'
l
INTRODUCTION
Percevoir le temps est une implication volontaire de la personne qui prend conscience de l'écoulement de son existence. L'aspect /
subjectif que revêt toute perception se trouve amplifié dans le problème temporel puisque nous n'appréhendons le temps que s'il est vécu, donc de l'intérieur et de façon toute personnelle.
Chez la plupart des spécialistes, la perception du temps , s'identifie à celle de la durée et les expressions "estimation, expé-rience, sens du temps", indifféremment utilisées dans les écrits, désignent, en fait, son appréciation.
L'exploration systématique de l'activité du sujet et des indices
"'.,
qu'il. utilise pour estimer la durée d'un in,~ervalle, constitue une des ,
"'-grandes directions de recherche, dans l'ensemble des études relatives au temps psychologique.
Les travaux entrepris en ce sens, ont révélé que l'acte perceptif
/ d'estimation de la durée ne se résolvait pas, pour un ~ujet, à trouver
\
dans le contexte de la stimulation des repères _~.?tterne8 pour s' orie~ter,
\
mais impliquait aussi une activité créatrice d'!ndicespersonnels. Parmi les formes d'activité observées, la référence au mouvement occupe une
1
place privilégiée qui, paradoxalement, n f a suse! té qu'un nombre restreint
de recherèhes.
1
---~
l PRINCIPES DE BASE
~I
L'orientation de la présente, étùde est fondée essentiellemen~ sur <-,.
les quatre constatations suivantes:
,
(1)
L'pnalyse des recherches consacrées à la détermination des"
facteurs de variation du temps psychologique révèle que la précision de l'estimation de la ~urée est affectée par La-densité des changements
perçus par un sujet pendant l'intervalle de présentation. Or, il existe 1
2
deux types de changements en ce domaine: ceux qui tiennent aux conditions expérimentales de la stimulation externe et ceux qui ca~actérisent
l'activité du sujet. La conclusion citée constitue une synthèse satis-faisante des nombreux résultats de recherches sur la première catégorie, mais mérite d'être précisée et testée pour ce qui. concerne l'activité volontairement produite par un sujet, aspect qui fut peu étudié.
?-..
~ \, '
(2) Dans l'ensemble des études en perception temporelle, le
•
mouvement humain représente un secteur insuffisamment exploré compara ti-)
vement à la place qu'on lui accbrde en perceftion
sp~tf'ale.
,1--Les auteursqui lui accordèrent un certain crédit, l ' onY abordé parce qu'il constitua~t une concrétisation intéressante du rythme. Or, les procédés de comptage oral, d'épellation, de frappes et battements rtpétés
de~a
main ou du pied que le sujet utilise spontanément,"
permettent de penser que l'activité motrice joue également un rôle' déterminant dans l'estimation de la durée. On peut donc ainsi supposer 1) que le sujet trouve dans le mouvement des indices qui le rendent ~
capable de "'mémoriser la durée", et qU'il serait profitable d'identifier.
"
~.
L
0 '
(3) Certains auteurs, étudiant le rôle de l'iptensité du '.'
mouvement dans l'expérience du temPs, ont trouvé que les appréciations de; durées étaient pius précises dans le cas on la force muscul~ire développée par le sujet était plus grande. De là, il fut déduit que la kinesthésie ou se~s au mouvement influençait directement la perception des durées. Or, si, comme les sciences physiques le montrent, tout
.
, mouvement est caractérisé par son intensité, sa vitesse et sa direction,; '
la kinesthésie recouvre une triple réalité dont l'effet particuliec d'un de ses éléJllents constitutifs,
iél
l;intensr~"é, "~'est
pasObligat~irement
généralis~bl~, aux deux autres. En d'autres ~ermes, i~~ffirmatiort de
l'intluence pléine ,et entière de l,a kinesthéilie, à partir des effets de
l'int~nsité, n'a pas été confirmée en ce qui concerne ia vitesse de
,.
déplacement ni soumise à ~cune vérification dans Je cas de la direction.,~
(4} .
D~s
le cadrespéci~ique
de l'étude de l'influence de la ~dlrec~ion du mouvement sur l'~ppréciation de la durée, aucun appareil
..
existant ne peut être utilisé. Aussi un d~spositif instrumental a été
Q
con~u de telle façon qu'il permette, én.mê~ temps, la particularisation et le contrôl~ des diverses formes de l'activité cinétique
d'accompagne--
.... ment., ,~~ l'enregistrement des durées .reproduit~s. En outre, conçu pour .explorer les trajectoires spatiales de la main, c~t appareil.pourrait,
. '
.
,aussi servir à des expérii~ce~ sur l'intensité du mouvement grâce à un système additionnel
prévu
à cet . ef~et..
- 1
,
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l. / " ,A..",
l " o J.~.
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"
•
"
II BUTS »E L'ÈTUDE ---~~,,:::;,,::,,=
..
,
,
.
..
Compte tenu des ~marques précédentes, c~ travail a pour objet.
4
l'étude de l'influence de la 'trajectoire et des c~ngètœnts de direction de mouvements acti~~ sur la précision de la reproduction de durées ~oUTte8.
III HYP,OTRESES
Les deux grandes hypothèses de ce travail s' ~noncent co~ sui t: ~
(1) Dans la tâche de reproduction de durées courtes, l'activtté motrite d'a;compagnement fondee sur ~es déplacements segmentaires suivant
d~s trajectoires variees permet d'obtenir des estimations plus précises que-' la seule aud! tion.
(2) Un déplacement segmentaire utilisé comme activité motrice d'accompagnement permet des appréciations de durées d'autant plus précises que sa trajectoire est très caracterisee qualitativement et quanti
tati-•
vement.
