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403
:iXVII. On
the Electricity excitedhy the mère Contact ofconduct- ing Substances of différent kinds. In a Letterfrom Mr.
Alexander
Volta, F.R.
S^ Professer ofNatural Philosophy in the Vniversity of Pavia, to the Rt.Hon.
SirJoseph Banks, Bart,K.B. P. R.
S.Read June
26, 1800.A
Côme enMilanois, ce 2omeMars, 1800»Apres un long
silence, dontjene
chercherai pas àm'excuser,j'ai le plaisir de vous
communiquer,
Monsieur, et par votremoyen
à la Société Royale, quelques résultats frappantsaux-
quels je suis arrivé, en poursuivantmes
expériences sur Télec-tricité excitéeparle simple contact
mutuel
desmétaux
dediffé- rente espèce, etmême
par celui des autres conducteurs, aussi différents entr'eux, soit liquides,soit contenant quelquehumeur, à
laquelle ils doiventproprement
leur pouvoir conducteur.Le
principal de ces résultats, et qui
comprend
à-peu-près tous les autres, est la construction d'un appareil qui ressemble pour les effets,c'est-à-dire, pourlescommotions
qu'ilestcapable de faireéprouver dans les bras, &c.
aux
bouteilles deLeyde,
et^mieux
encoreaux
batteriesélectriquesfoiblementchargées, quiagiroient cependantsans cesse,ou
dontlacharge,aprèschaque explosion, se rétabliroit d'elle-même; quijouiroit,en un
mot,d'une charge indéfectible, d'une action sur le fluide électrique,ou
impulsion, perpétuelle; mais qui d'ailleursen
diffère essentiellement, et404 Mr. VoLTA
on the Electricity excited hy tbeContactpar cette action continuelle qui lui estpropre, et parcequ'au lieu
de consister,
commes
les bouteilles et batteries électriques ordi- naires, enune ou
plusieurs lames isolantes,en
couches mincesde
ces corps censés êtreles seulsélectriques,armées
de conduc- teursou
corps ainsi dit non-électriques, ce nouvel appareil estformé uniquement
de plusieurs de ces derniers corps, choisismême
entreles meilleurs conducteurs, etparlà les plus éloignés, suivant ce qu'on a toujours cru, de la nature électrique. Oui, l'appareil dont je vous parle, et qui vous étonnera sans doute, n'estque
l'assemblage d'unnombre
debons
conducteurs de différente espèce, arrangés d'une certaine manière. 30, 40,60
pièces,
ou
d'avantage, de cuivre,ou mieux
d'argent, appliquéeschacune
àune
pièce d'étain, ou, ce qui estbeaucoup
mieux, de zinc, etun nombre
égal de couches d'eau,ou
de quelque autrehumeur
qui soit meilleur conducteurque
l'eau simple,comme
l'eau salée, la lessive, &c.
ou
desmorceaux
de carton, de peau,Sic. bien imbibés de ces
humeurs
; de telles couches interposéesà chaque
couple ou combinaisondesdeux métaux
différents,une
telle suite alternative, et toujours
dans
lemême
ordre, de ces trois espèces de conducteurs, voilà tout ce qui constituemon
nouvel instrument; qui imite,
comme
j'ai dit, les effets desbou-
teilles de Leyde,
ou
des batteries électriques,en donnant
lesmêmes commotions que
celles-ci; qui, àlavérité,restebeaucoup
au-dessous de l'activité des dites batteries chargées àun
haut point, quant à la force et au bruit des explosions, à l'étincelle,à
la distanceà
laquelle peut s'opérer la décharge, &c. égalant seulement les effets d'une batterie chargée àun
degré très- foible, d'une batterie pourtant ayantune
capacitéimmense;
mais qui d'ailleurs surpasse infiniment la vertu et le pouvoir de ces
mêmes
batteries,en
ce qu'il n'a pas besoin,comme
elles,of
conducting Substances ofdifférent kinds.405
d'être chargé d'avance,au
moyen
d'une électricité étrangère; eten
ce qu'il est capable de donner lacommotion,
toutes les foisqu'on le touche convenablement, quelques fréquents
que
soient ces attouchements.Cet
appareil, semblable dans le fond,comme
je ferai voir, etmême
telque
je viens de le construire, pourlaforme, àl'organe électriquenaturelde la torpille,de l'anguille tremblante,&c. bien plus qu'à la bouteille deLeyde,etaux
batteries électriquescon-
nues,jevoudrois l'appellerOrgane
électrique artificiel.Et
auvrai n'est-il pas,comme
celui-là,composé uniquement
decorps con- ducteurs ? n'est-il pasau
surplus actif par lui-même, sans au-cune
charge précédente, sans le secours d'une électricité quel-conque
excitée paraucun
desmoyens connus
jusqu'ici ; agissant sans cesse, et sans relâche; capable enfin dedonner
à toutmoment
descommotions
plusou moins
fortes, selon les circon- stances, descommotions
qui redoublent àchaque
attouchement,et qui, repétées ainsiavecfréquence,
ou
continuées pourun
cer~tain tems, produisent ce
même
engourdissement desmembres;
que
fait éprouver la torpille, &c. ?Je vais vous
donner
iciune
description plus détaillée de cet appareil, et de quelques autres analogues^, aussi bienque
des expériences relatives les plus remarquables.Je
me
fournis de quelques douzaines depetites plaquesrondesou
disques, de cuivre, de laiton,ou mieux
d'argent, d'un pouce dediamètre,plusou
moins, (parexemple, de monnoyes,) et d'unnombre
