A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
C ATHERINE DE Z ELICOURT
Une méthode de martingales pour la convergence d’une suite de processus de sauts markoviens vers une diffusion associée à une condition frontière.
Application aux systèmes de files d’attente
Annales de l’I. H. P., section B, tome 17, n
o4 (1981), p. 351-376
<http://www.numdam.org/item?id=AIHPB_1981__17_4_351_0>
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Une méthode de martingales
pour la convergence d’une suite de processus de sauts markoviens
vers unediffusion associée
à
unecondition frontière.
Application
auxsystèmes de files d’attente
Catherine DE ZELICOURT
Centre de Mathématiques Appliquées (ERA, CNRS 747), École polytechnique, 91128 Palaiseau Cedex, France. Tél. : 941-82-00 Ann. lnst. Henri Poincaré,
Vol. XVII, n° 4, 1981, p. 351-375.
Section B : Calcul des Probabilités et Statistique.
ABSTRACT. - We describe a convenient method for
proving
weak conver-gence of a sequence of markovian
time-homogeneous pur jump
processesX~
to a diffusion process in a closed subset G of
IRP
with aboundary
ôG whichis
piecewise
smooth.Basically
it is shown that the limit solves a continuoussub-martingale problem.
Because the state space has a
boundary,
we think it is not veryadapted
toapply
the classicalapproach developped by
Kurtz and based on semi-group
theory :
inparticular,
it is difficult to find a dense class of test functions.With our
martingale
andsub-martingale approach,
we do not need to dealwith this
problem
and theproofs
arerelatively simple.
We
study
also animportant example
inqueueing theory,
which is not ofJackson-type.
INTRODUCTION
Déjà
de nombreux auteurs se sont intéressés à la convergence d’une suite de processus de sauts vers un processuscontinu,
convergence enprobabilité
uniforme ou convergence faible.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B - Vol. XVII, 0020-2347/1981/351/a 5.00/
© Gauthier-Villars
Du
point
de vuepratique,
l’intérêt de tels résultats est évident :remplacer
un modèle
stochastique
dontl’analyse
est difficile par un modèleplus simple.
Dans
[9]
Kurtzapproche
le nombre departicules
d’unepopulation,
«lorsque
ce nombre est suffisamment
grand
», par un modèle déterministe. Les théori- ciens des filesd’attente, Kobayashi [7],
Reiman[19],
Lemoine[12], Igle-
hart
[6],
Gelenbe[5],
...développent
la méthode dited’approximation-
diffusion
lorsque
la file considérée estproche
de la saturation.L’objet
de cet article est d’établir un théorème de convergence d’une suite de processus de sauts purs,markoviens, homogènes
dans letemps,
à valeurs dans un fermé G deIRP
de frontièrerégulière
par morceaux, vers une diffu- sioncontinue,
convergence au sens faible dansl’espace
de Skorokhod cor-respondant.
MÉTHODES
ET OUTILSLe
principe physique d’approximation
est celui de Feller[4] :
àpartir
d’un processus de saut donné on
procède
à une diminution del’amplitude
des sauts, à une
augmentation
du nombre de sauts par unité detemps
et àune
compensation jusqu’à
saturation entre sautspositifs
etnégatifs.
Ce
changement d’espace
d’états et cette dilatation de l’échelle destemps
sont à la base de
l’approximation
du mouvement brownien par des marchesaléatoires, exprimée
dans le théorème de Donsker[1].
Dans un tel cas deprocessus à valeurs dans
l’espace
I~p toutentier,
la méthode utilisée par Kurtz[11]
consiste à montrer :1)
Lacompacité
faible ou étroite de la suite des loiscorrespondantes.
2)
La convergence desgénérateurs
infinitésimaux des processus de sautsvers le
générateur
infinitésimal d’unediffusion,
identifié pour un ensemble de fonctionsdense;
le théorème de Trotter-Kato([22], [8]) implique
alorsla convergence faible des distributions finies des processus de sauts vers celles de la diffusion. Cette diffusion est alors
unique
et la convergence faible de la suite des processus est obtenue.La méthode que nous utilisons ici dans le cas de processus avec frontière suit ces deux
étapes,
mais1)
noussimplifions
lesproblèmes
decompacité
en utilisant des résultats récents sur lacompacité
dessemimartingales,
2)
au lieu demanipuler
lessemigroupes
des processus, nous caractérisons chacune des lois comme solution d’unproblème
demartingale
ou de sous-martingale
au sens de[13]
et[3].