Dans le contexte expérimental de cette étude, cette seconde
...
hypothèse se detaille en quatrè sous-hypotPèses.
four une vitesse de déplacement preférentielle et ~e intensité de mouvetœnt minimale constante,'la reproduction de durées courtes est plus précise:
/
~-hypothèse Adans 1 le cas d'un· déplacement segmentaire à changements de direction que
q,ns celui d'un déplacement segmentaire linéaire;
sous-hypothèse B
dan~ le cas d'un déplacement segmentaire à changements de direction ~ériodiques accentués que dans celui d'un déplacement segmentaire à changements de direction périodiques faiblement marqués;
~-hypothèse
f
dans le caS d'un d,placement segmentaire à change'ments de direction à
amplitude et périodicité constantes que dans celui d'un dép,lacement
,.
segmentaire à"" changements de direction di vers et aléatoires;
..f.
~-hypothese D
5
dans le cas d'un déplace~nt segmentaire comportant un grand nOlOOre de _ ' ___ 0 changements directionnels périodiques que dans celui d'un déplacement
"-segmentaire comportant des changements directionnels périodiques moins noni>reux.
IV DEFINITIONS
Les termes utilisés dans cette étude auront les significations suivantes:
Durée-standard; temps en secondes d'un intervalle coq>n.s entre"
: : ; ;
~I
le début et la cessation d'un signal sonor~ continu.
, '
Activité motrice d'aCCo.pAgnement: déplac~nt segmentaire ayant une trajectoire spatiale définie que le sujet accomplit pendant la présentation de la durée-standard et qu'il fait .
.
"~
à nouveau pour tenter de reproduire avec précision la durée du so~ entendu.
V LIMITES ET pELIMITATION DE L'ETUDE
Cette étude porte sur la comparaison des résultats de reproduc-tion de durées-standard de 4, 6, 8, et 10 s sous six conditions
expérimentales correspondant à une condition de rep:uduction s~s déplacement et cinq activites motrices d'accompagnement différentes dans lesquelles le déplacement segmentaire s:effectue suivant des trajectoires définies.
Les sujets seront des étudiants de deuxième année de formation 6
II REVUE DE LA LITTERATURE '1 DUREE
.,
,11, '~ "En psychologie expérimentale, l'ordre et la durée feprésentent les deux composantes de la perception temporelle. Selon Piaget (1950) et Fraisse (1967), dans l'ontogénèse de la perception du temps, la durée serait perçue après l'ordre et résulterait comme lui d'un long
appren-tissage. L'âge et l'expérience aidant, l'enfant passerait d'une phase d'intuition immédiate où le temps est relatif au résulfat, au contenu et à la qualité de l'activité, à une phase de représentation mentale où la saisie du temps résulterait d'une élaboration logique de multiples informations ou indices, conférànt à la durée so~ caractère abstrait et homogène.
1. Problématique de l'appréciation de la durée
L'homogénéité de la durée, qui doit être entendue comme son indépendance par rapport à l'activité qui la remplit, rév~le le problème psychologique du temps dans son entier.
Dès que les psychologues ont abordé le problème du temps, on a vu nattre une distinction fondamen~ale entre une èxpérience primaire de la durée, a~tribuée~ un "sens du temps", et notre idée rationnèlle du temps. (Fraisse, 1967, p. 14).
7
'.
Il
8
•
Qu'ils aient parlé de "durée vécue" et "durée pensée" (Fraisse, 1967) ou de "durée intérieure apparente" et "durée réelle" (Piaget, Feller, Bovet, 1962), les auteurs se sont toujours attachés à distinguer le "temps psychologique" du temps réel qui existerait indépend~ent de nous et qui se trouve concrétisé en des unités de mesure arbitraires telles que la seconde ou l'heure.
Ainsi, selon Carlson et Feinberg (1968), les études entreprises sur la notion de, temps se rapportent à une comparaison entre une sorte d'horloge interne hypothétique du sujet et celle, réelle, de
l'expérimen-tateur. Ces auteurs affirment qu'il n'y a en fait, qu'une seule,variable dépendante dans les expériences, celle de la fréquence des "battements de ce mécanisme interne", qui est comparée à la fréquence-standard des secondes réelles. Par ce concept de mécanisme interne, il faut entendre toute l'orga~isation complexe caractéristique des mécanismes perceptifs. En effet, l'appréciation de la durée est le résultat de l'élaboration d' informations diverses qui proviennent tant de la situation exte,me ou objective, que du sujet lui-même c'est-à-dire de ses caractéristiques physiologiques et psychologiques (sensibilité, expérience, personnalité,
1
intelligence etc.) et de son état psycho-physiologique du moment. En plus de la complexité de l'acte perceptif co~e tel, le problème de l'esti-mation du temps révèle des contraintes fondamentales particulières auxquelles on ne peut se soustraire.
•
(a) le temps physique
r~t
un double caractère d'évanescence et d'irréversibilité, qui ne permet pas la conxrontation de la perception à son sujet;(b) 1 'homme ne possède pas d'organe récepteur de "sensibilité"
à la durée;
(c) la frange du présent psychologique porte sur un intervalle de deux secondes, selon la plupart des auteurs; au delà de cette durée, toute opération d'estimation se fonde sur la mémoire qui elle-même repose sur des phénomènes
d'asso~
ciation complexes dont il est difficile d'abstraire les composantes affectives et motivationnelles;(d) les moindres variations dans l'expérimentation affectent les résul tats ;
(e) les méthodes d'expérimentation connues sont relativement limitatives comme l'étude ultérieure essaiera de le montrer.
Pour les mêmes raisons, d'ailleurs, on peut comprendre pourquoi,
9
dans leur ensemble, les résultats des recherches, telles que les relatent Gilliland et-
,
al (1946) Woodrow (1951), Wallace et Robin (1960), soient souvent contradictoires au demeurant.10
Cependant, si au niveau des théories explicativeg-~ l'activité perceptive beaucoup de questions demeurertt sans réponse, certaines généralisations se précisent au niveau des facteurs qui influencent
,
l'appréciation de la durée.
Pour établir en toute clarté un bilan de re,cherche des trois
dernières décennies sur ces facteurs de v~iations, 'il s'avère important, au préalable, d'envisager une rapide analyse comparative des diverses méthodes utilisées à ce jour.