égaldeplaquesd'etain,ou, cequi estbeaucoup
mieux, de zinc, de lamême
figure etgrandeur, à-peu-près ; je dis à-peu- près, parcequ'une précision n'est point requise, et,en
général, lagrandeur,aussi bienque
la figure, des pièces métalliques, est arbitraire :on
doit avoir égard seulement qu'on puisse les4o5 Mr. VoLTA
on tbe Electridty excîted by the Contact arrangercommodément
les unes sur les autres,enforme
de co- lonne. Je prépareen
outre,un nombre
assezgrand
derouelles de carton, de peau,ou
de quelque autre matière spongieuse, capable d'imbiber et de retenirbeaucoup
de l'eau,ou
de l'hu-meur
dont il faudra,pour
le succès des expériences, qu'elles soient bien trempées.Ces
tranchesou
rouelles,que
j'appellerai disques mouillés, je les faisun peu
plus petitesque
les disquesou
plateaux métalliques, afin qu'interposées à ceux, de lama-
nière
que
je dirai tantôt, ils n'en débordent pas.Ayant
sousma main
toutes ces pièces,en bon
état, c'est-à- dire, les disques métalliques bien propres et secs, et les autres non-métalliques bien imbibés d'eau simple, ou, ce qui estbeau-coup
mieux, d'eau salée, et essuyés ensuite légèrement,pour que
l'humeur n'en dégoutte pas, je n'ai plus qu'à les arrangercomme
il convient; et cetarrangement
est simple et facile.Je pose
donc
horizontalement surune
tableou
base quel- conque,un
des plateaux métalliques, par exemple,un
d'argent, et sur ce premierj'en adapteun
second de zinc ; sur ce second je coucheun
des disques mouillés ; puisun
autre plateau d'ar- gent, suiviimmédiatement
d'un autre de zinc, auquelje faissuccéder encore
un
disque mouillé. Je continue ainsi, de lamême
façon, accouplantun
plateau d'argent avecun
de zinc, et toujours dans lemême
sens, c'est-à-dire, toujours l'argent dessous et le zinc dessus,ou
vice versa, selonque
j'aicommencé,
et interposant à
chacun
de ces couples,un
disque mouillé; je continue, dis-je,à former,deplusieursdeces étages,une
colonne aussi haute qu'elle peut se soutenir sans s'écrouler.Or, si elle parvient à contenir environ
20
de ces étagesou
couples de métaux, elle sera déjà capable,non
seulement defaire
donner
des signes à l'électrometre deCavallo,
aidédu
ofconducting Substances ofdifferent
Un
ds.407
condensateur, au-delà de 10
ou
15 dégrés, de charger ce con- densateur parun
simple attouchement,au
point de lui fairedonner une
étincelle, &c. mais aussi de frapper les doigts avec lesquelson
vient toucher sesdeux
extrémités, (latête et le pied d'unetellecolonne,) d'unou
deplusieurs petits coups, et plusou moins
fréquents, selon qu'on réitère ces contacts;chacun
des- quels coups ressemble parfaitement à cette légèrecommotion que
fait éprouverune
bouteille deLeyde
foiblementchargée,ou une
batterie chargéebeaucoup
plus foiblement encore,ou
enfinune
torpilleextrêmement
languissante, qui imite encoremieux
les effets de
mon
appareil,par la suite des coups répétés qu'ellepeut donner sans cesse.
Pour
obtenirde telles légèrescommotions
de cetappareil queje viens de décrire, et qui est encore trop petit pour de grands
effets, il est nécessaire
que
les doigts avec lesquelson
veut toucher sesdeux
extrémitésen même
tems, soienthumectés
d'eau, au point
que
la peau,qui autrement n'estpasun
assezbon
conducteur, se trouve bien trempée. Encore,
pour
réussirplus sûrement, et recevoir descommotions
considérablement plus fortes, faut-il fairecommuniquer,
par lemoyen
d'unelame
suf-fisamment
large,ou
d'un gros fil métallique, le pied de la colonne, c'est-à-dire, le plateaudu
fond, avec l'eau d'un bassin ou coupe assez grande, danslaquelleon
tiendraplongéun
doigt, deux, trois,ou
toute la main, tandis qu'on ira toucher la têteou
extrémité supérieure, (le dernierou un
des derniers plateaux de cettecolonne,) avec l'extrémité netted'unelame
aussi métal-lique,
empoignée
par l'autre main, qui doit être bien humide,etembrasser
une
large surface de cette lame,et la serrer forte- ment.En
procédant de cette manière, je puis déjà obtenirun
petit picotement,ou
légèrecommotion,
dansune ou deux
MDCCC, 3 G
40
8Mr. VoLTA
on the Electricity excited hy the Contact articulations d'un doigt plongé dans l'eaudu
bassin,en
touchant, avec lalame empoignée
dans l'autre main, la quatrième,ou
même
la troisième pairede
plateaux ; touchant ensuite lacinquième, la sixième, et de proche
en
proche les autres,jusqu*au dernier plateau, qui fait la têtede la colonne, il est curieux d'éprouver
comment
lescommotions augmentent
graduellementen
force. Or,cetteforceest telle,que
jeparviens àrecevoird'unetellecolonne,
formée
de20
paires de plateaux, (pas davantage,) descommotions
quiprennent tout le doigt, et l'affectentmême
assez douloureusement,s'il est
plongé
seul dansl'eaudu
bassin; qui s'étendent (sans douleur) jusqu'au poignet, etmême
jusqu'au
coude, si lamain
est plongéeen grande
partie,ou