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 353
Cette méthode semble
beaucoup plus appropriée
etd’usage plus souple
dans ce nouveau cadre. D’autre
part
onpeut espérer
l’étendre au cas nonmarkovien.
NOTATIONS ET RAPPELS
Soit G un ouvert convexe de
[R P
dont la frontière est la réunion d’un nombre fini de variétés suffisammentrégulières (au
sens de[3])
dedimension p -
1.L’espace SZ°
destrajectoires
est l’ensemble~((~+, G)
desapplications
continues à droite et limitées à
gauche.
Il est muni de latopologie
de Sko-rokhod et de la tribu borélienne
~ °
associée.désigne
le processuscanonique
sur(Q?, ~ °),
filtration associée.Pour tout n considérons
l’opérateur intégro-différentiel
bn :
G -~f~p
estborélienne,
bornée sur toutcompact
,
Sn
est un noyaupositif
borélien défini sur G x 0}) qui intègre
où
( u ~ 2A 1
uniformément sur toutcompact;
deplus
pour tout x le sup-port
de la mesureSn(x, .)
est contenu dansl’ensemble {
u : x + u E G}.
Pour un état
quelconque
xo ECi
uneprobabilité Pxo
surest dite solution au
problème
desmartingales
issu de xolorsque ([13]) :
est une
Pxo martingale
locale.b)
Peut êtreremplacé
parb’) :
tingale
locale vectorielle telle que, pour tout 0 Ef~P
lamartingale
réelle 0. M"est localement de carré
intégrable
de processus croissantIl est montré dans
[13]
que l’existence et l’unicité dePx
pour tout x E Gimplique
pour le processusXr, P~)
d’être fortement markovien.Vol. XVII, n° 4 - 1981.
Nous allons établir la
compacité
étroite relative de la suite ainsidéfinie,
pour un xoquelconque
dansG, puis
donner unepropriété
communeà toutes les valeurs d’adhérence de cette suite en termes de solution d’un même
problème
desous-martingales continues,
et enfin démontrer 1.’unicité d’une telle valeur d’adhérencePxo.
1 RELATIVE
COMPACITÉ
FAIBLE DE Soit xo E G.THÉORÈME 1. - Hl : 1
(3bn
--~{ sup 1
> 0H2 : la suite n -
Éui uu*Sn ( . , du)
estuniformément
bornée sur G.H3 : la suite n -
bn( . )
estuniformément
bornée sur G.H4 :
(Vt)(3Kt
>0)(Kt U2 t),
.st)(Vx
EG).
CONCLUSION. - est faiblement relativement
compacte.
De
plus
toute valeur d’adhérenceP Xo
est telle queP xo(Xo = xo)
=1,
etPxo
presque toutes lestrajectoires
du processus X sont continues.Démonstration. - Le
problème
desmartingales
sous sa formeb’) (cf.
Notations etrappels)
faitapparaître
la suite desemi-martingales (X,
Nous allons utiliser des résultats de
compacité
de[1], [15]
et[18]
sous uneforme
adaptée
à notreproblème.
La suite
(X,
est C-tendue siLa condition suffisante
suivante,
due àAldous,
pour que(X,
soitD-tendue,
est étudiée dans[15] :
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 355
f)
3a > 0 supsup Xt ]
>a]
~.~ > 0 lim sup
P~[) XT+s - X~ ! ~ s] ~
pour tout temps d’arrêt Tsur
Enfin,
citons le corollaire 11-3.6 de[18] :
Si est une suite de
martingales
locales sur~ possédant
lesdeux
propriétés :
f)
il existe unesuite ~
-~ 0tq ]
>cj ~~
0.tO ~ "
ii")
ilexiste g : tR+ -~ R+
croissantetq g(M) B0 ~MB0,
ett M", ( M~ M~)J>g(~-~ ))] ~ 0,
° s, t
~ *
alors est C-tendue.