2. Méthodes d'expérimentation
a) Description
,
~
Dans son étude critique, Clausen
(19Sq)
définit les ,quatre types d'approche reconnus aujourd'hui:(a) méthode de reproduction:' l'expérimentateur présente un intervalle au sujet, qui doit le reproduire;
(b) méthode d'estimation verbale: l'expérimentateur présente un intervalle au sujet qui doit estfmer verbalement la durée;
(c) méthode d'estimation opérationnelle que Iton nomme habituellement "méthode de production": l'
expéri-'~ntateur dicte une ~urée que le sujet doit évaluer
"
en s'orientant par des indices personnels d'une quelconque activité;
I l
(d) méthode de comparaison: l'expérimentateur présente deux intervalles au sujet qui doit dire lequel des deux est le plus long.
Le9 résultats de ces quatre méthodes se traduisent en termes de relation de surestimation ou sous-estimation par rapport à l'intervalle de référence. Cet intervalle est traditionnellement dit "durée vide" lorsque celle-ci est limitée par deux stimuli-limites, et "durée pleine" lorsqu'elle s'étend entre les limites d'apparition et de cessation d'un
~
stimulus continu. "Tout le ,monde est d'accord aujourd'hui pour reconnaf-tre que vide et plein ne caractérisent pas les perceptions mais sont une description de la situation physique". (Fraisse
1967,
p.135).
En outrequelques auteurs parlent d'intervalle divisé pour signifier que la
présentation des durées-standard se fait sous forme d'un stimulus discon-tinu ou répété.
b) Etude comparative
Les expériences faites à partir de ces différentes méthodes
montrent de grandes fluctuations au niveau des résultats. Néanmoins, une certaine convergence des opinions des chercheurs jst apparue sur leur valeur respective.
La méthode de reproduction se révèle pluS précise que celle de l'estimation, selon les conclusions des travaux de Spencer,
(1921)
"Axel(1924),
Gilliland et Humphreys(1943).
Woodrow(1951)
précise que lesintervalles doivent être inférieurs à quatre secondes et Du Preez
(1967)
(
12
supérieurs à la seconde. De même Hornstein et Rotter (1969) notent que cette méthode entratne la sous-estimation, ~ l'opposé de l'estimation verbale. Assurément Clausen (1950) nous donne le plus de détails dans son étude sur un groupe de 43
s~zophrènes:
la méthode de reproduction, portant sur des intervalles de 5, 10 et 15 s, apparait plus précise, fournit pes jugements moyens plus proches ,de l'intervalle de référence que les deux autres méthodes, mais se révèle plus instable au niveau des corrélations dans les différents sous-tests. L'auteur pens~, en effet,que l'attentfon du sujet est doublement sollicitée, d'abord sur l'inter-valle de stimulation puis sur l'interl'inter-valle de réponse.
La méthode d'estimation présente les pourcentages de variabilité
i
inter-sujets et intra-sujets (fidélité) les plus forts, 'selon Fraisse (1967). De même, Clausen (1950) place cette méthode, pourtant très répandue, en dernière place quant à la précision IDQyenne, puisque sur les intervalles de 5, 10 et 15 s, la surestimation est de 100%. L'étude de Glausen pourrait avoir quelque crédit malgré la nature par~icu1ièrf
1
de l'échantillon, parce que Lhamon et Go1dstone (1956), comparant des normaux à des schizophrènes, ont obtenu des résultats stables de sures-timation de la seconde dans les deux groupes avec cependant, un léger excès pour le second. La surestimation, au-dessus de la seconde, semble être donc la tendance de cette méthode (Smythe et Goldstone 1957, Hornstein et Rotter 1969).
l~
La méthode d'estimation-opérationnelle es~ recommandée par Clausen (1950) parce qu'elle donne des résultats plus précis, avec une moindre dispersion, que ne le fait la méthode d'estimation verbale où le sujet au't.9t tendance à "arrondir", et parce qu'elle est plus stable que la mé~~àde de reproduction. Biên que les études soient encore en nombre limité, cette méthode jouirait d'une certaine faveur dans les récentes études (Underwood 1966, Ellis 1968).
La méthode de comparaison comporte deux difficul~és!qui rendent son emploi délicat. En effet, elle est trop affectée par l' "anchor-effect" ou loi de succession, qui fait que le sujet a tendance à sures-timer le dernier des deux stimuli successifs qui lui ont été présentés. De plus, dès que les durées à comparer excèdent 2 s, le sujet ne peut plus spontanément comparer grâce à sa mélOOire "immédiate", et il ne s'agit alors que d'une variante de la méthode d'estimation verbale.
A parti~ de cette étude comparative des différentes méthodes, on
•
peut penser que, dans l'étude des facteurs de variations entre le temps psychologique et le temps réel, les méthodes d'estimation opérationnelle et de reproduction sont les plus avantageuses: la première, parce qu'elle offre le meilleur point de vue sur l'activité du sujet comme source
majeure de variations, et la seconde parce que, dans l'ensemble des directions de recherche, elle se ~évèle la plus precise.
De
m@me, dans le cas d'études sur les opérations mentales complexes invoquées dans la notion de dur~e intérieure et sur l'utilisation sélective d'indices par le sujet en 'vue d'apprécier 'la durée. les méthodes de comparaison et de reproduction sont les plus appropriées puisqu'elles ne réf@rent pas au temps réel abstrait.Frai~e (1967) écrit justement en ce sens que: i
MOins les unités de temps jouent un rôle dans notre appréciation de la durée et plus nous sommes précis ••• Ce qui compte donc, c'est moins le chiffre absolu de l'estimation que sa valeur rerative par rapport à une autre estimation (p. 226 - 227).
14
Par cette double implication, la méthode de reproduction apparatt comme le modèle expérimental le plus souple dans les diverses directions de recherche de la perception du temps.