entière- ment, et se font sentir encore au poignet de l'autre main.Je suppose toujours qu'on ait pratiqué toutes les attentions nécessaires
dans
laconstruction de la colonne,que chacune
des pairesou
couples demétaux,
résultant d'une plaque d'argent appliquée àune
de zinc, se trouve encommunication
avec la couple suivante, parune
couchesuffisante d'humeur, qui soitde l'eau salée, plutôtque del'eau pure,ou
parun
disque de carton, depeau,ou
autrechosesemblable, bienimbibée decette eausalée;lequel disque
ne
soit pas trop petit, et dont les surfaces soient biencolléesaux
surfacesdes plateauxmétalliques, entrelesquelsil se trouve interposé. Cette application exacte et étendue des disques mouillés, est très-importante;
au
lieuque
les plateaux métalliquesdechaque
paire,peuventne
setoucherentr'euxqu'en peu de points,pourvu
seulementque
leurcontactsoit immédiat.Tout
cela fait voir (pour le dire icien
passant)que
sile con- tact desmétaux
entr'euxen
quelques points seulement suffît (étant tous d'excellents conducteurs) pour donner libre passageà un
courant électriquemédiocrement
fort, il n'en est pas deofco7iducting Substances ofdifférent kinds. 4,09
même
pourles liquides,ou
pourles corpsimbibés d'humeur, qui sont des conducteursbeaucoup moins
parfaits,et qui, par consé- quent, ont besoin d'unample
contact avec les conducteursmé-
talliques, et plus encore entr'eux,
pour que
le fluide électrique puisse passer avec assez de facilité, etpour qu'ilne
soit pas trop retardédans
son cours, sur-tout- lorsqu'il estmu
avec très-peu de force,comme
dans notre cas.Au
reste, les effets demon
appareil (lescommotions
qu'on éprouve) sontconsidérablement plus sensibles, àmesure que
latempératui^ie de l'air ambient,
ou
celle de l'eau,ou
des disques mouillés qui entrent dans la composition de la colonne, et de l'eaumême du
bassin, estplus chaude; la chaleur rendant l'eau- plus conductrice. Mais,ce quila rendbeaucoupmeilleure encore, ce sontpresquetous les sels,etnotamment
leselcommun.
Voilàune
des raisons, sinon la seule,pourquoi il est siavantageux que
l'eau
du
bassin, et sur-tout celle interposée àchaque
paire de plateaux métalliques,l'eau dont sont imbibés les disques de car- ton, &c. soit de l'eau salée,comme
j'ai déjà fait remarquer.Mais
tous cesmoyens,
et toutes ces attentions, enfin, n'ont qu'un avantage limité, etne
ferontjamais qu'on puisse obtenir descommotions
bien fortes, tantque
l'appareilne
consistera qu'enune
seule colonneformée
de20
paires seulementde
plateaux, quoiqu'ils soient desdeux
meilleursmétaux pour
ces expériences, sçavoir, d'argent et de zinc; car,s'ils étoient d'ar-gent
etde plomb,ou
d'étain,ou
de cuivreetd'étain,on
n'obtien- droit pas la moitié de l'effet, àmoins
qu'unnombre beaucoup
plus
grand ne
suppléât à lamoindre
forcedechaque
paire.Or
donc, ce qui
augmente
réellement la puissance électriquede
cet appareil,et la peut porter au degré d'égaler, et desurpasser encore, celle de la torpille et de l'anguille tremblante, c'est le
3 G
24iio
Mr. VoLTA
on the Electricity excited by the Contactnombre
des plateaux, arrangés de la manière, et avec les attentions,que
j'ai expliqué. Si, aux20
paires décrites ci-dessus,on en
ajoute20
ou30
autres, disposées dans lemême
ordre, lescommotions que
pourradonner
la colonne ainsi prolongée, (je dirai tantôtcomment on
peut la soutenir, pour qu'ellene
s'é- croulepas, ou, ce qui estmieux,la partagerendeux ou
plusieurs colonnes,) seront déjàbeaucoup
plus fortes, et s'étendrontdansles
deux
bras jusqu'à l'épaule, sur-tout dans celui dont lamain
estplongée dansl'eau; laquellemain,aveclebras entier,enres- tera plus
ou moins
engourdie, si,en réitérant les attouchements avec fréquence,on
fait succéder cescommotions
l'une à l'autre rapidement, et sans relâche. Cela,en
plongeant toute,ou
presque toute, lamain
dans l'eaudu
bassin; mais, sion ne
plonge qu'un doigt seul, en toutou
en partie, lescommotions
concentrées presque dans lui seul, en seront d'autant plusdou-
loureuses, et si cuisantes qu'elles deviendront insupportables.
On
s'attend bienque
cette colonne,formée
de 4,0ou 50
couplesdemétaux,qui
donne
descommotions
plusque
médiocresaux
deuxbras d'unepersonne, pourra endonner
encore de sen-sibles à plusieurs, qui, se tenant par leurs mains, (suffisamment humides,) forment
une
chainenon
interrompue.Revenant
à la constructionmécanique
demon
appareil, qui est susceptible de plusieurs variations, jevais décrire ici,non
pas toutes cellesque
j'ai imaginées et exécutées,soiten
grand, soiten petit, mais quelques unes seulement, qui sont
ou
plus cu- rieuses,ou
plus utiles; qui présentent quelqu' avantage réel,comme
d'être d'une exécution plus facile,ou
plus expéditive, d'être plusimmanquables dans
leurs effets,-ou plus long-tems conservables enbon
état.Et
pourcommencer
par une, qui, réunissantà-peu-près tousofconducting Substances ofdifférent kinds.