On sait
qu’une
somme de suites de processus D-tendues n’est pas néces- sairement D-tendue. Mais si chacune des suites est C-tendue saufpeut-être
l’une d’entre
elles,
alors la somme est D-tendue.C’est le cas
qui
seproduit
ici :(X,
vérine à l’évidence/)
etet
Pour le
processus bn(Xu)1{Xu~~G}du,
si T untemps
d’arrêtquelconque,
l’utilisation de
l’inégalité
deBienaymé-Tchébycheff
nous amène au calculsuivant :
puisque
le processus X est markovien pour les tribusF?
et les lois etl’hypothèse
H4permet
de conclure.Enfin
l’expression de ( Mn, Mn)t = j) r du)
etl’hypothèse
H2montrent
que ( Mn,
est C-tendue.La suite des
semi-martingales
Mn + est alors D-tendue par un résultat de[18].
(X,
est donc finalementD-tendue,
et parconséquent
C-tenduegrâce
à
l’hypothèse
Hl sur les sauts..4 - 1981.
2. IDENTIFICATION DES VALEURS
D’ADHÉRENCE
DE AUX SOLUTIONS D’UNPROBLÈME
DE SOUS-MARTINGALES CONTINUES
C’est la formulation
b)
duproblème
desmartingales (cf.
Notations etrappels) qui
intervient maintenant pour caractériser lesPxo.
En fait nousallons
plutôt
utiliser unproblème
desous-martingales équivalent.
Cetteméthode
permet
d’éviter l’utilisation de la notion detemps
local.Grâce à la formule de
Ito,
toute solution duproblème
des martin-gales b) (cf.
Notations etrappels)
est solution desproblèmes
suivants :est une
Pxo martingale locale,
et donc :r u L" " J
est une
Pn sous-martingale ; si a’f
+L f
= 0 sur dG xR+,
c’est unemartingale locale).
Alors,
pour xo EG
on a le théorème :THÉORÈME 2. - Nous
faisons
leshypothèses
Hl et H4précédentes
ainsique les suivantes :
Al
A2 : Pour tout nE N les restrictions à G des
fonctions bn
et’1 du)
admettent un
unique prolongement
par continuité à G toutentier,
noté respec-tivement bn et
bn(.)b(.)
!
/’ .) 11- o uniformément
sur G
A3
b : G ~
RP et a :_ (R) bornées,
, a strictement
elliptique uniformément
en x E G.Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 357
A4 : la suite
n -~ ~ 1
converge dans~+ uniformément
sur ôG.On note la limite
y , b (y, b)
étant uncouple de fonctions définies
sur ôG etprenant ses valeurs dans
(f~ + B ~ (0, 0) } .
A5 : la suite matricielle n ~
Éui uu*Sn( ., du)
convergeuniformément
vers 0 sur
(03B4-1 (0))c
et estuniformément
bornée surb -1 (0).
A6 : la suite vectorielle n -
I Î
convergeuniformément
vers V surV
définissant
unchamp
de vecteurs intérieurs à G.A7
(hypothèse
de «régularité»
sur lafrontière~ :
Il existe une
fonction
g E( G
x telle quel’expression
b~g ~t
+ y ôVsoit minorée
uniformément
sur âG x par une constante strictementposi-
tive.
Alors : toute valeur d’adhérence
Pxo
de la suite est solution du pro- blème dessous-martingales
continues issu de xo et associé au sens de[3]
àl’opérateur
dediffusion
L dans l’ouvert G et à la conditionfrontière (r, ~)
sur
ôG,
avec
REMARQUES
3.- 1) L’expression
del’opérateur
limite sur la frontière faitapparaître
trois sortes de condition limite sur ôG :une réflexion pure
sur ~ -1 (o),
uneabsorption
une
partie élastique
sur(b -1 (o))~
n(y -1 (o))~.
2)
Il est naturel que le vecteurV(x)
ne soit définiqu’en
despoints x
oùil
n’y
a pasabsorption.
3)
A7 est à vérifier danschaque
casparticulier (cf. 4).
LEMME 4. -
Démonstration. Cela résulte de H4 et de la définition de 03B4 dans A4..