3. Facteurs de variations
Si, comme l'analyse précédente le montre, les travaux sur la perception temporelle souffrent d'un certain manque de rigueur, inhérent
à la méthode d'expérimentation choisie, les résultats, toutefois, font apparattre un certain nombre ,de facteurs de variations communs de l'appréCiation de la durée. Ces variations tiennent aux conditions
psycho-physiques du mode de stimulation sensorielle, à l'Sge des individus, à la nature de la tâche et à l'activité du sujet.
Il ne sera retenu que les facteurs les plus importants ayant un rapport direct avec la présente étude.
a) Les données psycho-physiques
Les stimuli de présentation des intervalles' temporels, utilisés en laboratoire, sont de nature auditive, tactile et visuelle. Par son seuil différentiel le plus bas (Goodfellow 19J4, Gridley 1932) ,par son temps de réaction le plus bref (Chocholle 1963), l'audition constitue le sens le mieux adapté
l
la perception des moindres changements.15
o
La nature de l'intervalle de présentation, qu'il soit dit "plein", "vide" ou "divisé" semble avoir une influence sur les résultats avec certaines méthodes. Mais d'après Doerhing (1961), la variabilité des résultats est négligeable entre durées vides et'durées pleines si la méthode de reproduction est employée.
)
En outre, les limites de l'intervalle et l'intensité de la
stimulation peuvent provoquer des variations dans les résultats, si elles ne sont pas adéquatement choisies et maintenues identiques tout au long de l'expérience.
b) L'âge
Axel (1924) affirme qu'~vec l'âge, les appréciations de la durée ~
se rapprochent de la durée réelle et que l'écart entre l'estimation des
- 1 .t ...
taches qui paraissent longues et cel es d~s taches qui paraissent courtes
diminue. Jampolski (1951) arrive à la même conclusion en utilisant la " méthode de reproduction d'un tempo. Goldstone, Boardman et lhamon <,1958),
\}
,r\~ ) comparant la précision des estimations de la seconde par la méthode de '\ comptage chez des enfants de 6 à 14 ans, de jeunes adultes et des
personnes de 69.5 ans, précisent que les estimaÙons des sujets de 6 et
7.
ans
et de 69.5 ans sont significativement plus courtes que celles des autres groupes d'âge. De façon générale, de gros écarts dans les....
appréciations de la durée existent entre enfants et adultes~ ainsi Gi11iland et H~hreys (1943) notent qu'avec les méthodes d'esti~tion, production et reproduction, l'erreur des enfants de S~me année est environ le double de celle des adultes (37 à 47.9% d'erreur contre 15
.,"
---Il semble donc que 16 ans soit l'âge où 1es',appréciations de la durée se stabilisent, telle est l'opinion de Dooley (cité par Smythe et Go1dstone, 1957), et cette acquisition serait contemporaine de celle "du concept de soi et de la capacité d'auto-contrô1e.
c) La tâche
Les caractéristiques de 1~ tâche imposée au sujet'modifient grandement sa perception temporelle. Les résultats des expériences menées sur des enfants avant ~ ans se trouvent vérifiés sous
.
diver~esformes chez l'adulte.
En 1938, Harton établit par la méthode de production par comptage, que les sujets sous-estimaient la durée si la tâche demandée était
~
, _ j'./
diftici1e mais ~s/ab1e, et qu'entre deux tâches, celle qui ét~t subie aveç succès semblait passer plus vite. Ornstein (1?68), cependant, par
lU1 gr,and nombre d'expériences variées d'estimation verbal~, montre que,
pour \ID intervalle donné, :LI y a surestimation chaque fois qu'augment~nt soit le nombre de stimuli soit la complexité du travail. Enfin .. i l
,
s'ensuit des travaux d'Axel (1924) et Harton (1938 , 1942) que, pour un intervalle donné, plus la tâche présente \ID caractère t.mitaire, plus l~', sujet sous-estime sa durée.
Ces tr,ois conclusions engendrent le paradoxe suivant: plus
\ . 1 .
l'intérê~ d'\IDe tâche augmente, plus le temps para!t passer vite; plus ' J '
>
le nombre dé' stimuli augmente, 'plus le temps para!t long>, alors que
....
souvent l'intérêt s'accrott avec l'augmentation des change,ments et des ..)
difficultés. Pour éviter ce genre d'écueil, i l apparaft illlPortant,
}
,
.
,
..
e.
l)
- ( .f17
dans le contexte expérimental de la dkhe proposée, de distingue.r parmi les "changements", ceux qui sont contenus dans la stimulation extérieure, que 1 'expérimentateur c~trôle ~t- impose au suje1: (changements résultant
,
d'un stimulus discontinu) et ceux que le sujet se 'cree volontairement'
,
ou qV'il perçoit dans son activité de recherche pour reconstituer ou . estimer lnle durée. Cet effort de clarification au niveau de la
termi-nologie serait fort souhaitable et à généraliser counne le squligne Breeskin (1966).
d) L'activité du sujet
Bien qu'il n'existe pas réellement de séparation entre la tâche
'",
imposée et l'activité du sujet, l'analyse des résultats d'expériencës montre. que l'aèttvité constitue le facteur de variation le plus important et le plus complexe de-la perception temp6relle, qu'il faut traiter avec infiniment de prudence. En effet, à travers les études qui. l'évoquent, ce concept d'activité recouvre des contenus fort différents, parfois
• ' t . ~
difficilement identifiables faute de structure méthodologique clairement ,
définie, et conduisant, après examen, à des conclusions dont la portée se ret~ouve plus modeste que ne le supposaient les auteurs.
Î ,
r Que faut-i~ entendte par "activité?
"I,._a __ pr~m1ère signification d'activité d'un sujet en expérience, concerne son effort d'a~tention. Celle-ci peut être soit portée sur la
ï
stimulation extérieure, soit intériorisée comme "dans le cas d'un mouve-ment produit par le sujet lui-mê~. Cette attitude du sujet dont
l'attention est dirigée sur le stimulus, a été qualifiée d'"objective", pa~ HUlser (citée par Woodrow, 1951).