411
ces avantages, diffère le plus,
quant
à sa figure, de l'appareil à colonne décrit ci-dessus, mais qui a le desavantage d'êtreune machine beaucoup
plusvolumineuse; je vous présente ce nouvel appareil,que
j'appellerai à couronne de tasses, dans la figure ci- jointe.(PL XVII.
Fig. 1.)On
disposedonc une
rangée de plusieurs tasses ou coupes, de quelque matièreque
ce soit, exceptés lesmétaux,
de tasses de bois, d'ecaille, de terre,ou mieux
decristal, (des petits verres à boireou
gobelets, sont les plus à-propos,) àdemi
pleines d'eau pure,ou mieux
d'eau salée,ou
de lessive; eton
les faitcommuniquer
toutes,on en forme une
espèce de chaine, par lemoyen
d'autant d'arcs métalliques, dontun
brasA
a,ou
seule-ment
l'extrémitéA,
qui plonge dansun
des gobelets, estde
cuivre rouge,ou
jaune,ou mieux
de cuivre argenté, et l'autre Z, qui plonge dans le gobelet suivant, est d'étain,ou mieux
dezinc. J'observerai ici, en passant,
que
la lessive et les autres liqueurs alcalines sont préférables, lorsqu'un
desmétaux
qui doivent plonger, est l'étain ; l'eau salée est préférable, lorsque c'est le zinc.Les deux métaux
dontchaque
arc secompose,
sont soudés ensemble, dans quelque endroitque
cesoit,au-des- sus de la partie qui plongedans leliquide, et qui doit le toucher parune
surfacesuffisammentlarge: il estpourcela convenable,que
cette partie soitune lame
d'unpouce
quarré,ou
très-peumoins
; le reste de l'arc peut être plus étroit tant qu'on veut, etmême un
simplefil métallique. Il peutaussi êtred'un troisième métal,différent des deux qui plongent dans le liquide desgobe-
lets; puisque l'action surle fluide électrique, qui résultede tous
les contacts de plusieurs
métaux
qui se succèdent immédiate-ment,
la force avec laquelle ce fluide se trouve poussé à la fin, est lamême
absolument,ou
à-peu-près,que
celle qu'il auroit412 Mr. VoLTA
on the Electricity excited hy the Contact reçu par le contactimmédiat du
premiermétal
avec le dernier, sansaucun
desmétaux
intermédiaires,comme
j'ai vérifié par des expériences directes, dontj'avirai occasion de parler ailleurs.Or
donc,une
suite de 30, 40, 60^de
ces gobelets, enchainés de cette manière, et rangés, soitdansune
ligne droite, soitdans une
courbe,ou
repliée de toutes les manières, foriTie tout ce nouvel appareil; qui dans le fond, et en substance,est lemême
que
l'autre à colonne, décrit plus haut; l'essentiel, qui consiste dans lacommunication
immédiate desmétaux
différents qui formentchaque
couple, et médiate d'une couple avec l'autre, savoir, par l'intermèded'un conducteurhumide,
ayant lieu pourl'un, aussi bien
que pour
l'autre de ces appareils.Quant
à la manière de mettre celui à gobelets à l'épreuve, ej;quant aux
différentes expériences auxquelles il peut servir, je n'ai pasbesoin d'en direbeaucoup, après ceque
j'aifaitobserver, etexpliquéamplement,
au sujet de l'autre à colonne.On com-
prendra aisément,que
pour avoir lacommotion,
il suffit de plongerune main
dansun
des gobelets, etun
doigt de l'autremain
dansun
autre gobelet, assez éloigné de celui-là;que
cette
commotion
sera d'autant plus forteque
cesdeux
vases seront plus éloignés l'un de l'autre, c'est-à-dire, qu'ily en
auraun
plusgrand nombre
d'intermédiaires ; que,par conséquent,on
aura la plus forte,en
touchant le premier et le dernier de la chaine.On comprendra
aussicomment,
et pourquoi, les expé- riencesréussirontbeaucoup
mieux,en
empoignant, et serrant, dansune main
bienhumectée, une lame
métallique assez large, (afinque lacommunication
soit ici assez parfaite, etse fasseparun grand nombre
de points,) et touchant avec cettelame
l'eaudu
gobelet,ou
plutôt l'arc métallique designé, tandisque
l'autremain
se trouve plongée dans l'autre gobelet éloigné,ou
touche,ofconducting Substances ofdifférent kinds,
413
avec
une lame empoignée
démême,
Tare de celui-ci. Enfinon
comprendra, eton
pourramême
prévoirlé succèsd'unegrande
variété d'expériences, qu'on peut exécuter avec cet appareil
à
couronne de tasses, plus facilement, et d'unemanière
plus évi- dente et parlante, pour ainsi dire,aux
yeux, qu'avec l'autre appareilà
colonne. Jeme
dispenseraidonc
dedécrireun grand nombre
de ces expériences faciles à deviner, et j'en rapporterai seulement quelques unes, quine
sont pasmoins
instructives qu'amusantes.Soient trois vingtaines de ces tasses
ou
gobelets, rangés et enchaînés l'un à l'autrepar les arcs métalliques,mais
de façon que, pourla première vingtaine, ces arcs soienttournésdans lemême
sens,par exemple, lebras d'argenttourné à gauche, et le bras de zinc à droite; etpour
lasecondevingtaine,en
senscon-