LEMME 5. Pour tout t E il existe une
fonction C(8) qui
tend vers 0avec E >
0,
telle que :où
Démonstration. Nous
appliquons
la formulationb)
duPxo problème
des
martingales
avec unefonction f de appropriée :
Le
premier
membre del’égalité
estmajoré
parC(8)
pour n assezgrand grâce
au lemme 4 et aux
hypothèses Al, A3, H4,
A5 du théorème2, si le
est iden-tiquement
nulle sur G n et si elle est bornée surôG£
ainsi que sa dérivée par une fonction tendant vers 0 avec s.Enfin,
vu le second membre del’égalité,
il suffit soit minorée uni- formément sur une bande E~l *)
par une constante strictement~ ~ k
positive. []
Démonstration du théorème 2.
D’après [3]
ils’agit
d’établir queest une
Pxo sous-martingale
continue.Nous démontrons d’abord ce résultat pour les fonctions
x +) puis
nous utilisons un critère de densité.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
359 CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS
Pour
simplifier
les notations nous supposons quePxo.
La démons-tration se fait en
plusieurs étapes :
A) Soient s t,
Fpositive
continue bornée~ S
mesurable.Nous allons montrer
l’inégalité
suivante :pour toute fonction
f
deCb ~1(G
x(~+).
Pour cela nous établissons simultanément les deux résultats suivants :
a)
Par leshypothèses
Al et A3 et le caractère bornéde f et
de sesdérivées, Lnf tend
versL f uniformément
surG,
de sorte que :donc
aussi,
pour n >_NE,
et la
première égalité
est ainsi obtenue.Vol. XVII, n° 4 - 1981.
b) Pour
laseconde, considérons,
pour 8 > 0arbitraire,
unefonction g~
deC) (G) qui
vaut 1 sur 0 sur ôG et estcomprise
entre 0 et 1 sur G nôG£
Les coefficients a et b de
l’opérateur
L étantbornés,
Fpositive
etbornée, positive
etmajorée
par la fonction on a :et le second membre est lui-même
majoré
parC(s) d’après
le lemme 5.D’autre
part,
la convergence faible dePxo
versPxo,
la continuité dePxo
presque toutes les
trajectoires
du processuscanonique (cf.
théorème1)
et la continuité et bornitude de toutes les autres fonctions utilisées
permettent
d’écrire :Ainsi,
enappliquant
une seconde fois le lemme 5 etl’inégalité
on
obtient,
pour tout 8 >0,
d’où la seconde
inégalité escomptée.
361
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS
B) Si f E x [R+),
la formule deTaylor-MacLaurin permet d’écrire,
pour
(x, t )
E ôG x fixé :Ainsi :
C)
Soit doncx f~ + )
tellequ’il
existe ce > 0 pourlequel,
en tout
Alors, d’après B),
pour n assezgrand
est
positif
en tout(x, t )
de ôGx f~ + ,
etl’inégalité
établie dansA)
permet d’affirmer que :est une
Pxo sous-martingale (avec
leshypothèses
duthéorème,
àchaque
rang n on n’a
plus
seulement unePXO sous-martingale
locale mais une vraiesous-martingale).
D)
Soitf E
xR+)
tellequ’il
existe ce > 0 pourlequel,
sur toutôG
Elle
peut
êtreapprochée
uniformément par des fonctionsfn
dex IR+)
tellesque ~fn ~t
+ et +rf,. convergent
uniformé-Vol. XVII, 4 - 1981.
ment
vers ~f ~t
+L f et 03B4~f ~t
+r/
Pour cesfonctions,
il existeN03B1
tel queL’utilisation de
C)
et du théorème de convergence dominée étendent ainsi le résultat dePxo sous-martingalité
à toutes les fonctions de xdont la condition frontière limite est uniformément minorée.
E) Soit f ~ C2,1b(G
xR+)
telleT f > 0
sur âG xR+
etsoit g
vérifiantl’hypothèse
H8.On
applique D)
à lafonction hk = f + kg, k E Rt.
Le théorème deconvergence
dominée,
utiliséquand k - 0,
permet deconclure. []
3.
UNICITÉ
DE LA VALEURD’ADHÉRENCE
Nous
désignons
parôGr
l’ensemble despoints
de la frontièrequi
sontréguliers
au sens suivant([3]) :
pour tout x E il existe un
voisinage
ouvert0x
de x dans G et une fonc-tion cjJ
E tels queOn note
G,
= G u~G,
=Nous supposons
toujours
que 3G est la réunion finie de sous-variétés fermées de dimension inférieure ouégale
à /? 2014 1 :SG~
est donc fermé etG~
localementcompact.