, \
..
lB
L'attitude attentive, base de toute production consciente, n'a été étudiée qu'indirectement •
Elkine q928) , le' premier, affirme que lâ capacité d'attention affecte l'estimation temporelle parce qu'il constate qu'avec l'âge, les deux s'améliorent et que seule la première peut être à l'origine de la seconde!
.d
Woodrow (1933) étudie, par la méthode de reproduction,l'influence de l'attention suiva;t qu'elle se porte sur l'une des deux tâches de l'expérience. Il propose aux sujets de reproduire deux sons successifs, mais dans un premier cas, il demande que toute l'attention soit dirigée
sur les sons et dans un deuxième cas; uniquement sur l'intervalle qui separe les sons: il constate que la durée est sous-estimée dans le
<> ,
premier cas et surestimée dans l'autre. Cette conclusion signifie donc que les résu~tats de l'appréciation du temps sont, en quelque sorte,
~.
diversement affectés suivant que l'attention se porte sur tel ou tel objet. En d'autres mots, si l'on admet qu'en définitive, tout objet sur lequel se f,ixe l' attE'nt:f.,on prend valeur d'indice, on peut supposer que les résultats sont directement influencés par le genre d'indice utilisé. C~te constatation entraine deux conséquences importantes. Si, par des conditions expérimentales particulières, l'expérimentateur parvenait à
•
isoler un seul type d'indice, les résultats devraient être relativement
1
homogènes et stables, et donc caractéristiques de cet indice. Chaque indice ayant été ainsi identifi~, une comparaison pourrait révéler celui
"
19
ou ceux qui s'imposent par leur form
7;
l'idée d'un tel classement suivant la "force" ou la valeur des indices se retrouve dans ce que Fxaisse (1967) appelle ,la "prégnance relative d'une catégorie d'indices" (p. 291). La présente étude permettra de tester la véracité de telles assertions en•
ce qui concerne les ipdices kinesthésiques de direction.
La deuxième signification d'activité s ',étend à l'idée de
raisonnement ou opération de reconstitution de la durée écoulée à partir
•
des données actuelles du contexte expérimental et en relation avec l'expérience passée et la mémoire: c'est ce que signifiait, en quelque sorte, l'expression "attitude subjective" d 'HUls\er (citée par Woodrow, 1951). Sous ce même schéma, il ,faut distinguer donc deux formes d'acti-vité du sujet qui se dif,férencient en fonction de l'origine même des indices utilisés:
(a) l'élaboration des informations ext~r~eures (EIE), prises de la situation grâce aux sens extéroceptifs;
(
(b) l'élaboration des informations kinesthésiques (EIK), engendrées par l'activité cinétique volontaire du sujet.Autour de cette, première forme d'activité du sujet (EIE), il faut regrouper d'une part, les recherches relatives à la détermination des facteurs psycho-physiques qui influencent la perception du temps, dont certains furent évoqués précédemment, et d'autre part, les expériences entreprises pour étudier l'interaction espace-temps.dans les illusions perceptives cOIllIle l'effet tau de Helson et King (1931), l'effet kappa'
-20
de Cohen, Hanse! et Sylvester (cités par Fraisse 1967) et l'effet Oppel-Kundt temporel de Fraisse (1965), et dans la genèse de la perception de la durée chez l'enfant (Piaget, 1946, 1961, 1962; Fraisse, 1952 a,
1952 b, 1967). Dans ce contexte expérimental sont utilisées soit des stimulations visuelles, engendrées par le déplacement plus ou moins long d'un ou plusieurs mobiles, à diverses vitesses, soit des stimulations auditives, d'int~nsité et hauteur variables; soit des stimulations tactiles, le tout pendant des intervalles de temps vides, pleins ou
"
divisés. Dans tous ces cas où l'individu réagit à la situation extérieure, les changements perçus sont ceux des stimuli utilisés dans la présentation de l'intervalle temporel et contrôlés par l'expérimentateur.
Autour de la seconde forme d'activité du sujet (EIK) on peut regrouper les études relatives à l'influence de l'activité motrice et des rythmes physiologiques existants sur l'estimation du temps. Dans le contexte expérimental de ces recherches, la stimulation extérieure employée est généralement neutre, c'est-à-dire qu'elle ne donne~objecti-vement aucun indice au sujet. Ceci a pour effet d'obliger le sujet à se créer des points de
rep~~es"p~~s
tangibles. C'est toujours en ce dernier aspect de l'activi~ ob) cti ement observable que beaucoup d'auteurs se réfèrent lorsqu'ils pa lent de travail, de contenu et changements de l'activité déployée, et qu'ils emploient, en expérience,4
les méthodes de productibn et certaines méthodes de reproduction. Donc, tous les travàUX qui portent. sur les indices kinesthésiques, comme cette étude, concernent ce dernier aspect de l'activité.
•
21
En conclusion des connaissances recueillies à partir des travaux cités dans cette étude sur la durée, il peut être retenu que:
(1) La méthode de reproduction est la plus satisfaisante des méthodes fréquemment utilisées aujourd'hui pour le cas d'une étude sur
les indices que le sujet utilise pour percevoir la durée, puisqu'elle ne réfère pas au temps réel abstrait et qu'elle est précise.
(2) La présentatioÎl de la durée à reproduire doit, de préférence, se faire par stimulation auditive sous forme d"interva11e plein pour minimiser les risques d'erreur relatifs aux illusions perceptives.
(3) L'échantillon des sujets doit être tiré d'une population de jeunes adultes puisque c'est il partir de 16 ans que les appréciations de la durée se stabi1i~ertt.
(4) La situation où un sujet déploie spontanément une activité qui lui sert de référence et dont les caractéristiques peuvent être identifiées et contrôlées qualitativement et quantitativement, apparatt constituer une direction de recherche particulièrement intéressante il
exploiter car elle aborde avec le moins d' équ!:voque l'acte perceptif de l'opération d'estimation de la durée tout en soulignant- le rôle actif du sujet . •
'"
•
22
II KINESTHESIE
... ,~ ..