traire, c'est-a-dire, le zinc à gauche, et l'argentàdroite ; enfin, pourlatroisièmevingtaine,de nouveau,l'argent àgauche,
comme
pour
la première.Ces
choses ainsi disposées, plongezun
doigt dans l'eaudu
premier gobelet, et touchez, avec lalame em-
poignée parl'autre main, de la
manière
prescrite,le premierarc métallique, (celui qui joint le premier gobeletau
second,) puis l'autre arc qui embrassele second et letroisièmegobelet, etsuc- cessivementles autres arcs,jusqu'à les parcourir tous. Si l'eau est bien s.alée et tiède, et lapeau
desmains
assezhumectée
et ramollie,vouscommencerez
déjà à éprouverune
petitecommo-
tion
dans
le doigt, lorsque vous serezparvenu
à toucher le4©
ou
le 5e arc; (je l'ai éprouvée quelquefois assez distinctement parlecontactdu
3e;) et,enpassantsuccessivement au 6e, 7e,&c.les secousses
augmenteront
graduellementdeforce,jusqu'au20e
arc,c'est-à-dire, jusqu'au dernierde
ceux
tournésdans lemême
sens: mais, en passant outre, au 21e, 22e, 23e,
ou
1er, 2d, 36,4,14
^f' VoLTA
on the Electricity excitedhy the Contact delasecondevingtaine, danslaquelleilssont tous tournésen
sens contraire, les secousses deviendront àchaque
pasmoins
fortes, si bien, qu'au 36e,ou
37e, elles seront imperceptibles, et abso-lument
nullesau 40e
; passé lequel, (etcommençant
latroisième vingtaine, opposée à la seconde, et analogue à la première,) les secousses serontencore imperceptibles, jusqu'au44e ou
45earc;mais
ellesrecommenceront
à dévenir sensibles, etàaugmenter
graduellement, àmesure que
vous avancerez, jusqu'au 60e,où
elles seront arrivées à la
même
forcedu
20e arc.Or, si les 20arcs
du
milieu étoient tournés dans lemême
sensque
les20
précédents et les20
suivants, si tous les60
conspi- roient à pousser le fluide électrique dans lamême
direction,on comprend
decombien
l'effet seroit plusgrand
à la fin, et lacommotion
plus forte; eten
généralon comprend comment,
etjusqu'à quel point, elle doit être afFoiblie, dans tous les cas
ou un nombre
plusou moins grand
de ces forces, parla position desmétaux
à l'opposite, se contrarient.Si la chaine est interrompue quelque part, soit
que
l'eaumanque
dansune
des tasses, soit qu'un des arcs métalliques aitété enlevé,
ou
qu'il soit séparéen deux
pièces, vous n'aurez aucunecommotion en
plongeantun
doigtdansl'eaudu
premier, etun
autre dans l'eaudu
derniervase; mais vous l'aurez, forteou
foible, selon les circonstances, (laissant ces doigts plongés,)au moment
qu'on rétablira lacommunication rompue,
aumo- ment
qu'une autre personne plongera dans lesdeux
tassesoù manque
l'arc,deux
de ses doigts, (qui seront aussi frappés d'une légère commotion,)ou
mieux,qu'elley
plongeracemême
arc qu'on avoit ôté, ou
un
autrequelconque
; et, dans le cas del'arc séparé
en deux
pièces,au moment
qu'onramènera
celles- ciau
contactmutuel
; (de laquellemanière
lacommotion
seraojconducting Substances ofdifférent kinds.
415
plusforte qu'autrement;) enfin, dans le cas de latassevuide,
au moment
qu'eny
versant de l'eau, elle aborderaaux deux
brasmétalliques enfoncés dans cette tasse, et qui se trouvoient
à
sec.
Lorsque
la chaîneou couronne
de tasses est assez longue, eten état de pouvoir
donner une
fortecommotion, on
l'éprouvera, quoiquebeaucoup
plusfoible,quand même on
tiendroit plongésles
deux
doigts,ou
lesdeux
mains, dansun
seul bassin d'eau assez grand, dans lequel aboutissent le premier et le dernier arc métallique, pourvuque
l'une oul'autre de ces mains enfoncées,ou mieux
toutes les deux,on
les tienne respectivement en con- tactde cesmêmes
arcs,ou
assez prèsdu
contact;on
éprouvera^dis-je,
une commotion,
aumoment que
(lachainese trouvant in-terrompue
quelque part) lacommunication
sera rétablie, et le cerclecomplété,d'une desmanières
qu'onvient de dire. Or,on
pourroit être surpris,que
dans ce cercle, le courant électrique, ayant son passage libre à traversune masse
d'eaunon
interrom- pue, dans cette eau qui remplit le bassin, quitte cebon
conduc-teur, pour sejetter, et poursuivreson cours, à travers le corps de
la personne qui tient ses
mains
plongéesdans
cettemême
eau,en
faisant ainsiun
plus long trajet.Mais
la surprise cessera, sion
réfléchit,que
les substances animales vivantes et chaudes, et sur-tout leurshumeurs,
sonten
général des meilleursconduc-
teurs
que
l'eau.Le
corpsdonc
de la personnequi plongeles
mains dans
l'eau, offrantun
passage plus facileque
cette eau au torrent électrique, celui-ci^ doit le préférer, quoiqu'unpeu
plus long.Au
reste,comme
le fluide électrique, lorsqu'il doit traverseren quantité, des conducteurs quine
sont pas par-faits, et
nommément
des conducteurs humides,aime à
s'é- tendre dansun
canal plus large,ou
à se partager en plusieurs,MDCCC.