Onpeut
alors trouver une suite croissante d’ouvertsOn
deG,
vérifiant(R)
et recouvrantG~
THÉORÈME 6. - xo est un
point de
G U~G~
tel que ait /~hypothèses
Hl et H4 du théorème
1, Al, A2, A5,
A7 du théorème 2 et leshypothèses
suivantes: .’
* a :
G - Mp
xp(R)
strictementelliptique uniformément
en x EG,
lescoeffi-
cients de sa racine carrée Q étant localement
lipschitziens bornés,
* b
appartient
en toutpoint
au sous-espace vectorielengendré
par lesvecteurs colonnes de a, ou est
lipschitzien;
lescoefficients
de b sont bornés.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 363
A’4 : | bn |
converge dansR+ uniformément
sur ôGvers 03B3 03B4
où(y, 03B4)
est uncouple
defonctions définies
sur ôG etprenant
ses valeurs dans(F~ + ~ ~ (0, 0) },
y étant de
plus
soit strictementpositive,
soitidentiquement
nulle surôGr, bornée,
localementlipschitzienne,
et 03B4 continue bornée.A’6 :
b n
convergeuni formément
vers V sur V étant unchamp
de vecteurs
défini
sur tel queA8
(condition
surV(x)
pour les x « voisins» deâGs) :
Il existe unefonc-
tion 03C6 ~ C2b(r) telle que ’Y 0 sur
~Gr, 03C6
0 surGr,
0 surG,
et pour tout x E
ôGs
lim~p(y) _ -
~.Alors : la suite
(P~),,6~
converge vers la loiunique
solutiondu problème
des
sous-martingales
continues issu de xo et associé au sens de[3]
auxopéra-
teurs
(L, r, 5).
Démonstration. - Par les
chapitres
1 et 2précédents,
on sait que le pro- blème dessous-martingales
continues associé à(L, r, 5)
et aupoint
initialXo E a au moins une solution. La
convergente
sera démontrée s’il y a unicité de cette solution.Pour
cela,
considérons une suite croissante d’ouvertsOn
deG qui
recou-vrent
G~
et vérifient(R).
Pour xo E
G~, partir
d’un certain rang. Si T~ est letemps
de sortiede
On
du processuscanonique,
àpartir
de toute solutionP~
duproblème
des
sous-martingales
continues associé à(xo, L, r, ~)
on construit unesolution
P~
auproblème
dessous-martingales
arrêté à la sortie deOn
au sens suivant :
est une
Pxo sous-martingale.
Soient
Pxo
etQxo
deux solutions duproblème (L, r, 5)
issu de xo. Soientrn
et03B4n
desprolongements à 0n
des restrictions de r et 03B4 àOn
nôGr
telsqu’il
y ait unicité de la solution duproblème
dessous-martingales
continuesVol. XVII, n° 4 - 1981. 15
associé à
rn, ~n)
et ceci estpossible ([3] : II.2.3) grâce
auxhypo-
thèses faites sur l’ouvert
On
et sur les coefficients desopérateurs.
A
partir
de(resp. Qxo)
et pourtout t,
onpeut
construire uneproba-
bilité(resp. qui
coïncide avecP~n (resp.
sur etqui
estsolution du
problème
dessous-martingales
associé à(Ln, hn, ~n)
et xo.On a donc
Qxô
pour tout t et parconséquent Pij
=Qxô
sur~ °t
et
Pxo
=Qxo
surn
Si
Or
=~(I~+, Gr)
est l’ensemble destrajectoires
à valeurs dansGr,
et
On
=~((~+, On)
l’ensemble destrajectoires
arrêtées à la sortie deOn (ou
l’ensemble destrajectoires
à valeurs dansOn), Or
s’identifie à la limiteprojective
des de sorte que l’on en conclut l’unicité de la solutionP ô (sur
duproblème
dessous-martingales
continues à valeurs dansGr.
Enfin on aura unicité pour le
problème
sur Q tout entier si l’on n’atteintPxo (ou Qxo)
presquejamais
lespoints singuliers
de la frontière de G.Or, d’après
A8 il existe unefonction
E telle quePuisque
~pappartient
à et satisfait à la condition frontière surôGr,
est une
P ô sous-martingale.