La premiere manifestatiQn de tout acte perceptif d'un sujet attentif, confronté à un problème d'adaptation, consiste à rechercher, dans la situation, tout indice susceptible de l'orienter. Le problème de l'estimation temporelle, n'étant, comme on le sait, qu'une particula-· risation du processus général de la perception, conduit l'individu à
réagir ou agir de la même façon devant un jugement à formuler.
Cela signifie donc que toute la dynamique du processus perceptif de l'élaboration de ltinformation en vue de l'adaptation de la reponse, passe par la détection et la sélection des indices qui pr~sentent une réelle valeur dans l'actualité de la tâche. Aussi logique qu'il apparaisse, ce raisonnement ne fut pas concrétisé vraiment dans les
travaux sur la perception temporelle, alors que, déjà en 1946, Gilliland, Hofeld et Ekstrand écrivaient:
One of the important problems in time perception is that of the cues used. In fact, most of the experimental studies in time perception can be related more or less directly to this problem. In the closely allied field of space perception the principal cues as weIl as their
relati ve importanc~, as Carr has so weIl pointed out, have been very carefully investigated. Although many studies have been conducted, ~o sucb:list of cues has been disco-vered for time perception. In fact, almost the opposite is true. That Is, we are hardly sure of any of the cues that are used 'in time p~rception. (Gll1iland, Hofeld
&
Ecks trand 1946, .R. 164).Il a été noté antérieurement que deux voies s'offraient dans
.
.
l'étude de l'estimation du temps: la première consistait en l'exploration des mécanismes intimes de l'opération d'estimation depuis la prise
23
d'information jusqu'à la réponse, et la seconde impliquait la détermi-nation et l'établissement d'une liste de facteurs influençant les
résultats. Faute de système méthodologique précis et pour les mêmes raisons citées en page 9 de cette étude, la première voie fut peu abordée comparativement à la seconde qui pouvait se prêter à des analyses
expérimentales au schéma connu comme, par exemple, celui de multiplier les variations de conditions ~'expérience et d'en constater les résultats. Cette seconde orientation, loin d'être,vaine, a permis et permet de
mettre en lumière bon nombre de facteurs de variation inhérents à la situation et aux caractéristiques humaines, mais n'a pas encore abouti à la formulation de conclusions précises relativement aux indices utilisés dans l' ac te percep tif.
Si, selon les propos de Gil1i1and, Hofeld et Eckstrand, on n'est sûr d'aucun indice dans l'estimation du temps, la cause est peut être dans le fait que le rôle actif du sujet dans la détection, le choix et le traitement des informations, n'a pas été assez étudié. Ainsi, lorsque la situation extérieure ne donne aucun point de repère, la meilleure
façon de déceler le type d'indices employés, est de laisser le sujet libre d'agir, de s'orienter, de "re~lir" la durée selon le terme d'Axel (1924), et, dès qu'un comportement significatif apparaIt objectivement, de
•
l'analyser et de le soumettre à expérimentation.
Or, pour un sujet, la première manifestation de son activité de recherche d'indices, consiste à se référer des activités musculaires .. cinétiques. Celles-ci sont assurément sources d'informations révélées
•
par la sensibilité kinesthésique •(
•
24
En effet, comme le physiologiste Bresse (1968) le note, dès qu'un déplacement segmentaire se produit, voulu ou subi par le sujet, des récepteurs périphériques sensoriels localisés dans les tendons, muscles et capsules articulaires impliqués dans le mouvement, sont excites mécaniquement. Ces récepteurs sensibles sont spêcialisés pour donner des informations sur l'intensité, la vitesse et la direction du mouvement. Ainsi, par exemple, selon Rose et Mountcastle (1959), les récepteurs articulaires informent le système nerveux central sur la position
relative des os et donc sur la direction ou les chàngements de direction du mouvement. Ceci se traduit par une augmentation de la décharge
nerveuse, dans une direction, et une dimuni tion dans la direction opposée.
De plus, la fréquence et l'amplitude des changements de direction permettent d'apprécier et de comparer différentes vitesses de déplacement.
En conséquence, toutes les formes d'indices kinesthésiques sont à rechercher dans les caractéristiques d'i~tensité, de vitesse et de
direction du mouvement humain.
Les auteurs, étudiant le rôle de tels indices dans la perception temporelle, ne se sont pas tous préoccupes d'établir des dis tinctions entre l'intensité, la vitesse et la direction, se référant pour la plupart au concept plus général de feedback proprioceptif. Ce concept peut être assimilé à celui de feedback kinesthésique qui selon Rose et Mountcastle (1959) représente toutes les informations qu'un individu
reçoit: pendant qu'il accomplit \Dle action ou après ~omplétion, et qui lui
donnent connaissance de sa performance. Cependant, les travaux de ~s chercheurs ont permis de montrer que la kinesthésie jouait \Dl certain rôle dans l'appréciation de la durée.