^3 H
41
6 Mr. VoLTA
on the Electricity excited by the Contact et à prendremême
des détours,trouvant encelamoins
de résis- tance qu'à suivreun
seul canal, quoique plus court ; ce n'est dansnotrecasqu'une partiedu
torrent électrique, qui, s'ecartant de l'eau, prend cette nouvelle route de la personne, et la par- courtd'un bras àl'autre:une
autrepartie,plusou moins
grande, passe à travers l'eaudu
bassin. Voilà la raison pourquoi la secousse qu'on éprouve, estbeaucoup
plus fbible que lorsque le courant électrique n'est point partagé, lorsque la personne fait seule lacommunication
d'un arc à l'autre, &c.D'après ces expériences,
on
peut croire,que
lorsquelatorpille veutdonner une
secousseaux
brasdel'homme, ou aux animaux
qui latouchent,ou
qui s'approchent de son corps sous l'eau, (la- quelle secousse est pareillementbeaucoup
plus foibleque
celle quelepoisson peutdonner
hors del'eau,) ellen'aqu'àrapprocher quelques unes des parties de sonorgane
électrique, là où, par quelque intervalle, lacommunication manque
; qu'à ôter ces interruptionsentrel'une etl'autre descolonnes dont estformé
le ditorgane,ou
entrecesmembranes,
enforme
de disques minces, qui gissent lesunes
sur les autres,du
fond jusqu'ausom- met
dechaque
colonne ; elle n'a, dis-je, qu'à ôter ces inter- ruptions dansun ou
plusieurs endroits, ety
faire naître le contact convenable, soit encomprimant
cesmêmes
colonne^s, soiten
faisant couler entre les pelliculesou diaphragmes
sou- levés, quelqu'humeur, &c. Voilà quelle peut être, et,comme
j'imagine, quelle est réellement, toute la tâche de la torpille,
en donnant
lacommotion
; car tout le reste,jeveux
dire l'in- citation etmouvement donné
au fluide électrique, n'estqu'un
effet nécessaire de son organe singulier, formé,
comme on
voit, d'une suite très-nombreuse de conducteurs,que
j'ai tout lefondement
de croire assez différents entr'eux pour être aussiofconducting Substancesofdifférent Unds.
417
moteurs
du
fluide électrique,dans
leurs contacts mutuels, et deles supposer arrangés de la manière convenable
pour
pousser ce fluide avecune
force suffisante, de hauten
bas,ou
de bas en haut, et déterminerun
courant capable de produire lacommo-
tion, &c. sitôt, et
chaque
fois,que
tous les contacts etcommuni-
cations nécessaires ont lieu.
Mais
laissons maintenant la torpille, et son organe électrique naturel, et revenons à l'organeélectrique artificiel demon
inven-tion, etparticulièrement à celui qui imitele premier,
même
parla forme, (car celui à gobelets s'en éloigne à cet égard,) re- venons à
mon
premier appareil à colonne. J'aurois quelque chose encore à dire par rapport àla constructiondu
dit appareil' à gobeletsou
à couronne de tasses, parexemple, qu'ilestbon que
lapremière et ladernièretassesoientassezgrandes pour pouvoir
y
plonger, à l'occasion, toute la main, &c.;mais
il seroit trop long d'entrer dans tous ces détails.Quant
à l'appareil à colonne, j'ai cherché lesmoyens
de l'allonger beaucoup, en multipliant les plateaux métalliques sans qu'elle s'écroulât ; de rendre cet instrumentcommode
et portatif,et,sur-tout, durable ; etj'ai trouvé,entr'autres, les sui- vants,que
je vousmets
sous les yeux, par les figures ci-jointes.(Pl.XVII.Fig.
2,3,4.)Dans
la Fig. 2de,m m m
m, sont desmontants ou
baguettes,au nombre,
de trois,quatre,ou
plus, qui s'élèventdu
pied de la colonne, et renferment,comme
dansun
cage, les plateauxou
disques posés lesuns sur les autres,en
telnombre,
etjusqu'à lahauteur qu'on veut, et les
empêchent
ainsi de tomber.Les
baguettes peuvent être de verre, de bois,ou
de métal ; seule-ment,
dansce derniercas, ilfautempêcher
qu'elles touchentim-
>médiatement
les plateaux; ce qu'on peut faire,ou en
couvrant3 H2
4i8 Mr. VoLTA
on the Electricity excited hy tbe Contactchacune
de ces baguettes métalliquesavecun
tubedeverre,ou en
interposant entrecelles-ci et lacolonne, quelques bandes detoile cirée, de papier huilé,ou même
de papier simple,ou
tout autre corps enfin,qui soitou
cohibent,ou
mauvais conducteur : lebois,ou
le papier, le sont assez pour notre cas,pourvu
seulementqu'ils
ne
soient pasextrêmement
humides,ou
mouillés.Mais
le meilleur expédient, lorsqu'on veut former l'appareil d'unnombre
très-grand de plateaux, au-delà, par exemple, de 60, 80, 100,est de partager la colonneendeux ou
plusieurs,comme on
voitdans
lesFigures 3 et 4; (PI.XVII.) où
les pièces ont toutes leurs positionsetcommunications
respectives,comme
si c'étoit
une
seule colonne.On
peut en effet regarder laFig.4e, aussi bien
que
la 3e,comme
une colonne repliée.Dans
toutes ces figures, les plateaux métalliques différents sont designés parles lettresA
et Z; (quisontles initielles d'ar- gentetdezinc;) et les disques mouillés (de carton, de peau, &c.) interposés àchaque
couplede cesmétaux,
parune
couche noire.Les
lignes ponctuéesmarquent
l'union d'un métal avec l'autre,dans chaque couple, leur contact
mutuel
parun nombre
quel-conque
de points; ce qui est indifférent,ou
qu'ils sont soudés ensemble, ce qui est bien à plus d'un égard, ce, ce, ce, sont des plaques métalliques, qui fontcommuniquer une
colonne,ou
section de colonne, àl'autre; et b,b, b,b, b, sont,les bassins d'eaux,en communication
avec les piedsou
extrémités descolonnes. ' ^
Un
appareilainsimonté
estassezcommode,
pas volumineux, eton
pourroit le rendre encore plus facilement et plus sûre-ment
portatif, àl'aide de quelquesétuisou
canons,dans lesquelson
enfermeroit et garderoit chaque colonne. C'estdommage
-seulementqu'il
ne
dure paslong-tems en bon
état; les disquesofconducting Substances qfdifférent kinds.
