I. Chapitre I

I.5. La voiture partagée

I.5.1. L’autopartage

Afin de résorber les problèmes existants engendrés de par l’utilisation massive de la voiture particulière, un nouveau concept est né. Ce concept porte le nom d’autopartage et a pour mission de rendre publique l’utilisation d’une automobile destinée à la base à un usage personnel.

I.5.1.1. Autopartage : Définition

Comme son nom l’indique, l’autopartage considère le partage d’un véhicule par une collectivité à des fins d’en optimiser l’usage et tente entre autre de solutionner la future pénurie mondiale de pétrole. Les chiffres et statistiques relevés en France (41) ne peuvent que le confirmer. Il s’agit en effet d’une forme de partage de véhicule particulier pour effectuer un trajet répondant à un besoin de déplacement bien déterminé. L’autopartage, ainsi défini, est un service offert par une entreprise, une association ou une agence publique à toute personne en droit d’y accéder, mettant à sa disposition une flotte de véhicules en libre-service dont elle aura à partager l’usage avec d’autres membres.

I.5.1.2. Autopartage : Mode d’emploi

Grâce à cette pratique, tout individu ayant un permis de conduire et qui s’est procuré ce droit peut disposer d’une voiture à volonté et sans restriction délaissant ainsi le souhait ou le

58 besoin d’en acquérir une pour ses déplacements personnels. L’autopartage est donc défini comme un service de mobilité prodiguant à ses usagers le droit de disposer d’une voiture « à

la carte » moyennant une adhésion préalable lui donnant la possibilité d’accéder au service.

Pour profiter des fonctionnalités offertes par ce dernier, tout usager doit effectuer une réservation (par téléphone, via Internet…) à l’avance pour pouvoir prendre un véhicule (Figure I.15) (42).

Figure I.15. Autopartage : Planification des déplacements, utilisation et tarification

Il s’agit plus précisément d’un partage de parcs de véhicules par les membres du service. L’ensemble des voitures de la flotte est ainsi disponible à une prise autonome moyennant une carte à puce utilisée pour débloquer un boitier contenant les clés ou un ordinateur embarqué sur la voiture (43).

I.5.1.3. Autopartage : Tarification et Mesures

Outre le coût d’adhésion, la tarification se fait selon l’usage du véhicule. Une formule basée sur la durée d’utilisation (temps) et la distance parcourue (kilomètre) a ainsi été mise en place pour la tarification du service selon l’utilisation des abonnés. Cette formule s’avère dans la plupart des cas beaucoup plus avantageuse et moins coûteuse pour les individus que les frais engendrés par l’acquisition d’une voiture personnelle (prix du véhicule, assurance, carburant, etc.). Par ailleurs, des mesures spécifiques ont été prises pour encourager les individus à aller vers ce mode de transport, telles que la gratuité des frais de parking. De plus, des routes spécifiques ont été aménagées dans ce sens et une restructuration des voieries a été élaborée en conséquence.

59 Sur la base de cette définition, l’autopartage promeut le véhicule particulier comme un moyen de transport propre et efficace de par la flexibilité, la liberté et la facilité d’accès qu’il offre à ses usagers. Véhiculés par cette initiative, beaucoup de projets industriels développent des idées allant dans ce sens. Les voitures électriques beaucoup moins polluantes et économiques en énergie, les smart véhicules prenant très peu de places et facilement maniables surtout en ville, les véhicules hybrides, etc. sont ainsi nés pour répondre au besoin de mettre en œuvre des systèmes de mobilité durable et avancée et sont fortement liés au concept de l’autopartage. Faisant écho avec ces systèmes grâce au grand intérêt qu’il suscite chez les industriels aussi bien que les chercheurs, l’autopartage est aujourd’hui une source intarissable d’avancées technologiques. Beaucoup d’efforts ont été déployés dans ce sens et l’autopartage a connu une propulsion stratégique englobant le monde entier.

I.5.1.4. Autopartage : Histoire et état de l’art

L'autopartage a vu le jour en 1948 avec la plus ancienne organisation de partage de véhicule retracée dans la littérature : SEFAGE (Selbstfahrergenossenshaft, ce qui pourrait être traduit en " club de conducteurs "). Cette organisation a été fondée à Zurich, en Suisse. Il s'agissait essentiellement d'un club où les membres s'étaient cotisés pour acquérir une automobile. Sans aucune fin commerciale, l'objectif principal était de s'offrir le privilège de disposer d'un véhicule disponible selon le besoin (44). Les initiateurs de ce service n'étant pas conscients de son caractère novateur, SEFAGE ne s'est jamais développée davantage et n'a jamais compté plus de quelques usagers et l'expérience fut ainsi sans lendemain.

Après cette expérience, et plus particulièrement durant ces dernières années, le concept de l'autopartage a connu un grand développement donnant naissance à plusieurs nouveaux systèmes. Les travaux de recherche réalisés jusqu'aujourd'hui peuvent être subdivisés en deux catégories suivant les critères de gestion des réservations adoptés au sein du système. La première catégorie se base sur une gestion statique des réservations alors que la deuxième traite l'aspect dynamique (i.e. en temps réel).