25
1. Mise ~ évidence de l'influence de la kinesthésie dans la perception du temps.
Axel (1924) a étudié l leffe t du "remplissage" contrôlé de
l'intervalle de temps à estimer. Il propose à 68 étudiants en psychologie cinq tâches à estimer d'une durée de 15 à 30 s: une estimation verltsifi1e d'un temps vide; une "activité motrice" de "tapping" avec crayon sur une feuille de papier avec consigne de rapidité maximale; une épreuve sensori-motrice de barrage de chiffres en ligne; une épreuve de discrimination
d'~alqgie; une activité mentale (série de chiffres à compléter). Il
résulte de ces expériences. que, pour un temps donné, plus le niveau d'activité est élevé comme dans le cas de l'épreuve de série de chiffres
à compléter ou des analogies, plus le sujet avait tendance à sous-estimer la durée. Le tapping et l'estimation verbale conduisent à des suresti-mations qui ne sont pas significativement différentes, et qui sont plus proches du temps réel que ne le sont les trois autres épreuves; pour comprendre un tel résultat, i l e~t important de préciser que, pendant
\
l'épreuve de l'estimation verbale du temps vide, les sujets pouvaient utiliser tout moyen susceptible de les aider, et que, dans une proportion de 97.1%, ils choisirent de compter soit des nombres, soit des mouvements du corps. Axel a remarqué, en outre, que les mouvements du corps et le comptage étaient de plus en plus ~tilisés come indices quand les
opé-rations mentales se complexifiaient, alors qu'ils disparaissaient dans le tapping •
•
•
26
Goldstone1 Boardman et Lhamon (1958) ont comparé l'estimation de la seconde chez des groupes de sujets de 6 il 14 ans, de 24 ans et de 69.5 ans. Deux tâches précises furent demandées: compter mentalement
30 s sans taper des doigts ni des pieds, et compter 30 s à haute voix avec possibil1 té de frapper des doigts. les résultats de 5 essais par sujet dans chaque tâche indiquent que la seconde tâche donne des
résultats plus précis que la première et que le fait de compter à haute voix, qui constitue en soi tule activité motrice, entraIne un point d'estimation de la seconde significativement plus long que compter mentalement pour chaque âge, sauf pour les sujets de 6, 7 ans qui, en
fai t, ne pouvaient pas compter silencieusement sans souvent violer les règles de la première tâche. Les au~eurs, suggèrent que les indices
kinesthésiques interviennent dans l'apprentissage d'une unité de temps standard et qu'en particulier vers 8 ans, le rapport "intervalle temporel standard - indices kines thésiques" es t intériorisé.
Enfin, Goldfarb et Goldstone (1963) proposèrent à dix sujets, trois tâches: (E) Estimation,' CP) Production, et CA) Ajustement.
(E) Les sujets jugeaient des durées pleines différentes par rapport à leur conception de la seconde, en classant: plus long ou moins long.
(P) Les sujets comptaient' jusqu'à 60 de façon il produire une minute à la fréquence d'un chiffre à la seconde. (A) Les sujets ajustaient un métronome pour qu'il batte
•
•
27
Il fut trouvé
que
le point d'estimation de la seconde est 8igni-ficativement moins précis dans (E) que dans (P), et dans (E) que dans (A); (P) etCA)
ne sont pas significativement différents. Ces deux conditions dont l'une (P) réfère au mouvement produit et l'autre (A) le suggere, se révèlent plus précises.Ainsi, i l apparatt que ·la kines thésie offre des possiblll tés d'orientation temporelle: "The counting methods and their aecompanying kinesthetic eues are apparent1y mueh more accurate than passive, non
1
muscu1ar methods of estimation" (Goldstone et al., 1958, p. 188).
Quelles sont donc les partiCUlarités/de la relation kinesthésie-temps psychologique1 Puisque la kinesthésie telle que définie par Rose et Mountcast1e (1959) est le sens du mouvement, une réponse à un~ telle question passe par une analyse serrée des trois composantes du mouvement
.
qui sQIll: la direction, la vitesse et l'intensité.
Bien qu'aucune recherche, à la connaissance de l'auteur, n'ait été menée sur l'influence particulière des indices kinesthésiques de direction sur l'appréciation de la durée, l'étude des quelques travaux sur la vitesse et l'intensité fournira certains éléments susceptibles d'orienter les
hypothèses de ce travail.
2. Indices kinesthésiques d'intensité.
Piaget (1946) a déjà observé que la qualité du travail influençait la perception de la durée chez l'enfant: ainsi, quand on propose à
l'enfant deu.~ activités d'égale durée consistant à transporter d'abord des plaquettes de bois d'une borte dans une autre, et puis, des plaquettes de
,
28
"
tâche est surestimée par rapport à la première. On ne peut cependant conclure immédiatement que la force musculaire déployée est seule respon-sable de la tendance de l'es timation, car la notion de travail dans cet exemple peut référer certes à l' intensi té mais aussi au n01.Ibre de
déplacements.
n'autres travaux ont cependant montré l'influence directe de l'intensité musculaire sur la durée apparehte d'une activité produite.
Weybrew (1963) s'intéressa à l'énergie mssculaire déployée en contraction isométrique: il demanda à ses suj,ets de presser un dynamo-mètre à ~n et de maintenir pendant 43 secondes une pression constante. Pour chaque essai, cette pression était différente ~t représentait une
i
"
fraction de la force maximale de préhension (0,1/6,1/3, 1/2,2/3).
Les sujets devaient estimer la durée de leurs essais en secondes. Les résultats obtenus ont montré que plus l'intensité musculaire mise en jeu augmentait, plus les sujets faisaient des erreurs de sous-estimation.
Ellis (1968) a étudié l'influenc~'~u feedback proprioceptif sur l'appréciation de. la durée, par la méthode d'estimation opérationnelle du temps. Ses 168 sujets de 13 à 15 ans devaient déplacer un curseur
,
horizontal suivant une ligne droite de 6<Lcm en 2 s, et etaient informés de leur performance à chacun des essais. Ces déplacements étaient
(
accoq>lis sous diverses conditions de résistances (nulle, légère, forte), de vitesse et d'accéléra~on c~ntrôlées. Les résultats obtenus amen~rent
Ellis à conclure que
(~) plus la force déployée est grande, plus le feedback
proprlo-..
ceptif est grand;
'-)
29
Cb) plus le feedback augmente, plus précise est l'estimation du
",
temps et plus rapidement se fait l'apprentissage;
(c) ~a' complexité de la tâche dégrade la précision de l'esti-mation.
Weber (1927) rapporte des précisions importantes dans une étude où il a proposé à 5 s~jets de reproduire des distances de 25 cm contre des r~sistancés de plus1en plus fortes, et à 8 sujets de reproduire des durées de 5.S s sous des conditions de résistances analogues. Dans le premier cas, en plus des dis~nces l'auteur enregistra les durées dès déplacements
à l'insu des sujets et de même, dans le second cas, en plus des durées, il nota les distances parcourues.