415
mouillés sedesséchant,dans
un ou deux
jours, au pointqu'il faut leshumecter
denouveau; cequ'on peut fairepourtant, sans dé-monter
toutl'appareil,en
plongeantles colonnestoutesfaitesdansl'eau, et (les ayant retirées quelques
tems
après) les essuyant à l'extérieur avecun
linge,ou
autrement, lemieux
qu'on peut.La
meilleuremanière
d'en faireun
instrument aussi durable qu'on peut le souhaiter, seroit d'enfermer et retenir l'eau inter- posée àchaque
couple demétaux,
et de fixer cesmêmes
pla- teaux à leurs places, en enveloppant de cireou
de poix toute lacolonne; mais la chose est
un peu
difficilepour
l'exécution, et exigebeaucoup
depatience. J'y ai pourtantréussi; etj'aiformé, de cette manière,deux
cilindres de20
couples métalliques, quime
servent encore assez bien, après quelques semaines, et ser- viront, j'espère, après des mois.On
a lacommodité
de pouvoiremployer
ces cilindresaux
expériences,non
seulement debout,mais
inclinés,ou cou-
chés,
comme on
veut, etmême
plongésdans
l'eau, la tête seulement dehors : ils pourroient encoredonner
lacommotion
plongés entièrement,s'ils contenoientun nombre
plusgrand
de plateaux,ou
si plusieursde ces cilindres étoient joints ensemble,et qu'il
y
eût quelqu'interruption, qu'on pût ôter à volonté,&c, avec quoi, ces cilindres imiteroient assez bien l'anguilletrem-
blante ; pourmieux
ressembler à laquelle,même
dans l'exté-rieur, ils pourroient être joints
ensemble
par des fils métalliques pliables,ou
des ressorts à boudin, et être couverts dans toute lalongueur d'une peau,etse terminer en
une
tête et enune
queue, bien configurées, &c.Les
effets sensibles à nos organesque
produitun
appareilformé
de40 ou 50
paires deplateaux, (etmême un moins
grand,si l'un des
métaux
étant argentou
cuivre, l'autre est zinc,)ne
420 Mr. VoLTA
on the Electricilyexcited hy the Contact se réduisent passimplement aux commotions
: le courant de fluide électrique,mu
etsollicité parun
telnombre
et espèces de conducteurs différents, argent, zinc, et eau,alternativement dis- posés de lamanière
décrite, n'excitepas seulement des contrac- tionset spasmes dans les muscles, des convulsions plusou moins
violentes dans les
membres
qu'il traverse dans son cours, maisil irrite aussi les organes
du
goût, de la vue, dei'ouie, etdu
tact,proprement
dit, ety
produit des sensations propres à chacun.Et, premièrement,
quant au
sensdu
tact; si,au moyen
d'unample
contact delamain
(bienhumectée)
avecune lame
métal-lique,
ou
mieux, en plongeant lamain profondément
dans l'eaudu
bassin, j'établis d'un côtéune bonne communication
avecune
des extrémités demon
appareil électro-moteur, (il fautdonner
denouveaux noms
à des instruments nouveaux,non
seulement par la forme, mais aussi parles effets,ou
par le prin- ciped'où ils dépendent,) et de l'autre côté j'applique le front, la paupière, le boutdu
nez,aussi humectés,ou
quelque autrepartiedu
corpsoù
la peau soit assez déhcate ; j'applique, dis-je, avecun peu
de pression, quelqu'une de ces parties délicates, bien hu- mectées, contrela pointed'un fil métallique,quivacommuniquer convenablement
à l'autre extrémitédu
dit appareil,je sens,au moment que
s'accomplit ainsi le cercle conducteur, à l'endroit touché de la peau, etun peu
au-delà,un coup
etune
piqûre, qui passent vite, et se repètent autant de fois qu'on interrompt et rétablit ce cercle; de sorte que, si ces alternatives sont fré- quentes, ellesme
causentun
trémoussement, etun
picotementfort désagréable. Mais, si toutesles
communications
continuent sans ces alternatives, sans lamoindre
interruptiondu
cercle,jene
ressens plus rien pour quelquesmoments
; passés lesquels,commence
à la partie appliquéeau
boutdu
fil métallique,une
ofconducting Substances ofdifférent kinds:.