Par le théorème d’arrêt on adonc,
Vn :et donc
COROLLAIRE 7.
- Supposons
que l’on ait toutes leshypothèses
du théo-rème 6 pour tout x E
Gr. Alors,
pour tout x EGr,
les lois des processus de saut convergentfaiblement
versPx
et lafamille définit
un processus de Markovunique
à durée de vieinfinie
et àtrajectoires
continues dansGr.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
365 (ON VERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS
REMARQUES
8.- 1)
L’existence de la fonction ç s’étudie sur lesexemples.
Elle
impose
certaineshypothèses
sur lesV(y)
pour y voisin d’un mêmepoint
x EôGs ([2]).
2)
Dans lapratique,
la convergence de versP x uniquement
pourles états x
réguliers
est suffisante([2]).
4. EXEMPLE
Considérons d vecteurs
(d > 2)el,
e2, ..., edde IRP et p
suites de réelsDéfinissons sur G les
applications
suivantes(n
e1, 2, ... , p }) :
Introduisons les
générateurs
avec
~"
-~0,
c’est-à-dire :Le
problème
desmartingales
associé àLn permet
de définir un processusPx)
fortement markovien et un seul sur(SZ°, (~’°)t ~ °) (cf.
Notationset
rappels).
On
peut
traiter de la sorte le cas des filesM/M/1, sip = l, d = 2, G = I~+
(voir [2],
ch.2).
Ici nous allons illustrer cette situation
générale
avec deuxexemples
dedeux files en tandem
( p
=2. d
=3) :
la deuxième file est, dans lepremier exemple
àcapacité illimitée,
dans le second àcapacité
limitée.Vol. XVII, n° 4 - 1981.
A)
Dans lepremier
cas G est lequart
deplan positif.
THÉORÈME 9.
Bl : pour tout n,
~,ln) /~,Zn) /~,3n)
B2 :
bn-~ 0
Les quatre
hypothèses
B3 : le vecteur
drift 03B4n( )
converge vers bB4 : la ma’rice
03B42n (03BB(n)1 )
convergevers a, matrice à termes non
nuls,
entraînent la convergence de la suite de processus de sauts associés aux para- mètres
(~n, ~.ln), ~,2n), ~,3n))
vers ladiffusion
de Gqui
est degénérateur
dans G et
qui
estréfléchie
surla frontière
ôG suivant lechamp
de vecteurs Vreprésenté
sur lafigure.
Démonstration. On voit immédiatement que les fonctions y et 03B4 définies dans le théorème 2 sont
égales
à 1 et 0respectivement.
-t
Pour
montrer
queÎ
tend vers 0 pour tout((xo, yo), t)
E G xf~+
en restant de l’ordre de~n,
nous faisons un calculpréalable
sur les files d’attenteM/M/ 1.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 367
Soient À
et J1
les taux d’entrée et de service d’une telle fileX(~, ~c).
On
désigne
par nt le nombre de renouvellements avant t, par ~1)
lesdurées des « idle
periods
»successives, > 1 )
des «busy periods
»,+ ~.
Par
propriété
de la loiexponentielle,
les variables aléatoires(resp. (~k)k)
sontindépendantes
entre elles et de même loi et les deux suites r’ et r" sontindépendantes.
L’égalité
de Wald est doncapplicable :
La
longueur
d’une idleperiod
est de loiexponentielle
deparamètre ~,,
1
donc
Eo(z ) - ~ ,
d’autrepart Eo(i ) -
1--~ _ - ~ .
" Ainsi Ppour tout
Xo E IR+ d’après
lapropriété
de Markov.Maintenant,
pour la file entandem,
nous avons :Vol. XVII, n° 4 - 1981.
quantité qui
est bien de l’ordrede 03B4n d’après
B3 et B4 etqui
est de la formerequise
parl’hypothèse
H4 du théorème 2.D’autre
part
la fonctiong(x, ~) = ~
sin(x + ~) - e-x(y+2) - e-Y
vérifieg > 2 1
surôG,
r étantl’opérateur ~ ~V
pour le vecteur Vreprésenté
surla
figure.