~
Parmi les conclusions qu'il tire, deux sont particulièrement fécondes en rapport avec cette étude:
The phenomenal geometry of the kinaesthetic sense is a geo-metry of space-time.
Its spa ce and time are radically altered by the presence of "fields of force" or load. a) A given distance under load is phenomenally equivalent to a greater distance under less load. b) A given time interval under load is phenomenaf1y equiva1ent to a sma1ler time interval (as measured by clock-time) under less load. ~Weber, 1927, p. 606).
Ainsi, à partir des conclusions de ces travaux, on con~tate que
~
.
l'énergie musculaire déployée par un sujet influence sa perception 'de la durée. Dans le cas de dép~acement segmentaire, l'augmentation de
l'in-tensité améliore la précision de l'estimation ~e durées courtes,. en lais-sant au suj~, un souvenir particulièrement riche de l'activité a~cQmplie
• Ç'- ,
pendant l'intervalle, temporel. En o~tre, avec l'accroissement de
/
•
30
"
l'intensité, une interdépendance de la distance parcourue et dè la durée se développe. Il apparait imp~rtant dans le contexte des hypothèses' de ce travail de minimiser le plus possible l'intensité musculaire qui
interviendra dans le dép1ace~ént segme~taire, pour apprécier le rôle de la
.
composante direction du mouvement dans le feedback kinesthésique et conséquemment dans l'estimation de la durée.
1
\
3. Indices kinesthés1quéS de vitesse.
Alors que la relation entre la vit~sse et la perception de la durée dans le cas de stimulations extérieures au sujet a fait l'objèt de multiples recherches, les études scientifiques relatives à l'influence de la vitesse du. mouvement 'actif sur l'appréciation de la durée sont fort peu nombreuses et portent essentiellement sur des mouvements à caractère périodique.
Les travaux de Denner, Wapner, McFarland et Werner (1963), portant sur l'~tude des processus qui sous-tendent la conn~issance du temps du point de vue de l'
"org~nismic ~heory",
donnent des indica tians sur le rôle de la vitessè à travers la notion de cadence.
-Leurs 18 sujet adultes devaient reproduire un intervalle-standard de 70 s, en frappant sur une clé de télégraphe à l'une des trois cadences imposées suivantes: tempo préférentiel, tempi plus rapide et plus lent
~.,....,""-que préférentiel. L'intervalle-standard était présenté par une lumière clignotante dont la fréquence dèS éclairs correspondait aux ~rois
cadences précitées et apres 10 s de pause, "le sujet éta~t invité à
synchroniser ses frappes avec les éclairs pour reproduire la durée~
e,
r
.r
31
Quand le sujet pensait qu'une périede de temps égale à l'intervalle-standard s'était éceulée, i l s'arrêtait et la durée était enregistrée. Ainsi, le cheix des treis cadences peur la présentatien et treis pour la repreduction
• , 1 donnai t neuf combinaisons • Les auteurs constatèrent'qu'une
,
cadence rapide entrarnai~ un racceurcissement apparent du temps physique, et qu"en conséquence, les sujets allongeaient le temps de repreductien, par cempensation; le cas inv~rse se preduisait avec une cadence plus lente que préférée. Leur conclusion fut énoncée ainsi:
The basic fact is that with a change in tempe (preferred rate ef activity) there is a ch"ange in apparent duratien. The findings suppert the generalization that in the context
of a faster (slower) non-preferred rate of activity, a given physical event appears sherter (longer). (p. 292).
De là, Denner et al., ramenant le preblème de l'estimation du temps à la plus générale "sensori-tonic field theery ef perception", affirmèrent que "apparent duration is a reflection of the relatienship
~
between personal tempe (temperal aspect ef organi.~mic state) and temperal extent (preximal stimulus)". (Denner et al., .1963, p. 292).
Il exis terait pour chaque individu un rythme de baliie particulier qui servirait de référence à l'O'rientation dans le tempO'. Dans ce contexte précis, i l faudrait cemparer l.'impertance respective de la vitesse du
déplace~nt et de la fréquence des changements produits. La recherch,a d~
Leduc-Boude (1972) apporte en ce sens quelques précisions.
,.
L'auteur demande à 18 adul'tes de
cempar~r
des\sé~es
de deux temp1 donnés par un métronome,' en les soumettant à 'trois conditions e.xpérlmentales,.32
(1) Dans la condition l, le sujet assis éco~te chaque série et dit, pour chacune, si le second tempo est plus rapide ou plus lent que le premier; aucun mouvement n'est pernds.
(2) Dans les condi tions II et III, le sujet fait os ciller son
bras préféré, dans un plan sagittal, en synchr90isant ses allers et retours
,
aux deux tempi présentés pour chaque série, et compare le second tempo au premier. Seule l'amplitude de l'oscillation différenéiait ces deux conditions: dans La condition II, l'angulation du bras était de 140 degrés, dans la condition III, elle était portée â 160 degrés.
Deux catégories de cadence furent choisies: une cadence lente où
.'
des tempi de 54, 56, 58, 62, 64, 66 battements par minute devaient être comparés au-standard de 60 b/m, et une cadence modérée, où des tempi de '94, 96, 98, 102, 104 et 106 b/m devaient être comparés au tempo-standard
de 100 b/m. Dans tous ces cas, le tempo-standard était présenté le
.
(premier pendant 10 s et apr~s 6 s de silence, le tempo à comparer était
lui aussi- p résen té pendan t 10 s.
A l'issue de l'expérience, l''8uteur a observé: .' ,
(a) qu'il n')"'avait pas de différence signifi.cative·entJ"oe les résultats obtenus' dans la conditi~n l et les conditions II et III;
(b)' que, dans chacune des conditions II et I I I ; la moyenne
r
des erreurs obtenue dans la cade~ce de
60
b/m n'était /aucunement différente de celle obtenue â la cadence . de 100 b/m (2.17 contre 2.11);