421
autre sensation, qui est
une
douleur aiguë, (sans secousse,) limitée précisémentaux
pointsdu
contact,une
cuisson,non
seulement continuée, mais qui va toujours en augmentant,
au
point de devenir en peu de
tems
insupportable, et quine
cesse qu'en interrompantle cercle.Quelle preuve plus évidente de la continuation
du
courant électrique, pour tout letems que
lescommunications
des con- ducteurs quiforme
le cercle continuent ? etque
seulementen
interrompant celui-ci,un
tel courant estsuspendu
? Cette cir- culationsans findu
fluide électrique, (cemouvement
perpétuel,) peut paroitreparadoxe, peutn'êtrepas explicable; maisellen'en est pasmoins
vraie et réelle, eton
latouche,pour
ainsi dire, des mains.Une
autre preuve évidente peut aussi se tirer, de ce que, dans ces sortes d'expériences,on
éprouve souvent, aumoment
qu'on interrompt
brusquement
le cercle,un
coup,une
piqûre,une commotion,
suivant les circonstances, toutcomme
aumo- ment
qu'on le complète; avec la seule différence,que
ces sen- sations,causéesparune espèce de refluxdu
fluide électrique,ou
par le secousse qui naît de la suspension soudaine de son cou-rant, sont plus foibles.
Mais
je n'ai pas besoin, et ce n'est pasici le lieu, d'alléguer les preuves d'une telle circulation sans fin
du
fluide électrique, dansun
cercle de conducteursoù
ily en
a qui, pour être de différente espèce, font par leur contact
mu-
tuel, l'office d'excitateurs
ou
moteurs : cette proposition,que
j'ai avancée dès
mes
premières recherches et découvertes ausujet
du Galvanisme,
et toujours soutenue, en l'appuyant denouveaux
faits et expériences, n'aura plus, j'espère, de contra- dicteurs.Revenant
à la sensation de douleur qu'on éprouve dans les expériences décrites ci-dessus, je dois ajouter,que
si cette dou-4^5 Mr. VoLTA
on the Electricity excited bythe Contact leur est assez forte et piquantedans
les parties que la peau recouvre, elle Testbeaucoup
plusoù
la peaua été enlevé, dansles blessures,par exemple, et les plaies récentes. Si par hazard
il
y
aune
petite incision,ou
écorchure, au doigtque
je plonge dans l'eaucommuniquante
avecune
des extrémités de l'appareil électro-moteur,j'yressensune
douleursi vive etsi cuisante, lors- qu'enétablissantlacommunication
convenableavecl'autreextré- mitéj'encomplètelecercle,quejedois bientôtme
désisterde l'ex- périence, c'est-à-dire, retirer le doigt,ou
interrompre de quelque autremanière
ce cercle. Je dirai de plus,que
jene
puis pasmême
résister au-delà de quelques secondes, lorsque la partie de l'appareilque
jemets en
jeu,ou
l'appareil entier, ne va qu'à 20lcouples métalliques,ou
environ.Une
chosequeje dois encore faireremarquer, c'est,que
toutes ces sensations de picotement et de douleur sont plus fortes et plus aiguës, les autres choses égales, lorsque la partiedu
corps qui doit les ressentir se trouvedu
côté de l'électricité négative, c'est-à-dire, placée de manière, dans le cercle conducteur,que
le fluide électrique parcourantce cercle,
ne
soitpas dirigécontre cette partie sensible, qu'ilne s'avance pas vers elle ety
entre de dehors en dedans,mais
bienque
sa direction soit dededans en
dehors,en un
mot,qu'ilensorte : par rapportàquoi,ilfautcon- noître, desdeux métaux
qui entrent par couples dans l'appareil construit, quel est celui quidonne
à l'autre. Or, j'avois déjà déterminé celapour
tous les métaux, par d'autres expériences, publiées ily
a long-tems, àlasuitedemes
premiersmémoires
au sujetdu Galvanisme,
Je ne diraidonc
ici autre chose, sinonque
tout estpleinement confirmé, parles expérienceségalement
et encore plus démonstratives et éclatantes, qui m'occupent à présent.
ojconducting Substances of différent kinds. 4,2.5
Par
rapport au sensdu
goût,j'avois déjà découvert, et publié dans ces premiersmémoires, où
jeme
vis obligé de combattrela prétendue électricité animale de
Galvani,
et de la déclarerune
électricité extrinsèque,mue
par le contactmutuel
desmé-
taux de différente espèce; j'avois, dis-je, découvert, en consé- quence de ce pouvoir
que
j'attribuoisaux
métaux,que deux
pièces de ces
métaux
différents, et singulièrementune
d'argent etune
de zinc,appliquéesconvenablement,excitoient, surlebout de la langue, de sensations de saveur très-marquées ;que
la saveur etoit décidément acide, si, le bout de la langue étant tourné vers le zinc, le courant électrique alloit contre lui, et entroit; et qu'uneautresaveur,moins
forte, mais plus désagré- able, acre, et tirante à l'alcalin, se faisoit sentir, si (la position desmétaux
étant renversée) le courant électrique sortoitdu
bout de la langue;que
ces sensations, au surplus,continuoient, et recevoientmême
des accroissements,pendant
plusieurs se- condes, si le contact mutuel desdeux métaux
se soutenoit, et le cercle conducteur n'étoit nulle part interrompu. Or,quand
j'aiditici,que les
mêmes phénomènes
arriventponctuellement,lors-qu'on
met
à l'épreuve, au lieu d'une seule couple de ces pièces métalliques,un
assemblage de plusieurs, arrangéscomme
ilfaut; et
que
les dites sensations de saveur, soit acide, soit alca- line, augmentent, mais peu, avec lenombre
de ces couples,j'aipresque tout dit. Il
me
reste seulement à ajouter, que si l'ap- pareil qu'onmet
en jeu pour ces expériences sur la langue, estformé
d'unnombre
assezgrand
de couples métalliques de cette espèce, si, par exemple, il en contient 30, 40, ou davantage, lalangue n'éprouve pas