Il nous reste alors à étudier l’existence d’une fonction ç satisfaisant à
l’hypothèse
A8 du théorème6, qui
assure l’unicité duproblème
des sous-m artingales
limite.LEMME 10. - Si
l’opérateur
dediffusion
limite L n’a que des termes du second ordre(b
=0),
on peut exhiber unefonction
~pvérifiant
A8.Démonstration. En fait on
peut
même résoudre lesystème
Pour
diagonaliser l’opérateur a2 2
ox +a2 2 - oy - oxoy
on est amené à faireun
changement
de variables linéaires(X, Y)
et lesystème
s’écrit :Dans ce nouveau
repère
nous prenons les coordonnéespolaires (r, 0) :
On vérifie que la fonction
Log
r - 8 est solution de cesystème..
1 - a
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 369
Il reste à montrer l’unicité du
problème
dessous-martingales
limitelorsque
le vecteur b de
l’hypothèse
A3 n’est pas nul.Il existe pour cela une solution
purement analytique.
Mais il estbeaucoup plus
intéressant ici d’utiliser un théorème dutype
Girsanov.Cependant
celanécessite d’établir
auparavant
unproblème
demartingales
continueséqui-
valent au
problème
desous-martingales considéré,
par construction dutemps
local. Nous ferons cette étude en commun avec le deuxièmeexemple.
B)
Pour la file en dimension 2 dont la seconde salle d’attente est àcapacité
limitée
(« blocking
queue»)
le convexe G et le vecteur limite V sont ceuxreprésentés
sur lafigure :
Le théorème 9
s’applique
sans aucunchangement.
En
effet bn(x, M) ~ _
tend vers l’infini avec n et donc lafonction ~ est encore
identiquement
nulle.Le
temps
que passe la fileX2 (la
seconde coordonnée du processusX)
en son maximum
M,
est inférieur autemps passé
en cet état par une fileM/M/I
deparamètres ~,2
et~,3
et àcapacité
limitée(c’est-à-dire
avecrefus des clients
quand
le seuil estatteint). Or,
pour cette dernièrefile,
Mest un
point
derenouvellement,
donc :expression
de l’ordre de~" (par A3).
La fonction
vérifie C(M > 0 dès que M > 2.
Vol.
L’ensemble
ôGs
despoints singuliers
est formé de(0,0)
et(0, M). V(0, M)
est strictement intérieur à
G,
par contreV(0,0)
est seulementtangent;
il 1y a discontinuité en
(0, 0)
del’opérateur
r’.La matrice constante a est définie
positive :
elle admet la racine carréeoù
Une fonction ç
qui répondrait
à A8 du théorème 6 serait : ç E Cb(Gr)
négative,
tendant vers - oo àl’approche
despoints (0, 0)
et(0, M)
et telleque
Pour la
singularité (0, M)
on vérifie que la fonction suivante convient :où
C)
Existence du temps local pour ladiffusion
limite.PROPOSITION 1 1 . Soit P une solution sur
(SZ°, ~ °, Xt)
auproblème
dessous-martingales
défini sur l’ouvert G =
(~+ x ~ y :
0 yM ~
de(~2.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 371
Il existe un processus unidimensionnel croissant continu
At adapté, unique
tel que :
*
Ao
= 0Pps, E(At)
00 pour tout t.*
At = Pps
pour tout t.* pour toute fonction
f
deC;(G),
v v
est une
martingale
continueDémontration. On suit
[3] (I.1.2
th.2).
Ladécomposition
de Doob etMeyer permet
d’exhiber un processus croissantA{
localementintégrable
continu
adapté unique
pour toute fonctionf
de telle quer f >_
0sur
aG,
et enparticulier AgM qui
est associé ày)
= sin(x
+y)
- +
e-(M+y) et
au minorant aM > 0 de sonopérateur
frontièrergM = grad gM . V .
En introduisant la suite croissante d’ouverts
(relativement compact
dansOn + 1 )
onobtient,
tout comme dans[3],
c’est-à-dire que
Af
ne croît que sur ôG.Toutes les mesures
dA{ portées
par ôG sont absolument continues parrapport
à l’une d’entreelles,
Eneffet, soit f E Cf(G)
telle quer f >
0sur
ôG;
notons m = supr f (x, y) et f
=m
gM -f l
est dans(Jc,y)eeG (’lM
et vérifie
r f a
0 sur ôG de sorte que :Calculons alors la densité aléatoire
a (
=Si
(x, y)
e ôG estfixé,
posonsfl
=0393f(x, y) 0393gM(x, y) ; FgM(X, Y) f
et gM étantcontinues,
pour tout 0 8
fl
il existe unvoisinage
ouvert U de(x, y)
dansR~
tel que
Vol. XVII, n° 4 - 1981.