Une multitude de systèmes très ou peu connus existent d’ores et déjà dans plus de 1000 villes15. Classés dans l’une ou l’autre de ces catégories, ils sont opérables à travers le monde entier allant même jusqu’à s’installer dans les petites communes. Nous en citons à titre d’exemple le réseau bien connu « France Autopartage » créé au début des années 2000 (43)

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60 et qui regroupe une panoplie de projets et travaux ayant été réalisés pour la mise en place de services d’autopartage plus ou moins évolués sur le territoire français. C’est ainsi que des systèmes tels que City Roul’ à Rennes, Lilas à Lille, Mobilib à Toulouse, Autolib’ à Lyon, etc. ont intégré ce réseau pour engendrer une expansion très remarquable de ce concept en France allant jusqu’à s’installer dans les petites provinces. En parallèle, l’autopartage a aussi été très développé de par le monde entier, touchant les pays de l’Europe (45), les états unis, la Grande Bretagne, etc. Parmi les systèmes qui relèvent de la gestion statique des réservations, l’on peut citer : mobility qui est le leader du marché de l’autopartage en Suisse, Communauto au Canada, CityCarClub en Grande-Bretagne, CambioStadt dans la ville de Bremen en Allemagne, Autopia et Cambio qui sont les deux alternatives d’autopartage en Belgique, ZipCar et I-GO aux états unis, etc.

Par ailleurs, en matière de réservations dynamiques, quelques systèmes existent mais la plupart d’entre eux sont restés à un stade embryonnaire n’intégrant que très partiellement l’aspect temps réel dans leurs services. Ayant développé un concept innovant de nouvelle mobilité urbaine de type VIP pour Véhicules Individuels Publics sans obligation de stationnement dans des sites dédiés à cet effet ; le projet le plus en vue aujourd’hui en France est celui baptisé Cité Vu16 implémenté à Antibes et réalisé par la société Vu Log. Dans le même contexte de gestion dynamique des réservations, nous pouvons aussi citer le projet Autolib’17 implanté à Paris et dont le déploiement a été initialement prévu pendant le dernier trimestre de l’année 2010 mais qui n’est toujours pas opérationnel jusqu’à ce jour. Tous ces travaux, qu’ils soient inscrits dans le cadre d’une gestion statique ou dynamique, ont été présentés et détaillés dans (46).

I.5.1.5. Autopartage : Meilleur substitut pour la voiture personnelle ?

Sur la base de tout ce qui a précédé, nous pouvons conclure que la voiture en accès libre se présente donc comme un service de mobilité avancée qui offre les avantages de l'automobile privée dont essentiellement une grande flexibilité d'usage, tout en limitant, pour ses adhérents, la nécessité d'en acquérir une (47). Dans ce sens, le véhicule partagé est souvent promu comme l’alternative adéquate venant remplacer le besoin d’acquisition d’un véhicule personnel (48). Il constitue ainsi le meilleur substitut à la voiture privée (49) dans la mesure où il permet de bénéficier des mêmes avantages tout en se débarrassant de ses inconvénients.

16 http://www.citevu.com/citevu/home/index.aspx

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61 Par ailleurs, l’étude approfondie du concept de l’autopartage nous a amenés à en dénicher plus d’un inconvénient, non très importants mais préservant certaines limites et restrictions quant à l’usage spontané du véhicule. En effet, le service d’autopartage, sur la base d’une tarification à l’heure et au kilomètre parcouru, n’est avantageux que dans le cas de courte distance. Dans le cas contraire, il devient très coûteux de prendre un véhicule de la flotte pour un usage personnel sur une durée plus ou moins longue (e.g. pour partir en vacances, en mission, etc.). Le service d’autopartage est ainsi fait pour des trajets de courte durée (inférieurs à une journée). Par ailleurs, les personnes dépourvues du luxe de possession d’une voiture personnelle sont celles qui bénéficient le plus de ce service. Celles qui sont déjà dotées de ce luxe préfèrent leurs véhicules personnels, plus faciles d’accès et plus souples d’usage. C’est dans ce sens, et conjointement aux problèmes de gestion logistique de la flotte de véhicules, d’encombrement des routes et autres, que l’autopartage nécessite plus d’efforts pour être vraiment compétitif. En parallèle, le covoiturage, au lieu de rajouter de nouveaux véhicules, utilise ceux des particuliers sans nécessité d’aménagement de routes ou d’infrastructures pour la mise en place de stations et parcs pour accueillir la flotte de véhicules. De plus, il n’est pas non plus nécessaire dans le concept du covoiturage de mettre en place des services de redistribution de la flotte, de gestion logistique, de maintenance technique ou autre. Certains systèmes mobilisent des staffs techniques, un personnel expert et spécialiste, des véhicules lourds, etc. pour la maintenance et la gestion de la flotte. Ceci engage l’entreprise initiatrice du service dans un labyrinthe sans issue de charges et investissements assez coûteux en matière de main d’œuvre, de produits et matériels spécifiques, etc. étant essentiellement basé sur les véhicules de particuliers, le covoiturage vient remédier à tous ces problèmes et répondre à des questions longtemps restées en suspens.

Dans le document Combinaison des techniques d’optimisation et de l’intelligence artificielle distribuée pour la mise en place d’un système de covoiturage dynamique (Page 58-62)