III. RESULTATS 1 UPPS et BDI-II

IV.3 Limites et perspectives

IV.3.3 Perspectives futures

En ce qui concerne la tâche du Stop Signal, il serait premièrement intéressant d’utiliser des stimuli plus « arousing », donc avec une activation émotionnelle plus élevée, en utilisant, par exemple, des images de l’IAPS. Ces stimuli seront alors potentiellement liés à l’urgence qui n’est pas ressortie de nos résultats.

Dans un second temps, il pourrait être pertinent de manipuler le foyer attentionnel plutôt directement sur les stimuli émotionnels, à savoir catégoriser la valence émotionnelle des visages. Cela pourrait rendre les participants plus focalisés et donc plus réceptifs à la valence émotionnelle des stimuli. Cela pourrait permettre de faire apparaître une différence dans les SSRT entre les visages de joie et de colère. Comme mentionné plus haut, il serait intéressant de savoir précisément la nature de l’information traitée, à savoir s’il s’agit de la valence ou du niveau d’activation engendré par les stimuli.

Il serait aussi intéressant d’investiguer le lien entre le processus d’inhibition de réponses dominantes et des comportements problématiques. Pour cela, on pourrait imaginer utiliser la même tâche chez des patients présentant des stratégies dysfonctionnelles dans la régulation émotionnelle afin de tenter d’identifier si les mécanismes d’inhibition de réponses dominantes sont altérés de manière significative. Ceci donnerait à cette recherche une portée clinique indéniable et justifierait ainsi l’importance de la compréhension approfondie de ce type de processus cognitif.

En ce qui concerne la tâche Recent Negative Task, il serait intéressant de changer certains paramètres. On pourrait, par exemple, élaborer une présentation séquentielle de cinq mots afin de rendre la tâche plus difficile. Cela pourrait susciter un nombre d’erreurs plus élevé et permettrait de mettre en évidence les différences interindividuelles de manière plus marquée.

D’un autre côté, si l’on tient compte des remarques des participants, rendre la tâche plus difficile impliquerait une demande supplémentaire en concentration engendrant une plus grande fatigabilité. On pourrait alors penser au choix des mots, qui n’ont probablement pas un niveau d’activation suffisamment élevé, afin de faciliter l’encodage en mémoire de travail, ce qui entraînera une meilleure résistance à l’interférence proactive.

IV.4 Conclusion

Notre étude a permis de montrer que la valence émotionnelle des stimuli influence de manière significative les performances dans des tâches mesurant les processus d’inhibition. En ce qui concerne la tâche du Stop Signal, les résultats ont permis de confirmer les données de la littérature, à savoir que les stimuli émotionnels entravent le processus d’inhibition de réponses dominantes. En revanche, pour la tâche Recent Negative Task, nos résultats ne permettent pas de confirmer les données existantes puisque nous avons trouvé un effet perturbateur de la valence émotionnelle des stimuli sur les performances à la tâche. D’autre part, les relations entre les résultats aux deux tâches et les différentes facettes de l’impulsivité ne sont pas cohérentes avec la littérature. Ces résultats inattendus peuvent en partie être expliqués par les raisons méthodologiques précitées, même si d’autres explications (citées ci-dessus) peuvent également être avancées. Il serait donc intéressant de répéter cette étude en tenant compte de ces problèmes méthodologiques afin de pouvoir observer des résultats congruents avec les données de la littérature.

Malgré ces résultats quelque peu en désaccord avec la littérature, il semble que cette étude ait permis de mettre en évidence l’importance de la valence émotionnelle des informations reçues dans le fonctionnement des processus inhibiteurs. Cela confirme l’existence d’une relation étroite entre l’émotion et la cognition déjà prouvée à de nombreuses reprises dans la littérature.

Cette recherche s’inscrit dans une optique de compréhension de l’impulsivité et des mécanismes sous-jacents. Il s’agit bien de tenter d’identifier comment émergent les comportements impulsifs, comment ils se maintiennent à travers le temps et comment ils interagissent avec les processus cognitifs tels que l’inhibition. Ainsi, dans une perspective clinique, il semble important d’approfondir les connaissances sur le concept d’impulsivité afin de comprendre au mieux les états psychopathologiques qui y sont reliés.

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