Avec le lemme 2.5 de
[21]
on en déduit queet donc
ou encore
On en conclut donc que
03B1ft
f =0393gM(Xt).
Ainsi,
enposant At
=_201420142014.
on a l’existence et l’unicité dutemps
local ainsi que les troispremières propriétés
de laproposition.
Pour laquatrième,
on utilise comme dans[Jj
la fonction/ c B
~ ~
Le
,processus
t -qui
est à la fois un processus à variations bornées et uneP-martingale locale,
est nul. NPROPOSITION 12. Le
temps
localA~
estindépendant
de la solution Pdu
problème
dessous-martingales précédent.
PROPOSITION 13.
2014 i) Mt
=Xt - Xo - bt -
est une P mar-tingale
locale continue telle que, pour tout 8 e(~2
lamartingale
réelle( 0, M )
est localementintégrable
de processuscroissant ( 0, a0 )
t.est une P
martingale
locale.iii)
Les deuxproblèmes
demartingale i )
etii)
sontéquivalents.
Démonstration.
i)
Montrons tout d’abord que pour toutef
EC2(G)
est une P
martingale
locale continue.Pour cela soient
Tn
lestemps
de sortierespectifs
des ouvertsSi
f’ E C2(G)
il existe une suite dansCj(G)
telle que pour tout n, g,t soitidentique
àf
sur0n.
Poincaré - Section B
CONVERGENCE D’UNE SUITE DE PROCESSUS DE SAUTS MARKOVIENS 373
En
appliquant
laproposition
11à gn
on conclut queest une
martingale.
~ ~ ~ ~
Considérons alors les fonctions
fo : (x, y)
EG - 0, G) )
pour tout8 E
1R2 :
on obtient queMt
est unemartingale
locale.Avec go
=f 2
onobtient que :
est une P
martingale
locale continue.On montre enfin par les
techniques classiques d’intégration
parparties
que
est une P
martingale
locale.ii)
Onapplique
ài )
le résultat bien connu suivant :Si M et A sont deux processus réels continus
adaptés
sur(Q, !F t)
et si Aest un processus
croissant,
alors dire que M est unemartingale
locale de pro-cessus croissant A
équivaut
à dire que pour tout 0 ER,
exp)
est une
martingale
locale.D) Convergence
des schémasd’approximation.
PROPOSITION 14. - Le
problème
desmartingales
introduit dans la pro-position
13i ) a
une solution P et une seule si b = 0.Démonstration. Si on
applique
la formule d’Ito à laP-semi-martingale
on voit immédiatement que le
problème
desmartingales
défini dans laproposition
13i)
estéquivalent
à celui introduit dans laproposition
ll JVol. XVII, n° 4 - 1981.
pour
toute f ~ Cb (G) ;
enfin toute solution de ce dernier est à l’évidence solution duproblème
desous-martingales
introduit dans le théorème 2.Nous concluons alors avec le théorème 6 et le lemme 10..
THÉORÈME 15. -
(Formule
deCameron-Martin) .
Le
problème
desmartingales posé
dans laproposition
13i)
a une solutionQ
et une seule
quel
que soit ledrift
b.Q
estdéfini
de lafaçon
suivante àpartir
de la solution P duproblème
sansdrift :
Démonstration. L’existence est établie par le théorème de convergence 6.
Pour démontrer l’unicité nous suivons
[l7] (chapitre V) :
àpartir
d’uneprobabilité Qi
sur~ °)
solution duproblème
avecdrift,
nous construi-sons une solution
Pi
auproblème
sans drift.D’après
lespropositions
12 et 13i)
le processusest une
Qi martingale locale,
etd’après
laproposition
13ii)
en est une aussi et ne
dépend
pas de l’indice i. Donc nous pouvons définirune
probabilité Pi
sur(S2°, ~ °)
par :Cette
probabilité Pi
est solution duproblème
desmartingales
sans drift :en effet posons
pour 0 E
1R2 ;
est une
Qi martingale
locale.Soit alors s t et A